Coucou tout le monde !
Nous sommes de retour avec la suite de cette fiction parallèle de La Voie Oubliée qui porte sur la sœur d'Ispahan Rosier, l'un des Cracmols admis à Poudlard : Phyllis Rosier. Nous vous conseillons bien évidemment la lecture de notre fiction principale pour mieux profiter de celle-ci ;)
Ce deuxième chapitre fait en partie écho à la fin du chapitre 6 de LVO : Petites frousses et grandes frayeurs.
Merci pour vos reviews sur le premier chapitre de cette fiction, vous êtes trop les meilleurs !
Bonne lecture :D
Chapitre 2 : Sauvetages
Mercredi 28 août 2019
Phyllis était allongée dans la serre du manoir de ses parents, au milieu des roses, toutes plus éclatantes les unes que les autres. Certaines étaient rouges comme le sang, d'autres blanches comme la neige, d'autres encore jaunes comme le soleil, qui avait oublié de se montrer depuis quelques temps. Mais Phyllis s'en moquait. Les seules roses qui l'intéressaient à cet instant précis étaient les roses noires. Créées par son arrière-grand-père. Une tradition entretenue dans la famille Rosier. Quelle ironie quand on y pensait. Phyllis détestait et adorait ces fleurs. Oui, tout autant l'un que l'autre.
Elle aimait la délicatesse de leurs pétales, si fins et joliment dessinés. Elle aimait leur couleur sombre, synonyme de désespoir et de fatalité. De destin qui nous échappe. Elle aimait leur odeur. Subtile. Qui lui rappelait les heures heureuses de son enfance. Quand elle jouait à cache-cache entre les massifs avec Ispahan jusqu'à ce que leur mère ne les surprenne à se livrer à pareille bêtise et ne les punisse. Oh, elle aurait pu continuer à être heureuse. Elle cueillit une rose et caressa sa corolle du bout du doigt. Avant d'arracher un à un ses pétales.
Oui, elle détestait ces fleurs. Symboles de la tradition familiale. De l'apparence et du non-dit. Il ne fallait jamais rien montrer. Non. Et obéir surtout. Mère voulait qu'elle assure la descendance de leur lignée. Ah, en voilà une bonne. Phyllis ne s'imaginait pas le moins du monde mariée, cachée dans la propriété de son futur mari, préparant des réceptions et des dîners mondains pour plaire à une aristocratie sorcière en déperdition totale. Athelstan Pucey n'était qu'un autre de ces sorciers de fin de race. Un garçon hargneux et pâle, qui avait passé probablement plus de temps enfermé tel un trésor entre les cachots de Serpentard et le manoir de ses parents que dehors, à jouer et à se faire des amis, des vrais, comme la plupart des enfants et adolescents de sa génération.
Elle devrait l'épouser deux ans plus tard. Et elle comptait bien éviter ça à tout prix. Deux ans. Il lui restait deux ans pour éviter la catastrophe. Celle qui ferait d'elle un objet, une machine à héritiers.
Elle leva les yeux et aperçut une silhouette derrière une fenêtre. Cette dernière disparut immédiatement mais Phyllis l'avait reconnue. C'était Ispahan. Son frère qui l'avait tant déçue à n'être pas un sorcier. Enfin, elle était bien décidée à tester encore une dernière fois cette hypothèse. Après tout, il lui restait quelques jours avant la rentrée, quelques jours pour tenter d'arracher à Ispahan une bribe de magie spontanée. Et elle avait déjà un plan…
Jeudi 29 août 2019
Phyllis était plutôt fière d'elle. Elle regarda autour d'elle, les poings sur les hanches, satisfaite. Elpis avait parfaitement compris ce qu'elle attendait de lui et il était prêt à l'action. Les Gronians étaient des animaux diablement intelligents contrairement à ce que pouvaient en penser ses parents. Elle alla se poster à l'étage de l'écurie. De là, assise sur une botte de paille, elle avait une vue panoramique idéale sur la porte arrière de l'aile Est du Manoir, dans laquelle se trouvait la chambre de son petit frère, ainsi que sur l'enclos d'Elpis. Elle s'assura qu'elle était toujours équipée de son sac en toile de jute, préalablement vidé de ses granulés pour Abraxans et rempli de paille. Le sac faisait à peu près la taille de la jeune fille.
Tout était prêt, il n'y avait plus qu'à lancer l'action. Elle mit son pouce et son majeur entre ses lèvres et émit un sifflement sonore. Elpis, qui avait compris le signal, commença à galoper à toute vitesse dans son parc, avant de s'envoler droit vers le ciel. Arrivé à une trentaine de mètres de hauteur, il poussa un hennissement déchirant et, comme s'il avait été foudroyé sur place, fonça en piquet vers le sol. Phyllis retint son souffle. Elle faisait confiance aux capacités de vol de son Gronian, mais ça ne l'empêchait pas de s'inquiéter. Surtout quand c'était pour elle qu'il réalisait ce type d'acrobatie.
Elpis atteignit le sol sans un bruit mais fit mine de s'être écrasé lourdement. Il resta allongé quelques instants avant de se relever en prenant garde à laisser traîner une de ses ailes et à ne pas poser son antérieur droit. Il poussa un hennissement rauque et secoua la tête, faisant virevolter sa crinière brillante dans la brise matinale.
Phyllis, concentré sur l'observation de son protégé, en avait presque oublié ce qu'elle faisait là. Elle sursauta lorsqu'elle entendit la porte de l'aile Est claquer et se reprit. Elle se pencha par la fenêtre, prenant garde à ne pas être vue par son petit frère, qui venait de sortir dans le parc pour venir à la rescousse du Gronian. Qu'il était naïf… Il ne pouvait pas s'empêcher de se précipiter au secours de n'importe quel animal, même s'il n'y connaissait rien et que l'animal en question présentait un danger non négligeable pour lui. Arf, il était si prévisible mais ce trait de caractère arrangeait bien la jeune fille à cet instant.
Ispahan avançait vers Elpis avec précaution, tout en regardant par-dessus son épaule pour s'assurer qu'il n'était pas suivi et que personne n'avait remarqué qu'il était sorti. Il tendit la main vers le Gronian et le laissa s'approcher de lui. Le jeune garçon sembla surpris de la familiarité de la créature qui n'avait pas manqué de le flanquer par terre la dernière fois qu'ils avaient eu affaire l'un à l'autre. Il parut dire quelque chose mais à cette distance, Phyllis ne put que voir les lèvres de son jeune frère bouger, sans être capable de comprendre ses paroles.
Elpis le laissa promener sa main sur son membre faussement blessé puis sur son aile, alors qu'Ispahan tentait de déceler les blessures à l'origine des douleurs apparentes de la bête. Alors que le garçon était penché sur l'aile, Phyllis se dit que le moment était venu. Elle saisit sa baguette et la pointa vers le sac de paille qu'elle avait posé à côté d'elle.
- Wingardium leviosa, invoqua-t-elle dans un murmure accompagné d'un délicat mouvement du poignet.
Elle dirigea d'une main experte le sac vers le sol, de manière à ce qu'il soit dissimulé à Ispahan par un arbre, puis elle se concentra. La métamorphose n'était pas son fort et si elle avait réussi à de multiples reprises à transformer des animaux en objets, elle était loin d'être aussi performante quand il s'agissait de réaliser l'opération inverse. Elle inspira un grand coup en fermant les yeux et visualisa le résultat escompté. Lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle était prête.
- Scrofafors !
Le sac en toile se mua en un sanglier effrayant.
- Enervatum, ajouta la jeune fille.
Et sur le sanglier, le sort eut un effet spectaculaire. Phyllis le vit bondir de derrière l'arbre et apercevoir son frère ainsi qu'Elpis. Ce dernier, quelque peu effrayé par le suidé malgré les paroles rassurantes du garçon, s'ébroua et n'attendit pas son reste pour décoller, laissant Ispahan seul et sans défense, à la merci la bête folle. Il se mit à courir pour fuir l'animal qui venait de le prendre en chasse mais sa stratégie ne se révéla pas excellente car il fonça vers l'écurie, dont Phyllis avait verrouillé la porte. Il se retrouva acculé. Le sanglier, excité par le sort lancé par la jeune fille, semblait savourer cet instant, durant laquelle sa cible était à sa merci. Ispahan, complètement paniqué, n'osa pas appeler au secours et se laissa tomber sur le sol contre la porte, recroquevillé sur lui-même. Le sanglier avançait pas à pas vers lui.
Le cœur de Phyllis battait à tout rompre alors qu'elle observait la scène.
- Allez, Ispahan, allez, chuchota-t-elle pour elle-même. Fais de la magie, bon sang. Pitié.
Mais le garçon ne bougeait pas et il n'émit pas la moindre étincelle de magie. Le sanglier n'était plus qu'à deux mètres de lui. Il allait mourir, il en était persuadé, c'était maintenant. L'animal déplaça son poids sur ses membres postérieurs, bandant ses muscles pour foncer sur le garçon. Soudain, il libéra la puissance qu'il accumulait et sauta. Ispahan hurla et alors que le sanglier allait retomber sur lui…
- Evanesco, murmura Phyllis.
Le sanglier disparut. Ispahan se leva et courut sans plus attendre vers le Manoir pour se mettre à l'abri. Phyllis resta interdite un instant. C'était fichu. Il était vraiment dépourvu de pouvoirs magiques. La jeune fille se rassit sur une botte de paille et se laissa tomber, allongée de tout son long. Avant de se recroqueviller à son tour et de se mettre à pleurer.
Dimanche 1er septembre 2019
Phyllis avait tenu à pousser elle-même le chariot contenant sa valise sur le quai de la gare de King's Cross. De toute façon, sa mère n'avait pas songé à lui refuser, bien trop préoccupée par la rentrée à Poudlard d'Ispahan. Tout le monde allait n'avoir d'yeux que pour lui, peut-être pourrait-elle enfin souffler cette année. Cela faisait trois jours que sa mère n'avait pas évoqué son futur mariage et Phyllis considérait cela comme un miracle. Elle espérait secrètement que cette union ne serait plus d'actualité maintenant qu'il fallait gérer la scolarité d'Ispahan dans une école de sorciers. Faire en sorte que son admission ait des répercussions positives sur leur famille et leur nom et qu'il ne fasse rien qui pourrait entacher l'honneur Rosier. « Eh oui, mon petit. Tu vas peut-être subir à ton tour. Avec un peu de chance, tu ne pourras même pas t'échapper de ce calvaire à tes dix-sept ans car les parents seront trop heureux de leur fils prodige, un Cracmol diplômé de Poudlard et moi, je serai enfin libre ! », pensa la jeune fille, un peu naïvement, elle le savait. Mais elle avait besoin de garder cette porte de sortie entre-ouverte dans son esprit, au risque de devenir folle.
Elle circulait tant bien que mal dans la gare bondée en ce premier jour de septembre, à quelques pas derrière sa mère et son frère. Comme tous les ans, la marmaille nombreuse s'agitait au milieu des moldus avec un enthousiasme à vomir. Enfin, c'était ce qu'avait l'air d'en penser sa mère, au vu de son nez retroussé et de ses sourcils froncés. Elle poussait Ispahan du bout des doigts au milieu de ce capharnaüm, l'air outré lorsqu'une petite brune du même âge que son fils hurla « Cette année va tout changer ! » en sautillant lourdement, s'appuyant sur la poignée de son chariot. D'un commentaire sec, elle incita Ispahan à ne surtout pas regarder dans sa direction, ce qu'il avait fait comme un idiot. N'apprendrait-il donc jamais ? Mesure et indifférence au bas peuple, voyons ! Maîtres mots des Rosier, tortionnaires d'enfants et de toute autre personne capable de sentiments.
Sans plus de cérémonie, la sévère Esther Selwyn Rosier fit léviter les bagages de son fils dans un compartiment et le laissa y monter. Ensuite elle se tourna vers sa fille et planta son regard dans le sien.
- Je compte sur vous pour garder un œil sur votre frère, Phyllis.
- Oui, Mère.
S'il n'y avait que ça pour lui faire plaisir, la jeune fille voulait bien faire un effort. Elle s'apprêta à dire au revoir en posant un pied sur la marche qui permettait de monter dans le train mais sa mère l'arrêta dans son geste d'un toussotement.
- Oh, et n'oubliez pas. Vos résultats scolaires ne sont pas une priorité absolue cette année. En revanche, je serai intransigeante lors de vos prochains congés sur votre maîtrise du livre que je vous ai confié : Le Guide de l'épouse Sang-Pur – Réceptions, société, maternité, éducation. Surtout, ne le perdez pas et ne l'abîmez pas, il est dans la famille depuis des générations.
- J'y ferai bien attention, Mère.
- Et ne vous abîmez pas non plus. J'enverrai l'un de nos domestiques vous chercher à votre retour en décembre. Je dois m'en aller, à présent. Au revoir, Phyllis.
- Au revoir, Mère.
Cette dernière, sans même un sourire, s'éloigna du train et disparut dans la foule.
- Excuse-moi, je peux passer ?
- Oh, oui, pardon, je monte.
Phyllis quitta sa mère des yeux et libéra le passage, allant s'installer dans le même compartiment que tous les ans. Elle avait hâte de revoir Edlyn et les autres. Sa mère n'avait pas oublié qu'elle devait continuer à faire d'elle une parfaite petite épouse. Eh bien, elle verrait. Lorsque Phyllis rentrerait au Manoir familial pour les fêtes de fin d'année, elle serait une petite fille et fiancée modèle. Et surtout, elle décrocherait les meilleures notes de sa promotion dans toutes les matières. Oh oui. Elle allait mettre toutes les chances de son côté pour pouvoir échapper à la pression familiale dès que possible, en réussissant au mieux ses études. Ils allaient voir. Oui, ils allaient voir…
Samedi 5 octobre 2019
Moldus et communications - La vie sans hiboux
Les moldus utilisent de nombreux moyens de communication à distance, que ce soit par écrit, à l'oral ou encore par images.
Dans le premier cas de figure, l'envoi de lettres par la poste permet aux personnes concernées de mettre leur courrier dans une enveloppe, puis d'affranchir leur envoi en y apposant un timbre. Ce timbre constitue en réalité le paiement des frais d'acheminement du courrier par la poste. Les employés de la poste, nommés facteurs, trient le courrier et le distribuent en les déposant dans des boîtes aux lettres quelques jours après l'envoi. Ce type de communication est équivalent au service postal de hiboux du monde sorcier.
Un autre moyen de communication par écrit est le message envoyé par téléphone, aussi nommé SMS ou texto. Là, l'envoi n'a pas lieu physiquement mais par des ondes non magiques avec comme relai des…
Phyllis leva sa plume, indécise, et laissa tomber sa tête dans ses bras sur la table devant elle. Elle avait commencé ses devoirs aux aurores. Cela ne faisait qu'un mois que l'année avait commencé mais leurs professeurs leur mettaient déjà une pression monstrueuse sur les épaules avec les BUSE au mois de juin. Phyllis avait pris un nombre d'options impressionnant et après avoir rédigé un parchemin de cinquante centimètres sur les propriétés magiques des nombres premiers pour le cours d'Arithmancie et trente sur les sorts de déplacement d'objets pour le cours de Sortilèges, il lui restait toujours l'Etude de Moldus et la Métamorphose à faire.
- Edlyn, tu te rappelles du nom des espèces de machines que les moldus envoient dans l'espace pour pouvoir capter leurs ondes de communication ? Les zalétites ?
- Hum… réfléchit Edlyn en relevant la tête, coinçant une mèche de cheveux derrière son oreille. Il me semble que ce sont les satellites. Attends, je te l'écris là sur un papier si tu veux.
La jeune fille se pencha sur la table et écrivit le mot sur un parchemin de brouillon de Phyllis.
- Merci beaucoup ! Tu t'en sors toi avec la potion de cicatrisation ?
- Je crois que oui, il faudra juste que j'aille à la bibliothèque vérifier la quantité de pétales d'Hortensia bleu de Brocéliande.
- Edlyn, Phyllis !
Les deux jeunes filles sursautèrent lorsqu'elles entendirent une voix mécontente scander leurs noms dans la salle commune. Elles se retournèrent et se retrouvèrent face à Ruth, la sœur aînée d'Edlyn, qui venait de se planter à côté des deux jeunes filles. Ses cheveux blonds cendrés étaient ébouriffés et elle avait l'air catastrophée.
- Il faut que je vous parle. Venez.
Elle les entraîna hors de la salle commune, dans un recoin tranquille du couloir des cachots.
- Les filles, j'ai un problème, dit-elle en s'appuyant contre le mur. J'étais avec… Enfin…
- Crache le morceau, Ruth, l'encouragea délicatement Edlyn.
- Bon, d'accord. J'étais dans l'aile Sud, au premier étage, dans un coin un peu perdu avec Lucas. On était un peu occupés dans une salle à discuter…
- A discuter, bien sûr, singea sa sœur. Ruth, je te rappelle que tu es mariée depuis moins de deux mois et tu fréquentes toujours ce mec de Poufsouffle. Tu vas avoir des problèmes si quelqu'un vous voit un jour.
- Eh bien justement, dit-elle en se tordant les mains, le visage déformé par une grimace. Phyllis, ton frère nous a surpris…
- Attends, mon frère Ispahan ?
- Oui… Est-ce que tu penses qu'il va le répéter ?
- Je ne pense pas, ce n'est pas tellement le genre.
- J'aimerais bien que tu lui en parles quand même, pour t'assurer qu'il ne dira rien.
Phyllis pesa le pour et le contre. Elle avait envie d'avoir affaire le moins possible à son petit frère. Surtout si c'était pour le menacer de ne rien dire à propos de Ruth et de son petit ami. Mais elle comprenait ce que ressentait la jeune mariée.
- Bon, d'accord… Tu sais où il est parti ? Je vais aller le voir tout de suite.
- J'ai pas fait très attention mais il doit pas être allé bien loin à partir du premier étage.
- Parfait, j'y vais. Edlyn, tu peux reboucher mon flacon d'encre pour qu'elle ne sèche pas ?
- Je te fais ça sans problème.
- Merci beaucoup, à tout à l'heure.
- Merci, Phyllis, tu me sauves la vie, ajouta Ruth en lui pressant l'épaule pour appuyer ses paroles.
Phyllis se mit en route. Ispahan n'avait vraiment pas de chance. Et elle non plus. Elle ne cherchait pas les problèmes et voilà qu'ils arrivaient par le biais de son frère alors qu'il n'était pas directement responsable. Comme d'habitude. Elle se rendit dans le couloir indiqué par Ruth et chercha son frère, qui ne devait pas être loin.
Elle arpenta les environs déserts en lançant des Hominum revelio çà et là et finit par obtenir un signal. Elle se dirigea vers une salle à proximité. La porte était entrouverte et il lui semblait entendre des pleurs s'en dégager. Son cœur s'emballa et elle se mit à courir vers la source du bruit, soudainement inquiète. Qu'arrivait-il à son frère ?
Elle ouvrit la porte de la salle en grand et analysa la situation en une seconde. Son frère était recroquevillé dans un coin. Une grand porte rectangulaire d'un noir profond lui faisait face, flottant dans les airs et s'approchant de lui. Derrière la porte, une armoire grande ouverte trônait, menaçante. Phyllis rassembla ses forces et sauta entre Ispahan et la porte noire qui changea de forme. Un épouvantard. La jeune fille se retrouva confrontée à une version d'elle-même plus vieille, le ventre gonflé par un enfant à venir et la bouche cousue. La colère monta en elle.
- Riddikulus !
Le ventre de l'épouvantard se mit à grossir comme un ballon de baudruche, le faisant s'envoler vers l'armoire. Une fois à l'intérieur, Phyllis ferma le meuble d'un coup de baguette, exténuée. Ispahan était maintenant hors de danger. Elle se tourna vers lui alors qu'il se redressait, essuyant ses larmes.
- Je leur avais pourtant dit qu'un Cracmol ne pouvait pas venir étudier à Poudlard, déclara-t-elle.
- Phy… Phyllis ?
- Oui, c'est moi. Qui veux-tu que ce soit ?
- Me… Merci de m'avoir sauvé.
- C'était rien. Juste un épouvantard. Je suis simplement venue te voir pour te dire de ne surtout pas l'ouvrir à propos de ce que tu as vu de Ruth et Lucas tout à l'heure. C'est une question de vie ou de mort pour eux. Alors motus.
- Oui, promis, Phyllis. Mais…
- C'est tout. J'ai du travail. Tu retrouveras tout seul le chemin pour rentrer dans ton dortoir.
Phyllis partit sans attendre. Elle était touchée par le désarroi d'Ispahan mais elle ne voulait pas le montrer. Elle avait été secouée par la vision imposée à elle par l'épouvantard. Son pire cauchemar. Qui allait probablement se réaliser malgré l'admission d'Ispahan à Poudlard. Mais ce n'était toujours pas le moment de flancher. Elle devait rester forte, du moins en apparence. Après tout, il fallait bien que son éducation lui serve à quelque chose...
