Chapitre 2

-Sakura? Saku, réveille-toi ! Hey, miss! Je peux me lever ? »

J'ouvris doucement les yeux. J'entendais un cœur battre, le sien ? Oui ! Je me trouvais, curieusement sur le canapé dans les bras de mon partenaire, ou plutôt ma tête reposée sur son torse. Surprise, je regardai autour moi. Tout ça n'avait été qu'un rêve ? On dirait bien ! J'étais quelques peu déçue, mais aussi soulagée car je n'aurais pas voulu m'endormir après notre premier baiser. Sasuke me ramena à la réalité

- Bien dormi ?

- Heu...Oui, je crois !

- Ha lala, Saku, tu me supplies de passer la soirée avec toi autour d'un film et tu t'endors !

Je rougis. En effet, quelle gourde ! Les images de mon rêve me revinrent en mémoire. Je me sentais gênée et déçue qu'il n'en fût rien. Sasu souhaitait se libérer de moi, mais je ne bougeai pas d'un poil.

- Tu peux te pousser s'il te plait ? Tu commences à peser lourd ! Tu devrais faire un régime, tu sais ?

Encore sous le choc de mon rêve, je me poussai doucement sans relever sa remarque. Ce qu'il remarqua car Il me regarda étonné :

-Tu es sure que ça va ?

- Oui, oui ! Où vas-tu ?

Il semblait se préparer à partir.

- Je sors !

- Oui, j'ai remarqué ! Mais tu vas où ? Laisse-moi deviner, tu vas faire la tournée des bars.

La sonnerie retentit. J'entrepris d'aller ouvrir.

-Cela doit être les gars pensai-je à haute voix.

Quelle ne fut pas ma surprise en y découvrant l'identité de mon visiteur :

-Karin ?!

-Bonjour Sakura, Sasuke est prêt ?

Il me fallut du temps pour réaliser sa question. Karin avec Sasuke? Sasuke sort avec Karin ? Ce n'est pas possible ! C'est quoi encore cette histoire ?

-Oui, je suis prêt !

Tellement que j'étais lasse, je n'avais même pas envie de protester devant le spectacle qui se dessiner devant moi : Karin qui aguichait Sasuke devant mes yeux!

-Sakura?

-Quoi ? Demandai-je sèchement

-Je sais ce que tu t'imagines et...

-Ecoute, vous faites ce que vous voulez, ce n'est pas mon problème. Ce que je vous demande, c'est d'arrêter de me prendre pour une idiote ! Alors si vous avez envie de roucouler ensemble, ayez au moins la décente de me prévenir à l'avance ! Bonne soirée !

Je leur tenais la porte signe qu'ils devaient s'en aller. J'entendis une bride de leur conversation dans le couloir :

- Qu'est-ce qu'elle a ?

- J'en sais rien, ça fait une semaine qu'elle est comme ça !

- Sasu, merci d'avoir accepté

- Pas de quoi

Je fermai la porte lentement, le dos contre celle-ci, je fermai les yeux :

«Comment voulaient-ils que je réagisse ? Lui, il drague n'importe quelle femme. Ces temps-ci, il multiplie les sorties avec Karin ou Ayumi entre autre. Il ne voit même pas à quel point, je vais mal ! Je n'en peux plus, cela fait cinq ans que ça dure ! Cela fait cinq ans que je me nourris de faux espoirs ! Cinq ans ! Mais comment peut-il jouer avec moi comme ça, ne voit-il que j'en souffre ? Ce soir... »

Des larmes amères coulèrent sur mes joues, encore.

« Ce soir, je voulais l'avoir à moi, rien qu'à moi au moins une fois. Ce n'était pourtant pas trop demandé. J'aurais pu changer notre relation, en douceur bien sûr. Je ne désire que l'aimer au grand jour, sans avoir à me demander s'il va, lui aussi, me quitter du jour au lendemain. Si lui aussi, il compte me considérer comme son « yoyo », ou si lui au moins il m'aime.

Et enfin compte, c'est exactement le même schéma qui se dessine sous mes yeux. La même douleur au cœur, encore, la même dépendance, encore. Je ne parviens pas à me défaire de lui. Je n'arrive pas à lui dire « ça suffit ! Je suis fatiguée ! » Encore une fois, je donne son amour sans limite et bien sûr je me retrouve une nouvelle fois le cœur brisé, en train de pleurer… Non ! Non, je ne peux pas continuer comme ça ! Je ne veux pas revivre ça. Il faut que je prenne du recul sinon je risque devenir folle ! Je voudrais me confier, extérioriser ma peine, mais qui appeler pour me consoler et qui pourrait bien me comprendre mieux que quiconque ? La seule qui me connaît le mieux, c'est elle ! »

Après plusieurs hésitations, je me décidai finalement de la contacter.

- Allo, Ino?

- Ha ! Sakura, comment vas-tu?

- Mal. C'est pour ça que je t'appelle ! Tu peux me rendre un service ?

- Tout ce que tu veux !

Je lui expliquai donc ce que j'attendis d'elle, elle acquiesça et raccrocha. J'allai préparer quelques affaires dans un sac et quittai l'appartement.