Genre : Hurt/Comfort

Rating : k+

Second petit texte dont l'identité de l'objet est facile a deviner.

Merci à vous Clélia et shinobu24 pour vos reviews sur le précédant tout petit texte.


Il était le Martyre.

La cible de mains frustrées, colériques, désespérées qui pinçaient, cognaient et jetaient sans douceur, lui arrachant des plaintes déchirantes et irréelles.

Sa voix était une ode à l'agonie où le temps s'étirait à l'infini dans un ennui abyssal et dévorant. C'était une complainte de l'insouciance disparue, du bonheur rarement effleuré du doigt, si ce n'est dans les paradis artificiels et éphémères. Sa voix ne connaissait que le chagrin, la colère, la rancœur, la douleur et la solitude. Il était un spectre émacié qui depuis longtemps - épuisé - avait cessé de se débattre et qui - désormais - hantait un gouffre sans fond où pourrissaient les miasmes d'une morne existence incomprise.

Mais cela ne dura pas.

Un jour, le Martyre devint un confident… voire un ami. Une relation particulière et unique aux liens indéfectibles naquit. De dures et sans pitié, les mains s'étaient faites plus douces, plus tendres, presque... amoureuses.

Et ce, depuis qu'un nouveau locataire était arrivé. Un ami. Un nouvel et unique ami.

Le Martyre sortit des abysses baignait dans une aurore naissante, timide mais déjà si chaude et lumineuse. Un changement drastique aussi inattendu que bienvenu. Et il espéra que cet ami resterait. Pour lui, pour eux. Grâce à lui, sa voix stridente avait pu dévoiler toute sa richesse, toute sa profondeur. Du hurlement strident venu du gouffre dévorant, son cœur était devenu une ode à la symphonie des sphères.

Démons repentis devenus séraphins, les mains blanches l'étreignant délicatement, le berçaient et lui apprenaient à chanter des airs doux, des airs mélodieux, des airs rêveurs, des symphonies divines venues d'ailleurs, des airs de paradis après les limbes enténébrées. Des mélodies secrètes qui s'élevaient comme des volutes argentées, carillonnantes.

Pour cet ami il y avait maints chants, tous différents mais tous lui étaient dédiés. Et dans les notes opalines tissées autour de ce cœur iridescent, le Martyre percevait toute la surprise, tous les doutes, toutes les interrogations mêlées d'espoir et de tendresse timide envers cet ami si nouveau et déjà si cher.

La Martyre n'avait pas besoin de voir pour percevoir et comprendre. Non. C'étaient les mains pâles autrefois tant craintes et haïes qui le lui soufflaient dans le creux de l'oreille.