Bonjour, bonsoir à tous!

Excusez-moi pour l'explosion de mes délais : vu la taille du chapitre deux (qui est trois fois plus gros que le premier), c'était impossible de le terminer en une semaine. Mais j'avais dit "ESSAYER", alors je suis excusée.

Je mettrais plus de choses dans mes "Author's Note" de fin. Si ça vous intéresse, vous pourrez voir que ma vie est terriblement captivante.

Donc... Je vous souhaite une bonne lecture! =)

Katia


Chapitre 2


Misaki Takahashi

Jour 86, première captivité :

Misaki ne pouvait plus s'empêcher de trembler. La peur occupait son esprit plus que tout au monde.
Comment pouvait-il rester calme, dans une telle situation…?

Le ravisseur avait emmené l'étudiant dans une pièce que ce-dernier connaissait très bien.
Trop bien, même. Car il s'agissait d'une salle que son kidnappeur utilisait pour des tortures plus… Elaborées.
C'était dans cette même pièce que l'homme lui avait brûlé les jambes, en utilisant une barre de fer chauffée à blanc, dans le passé. Misaki n'avait plus aucune notion du temps, et avait depuis longtemps abandonné l'idée de faire des suppositions à ce sujet.
Cela n'avait plus réellement d'importance, finalement.

Attaché à une chaine, le jeune homme ne pouvait que craindre ce qui l'attendait. L'autre était sorti après l'avoir installé, lui informant qu'il devait aller chercher "quelque chose".

Misaki se rappelait sans peine l'immense douleur qu'il avait ressentie, lorsque le monstre avait décidé de s'en prendre à ces jambes… Le brun avait crié, hurlé, supplié même. Il avait senti le tissu de son jean fondre sur sa peau, et se coller à ses plaies, tandis que l'odeur de sa chair brûlée remontait peu à peu jusqu'à ses narines.
Le russe ne l'avait pas lâché du regard. Tout le long, celui-ci avait arboré un sourire des plus terrifiants.
Lorsqu'il eut enfin éloigné la barre, le plus vieux avait lâché un ricanement, tout en toisant de haut sa pauvre victime. L'étudiant n'avait quant à lui pas cessé de pleurer, la douleur ne l'ayant pas quitté.

A ce souvenir, Misaki ne put que frémir à nouveau, sentant ses muscles se glacer l'un après l'autre.
Que lui arriverait-il, cette fois…?

Les yeux verts du jeune homme s'aventurèrent malgré lui dans la pièce, cherchant avec effroi ce qui pouvait bien l'attendre.
Son regard se posa sur le "mur de l'horreur", comme il l'avait appelé auparavant. Il s'agissait de l'endroit où le russe rangeait ses fameux outils de tortures, suspendus grâce différents clous. Ces-derniers étaient comme exposés, à la vue de tous. Et en particulier des victimes assis sur cette chaise.
Tout était si bien mis en scène.

Le mur rassemblait toute sorte d'objets cauchemardesques, tels que des cisailles, plusieurs types de couteaux, des marteaux, ou même des perceuses… L'horreur était peint sur le visage du brun, qui peina à déglutir.
Qu'en serait-il, pour aujourd'hui…?
Il n'avait pourtant rien fait pour être puni!

En effet, le plus jeune était resté inerte sur son lit, et n'avait rien fait de suspect.
Le psychopathe était simplement venu le chercher, sans raison particulière. Celui-ci avait par la suite mentionné vouloir "jouer avec lui".
Et ô combien cela ne rassurait en rien Misaki. Car la notion de "jeu", pour son ravisseur, était souvent synonyme de "supplice".

Le trajet jusqu'à la salle s'était déroulé comme l'étudiant en avait l'habitude : les mains attachées derrière lui, et les yeux bandés.
Ce monstre était également là pour le guider : les mains de ce-dernier se posaient alors sur ses épaules, lui indiquant les directions à prendre, dans ce dédale blanc qu'était son laboratoire.

Le brun détestait cette étape… Il avait beau ne pas vouloir suivre son kidnappeur, il n'arrivait pas à lui tenir tête.
Il avait bien trop peur.
Peur de ce qui l'attendait, peur de ce que comptait faire ce fou pour le torturer… Et plus il se rapprochait de la salle choisie par son ravisseur, plus ce sentiment s'accentuait. A chaque pas, ses jambes devenaient plus faibles.

Peu importait combien il essayait de réduire sa marche, de repousser le moment fatidique… Le Russe le poussait toujours plus fort.

Il secoua la tête, revenant au moment présent. Ce n'était pas le moment de penser à cela…

Le jeune homme ne savait que penser. Son tortionnaire ne cherchait pas toujours une raison pour le blesser… Mais au moins, lorsqu'il s'agissait de tortures injustifiées, l'autre l'emmenait dans une salle différente.
Cette pièce… Etait réservée pour des punitions méritées.

L'angoisse du brun s'intensifia : avait-il fait quelque chose…? Cette simple pensée le terrifia.
Il était sûr de n'avoir pas bougé, il avait même essayé de ne pas opposer de résistance ces-derniers temps!
Alors quoi…?

Néanmoins, il n'eut pas le temps de penser davantage : derrière lui, la porte de la salle venait de s'ouvrir.
Le cœur de Misaki manqua un battement à cette constatation : dos à son kidnappeur, il ne pouvait pas le voir. D'une certaine manière, cela rendait la situation bien plus effrayante.
L'étudiant pouvait même entendre l'autre fredonner joyeusement, ce qui le terrorisait de plus belle.

Le brun était comme figé. Ses bras et ses jambes étaient complètement immobiles, et sa respiration était coupée.
Il se sentait si vulnérable… Ce qui n'était, finalement, pas si loin de la vérité.
Il avala sa salive avec difficulté, et serra les poings fermement, essayant vainement de se rassurer : tout cela n'était qu'un mauvais moment à passer… Cela finirait bien par se terminer…

Mais il savait pertinemment que cela ne servait à rien d'espérer.
Il allait sans doute hurler de douleur pour les heures à venir, et ce n'était pas quelques naïves espérances qui allaient le sauver.
Après tout ce temps passé à vivre dans cet enfer, il était bien placé pour le savoir.

Le russe apparût enfin dans son champ de vision, à sa gauche : ce-dernier s'était avancé vers une table au centre de la pièce, et y avait posé une sorte de cahier noir.
Le monstre jeta un rapide coup d'œil vers Misaki, souriant de la plus terrible des manières. Le plus jeune ne put retenir un petit gémissement effrayé, tirant sur ses liens qui maintenaient ses mains en place.
Tout cela était sans espoir, et inutile.
Jamais il ne pourrait s'enfuir.

Jamais il ne retrouverait Akihiko.
Il mourrait ici, par la main de ce psychopathe, sans jamais revoir son amant.

Son ravisseur s'avança ensuite vers le "mur de l'horreur". Il tendit la main vers plusieurs outils, s'intéressant visiblement plus aux couteaux.
Misaki ne sut que penser : devait-il être soulagé que son kidnappeur choisisse une méthode plus… "Traditionnelle" que les autres outils…?
Après tout, certains d'entre eux semblaient extrêmement douloureux… Les perceuses en étaient un horrible exemple.

L'autre passait ses doigts sur les lames, examinant sans nul doute leur dangerosité. Il observait les couteaux avec une sinistre expression.
Et il souriait, tout en l'observant du coin de l'œil.

C'était peut-être ce que le brun craignait le plus…

Car il avait depuis longtemps apprit que son ravisseur souffrait de grandes sautes d'humeur. Son attitude lunatique le faisait ainsi passer de l'amusement à la colère en un clin d'œil.
Et si son agresseur pouvait se montrer terriblement menaçant lorsqu'il était exaspéré, il n'était pas moins dangereux avec un comportement joueur.

Parce que sous l'emprise de la colère, l'autre cherchait seulement à se venger, même s'il utilisait pour cela des moyens plus… Cruels.
Mais lorsque le Russe souhaitait s'amuser… Il n'y avait, à priori, rien pour l'empêcher de continuer, si ce n'était que l'ennui, ou la condition physique de ses victimes.

C'est pourquoi Misaki ne savait jamais quelle attitude espérer.
La colère? Le jeu?
Il ne pouvait pas choisir. Cela lui était simplement impossible.

Le jeune homme revint finalement sur Terre, en voyant le psychopathe choisir l'outil adapté de la journée.
Il s'agissait d'un simple couteau. Si certes, à côté des autres instruments, il ne semblait pas si inquiétant… Le plus jeune connaissait le caractère de ce monstre.

Peu importait l'outil utilisé…
L'autre ferait tout pour le faire hurler, et le faire supplier.

L'étudiant ne le savait que trop bien.

L'homme s'avança enfin vers Misaki, souriant de plus belle en voyant sa victime tirer vainement sur ses liens.
Le brun ne pouvait pas s'en empêcher, même après tout ce temps. Il s'agissait d'une réaction naturelle, d'un bête espoir de survie.

Par réflexe, Misaki ne put s'empêcher de tourner la tête sur le côté, dans la direction opposée de son ravisseur, tout en fermant durement les yeux.
Il ne pouvait pas le regarder.
C'était trop dur pour lui.

Toutefois, l'autre se contenta de poser délicatement l'arme sur une petite tablette, juste à côté de la chaise.
Le plus jeune tenta d'ouvrir les yeux, difficilement : il savait que son kidnappeur n'aimait pas ce genre de "fuite"… Et serait bien capable de le faire payer s'il ne revenait pas à la réalité.
Le monstre aimait voir la peur dans les yeux de ses victimes.

Comme pour le féliciter de son comportement docile, le psychopathe passa la main dans ses cheveux, caressant doucement sa tête.
Misaki, quant à lui, faisait de son mieux pour ne pas gémir.

Puis, après quelques secondes, le Russe retira sa main, et s'approcha de la table où il avait auparavant posé le fameux cahier noir :

-"Tu le sais probablement, mais…" commença son kidnappeur, adoptant une intonation presque affectueuse : "J'ai fait beaucoup de recherches sur toi."

Le jeune homme s'immobilisa.
Bien sûr qu'il savait. Ce démon s'était tant de fois amusé à le pousser à ses limites, grâce à cela… En connaissant toutes ses faiblesses, l'autre disposait d'une énorme emprise sur lui.

-"Je sais par exemple la manière dont tes parents sont morts, et que ton frère a tout fait pour t'élever, malgré vos difficultés financières…"

Le plus vieux fit une pause, prenant dans ses mains le carnet qu'il avait posé plus tôt, avant de continuer, d'une voix beaucoup plus sombre :

-"Et je sais aussi beaucoup de choses concernant ta vie avec ton cher Usagi." Les yeux de ce fou le toisèrent froidement à ces mots.
Son visage avait radicalement changé d'expression, montrant une nouvelle saute d'humeur.

Misaki était terrorisé. Et la mention d'Akihiko n'était certainement pas là pour le rassurer.
Après tout, il connaissait l'aversion que le Russe portait à l'écrivain… Le brun en avait déjà souffert suffisamment.
Il déglutit, se demandant une fois de plus ce qui pouvait bien l'attendre, ne pouvant s'empêcher d'appréhender avec frayeur les intentions de ce psychopathe.

Celui-ci reprit finalement une expression plus douce, souriant tendrement à l'étudiant :

-"Mais j'ai également pu voir que tu avais quelques… Problèmes scolaires. N'est-ce pas?"

Le brun ne sut que penser : quel était le but de ce monstre…? Que cherchait-il à faire…?
La confusion, mêlée à la peur, était peinte sur son visage.

Son kidnappeur le remarqua probablement, puisque son sourire s'accentua, tandis qu'il ouvrait finalement son cahier.
Misaki ne pouvait pas s'empêcher d'avoir un mauvais pressentiment…

-"Tes notes sont très variables, et j'ai vu que tu avais quelques difficultés face à certaines matières… Je me suis donc dit que je pouvais peut-être t'aider."

La méfiance de l'étudiant s'intensifia brusquement : tout cela n'était qu'une mascarade. Une mise en scène.
L'aider, alors qu'il ne retournerait jamais à l'université…? Comment y croire…?
Il déduit sans aucun problème qu'il ne s'agissait que d'un prétexte pour le blesser, une énième fois.

Il resta silencieux, ne pouvant qu'attendre la suite.
Que pouvait-il faire d'autre, après tout…?

Devant son silence, l'autre continua de sourire, probablement fier de son obéissance.
Après tout, Misaki n'était qu'un jouet à sa merci, dont le seul but était de divertir son kidnappeur, et d'exécuter ses ordres sans réfléchir, comme une machine.
Le plus jeune ne savait pas combien de temps il lui restait avant de perdre sa dernière partie d'humanité…
Peu de temps, probablement.

Le monstre recommença à parler, tout en s'avançant vers sa victime. Il gardait le cahier ouvert contre lui, probablement pour lire son contenu en cas de besoin :

-"J'ai envie de jouer à un jeu." dit-il alors, se postant aux côtés de l'étudiant, et le dévisageant avec intérêt : "Quelque chose de ludique."

L'étudiant déglutit avec peine, redoutant le pire.
Les mots employés par le Russe n'annonçaient strictement rien de bon…

Comme s'il lisait dans ses pensées, celui-ci passa sa main sur la lame qu'il avait auparavant posée près de sa victime. Le simple geste fit frissonner Misaki.
D'innombrables questions apparaissaient dans son esprit, et l'empêchaient de réfléchir correctement.

Et l'expression sadique de Vladlen était loin de le tranquilliser…

-"Voici ce que nous allons faire : je vais te poser une série de questions de culture générale. Si tu réponds juste, je ne te ferai rien, et je passerai à la question suivante. Mais si tu te trompes…" A ces mots, l'autre prit l'arme en main, et la brandit devant les yeux du brun, qui ne put retenir un petit cri effrayé : "Si tu te trompes, je te ferai une coupure sur le corps."

Il passa les doigts de son autre main sur la lame, avant de continuer, d'un ton plus joyeux :

-"Mais comme je suis de bonnes humeur, je te laisserai choisir la partie exacte du corps. Bien évidemment, si tu ne souhaites pas choisir…"

Il fit une légère pause, et approcha son visage de celui de son captif, reprenant ensuite avec une sombre intonation :

-"Je m'occuperai de décider à ta place."

Misaki sentit ses muscles se glacer, une énième fois.
Il connaissait très bien le regard que lui lançait son kidnappeur : ce n'était pas une simple menace.
L'autre serait bien capable de lui faire payer sa désobéissance, et prendrait sans nul doute un très grand plaisir à le faire.
C'était une évidence.

Rapidement, l'étudiant hocha la tête, s'obligeant à répondre silencieusement.
Il savait que ce genre de réaction plaisait à ce monstre. Celui-ci se redressa enfin, et reprit son sourire mauvais.
Il feuilleta le cahier dans ses mains, avant de s'arrêter sur une page précise. Son rictus se fit plus grand encore, et il jeta un regard vicieux au jeune homme.

-"Et si nous commencions?" demanda-t-il, penchant légèrement la tête sur le côté.

Cette situation… Etait terrifiante.
Tout était fait pour le rendre mal à l'aise, et l'apeurer.
Son ravisseur commença à marcher, autour de la chaise, avant de commencer, d'une intonation presque normale :

-"Première question : quelle est la capitale du Japon?"

Le brun leva un sourcil à cette question : c'était… Simple?
Trop simple, même…?

Il ne savait que penser, envahi par la peur et la confusion.
Ses yeux, écarquillés par la surprise, se posèrent sur le Russe, qui l'observait avec amusement.
Qu'avait-il en tête…?

Le monstre, peu patient, s'approcha à nouveau de Misaki, et reprit, d'un ton bas :

-"Tu ne sais pas?" Cette phrase eut l'effet d'une gifle sur le plus jeune, qui comprit parfaitement le sous-entendu dissimulé entre ces mots : "dépêche-toi de répondre". Voilà ce que cela signifiait.
Et qui pouvait bien savoir combien de temps pouvait bien attendre ce psychopathe, encore…

-"To… Tokyo?" Répondit-il, tremblant. Sa voix était aigüe, et montrait sans peine toute la crainte qu'il ressentait.

L'autre resta silencieux, et l'observa quelques instants.
Un frisson parcourut l'échine de Misaki : il ne pouvait pas avoir faux! Il avait peut-être des difficultés scolaires, mais il connaissait tout de même la capitale de son propre pays!
… A moins que l'autre ne décide du contraire?
Après tout, celui-ci détenait tout contrôle sur la situation. Et même si cela n'avait aucun sens, il pouvait bien déclarer que Tokyo était une ville comme les autres, juste pour avoir le plaisir de faire hurler sa victime.
Cependant, le brun en doutait malgré tout : si l'homme aimait lui faire du mal, il cherchait très souvent une raison pour le faire, pour mettre le plus jeune en tord, et le blesser en conséquence.

-"Bonne réponse." déclara enfin son kidnappeur, reprenant une intonation joyeuse.
Ce monstre était terriblement lunatique… Et même si le jeune homme était presque soulagé d'avoir répondu juste, il ne pouvait se défaire de cette peur qui le rongeait petit à petit.

-"Question suivante…" poursuivit ce psychopathe, s'éloignant à nouveau de son captif : "Combien font treize plus dix?"

Misaki sentit son angoisse s'accentuer.
Ces questions étaient… Beaucoup trop simple. Et il savait que ce n'était pas par hasard : ce malade était bien trop méticuleux pour cela.

-"… Vingt-trois?" Murmura-t-il doucement. Il avait beau connaître la réponse, la simple présence de ce fou à ses côtés le faisait horriblement douter.
Et s'il se trompait…?
Il savait bien ce qui l'attendait, mais cette simple pensée l'horrifiait.

Il déglutit de nouveau, alors que le Russe passait une main dans ses cheveux, comme pour le féliciter :

-"Bien, c'est très bien." Il fit une pause, s'éloignant une énième fois pour lire le contenu du cahier : "Maintenant…"

Le plus jeune sentit tout son corps se figer, lorsqu'il croisa le regard du monstre.
Ce-dernier arborait un visage sadique : son sourire était grand, et ses yeux exprimaient un amusement sans limite.

"Non… Non, non, non…!" Misaki paniquait : il connaissait ce regard.
Il le connaissait trop bien.

Lorsque son ravisseur affichait un tel visage… Cela signifiait qu'il venait d'avoir une terrible idée.
Une idée dont le seul but était de faire souffrir le jeune homme, le faire crier, le faire supplier.

Misaki tenta de tirer sur ses liens, une nouvelle fois, sans succès.
Il savait bien que cela ne servait à rien… Mais dans une telle situation, il n'avait que faire du ridicule.

Après avoir feuilleté le livre brièvement, l'autre s'arrêta sur les dernières pages.
Qu'avait-il écrit…? Pourquoi lire les pages de fin…?
Pourquoi souriait-il ainsi…?
Voilà les questions qui se bousculaient dans l'esprit du plus jeune.

-"Peux-tu me dire qui est l'auteur du livre «Genji Monogatari», publié en 1008?"

A cette question, le cœur de l'étudiant manqua un battement.
Il en était sûr. Il savait.
Le Russe avait décidé de s'amuser avec ses sentiments… En lui donnant l'espoir de réussir, avant de le lui retirer peu après.

Misaki avait toujours eu un niveau correct en littérature. Il n'était pas particulièrement mauvais, mais n'était pas bon non plus.
Mais après avoir entendu la demande de ce fou, son esprit s'était comme "vidé" : il ne savait pas la réponse.

Il n'avait jamais entendu le nom de cet auteur, et n'avait lu aucun de ses textes.
Le brun… Ne pouvait simplement pas répondre.

Il avait toujours fait de son mieux pendant ses cours, ou même lors des révisions chez Akihiko… Mais que pouvait-il dire, sur un auteur qu'il ne connaissait pas…?

Si certes, les deux premières demandes faisaient partie d'une certaine "culture générale"… La dernière question était plutôt adressée à des étudiants en littérature.
Et cela n'était sûrement pas dû au hasard… Il s'agissait sans nul doute d'un choix délibéré de son kidnappeur.

-"Alors?" reprit le psychopathe, attendant visiblement une réponse. La voix de ce-dernier fit immédiatement revenir le plus jeune à la réalité.

Mais que pouvait-il dire…?! Il n'en savait rien!

Il ne put que regarder son ravisseur, incapable de dire, ou de faire quoi que ce soit.
Mais qu'espérait-il…? Un traitement de faveur?
Rien de tel n'existait dans cet enfer.

Avec lenteur, il secoua la tête, recommençant à trembler de tous ses membres.
Puis il sentit les larmes monter à ses yeux.
Un spectacle pour ce tortionnaire.

-"Tu ne sais pas, donc?" Le rictus de ce monstre ne pouvait pas être plus grand.

Face à l'évidence, l'étudiant baissa la tête, commençant à sangloter silencieusement.
Il ne voulait pas…! Non, il ne voulait pas…!

Le Russe reprit finalement sa place à ses côtés, posant la main sur le couteau qu'il avait auparavant posé près de sa victime, avant de la prendre en main, délicatement.
Son expression ne montrait rien d'autre qu'une immense cruauté, qu'il tentait presque de cacher sous un visage aimant.
Sans doute voulait-il faire durer ce jeu encore un peu plus longtemps…

-"Tu sais ce que cela signifie, n'est-ce pas?" lui demanda-t-il, d'un ton faussement sympathique.

A ces mots, il leva la lame devant sa victime, de manière à accompagner ses propos.
Mais l'étudiant avait parfaitement comprit ce que l'autre voulait dire : il avait donné une mauvaise réponse… Et devait maintenant choisir l'endroit exact où le monstre le blesserait.

D'une certaine manière… Avoir le choix était bien pire.
Comment pouvait-il choisir…?

-"Non, s'il… S'il-vous-plait!" implora-t-il pitoyablement, essayant vainement d'atteindre l'humanité de l'homme qui le retenait prisonnier.
Mais était-il seulement encore humain…?

-"Pitié, je… Je répondrai juste la prochaine fois!" tenta-t-il également, désespéré. Mais tout ce qu'il obtenu en échange fut un regard attendri de ce fou, qui pencha la tête au même moment :

-"Ca ne marche pas comme ça, et tu le sais. Je te conseille de choisir rapidement…" Et tout en continuant de parler, il passait les doigts de son autre main sur le couteau, son regard oscillant entre l'objet, et son pauvre captif : "Crois-moi, Misaki, je te fais une faveur en te laissant décider."

Le brun en doutait fortement.
L'autre était évidemment décidé à s'amuser, et voir sa victime s'auto-briser était probablement un très bon divertissement pour lui…

Misaki ne put que secouer la tête, encore, sentant ses larmes dévaler le long de ses joues.
Ce fut une réaction suffisante pour le russe, qui arrêta ses mouvements, et changea d'expression, adoptant un visage plus sérieux.

-"Très bien." Dit-il froidement, toisant de haut celui qui avait osé défier ses ordres : "Mais je t'avais prévenu."

Tout en gardant l'arme en main, l'homme s'agenouilla près des jambes de Misaki, qui ne put s'empêcher d'avoir un mouvement de recul. L'étudiant laissa un gémissement de peur s'échapper de ses lèvres, en sentant l'autre attacher sa jambe gauche à la chaise.
… Une seule jambe. Pas la droite.
Pourquoi…?

-"Il serait temps que tu apprennes à ne pas me laisser choisir, lorsque je t'en donne l'occasion… Ce serait dans ton intérêt."

La proximité du couteau près de sa peau arracha un petit cri apeuré du jeune homme, qui eut un nouveau mouvement de recul.
Cependant, seule sa jambe droite répondit à son mouvement. La gauche, trop attachée, resta immobile contre le pied de la chaise.

Le Russe se déplaça légèrement, se positionnant devant le jeune homme, attrapant sa jambe libre pour la soulever, et la tenir droite, le pied face à lui.

"Que…?" Mais les pensées du brun se stoppèrent, lorsqu'il vit l'autre approcher la lame de son pied.

Il sentit une vague de froid attaquer ses membres, tandis qu'il réalisait ce qui l'attendait.

-"Non…! Non, s'-il-vous-plait!" supplia-t-il, essayant de tirer sa jambe à nouveau, en vain.
Mais tout ce qu'il reçut en retour fut un regard plus que sérieux, en guise de mise en garde : le monstre ne le lâcherait pas, et n'hésiterait pas à le punir davantage s'il ne se soumettait pas.

Et si l'esprit du jeune homme ne souhaitait pas abandonner, son corps, lui, cessa tout mouvement, à l'exception de tremblements incontrôlables.
Il était terrifié.
L'envie de résister était si faible, face à la peur qu'il ressentait à ce même instant.

Le psychopathe tendit de nouveau sa jambe, de façon à ce que la plante du pied de Misaki soit bien devant lui. Il garda sa prise sur la cheville de sa victime, et la tira vers lui, empêchant tout mouvement possible.

L'étudiant, lui, restait un simple spectateur, incapable d'agir, ou de protester.
Que pouvait-il faire, si ce n'était que d'attendre que tout cela se termine…?

Sa respiration s'accentua brusquement, en voyant une nouvelle fois le couteau se rapprocher de sa peau.
Ses mains se refermèrent sur elles-mêmes, ses ongles grattant le métal rouillé de la chaise.
Ne pas résister, ne pas résister, ne pas résister, peu importe la souffrance… Voilà ce qui occupait son esprit.
Il… N'avait pas le droit de se battre.

Puis, après quelques secondes, une douleur aigüe et subite le fit revenir à lui.
Misaki hurla en sentant la lame déchirer la peau sous son pied. Il tenta de retenir ses cris en serrant les dents, mais c'était inutile : il ne pouvait pas. Simplement pas.

Et pendant ce qui parût des siècles à Misaki, l'autre traça une longue ligne avec son arme, coupant la plante de son pied sur toute la longueur. Entre ses hurlements, l'étudiant recommença à pleurer, tous ses muscles contractés face à la douleur.

Enfin, lorsque ce fou fut satisfait de son œuvre, il lâcha prise doucement, libérant la jambe du brun. Toutefois, malgré cela, ce-dernier ne put se résoudre à laisser son pied toucher le sol.
Tout d'abord car il ne savait pas s'il en avait le droit… Mais aussi à cause de la souffrance causée par la très récente blessure.

Etait-ce… Etait-ce terminé…?
Pouvait-il espérer retourner dans sa cellule, et se reposer…?

Il baissa la tête, continuant de sangloter faiblement. Cependant, la voix de ce monstre retentit à nouveau dans la pièce, martelant et détruisant tous ses espoirs :

-"Je vais soigner ton pied. Mais après cela…" Il se retourna vers l'étudiant, qui croisa son regard. Il était terrorisé devant le sourire inhumain qu'affichait son kidnappeur : "J'ai encore beaucoup de questions à te poser." Rajouta celui-ci, avec une expression sadique peinte sur le visage.

Le sourire de l'autre était plus que révélateur.
Il comptait bien s'amuser jusqu'à la fin… Jusqu'à ce que l'état physique de sa victime devienne critique.

Cette simple constatation dévasta Misaki : pourquoi…?
Pourquoi cela ne se terminait-il jamais…?


Retour au présent :

L'étudiant reprit peu à peu conscience de son environnement. Sa respiration était plus que rapide, et son rythme cardiaque était très élevé également, à tel point que Misaki pouvait presque sentir son cœur s'arracher de sa poitrine.
Il se sentait nauséeux, et avait quelques difficultés pour respirer.

Ses yeux s'aventurèrent autour de lui. Il était… Chez Akihiko? Etait-ce un rêve, ou une hallucination…?
Combien de fois avait-il rêvé de cela pendant son sommeil…?

Il était assis sur le sol, et réalisa bien vite la présence de deux bras autour de lui : confus, il tourna la tête en direction de la mystérieuse personne, avant de croiser le regard inquiet de l'écrivain, qui l'observait avec appréhension.

-"Usagi…?" s'entendit-il dire, d'une voix faible.

Surpris, il ne sut que penser au premier abord. Toutefois, sa mémoire commença à lui revenir rapidement.
Il était libre… Il était revenu chez Akihiko, après l'arrestation de son ravisseur.

Il avait encore perdu conscience…
Tout cela tait sans doute lié à une nouvelle crise d'angoisse.
Ce n'était pas la première fois que le brun en était victime, et ce ne serait certainement pas la dernière. Son état psychologique était encore fragile, et il était bien le premier à le savoir, et à s'en rendre compte.

Lors de certains événements, le jeune homme était parfois pris d'impressions de "déjà-vu", lui rappelant sa longue période de captivité. Ces impressions entraînaient inévitablement une série de "flashbacks" post-traumatiques, tout cela se manifestant par des crises d'angoisses.

Il se demanda quelle était la raison de celle-ci, et se prépara à questionner l'écrivain à ce propos. Il lui fallait parfois quelques minutes avant de reprendre totalement conscience de ce qui l'entourait, et de ce qu'il se passait auparavant.
Après tout, il s'agissait de souvenirs très… Particuliers, et plus que marquants. Il avait besoin de quelques instants, pour revenir complètement à la réalité. Puis, après tout cela, il prenait enfin connaissance de ce qui avait causé sa crise.

Mais à cette simple pensée, un flux d'émotion l'envahit soudainement.

Il se souvenait. Il se souvenait de ce qui s'était passé.
Vladlen. Son kidnappeur.
Il était… Libre!

Comment…?
Comment était-ce possible?!

Tremblant, il porta avec lenteur ses mains aux bras d'Akihiko, agrippant faiblement la chemise de ce-dernier.
Cela ne pouvait être qu'un cauchemar… Il avait déjà fait ce rêve, mais il finissait toujours par se réveiller!
Cela allait être le cas ici, n'est-ce pas…?

Néanmoins, au plus profond de lui… Il savait parfaitement qu'il ne dormait pas.

Sa respiration, qui s'était quelque peu calmée depuis son "réveil", reprit un rythme inquiétant à ce constat.

Il n'était plus en sécurité… L'autre allait chercher à se venger! C'était une évidence!

-"Il va revenir…" finit-il par murmurer, d'une intonation terriblement basse. Derrière lui, il put sentir son amant se figer à son tour, comprenant sans doute ce qui était en train de se passer : "Il va revenir me chercher…!"

La peur et la panique avait prit possession de son esprit.
Qu'allait-il faire…? Il ne serait jamais assez protégé!
Le Russe trouverait un moyen de le faire revenir vers lui, tout comme il l'avait fait lors de sa première échappée… Il menacerait sans nul doute la vie de ses proches, pour parvenir à ses fins.
Et Misaki savait qu'il ne pourrait pas résister dans ce cas.

L'écrivain le serra plus fort dans son étreinte, passant l'une de ses mains dans ses cheveux, afin d'essayer de le tranquilliser :

-"Ca n'arrivera pas." Commença l'auteur, d'un ton calme et qui se voulait apaisant, tout en berçant le plus jeune contre lui : "Je ne le laisserai pas te toucher."

L'étudiant secoua la tête, imperceptiblement. Comment être sûr…?
Cela n'avait pas empêché son ravisseur de le reprendre à nouveau, la première fois!
Alors comment être sûr…?

Il ne pourrait pas supporter une autre capture… Ni le simple fait de se retrouver face à ce monstre, et être à sa merci encore une fois!
Le jeune homme était bien trop fragile pour cela. Son corps, son esprit… Aucun ne le supporterait.

-"J'ai peur… J'ai peur!" Sa prise sur les vêtements de l'écrivain s'accentua, et il sentit les larmes monter à ses yeux.

Son kidnappeur allait probablement chercher à le punir… Il allait le poursuivre, jusqu'à ce qu'il parvienne à le retrouver!
Le brun en était persuadé.

-"Tu n'es pas seul, Misaki… Nous allons tous te protéger." Poursuivit Akihiko, continuant de caresser sa tête, doucement : "Tu es en sécurité. Je te le promets."

Mais cette fois encore, comment en être sûr…?

L'étudiant enfouit finalement sa tête dans le torse de l'écrivain, et commença à pleurer, cherchant à rester au plus près de son amant. Celui-ci changea de position, de manière à s'adapter au besoin de proximité du plus jeune.

Après des mois de tranquillité, où il avait pu se reposer, et se soigner petit à petit…
Voilà que tout tombait en morceaux.
Une fois de plus.


Pardonnez-moi, je sais qu'il ne se passe pas grand chose dans ce chapitre.
Normalement, je devais encore rajouter un PDV d'Akihiko, mais je préféré le reporter au troisième chapitre, pour plusieurs raisons : d'abord parce que cela me permettait de faire une ellipse plus "jolie" et moins "brutale" qu'entre deux PDV différents, mais aussi parce que le chapitre deux commençait à se faire long (douze pages en tout), et que j'avais suffisamment explosé mes délais comme ça.
De plus, cela me paraissait mieux de faire un chapitre trois plus centré sur Akihiko.

Concernant ce chapitre... J'ai eu un peu de mal à trouver quel genre de flashback je voulais faire. Dans mes premières idées, il s'agissait d'un lemon, mais... Je me suis dit qu'il était encore trop tôt pour ça (on est qu'au deuxième chapitre, nan mais ho), et que cela devait plutôt être "violent".
J'avais eu cette idée de torture pour "JSDR" à l'époque, mais comme je n'avais pas pu la placer... Je me suis dit qu'elle pouvait me servir ici.

Pour mes délais de post, je pense que je vais les élargir à deux semaines, voire trois semaines pour les chapitres long et difficiles à écrire (comme ceux des lemons, par exemple).

FUN FACT : Le jour même où j'ai écrit la torture de Misaki, je suis allée chez le dermatologiste pour traiter des verrues que j'ai sur les pieds (oui, c'est très glamour). Il m'en a enlevé une bonne partie au scalpel.
Je crois que je n'ai jamais autant voulu penser à AUTRE CHOSE que mes idées de fanfictions, ahahahaha... Non, parce que penser à ça dans ce genre de situation, ce n'est pas forcément une bonne idée...

J'espère en tout cas que ce chapitre vous a plu!
N'hésitez pas à me laisser vos impressions, ça me fait vraiment plaisir de voir que la suite plait autant.

Je vous remercie de m'avoir lu, et je vous dit à plus tard pour le prochain chapitre!


Réponses aux reviews


Cookiiie : (Je ne te remercierai jamais assez de l'aide que tu m'offres! Ce chapitre a été vraiment dur à écrire, et je te remercie pour tout ce que tu as fait, vraiment!)
Vladlen va bien se venger, t'inquiètes pas... Mais je pense que tu t'en doutes suffisamment XD
Et merci énormément pour tout, je vais faire en sorte de faire une suite digne de ce nom! (que ce soit en terme d'histoire... Ou de sadisme, uhuhuhu...)

Okami Shiroi : QUOI COMMENT MAIS- Moi, sadique? Mais voyons, quelle idée!
Pourquoi? Parce que j'aime faire souffrir Misaki 8)
En tout cas, merci beaucoup pour la review! Je suis heureuse de voir que la suite te plaise! J'espère que les chapitres suivants te plairont également!

KaNee : Merci pour la review! Ca me fait vraiment plaisir que la suite t'intéresse à ce point!
Et si tu es heureuse de voir Vladlen agir si vite, qu'est-ce que ça doit être pour ce chapitre, ahahaha 8)
Je suis soulagée de voir autant d'avis positif sur la suite, j'avais peur qu'elle soit "de trop"... Mais ta review me donne vraiment le sourire, merci beaucoup!
Ne t'inquiètes pas, je vois qui tu es! =)
Merci de suivre la fanfiction avec autant d'intérêt, j'espère que tu aimeras les chapitres suivants également!
Et de rien, l'écriture de cette histoire est également mon petit plaisir personnel 8)

Katsuya Madoka : Je suis contente que cette suite t'intéresse!
Je vais tout faire pour que la suite soit à la hauteur de l'original, et je vais faire de mon mieux pour l'écrire jusqu'à la fin, également.
Merci beaucoup pour la review, et le soutien!
Bisous à toi aussi!