Déteste-moi by Blackpiece Fairie
Chapitre 2 : Piégés
-Hé Sanji, tu m'entends ?, demanda à voix basse la jeune femme rousse qui se réveillait toute groggy dans une cage aux barreaux faits de granit marin, Oh tu vas te réveiller oui?
-Nami ?, répondit vaguement l'homme blond étendu sur le sol et apparemment sonné, Putain mais il fait nuit ! Et puis c'est quoi cet endroit bizarre et comment est-ce-qu'on est arrivés là déjà ?, tenta-t-il de se souvenir sans succès. Il mit une main sur sa tempe pour calmer sa tête douloureuse.
-Tout ce dont je me souviens, c'est qu'on était tous les deux dans cette boutique en train d'essayer des vêtements, c'était quoi son nom déjà, ah oui blue ocean !
À cette évocation, les yeux du cuistot se transformèrent immédiatement en cœur. Il se souvenait parfaitement avoir attendu Nami devant la cabine d'essayage, avoir reluqué ses chevilles fines, l'avoir vu retirer son short, un pied, puis un autre et enfin, avoir pu admirer sa silhouette de rêve dans cette magnifique robe turquoise qui allait tellement bien avec sa chevelure flamboyante.
-Oh Sanji, je te parle ! Je crois qu'il s'est passé quelque chose lorsque nous étions tous les deux dans les cabines. Il y avait un mec plutôt louche qui fouillait dans les rayons derrière nous. Je ne crois pas que ce soit un chasseur de primes...
-Oui, je l'ai remarqué de suite. Grand, brun avec une cape. Hum, il devait nous suivre cet abruti dégénéré, réfléchit à haute voix le blond qui était en rogne de ne rien avoir vu venir, trop occupé à admirer les filles, comme d'habitude.
-Cela n'explique toujours pas comment on a atterri ici...
-En tous cas on ne va pas s'éterniser pour le découvrir, cingla Sanji en donnant un terrible coup de savate dans les barreaux de sa cage suspendue au milieu de la pièce par une énorme chaîne métallique. Une vive douleur se fit de suite ressentir dans sa jambe. Décidément aujourd'hui rien ne se déroulait comme prévu.
-C'est pas vrai, cette cellule est indestructible, c'est bien notre veine.
-Sans doute recouvert de granit marin, en déduit la jeune navigatrice, Comment est-ce-qu'on va bien pouvoir sortir de là. Vu le ciel, je dirai qu'il est aux alentours de minuit. Les autres doivent déjà être à notre recherche, mais comment vont-ils pouvoir nous retrouver alors que nous-même nous n'avons pas la moindre idée du lieu où nous nous trouvons?
-Ni le nom de celui qui en a après nous. La poisse, s'énerva le cuisinier à qui ont avait enlevé ses saintes cigarettes. Déjà qu'il était agacé par la situation, si en plus il ne pouvait pas fumer pour se détendre, il n'allait pas tarder à exploser. Au moins on est ensemble Nami chérie, se réjouit le jeune homme aux cheveux d'or. Ne t'inquiète pas, je vais te protéger. Si quelqu'un a le malheur de t'approcher, je vais tellement le défigurer qu'ils ne pourra plus se regarder dans un miroir sans avoir un hurlement de terreur.
-Merci Sanji-kun, parce que je ne trouve plus mon bâton climatique. Il a dû le prendre pour être sûr que je ne m'en serve pas contre lui. Dans notre malheur, on a un avantage sur lui.
-Ah oui, et lequel?, demanda le cuisinier perplexe qui essayait toujours d'écarter par la force de ses bras ces maudits barreaux qui ne bougeaient pas d'un millimètre.
-Il ne sait pas de quel pouvoir tu disposes, sourit en coin la navigatrice qui savait pertinemment de quoi étaient capables Sanji et sa jambe noire quand il passait à l'attaque.
-Ouais et ben pour l'instant c'est mal barré, fit-il remarquer en lâchant les barreaux de sa cage, et puis j'ai l'impression d'être un canari à être suspendu comme ça.
-Je dirais plutôt un corbeau vu la couleur de tes fringues, gloussa la navigatrice.
-Chut Nami, j'entends des pas approcher...
...
-SANJI? NAMI?, vous êtes où ?
-Luffy, bon sang, ne crie pas comme ça. Cette île est infestée de chasseurs de primes. C'est la meilleur façon de tomber dans une embuscade. Et là on ne sera plus d'aucune utilité à Nami et Sanji, tempéra Usopp qui comptait bien se faire le plus invisible possible en marchant juste derrière le bretteur qui avait accepté de les suivre en traînant la patte. Rôder au bon milieu de la nuit au lieu de dormir, c'était déjà un sacrilège, mais en plus pour sauver les fesses de Sourcil en vrille qui n'était pas capable de se défendre tout seul, ça c'était le pompon.
-Mais où ils sont nom d'un chien !, s'impatienta le capitaine en grimpant d'un bond sur un arbre pour avoir une meilleure vue d'ensemble, ce qui était ridicule vu qu'il faisait nuit. La-bas! De la lumière!
-Normal, c'est le cœur de la ville. Et tu crois vraiment que si ils se sont fait enlever comme on le croit, les ravisseurs vont nous faire des grands signes pour nous dire où ils sont ?
-Ouais, on ferait mieux de choper un de ces chasseurs de prime et de le faire parler, c'est la meilleur manière d'avoir des informations rapides et fiables.
-Je m'en occupe !, se ravit Zoro qui avait déjà la main sur le manche de son sabre, un sourire pervers au coin des lèvres. Il allait pouvoir couper et trancher pour de bonnes raisons.
-D'accord mais dépêche-toi Zoro, il faut absolument qu'on les retrouve avant le petit déjeuner. Hors de question que je passe un jour de plus sans la bouffe de Sanji.
-Robin nous a pourtant fait un très bon repas, tenta de rattraper le gentil petit renne.
-J'ai fait ce que j'ai pu mais je n'avais pas tellement le cœur à l'ouvrage. Une nouvelle fois, un air de mélancolie s'inscrivit dans ses grands yeux bleus. Tous regardèrent le bretteur s'éloigner d'un pas rapide vers sa prochaine victime.
-Pourvu qu'il y arrive, soupira Chopper, En plus le pauvre Brook est resté tout seul sur le bateau, il va s'inquiéter de ne pas nous voir revenir à notre tour.
-Zoro? Échouer?, se marra le capitaine tellement cela sonnait faux. Il connaissait son second par cœur. Bon allez en route, continuons à chercher de notre côté.
...
Zoro marchait le plus rapidement possible, à l'affût du moindre bruit qui aurait pu le mettre sur la piste d'un ennemi. N'importe qui, le premier venu, du moment qu'il puisse assouvir ce désir de violence. Cette journée avait été beaucoup trop longue, les tensions beaucoup trop fortes.
D'accord, il détestait le Love Cook mais il ne lui souhaitait pas non plus la mort. C'était un membre de l'équipage et quoi qu'ils en disent ils formaient une équipe, même une sacrée équipe quand ils devaient se battre côte à côte pour sauver les fesses de leur capitaine. Il ne voulait pas que les dernières paroles qu'il lui ai dites soient des menaces de mort...
Mais pourquoi il pensait à ce type d'abord ? Bon sang ! Il devait arrêter de penser et accomplir sa mission. Les heures de sommeil qui lui manquaient avaient tendance à le faire délirer grave. Il secoua la tête en grognant pour enlever de sa mémoire ses pensées inquiètes envers ce blond de malheur qui l'obligeait à faire des heures sup'. Un bruissement dans les feuilles... Le bretteur se mit sur ses gardes pourtant, il avait beau regarder autour de lui, il n'y avait rien à l'horizon. Il avait pourtant jurer entendre des pas.
-Salut je m'appele Kimra et toi?
Le sabreur fit un bond en découvrant une petite fille qui devait avoir environ six ans. Elle portait des anglaises blondes cachées par un bonnet en dentelle, enfin c'est ce crut voir Zoro car la nuit ne l'aidait pas du tout à identifier la personne en face de lui. Alors là, lui qui cherchait un chasseur de prime, il se retrouvait avec une miniature que la décence interdisait de toucher.
-Moi c'est Zoro. Mais qu'est-ce-que tu fais toute seule dehors en plein milieu de la nuit toi ?
-Je me promène pourquoi. Hé dis, c'est quoi ça, demanda la gamine haute comme trois pommes en désignant les sabres à sa taille.
-Touche pas à ça!, grommela-t-il ce qui eut pour effet de faire sangloter la petite demoiselle.
-Zoro, pourquoi tu est méchant comme ça? Méchant, méchant!, répéta-t-elle en lui frappant la cuisse droite. L'homme aux cheveux verts souffla un bon coup pour ne pas perdre patience.
-Dis, Kimra, j'ai deux de mes amis qui sont quelque part sur cette île mais je n'arrive pas à les retrouver. Tu ne connaîtrais pas quelqu'un qui pourrait me donner des informations ?
-Mon papa pourra t'aider, il habite la maison que tu vois là-bas, montra-t-elle du doigt une grande bâtisse complètement à l'écart du reste du village.
-D'accord, accepta-t-il sans trop réfléchir, obnubilé par l'idée dans savoir plus sur cette disparition et surtout par la forte probabilité de devoir utiliser son sabre.
-Tu me donnes la main?, exigea la petite fille en lui tendant sa menotte.
-Non, répliqua le bretteur taciturne qui préférait rester sur ses gardes en cas d'attaque surprise mais devant les larmes de crocodile de la fillette, et surtout pour éviter d'ameuter tout le village par ses pleurs – et passer au passage pour un gros dégueulasse qui fait du mal aux petites filles – il se résigna à attraper ses petites doigts fragiles pour les serrer dans sa main chaude.
La maison était silencieuse et aucune lumière ne s'en échappait, ce qui était plus que louche. Sans même frapper, Kimra poussa la porte de bois et invita Zoro à pénétrer dans la pièce principale. Lorsqu'elle referma le loquet, ils se retrouvèrent dans le noir total.
-Papa, je suis rentré... Et la chasse a été bonne...
L'homme aux sabres n'eut pas le temps de comprendre ce qu'elle voulait dire. Une énorme massue vint s'écraser derrière sa tête et lui fendre le crâne. Il s'écrasa sur le sol sous le choc et resta gisant inerte sur le sol. Leçon du jour: Toujours se méfier des gamines.
..
-Hé Marimo, c'est pas le moment de faire la sieste!, le secoua une voix qu'il connaissait par cœur en lui assénant des coups de pieds dans les côtes.
Si Zoro avait dû dire où il se trouvait, il aurait été encore plus perdu que d'habitude, et pour lui ce n'était pas peu dire.
-Putain, je suis dans mon pire cauchemar, grommela-t-il en se réveillant dans une sorte de cage qu'il avait le malheur de partager avec ce sourcil ridicule. Enfin le principal était qu'il avait réussi sa mission, c'est-à-dire trouvé un moyen de retrouver les disparus. Personne n'était obligé de savoir comment il s'était retrouvé dans cette endroit... Mais c'était sans compter sur cette satanée sorcière beaucoup trop curieuse.
-Zoro, mais comment tu es arrivé là?, demanda-t-elle abasourdie. Lui qui ne baissait jamais sa garde, qui ne perdait jamais un combat.
-J'ai retrouvé votre trace et j'ai fait en sorte de me laisser attraper..., dit-il d'un ton sec pour leur montrer qu'il n'avait pas l'intention de rentrer dans les détails.
Le cuistot se foutait ouvertement de sa poire. Il se connaissait tellement bien tous les deux, et puis ce rire... Zoro ne pouvait plus le supporter. D'un geste, il chercha à attraper... SES SABRES... Ils n'étaient plus là. Quelqu'un avait osé lui ôter son bien le plus précieux! Il allait payer cher, quitte à ce qu'il doive l'étrangler de ses propres mains. Pas besoins d'accessoires pour exprimer sa haine.
-Super ton plan, Tête d'algues. Te retrouver sans tes armes au fin fond d'une cellule, c'est sûr, c'était le meilleur moyen de nous aider.
-J'ai toujours mes poings, si tu as envie d'y goûter...
-Arrêtez tous les deux ! Vous feriez mieux de faire marcher vos neurones pour trouver une solution parce que je ne compte pas passer une heure de plus dans ce trou.
-Et vous, comment vous vous êtes retrouvés ici ? Enfin, passez-moi les détails, précisa-t-il l'air dégoûté avant de secouer sa main devant ses yeux pour chasser cette image de sa tête.
-Je peux savoir se que tu insinues ?, grinça Nami en serrant ses poings avec force.
-Dire des choses aussi perverses devant une dame, tu n'as pas honte ?
-Ce n'est pas le moi le pervers de l'équipage, fit remarquer le sabreur avec un sourire non dissimulé. Tout le monde connaissait le faible de Sanji pour les femmes.
-Bref, on était en train...d'essayer des fringues dans la cabine et puis d'un seul coup, on s'est mis à manquer d'air et on a dû finir par tomber dans les pommes.
-Depuis tout à l'heure on entend des pas mais on ne voit personne, à part ce type qui est venu te jeter dans ma cage comme un sac à patates.
-Ouais ben ça nous dit toujours pas comment on va sortir d'ici...
-J'ai peut-être la solution..., lança le Love Cook avec son regard mystérieux caractéristique du type qui a de la suite dans les idées.
-Ben attends pas neuf mois, accouche !
-Toi, ferme-là et contente-toi de me faire la courte échelle.
-La courte quoi ?, rugit Zoro, Il faut que je te porte en plus maintenant !
-Oh, fais pas ta mijaurée. Ça ne m'enchante pas plus que toi pour dire vrai mais je vois pas d'autre solution pour atteindre le plafond de la cage.
Le sabreur marmonna quelque chose dans sa barbe, du genre je vais le tuer cet abruti, mais se résigna enfin à lui tendre ses mains pour qu'il prenne son envol. Le cuistot était très à l'aise dans les airs et il ne fallut qu'un seul coup de jambe pour envoyer valser une partie du toit de la cage dans un vacarme à ameuter la moitié du pays.
-Et voilà le travail, se réjouit-il en retombant à hauteur du sabreur.
Un léger déséquilibre se fit sentir et la cage s'écrasa à même le sol. Oui, le coq avait oublié un détail: c'était la chaîne accrochée au plafond de la cage qui la faisait tenir dans le vide, donc faire sauter le toit revenait à les précipiter dans le vide.
-Baka cook, grommela Zoro en frottant ses vêtements. Tu pouvais pas réfléchir avant d'agir ?
-Ah oui, j'ai du me prendre pour toi durant une seconde !, cingla le blond l'œil mauvais. Le bretteur serra les poings alors que de la fumée semblait sortir de sa boîte crânienne. Il venait le traiter d'imbécile, il n'avait pas rêvé ?
-Bon sang, avec le raffut que vous faites tous les deux on va finir par se faire repérer. Venez donc m'aider à sortir au lieu de vous battre comme un vieux couple.
-Quoi ?, s'offusquèrent les deux hommes dans un mécontentement commun. Ils se reculèrent l'un de l'autre pour se jauger avec une moue de dégoût. Même pas envisageable en cas de fin du monde.
-J'arrive Nami-swan !, J'en ai pour une seconde à te libérer. Cet homme ne sait de toute évidence pas comment traiter les jolies femmes...
Et c'était reparti pour la sérénade parfumée aux relents de nicotine. Il lui aurait bien fait bouffer sa clope tiens, oui, jusqu'au philtre pour ne plus entendre sa voix d'amoureux transi. Un bruit de tôle froissée sortit le sabreur de ses envies de meurtre. Le cuistot avait fait un trou dans le fond de la cage de Nami et la tenait maintenant en mariée dans ses bras.
-Merci Sanji-kun, lui sourit la rousse légèrement rosie. Tu peux me poser s'il-te-plaît ?
-Bon comment on va s'y prendre pour se faire la malle. Ils sont combien là-dedans ?
-Je dirais entre une dizaine et une trentaine.
-Dis donc, tu es d'une précision à faire pâlir, Sourcil en vrille !
-Il n'y a pas que ça qui va te faire pâlir si tu continues à me titiller, tronche de cactus.
-Mais c'est pas vrai, vous vous arrêtez jamais. Je vous rappelle que c'est contre un ennemi commun qu'on est censés se battre, pas entre nous, s'excita la jeune femme en leur décollant chacun un coup de poing sur le crâne, histoire d'y faire entrer un minimum de bon sens.
-Aïe! Sorcière!, se plaignit le bretteur en frottant la bosse fraîchement poussée sur sa tête.
-Ne parle pas comme ça de ma Nami-swan, sale rustre !
-Vous faites ce que vous voulez mais je compte pas m'éterniser moi. Je vais ouvrir cette fichue porte et on verra bien ce qu'il se passera.
-Et tu comptes te battre comment sans tes précieux cure-dents ?
-A l'ancienne !, fanfaronna l'homme aux cheveux verts en serrant son poing, un sourire vicieux pendu aux lèvres. Ça allait faire mal, très mal. Surtout que le coq l'avait bien chauffé.
-Ce mec est taré, s'agaça le cuistot en tapant du pied par terre avant de le rattraper, pile au moment où sa main s'apprêtait à appuyer sur la poignée. Toi tu bouges pas d'ici le temps que l'on prépare un semblant de plan. Tu crois peut-être qu'ils vont te montrer la sortie en te disant à la prochaine?
-Dégage de mon chemin, cuistot du dimanche, je suis assez grand pour savoir ce que j'ai à faire, et ce n'est pas un gringalet dans ton genre qui va...
-J'ai un plan, annonça la jeune fille qui les fixait, un sourire malicieuse aux lèvres.
TBC
