Re-bonjour !

Après avoir publié un autre chapitre de Lui & L'autre cet aprèm', j'me suis dis que poster le chapitre un de cette fiction serait plutôt sympa, histoire de vous donner une idée supplémentaire. J'avoue que, vous avez pas été très réceptif avec le prologue mais je vous en veux pas !

Réponse review:

hey: Salut ! Oh, fan de FAUVE ! Je suis contente de ne pas être la seule, aha, les paroles qui en découlent sont tellement profonde, ahw. Je pense que la fiction te plaira alors, certaine scène seront des rappels de certaines chansons, notamment infirmière, loterie, et blizzard !

Sur ce, je ne vous fait pas attendre plus, et je vous souhaite une bonne lecture !


POV EXTERNE.

Adossé au mur, il l'observe de loin. A ce moment, il se pose tout un tas de questions, qui au final se ressemblent toutes. Est-ce qu'aujourd'hui, elle va rester ? Il la voit se mordre la lèvre inférieur avec force, témoins de son potentiel combat intérieur pour se décider. Pourtant, ses yeux n'arborent aucun sentiments lisible dans ces derniers. Quoique, il en sait rien au final. Il est trop loin. Il la voit se rouler une clope tout en continuant d'observer l'établissement dans toute sa grandeur. Un geste devenu systématique. A chaque fois qu'elle reluque ce tas de béton, elle se fait sa clope sans prendre la peine de regarder ce qu'elle fait.

Et lui, à chaque fois ça l'fait marrer. Juste parce qu'en ne prêtant pas attention à ce qu'elle fait, les trois quart de son tabac tombe par terre pour rapidement se faire emporter par le vent. C'est con mais vraiment, ça l'fait rire. Par réflexe, il sort une cigarette de son paquet situé dans sa poche, et la met en bouche pour l'allumer. Il repose ses yeux sur cette nana, et la sonnerie retentit.

Est-ce qu'elle va s'enfuir, aujourd'hui aussi ?

Un énième coup d'oeil vers elle, et il éclate de rire tout seul. Elle est trop loin, elle l'entend pas, il est d'ailleurs même pas sûr qu'elle puisse le voir. Il rit encore. Ses cheveux roses se sont soulevés sous la légère brise de vent, pour lui revenir aux visage avec force sous le souffle bien plus puissant, lui recouvrant la quasi totalité du visage. The grudge version bubble-gum. Hilarant. Le pire, c'est qu'elle hausse même pas un sourcil. Elle réagit pas, elle reste comme ça. Comme si.. comme si qu'elle s'en battait les reins. Et c'était sans doute pour ça.

Sans doute pour ça qu'il adorait s'te gonzesse.

Pourtant, il la connait pas, et pour tout avouer il sait même pas d'où elle sort. Il l'avait jamais vus dans le coin avant ces trois dernières semaines. Trois dernières semaines où, tout les matins à dix heures, elle se plantait devant cette école de cas sociaux pour faire demi-tour dix minutes après. A tout les coups, elle ose pas entrer. Pourquoi, ça il en sait rien et faut dire que ça lui triture le cerveau plus que nécessaire. Il lui a jamais parlé, ne l'a jamais frôlé, et pire encore: la couleur que peuvent arborer ses yeux, il en sait foutrement rien. Son nom, son âge, sa voix.. aucune infos. Jamais il ne l'a approché à plus de quinze mètres. A tel point que le terme 'approcher' n'est même pas adapté dans ce cas de figure.

Et pourtant, il l'adore.

Quand il l'a vu, la toute première fois, il s'est surpris à la trouver touchante. Avec ses cheveux rose en bataille, et son mètre soixante à tout casser, elle avait tout de suite fait mouche dans le décor. Sa manie à s'habiller sans cesse avec des vêtements d'homme, beaucoup trop large pour elle lui avait plu. Ca changeait des nanas superficielle à la mort de ce putain de bahut. En plus, elle avait pas l'air d'avoir sa langue dans sa poche. Y'avait qu'à voir les messages de hargne qui décoraient ses fringues. Il adorait son pull qu'elle avait mis en début de semaine dernière, où était inscrit "J'ai pas besoin de sexe, la société m'encule tout les jours". Charmant. Aujourd'hui visiblement, la rose avait opté pour un large -encore et toujours- sweat avec "I hate everyone" dans le dos. Dans le genre tumblr, on faisait pas mieux mais c'était sympa.

La deuxième et dernière sonnerie retentit, signalant à tout ceux encore présent dehors qu'après celle-ci, plus personne ne serait accepté dans l'enceinte de l'établissement avant la prochaine, soit dans une heure.

Il la voit faire demi-tour, comme les autres jours. Et puis ça l'énerve, sans réellement savoir pourquoi. Un regard adressé vers l'entrée où se précipitaient les derniers fumeurs, et il lâche sa clope en jurant.

_ Hey !

POV BONNEY.

Comme d'habitude, je fais demi-tour mais une voix s'élance derrière moi. Trop occupée à vouloir rentrer, je ne fais pas attention et je me contente simplement de continuer ma route. Dans tout les cas, c'était peu probable que ce soit à moi que l'on s'adresse, je ne connais personne et techniquement, personne ne me connais non plus si on va dans ce sens. Pourtant, la main posée sur mon épaule, je la sens bien, elle. Je me retourne furtivement, me dégageant à la vitesse grand V de ce touché ô combien désagréable. Les sourcils froncés, je fais à présent face à un gars, que je détaille de mes yeux mauves.

Il semble surprit de la hargne qui m'anime soudainement, et je soupire, déjà agacée par ce qu'il va me demander. Je répond instinctivement, sans lui avoir laissé le temps de formuler un début de phrase.

_ Non, j'ai pas de clopes à te dépanner, maintenant dégages.

Je suis froide et mes mots font parfois mal. Mais je ne me plierais pas aux formules de politesses que l'on s'est tant efforcé de m'apprendre quand j'étais plus jeune. Dans tout les cas, je connais pas ce gars, je lui dois rien et vice versa, fin de l'histoire. J'ai qu'une envie, c'est de rentrer chez moi et me cloitrer dans ma chambre pour dormir jusqu'à pas d'heure.

Malgré les ondes fortement négatives qui proviennent de moi, il ne bouge pas et au contraire, il se permet d'afficher un léger sourire en coin, visiblement amusé par la situation. Sa main s'active dans sa poche, et il cale entre ses lèvres une clope industrielle. Je me pince les lèvres, parce que ça me gonfle d'avance. J'ai visiblement fait fausse route en croyant connaître l'objectif de son interpellation, et ça m'énerve. Je déteste me tromper vis à vis des anticipations par rapport aux autres, et encore plus quand je n'ai pas la moindre idées de ce qu'ils attendent où veulent réellement.

_ J't'avoue que j't'aurais pensé plus coopérative.

Je l'analyse du regard et n'hésites pas à me montrer insistante. Que je le mette mal à l'aise ou non, j'en ai strictement rien à foutre, tout ce que je veux c'est voir un peu le personnage qui me fait face. Pendant ce temps, il ne bronche pas, et se contente même d'allumer sagement sa clope, ses yeux plantés dans les miens sans sourciller.

A dire comme ça, il m'a l'air d'avoir mon âge, soit dix-neuf ans. Il est légèrement métis, et arbore des yeux chocolat. Ses dreads sont attachées en queue de cheval, et c'est sur sa tenue sur laquelle je m'attarde désormais. Un t-shirt noir tout ce qu'il y a de plus basique, ample, retombe légèrement sur son sarouel marron foncé qui, lui, recouvre les trois quart de ses converse noir que je devine avoir plutôt bien vécues. Je retourne à son visage pour entrouvrir ma bouche afin de laisser échapper mes mots, mais quelque chose me retient.

C'est autorisé, d'avoir un nez aussi long ?

Franchement.. Bon, malgré la dégaine, il ne m'a pas l'air spécialement méchant. Mais ce n'est pas parce qu'il semble avoir une bonne tête que je vais baisser ma garde tout de suite, alors là vous vous trompez. Se sont ceux dont les airs angélique ressortent le plus qui sont les plus cruels. J'irais pas jusqu'à dire qu'il a l'air d'un ange, parce que bon, les pâles répliques de Bob Marley le sont jamais vraiment mais.. vous m'avez comprise.

_ Qu'est-ce que tu veux, Marley ?

Je crache presque alors qu'il ricane sous le surnom utilisé. Il manque même de s'étouffer en ayant avalé la fumée de sa clope par mégarde. Bien fait. J'attends que le rigolo me réponde, venant enfouir mes mains dans les poches de mon baggy noir.

_ Oh, rien de spécial.

J'hausse un sourcil. Ce gars ment trop mal. Je vois franchement pas l'intérêt d'interpeller une nana qu'il connait de nul part pour retourner sa veste juste après. Je tape du pieds, il comprend que je commence à m'impatienter. Je suis déjà plutôt sympa de pas lui en avoir flanqué une et de m'être barrée aussitôt, mais j'ai pas tellement pour projet de passer la nuit ici. Long pif semble prendre conscience de la situation, se passe une main sur la nuque en soupirant. C'est qu'il est gêné, le petit ? Enfin petit, c'est un bien grand mot. Il fait pas loin d'un mètre quatre-vingt, en réalité.

_ J'me d'mandais juste pourquoi ça fait trois s'maines que j'te vois tourner les talons quand ça sonne.

Ah. Donc, on a déjà remarqué ma présence. Bon c'est vrai qu'en trois semaines, la marge est large, mais faut pas abuser. Je suis jamais rentrée dans ce foutu tas de béton, et j'me suis toujours pointée vers les dix heures, là où en général il y a le moins de monde possible. Je commence à comprendre petit à petit cette impression d'être observée depuis un certains temps, quand j'me retrouve ici. J'me pose plus de questions puisque je sais qui c'est maintenant.

_ J'ai simplement pas envie d'y aller.

Il fronce les sourcils, et je commence à cerner le gars, vite fait. Il ment pour se sortir de la merde, mais lui, tu peux pas le berner, ou alors faut être fort. Il comprend tout de suite que la cause réelle n'est pas celle que je viens de lui énnoncer, et ses questions reprennent de plus belles.

_ Et pourquoi ça ? Très franchement, je ne te crois pas. Je pense pas que le fait de s'rendre ici pour dix minutes de temps tout les jours soit quelque chose de très distrayant.

Bingo. Il m'connait pas mais il capte vite. Mais j'peux pas lui dire mes vrais raisons. D'une, parce que j'veux pas tout simplement, et de deux.. c'est juste super con. Je suis pas spécialement intimidée par les gens. Quoique si, en fait. Totalement. J'suis tout le temps sur la défensive, j'arrive pas à avoir des discussions calmes et posées avec les autres. J'sais pas, j'ai l'impression qu'on veut m'faire du mal, alors comme un chaton j'me protège comme je peux. Je sais même pas comment ils sont, les autres timbrés de cet établissement.

Pour résumer, l'école Sabaody c'est juste la loose, un truc de rescolarisation pour les cas sociaux, ceux un peu trop cons qui, pour des raisons multiples ont stoppés leur années scolaire un peu trop tôt. Y'a de tout, à ce qu'on dit. Des p'tits cons qui pètent plus haut que leur cul parce qu'ils sont riche et fier d'avoir foutu leur vie en l'air pour désobéïr à papa maman; d'autres ont passés les trois quarts de leur années scolaire chez eux parce que, la "flemme"; certains pour raisons perso'; et il parrait même qu'il y a des ex taulard qui ont miraculeusement choisi de suivre la bonne voie. J'dis pas qu'c'est impossible, j'insinue juste que c'est improbable. C'est pareil ? Grand bien vous fasse.

Ouais, donc.. pour faire court, je suis pas flattée d'être là. Tu sais pas sur qui tu vas tomber, d'autant plus que cette école elle est pas.. hyper bien réputée si vous voyez s'que je veux dire. J'ai toujours trouvé ça dangereux, cette idée de mélanger des personnes trop instable dans leur vie, au quotidien. Ca peut faire des dégâts, et j'pense que ceux ici présent en ont assez déjà fait pour leur propre bien.

Et puis, je comprend pas vraiment l'intérêt de cette école. Elle vise les jeunes de dix-huit à vingt-cinq ans, donc ça ok c'est plutôt cool. Mais t'as carrément l'air d'être dans un camps de vacances, ici. J'y ai jamais foutus les pieds mais c'est s'que j'ai retenue des autres en trois semaines. J'suis pas du genre fouine mais les brides de conversation qui échappent, moi j'les rattrape vite, comme un gosse qu'essaye de crever des bulles de savon.

Y'a un internat incorporé dans le bahut, et même si t'as une chambre que tu paye au mois, t'es même pas obligé d'y rester. Tu t'barres quand tu veux, tu viens pas si tu l'veux pas, tu sèches les cours que tu veux... Non, en fait y'a même pas d'emplois du temps. Enfin si, mais c'est toi qui le fait. C'est super con comme système, parce que si tu veux avoir une heure de dessin dans toute la semaine et rien d'autre, beh ça marche. Puis j'ai entendus dire qu'à la fin de l'année, tu peux obtenir un genre de diplome dans la matière que t'auras choisie. Ca équivaut en rien un bac, mais ça fait un p'tit titre en plus, histoire de dire que voila, t'as pas non plus attendu toute ta vie les bras croisées. Donc, ça ouais à la limite, c'est cool. Mais trop indiscipliné pour moi.

J'aime pas la politesse, les règles de vie, toussa toussa.. alors ouais c'est clair, je devrais m'estimer heureuse d'attérir ici, mais non. J'ai besoin d'avoir mon quota d'engueulade avec mes profs, alors si ils sont aussi cool que ce qu'on en dit, j'pourras pisser sur une table que ça ferait rien à part les amuser.

L'anarchie.

Les autres se plaignent pas, après tout ils sont pas là par plaisir en principe. Un gars qui hait et viens jamais en cours, il va pas s'lever du jour au lendemain et se pointer tout les jours. Sauf s'il se fait défoncer par ses parents, mais ça marche pas toujours, malheureusement.

J'aime bien parce que je critique d'un certains point de vue, mais au final j'suis comme eux. Milieu troisième, j'ai tout flanqué en l'air en apprenant la maladie de ma mère. J'ai pas eu mon brevet, et puis j'me suis jamais inscrite au lycée. J'ai fais des cours par correspondance, mais ça s'est mal passé. J'faisais un cours sur cinq, et j'envoyais jamais mes devoirs que se soit par lettre ou email. Du coup j'ai laissé tombé. Sauf que depuis que j'ai emménagé chez ma cousine, Shirahoshi, j'ai vite changé d'avis et voulu faire quelque chose de ma vie. L'entendre brailler à longueur de journée parce qu'elle trouve pas de mec, ça me casse sérieusement les pieds.

Mais au final, j'ai jamais foutue un pieds là d'dans.

Et c'est pas faute d'avoir essayé. Comme l'a souligné Marley, ça fait trois s'maines que j'essaie, mais y'a rien qui s'produit. J'ai besoin qu'on me pousse, comme lorsque j'étais petite. Qu'on me dise que tout ira bien, que je vais réussir. Mais moi, j'ai personne pour m'dire ça. Et quand bien même on le ferait, j'me sentirais super conne de ne pas réussir à faire les choses par moi même.

On m'a souvent répété que j'avais un esprit de contradiction. Beh j'crois qu'ils ont raison.

Marley soupire, me ramenant à la réalité. Faut avouer que, ouais, j'me suis quand même un peu égarée en cours de route là. Par ailleurs, il comprend qu'il n'en tirera rien de bon s'il me pose encore des questions sur ce sujet. Alors il m'offre un sourire, et désigne la porte d'entrée du bout du pouce.

_ J't'accompagne ?

Oh. J'hésites. En vrai, ça pourrait carrément être une bonne opportunité pour me lancer. En général on a toujours peur au début, puis après ça va mieux. Ca doit pas être trop différent dans ce cas de figure, non ? Mais en même temps, je sais vraiment pas. Je serais "protégée" le temps que Marley retourne à ses occupations, et moi j'me retrouverais au pleins milieu d'un marécage. Je soupire à m'en fendre l'âme, et j'entends l'autre me demander si j'ai peur.

Peur ?

Je réprime un frisson, et ravale cette boule de rage qui se forme dans le fond de ma gorge. Tout en plantant mes orbes mauves dans celles chocolat du métis, je plisse les yeux et retint un rire assez.. sinistre. Moi, peur ?

Jamais.

Mensonge. J'ai tout le temps peur, mais ça, ça doit rester secret. J'ai toujours eu pour habitude de pousser mes limites au maximum, histoire de faire genre devant les autres. Comme ça, p't'être qu'un jour on aura d'l'estime pour moi. P't'être qu'un jour, on cessera de me prendre pour victime.

Je m'avance d'un pas décidé vers cette entrée qui me rebute tant, et je me sens soudainement mal. Marley ne peut pas voir mon visage se décomposer, puisque je l'ai dépassé. Ma marche pleine de détermination s'estompe, et c'est à cet instant que je me suis sentie trembler. Légèrement, mais sûrement. Je réprime un hoquet de surprise en sentant la hanse de mon sac à dos se faire saisir, mais le geste n'est pas violent. Je détourne ma tête et tombe sur le visage souriant du long pif.

_ Te presses pas, on a le temps.

Je détourne le regard, et pince mes lèvres doucement. Je ne sais spas s'il a deviné ma peur, mais le fait qu'il ne me presse pas me rassure réellement. De plus, le simple fait qu'il évite de me toucher et qu'il n'interagisse physiquement qu'avec mon sac me fait plaisir. Oui, plaisir, c'est le mot. Il a du comprendre plus tôt, quand je me suis violemment dégagé de son toucher. Marley sait être attentif, et c'était un bon point. A la limite, quelqu'un dont je pourrait éventuellement supporter la compagnie.

Qui sait.

Je ferme les yeux, reprend une respiration la plus normale possible, et j'avance doucement. Au final, je me sens un peu conne de stresser. Les portes sont fermées, et impossible d'entrer avant la prochaine heure. Je vois franchement pas pourquoi je me met la pression comme ça. Marley me dépasse, et appuie sur la sonnerie pour appeler la loge. La voix d'une femme assez désagréable répond. Pas de doute, elle sait qu'on veut entrer, et comme qui dirait: l'heure, c'est l'heure.

_ Yo, Kalifa ! S'cuses moi, mais c'est possible d'entrer ? J'suis avec une nouvelle, elle y connait rien donc j'la pousse un peu.

Oh. Rageuse, je lui donne un mauvais coup de coude dans les cotes, affichant un visage fermé pendant que l'autre se plaint. Comment ça j'y connais rien ? Certes c'est vrai, mais de là à m'afficher comme ça, non merci.

Malgré tout, la nana semble compatir, et un bip sonore retentit, signe que la porte était libre de s'ouvrir. Marley le fait, et me lance un sourire tout en tenant cette foutue porte avec son pieds.

_ Après toi.

Sans lui adresser un regard, je rentre et reprend mon souffle une fois de plus. Ok, y'a du monde alors que les cours sont censé avoir commencé. Pendant un moment, j'avais presque oublié qu'il y avait un internat et des petits merdeux qui étaient succeptible de faire leur petite vie ici. J'vais devoir affronter le regard des autres une fois de plus.

J'avance d'un pas peu rassuré, sans prendre la peine de détailler ce qu'il se trouve autour de moi. J'ai les yeux braqués au sol, avec l'intime conviction qu'on me regarde. Avec insistance. Alors que c'est totalement faux, c'est juste psychologique. Quand j'ai commencé à maigrir énormément vers la fin de collège, on m'regardait plus de la même facçon. C'était pire qu'insistant, et lourd de sens. J'vous laisse deviner les murmures entre ces cons qui accompagnaient tout le reste. Le pire dans l'histoire, c'est qu'à cette époque je cherchait pas à m'habiller avec du XXL, du coup, ma maigreur, on la voyait plus que nécessaire.

Au jour d'aujourd'hui, j'ai encore maigris. Pour un mètre soixante, je fais pas plus de trente-trois kilos. Avec mes fringues larges, on m'en donne peut-être un peu plus mais pas des masse non plus. C'est suffisant pour ne pas qu'on puisse définir mes os au travers du tissu. Y'a que mes doigts qui peuvent à la limite mettre la puce à l'oreille, long et très très fin. Mais chez les nanas ça peu arriver. Mon visage est pas trop trop marqué par ça, et franchement tant mieux. J'ai les joues quand même pas mal creuses, mais c'est pas hyper choquant non plus. Faut jute pas qu'on me voit en t-shirt, short, slim et tout le bazar, sinon ça peu effrayer.

Ca fait cinq ans maintenant que j'ai commencé à devenir anorexique. Au début je maigrissais un peu, mais par la suite c'est tombé d'un coup. J'ai jamais réussie à reprendre du poids, et je mange vraiment très peu. A peine le strict minimum pour tenir debout.

C'est pour ça que j'aime pas être entourée de monde, qu'on me regarde, ou même qu'on me touche. Je sais comment je suis sous ces tas de fringues, et ça me donne l'impression que les autres sont tout aussi au courant que moi. Ce que je ne veux absolument pas. Mais malgré tout, même en me cachant, c'est pas dur de deviner que je suis maigre. Mais le mot anorexie vient pas direct en bouche et c'est tant mieux.

A force de rester plonger dans mes pensées, j'entends même pas Marley en train de me dire de faire attention où je marche. J'me cogne la tête dans un dos, et je recule de deux trois pas en arrière sous le choc. J'allais pas forcément vite, mais avec mon poids plume, c'est super facile de me faire projeter. Je lève la tête, un oeil fermé et une main sur mon front. Au vus de la chaleur de la source contre laquelle je me suis cognée, y'a peu de chance que ce soit un meuble, mais bien un être humain. Dans tout les cas, l'engin rigole pas, il a l'air d'être une montagne de muscle à lui seul. Au c'est moi qui suis trop faible. Au choix.

Le mec -oui, mon obstacle s'avère être un homme- se retourne vers moi les sourcils froncés, sans doute dans l'optique de me passer un savon. On m'avait prévenu, les types de ce bahut sont susceptible. Je tombe nez à nez avec des yeux onyx, un visage encadré par des mèches brunes mi-longues, les joues parsemées de taches de rousseur.

Au lieu de me gueuler dessus, il écarquille les yeux. Je dois être dans le même état, tient. Oh merde, qu'est-ce que j'fou là, moi.. ou plutôt, lui, qu'est ce qu'il fou là ! Toujours ahurie, il me pointe légèrement du doigt, comme s'il ne réalisait pas totalement. J'le comprend dans un sens, y'avait une chance sur mille qu'on s'revoit un jour et il a fallut qu'ça m'arrive. Il ouvre la bouche, et s'étrangle presque.

_ Bonney ?!

Gol D Ace, un de mes bourreaux du collège.

Putain.


Yop yop, alors, qu'en dites vous ? J'avoue ne pas avoir le style d'écriture le plus agréable qui soit, avec les mots coupés et le langage, notamment les fautes d'orthographe possible ! Excusez-moi d'avance.

Avez-vous des avis, positif ou négatif, des hypothèses concernant la suite ? Si oui, come on, je suis ouverte à toute discussion ET par PM, ET par reviews (qui font plaisir à tout les auteurs, ma foi). Soyez pas timide, aha.

Sur ce, je vous dis à la prochaine, bien que j'ignore encore à quand sera prévus le deuxième chapitre. D'ici là, portez vous bien !

See ya !