Voici le chapitre deux, j'espère qu'il va vous plaire ^^

Le chapitre trois sera posté (peut-être) la semaine prochaine.

Bonne lecture !


Chapitre 2 : Concerto en regards majeur.

Je n'ai cessé de penser à Naruto Uzumaki pendant tout le trajet en voiture allant de la gare d'Angoulême au château, me posant mille questions: est-il aussi beau en vrai que sur les photos? Pourquoi ne trouve-t-on presque pas d'informations sur lui sur internet? Est-il marié? Pourquoi ai-je donc fait ce rêve de midinet avec lui comme acteur principal?

C'est bouche bée et les yeux écarquillés que je suis arrivé au domaine de Bagnolet, en fin d'après-midi. Le château est sublime, bien plus beau que tout ce que j'avais pu imaginer. Le pavillon central carré, en pierre blanche, est entouré de deux ailes qui le prolongent à l'Est et à l'Ouest. Une ancienne pergola, transformée en roseraie, donne au lieu une atmosphère poétique et un peu désuète. Le parc à l'anglaise qui s'étend sur plus de sept hectares descend en pente douce jusqu'à la Charente qui coule tranquillement en contrebas. Des journalistes arrivés avant moi se promènent lentement, par petites grappes, entre les arbres centenaires, faisant du lieu un véritable tableau vivant et bucolique. Deux buis taillés encadrent la porte devant laquelle la voiture s'arrête, en faisant crisser les graviers sous les pneus. Aussitôt, un homme en costume vient m'ouvrir la portière, puis se saisit de mes bagages dans le coffre. Tout ce luxe me met affreusement mal à l'aise mais je souris le plus naturellement possible au groom qui me conduit jusqu'à ma chambre. Plus ça va et moins je me sens à ma place, je sors mon portable de ma poche pour me donner une contenance. L'homme me fait pénétrer dans une pièce immense et incroyablement cosy, pose ma valise au pied du lit king size, me souhaite un excellent séjour et quitte les lieux. Il est à peine parti que je dégaine mon téléphone pour envoyer une salve de textos à Kiba.

-Je viens d'arriver! Tu verrais ma chambre...

-Genre?

-Ici, tout n'est qu'ordre et beauté. Luxe, calme et volupté.

-Ah carrément! Du Baudelaire maintenant? Crâneur...

-Allez fais pas ton jaloux. Si t'es gentil, je te ramènerai une bonne bouteille...

-Deal! Je ne suis plus qu'amour et bonté...

Je le connais par cœur, en réalité il est heureux pour moi, il sait que ce break va me faire du bien, mais il ne peut pas s'empêcher de faire son connard. C'est tout lui! Je range mon téléphone dans ma poche en regrettant qu'il ne soit pas là pour vivre cette expérience démente avec moi.

La chambre est belle à couper le souffle. Enfin, la chambre...Je devrais dire la suite, étant donné qu'elle doit faire la taille de mon appartement parisien. Située dans une tourelle du château, elle est de forme ronde. Tout le long des murs, des moulures d'une finesse incomparable viennent souligner la hauteur sous plafond qui me donne le tournis. Une épaisse moquette crème immaculée étouffe mes pas et confère à la pièce un côté moelleux qui me ravit. Je me jette sur le lit, pris d'une frénésie qui me fait rire: la pièce est si grande que j'entends mon rire en écho.

Il n'y a pas de caméras au moins?

Le lit, deux fois plus grand que celui que j'ai à Paris, est habillé de parures assorties aux rideaux crème et taupe qui entourent les immenses fenêtres de la pièce. La tête de lit capitonnée dans les tons beige rosé ajoute une touche à la fois design et romantique à l'ensemble. Les draps sont incroyablement doux et les oreillers, au nombre de six, sont si bien rangés que je n'ose y toucher. Je découvre un dernier détail qui confirme que je me trouve dans un lieu d'exception: le cadre du lit, en bois noble, présente les armoiries d'Uzumaki, rehaussées d'or. Je me lève d'un bond impatient de découvrir le reste de mes "appartements". Une porte discrète me fait pénétrer dans une salle de bain digne des plus beaux palaces, équipée d'une baignoire balnéo transparente, qui ressemble à un énorme aquarium et qui me donne instantanément envie d'y plonger. Pendant que l'eau chaude coule, je vais à la fenêtre pour admirer la vue plongeante sur le parc. La lumière de fin d'après-midi, rasante, donne un côté magique aux saules pleureurs que je distingue au loin, près de la Charente.

Dans mon bain chaud et moussant, je ne pense qu'à une chose: comment vais-je m'habiller pour le concert de ce soir? je me bénis intérieurement d'avoir pensé à emmener deux de mes chemises , alors que j'étais loin de m'imaginer que j'allais me retrouver à la cour de roi Uzumaki Ier. Il me faut une tenue super classe mais pas trop extravagante, alors de mets mentalement de côté ma chemise en tissu rouge chatoyant que je n'ai jamais réussi à porter.

Je me demande encore pourquoi je l'ai achetée...

J'entrevois un instant le visage de Naruto Uchiwa et un frisson d'excitation me parcourt...Sera-t-il là ce soir? Nous croiserons-nous? Oserais-je l'aborder? Je sais bien qu'à cette dernière question, la réponse est un pathétique petit "non" mais je me plais à penser que peut-être, j'échangerai quelques mots avec le riche inconnu. En sortant de la baignoire, j'enfile mon jean ainsi que ma chemise noire sobre et stylée, qui se mariera bien avec la paire de YSL noires que Hinata a insisté pour me prêter, enfin celle de son copain. Je glisse à mon poignet ma montre préféré. Mes cheveux coiffés légèrement en arrière et me voilà prêt à descendre dans la salle de bal pour assister au concert classique. Le programme, mis gracieusement à ma disposition sur le bureau Louis XVI fraîchement restauré, annonce Le Quintette à deux violoncelles de Schubert. Je ne suis ni un spécialiste, ni un fervent amateur de musique classique, mais j'ai hâte, malgré tout, de me rendre à cette soirée.

En descendant le grand escalier, j'entends les instruments qui s'ajustent et les voix des invités présents qui forment un brouhaha. J'ai un peu le trac, alors j'accepte tout de suite et avec plaisir la coupe de champagne qu'un serveur m'offre. Je me rends compte que je la bois presque d'un trait. Mmh, il semblerait que je sois un peu stressé. Je cherche une place d'où bien voir l'orchestre quand je sens un regard posé sur ma nuque. Je me retourne d'un coup, et découvre le beau visage de Naruto Uzumaki en train de me fixer, une flûte de champagne à la main, pendant que deux femmes et un homme lui parlent. Très troublé, je me retourne aussitôt, mais ne parviens pas à oublier le regard échangé avec le multimilliardaire...Il y avait une nuance étrange dans ses yeux mais je n'arrive pas à la décrypter. La lumière se tamise, et, avant que l'orchestre ne se mette à jouer, je sens à nouveau un regard posé sur moi.

Il est partout!

À l'autre bout de la pièce, sur ma gauche, Naruto Uzumaki est adossé au mur et me regarde sans détour. Je me sens à la fois gêné, affreusement gêné même, mais aussi flatté et, je dois bien l'avouer, un peu excité. Mon rêve du train n'est sans doute pas étranger à l'euphorie qui me gagne, mais je suis tout de même surpris de voir dans quel état il me met. Encore plus beau en vrai que sur les photos, il me semble plus grands que je ne l'avais imaginé, plus dur aussi, avec un regard impénétrable et une mâchoire très carrée. Le quintette, sublime, ne parviens pas à me changer les idées, et je me retiens de trop regarder sur ma gauche.

Résiste Sasuke, résiste...

Malgré tous mes efforts, nos regards se croisent à de nombreuses reprises et je me liquéfie instantanément à chaque fois. Très gêné, je décide d'aller me rafraîchir pour masquer mon trouble, craignant que tout le monde ne le voie quand les lumières se rallumeront. Je me faufile entre les invités et sort de la salle de bal comme une petite souris. Dans le hall, personne. J'avise une porte qui me paraît susceptible d'être des toilettes, mais en la poussant je me retrouve, surpris, dans les coulisses de la scène où jouent les musiciens. Le lourd rideau noir me frôle tandis que je cherche à tâtons dans l'obscurité la poignée de la porte que je viens de pousser. Le morceau de Schubert m'entraîne loin, et je reste quelques minutes, immobile dans le noir, à profiter de l'envoûtante musique. Soudain, je sens une présence toute proche, et, alors que je tente de m'éclipser, on me retient le poignet. Un petit cri m'échappe, mais je me ressaisis et essai de comprendre ce qu'il se passe. Je sens une respiration longue et lourde toute proche, mon poignet est toujours enserré par une main de fer, et pourtant, bizarrement, je n'ai pas peur. Mes yeux, s'accoutumant à l'obscurité, finissent par distinguer le visage de Naruto Uzumaki me faisant face. Je balbutie des mots incohérents mais très vite, sa main libre se colle à ma bouche pour me faire taire. "Enfin je mets la main sur vous" me murmure une voix chaude à l'oreille.

Avant de succomber totalement à sa voix suave et à ses yeux limpides qui me dévorent, je me dégage de son emprise. Sa réaction en dit long sur le personnage, il reste de marbre, son regard planté dans le mien. Il possède une telle assurance, une telle aisance, face à lui je me sens tout petit! Nous sommes désormais à un mètre l'un de l'autre, ce qui me permet de le dévisager en détail. Je crois bien que je n'ai jamais vu un homme aussi beau. Ses lèvres sont encore plus dingues que dans mon rêve! Quand je réalise que je le fixe depuis plusieurs secondes, je ne peux pas m'empêcher de rougir comme un gamin. Mon embarras semble l'amuser, il m'adresse un petit sourire narquois qui me caresse dans le mauvais sens du poil. Je tente de le remettre à sa place, mais pour ne pas déranger les musiciens, je suis obligé de chuchoter, ce qui me fait perdre toute crédibilité...

-Ça vous amuse, de terroriser les jeunes hommes sans défense?

Non mais après tout, pour qui il se prend?

-Seulement quand ils se trouvent au mauvais endroit, au mauvais moment.

Il parle tout bas, mais son articulation irréprochable fait résonner ses mots dans ma tête.

-Je n'ai pas vu de panneau m'interdisant de rentrer dans les coulisses. Je ne transgresse aucune loi, il me semble.

Ma voix n'est pas aussi maîtrisée et calme que je le voudrais, j'ai du mal à réprimer mes émotions. Pour couronner le tout, mon regard est fuyant et je ne peux pas m'empêcher de m'agiter.

Je suis en train de passer pour un vrai bécasseau.

-Non, il est vrai et je dois dire que je suis ravi d'avoir l'occasion de vous avoir rien que pour moi.

Je rêve ou il me fait des avances? Et ce petit sourire en coin qui me rend fou!

-Vous ne "m'avez" pas monsieur. Je n'appartiens à personne.

Mais qu'est-ce que je raconte? Je devrais filer avant de totalement me ridiculiser!

-Je n'en ai pas fini avec vous, cette discussion m'intéresse beaucoup. Je tiens à vous informer que généralement, tous mes désirs deviennent réalité. Je finis toujours par obtenir ce que je veux.

Ses lèvres sont rieuses mais son regard est intraitable.

Houlà, il ne rigole pas!

Les mots me manquent. Que répondre à cet homme sublime et impressionnant qui, clairement, joue avec moi et fait tout son possible pour me provoquer?

-Vous n'irez pas loin avec vos menaces, monsieur. Vu mon jeune âge, je n'ai peut-être pas votre sagesse, mais je ne cède pas si facilement. Puis-je m'en aller, maintenant?

Ne te laisse pas démonter, Sasuke! Il n'aura pas le dernier mot. Dieu qu'il est beau. Et ce parfum qui m'enivre...

Je perçois une petite étincelle dans ses yeux, alors que son sourire s'élargit. Je l'ai surpris!

Sasuke, un point. Monsieur parfait, zéro.

-Vous venez de me traitez de vieux décati, jeune homme. Ce n'est pas très poli.

D'ordinaire, je serais confus, honteux. Mes propos pourraient en effet être interprétés comme une insulte. Mais les vibrations qu'il m'envoi me donnent le courage d'aller encore plus loin. Sans vraiment peser mes mots, je lui souffle la première phrase qui me vient à l'esprit.

-Surprendre un jeune homme dans l'obscurité et poser ses mains sur lui, c'est faire preuve de politesse selon vous?

Cette fois, c'est moi qui souris. La situation est comique, je suis en train de faire la morale à cet homme de la haute, tellement plus charismatique et protocolaire que moi.

Soudain, la porte à notre droite s'ouvre. Une femme sublime et distinguée s'adresse à mon interlocuteur.

-Naruto, je t'ai cherché partout! Tu n'as pas salué Monsieur le Maire.

Elle ne chuchote pas, elle. Gêner les musiciens semble être le dernier de ses soucis. Elle jette un regard rapide dans ma direction, ne semble pas du tout impressionnée par ce qu'elle voit et fait demi-tour.

-Jeune homme, le devoir m'appelle. Je n'en ai pas fini avec vous, ni avec votre manque de politesse et votre langue, sûrement exquise, mais trop bien pendue à mon goût...

Toujours avec cette assurance qui le caractérise, le milliardaire quitte la pièce et alors qu'il passe la porte, je me surprends à admirer son dos musclé en me mordant la lèvre.


Alors ? Vous avez aimé ?

Bon, je vous dit à la semaine prochaine ^^

P-S (cela n'a rien avoir avec la fiction) : Soutien aux familles des défunt du 7.01.15 et du 9.01.15. Je suis Charlie