Bonjour à tous !

Voici la suite de l'histoire, avec la mise en place de la rencontre avec les Hobbits.

Si le récit suit la trame pour le début, je vais l'altérer de plus profondément. A mesure que notre héroïne agit, le scénario est modifié et ces changements auront également une influence sur Sayaka, physiquement et psychologiquement.

N'hésitez pas à me faire part de vos remarques et de vos conseils.

Bonne lecture à tous !


Chapitre 2 : Rencontre avec les Hobbits

Cela faisait presque trois jours que Sayaka était totalement désemparée, se sentant abandonnée par l'espoir, comme si le destin s'amusait à la mettre à l'épreuve.

Le jeune fille était arrivée dans un pays qui lui était totalement étranger. Son incrédulité initiale avait été bien vite vaincue par la réalité et les preuves qui lui avaient été fournies. Elle avait du accepter la réalité, admettant qu'elle était perdue dans un autre monde. Mitakihara était désormais bien loin, tandis qu'elle était dans ces terres dont les moeurs étaient si différents, qu'elle se sentait perdue.

Pour ne rien arranger, elle était presque consignée dans cette chambre. Aragorn lui avait demandé de ne pas quitter la chambre sans porter un manteau et un capuchon, afin qu'elle ne soit pas remarquée plus qu'il n'était nécessaire. Une étrangère aux cheveus bleus serait immédiatement repérée et elle comprenait l'impérieux besoin de rester discret.

La jeune fille avait tué le temps en lisant un unique livre, donné par Aragorn pour qu'elle soit plus docile et accepte de rester discrète. Sayaka s'était montrée aussi calme qu'il l'espérait, alors qu'elle passait la plupart de ses journées à lire ce volume couvert d'un cuir usé et dont les pages étaient griffonnées d'une écriture régulière et parfois maculées de tâches de bière ou de vin. Lire ces récits n'avait pas été totalement vain, puisqu'en plus de faire passer le temps, ces écrits étaient très utiles pour en savoir davantage. Non seulement elle pouvait se familiariser avec certaines coutumes des différentes races de cette mystérieuse Terre du Milieu, mais elle pouvait en savoir davantage à propos de l'Histoire de ces pays.

La Puella Magi était restée seule durant la majeure partie du temps. La journée, elle laissait Aragorn vaquer à ses occupations, qui consistaient essentiellement à guetter les portes d'entrées et à attendre les hobbits qui devaient avoir rendez-vous avec Gandalf. Ce n'est que la nuit qu'elle pouvait avoir de petites conversations avec son guide.

Aragorn semblait de moins en moins loquace à chaque jour qui s'écoulait. Le magicien n'était toujours pas revenu, bien qu'il avait promis de rejoindre l'auberge du Poney Fringant au plus tôt. Comme prudence était mère de sûreté, le mage avait prévu la plus pessimiste des hypothèses, celle dans laquelle il ne pourrait pas venir. Il avait pris ses précautions, mais son absence inquiétait le rôdeur, ce qui se voyait par son regard sombre et sa mine grave. Le vieux baroudeur avait appris depuis longtemps à envisager le pire.

Comme chaque soir, Sayaka lisait silencieusement près du feu, tandis que Aragorn observait toujours à travers cette fenêtre. Les heures s'écoulaient lentement, jusqu'au moment où le guide à la barbe négligée se tendit. Soudainement, il se redressa et essuya la buée accumulée sur les petits morceaux de verre, liés par des baguettes de plomb.

Si ses yeux ne le trahissaient pas en étant abusés par quelque sortilège, il lui sembla que les deux hobbits arrivaient à Bree. Frodon et Sam étaient accompagnés de deux autres personnes de petite taille. Cependant, les torches éclairant les rues du village émettaient une flamme vacillante, suffisamment forte pour identifier les traits de l'un des Hobbits.

- Je crois que nos invités sont enfin arrivés, constata t-il en se levant, brusquement soulagé et cela se voyait sur son visage. Restez-ici, je vais descendre en salle et j'amènerais bientôt les passagers que je dois escorter jusqu'à à Fondcombe.

La jeune fille obéit et resta assise à proximité de l'âtre, dont la douce chaleur lui procurait une sensation de bien-être apaisante. Malgré cette délicieuse sensation, Sayaka Miki savait parfaitement que cette aura qu'elle ressentait n'était qu'une illusion produite par un corps trompant son esprit. Si elle se concentrait et qu'elle le désirait réellement, elle pouvait ne plus rien sentir. Son corps n'était rien de plus qu'un cadavre, son âme était scellée dans cette gemme. Tout ce qui comptait, c'était le bijou accroché à son nombril. Son corps était une extension et si elle se concentrait vraiment, elle pouvait s'affranchir de tout sentiment, neutralisant ses nerfs.

A bien y réfléchir, elle contrôlait son corps avec tant de naturel, qu'elle se demandait si elle pouvait entièrement contrôler ce lien de façon constante et consciente. A bien y réfléchir, une hypothèse se formait en son esprit. Peut-être qu'elle pouvait tisser un lien avec un autre corps. Peut-être qu'il était possible à une Puella Magi suffisamment entraînée de contrôler une enveloppe charnelle désertée par la vie, voire peut-être même plusieurs coquilles vides en même temps.

A sa connaissance, aucune Puella Magi n'avait réussi un tel exploit, principalement parce qu'elles ignoraient souvent cette cruelle vérité. Généralement, les larmes et l'apitoiement avaient tendance à effacer toute réflexion logique, enterrant la rationalité et accélérant la corruption de l'âme.

Sayaka fronça les sourcils. Si Tomoe Mami avait eu connaissance de ce fait, elle aurait peut-être pu survivre à son combat contre Charlotte. La belle blonde à la poitrine généreuse aurait sans doute pu agir et contrôler une autre enveloppe charnelle, si cela avait été possible.

Les théories et les hypothèses formulées par Sayaka furent rapidement éclipsées par le souvenir de son mentor.

Mami avait été une amie, bien qu'elles ne se soient cotoyées que quelques jours. Cette belle blonde, coiffée avec d'élégantes boucles anglaises encadrant son visage, lui avait fait découvrir la lourde tâche des Puella Magi, consistant à lutter contre les sorcières qui étaient responsables de malheurs et de calamités affligeant l'humanité.

Cette combattante avait fait bien plus que de l'introduire dans un nouveau monde, partageant sa vision du devoir qu'avait une Puella Magi. En détenant un tel pouvoir, elle avait le devoir moral de s'en servir pour le bien de tous et protéger ceux qui ne pouvaient pas le faire. En devenant une Puella Magi, elle avait intériorisé une sorte de serment, se promettant de combattre au nom d'un idéal et ne pas agir par pur égoïsme, comme le faisait cette teigne de Kyôko.

Mami était peut-être morte, ignorante des véritables motivations de Kyubey, mais ses idéaux avaient profondément marqué Sayaka. La jeune fille aux cheveux bleus avait alors repris le rôle de justicière, endossant ce manteau pour combattre au nom du bien, quitte à accepter de se sacrifier pour sauver les autres. Mami avait consenti à ce sacrifice, luttant contre Charlotte pour sauver Sayaka et Madoka, les protégeant à tout prix. Elle avait accepté de protéger les faibles, ce qu'elle avait fait jusqu'à en payer le prix ultime, sa propre vie.

Même si le monde était loin d'être parfait, Sayaka savait qu'il y avait toujours des choses qui valaient la peine d'être protégées. Elle se battrait pour.

A cet instant, la justicière se recroquevilla sur elle-même, serrant ses jambes contre son ventre, enfouissant son visage dans le creux formé. Son expression devint sombre, tandis qu'elle se remémorait les événements précédents son réveil loin du Japon. Elle avait failli sombrer dans les ténèbres et devenir une sorcière.

La mystérieuse Akemi Homura leur avait révélé que c'était là le destin de toutes les Puella Magi. Bien évidemment, sa première réaction avait été de refuser de la croire, incapable d'accepter de telles conséquences. Il était si facile de ne pas croire Homura, de nier la vérité tant qu'elle ne lui crevait pas les yeux, mais au bout du compte, cela avait été inutile. La mystérieuse étudiante avait toujours dit la vérité, depuis leur première rencontre dans cet entrepôt. Kyubey n'avait pas cherché à nier les propos d'Homura, validant toutes les déclarations de la mystérieuse brune. Les mots de Homur a avaient été crus et amers, mais au final, elle avait eu raison.

Ensuite, Kyubey avait confirmé ces paroles, avouant qu'il ne les considérait comme rien de plus que des réserves d'énergie, des sources de pouvoir pour alimenter un projet visant à contrecarrer les effets de l'entropie.

Sayaka retint ses larmes, se reprenant rapidement. Elle resta ainsi quelques secondes, reniflant légèrement, avant de chasser ses pensées tristes.

Au final, lorsqu'elle réfléchissait longuement à propos de Kyubey, il était un peu comme Mami. Il ne désirait que le pouvoir de sauver l'univers.

Non, se gifla t-elle avec violence et dégoût. Cette ordure n'était en rien comme la courageuse Mami. Il utilisait les autres, sacrifiant sans vergogne les espoirs de milliers de personnes, trompant et manipulant pour ce projet. Il était incapable de comprendre des notions comme l'altruisme et le dévouement.

Sayaka regretta amèrement ce rapprochement qui lui donna envie de vomir. Comparer Mami à cette vermine était une insulte à la mémoire de cette justicière.

La jeune fille sursauta lorsque la porte s'ouvrit brusquement. Aragorn entra d'un pas raide et conquérant, tenant fermement ce qui semblait être un enfant.

A bien y regarder, cet être de petite taille n'était pas un enfant. La barbe de trois jours qu'il arborait indiquait bien qu'il s'agissait d'un adulte. Peut-être qu'il s'agissait d'un homme souffrant de nanisme, qui sait.

Aragorn agrippait fermement la cape de cette personne et Sayaka s'insulta mentalement. Cet être devait sans nul doute être un des fameux Hobbits, les semi-hommes dont le rôdeur avait fait mention.

L'humain jeta le petit être dans un coin de la pièce, avant de claquer brusquement la porte. Il serait enfin tranquille et pourrait avoir une conversation avec son invité récalcitrant. Dans un mouvement élégant, il se redressa en retirant son capuchon, agitant ses cheveux sauvages.

Sayaka n'était pas familière avec toutes les traditions de ces peuples étranges, mais elle se doutait que le rôdeur ne faisait pas preuve de courtoisie. Lancer quelqu'un dans une pièce et l'enfermer contre sa volonté, n'était guère poli.

- Je vous demanderais un peu plus de prudence, Monsieur Soucolline, déclara t-il avec un ton froid et autoritaire, avant d'éteindre les bougies qui fondaient lentement sur le petit bougeoir posé près d'un tabouret, plongeant la pièce dans la pénombre. Ce n'est pas une babiole que vous transportez.

- Je ne transporte rien du tout ! répondit le Hobbit effrayé, avec un ton trop peu sincère pour être honnête.

- C'est cela, oui, répondit Aragorn avec sarcasme, n'ayant pas cru ce mensonge très mal préparé.

Le rôdeur se hâta de souffler une dernière chandelle, ordonnant à la jeune femme d'éteindre les flammes ronflant dans l'âtre.

Sayaka obéit, versant le contenu du broc sur la bûche crépitante, étouffant les flammes qui grésillèrent en émettant d'ultimes volutes de fumée.

Quelques instants après, des martèlements de pas résonnèrent dans les escaliers et sur les planches de l'étage.

- Reculez Frodon, ordonna Grands-Pas en lui faisant signe de se placer derrière lui, le protégeant.

Le hobbit sembla surpris, puisque cet homme connaissait son nom ainsi que l'existence de son précieux chargement, mais il n'eut pas le temps de s'en inquiéter que la porte s'ouvrit, révélant ses amis.

- Laissez-le ! s'exclama Sam en menaçant le guerrier de ses poings, sinon je vous rosse, Longues-Jambes ! tandis que ses deux compagnons brandissaient un tabouret et un chandelier.

Le baroudeur pointa sa longue épée et sourit, amusé du courage dont faisait preuve les amis du Hobbit.

- Vous êtes certes un vaillant cœur, concéda t-il en rengainant son arme, mais cela ne vous sauvera pas. Vous ne pouvez pas attendre le magicien gris plus longtemps, ajouta t-il, énigmatique.

- Vous connaissez Gandalf ? s'étonna Frodon.

- En effet, avoua le rôdeur. Il a même laissé une lettre à Monsieur Poiredebeurré pour corroborer mes dires.

Aragorn se tourna vers l'un des hobbits, un petit brun aux cheveux bouclés et lui intima l'ordre d'aller chercher ce courrier, afin de corroborer ses dires.

La tension resta vive durant une longue minute, chacun s'observait en restant sur ses positions. Lorsque le jeune hobbit, répondant au nom de Pippin revint, il tenait une enveloppe jaunâtre, orné d'une rune familière, puisqu'il s'agissait de l'initiale du mage Gandalf.

Suspicieux, Frodon décacheta l'enveloppe et lut le message, avant de le montrer à ses compagnons.

- Dites-moi, Grands-Pas, appela t-il avec prudence, quel est votre véritable nom ?

- Je vois que la leçon sur la prudence à été comprise, répliqua le rôdeur. Je suis Aragorn, fils d'Arathorn.

A ce moment, Sam se retourna vers la personne assise sur le lit, qui était restée immobile durant toute la confrontation.

- Et vous, demanda t-il, suspicieux. Qui êtes-vous ?

A ces mots tous les Hobbits se retournèrent vers la jeune fille qui avait tout observé depuis un coin de la chambre, restant accolée contre le linteau de pierre, sans agir. La jeune fille s'avança lentement, faisant durer le suspense, avant de se révéler en profitant de la lumière du chandelier que tenait encore Merry.

- Je me nomme Miki Sayaka, salua t-elle avec un léger sourire. Je suis également en route pour Fondcombe et Aragorn a eu la gentilesse d'accepter de m'escorter.

Les six personnes s'observèrent longuement, dans cette pièce lugubre. Seule les bougies tenues par le hobbit blond éclairaient la salle, alors que les noirs nuages à l'extérieur voilaient l'éclat de la lune montante.

- Frodon, interpella le rôdeur, il nous faut partir dès demain. Les cavaliers noirs ont sûrement du vous repérer et il est possible qu'ils tentent quelque chose contre-vous. Vous resterez ici cette nuit, ordonna t-il, il est probable qu'ils aient déjà découvert quelles sont vos chambres.

- Comment auraient-ils fait ? s'étonna la jeune fille aux cheveux d'une couleur improbable. S'ils ne sont pas encore arrivés ici, comment auraient-ils eu l'information ?

- L'ennemi peut employer de nombreux espions, expliqua Aragorn en refermant la porte. Il y a les oiseaux et les bêtes sauvages, mais les plus dangereux restent les hommes. Je me suis longtemps méfié de l'un des habitués du bar et il semble que mes soupçons soient exacts. Vous n'y avez sans doute pas prêté attention, mais il a filé au moment où Frodon à attiré l'attention sur lui. Votre bêtise n'est pas passée inaperçue et il semble que les cavaliers noirs disposent d'indicateurs. Si Poiredebeurré à laissé son registre sans surveillance, où qu'il vous a donné vos clés en public, alors les serviteurs de l'Ennemi ont sûrement du découvrir quelles étaient vos chambres. Y retourner serait beaucoup dangereux.

- Vous croyez qu'ils comptent attaquer l'auberge ? demanda Merry.

- Non, répondit le rôdeur, sans en être réellement certain. C'est dans les ténèbres qu'ils sont les plus forts. Ici, vous serez en sécurité. Cependant, je ne prendrais pas le risque qu'ils s'infiltrent au beau milieu de la nuit. Je vais tout de même monter la garde, on ne sait jamais.

Les hobbits préférèrent suivre les recommandations de cet homme. Même si son aspect était assez inquiétant, ses yeux laissaient voir beaucoup d'intelligence et d'honnêteté. La lettre et les informations qu'il leur donnait semblaient accréditer son rôle de gardien.

La présence de cette mystérieuse fille était également rassurante. Même si son accoutrement était surprenant, le fait qu'une dame se porte garante de cet homme était un autre signe de confiance.

Aragorn se retourna vers la fenêtre, observant toujours la route embourbée et dont l'eau noire des flaques semblait cacher quelque sombre secret.

Soudainement, la porte ouest du village de Bree tomba. Elle fut littéralement arrachée de ses gonds, laissant entrer quatre cavaliers enveloppés de linceuils d'ombre.