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Clarke posa ses lunettes sur son livre et prit sa tête entre ses mains. Cela faisait deux heures qu'elle était sur ce foutu chapitre et elle n'y comprenait rien. Il valait mieux qu'elle se change les idées. La blonde sortit un calepin de son sac et son crayon gris de sa trousse. Réviser oui mais pas d'overdose. Sa première année avait été infernale. Elle avait révisé, révisé et encore révisé, inlassablement. Elle ne voyait plus personne hormis Octavia, elle avait failli tout laisser tomber plusieurs fois au cours de l'année. Mais elle avait tenu bon. Et maintenant elle commençait son externat. Mais là il lui fallait une pause. Alors elle commença à dessiner. Un bon moyen de s'entrainer en anatomie cela dit. Elle adorait dessiner. Tout et n'importe quoi. Mais surtout les portraits. L'un des murs de leur salon était plein de cadres contenant quelques-unes de ses illustrations. Elle commença à esquisser les traits d'un profil, un visage fin mais marqué par cette petite fossette si reconnaissable. Un léger sourire vint orner ses lèvres. Elle le dessinait si facilement. Son portable se mit soudain à vibrer près d'elle, un appel de sa mère. Laissant ses affaires dans la bibliothèque elle sortit pour lui répondre.

-Allo maman ?

-Comment vas-tu ma chérie ?

Une douce sensation prit possession d'elle. Sa mère lui manquait souvent. Elle vivait à New York avec Octavia depuis qu'elles avaient fini le lycée et même si elle voyait souvent Abby Griffin, ce n'était pas comme si elles se fréquentaient quotidiennement. Clarke adorait sa mère. Et ceux qui parlaient sur son dos, ceux qui étaient jaloux car elle était la fille de la grande Abby Griffin, la petite-fille du grand Georges Griffin, elle les laissait parler. Les études de médecine étaient bien assez compliquées pour qu'elle s'occupe de leurs gamineries.

-Et toi maman ?

-Tu sais, des opérations, des plaies à recoudre et tout ça. J'ai téléphoné chez vous ce matin mais O' m'a dit que tu étais à la bibliothèque ?

-J'essaie de m'avancer. Tu sais, avec mes amis Jasper et Monty. On travaille un peu chacun de notre côté ou quelques fois ensemble. D'ailleurs je les attends ! Mais ils ont du mal à reprendre le rythme.

Elle entendit sa mère rire et l'imita.

-Tu sais Clarke, tu as été prise dans l'ho…

-Ça ne veut pas dire que je ne dois pas travailler maman.

-Bien sûr que non ! Ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit. Mais je ne veux pas que tu te mettes la pression. Profites de tes dernières semaines de vacances. Pourquoi ne viendriez-vous pas me voir avec O' ? Je m'ennuie sans vous !

-Maman… C'est toi l'adulte ici vraiment ?

Un nouveau rire.

-Je crois que j'ai du mal à me faire à l'idée que vous avez grandis les filles.

-Tu as tellement de boulot à la base, tu n'as pas besoin de nous et surtout pas d'Octavia en ce moment.

-Encore des histoires de cœur ?

-Elle déborde d'amour que veux-tu !

-Bientôt elle aura quelqu'un avec qui le partager… murmura Abby.

-Hé ? De quoi tu parles ? Tu es plus au courant que moi ? Elle t'a raconté quoi ce matin ?

-Je… Ha Clarke je suis désolée je dois y aller. Un lieutenant vient de se blesser pendant une manœuvre apparemment. Je t'aime !

Clarke voulut protester mais sa mère lui raccrocha au nez ! Abby Griffin ne savait vraiment pas mentir. En retournant dans la bibliothèque elle repassait cette conversation en boucle, essayant de comprendre ce que sa mère avait voulu dire. Et l'excuse du lieutenant elle n'y croyait que moyennement. Sa mère ne vivait pas à New York mais sur une base militaire où elle dirigeait l'hôpital. La base militaire où avaient grandis les deux filles. Si Jake Griffin n'avait pas choisi la voie médicale comme son père c'était parce qu'il avait préféré devenir soldat, un vieux rêve de gosse. Il s'était très vite lié avec un autre Jake, Jake Blake. Mais Clarke préféra ne pas penser à tout ça. Elle secoua la tête en fermant les yeux et continua jusqu'à sa place. La blonde se stoppa quelques mètres avant et pencha la tête en regardant qui s'amusaient à jouer avec son livre de cours.

-Vous êtes en retard.

-On vient d'arriver parce que monsieur ne voulait pas quitter sa chérie ce matin. Précisa Monty en pointant du doigt son meilleur ami.

-T'es jaloux parce que t'es célibataire c'est tout. Et d'ailleurs Clarky, dis-nous un peu… tu travaillais vraiment ?

-Bien sûr ! J'ai autre chose à faire de ma vie que de venir à la bibliothèque si ce n'est pas pour y travailler.

-Vraiment ? Pourtant ton esprit semble préoccupé par un beau brun.

Jasper prit appui sur sa main et de l'autre il lui présenta le dessin qu'elle avait commencé. Clarke rougit et lui arracha la feuille des mains tandis que les deux rigolaient.

-Vous êtes vraiment en manque tous les deux. C'est désolant alors que vous êtes en couple.

-Encore une fois Monty, les paroles du célibataire jaloux n'atteignent pas les couples heureux.

Cette fois ce fut Clarke qui se mit à rire et elle passa gentiment la main sur le dos de l'asiatique pour le réconforter alors qu'il faisait semblant d'être vexé. Jasper regarda rapidement l'heure et il réalisa qu'effectivement ils étaient arrivés bien tard. Assez tard pour récupérer Clarke et aller déjeuner avant de reprendre le travail. La jeune femme rangea rapidement ses affaires et les suivit de bon cœur. Sa mère lui avait bien dit de ne pas trop en faire non ? Et elle ne voulait plus dessiner ou du moins finir ce dessin alors que ses amis étaient là sinon ils poseraient trop de questions. Le beau brun qu'elle dessinait n'était pas celui auquel ils pensaient. Ils quittèrent donc la bibliothèque, direction le métro. En chemin elle téléphona à Octavia pour qu'elle les rejoigne au café où ils avaient l'habitude de manger. Cet endroit n'était pas très grand mais très chaleureux. Seuls les habitués y venaient, les autres préférant les grandes firmes mondiales. Les trois étudiants avaient découvert ce lieu l'année précédente et n'hésitaient pas à venir y préparer leurs cours ou leurs exposés lorsque la bibliothèque était bondée. Clarke s'était liée d'amitié avec les deux garçons pendant leur deuxième année. Elle les avait déjà remarqués, ne serait-ce que pour leurs capacités mais aussi pour les ennuis qu'ils s'attiraient souvent. Monty et Jasper ne ressemblaient pas aux autres étudiants en médecine de leur classe, propres sur eux et bien sous tous rapports. Parmi toutes ces filles et ces fils à papa, les deux garçons détonnaient. Les deux amis étaient fils de grands scientifiques. Ils suivaient en partie les traces de leurs familles comme Clarke suivait celles de la sienne. Mais ils étaient les rois des coups fourrés et des conneries en tout genre. Des grenouilles libérées des classes de biologie en première année au programme de bizutage des nouveaux alors qu'ils étaient en troisième année, pas mal de coups qui avaient failli leur valoir leur place. Mais ils faisaient partis des meilleurs de la promotion tout comme Clarke.

-Au fait, comment va Maya ? Questionna la blonde

Maya. La petite-amie de Jasper. Une jeune femme étudiante tout comme eux mais qui venait de s'installer à New York l'année précédente. Jasper lui avait rendu service à son arrivée à l'université en lui indiquant sa salle et s'était arrangé pour l'aider encore plusieurs fois après ça. En tout bien tout honneur répétait-il. Pourtant il ne fallut pas longtemps pour que les deux tombent amoureux.

-Elle bosse alors on se voit pas beaucoup mais elle va bien. Vivement les débuts des cours elle aura moins de travail !

-Et toi tu en auras bien plus. Objecta Clarke. Je te rappelle qu'on va entrer en stage cette année.

-Mais on va bosser dans l'hôpital dirigé par le grand Thelonious Jaha ! C'est-à-dire le meilleur et soit-dit en passant, un ami de nos parents respectifs donc on devrait gérer.

-Tu t'attends à ce qu'on ait des avantages ?! demanda Monty

-Non mais si le midi ma petite-amie souhaite venir manger avec moi je n'aurais qu'à faire un joli sourire et le tour est joué !

-Il s'attend à avoir des avantages. Conclut Clarke. Tu es un grand malade. On sera traité comme tous les autres.

-Même pas un petit avantage ?

Les deux autres hochèrent de la tête négativement et Jasper perdit son sourire. Son air amusa Clarke qui passa son bras autour de ses épaules. Ils arrivèrent enfin au café où comme ils le pensaient, il n'avait pas grand monde et ils s'installèrent rapidement dans un canapé d'angle bordeaux qu'ils occupaient habituellement.

-Salut vous ! On reprend les bonnes habitudes avant les cours ?

Ils levèrent les yeux vers un grand blond qu'ils connaissaient bien. Le garçon était un peu plus vieux qu'eux et finissaient ses études d'ingénieur tout en aidant au café de sa mère. Kyle s'était rapidement lié d'amitié avec les étudiants mais ils se plaisaient à le faire sortir de ses gonds.

-Avoues qu'on t'a manqué Wick.

-Pas du tout. Vous entendre parler infection, piqure et cancer très peu pour moi. Mais je sais que je vais vous manquer par contre.

-Pourquoi ?

Il leur tendit les cartes et afficha un sourire narquois que les trois autres détestaient.

-Accouches allez.

-Je suis embauché dans une boite d'aérospatiale. Je commence dans deux semaines.

-Tu quittes New York ? Demanda Monty

-Non mais je ne pourrais plus travailler ici du coup.

-Des vacances enfin ! Madame Wick avouez que vous n'attendiez que ça pour être enfin tranquille !

Jasper fit signe à la mère de leur ami derrière le comptoir qui lui répondit par un sourire mais qui lui valut un coup de carte sur la tête de la part du blond. Alors qu'ils continuaient à discuter Octavia passa la porte du café et s'avança vers eux en souriant. Kyle l'enlaça et elle se jeta sur le canapé, enfin surtout sur Jasper. Ces deux-là s'étaient assez rapprochés malgré le coup de cœur du garçon lors de leur rencontre. Octavia souffla en enlaçant son ami.

-Qu'est-ce qui t'arrive belle brune ? demanda le jeune homme

-Les garçons sont vraiment une énigme.

-Tu les choisis mal aussi O'. interrompit Wick

La brune lui tira la langue et soupira encore en fermant les yeux.

-Mais il a l'air si bien pourtant ! Il y a juste ce petit quelque chose qui ne gêne chez lui et je n'arrive pas à savoir quoi.

-Il est un glandeur fini.

-Dragueur…

-… et a tendance à abuser des joints.

Clarke se retint de rire en voyant le regard outré de sa meilleure amie. Octavia maudissait les trois garçons et en profita pour commander à boire à Wick, pour qu'il se fasse pardonner cet affront comme elle disait.

-Je ne parlais pas d'Atom. Je parle de mon client.

-Du « mystérieux et putain de sexy » client pour être exacte. Quoi, c'était tes mots ma chérie.

-Vous avez tous décidé de vous liguer contre moi aujourd'hui c'est ça ? Les scientifiques contre la pauvre petite littéraire ? Changeons de sujet pour la peine avant que je ne vous parle plus.

-Mais tu es l'un de nos sujets de prédilection chère amie.

Wick avait décidé de l'énerver aujourd'hui mais la brune décida d'entrer dans son jeu. Elle se redressa, un air provocateur sur le visage et étudia la salle. Plus loin deux jeunes filles, des lycéennes surement, regardaient vers eux. Elle n'en demandait pas tant.

-Madame Wick, est-ce que Monty n'aurait pas oublié son caleçon la nuit dernière dans la chambre de Kyle ? Il n'ose pas demander et Kyle non plus parce qu'il est gêné que sa mère fasse encore le ménage dans sa chambre alors je me suis portée volontaire !

Cette fois Clarke éclata de rire et les deux garçons se regardèrent en criant. La mère du serveur riait elle aussi et ne répondit pas mais les deux lycéennes venaient de voir tous leurs espoirs s'envoler. Fière d'elle Octavia se réinstalla correctement entre Clarke et Jasper en adressant un sourire victorieux aux deux autres.

-Et pourquoi tu ne t'en es pas prise à Jasper aussi ?

-En couple. Je ne veux pas que Maya me fasse la tête.

-M'énervent avec leurs règles de couple vraiment… maugréa Monty.

Tout le monde se mit à rire. Clarke aimait ces moments. Ses amis étaient tout ce qu'elle avait. Ils formaient sa seule famille, hormis sa mère. Et ce temps d'insouciance, de jeu lui rappelait que tout pouvait s'arrêter brusquement. Elle faisait tout pour en profiter. Le plus possible et dès que possible.

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-Ta mère agit vraiment bizarrement Clarky.

Octavia descendait les escaliers en boutonnant son chemisier noir qui complétait sa tenue de serveuse avec sa mini-jupe. Clarke était tranquillement assise dans le canapé, les jambes croisées ce qui lui permettait de bloquer son carnet à dessin tout en le tenant de l'autre main. Elle répondit vaguement à son amie, trop occupée à réfléchir. Il manquait quelque chose sur ce dessin. Mais elle n'arrivait pas à définir quoi. Elle n'arrivait plus à avancer du coup. La brune vint s'asseoir près d'elle et posa sa tête sur le genou de la blonde pour voir ce qui la passionnait tant.

-C'est notre ancienne maison. Ta mère l'a revendu à notre départ. Tu es nostalgique ?

-Assez oui. Enfin on a passé plusieurs années de notre vie dans cette maison. Je voulais me rafraichir la mémoire.

-… Tu aimerais retourner y vivre ?

-… Je ne pense pas. On est pas faite pour la vie sur la base. On a besoin d'espace, de liberté. Mais ce n'est pas dans le quartier qu'on risque de retrouver une maison comme celle-ci.

-On a déménagé l'été dernier, laisses-nous détruire cet appartement et après on verra pour s'acheter une maison.

La blonde baissa le regard vers son amie. Octavia avait cet air mélancolique qu'on lui voyait rarement. Seule Clarke devait le connaitre d'ailleurs. Elle décida de poser son carnet et se mit à jouer avec les cheveux bruns de sa colocataire.

-Parce que tu crois que j'ai envie de finir ma vie avec toi ?

-Bien sûr. Dans une grande maison, entourées de chats.

-Ben voyons.

Octavia tourna la tête et la fixa.

-Tu préfères les chiens ? C'est comme tu veux je m'accommode.

Clarke lui sourit et se pencha pour déposer un petit baiser sur son front. C'était dans ces moment-là qu'elle se rappelait qu'Octavia était la plus jeune. La plus vulnérable. La brune parlait avec le plus grand de tous les sérieux et elle le savait. Jamais elle n'avait envisagé de vivre loin de son ainée. Clarke non plus d'ailleurs. Mais pas sûr que leurs petits-amis et peut-être futurs maris soient d'accord ! Enfin, à leur âge elles n'avaient pas à s'en soucier. Il leur restait pas mal de temps avant de penser à tout ça. La blonde fini une petite tresse sur la tempe de son amie et la regarda avec le même sérieux.

-Si on optait pour des poissons rouges ?

-T'as raison. Moins chiant à s'occuper et on est certaine qu'ils n'iront pas faire des trous dans le jardin des voisins. Bon plan je note ! Je vais réfléchir aux noms qu'on pourrait leur donner en allant bosser.

Elle se redressa et alla chercher ses chaussures. Clarke la suivit et s'arrêta dans l'entrebâillement de la porte.

-Au fait, pourquoi ma mère est bizarre ?

-Elle m'a demandé ce qu'on faisait demain midi.

-Déjeuner du mardi.

-C'est ce que je lui ai répondu et elle a eu un temps d'arrêt. Genre je souris comme une folle derrière mon téléphone mais je ne le dis pas. Elle le savait mais elle voulait s'assurer qu'on n'ait pas annulé.

-En fait elle ne sait pas mentir. Elle a sûrement des congés à prendre.

-C'est ce que je me suis dit. On pari combien qu'on la voit arriver demain midi ? Tu vas devoir cuisiner deux fois plus ! Et attention mon estomac se souvient très bien des déjeuners du mardi d'Abby Griffin alors tu as intérêt à être à la hauteur !

Clarke posa la tranche de sa main sur son front et se mit droite comme pour faire le salut militaire.

-A vos ordres mon capitaine !

-Repos soldat.

Elles se mirent à rire toutes les deux et la brune s'étudia une dernière fois dans le miroir du couloir puis se tourna vers son amie.

-Je suis canon ?

-Même avec un sac sur la tête tu restes canon O'. Tu veux draguer ton client ?

-Je veux surtout rendre Atom jaloux. Il a passé la soirée d'hier à jouer avec d'autres filles !

-Tu n'as pas dis que tu ne voulais plus de lui samedi soir ?

-Si mais c'est moi qui dois le quitter. Je suis une Blake ou bien ?!

-La plus têtue des Blake je l'affirme ! Allez, vas bosser.

Elle la poussa dehors et retourna s'installer sur le canapé. Soupirant elle repensa à cette petite conversation. Définitivement personne ne pourrait le séparer. Ce n'était pas faute d'essayer pourtant. Elle se rappela alors qu'elle n'avait pas eu Finn au téléphone de la journée. Elle se pencha par-dessus l'accoudoir pour voir si son téléphone n'était pas posé sur la tablette à côté du canapé et dû organiser toute une expédition pour le retrouver dans sa chambre. Clarke se laissa tomber sur son lit et composa le numéro. En attendant elle tourna la tête vers la fenêtre. Les lumières de la ville l'apaisaient étrangement. Le calme de la campagne et la proximité des gens sur la base ne lui manquaient vraiment pas. Même si elle aimait la nature elle se sentait bien mieux en ville. Comme en sécurité. Ici elle pouvait oublier tout ce qu'Octavia et elle ne voulaient plus revoir, tout ce qu'elles voulaient chasser de leurs esprits. Ici tout pouvait changer du jour au lendemain et elle aimait ça. La routine de sa vie actuelle n'avait rien à voir avec celle de son enfance mais elle lui convenait bien mieux.

-Princesse se languit de son prince ?

Elle tressauta en entendant la voix de son petit-ami, n'ayant même pas remarqué que les sonneries s'étaient arrêtées.

-Arrête de m'appeler comme ça Finn. Je n'ai rien d'une princesse.

-Tu es ma princesse. Ma reine.

-T'as fumé quoi ce soir ?

-Rien. Mais j'ai peut-être un peu bu. On repart dans deux heures alors on voulait fêter ça. Et avant que tu me demandes, mon père conduit et n'a pas bu. Soulagée ?

-Tu lis en moi comme dans un livre ouvert.

-Je suis assez fier de cette capacité il est vrai. Tu vas bien alors ?

-Très bien. Je sais que bientôt tu seras ici avec moi donc je suis contente.

-Pourtant je sens une pointe d'inquiétude dans ta voix.

-Pas de l'inquiétude… de la nostalgie. J'étais en train de réfléchir. De ressasser le passé.

-C'est mauvais pour la santé ça Clarke. Tu ne devrais pas y penser. Penses plutôt à ce que je vais te faire en rentrant.

-C'est quoi cette invitation à la débauche monsieur Collins ?

-C'est que j'ai eu le temps de cogiter pendant ces vacances ! Ma grand-mère veut te voir l'année prochaine d'ailleurs. Elle veut connaitre la fille qui occupe les pensées de son petit-fils.

-Ça devient sérieux attention… dit-elle en chuchotant

-Je n'ai jamais cessé d'être sérieux… répondit-il sur le même ton.

Clarke mit quelques instants à répondre. Elle ne savait pas ce qu'elle ressentait à ce moment précis. De la joie d'entendre cette phrase bien sûr mais aussi quelque chose qu'elle n'arrivait pas à définir. Qu'elle ne voulait pas définir. Finn était le premier garçon avec lequel elle s'impliquait réellement. Le premier qu'elle avait présenté à sa mère à noël dernier. Et ce n'était pas rien pour elle. Donc elle ne voulait pas que son esprit parte dans des réflexions inutiles. Elle voulait juste savourer le moment.

-J'ai hâte de te voir.

-Moi aussi. A mercredi. Je t'aime Clarke.

Elle le remercia et raccrocha après un dernier au revoir. Une fois qu'elle fut certaine que la communication était bien terminée elle se tourna pour enfuir son visage dans son oreiller. Ces petits mots n'étaient jamais encore sortis de sa bouche. Finn ne semblait pas lui en vouloir mais il devait se poser des questions. Questions auxquelles elle-même ne voulait pas répondre pour le moment.

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