DISCLAIMER : Tous les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowling.

Rating : M+ 18

Genre : romance / slash / Yaoi


Merci à tous ceux qui ont déjà mis cette fic dans leurs favoris ! Et merci aussi pour vos review. J'espère que la suite sera à la hauteur de vos attentes !

Bonne lecture !


22 décembre

POV Harry

Blaise est un psychopathe.

Il voulait absolument que nous fassions le voyage en train … Soi-disant qu'il n'y a rien de plus beau que la campagne écossaise en hiver. Comme si, en sept années d'études à Poudlard, je ne savais pas à quoi ressemble la campagne écossaise en hiver…

Pour le coup, même Ron s'est rebellé. Hors de question de prendre un train dès potron-minet alors que nous pouvons glorieusement partir de Londres à 10 heures et arriver chez Blaise à 10h01 par la magie de la poudre de cheminette.

C'est donc dûment munis de nos bagages que Ron, Hermione, la petite Rose et moi, avons pris la cheminée Weasley, direction Pembroke Manor, nouveau lieu de résidence du couple Zabini.

Malheureusement pour moi, je déteste les cheminées et elles me le rendent bien. Celle de Pembroke Manor m'a expulsé avec une telle violence que j'ai atterri, tête la première sur le somptueux tapis persan qui recouvre le parquet du salon.

Ma joue et mes mains ne peuvent cependant s'empêcher d'apprécier la douceur de la laine tandis que mes yeux avisent, à dix centimètres d'eux, une paire de chaussures dont le prix pourrait certainement renflouer la dette d'un petit pays du tiers-monde.

Les chaussures sont surmontées d'une incroyable paire de jambes dont je n'ai pas encore pu identifier le propriétaire.

Alors que je compte poursuivre mon exploration, une main pâle surgit dans mon champ de vision et m'invite à me relever. Je la saisis sans demander mon reste et savoure le contact de cette peau douce et tiède. Dans ma tête, je remercie le bon samaritain de ne pas avoir les mains moites. Je déteste ça.

Mes bons sentiments sont toutefois de courte durée quand je remarque à qui appartient la main secourable.

- Malefoy ? Mais que fais-tu ici ?

- Bonjour à toi aussi Potter. Je vois que tu es toujours aussi distingué et poli … L'usage veut qu'on dise merci lorsque quelqu'un vous rend service …

- Ouais … bon, merci, je bougonne. Ça ne me dit toujours pas ce que tu fais ici.

- Dois-je me justifier à chaque fois que nous nous croisons quelque part Potter ? Je suis invité … au même titre que toi, semble-t-il.

- Mais je …

- Bon, ça suffit vous deux ! me coupe Blaise. C'est Noël, le temps de la paix et du partage ! Je suggère que vous mettiez vos différends de côté le temps de ce séjour, d'accord ?

Je hoche la tête de mauvaise grâce et Malefoy en fait autant.

- Bien ! se réjouit Blaise en battant des mains. Ron, Hermione, Harry, Draco, soyez les bienvenus à Pembroke Manor pour ces fêtes de Noël. Dori, Dwalin et Balin vont vous conduire à vos chambres respectives. Je vous invite à nous rejoindre dans le grand salon ensuite. Neville, Luna, Seamus et Dean sont déjà arrivés.

Nous suivons les trois elfes de maison qui nous emmènent à l'étage. Nous sommes logés dans l'aile ouest, celle réservée aux invités. La chambre d'Hermione et de Ron est au bout du couloir de gauche, la mienne et celle de Malefoy sont côte à côte dans le couloir de droite.

La chambre qui m'a été attribuée est une grande pièce carrée et lumineuse, dont la vue avec balcon donne sur l'arrière de la propriété.

Les murs sont couverts d'un papier peint couleur crème. Une épaisse moquette ivoire recouvre le sol et de lourdes tentures en taffetas ocre, assorti à la tête de lit, encadrent la grande fenêtre. Le lit est immense et semble confortable à souhait.

Je note que la plupart de mes affaires ont déjà pris place dans la penderie.

Pour cadrer avec son thème, Blaise a expressément demandé de nous vêtir à la manière moldue. Personnellement, cela ne me pose aucun problème. J'ai toujours porté des vêtements moldus, me contentant d'enfiler par dessus la robe réglementaire des Aurors lorsque je suis au travail.

Il n'y a vraiment que pour les réceptions du Ministère que je porte des robes de sorciers traditionnelles.

Avant de descendre au salon, je vais à la salle de bain pour me passer un peu d'eau sur le visage. Je retiens un petit hoquet de surprise devant la taille de la pièce. Elle est grande, entièrement carrelée de grès gris clair et gris anthracite. La douche italienne pourrait facilement accueillir trois personnes et je panique un instant à la vue de la multitude de boutons qui ornent la colonne de douche.

Je m'asperge copieusement le visage afin de me remettre les idées en place tout en pestant sur mon rouquin d'ami qui m'avait assuré que Malefoy ne serait pas là …

Ça m'énerve. Je n'étais pas prêt à le voir. Une rencontre avec Malefoy, ça doit se préparer minutieusement. Or, j'ai été pris par surprise.

En plus, je ne me sens pas dans mon assiette. Depuis tout à l'heure, j'ai le cœur qui bat beaucoup trop vite et j'ai une curieuse sensation d'oppression au niveau de la poitrine. En même temps, je me sens un peu fébrile …

Je dois couver quelque chose. Sûrement.

O°O°O°O°O°O°O

Alors que je sors de ma chambre, comme un fait exprès, Malefoy sort de la sienne également. Nous nous toisons un moment et sans échanger le moindre mot, nous gagnons le salon de réception où les autres nous attendent.

A vrai dire, je n'ai aucune idée d'où se trouve ce salon mais Malefoy a l'air de savoir où il va et je prends le risque de le suivre.

Nous arrivons dans une grande pièce aux murs lambrissés et au plafond démesurément haut. De confortables canapés de velours grenat alternent avec des fauteuils vert foncé. L'ambiance est chaleureuse et je me détends considérablement à la vue de mes amis.

Neville et Luna sont accompagnés de leur petite fille, Alice qui a le même âge que Rose. Dean et Seamus, célibataires endurcis et parfaitement assumés, sont venus seuls.

Je les salue avec enthousiasme. C'est toujours un plaisir pour moi de les voir.

Du côté des Serpentards, Théodore Nott est venu accompagné de Pansy Parkinson à qui il est fiancé depuis 2 ans. Je dois admettre que Pansy est devenue une fort jolie jeune femme. Pour peu, je ne l'aurais pas reconnue. Grégory Goyle est là également et ça me fait bizarre de le voir sans son inséparable ami, Vincent Crabbe.

Je ne sais pas à quoi je m'attendais mais certainement pas à les voir deviser gaiement avec mes amis. Grégory est en grande conversation avec Dean et Seamus, Pansy rigole avec Luna et Hermione qui caressent tendrement leurs ventres de femmes enceintes, tandis que Blaise, Ron, Neville et Théo discutent avec entrain.

Je me sens un peu de trop dans ce tableau et je ne peux m'empêcher de jeter un coup d'œil à Malefoy. Il n'a pas l'air surpris outre mesure ou alors il le cache bien.

Ginny fait alors son entrée dans le salon, les bras chargés d'un plateau qu'elle pose sur une table basse.

Elle est très belle avec ses longs cheveux roux qui dansent dans son dos. Elle est habillée avec élégance et semble tout à fait à son aise dans son rôle de châtelaine. Le mariage lui réussit plutôt bien. Blaise a fait d'elle une femme heureuse et épanouie et rien que pour cela, je lui suis reconnaissant.

- Bonjour Harry, me dit-elle.

C'est la première fois depuis longtemps – quatre ans pour être précis – qu'elle m'adresse la parole aimablement.

- Bonjour Ginny, je réponds en posant un baiser léger sur sa joue. Merci pour cette invitation.

- Il n'y a pas de quoi, c'est une idée de Blaise.

Sous-entendu : s'il n'en tenait qu'à moi, tu n'aurais jamais mis les pieds ici. Je décide de passer outre et lui dit :

- Merci d'avoir accepté que je vienne alors. Je suis content de voir que … tu vas bien. Tu es resplendissante.

- Merci. C'est vrai que je suis heureuse avec Blaise. Il m'apporte beaucoup.

- Tant mieux, dis-je en souriant. Tu mérites d'être heureuse.

- Un peu de café ?

J'accepte la tasse qu'elle me présente, comprenant qu'elle souhaite mettre fin à la discussion. Je n'insiste pas. C'est déjà miraculeux que nous puissions être dans la même pièce et que nous ayons échangé quelques mots sans nous étriper.

Je croise le regard de Ron dans lequel je lis une infinie reconnaissance et du soulagement.

Les conversations se poursuivent gaiement.

J'apprends avec amusement que Goyle travaille comme garde corps pour une société spécialisée dans la protection des personnalités politiques. Son dernier client était le ministre de la Magie en personne. Celui-ci a été tellement satisfait de ses services qu'il compte l'engager de manière définitive.

- Et donc, tous les soirs, j'ai une pensée émue pour toi Draco, dit Goyle en feignant d'avoir la larme à l'œil.

- On peut savoir pourquoi ? demanda le blond en haussant un sourcil.

- Tu as été son premier employeur en quelque sorte, répondit Seamus à sa place …

- En effet ! C'est à toi que je dois ce que je suis devenu. Toutes ces années à te supporter, toi et tes caprices de diva … A côté de toi, gérer les lubies du ministre est un jeu d'enfant. Alors oui, Draco : je te serai éternellement reconnaissant, continua Goyle avec emphase.

Les yeux gris clair de Malefoy ont viré aux gris orage et j'attends l'explosion imminente. Mais contre toute attente, il éclate de rire en assénant une bourrade amicale dans le dos de son ami.

- Ravi d'avoir été utile Greg !

Tout le monde rit et je dois bien dire qu'il m'est difficile de ne pas me joindre à la bonne humeur ambiante surtout quand le très sérieux Théodore Nott, potionniste renommé et nouvelle terreur des cachots de Poudlard, annonce qu'il va collaborer avec George Weasley sur le nouveau produit phare de « Weasley Farces pour Sorcier Facétieux » : une potion qui fait pisser bleu.

Le repas de midi se poursuit sur le même ton. Tout le monde se réjouit pour Seamus quand il nous apprend qu'il va racheter le pub « Les Trois Balais », Madame Rosmerta ayant décidé de prendre une retraite bien méritée. Dean et lui possèdent déjà la Tête de Sanglier ainsi qu'un autre pub sur le Chemin de Traverse.

C'est d'ailleurs Pansy, devenue avocate spécialisée en droit des affaires et surnommée « le pitbull du Barreau » qui est en charge des conventions de rachat.

Le repas terminé, nous nous levons tous de table pour nous retrouver à nouveau dans le salon de réception où Blaise doit nous parler de l'activité qu'il a préparée pour cet après-midi.

En attendant qu'il arrive, je me poste devant une des grandes portes-fenêtres qui donnent sur la terrasse. Le ciel est limpide et je me demande vaguement si nous aurons de la neige à Noël.

Blaise n'aurait pas pu choisir plus bel endroit. Le Manoir est une immense bâtisse en pierres grises, dont la façade est à moitié recouverte de lierre et de vigne vierge. En été et en automne, l'effet doit être spectaculaire. Il est entouré d'une grande pelouse bordée de buis et de cornus alba. Le parc aux alentours, planté de bouleaux, de pins sylvestres et chênes est magnifique et il me tarde de pouvoir y faire un tour.

- C'est bizarre, n'est-ce-pas ? dit une voix traînante dans mon dos.

- Quoi donc ? je réponds.

- De constater que la vie a évolué sans nous …

Je me retourne pour fixer Malefoy avec incompréhension.

- Que veux-tu dire ?

- Je veux dire que pendant que toi et moi nous restons enfermés dans nos préjugés, nos a priori, eux, ils ont avancé … ils ont appris à se connaître, à dépasser … tout ça …

- Pourquoi est-ce que nous n'y arrivons pas ? je demande, non sans une certaine amertume.

- Sans doute parce que contrairement à eux, nous étions davantage impliqués … Toi parce que la prophétie avait fait de toi le Sauveur du monde, moi parce que j'étais l'héritier du bras droit de Voldemort …

Je ne réponds rien. Il a raison. Malgré toute l'amitié que j'ai pour Ron, Hermione, Neville et les autres, malgré qu'ils ont été à mes côtés pendant tout ce temps, ils n'ont pas vécu ce que j'ai vécu. Ils n'étaient pas concernés comme moi je l'ai été. Ils n'avaient pas la responsabilité qu'on m'a obligé à porter, moi.

Malefoy, lui, le comprend. En cet instant, il est le seul qui puisse me comprendre. Et je crois bien que je le déteste pour ça.

Je suis interrompu dans mes pensées par Blaise.

- Bon, les amis, le temps est magnifique. Alors je vous propose de faire une balade à cheval. Aucune défection ne sera admise excepté pour Hermione et Luna, compte tenu de leur état. Neville et Ron resteront avec elles. Pour tous les autres : en selle ! Ceux qui ont des tenues d'équitation peuvent aller les enfiler. Rendez-vous dans une demi-heure dans le hall d'entrée.

Une tenue d'équitation ? Je n'ai pas de tenue d'équitation ! Et surtout je ne suis jamais monté sur un cheval ! Blaise doit s'être rendu compte de mon malaise car il me dit :

- Relax Harry. Je t'ai préparé expressément un cheval très calme et très docile. Et tu trouveras une tenue dans ta chambre. Il te suffira d'un sort pour la mettre à ta taille.

- Heu … merci Blaise, dis-je confus du mal qu'il se donne pour moi.

- Pas de quoi. Allez ! File !

Dans ma chambre, posés sur le lit, je trouve en effet un pantalon noir et une veste épaisse en velours bordeaux. Il y a également une paire de bottes en cuir, une cravache et des gants. J'enfile le tout avant de me regarder dans le miroir avec une certaine satisfaction. Malgré tout ce que je peux entendre à mon sujet, je ne me suis jamais trouvé bel homme. Tout le monde s'enthousiasme de mon physique de joueur de Quidditch, de mes yeux verts et de mes cheveux noirs mais moi, je me trouve quelconque. Sans distinction.

Mais pour le coup, je trouve que cette tenue me va bien. Très bien même.

Cette impression est cependant de courte durée. Je suis encore en haut des escaliers quand j'aperçois Malefoy dans le hall. Il est … Je ne sais pas ce qu'il est. Je crois que le mot qui convient est « beau » mais il me semble ridiculement réducteur pour décrire l'homme qui est en face de moi.

Il porte un col roulé crème sur un pantalon fuselé, de la même couleur, qui met parfaitement ses cuisses en valeur. Par dessus, il porte une veste en laine bouillie vert empire qui épouse sa carrure, ni trop large ni trop étroite. Les bottes hautes en cuir marron finissent de souligner ses jambes parfaites.

A côté, je dois avoir l'air d'un sac. D'ailleurs, vu qu'il n'arrête pas de me fixer depuis une bonne minute, c'est officiel, je suis un sac.

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POV Draco

Merlin ! Quelle est cette vision d'enchantement ? Depuis quand Potter est-il aussi bien foutu ? Où est passé le gringalet chétif qui flottait dans sa robe de sorcier chez Madame Guipure ?

Je prends sur moi pour ne pas sourire béatement rien qu'à le voir descendre les escaliers. Je me force aussi à fixer son visage plutôt que ses cuisses musclées et magnifiquement habillées de ce pantalon noir, ou ses épaules larges, mises en valeur par la veste bourgogne qu'il porte au-dessus d'un col roulé noir également.

Il a l'air embarrassé. S'il y a bien quelque chose que j'ai appris au sujet de Potter c'est que, contrairement à ce que je pensais autrefois, il a horreur d'être le point de mire. Il déteste sa célébrité. En fait, il y a beaucoup de choses sur lesquelles je me suis trompé à propos de Potter …

Personnellement, j'aimerais bien que les choses changent entre nous. Après tout, j'arrive à m'entendre avec Weasley, Finnigan et Thomas, pourquoi pas avec lui ? Ces dernières années, j'ai vraiment fait un effort pour m'améliorer. J'ai arrêté de l'agresser à tout bout de champ, je ne me moque plus de lui, j'essaye d'être courtois lorsque nous nous croisons aux réceptions du Ministère.

Mais rien n'y fait. Lui est toujours aussi vindicatif. A croire qu'il ne voit pas que j'ai changé.

Encore ce matin, je lui tends aimablement la main pour l'aider à se relever et lui, il me bouffe le nez.

Quand Blaise m'a parlé de son projet de Noël, je lui ai dit qu'il courrait au fiasco. Il a cependant réussi à me convaincre en disant que Potter avait accepté immédiatement. Dans ce cas-là, pourquoi pas ?

Mais maintenant que j'y suis, je doute vraiment que quelque chose de bon sortira de tout cela.

En attendant, Merlin ce qu'il est bien foutu.

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Tout le petit monde dûment vêtu de pied en cape s'en alla vers les écuries devant lesquelles plusieurs chevaux attendaient patiemment.

- Bonjour Edwin lança Blaise à un petit homme robuste au teint basané. Les chevaux sont-ils prêts ?

- Oui Monsieur Zabini. J'ai déjà réservé Nout pour Madame Zabini et je suppose que vous monterez Osiris, comme d'habitude. Pour le reste, j'attends juste vos instructions.

- Parfait … Je vais en effet monter Osiris. Vous donnerez Horus à Monsieur Finnigan, Anubis à Monsieur Thomas et voyons … Ptah à Miss Parkinson, Sekhmet à Monsieur Nott et Hathor à Monsieur Potter.

Pendant que Blaise énumérait les attributions, trois lads amenaient les chevaux à leurs destinataires.

Un jeune garçon amena ainsi à Harry une très belle jument hanovrienne à la robe alezane. Comme Blaise le lui avait dit, elle semblait douce et docile. Harry respira un grand coup et avec l'aide du lad, se hissa sur la selle.

Quand tout le monde eut pris place sur sa monture, Blaise voulut donner le signal de départ.

- Bon, tout le monde est prêt ? Ah, non. Malefoy n'est pas là … Edwin, où est Monsieur Malefoy ?

- Il est encore dans le box … Je crois qu'il a un peu de mal aujourd'hui. Peut-être devrait-on apprêter un autre cheval ?

- Allez voir, dit Blaise.

Le palefrenier parti, Harry s'approcha et demanda au métis :

- Qu'y a-t-il avec Malefoy ?

- Draco est le seul capable de monter Seth … Il ne se laisse approcher par personne d'autre. Mais apparemment, aujourd'hui il est de mauvaise humeur et même Draco n'arrive pas à l'amadouer.

Mais à peine Blaise eut-il dit cela que Malefoy fit son apparition, juché sur un immense pur-sang anglais à la robe d'un noir brillant. Le cheval semblait en effet assez nerveux car il frappait du sabot et s'ébrouait constamment.

- Ça ira Draco ? demanda Blaise un peu inquiet.

- Pas de problème ! lança le blond. Il doit juste se dégourdir un peu … Il est resté trop longtemps inactif. Partez devant, je vous rejoins.

Sur ces mots, Draco éperonna le flanc du cheval qui se cabra avant de partir au grand galop.

Harry ne put s'empêcher d'admirer la maîtrise qu'avait le blond d'une monture aussi farouche. Quant à lui, il se mit en route à petits pas.

La balade était finalement très agréable. La lande écossaise était absolument magnifique et le froid pourtant piquant n'était pas du tout dérangeant.

Chacun avançait à son allure et Harry était franchement à la traîne. Mais ça lui était égal. Il profitait de ce moment de solitude pour rêvasser et contempler le paysage à loisir.

Il fut cependant rejoint par Malefoy. Seth semblait beaucoup plus calme maintenant qu'il s'était dépensé au galop.

- Pour quelqu'un qui n'est jamais monté à cheval, tu te débrouilles bien Potter, dit Malefoy.

- Je rêve où tu viens de me faire un compliment ? répondit le brun.

- Tu ne rêves pas. Et je le pense vraiment.

- Merci. Je dois dire que ta maîtrise m'impressionne.

- Je n'ai pas de mérite. Je monte à cheval depuis que j'ai quatre ans.

- Tu as un cheval à toi ?

- J'avais. Un poney d'abord. Il s'appelait Pom. Ensuite Hermès, un pur-sang comme celui-ci. Ils sont morts quand … hmhm … Voldemort occupait le Manoir. Il les a tué quand il a su que j'avais échoué.

Harry déglutit péniblement. Il n'avait jamais vraiment réfléchi à ce qu'avait pu être la vie de Draco avec Voldemort comme locataire. Il prit alors conscience que pendant tout ce temps Draco et ses parents avaient été prisonniers de leur propre maison.

- Je … je suis désolé, dit Harry.

- Pourquoi ? Tu n'y es pour rien.

Non, c'est vrai. C'est Lucius Malefoy qui a accepté de prêter allégeance à ce serpent, quitte à placer sa propre famille en esclavage.

- Je suis désolé quand même. Tu ne méritais pas ça … personne ne mérite d'avoir à vivre aux côtés d'un monstre.

- Tu parles de Voldemort ou de mon père ? demanda le blond un peu amèrement.

- Je ne pense pas que ton père était un monstre. Mais je ne regrette pas d'avoir contribué à son arrestation … Je suis seulement désolé de t'avoir privé d'un père.

- Je t'en ai voulu pour ça Potter … Merlin sait que je t'en ai voulu, dit Draco doucement. Mon père n'était pas parfait, loin de là. Je lui en voudrai toujours de nous avoir donné en pâture à Voldemort. Mais merde ! J'avais 16 ans ! C'était mon père, mon modèle ! Et toi … toi, tu arrives et tu l'envoies en taule !

- Et moi je t'en voulais pour ça Malefoy … parce que toi tu avais un père. Tu étais le petit prince de quelqu'un. Moi, je n'avais rien si ce n'est un oncle et une tante qui me détestaient. J'avais bien les Weasley qui me considèrent toujours comme leur fils mais ce n'était pas pareil. Et quand je retrouve enfin la seule personne qui pouvait faire figure de père pour moi, ta tarée de tante me l'enlève … Alors oui, je te détestais pour ça.

- Tu parles à l'imparfait … dois-je en conclure que tu ne me détestes plus ? Ou un peu moins ? demanda Draco avec un imperceptible sentiment d'espoir au cœur.

Harry resta silencieux un instant avant de répondre :

- J'ai repensé à ce que tu m'as dit tout à l'heure. Les autres ont avancé. Et je pense qu'il est temps pour moi de faire pareil … Si je veux vraiment être honnête avec moi-même, je dirais que ça fait un bout de temps que je ne te déteste plus.

Draco sourit, d'un sourire sincère comme Harry n'en avait jamais vu sur le visage de son ancien ennemi. Et il se prit à le trouver encore plus beau.

- Je regrette de t'avoir cassé le nez, dit Draco.

- Et moi je regrette de t'avoir lancé le sectum sempra

Ils arrivèrent alors dans une petite clairière où les autres avaient mis pied à terre.

- Vous en avez mis du temps ! les apostropha Seamus. Vous ne vous êtes pas encore engueulé au moins ?

- Pas le moins du monde Finnigan ! répondit Malefoy en descendant de cheval. Tu sauras que Potter et moi venons d'avoir notre première conversation civilisée en quinze ans de temps ! C'est miraculeux, n'est-ce pas Potter ?

- Exactement ! Ce doit être l'esprit de Noël. Attendons de voir si ça survivra au Nouvel An, dit-il en faisant un clin d'œil au blond.

Cette petite marque de complicité enchanta Draco plus qu'il ne voulut bien le dire.

Harry était à son tour descendu de cheval et massait le bas de son dos douloureux.

- Je te donnerai une potion lorsque nous serons de retour au Manoir, dit une voix derrière lui. Sinon tu ne sauras plus bouger demain.

C'était Ginny. Elle s'était approchée du cheval de Harry dont elle flattait l'encolure.

- Ah. Oui, merci.

- Hathor est parfaite pour débuter à cheval. C'est elle que je montais au début, continua la rousse en caressant la tête de l'animal et en remettant la selle en place.

- Oui, elle est très agréable, en effet, répondit Harry un peu surpris que Ginny lui adresse spontanément la parole.

- Bon, nous, on va remonter. Sinon, on risque d'arriver tard au Manoir, dit-elle en s'éloignant.

Harry avait terriblement mal au dos et resta assis encore quelques minutes. Malefoy lui tint compagnie.

- C'est toujours comme ça la première fois qu'on monte, dit Draco. Au Manoir, j'ai une potion et un onguent qui font des miracles, si tu veux.

- Ginny m'a proposé la potion mais l'onguent ne sera pas de refus, dit Harry en grimaçant douloureusement.

- Ça semble s'être arrangé entre toi et la rouquine …

- Ouais. Elle m'adresse la parole. C'est plus que je n'osais espérer compte tenu du fait qu'elle me conspue depuis presque quatre ans…

- Bah … elle est mariée depuis quoi … 3 ans maintenant ? Elle est passée à autre chose.

- Sans doute.

Harry s'était crispé car il s'attendait à ce que Malefoy le questionne sur les raisons de leur rupture mais contre toute attente, il n'en fit rien. A la place, il dit :

- On y retourne ?

- OK !

Draco se hissa sur Seth avec une élégance qui fit rouler des yeux à Harry.

Lui s'accrocha péniblement au pommeau et donna tout ce qu'il avait de force dans les bras et dans les jambes pour se hisser sur la selle.

Mais à peine eut-il été installé dessus qu'Hathor se cabra avec violence et en poussant un terrible hennissement.

Tétanisé, Harry serra les cuisses du plus fort qu'il put autour de l'animal qui s'agita et rua encore davantage.

- Reste calme Potter ! recommandait Draco. Desserre les cuisses et reste calme. Le cheval sent ta peur.

Harry tenta tant bien que mal de se calmer et de se repositionner correctement sur la selle. Mal lui en prit car la manœuvre arracha un nouveau hennissement au cheval qui se cabra et détala au grand galop.

Le brun n'eut d'autre choix que de s'accrocher à l'encolure de l'animal devenu ingérable.

- HARRRYYYY ! ACCROCHE-TOI ! entendait-il derrière lui.

Il ferma les yeux, incapable de reprendre le contrôle de sa monture. Il entendait toujours Draco crier derrière lui et lui semblait que la voix se rapprochait.

De fait, le blond avait lancé Seth à la poursuite de la jument. Il ne fallut pas longtemps à l'immense pur-sang pour combler la distance.

Alors que Draco était arrivé à sa hauteur, Harry sentit le frottement du flanc du cheval noir contre sa monture et le corps de Draco qui se penchait dangereusement vers lui. Il sentit un bras puissant lui entourer la taille puis la voix du blond crier :

- LACHE TOUT HARRY !

Mais il avait trop peur et continuait de s'accrocher à l'encolure de l'animal.

- PAR SALAZAR HARRY ! LACHE ! FAIS-MOI CONFIANCE !

Alors Harry lâcha sa prise. Il entendit Draco murmurer un sort de lévitation et pendant un court instant qui sembla toutefois durer une éternité, il eut l'impression de flotter dans le vide. Puis il fut brutalement attiré contre un corps dur et chaud.

Draco tira violemment les rênes et en quelques secondes Seth fut à l'arrêt.

Harry lui, s'accrochait à la veste de Malefoy comme si sa vie en dépendait. Il haletait, les yeux hermétiquement clos. Il avait une conscience aiguë du torse du blond contre lui, de sa tête nichée au creux de son épaule et des doux cheveux blonds qui lui chatouillaient la joue.

Et surtout, il avait conscience de deux bras qui venaient de s'enrouler autour de lui et d'une voix apaisante qui lui murmurait :

- C'est fini Harry … tout va bien maintenant.

O°O°O°O°O°O°O

POV Harry

Merlin, qu'est ce qui m'arrive ?

Je suis accroché à Malefoy comme une moule à un rocher et le pire, c'est que je ne veux pas bouger. Mon corps refuse tout mouvement alors que me tête lui crie de s'écarter de ce corps si rassurant. Quant à mon cœur, n'en parlons pas. Il bat tellement fort que Malefoy doit le sentir à travers ses vêtements.

Finalement, c'est Malefoy lui même qui m'écarte doucement de lui.

- Harry, ça va ?

- Oui, ça va. Merci … Sans toi … je … Merci.

- Pas de quoi. Descendons, le temps que tu reprennes tes esprits.

Il a dit tout cela d'une voix si douce … une voix que je ne lui connaissais pas.

Il me fait glisser le long du flanc de son cheval avant de descendre à son tour. Au sol, je suis pris d'un vertige et de nausées.

Promptement, Malefoy me fait asseoir au sol, la tête entre les genoux et le malaise se dissipe rapidement.

Il s'accroupit en face de moi et pose sa main gantée sur mon épaule.

- Peux-tu rester seul quelques minutes ? Je vais essayer de retrouver ton cheval. Il n'a pas dû aller très loin.

Je hoche la tête en signe d'assentiment et je le regarde remonter en selle et partir au galop.

O°O°O°O°O°O°O

POV Draco

Je n'en ai rien à foutre de retrouver ce canasson débile qui a failli le tuer mais au moins j'ai trouvé une bonne excuse pour m'éloigner de Harry quelques minutes.

Salazar, je n'aurais jamais imaginé que l'avoir ainsi tout contre moi me ferait un effet pareil. Quelle idée aussi j'ai eu de le serrer dans mes bras !

Ceci dit, il n'y a pas de quoi fouetter un nifleur non plus … Il était terrorisé, il s'est accroché à moi, fin de l'histoire. Pas la peine d'en tirer des conclusions.

Ah … voilà son cheval. Je ne sais pas ce qui me retient d'ouvrir cet animal de bas en haut et de l'étouffer avec ses tripes. Un cheval doux et docile disait cet enfoiré de Blaise ! C'est plutôt lui que je vais pendre avec ses propres intestins !

Alors que je m'approche doucement du cheval pour ne pas l'effaroucher, je remarque une traînée de sang le long de son flanc. Intrigué, je soulève précautionneusement le quartier puis le tapis de selle. Quelque chose tombe à mes pieds et je retiens un hoquet de stupeur. La pauvre bête a la peau complètement enflammée et une profonde abrasion sanguinolente juste à hauteur de la boucle de la sangle. Je baisse alors les yeux pour voir ce qui vient de tomber et je reconnais immédiatement une petite branche de tentacula vénéneuse, une plante dangereuse et agressive couverte d'épines acérées. A première vue, ce sont les épines qui ont provoqué la blessure sur la peau déjà anormalement irritée.

A l'aide de ma baguette, je murmure un sort anesthésiant et j'élargis la sangle pour que le tapis et la selle pressent moins sur la plaie. D'un autre sort, je cicatrice celle-ci sommairement afin que le cheval souffre le moins possible.

La branche de tentacula n'a pas atterri là toute seule. Il ne fait aucun doute que quelqu'un a voulu blesser le cheval volontairement …et Harry par la même occasion.

A l'aide de la longe, j'accroche Hathor à la selle de Seth et je retourne chercher Harry. Il est toujours assis dans l'herbe mais son visage a repris quelques couleurs.

- Tu te sens mieux ? je demande.

- Oui, ça va beaucoup mieux. Ah, tu as retrouvé Hathor.

- Oui, elle était à l'arrêt un peu plus loin …

- Sais-tu ce qui a provoqué sa réaction ?

- Non, je dis rapidement. Mais j'en parlerai au palefrenier en rentrant. En attendant, rentrons, la nuit tombe vite sur la lande.

Harry s'apprêtait à remonter sur Hathor mais je l'arrête d'un geste.

- Il vaut mieux pas … elle pourrait s'agiter de nouveau. Viens, monte plutôt derrière moi.

Je lui tends la main pour l'aider à se hisser sur Seth. La selle n'est pas faite pour deux personnes alors j'avance le plus possible mais je ne peux empêcher qu'il soit littéralement collé à moi.

- Hm… accroche-toi, on y va.

Il passe ses bras autour de ma taille et je sens son torse brûlant contre mon dos. Cela me renvoie à cette funeste journée à Poudlard où il m'a sauvé de la salle sur demande en flammes. Là, c'était moi qui était accroché derrière lui et qui priait pour qu'on s'en sorte sains et saufs. Tous les deux.

J'éperonne doucement Seth mais je ne le lance pas au galop. Bizarrement, je n'ai pas envie que ce moment s'achève. Harry ne proteste pas, au contraire. Il pose sa joue contre mon épaule et je sens ses cheveux qui frôlent mon oreille.

Par bonheur, il est assis derrière moi. Sans quoi, j'aurais du mal à lui expliquer le pourquoi de la bosse qui déforme mon pantalon en ce moment.

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- Par Salazar où étiez-vous passé ? s'exclama Blaise. On est arrivé depuis une demi-heure déjà !

- Le cheval de Harry s'est emballé, dit sommairement Draco.

- Quoi ? Hathor ? Mais il n'y a pas plus docile ! contra le métis.

- Possible mais toujours est-il qu'elle s'est emballée, répondit sèchement Draco en descendant de cheval, Harry à sa suite.

- Et toi Harry ? Tu vas bien ? demandèrent Seamus et Dean.

- Oui, j'ai eu plus peur que de mal. Heureusement que Dr… Malefoy était là. Je lui dois la vie.

- N'exagérons rien Potter, minimisa le blond. Ne m'attendez pas, je vais ramener les chevaux à l'écurie, dit-il encore en s'éloignant.

De retour à Pembroke Manor, Harry n'avait qu'une seule envie, prendre une bonne douche et un peu de repos avant le repas du soir. Après avoir raconté sa mésaventure, il s'excusa donc auprès des autres et monta directement à sa chambre.

Il se déshabilla rapidement et entra dans la cabine de douche. Il considéra avec perplexité la multitude de boutons et de robinets qui se trouvaient devant lui. Finalement, il réussit à les actionner de manière satisfaisante et ce fut un vrai bonheur : en plus de la douche classique, il profitait de six puissants jets latéraux qui lui massaient le dos avec vigueur, dénouant les tensions dans ses muscles. Il était au paradis et se promit d'installer la même chose dans sa salle de bain dès qu'il serait de retour chez lui.

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Pendant ce temps, Draco revenait des écuries. Il avait discuté avec le palefrenier et cette discussion l'avait énervé.

Il pénétra dans le hall du manoir à grands pas au moment où Blaise le traversait.

- Ah Draco, tu tombes bien. Viens que je …

Le métis n'eut pas le temps d'achever sa phrase que le blond l'attrapa par le col de sa veste et le plaqua contre le mur.

- Qu'as-tu fait au cheval de Harry ? Et ne songe même pas à me mentir Blaise, siffla Draco.

- Mais … mais de quoi tu parles ? Je ne comprends rien … Arrête ! Tu m'étouffes ! suffoquait-il tant la prise du blond était ferme.

- Tu sais très bien de quoi je parle : tu as trafiqué le tapis de selle !

- Quoi ? Mais tu racontes n'importe quoi !

- Arrête de mentir ! Ton palefrenier m'a confirmé que tu as préparé toi-même le cheval de Harry !

- Oui, c'est vrai ! Mais je n'ai jamais trafiqué quoi que ce soit ! Draco, crois-moi ! Pourquoi aurais-je voulu faire du mal à Potter alors que je fais tout pour que tu …

- Tais-toi ! siffla encore Draco en regardant de tous côtés.

Il relâcha Blaise en soupirant et dit plus calmement :

- Le tapis de selle a été enduit de quelque chose qui ressemble à du pus de bubobulb et Merlin sait comment, des branches de tentacula vénéneuse ont été glissées en dessous, pour blesser volontairement le cheval, l'exciter et faire en sorte qu'Harry ne puisse plus le maîtriser.

- Ecoute Draco, c'est vrai, je suis allé seller moi-même Hathor après le repas de midi. Mais je te jure que je n'ai à voir avec ça … Je ne sais pas ce qui a pu se passer.

Comme le blond ne disait rien, Blaise insista.

- Draco, dis-moi au moins que tu me crois.

- Je ne sais pas. Je ne sais pas ce que je dois croire.

Et Draco s'en alla.

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Harry sortit de la douche bien mieux disposé qu'il n'y était entré. L'eau chaude avait fait du bien à ses muscles endoloris.

Sur l'étagère à côté de la cabine, il attrapa deux épaisses serviettes de bain blanches, une qu'il enroula autour de ses hanches, l'autre qu'il utilisa pour se sécher les cheveux.

Alors qu'il retournait dans la chambre, des coups furent frappés à la porte.

Il alla ouvrir et fut surpris de trouver derrière Draco Malefoy.

- Malefoy ?

- Je suis venu t'apporter l'onguent pour ton dos, dit-il en lui montrant un petit pot rond. Il vaut mieux l'appliquer le plus tôt possible pour qu'il fasse de l'effet.

- Ah … d'accord … entre, dit Harry en s'éloignant de la porte.

Draco entra et referma doucement derrière lui en essayant de ne pas fixer ce torse musclé, à la peau légèrement halée.

Merlin, cet homme est un appel à luxure et le pire, c'est qu'il ne le sait pas.

- Heu … c'est … c'est embarrassant Malefoy mais … tu veux bien … enfin je veux dire … comme c'est dans le dos …

Malefoy sourit devant l'embarras évident du brun et il eut envie de jouer un peu avec ses nerfs.

- Je ne comprends pas … que veux-tu exactement ? demanda-t-il de son air le plus innocent.

- Putain Malefoy, soupira le brun … est-ce que tu veux bien me le mettre ?

- Te mettre quoi Potter ? Le ton était on ne peut plus suggestif et le visage de Harry vira au rouge tomate.

- Crève Malefoy ! dit-il rageusement en arrachant le pot des mains du blond.

Malefoy rigola et dit :

- Oh allez Potter ! Relax ! Donne-moi ça, dit-il en reprenant le pot en main. Assied-toi sur le lit. Je vais te le mettre, souffla-t-il dans son oreille.

- Malefoy … grinça-t-il.

- Ça va, ça va ! Je ne dis plus rien !

Harry s'assit en tailleur sur le lit et Malefoy se plaça juste derrière lui. Il dévissa le capuchon du pot et préleva une petite quantité d'onguent sur ses doigts qu'il fit ensuite chauffer au creux de sa main.

Le produit dégageait une douce odeur de tilleul.

Il demanda à Harry de se pencher un peu en avant et posa les mains dans le bas de son dos qu'il commença à masser.

Le brun se mordit la lèvre au sang afin de ne pas gémir de plaisir tant les mains du blond sur lui étaient divines. Draco repoussa la serviette de bain pour accéder au bas de reins et là, Harry ne put réprimer un gémissement.

- Je t'ai fait mal ? Désolé …

- Non … non, c'est … c'est parfait. Merlin Draco, où as-tu appris à masser comme ça ? ne put-il s'empêcher de demander.

-Oh, je n'ai pas vraiment appris … ça me vient comme ça, dit-il doucement en se rapprochant de Harry de telle manière qu'il sentait son souffle dans son cou.

Harry était au bord de l'explosion. Son membre sous la serviette était tendu au possible et le frottement du tissu le torturait.

Ce que le brun ne pouvait pas deviner, c'est que l'état de Draco était similaire. Il y avait bien longtemps que l'onguent avait pénétré la peau mais le blond continuait à caresser ces reins si tentants.

Puis, mu par un irrépressible besoin, il se pencha encore jusqu'à déposer un baiser sur l'épaule dénudée. Ce contact envoya un courant électrique dans la colonne vertébrale de Harry, le reconnectant à la réalité.

Il s'écarta d'un bond.

- Putain Malefoy ! C'était quoi ça ? rugit-il.

- Oh ça va Potter … Fait pas ta sucrée … si j'en crois ce que je vois là, dit-il en pointant l'entre-jambe du brun, tu n'as pas détesté.

Harry était mortifié. Dans son empressement à s'écarter du blond, il s'était relevé, inconscient de la trique d'enfer qui déformait sa serviette.

- C'est … ce n'est pas …

- Ce n'est pas ce que je crois ? Ben voyons … Je ne crois que ce que je vois … Et je vois que je te fais bander, dit Draco d'un air satisfait.

Le brun se rassit sur le lit, la tête entre les mains.

- C'est bon Malefoy, dit-il d'un ton abattu. Tu as eu ce que tu voulais … tu as réussi à m'humilier mieux que tu ne l'avais jamais fait. Chapeau. Je dois admettre que je ne l'avais pas vu venir. J'avais naïvement cru que tu avais changé … Tu as eu ton cadeau de Noël en avance. Maintenant pars.

Draco le regardait sans comprendre.

- Quoi ? Tu crois … tu crois que je l'ai fait exprès ? Que je l'ai fait pour t'humilier ?

- Pour quoi sinon ? Parce que tu es amoureux de moi et que tu n'as jamais osé me l'avouer ? dit Harry en riant amèrement. C'est bon, va-t'en.

Le blond était rouge de colère.

- NE PRESUME PAS DE CE QUE JE PEUX PENSER ! T'ES QU'UN PUTAIN D'ENFOIRE POTTER ! POUR UNE FOIS DANS TA VIE, OUVRE LES YEUX ! MERDE !

Et il partit en claquant la porte laissant Harry plus triste qu'il ne l'avait jamais été.

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Le repas du soir se déroula dans une ambiance mi-figue mi-raisin. D'un côté, on riait beaucoup aux blagues et aux bons mots de Dean, Seamus et Grégory qui s'entendaient comme larrons en foire. De l'autre côté, tout le monde avait remarqué qu'une certaine tension régnait entre Draco et Blaise. Quant à la tension entre Harry et Draco, personne n'y faisait attention vu qu'elle était tout à fait dans la norme.

A la fin du repas, Blaise eut un regain d'enthousiasme et prit la parole :

- Mes amis, j'ai deux choses à vous dire. La première est que demain, nous ferons une partie de chasse. La chasse au lièvre et au brocard est ouverte jusqu'au 31 décembre en Ecosse et il est de tradition de chasser le gibier qu'on mangera au Nouvel An. Soyez prêt à partir à 6 heures du matin.

De véhémentes protestations s'élevèrent de la table.

- Quoi ? Mais c'est de la folie ! Je dors moi !

- Hors de question de me sortir du lit à une heure pareille ! C'est les vacances merde !

- C'est scandaleux ! Hors de question de tuer un animal pour le manger ensuite !

Blaise fit taire tout le monde.

- Départ à 6 heures ! Vous aurez bien assez le temps de dormir quand vous serez morts ! La deuxième chose : comme vous le savez, cette année, nous aurons un Noël anglais traditionnel. Cela signifie, outre la dinde rôtie aux marrons, la confection du fameux Christmas Pudding. J'ai engagé expressément Mrs Patmore, une sorcière aux ascendances moldues pour le préparer. La tradition veut qu'avant qu'elle le mette à cuire, tous les occupants de la maison tournent la pâte. Ça porte bonheur ! Alors que je vous invite à venir avec moi en cuisine !

Tout le monde suivit Blaise dans l'immense cuisine du Manoir. Malgré les poutres en bois apparentes et le carrelage d'époque qui donnait à l'endroit un côté rustique, l'équipement était ultra moderne.

Mrs Patmore était une petite bonne femme toute ronde à la tête auréolée de boucles grises. Elle arborait un grand sourire qui illuminait ses petits yeux bleus pétillants.

- Mrs Patmore, voici mes invités ! dit Blaise.

- Ah ! Parfait ! Mettez-vous en file indienne et chacun à votre tour, vous ferez deux tours dans la pâte dans le sens des aiguilles d'une montre, en faisant un vœu. Foi de Mrs Patmore, je vous assure qu'il se réalisera !

L'enthousiasme de la vieille cuisinière était communicatif et chacun se prêta au jeu. Harry se saisit donc de la grande cuillère en bois et tourna dans la pâte en faisant un vœu. Il doutait cependant sincèrement qu'il se réalise jamais.

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Et voilà pour cette première journée mouvementée à Pembroke Manor. La suite demain !