« Je courus ! Comme l'éclair, je filai ! Et personne ne m'aperçut. Tous les gens plongeaient le nez dans leur assiette. Mais, pour atteindre la porte de la cuisine, il fallait traverser l'entrée de la salle du restaurant. J'étais sur le point de le faire, lorsque jaillit un groupe de femmes. Je me collai vite contre le mur. Au début, je vis seulement les chaussures et les chevilles de ces femmes, mais quand je jetais un coup d'œil vers le haut, je vis que c'étaient les sorcières !

J'attendis qu'elles passent, puis je filai vers la porte de la cuisine. Un serveur l'ouvrit pour entrer. Je me glissai à sa suite et me cachai contre une poubelle. Je restai là plusieurs minutes, écoutant tout. »

Extrait du chapitre dix-huit de Sacrées sorcières, par Roald Dahl

2 : Fait comme un rat

Ceux-qui-doivent-ramper se tenaient devant deux bâtiments blancs construits tout en longueur. Le mot « HÔPITAL » était inscrit en lettres dorées un peu écaillées sur leur façade.

À la droite du groupe, se trouvait un bloc rectangulaire gris, aux nombreuses fenêtres carrées, qui dégageait une atmosphère des plus déplaisantes. À leur gauche, une tour élégante, blanche également, rappelait la Tour de Pise, à cela prêt qu'elle était parfaitement droite.

En regardant entre les deux ailes de l'hôpital, on pouvait apercevoir au loin une étendue infinie de champs en friche, des installations agricoles et surtout de véritables gratte-ciel qui pouvaient sûrement abriter des centaines de gens. Des milliers de gens.

« Mon Dieu, mais c'est énorme ! », s'exclama Eméra.

« Chut !, dit Stanislas. Il faut être prudent, il y a peut-être des ennemis dans le coin. »

« Je peux arranger ça. », dit Kévin

Il remua sa baguette en prononçant une formule inaudible. Un nuage de fumée les enveloppa.

« Ce sortilège nous rend invisible et inaudible pour tous les humains, sauf ceux qui sont concernés par le sort, dit Kévin quand la brume se fut dissipée. Et j'aimerais dire : cet endroit ne peut pas être une prison, c'est aussi grand qu'une ville ! »

« Je me demande comment faisaient autant de gens pour vivre en autarcie. », fit Stanislas.

« Ils travaillaient dans les champs pour assurer leur subsistance. Pour l'eau, il y a une nappe phréatique en dessous de la Station. », dit Severus Rogue.

« Vous êtes sûr que vous ne savez pas ce que Voldemort cherchait ici ?, demanda Eméra sans se soucier d'être impolie. Pourtant, vous semblez tout savoir sur cet endroit. »

« Si je savais la nature des recherches du Seigneur des Ténèbres, je serais mort et vous parleriez à un cadavre. Seuls ceux qui travaillaient ici, dit-il en pointant du doigt le bâtiment gris, étaient au courant et le Seigneur des Ténèbres les a tués de sa main. Les Mangemorts de la Station Impero auxquels j'ai parlé ne savaient rien, et ils s'en réjouissaient.

En fait, la seule chose qu'ils savaient, c'était qu'ils n'ont jamais amené de Moldus ici. »

« Nous sommes une petite minorité donc nous devons forcément avoir moins de criminels que les Moldus, fit remarquer Rosemary. D'autant plus qu'avec le règne de Voldemort, la quasi totalité des crimes commis par les Sang-purs sont impunis. Cet endroit est tout simplement beaucoup trop grand pour être une prison uniquement sorcière !. »

« J'ai dit que les prisonniers étaient tous des sorciers mais pas qu'ils étaient tous des criminels. En fait, la majorité de ceux qui vivaient ici étaient des sorciers américains. La plupart des américains sont morts pendant ou peu après l'explosion des bombes nucléaires mais certains ont survécu, et parmi eux, de nombreux sorciers car nous sommes plus résistants aux radiations. Ils ont été amenés ici. »

« Tout ces pauvres gens, emprisonnés comme des criminels et utilisés par Voldemort comme sujets d'expérimentations. C'est horrible. », dit Lucy, visiblement bouleversée.

« C'est simplement ce qui arrive à ceux qui s'opposent à Voldemort et perdent. La mort… ou un destin pire que la mort, dit Severus Rogue d'une voix sinistre. Faites attention. »

Sur ces derniers mots, il fit quelques pas en arrière et transplana.

« Kévin, où sont les ennemis ? », demanda Stanislas, son empressement trahissant son trouble.

« Il y a trois groupes, répondit Kévin après avoir activé ses Yeux. Dix dans la tour, dix dans cette espèce de laboratoire, dix dans l'aile droite de l'hôpital. »

« Et comment on sait lesquels protègent vraiment l'Horcruxe et lesquels sont des leurres ? », demanda Ti'lan.

« On va devoir tous les éliminer. »

« Tous ? Ils sont trente et nous sommes huit. S'il ne faut ni les tuer, ni les blesser pour ne pas attirer l'attention de Voldemort, nous ne pouvons utiliser que des sortilèges bénins. Avec de tels désavantages numériques et magiques, une attaque de front est déconseillée. », dit Eméra.

Rosemary suggéra donc une attaque sournoise.

« Kévin, est-ce qu'on peut compter sur ton sort d'invisibilité ? », demanda Stanislas.

« C'est un sort d'antimagie. La magie et l'antimagie sont des forces qui peuvent être maîtrisées par une même personne mais elles ne peuvent en aucun cas être utilisées en même temps ! Ce qui signifie concrètement que, si j'utilise un sort de magie ordinaire, nous nous retrouverons visibles. »

« Alors, considère toi comme Moldu pour la journée, Kévin. », dit Deimos d'un ton sarcastique.

Kévin se renfrogna aussitôt. Lui qui avait tellement hâte de faire la démonstration de ses talents magiques !

Dalila s'éclaircit la gorge pour attirer l'attention des autres et dit :

« Si nous sommes invisibles, nous pouvons nous glisser parmi les Mangemorts et éliminer les groupes les uns après les autres. »

« Sur un groupe de dix Mangemorts, on peut en éliminer huit d'un coup. Mais il y a toujours un risque qu'un ou deux nous échappent et n'alertent les autres groupes. », dit Stanislas, toujours prudent.

« On ne leur en laissera pas le temps. », assura Eméra.

« Si c'est un Mangemort qui a la Marque, il lui suffit de quelques secondes pour appuyer dessus. Et les autres Mangemorts, et même Voldemort, seront au courant que quelque chose se trame. On ne peut pas prendre ce risque. »

« Alors, est-ce que tu as un autre tour dans ta boîte à malice ? », demanda Deimos.

« Peut-être bien. », dit Stanislas d'un ton de défi.

Il ouvrit son sac et se mit à déballer un nombre incalculable de potions et d'ingrédients de potions à l'air parfois sinistre. Puis, il s'arrêta, une bouteille remplie d'un liquide transparent à la main. Son étiquette s'ornait d'une magnifique tête de mort.

« Je croyais qu'on ne devait pas les tuer. », dit Deimos.

« Ce n'est pas du poison, répondit Stanislas. Juste un somnifère si puissant qu'on l'appelle la Goutte du Mort-Vivant. Deux gouttes suffisent à faire dormir un homme pendant trois jours entiers d'un sommeil semblable à la mort. »

« Trois jours, c'est un peu long, non ?, dit Lucy. Si Voldemort ne reçoit aucune nouvelle de ses Mangemorts pendant trois jours, il comprendra que quelque chose s'est passé. »

« On ne les laissera pas dormir trois jours, juste le temps nécessaire pour trouver le Horcruxe. Ensuite, il suffira de modifier leurs souvenirs et de les réveiller grâce à l'antidote. »

« Quel est l'avantage du somnifère ? »

« D'abord, l'effet de surprise. Les Mangemorts s'attendent certainement à être attaqués mais pas à ce que leur nourriture soit empoisonnée. Au fil du repas, ils seront pris d'un engourdissement qui les empêchera d'appeler à l'aide ou d'utiliser la Marque. Et, une fois endormis, ils ne pourront être réveillés que par mon antidote, contrairement à une personne stupéfixée. »

« Et si certains d'entre eux ne mangent pas en même temps que les autres ? »

« C'est possible, dans le cas d'une personne malade, ou d'une brebis galeuse… Mais je ne pense pas qu'on aura de problèmes à se débarrasser nous-même d'un cas isolé ! »


Peter Pettigrow se terrait. Ou plutôt, il était coincé entre un imposant fauteuil de velours pourpre et un rideau tout aussi somptueux. Les bras passés autour de ses genoux repliés, sa posture évoquait celle d'un enfant boudeur.

Pourtant, ses problèmes étaient bien réels. Depuis trois jours, il était coincé avec huit brutes épaisses qui le forçaient à faire la cuisine et le ménage comme un elfe de maison ! Et qui s'amusaient à le bousculer, quand il n'obéissait pas assez vite, ou pour leur simple amusement !

Il frémit soudain en entendant des bruits de pas et se recroquevilla encore plus. Si l'une des brutes le trouvait ainsi…

Peter poussa un soupir de soulagement en reconnaissant Evelyn Rosier. C'était un homme à la beauté presque féminine. Pourtant, malgré ses boucles blondes et son amour du raffinement, il n'avait aucun mal à se faire respecter et il était le chef incontesté de leur escouade.

« Ah, Peter, tu es là ! C'est l'heure de déjeuner. »

« Vous savez très bien que je ne viendrai pas. »

Dès qu'il le pouvait, Peter évitait les brutes, même si cela signifiait se contenter de leurs restes en guise de repas.

« Vous êtes fort, vous êtes le chef, dit-il, les yeux humides et alertes. Je sais que vous n'approuvez pas la façon dont les autres me traitent. Pourquoi vous ne leur flanquez pas une bonne raclée ? »

« Pourquoi tu ne le fais pas toi-même ? Tu es un Mangemort du premier cercle. »

« Une position que je ne mérite guère. Je ne suis pas… »

« …assez puissant ? Tu as terrassé treize personnes avec un seul sort. »

« Je sais que je n'en suis pas capable, c'est tout ! »

« Je pense que tu as des capacités, Peter. Mais personne n'y croit, et surtout pas toi. Tu devrais essayer de devenir puissant au lieu de te chercher de puissants protecteurs. Les autres Mangemorts sentent ta couardise et c'est pour cela qu'ils te respectent si peu, malgré le fait que tu portes la Marque. Tu devrais venir déjeuner avec moi. Défie un peu tes détracteurs et tu verras qu'ils se dégonfleront comme des baudruches. »

« Non, merci. », dit Peter assez sèchement.

Il était persuadé qu'Evelyn se trompait sur lui. Il n'était pas si couard que ça ; après tout, le Choixpeau ne l'avait-il pas envoyé à Gryffondor ? Ce qui le retenait d'affronter les brutes n'était pas la lâcheté mais la certitude qu'il n'était pas à la hauteur. Alors, à quoi bon ?


Si Ceux-qui-doivent-ramper devaient un jour se diviser en trois, la chose ne serait pas facile. Stanislas avait donc prévu ce cas de figure avec soin.

Eméra, Ti'lan et Kévin étaient les duellistes du groupe, les plus aptes à combattre si les choses tournaient mal. Ils seraient les chefs d'équipe. Dalila et Deimos se mettraient naturellement avec leurs meilleurs amis respectifs. Comme Dalila était également une excellente sorcière, quoique d'un genre un peu différent d'Eméra, Lucy serait en sécurité avec ses deux meilleures amies. Kévin était suffisamment fort pour former un duo avec Rosemary et, ainsi, Stanislas aurait pu rejoindre l'équipe de Ti'lan et Deimos.

Sauf que Kévin ne pouvait plus faire de magie. Et les beaux plans de Stanislas s'étaient écroulés comme un château de cartes.

Soit il fallait entièrement changer les groupes, soit quelqu'un de fort devait rejoindre l'équipe de Kévin pour faire la magie à sa place.

Stanislas avait décidé de se dévouer. Il voulait qu'Eméra et Dalila restent auprès de Lucy et mettre Ti'lan dans le même groupe que Kévin aurait été une mauvaise idée. Vu leur relation, ils ne feraient pas une bonne équipe.

Stanislas se retrouvait donc avec Kévin et Rosemary dans la Tour Blanche. Ils avaient déjà versé le somnifère dans le repas des Mangemorts. Ils ne leur restaient qu'un petit problème à régler, et ce problème se trouvait actuellement dans la ligne de mire de Stanislas.

« C'est bon, les neufs autres ont commencé à manger, lui cria Kévin depuis une autre pièce. Ils sont fichus. Tu peux éliminer Pettigrow. »

« Stupéfix. », fit Stanislas.

À sa grande surprise, le rayon rouge manqua sa cible. Peter Pettigrow venait de se transformer en rat !


Peter était sûr d'avoir senti un sortilège le frôler. Et, sur sa gauche, il pouvait voir une paire d'élégantes chaussures noires. Pourtant, personne n'était à côté de lui avant sa transformation. Sans plus réfléchir, il déguerpit sans demander son reste.

S'engagea une formidable course de slalom pour éviter les maléfices qu'on lui lançait. Il se glissa sous les meubles et derrière les rideaux. Sa forme Animagus était décidément un atout formidable pour se cacher. Il l'aurait utilisée plus souvent s'il n'avait pas su que Travers trouvait « amusant » de lancer des couteaux sur les rongeurs.

Peter arriva finalement dans la salle à manger. Les autres Mangemorts étaient assis à table mais une fille et un garçon étaient également présents dans la pièce. Deux ennemis supplémentaires. Bon.

Il se glissa sous la table et mordit une cheville au hasard, ce qui ne provoqua pas la moindre réaction. La personne aurait dû pousser un cri de douleur ou, du moins, sursauter. Il essaya sans plus de succès d'attirer l'attention des autres membres de la tablée. Ils ne pouvaient pas être dans leur état normal.

« Stanislas, je le vois ! Il est sous la table ! Je peux l'avoir au centimètre près ! », dit l'un des garçons.

« Non, n'utilise pas la magie ! », s'écria la fille avec autorité.

Peter profita des quelques secondes de répit que lui offrait de ce dialogue pour réfléchir. Jusque là, les portes qu'il avait rencontrées étaient entrouvertes, sans doute grâce à ses ennemis d'ailleurs. Mais s'ils pouvaient jouer les courants d'air à l'intérieur de la Tour Blanche, ils avaient sûrement refermé la porte d'entrée derrière eux pour ne pas laisser de traces de leur intrusion. Pour sortir de la Tour Blanche, Peter serait donc forcé de reprendre sa forme humaine et deviendrait une cible idéale.

Il devait trouver un moyen de couvrir sa fuite. Une diversion, n'importe laquelle, qui distrairait ses ennemis suffisamment longtemps pour…

Peter interrompit le fil de ses pensées. Un de ses ennemis venait de passer la tête sous la table et scrutait les ténèbres pour l'apercevoir.

« Rogue ? », dit Peter, mais cela devenait plus sonner comme « Eeeek ? »

Comprenant qu'il s'était dévoilé, il disparut à la vitesse de l'éclair. La ressemblance frappante entre son ennemi et Severus Rogue lui donnait des ailes. Ces traits familiers ne lui rappelaient que de mauvais souvenirs.

Il décida d'entraîner ses ennemis sur un terrain connu, la cuisine, toute proche. Il devait courir sans arrêt car le garçon, celui qui ne devait pas faire de magie, savait toujours où il se trouvait. Les maigres obstacles derrière lesquels il se cachait étaient détruits par celui qui ne pouvait être que le fils de Rogue, Stanislas, et par la fille.

« La cuisine est plus dévastée que si les fourneaux avaient explosé. », pensa soudain Pettigrow.

Il sortit à découvert et s'immobilisa un instant devant la cuisinière, comme s'il n'en pouvait plus de cette poursuite. Puis, il fit un leste bon en avant pour éviter le sortilège de Stupéfixion. L'éclair rouge frappa le fourneau, qui explosa avec force. Peter, qui s'était roulé en boule par précaution, fut projeté à l'autre bout de la pièce. Il passa par la vitre brisée de la porte-fenêtre puis reprit sa forme humaine et courut jusqu'au hall d'entrée.

Il ouvrit la porte de la Tour Blanche et parcourut en courant les quelques mètres qui le séparaient du Laboratoire, le cœur presque léger. Mais, une fois entré, l'inquiétude le saisit à nouveau. Et si d'autres ennemis s'étaient attaqués au groupe de Bellatrix ? S'ils l'attendaient, tapis dans l'ombre ? Il valait mieux reprendre sa forme Animagus et faire une entrée discrète.

Il fut un instant surpris que rien ne lui barre la route. Puis il comprit. Toutes les portes étaient entrouvertes. Mauvais signe.

Peter ne fut soulagé qu'en entendant des voix familières. Apparemment, les Mangemorts s'étaient rassemblés pour déjeuner. Sauf qu'il y avait deux intrus dans la pièce, et deux visages très célèbres par dessus le marché.

Peter s'arrêta un instant, se demandant s'il avait des hallucinations. Mais non, tout cela était bien réel. Ces deux personnes étaient également des ennemis, qui n'allaient pas tarder à attaquer le groupe de Mangemorts, qui ne se doutait de rien. Il reprit donc sa forme humaine et dit très rapidement :

« Nous avons été attaqués par des ennemis invisibles. Deux d'entre eux sont également ici. »

Bellatrix Lestrange se leva aussitôt, visiblement prête à en découdre pour prouver sa valeur au Seigneur des Ténèbres, puis la bizarrerie de la situation la frappa et elle demanda :

« Attends une minute, le rat. S'ils sont invisibles, comment peux-tu les voir ? »

« Je ne peux les voir que quand je suis sous ma forme Animagus. »

« Je n'ai jamais entendu parler d'un tel sortilège. Combien étaient-ils ? »

« Trois. »

« Trois ?, cracha Bellatrix. Comment trois personnes, même invisibles, pourraient-elles vaincre neuf Mangemorts sans qu'ils aient le temps d'appeler des renforts ? »

Peter ouvrit la bouche pour dire quelque chose avant de réaliser qu'il n'avait pas la moindre réponse à donner à Bellatrix. Mais quelqu'un d'autre répondit à sa place :

« C'est possible s'ils avaient un plan. »

Le Mangemort blond qui venait de prendre la parole s'appelait Thorfinn Rowle. Il était plus réputé pour sa musculature impressionnante que pour sa personnalité et son intelligence et, d'ordinaire, il restait plutôt mutique.

Malgré cette intervention surprise, Bellatrix répliqua sans se démonter :

« Le Seigneur des Ténèbres nous a dit que ses ennemis ignoreraient tout de notre présence ici ! Ils n'ont pas pu concevoir un plan à l'avance pour nous éliminer. »

« Peut-être le Seigneur des Ténèbres les a t-il sous-estimés. », dit Rowle et les autres Mangemorts frémirent devant son audace.

Bellatrix lui lança un regard courroucé avant de s'adresser à l'ensemble des Mangemorts présents :

« Donc, nos ennemis ont réussi à être au courant de notre présence d'une manière inconnue. Ils se sont rendus invisibles d'une façon inconnue. Trois d'entre eux ont vaincu neufs Mangemorts d'une façon inconnue. Et deux autres sont ici mais ils ne nous ont pas attaqués pour une raison inconnue. Moi, je crois que Pettigrow nous a simplement fait part de ses hallucinations. Alors, en qui croyez-vous, au Seigneur des Ténèbres ou à un rat qui voit des ennemis invisibles et omniscients ? »

« Au Seigneur des Ténèbres ! », répondirent aussitôt tous les Mangemorts attablés. Seul Rowle resta coi.

Peter les regardait, hébété. Il ne s'était pas rendu d'à quel point son histoire paraissait invraisemblable. S'il avait, en plus, cité les noms du Prince, de Deimos Greyback et de Stanislas Rogue, Bellatrix lui aurait enfilé une camisole de force. Il tenta néanmoins une dernière supplique :

« S'il vous plaît, vérifiez au moins mes paroles ! Si vous allez à la Tour Blanche, vous trouverez toutes les preuves de ce que j'avance ! »

« J'y vais. », dit aussitôt Rowle.

« Fais ce que tu veux, concéda Bellatrix. Mais sache que ton manque de foi me consterne, Rowle. Le Seigneur des Ténèbres en sera informé. »

Sans un mot, Rowle se leva et rejoignit Pettigrow. Celui-ci attira son attention sur un détail :

« Dès que nous serons isolés des autres, nous ferons une cible idéal. Ils pourraient nous éliminer ou effacer notre mémoire pour nous empêcher de parler à Bellatrix. »

« Nous nous tiendrons prêt à utiliser la Marque si nous sommes attaqués. Si nous ne revenons pas ou que la Marque se met à te brûler, considère que les ennemis sont bien réels, Bellatrix. »

Elle ne répondit pas mais Pettigrow et Rowle savaient qu'elle avait entendu.

« Est-ce qu'on peut commencer à manger ?, dit un Mangemort. Je meurs de faim. »


« Ça fait vraiment mal, dit Kévin, qui exhibait une grosse coupure sur la joue. Ça n'en a pas simplement l'air. »

« Vous avez bien merdé, avec Pettigrow. », dit Deimos.

« Mon père avait évoqué ce type une ou deux fois mais il ne m'a jamais dit que c'était un Animagus, expliqua Stanislas. Comment aurais-je pu le savoir ? »

« On va ajouter ça à la liste de « tout ce que ton père ne t'a pas dit ». »

« Je n'ai jamais demandé à en savoir plus sur Pettigrow. D'après ce que mon père a dit, il est assez méprisable. »

« L'explosion était une idée plutôt maligne, fit remarquer Rosemary. Mais c'est une chance qu'il n'ait l'estime de personne. Si les Mangemorts l'avaient cru immédiatement, on aurait eu de gros ennuis. »

« Il y en a au moins un qui le croit. », dit Ti'lan en montrant Rowle du doigt.

« Ils n'ont aucune chance face à la majorité. », rétorqua Rosemary alors que Bellatrix galvanisait ses troupes.

« Ils s'en vont ! Qu'est-ce qu'on fait ? »

« Ils s'attendent à être attaqués… alors laissons les partir. Quand ils reviendront, tous les Mangemorts ici seront sous l'emprise du somnifère. Ils ne s'attendent certainement pas à ça. Nous pourrons les avoir à ce moment-là. »


« Ne t'inquiète pas, dit Rowle tout en examinant sous toutes ses coutures le corps d'un des Mangemorts de la Tour Blanche. Bellatrix et les autres savent se débrouiller. Et puis, ils sont au courant du danger. »

« Evelyn Rosier aussi savait se débrouiller. », dit Peter. Il eut un frisson de malaise en regardant le « cadavre » de l'homme blond.

« Ils ne sont pas morts, conclut Rowle. On leur a fait prendre un somnifère, la Goutte du Mort-Vivant. »

« Je croyais que personne ne pouvait différencier un mort et une personne sous l'emprise de ce somnifère. C'est bien pour ça qu'il porte ce nom ! », dit Peter. « Rowle ne peut pas être aussi brillant ! », rajouta t-il en son for intérieur.

« Un ami m'a donné une astuce. »

Peter ne voyait qu'une personne qui pouvait avoir ce genre d'« astuces ». Il tenta donc un coup de poker :

« Je ne savais pas que tu étais ami avec Severus Rogue. »

« Nous nous connaissons depuis longtemps, même si le mot « ami » ne s'applique pas vraiment avec lui. »

Alors qu'il pensait à Severus Rogue, Peter eut une illumination :

« Rogue, bien sûr ! Comment j'ai pu être aussi stupide ! »

Rowle lui lança un regard interogateur et il s'expliqua :

« Parmi les ennemis, je suis pratiquement sûr qu'il y avait Stanislas Rogue. Severus Rogue nous a vus arriver ; il savait combien nous étions et que nous allions à la Station Endoloris. Et il l'a dit à son fils ! Ça explique comment les ennemis ont pu élaborer ce plan à l'avance pour nous détruire. »

Peter se laissa tomber par terre, genoux repliés, et se mit à geindre :

« Si seulement j'avais dit ça à Bellatrix ! Elle m'aurait peut-être cru ! Mais j'étais tellement paralysé parce que personne ne me croyait que je ne voulais pas aggraver les choses en citant les noms de personnes de la haute société. »

« Est-ce que tu as reconnu d'autres personnes puissantes ? », demanda Rowle, qui avait l'air intéressé.

« Deimos Greyback et le prince Ti'lan lui-même. », répondit Peter avec lassitude.

« Rentrons au Laboratoire, dit Rowle, les yeux brillants. Tu diras à Bellatrix ta théorie sur les Rogue. Mais je crois que c'était une bonne idée de taire l'identité des deux autres. »

Il se dirigea vers la porte et Peter eut peur qu'il parte devant pour le motiver à se lever et à le suivre. Mais, au contraire, Rowle s'arrêta et attendit. Peter prit ce geste pour de la courtoisie. En fait, Rowle voulait qu'il franchisse la porte en premier.

« C'est inutile, dit-il sans même se lever. Les ennemis ont sans doute glissé le somnifère dans le repas de midi. J'ai réfléchi et cela explique tout : le fait qu'ils aient cherché à m'éliminer séparément, les deux ennemis que j'ai vus au Laboratoire et qui n'attaquaient pas les Mangemorts. En fait, ils avaient déjà empoisonné leur nourriture. Or, quand nous avons quitté le Laboratoire, Bellatrix et les autres commençaient à manger. Ils doivent être fichus depuis le temps. »

Rowle semblait s'impatienter :

« Alors, allons à l'Hôpital. Peut-être que les Mangemorts n'ont pas encore mangé là-bas. »

« Il y a un ennemi qui peut observer le moindre de nos mouvements. S'il voit que nous nous dirigeons vers l'Hôpital au lieu du Laboratoire, ils comprendront que nous avons percé à jour leur plan et nous attaqueront sur le champ. Utiliser un Patronus est bien plus sûr. »

Peter se réjouit mentalement de la chance qu'il avait d'être avec Rowle. En effet, le Mangemort était capable de créer le Patronus corporel qui leur servirait de messager, ce dont Peter lui-même était incapable.

Alors que Peter commençait à se demander pourquoi Rowle ne comprenait pas sa demande implicite, celui-ci lâcha une courte phrase qui fit l'effet d'une bombe :

« Je ne sais pas faire de Patronus corporel. »

Peter faillit lui demander directement pourquoi il mentait mais il se retint à temps. Soit Rowle travaillait pour l'ennemi, soit… la personne qui se tenait devant lui n'était pas Thorfinn Rowle. Et cette personne ne pouvait pas faire de Patronus corporel ou avait un Patronus corporel différent de celui de Rowle, qui risquerait de trahir sa véritable identité.

Peter penchait pour la deuxième option. Il voyait mal le véritable Thorfinn Rowle, parfaitement satisfait de sa vie de Mangemort et de l'ordre établi, trahir Voldemort. De plus, la personne qu'il avait rencontrée ce jour-là semblait assez différente des maigres connaissances qu'il avait sur la personnalité de Rowle.

S'il s'agissait bien d'un ennemi qui avait pris l'apparence de Rowle, tout s'éclaircissait. Il avait cru Peter parce qu'il savait très bien qu'il disait vrai. Et il l'avait entraîné dans ce coin isolé afin de l'éliminer. Dès qu'il lui tournerait le dos….

« Je suppose qu'on a pas le choix, dit Peter, empruntant un ton résolu pour cacher le léger tremblement de sa voix. Allons-y. »

Il passa devant Rowle mais, au lieu de franchir l'encadrement de la porte, il se retourna brutalement et cria :

« Protego ! Stupéfix ! »

Le bouclier dévia l'éclair de Stupéfixion jeté par « Rowle » mais celui de Peter ne rata pas sa cible.

Sans un regard en arrière, Peter courut en dehors de la Tour Blanche avant de se retransformer en rat, pour entretenir au moins une illusion de discrétion. Il ne se fit pas attaquer mais, quand il parvint à l'Hôpital, seuls neufs corps inanimés l'attendaient.

Peter observa les visages des Mangemorts et identifia rapidement celui qui manquait. Il n'avait aucune idée d'où il pouvait se trouver mais, dans le meilleur des cas, ils ne seraient que deux. Deux face à ces ennemis invisibles.

Peut-être la fuite était-elle la meilleure option. À moins qu'il ne puisse réveiller tous les Mangemorts endormis…

Peter eut un petit rire désabusé. Mais, curieusement, une idée lui vint. Il se précipita alors vers la Tour Blanche, bien décidé à la tester.


« Eméra, Lucy, s'il vous plaît, dites moi que tout s'est bien passé de votre côté ! », s'exclama Stanislas, presque suppliant.

« On a éliminé toutes les cibles. Toutes… sauf une. »

L'attention de Ceux-qui-doivent-ramper se concentra aussitôt sur Eméra, y compris celle de Kévin, qui, s'il avait continué à utiliser ses Yeux, aurait pourtant surpris Pettigrow se faufilant vers l'Hôpital.

Eméra dit simplement :

« Il y a eu un problème avec Dalila. »


Malheureusement, je ne peux vous dire exactement quand arrivera le prochain chapitre. En effet, avant de le publier, j'aimerais avoir un peu plus d'avance sur mon planing. Ce n'est pas que je n'ai aucune idée de ce qui se passera dans ma fic, j'en ai même un idée assez précise mais il faut que le scénario soit logique et intelligent. Je ne veux pas que mes personnages se comportent comme des idiots ou qu'il y ait des incohérences et c'est un véritable casse-tête. Donc, pour la qualité de cette fic, le prochain chapitre sera publié d'ici deux semaines à un mois. Quelques spoilers pour compenser, il s'appelera Le guerrier ultime, la véritable identité de Rowle sera révélé, un personnage du premier tome réapparaîtra et une nouvelle allusion à Alice au pays des merveilles sera faite.