Notes de chapitre : *se cache au fond de la chambre des secrets pour échapper aux bombabouses*
Pardon, pardon, pardon... vraiment désolée de ne pas avoir mis à jour plus tôt. Je n'ai pas tellement d'excuses, sinon que je suis actuellement concentrée sur une autre fic, plus longue, plus développée et - je l'espère - plus soignée. Donc je vais faire des efforts pour finir de poster celle-ci avant l'année prochaine - à vrai dire, elle existe déjà sur HPF, mais ici je la corrige un tout petit peu, ce qui explique que la publication ne soit pas aussi évidente qu'elle n'y paraît... Je l'ai entièrement relue ; elle me paraît avec le recul d'un an et demi d'une puérilité désarmante, mais je vous promets de la poster entièrement sur ce site, avec les corrections mineures que j'ai évoquées.
Je n'ai probablement pas répondu à toutes vos reviews, je vous demande encore de me pardonner. Là pour le coup, il y a une explication plus rationnelle : j'ai beaucoup de mal avec l'interface de FFnet, site sur lequel je ne vais pour ainsi dire jamais, et j'ai plutôt les habitudes de HPF, qui propose un R à R directement sur le site, visible par tous - bref, c'est une question purement technique et je pense adopter la mode aux RàR en début de chapitre dès le prochain.
Voilà voilà. Il ne me reste qu'à vous souhaiter une bonne lecture...
Après un passage rapide à l'infirmerie, où elle avait soigné ses blessures, Hermione descendit d'un pas lent l'escalier, en direction de la Grande Salle. Elle tira nerveusement sur l'écharpe qui dissimulait la blessure de sa gorge aux regards - l'infirmière n'était pas parvenue à la faire disparaître, en dépit d'efforts tout à fait louables. Toute hésitante, elle se demandait quel accueil lui serait fait, à elle, la nouvelle, fraîchement débarquée chez les Serpentard, ayant gardé tous ses réflexes de Gryffondor - notamment une méfiance prononcée à l'égard de tout ce qui est couleur vert-argent -, et surtout, sans passé réel.
Elle avait intérêt à s'inventer vite fait une histoire, une famille, parce que les questions allaient fuser.
Elle se demandait également combien de jours elle pourrait survivre : selon Dumbledore, la Chambre des Secrets n'avait pas encore été ouverte. Autrement dit, Jedusor étant en septième année, ce serait pour bientôt. Joyeuse perspective.
Glups. Le Basilic prendrait-il en compte son appartenance à Serpentard, ou ne verrait-il que son sang "souillé" ?
Et au fait, quelle apparence avait Jedusor ? Hermione ne l'avait jamais vu, mais se doutait bien que l'aspect fantômatique du Voldemort adulte lui avait été acquise au fur et à mesure de ses flirts avec la magie noire. Haussant les épaules, elle se rappela qu'il était à l'époque préfet en chef. Elle l'identifierait donc à son insigne.
Hermione pénétra dans la Grande Salle. Rien n'avait changé. Les quatre longues tables étaient alignées comme de coutume, et le plafond montrait un ciel d'un bleu resplendissant. L'été touchait à sa fin. Hermione aurait presque pu se croire à son époque. Machinalement, elle jeta un oeil en direction de la table des Gryffondor, espérant à moitié voir Harry et Ron lui adresser de grands signes de la main.
Nerveuse, Hermione se dirigea d'un pas vif vers la table de Serpentard, le coeur battant. Avisant une place libre à l'extrémité de la table, elle demanda à la jeune fille blonde qui occupait la place voisine :
- Excuse-moi, il n'y a personne ?
- Tu peux t'installer, répondit gaiement la blonde. Tu es la nouvelle de Beaubâtons ?
Hermione eut un hoquet de stupeur.
- Les nouvelles vont vite, fit-elle en se reprenant.
- Comme tu vois, répliqua la blonde en riant. Je m'appelle Samantha Malefoy.
- La soeur d'Abraxas Malefoy ? interrogea Hermione sans y penser.
Samantha prit une mine singulièrement étonnée.
- Ben alors ! siffla-t-elle. Toi qui te plaignais que les nouvelles allaient vite... tu connais déjà Abraxas ? C'est mon cousin germain...
- Ahem, euh... en fait, Dippet m'a montré la liste des noms de Serpentard, pour que je m'y repère un peu... inventa Hermione à toute vitesse, alors que son cerveau tournait à plein régime.
Le nom de sa camarade lui évoquait quelque chose... impossible de savoir quoi...
- Je vois. Excuse-moi... mais tu ne m'as pas dit ton nom, enchaîna Samantha avec bonne humeur.
De rose soutenu, les joues d'Hermione virèrent au carmin et elle déclina son identité. Alors que Samantha engageait la conversation sur la prétendue école d'origine d'Hermione, cette dernière finit par se souvenir. Samantha Malefoy avait été tuée, peu avant Regulus Black d'ailleurs, car elle avait paniqué devant ce qu' "on" lui demandait de faire, à savoir des activités fort distrayantes alliant meurtres, tortures et intimidation de la vermine moldue : une information que contenait "Nobles par nature : une généalogie de sorciers", auquel Hermione avait à peine jeté un oeil chez Sirius. Elle fut prise d'un fugitif élan de compassion à l'égard de sa voisine.
En répondant aux questions passionnantes de Samantha ("et alors, à Beauxbâtons, il y a un parc plus grand qu'ici ? Et pas de matches de Quidditch ? Qui a fondé cette académie ?..."), Hermione se surprit à penser qu'il y avait au moins une personne, à Serpentard, en septième année, qui ne lui en voudrait pas pour ses origines moldues.
Le repas terminé, Hermione se rendit au double cours de métamorphose que les Serpentard partageaient avec les Serdaigle. Elle s'installa aux côtés de Samantha, se sentant tout à coup beaucoup moins nerveuse. Soulagée de se sentir accueillie, avec l'impression que malgré son lourd passé, elle pouvait néanmoins continuer à exister (c'était déjà ça), elle s'efforçait de ne pas penser à Harry, Ron et Ginny, un exploit difficile pour lequel Samantha, inconsciemment, l'aidait de son mieux. En attendant l'arrivée de Dumbledore, Samantha lui énumérait les différents professeurs, leurs qualités, leurs points faibles ("en potions, pour avoir de bonnes notes, pense à offrir de temps en temps à Slugorn des ananas, il adore") ; Hermione en oubliait presque Jedusor.
Le cours commença. Dumbledore eut un petit sourire à l'adresse d'Hermione lorsqu'il passa devant elle.
Chassez le naturel, il revient au galop. En dépit des épreuves récentes, Hermione n'avait pas perdu sa vivacité et dès la première question, elle fit gagner dix points à sa maison. A la deuxième question, ce fut un garçon aux cheveux bruns, exceptionnellement séduisant (vous voyez de qui je veux parler ? oui ? eh ben Hermione non), qui donna la bonne réponse. Re dix points pour Serpentard. A la troisième question, de nouveau, il fut plus rapide qu'elle.
A la fin du cours, Serpentard avait remporté quatre-vingt points. Les serdaigle étaient, mais alors, complètement dépassés.
Sans véritablement se l'avouer, Hermione espérait secrètement qu'en donnant elle aussi le plus de bonnes réponses qu'elle pouvait (en l'occurrence, trois sur les huit, ce qui semblait assez honorable compte-tenu de la rapidité du jeune homme), elle parviendrait à se faire remarquer de ses beaux yeux. Peine perdue. Il ne lui avait pas jeté un seul regard.
N'y tenant plus, Hermione se pencha vers sa voisine et lui demanda l'identité de ce brillant phénomène au si beau visage.
- Il est incroyablement charmeur, n'est-ce pas ? chuchota Samantha en souriant.
Hermione rosit, et acquiesça. L'année promettait d'être passionnante.
- Il s'appelle Tom Jedusor.
Hermione eut l'impression qu'on lui renversait un seau d'eau froide sur la tête. L'année promettait d'être terrifiante.
- C'est son nom qui te fait cet effet-là ? pouffa Samantha en rangeant ses affaires.
- Euh... non, ce n'est pas ça, balbutia Hermione, très gênée. C'est juste que... (elle chercha un moyen rapide d'expliquer son trouble) je me disais... je n'ai aucune chance, il doit y avoir des dizaines de filles autour de lui, et franchement, je ne suis pas une beauté...
En disant cela, Hermione eut soudain très envie de pleurer, mais s'efforça de ne rien laisser paraître. Elle se sentait incroyablement mal. Voldemort, adolescent, avait été terriblement beau. Comment quelqu'un d'aussi séduisant avait pu tourner si mal ? Les visages de Harry, Ron et Ginny se mirent à flotter dans son esprit.
Samantha soupira.
- Toutes les filles sont à ses pieds, il n'a qu'à se baisser pour en cueillir une. Et pourtant, il reste toujours solitaire. Presque méprisant.
Elles étaient sorties de la salle de classe.
- On a quoi, maintenant ? demanda Hermione.
- Options. Moi je n'ai rien, je retourne dans la salle commune.
Passablement énervée de devoir rouvrir son sac, Hermione sortit son emploi du temps. Pour elle, c'étaient la classe d'études des moldus.
Jedusor ne suivait pas cette option. Hermione ne savait pas trop bien si elle en était soulagée ou déçue.
Le soir, Hermione dîna très rapidement, seule : elle était l'unique Serpentard à avoir eu cours juste avant, et ses camarades avaient déjà mangé.
Elle descendit dans la salle commune. D'abord frappée par l'aspect un peu sinistre de la pièce qui, bien que très confortable et richement meublée, gardait une apparence glacée en raison de l'omniprésence de la couleur verte, elle avisa Samantha qui discutait, assise sur le canapé, au milieu d'un petit groupe de filles à qui Hermione fut illico présentée. Bientôt le groupe s'élargit, tous les septièmes années désirant faire connaissance avec la "nouvelle".
Très gênée, Hermione était à cours d'idées question mensonges. Quand on lui demandait de décrire son école, elle prétextait que Beauxbâtons était plus ou moins comme Poudlard, à quelques différences près : Hermione se souvenait des longs discours élogieux de Fleur au sujet des examens et autres bals de Noël.
- Et ta famille ? Tu es venue seule ici ?
Lassée de mentir, Hermione avoua qu'elle était d'origine moldue, ce qui lui évita d'avoir à inventer un nom :
- à consonance française, agrémentée de la particule adaptée, parce que bon, voilà, quoi,
- susceptible de convenir à une longue et célèbre lignée de sorciers (un exploit qu'elle jugeait au-dessus de ses forces).
En réalité, elle avait surtout peur de se trahir d'une manière ou d'une autre dans son comportement - par exemple, en révélant par inadvertance sa méconnaissance pure et simple des contes de Beddle le Barde devant des sorciers qui les connaissaient par coeur... enfin, ce n'était plus le cas désormais, mais elle se savait tout à fait capable de renouveler une telle performance. Par conséquent, elle jugea préférable de dire la vérité tout de suite, avant de subir une humiliation quelconque.
Un grand silence se fit entendre autour d'elle. Très embarrassée, Hermione attendait qu'on prononce le nom de "sang de bourbe", qui ne vint toutefois pas. Quelques visages, cependant, prirent une expression assez méprisante, et deux personnes quittèrent le cercle.
Devant le trouble de son amie, Samantha relança la conversation sur Poudlard. Hermione faisait mine d'écouter très attentivement ce que ses camarades avaient l'impression de lui apprendre, mais son regard se perdit bientôt dans le vague. Elle songeait à son époque.
Le lendemain était un samedi. Hermione descendit tard dans la salle commune. Elle avait mal dormi, ayant pleuré pendant une partie de la nuit, et rêvé ensuite de la bataille qu'elle avait quitté la veille, et qui appartenait désormais à son futur. Vu comme ça, ça n'avait rien de très réjouissant.
En entrant dans la salle, elle s'aperçut qu'elle était vide, à l'exception de Jedusor qui lisait, installé dans le fauteuil le plus éloigné de la porte. En l'entendant, il leva la tête et leurs regards se croisèrent une fraction de seconde, à laquelle Hermione mit un terme en prenant tout simplement la fuite.
Jamais elle ne s'était sentie aussi mal. Un élan de haine l'avait envahie, vite mêlé à une grande émotion que provoquait la simple vue d'un si beau visage, avec en prime une profonde tristesse et une peur effroyable, ce qui faisait que ce qui se passait dans coeur était très difficile à analyser, très douloureux et très compliqué. Hermione s'arrêta dans le couloir et respira un grand coup.
OK, on se calme. Les symptômes étaient évidents et elle ne devait pas s'y tromper. C'était certes la première fois que ça lui arrivait, mais elle avait déjà dû gérer ce genre de problèmes avec Ginny, donc elle pouvait raisonnablement espérer garder un minimum de contrôle sur la situation - du moins, le temps que ça se tasse...
Hermione savait qu'elle était joyeusement en train de tomber sous le charme de Jedusor. Pas lentement, hein, soyons d'accord. C'était plutôt le genre coup de foudre, de ceux qui prennent un malin plaisir à vous tomber dessus dans les moments les moins adéquats (quand vous êtes coincé dans une autre époque en compagnie du plus grand mage noir de tous les temps, par exemple), et encore plus spécialement si vous ne croyez pas à l'existence de ce... truc.
Dans le cas d'Hermione, il lui était inutile de se mentir à elle-même ni d'impatienter la clientèle, c'était ainsi, elle y avait droit.
Cela dit, ce "problème" s'apparentait davantage à un mauvais rhume qu'à un handicap lourd, et il n'y avait aucune raison pour que ça empire ou quoi que ce soit. Si vraiment son esprit en arrivait à des extrémités qu'elle jugeait dangereuses, il lui suffirait de se remémorer les doloris reçus au manoir Malefoy, ce qui devrait en théorie régler la question.
Cependant, elle avait peur. L'expression de mépris qu'elle avait lu sur le visage de Jedusor ne trompait pas, il avait entendu ses aveux de la veille, savait qu'elle était née de parents moldus (en même temps, elle l'avait un peu cherché).
Et il allait bientôt jeter un basilic sur ceux qui étaient comme elle.
Re-glups.
Respirant encore une ou deux fois très calmement, Hermione se dirigea vers la Grande Salle pour prendre son petit-déjeuner.
