Master and Slave
Disclamer: Les personnages de Bleach ne m'appartiennent pas! Ils sont à Tite Kubo. Certains sont des OCs et m'appartiennent donc, ils seront présentés lors de leurs apparitions en début de chapitre.
Note: J'ignore si je pourrai avoir un rythme de publication régulier, je m'en excuse d'avance. Je m'excuse également s'il y a un peu de OOC...
Merci à Frasyl et Scorpio-no-Caro pour la bêta-lecture !
Pour des raisons pratiques, j'ai aligné la vie japonaise à celle occidentale. Comprenez donc par là par exemple, qu'une année scolaire va, dans ma fic, de Septembre à Juin (Alors qu'en réalité, une année scolaire japonaise débute en Avril et se termine en Mars) et que la majorité est fixée à dix-huit ans (et non vingt)
Je me suis amusée à faire régulièrement des petits clins d'œil au manga original, voir à d'autres mangas/films/séries. Si le cœur vous en dit, vous pouvez vous amusez à les chercher tout le long des chapitres.
et petite dédicace à Kiss-Suki que j'adore embêter (hinhin). Qui aime bien châtie bien comme dirait l'autre.
Et surtout, merci, merci à vous pour vos reviews!
Réponses aux reviews (anonymes):
Hesymi: Ichigo est plein de bonne volonté mais... Est ce que ça sera suffisant quand on connait le caractère de son esclave? ^^
trinity07: Oui! Se complexifier sûrement ^^ et j'espère que je vais réussir à surprendre mes lecteurs avec ce que je garde dans mes manches. *air angélique*
Ichigo acquiesça et Isshin prit la direction de la sortie, suivit par son fils et par l'esclave nouvellement acquis. Perplexe, le vendeur les observa passer devant le gardien et finalement sortir. Il haussa les épaules. Il n'était plus concerné par l'affaire.
Le gardien grommela quelque chose avant de repartir à son boulot, plaignant sérieusement ce gamin qui ignorait dans quoi il venait de s'embarquer.
Livre I – Un simple jeu
Chapitre 2
Rejoignant le moyen de transport qui leur avait permis d'arriver jusqu'ici, Ichigo se figea alors qu'un bras passait lentement dans son dos pour se poser sur ses épaules. Il s'arrêta, tandis que son père continuait d'avancer lentement devant lui. L'odeur de l'homme lui parvint et il ferma à demi les yeux et heureusement pour lui, ça ne fut pas vu. Il serra les poings et retint sa respiration quelques secondes alors que le menton du brun venait se poser son épaule. S'il avait décidé d'accorder une quelconque attention à l'homme, il aurait probablement remarqué que malgré sa désinvolture, l'autre gardait comme une marge de sécurité, faisant bien attention à ne pas le toucher. Pas trop.
- Pas de chaîne, pas d'entrave, pas de menace, pas d'ordre ? susurra une voix grave à son oreille, le faisant hausser un sourcil.
- Rien de tout cela.
- Intéressant. Voila qui va me changer.
Pendant leur échange, une des mains d'Ichigo était remontée doucement. Ses doigts se refermèrent lentement sur la boucle du collier et tirèrent légèrement, empêchant ainsi Sosuke de se redresser. Le métal froid se réchauffa quelque peu sous la chaleur corporelle, ce contact pourtant ne dura qu'une fraction de seconde. Ichigo se dégagea des bras de l'esclave pour reprendre sa marche, le tirant derrière lui. Il était hors de question qu'ils perdent du temps ici. Isshin d'ailleurs, s'était arrêté et les regardait, interrogateur. Son fils passa devant lui sans s'arrêter et il haussa les épaules en entendant Sosuke rire à l'attitude du jeune homme.
Le trajet de retour se passa dans le silence. Ichigo était perdu dans ses pensées et l'esclave allongé à l'arrière, semblait s'être endormi. Le jeune homme fronça les sourcils en observant les traits détendus du brun après s'être retourné pour le regarder. Il avait trouvé son silence étrange, après tout. Il était certain qu'il n'avait pas rejoint Morphée malgré ce qu'il voulait faire croire. Son instinct le lui hurlait.
Il se promit de se méfier à l'avenir. S'il avait eu un véritable coup de cœur - Enfin…Ce n'était peut être vraiment pas le terme, mais il ne voyait pas comment le définir autrement… - il avait conscience que l'homme cachait plus ou moins son jeu, et que son objectif serait de lui échapper aussi vite possible. Après l'avoir fait tourner bourrique au passage. En attestait son petit jeu de tout à l'heure, et même son attitude à son égard.
Bah. A lui de choisir ses cartes et de bien jouer, n'est ce pas ?
De retour à la résidence familiale, Ichigo s'autorisa à se détendre quelque peu, alors qu'il descendait de la voiture et saluait de loin ses sœurs qui faisaient de grands signes. Il fit le tour du véhicule, et ouvrit la portière en vue de faire face à sa nouvelle acquisition qui n'avait pas bougé. Le manque flagrant de réaction lui arracha un léger soupir, et il se pencha afin de rentrer dans la voiture, se mettant à quatre pattes au dessus de l'homme avec le but de poser sa main sur les yeux fermés, désireux de l'embêter un tout petit peu. Le contact seul suffirait à l'éveiller si, par hasard, il avait véritablement sombré. Il sentit Aizen froncer les sourcils à ce geste, moyennement heureux de subir ce genre de familiarité de la part de ce nouveau maître. Il devrait pourtant s'y faire, Ichigo était ainsi.
Isshin ramassa les quelques affaires qu'ils avaient récupérées, faisant signe à son fils de le rejoindre au plus vite avant de le laisser seul avec son nouveau compagnon. Le silence retomba et le rouquin sursauta en sentant quelque chose serrer son poignet. Baissant la tête, il observa le brun qui tirait sa main afin de dégager sa vue. Sans surprise, c'est un regard glacé qui se posa sur lui. Désormais seul, Aizen révélait une parcelle de sa personnalité, lui faisant comprendre que ce qui l'attendait ne serait pas une partie de plaisir. Une confirmation de ce qu'il savait déjà en somme. Il fronça les sourcils, peu désireux de se laisser faire.
- Je me demandais quand est-ce que tu comptais être sérieux, grommela-t-il, plus pour lui-même qu'envers le brun qui venait d'écarter sa main et de se redresser, l'entraînant avec lui avant de le repousser, Ichigo se rattrapant de justesse à la porte pour éviter de tomber.
- Ne me touche plus, fit froidement la voix du brun en réponse, alors qu'il sortait du véhicule. Ichigo fronça les sourcils, ne s'attendant pas à une réaction aussi excessive pour une simple main posée sur le visage. Heureusement qu'il n'avait pas suivit son idée première qui avait été de le secouer comme un prunier tiens…
- Excuse-moi d'avoir voulu être gentil, la prochaine fois je te balancerai quelque chose.
Les deux hommes se fixèrent un instant en chien de faïence et Sosuke finit par se détourner pour prendre la direction de l'entrée de la demeure. C'était bien là qu'il devait aller de toute manière. Une main sur la nuque, Ichigo l'observa faire, avant de gonfler légèrement les joues et de s'élancer à sa suite, ne tardant pas à le rattraper, l'esclave n'allant pas spécialement vite.
Par pure provocation il posa sa main sur l'épaule, et frôla brièvement le brun qui se raidit, mais avant qu'il n'ait pu dire ou faire quoi que ce soit, l'adolescent l'avait dépassé et atteignait la porte avec un léger rire, le provoquant à son tour. Enfin là, il passait surtout pour une personne puérile, mais ce n'était pas grave.
Aizen hésitait à présent sur la réaction à adopter : se désoler d'avoir un gamin aussi naïf comme nouveau maître où s'amuser du fait qu'il semblait prendre un malin plaisir à le défier, sachant désormais en partie, comment il pouvait être :Impulsif. Si différent des autres… le brun serra et desserra plusieurs fois le poing avant de se remettre en mouvement pour rentrer à son tour, et se composa une attitude plus ou moins docile en présence des parents et surtout vis à vis du père. Il n'était pas stupide. Il connaissait le nom de « Kurosaki » ainsi que les ragots et autres histoires qui courraient sur leur chef de famille. Qu'il savait en partie vrai : il n'y avait pas de fumée sans feu.
Quelle chance il avait…
Non content de pouvoir infiltrer, d'une certaine manière, une des familles les plus puissantes du Nippon (Celle qui contrôlait le centre du pays et tout le domaine médical ! Ce n'était pas rien !) il pourrait également s'offrir le luxe de « détruire » l'héritier potentiel, ayant apparemment une vision bien trop naïve des choses. Un bon programme en somme. S'il n'avait pas été si maître de lui, il se serait certainement mis à siffloter. Voila qui le mit d'excellente humeur pour l'instant.
Ayant laissé la porte légèrement entrouverte, l'adolescent calma ses légers tremblements suite à ce contact bref avec le nouvel arrivant. Il ne pouvait nier le danger que cet homme représentait, mais il était passé outre. Pas qu'il soit spécialement effrayé, cependant l'idée de braver un « interdit », pourtant ridicule et techniquement inexistant, l'avait boosté en adrénaline. Et il sentait qu'il allait s'amuser à ce petit jeu encore un moment.
- Heureux de constater que l'expérience semble te plaire, Ichigo.
Revenant brutalement à la réalité, le rouquin fit face à l'air ouvertement moqueur de son père. Il se renfrogna quelque peu, gêné, enfouit les mains dans ses poches en réponse et rentra la tête dans les épaules.
- Je n'ai pas l'intention d'être son maître, papa… Du moins pas comme tout le monde l'entend.
- Je sais, Ichigo, je sais, souffla l'homme, son visage se faisant plus doux alors qu'il venait ébouriffer les mèches orange, provoquant quelques exclamations mécontentes de la part de leur propriétaire qui ne chercha néanmoins pas à s'esquiver. Le visage d'Isshin redevint pourtant sérieux.
- Cependant, reprit-il, je crains que tu n'y sois obligé, qu'il ne t'y oblige, par la force des choses.
- Qu'est ce que tu veux dire ?
L'adulte secoua doucement la tête sans répondre avant de se détourner et de repartir. L'adolescent ne tarda pas à en comprendre la cause en sentant une présence derrière lui. Sosuke était redoutablement silencieux quand il s'y mettait. Mais il ne daigna pas se retourner et suivit son père dans le salon principal de la demeure. Il referma la porte derrière lui pour pouvoir continuer leur petite conversation, en toute tranquillité. La pièce aussitôt franchie, il réceptionna par réflexe ce que venait de lui lancer son père, haussant un sourcil en voyant la chaîne teinter et se balancer doucement entre ses doigts.
- J'aimerais que tu la gardes, quoi qu'il arrive, Ichigo. Accroche la où tu veux.
Le jeune homme haussa les épaules, observant sa tenue pour trouver un endroit où la mettre. Cela faisait longtemps qu'il avait arrêté d'essayer de comprendre les lubies de son père. Finalement les deux attaches présentes à chaque bout trouvèrent leur place sur un des passants de son pantalon. Fine, il la savait pourtant résistante. Et très longue. Il dut faire plusieurs tours autour de sa taille, jusqu'à ce qu'elle retombe au niveau de ses genoux, pour ne pas être gêné. La chaîne émit un doux son en s'immobilisant alors que l'étudiant la relâchait, et se remit à de tinter lorsqu'il se déplaça.
Isshin commença à discuter de banalités avec son fils. Il s'agissait en particuliers de futurs achats qu'il devrait faire pour Aizen. Mais le rouquin décrocha très rapidement lorsque fut abordé des sujets plus futiles. Il n'écoutait qu'à moitié, se contentant d'hocher quelquefois la tête. Mais surtout, il s'efforçait d'ignorer le brun accoudé au chambranle de la porte qu'il venait d'ouvrir et qui semblait tout aussi ennuyé que son… maître. Un esclave devait toujours se trouver dans le sillage de son propriétaire, en théorie… Mais devant le manque flagrant d'attention à son égard, il se décida à faire demi-tour pour visiter ce qui allait être sa future demeure durant quelques mois seulement. Mais ça il l'ignorait encore. Le père dut retenir son fils qui voulut s'élancer à sa suite.
- Il peut fouiller, il ne trouvera rien. Et puis, ce n'est pas comme s'il pouvait quitter la propriété.
Vaincu, son fils se laissa retomber sur le canapé. Isshin l'observa un moment, et un silence pesant s'abattit entre les deux hommes. Gêné, le garçon finit par se redresser, marmonnant une excuse quelconque que ne releva pas son père, levant les yeux au ciel. Il quitta le salon, et tomba nez à nez avec sa mère, qui lui offrit un sourire éclatant, et ses sœurs qui vinrent s'accrocher à sa taille. Ichigo ne put que sourire. Ses mains se posèrent dans les chevelures courtes des jumelles. Karin était peut être moins expressive que Yuzu qui babillait à son « ichi-nii » ce que les trois femmes avaient bien pu faire de leur matinée. Malgré tout, la lueur amusée qui luisait dans le regard de Masaki ne lui échappa pas, et il fronça les sourcils, sachant pertinemment la cause. Cette dernière d'ailleurs gloussa.
- Tu l'as bien choisi mon fils, c'est un bel homme.
Ne s'attendant certainement pas à une réflexion pareille, l'héritier Kurosaki sentit ses joues commencer à chauffer, signe qu'il devait certainement rougir, et fortement. Isshin, qui n'avait rien raté, prit un air blessé alors qu'il se mettait à jouer la comédie. Comme quoi il n'était pas question que l'esclave de son fils lui vole l'attention de sa femme. Celle-ci se mit à rire, bientôt accompagnée de Yuzu. Karin, elle, soupira de dépit devant l'attitude exagérée de son paternel. Ichigo se renfrogna, pas vraiment certain d'apprécier cette situation et les dépassa, pour rejoindre sa chambre et espérer avoir une paix relative.
Il s'écroula à plat ventre sur son lit, la tête dans l'oreiller accompagné d'un grognement appréciateur. L'idée le traversa qu'avec un peu de chance, s'il se rendormait, il y avait une possibilité qu'il réalise que tout ceci n'était qu'un mauvais rêve et que ça s'arrangerait au vrai réveil. Malheureusement, pas besoin de se pincer pour savoir que c'était la triste réalité. Quelle poisse d'avoir atteint sa dix-huitième année, tiens.
Il sentit le matelas s'affaisser, et l'adolescent tourna légèrement la tête, de façon à pouvoir observer l'homme qui venait d'y prendre place. Les jambes croisées, il avait passé sa main par-dessus son corps en veillant bien à ne pas le toucher. Le regard moqueur lui fit froncer les sourcils, et la phrase prononcée peu avant par sa mère lui revint en mémoire. Il eut une légère grimace, enfouissant à nouveau son visage dans l'oreiller avec un gémissement abattu, ne voyant pas le haussement de sourcils d'Aizen.
Oui bah, c'était qu'un homme comme les autres, hein ? C'était quoi cette idée de lui sortir ce genre de réflexion à propos de son esclave, franchement ?
- Quelque chose te perturbe, ô mon maître ? le nargua la voix grave, moqueuse. Ichigo frissonna involontairement en sentant que l'homme venait de se pencher sur lui. Il rêvait ou il était en train de se foutre de lui en plus ?
- T'étais pas censé visiter la baraque toi ? grogna t-il en réponse, de mauvaise humeur. Il se redressa sans prévenir, sachant très bien qu'ainsi penché, son esclave n'aurait pas le temps de l'esquiver. Et si ses suppositions quant à son aversion pour les contacts physiques se révélaient exactes, il n'y aurait plus cette proximité gênante. Pourtant, à sa grande surprise, loin de l'éviter, Aizen passa ses bras autour de ses épaules, et colla son torse contre son dos.
- Mais je l'ai fait, ronronna t-il, amusé de voir les joues d'Ichigo prendre - encore ! - une jolie couleur rouge tomate, avant que ce dernier ne se détache de lui, comme s'il avait été piqué, pour le fusiller du regard.
Aussi insensible à ce genre d'attitude qu'Ichigo pouvait l'être à ses diverses menaces et autres comportements d'intimidation, Sosuke se contenta de laisser ses mains retomber doucement sur le matelas, cet horripilant sourire toujours collé à ses lèvres.
- Pour un mec qui ne veut pas être touché, t'en profite sacrément j'trouve, râla l'adolescent
- Vu que tu as décidé d'ignorer cet ordre, j'ai pris le problème d'une autre façon, souligna l'adulte, reprenant sa position première.
Ichigo gonfla les joues, sérieusement agacé par cette attitude. Sosuke se faisait un malin plaisir à trouver une réponse à tout. Et quand ce dernier s'amusa de sa réaction en lui demandant s'il comptait bouder et pendant combien de temps, le plus jeune se jeta alors en avant pour faire taire l'insolent et commença à batailler. L'esclave cherchait à l'éjecter et lui à s'accrocher. C'est presque avec plaisir qu'il nota l'agacement et la contrariété dans le regard chocolat, quand il réussit à plaquer une de ses mains sur son épaule droite et l'autre sur le bras gauche. La poigne de son adversaire était dans son dos à tirer le col, probablement avec l'idée de l'entrainer en arrière.
- Gamin stupide ! cracha l'adulte, sous le regard satisfait de son maître qui exultait de le voir enfin abandonner cette attitude fausse.
Et ça aurait pu être son heure de gloire, oui, si son père n'était pas rentré au même moment et ne s'était immobilisé, les yeux ronds, en observant son fils assis sur la taille de l'esclave nouvellement acquis, bloquant les mouvements de ce dernier. Le regard ambre et celui chocolat se posèrent sur le patriarche de la famille Kurosaki, l'un assassin, l'autre neutre.
Isshin finit par se recomposer un visage qui se voulait sérieux, dévisageant son fils qui n'avait pas bougé de position et qui le fusillait toujours du regard.
- Et bien, je ne pensais pas que ça irait si vite.
- Qu … Quoi ?
- Je suis désolé de vous avoir dérangé, amusez vous bien ! fit, joyeusement, le père d'Ichigo avant de repartir aussi vite, laissant son fils hébété.
S'apprêtant à hurler après son paternel une gentillesse supplémentaire, Ichigo fut brusquement stoppé en sentant le corps en dessous de lui trembler. Il baissa la tête pour observer, consterné, Aizen se mordre la joue afin ne pas se mettre à rire. Il avait tourné la tête vers le mur, à l'opposé de la porte, certainement dans le but de ne pas se trahir.
Dire qu'il avait réussi à lui faire perdre contenance l'espace d'une poignée de secondes, et son père lui avait laissé le temps de se reprendre et d'afficher de nouveau ce masque d'arrogance et de moquerie. Ichigo le lâcha mais ne quitta pourtant pas ses hanches. Il s'empara de son oreiller et le leva au dessus de sa tête pour l'abattre sans aucune pitié sur son prisonnier.
- Ne…Ne te moque pas de moi ! hurla t-il.
Ce fut la phrase de trop et un rire puissant envahit la pièce alors qu'Aizen avait stoppé le polochon avec ses avant-bras. Dans un grognement désespéré, il laissa sa tête tomber contre l'oreiller. Mais qu'est ce qu'ils avaient tous aujourd'hui, à lui faire ce genre de sous-entendus stupides sur son esclave ? Comme si… Ichigo frissonna d'horreur et se redressa pour quitter la pièce, accompagné du rire du brun qui ne s'était pas calmé.
« Joyeux Anniversaire, c'est vraiment ta fête, Ichigo » songea amèrement l'adolescent alors qu'il descendait les escaliers pour rejoindre le jardin. Il s'y enfonça pour trouver un peu de solitude et de paix. L'avantage d'habiter dans une famille très aisée, c'était que ce genre de jardin était immense, et Ichigo le connaissait bien. Il trouva ce coin tranquille où il s'installa et s'allongea sur l'herbe pour regarder le ciel. Au moins il était certain que personne ne viendrait le déranger ici, puisque c'était un endroit connu de lui seul.
Oh, il entendit bien les voix de ses sœurs l'appeler, mais décida d'y rester sourd. C'était sa petite vengeance, et il éviterait ainsi de nouveaux commentaires gênant. Il sauta le repas de midi, mais n'en avait cure : il n'avait pas vraiment faim.
Il ferma les yeux, se laissant bercer par le calme, et le vent qui faisait bouger légèrement la végétation autour de lui. Son visage se détendit quelque peu alors qu'un léger sourire se dessinait sur ses lèvres. Au moins cette journée n'aurait pas été totalement pourrie.
Il ignora combien de temps au juste il passa ainsi, planqué, mais fut dérangé par quelque chose tombant brusquement sur son visage et qu'il finit par identifier comme étant… son oreiller ! Enlevant le tissu blanc rembourré, l'adolescent ne retint pas une expression de surprise en voyant Sosuke penché sur lui, ayant retrouvé un air neutre.
- Tu me sous-estimes, gamin, répondit-il à la question silencieuse du plus jeune. Ne compte pas m'échapper aussi facilement, j'aurais toujours une longueur d'avance sur toi.
- Je m'appelle Ichigo, tu sais, grogna Kurosaki, agacé par ce surnom rabaissant à ses yeux.
- Et ? fut la réponse de l'esclave, qui acheva de le déconcerter.
Le silence retomba entre les deux hommes. Ichigo se redressa, son oreiller dans les bras, et préféra ignorer le brun pour retourner à la maison. Ne pas répondre. Surtout ne pas répondre… Il savait que ce dernier lui emboiterait le pas de toute façon. Quant il revint, l'adolescent se fit réprimander par ses parents, et malgré le fait qu'il pouvait concevoir cela, Ichigo ne put s'empêcher de se renfrogner. Une attitude que son père n'apprécia pas et lui fit comprendre.
Alors que le sermon se terminait enfin, le jeune homme se risqua à tourner légèrement la tête pour croiser le regard de l'esclave. Il y lut exactement ce qu'il pensait : comment avoir un semblant d'autorité sur quelqu'un lorsque vous vous faîtes disputer tel un enfant de cinq ans ?
Le reste de la soirée fut plutôt morne à ses yeux, et ce fût sans réel appétit qu'il mangea ce qui devait être son repas d'anniversaire. La table en elle-même était silencieuse, et Sosuke semblait se tenir relativement tranquille. Ayant perdu son euphorie à l'idée de partager ses journées avec un potentiel compagnon, Ichigo quitta la table après un rapide mot d'excuse. Si sa mère voulu se lever pour lui parler, Isshin l'en empêcha d'un regard, et c'est avec un soupir qu'elle se rassit, triste pour lui. Lorsque le brun partit son tour, bientôt suivit des deux filles, elle retint son mari, qui soupira.
- Ne me reproche pas de l'avoir grondé.
- Essaie de comprendre ton fils, mon chéri, commença doucement sa femme, venant se serrer contre lui. Rappelle-toi qu'il ne voulait pas de ça au départ. Peut être… Avons-nous fais pire que mieux ?
- Ichigo doit prendre ses responsabilités et grandir. C'est aussi à ça que sert ce rituel de l'esclave.
- Je ne peux m'empêcher de m'inquiéter, il n'a pas choisi la facilité et tu le sais.
- Ne t'en fais pas Masaki, je veille.
Une fois dans sa chambre, Ichigo passa rapidement par la case « salle de bain » pour une toilette éclair avant d'enfiler son pyjama et de se glisser dans son lit. Il tourna le dos à l'entrée, priant que cette journée se termine au plus vite, et que son calvaire prenne fin. Pas qu'il espérait que le lendemain soit meilleur, juste qu'il avait atteint sa limite pour aujourd'hui.
Mais un Dieu là haut devait lui en vouloir, puisqu'il sentit quelqu'un tapoter son épaule. Il se tourna pour faire face à… Sosuke.
- Qu'est ce que tu veux encore ? souffla t-il, las, en se frottant les yeux.
- Dormir, répondit simplement l'adulte, comme une évidence, et croisant les bras.
- Et qu'est-ce qui t'en empêche ? râla le plus jeune, reprenant sa position première.
Face au silence pesant qu'il reçut comme réponse, il se redressa au bout de quelques minutes pour fixer le brun qui n'avait pas bougé, et qui le regardait comme le dernier des abrutis.
De toutes les chambres d'amis que pouvait posséder le manoir familial, fallait-il qu'il dorme forcement dans la sienne ? C'était ce que lui avait expliqué son père. Comme quoi un esclave ne devait jamais s'éloigner de son maître. Pas trop en tout cas.
Il était maudit. Il ne voyait que ça.
Sauf qu'il n'avait foutrement aucune idée d'où est-ce qu'il pouvait installer Aizen. Sa chambre n'était pas spécialement grande. Il n'aimait pas avoir trop d'espace. Se relevant, il dépassa Sosuke dont le regard le suivait, et partit chercher un futon, avant de fixer le sol de sa chambre. Pas que l'espace manquait en fait, mais il craignait…
…
Enfin…
Le matin quoi.
L'esclave observa l'adolescent se mordre la lèvre inférieure avant de passer une main dans ses cheveux, visiblement ennuyé par il ne savait quoi. Et puis finalement il sembla trouver. Il ouvrit son armoire, dont une partie était vide. Interloqué, il observa sans vraiment le croire son maître étendre le futon sur le dessus d'un meuble bas, après avoir vérifié que la planche supérieure, scellée dans son support, ne risquait pas de tomber. Il revint tranquillement vers son lit, pensant sans doute l'affaire résolue.
- Tu espères vraiment que je dorme dans une armoire ? siffla t-il alors que le jeune homme arrivait à son niveau. L'observant un moment, l'adolescent finit par hausser les épaules, bailla et se recoucha.
- Si tu veux dormir par terre, libre à toi, mais ne viens pas te plaindre demain matin.
- C'est-à-dire ?
Cependant Ichigo ne daigna pas répondre, il voulait juste pouvoir enfin s'endormir tranquille. Il sombra quelques minutes après, à en juger par la respiration plus forte et plus lente de l'adolescent ainsi qu'à ses traits d'avantage détendus.
Aizen s'assit sur le lit, et observa un instant le sommeil du plus jeune. Il avait bien compris que ce dernier venait de plonger la tête la première dans un univers dont on n'avait pas jugé utile de lui donner les règles. Ou pas toutes. Et si l'envie de s'allonger à ses côtés était tentante, rien que pour lui faire comprendre qu'avoir un esclave, particulièrement récalcitrant comme il pouvait l'être, était une lourde responsabilité. Mais il n'en fit finalement rien.
L'héritier Kurosaki lui semblait plus une victime qu'un tortionnaire, et s'il se moquait bien de son état d'esprit, il n'était pas amusant de s'acharner sur quelqu'un déjà écrasé par le poids des obligations et le fardeau familial.
Il en vint à se demander comment cet enfant pouvait se permettre de baisser autant sa garde en sa présence ? Aizen fixa un moment l'endroit que le gamin lui avait « réservé », repensant à ses paroles. Il passa une main sur son visage, et alla éteindre la lumière, décidant de suive ses « conseils » pour cette nuit. Il verrait bien demain matin et aviserait le moment venu, en conséquence.
Ceci dit… il se vengerait de ce qu'il considérait être une humiliation. C'est une promesse qu'il se fit, alors qu'il s'allongeait sur le futon, les bras croisés derrière la tête.
Les yeux fermés, il entendit les parents venir vérifier le sommeil de leur enfant avant de repartir en chuchotant. Il sombra à son tour dans les bras de Morphée.
Les deux hommes endormis, le silence retomba sur la demeure Kurosaki, et maître, comme esclave, eurent droit à un sommeil sans rêve.
Et la sadique que je suis coupe ici.
Merci de m'avoir lue! ^^
Suite au prochain épisode!
