Disclaimer: dois-je vraiment le dire? Oui? Bon ok... les personnages, tout comme le monde dans lequel ils évoluent pour le meilleur ou pour le pire ne m'appartiennent pas et sont l'entière propriété de J.K Rowling et de Stephenie Meyer. Hélas...
Pairing: HP/EC
Rating: M (pour viol au premier chapitre et scène érotique gay plus tard)
Résumé: abusés et salis par les mangemorts devenus des vampires assoiffés de sexe et de sang, Harry, Draco, Blaise et Théo fuient le monde magique et se retrouvent à Forks. Là, ils devront apprendre à calmer leur haine car sinon c'est eux qu'elle tuera...
pauvre homophobe ne clique pas là!
ah...trop tard...
bon ben je te le dis maintenant alors, tu es présentement sur un truc infâme et dégueulasse que l'on nomme un slash, oui je sais, ça fait le même bruit que le ketchup qui éclabousse ton assiette après que tu l'ai secoué pendant 10 minutes. C'est justement là où je veux en venir, enfin plus ou moins...
trêve de bavardage, mieux vaut dire la vérité toute nue (mmmh nue... :p):
cette fic est une histoire d'amour entre deux hommes!
Voila c'est fait, je crois que c'est le moment d'aller te rincer les yeux^^
un tout grand merci pour les reviews qui m'ont fait énormément plaisir et m'ont encourager à poster ce chapitre rapidement.
Merci à: deb16, Lily Halloween, jtmsorry, caty, Yuya777, o Nani-san o, yumelly, mous, annalisa-black, yuseiko-chan, Kahorie et lilylys!
Comme promis voici le chapitre II!
Merci aussi à Yuya777 pour ta critique positive envers mon Warning, je suis presque honteuse de ce que j'ai écrit mais heureusement, ça plait à quelqu'un^^
bonne lecture!
Haine destructrice
Chapitre II: fuir
POV DRACO
le manoir était en plein centre de Londres et, même si Draco ne l'aurait jamais reconnu devant témoins, c'était une chance que Potter soit avec eux. Sans lui, ils seraient très certainement morts à l'heure qu'il était.
Ils avaient à peine passé le portail de la propriété que le griffy avait prit les devants, voyant qu'il ne savait pas par où aller. Les exhortant parfaitement inutilement à courir plus vite, ils les avaient entrainé le long de rues désertes et angoissantes dans lesquelles le bruit de leur course se répétaient à l'infini, les effrayants davantage si c'était possible.
Le blond n'avait jamais eu aussi peur de sa vie, l'air ne parvenait pas jusqu'à ses poumons et il avait plusieurs points de cotés, pourtant cela ne l'empêchait pas de détaler comme il ne l'avait jamais fait. Les hurlements de colère s'étaient tu derrière eux ne faisant que renforcer la panique qui faisait battre le cœur des quatre garçons sur un rythme effréné. Au détour d'une ruelle, Blaise tendit une cape à Théo qui n'avait eu le temps que de remonter ses sous-vêtements et d'enfiler ses chaussures avant de s'enfuir et ils durent ralentir pour que le petit brun puisse passer sa tête dans le vêtement. Au vu de la taille, elle devait appartenir au violeur de Blaise mais ils ne pouvaient pas faire les difficile, ils n'en avaient ni le temps, ni le luxe.
Théo n'avait pas encore fini de s'habiller que Potter l'attrapait par le bras pour le forcer à avancer plus vite. Hélas c'était trop tard, deux vampires les avaient retrouvé et au sourire sadique qu'ils affichaient, ils ne comptaient assurément pas laisser passer leur chance de faire main basse sur les assassins du bras droit du maitre.
-je crois que l'on va avoir droit à une promotion, dit le plus petit des deux à son coéquipier.
Ils s'esclaffèrent bruyamment comme si c'était là la meilleure blague qu'ils avaient entendue de leur vie. Draco sentit une terreur glaciale relever tous les poils de ses bras. C'était la fin. Les mangemorts se jetèrent sur eux, griffes et crocs sortis, et le blond vit Potter protéger Théo de son corps de façon absurde avant de fermer les yeux et d'attendre le choc.
-Incendio! Hurla une voix tremblante de sanglots rageurs.
L'adolescent osa un regard et ce qu'il vit lui serra la gorge à lui en faire mal. Blaise, son ami toujours souriant, souvent charmeur et parfois poseur se tenait bien campé sur ses deux pieds, les joues ravagées par les larmes, le regard plus dur que celui de son père et la main tremblante tenant une baguette pointée sur deux silhouettes hurlant de douleur, brûlées vives par les flammes vengeresses.
Potter fut le premier à se ressaisir, il prit la baguette de la main du métis, jeta un silencio sur ses deux victimes, puis la mit dans sa poche avant d'attraper le bras de Blaise, qui ne parvenait pas à détacher le regard des vampires qui se liquéfiaient dans une odeur nauséabonde, et s'élança à nouveau dans les rues sombres, les trois autres sur ses talons.
Ils couraient plus vite encore et Draco ne sentait plus ses jambes. Il s'en fichait pourtant. Il courait pour sa vie. Enfin, ils arrivèrent dans une rue où s'entassaient des centaines de moldus rentrant et sortant des bars en riant, criant, chantant et buvant. Ils étaient heureux et ce fut douloureux pour les quatre garçons de voir que la vie continuait pour les autres malgré ce qu'ils avaient subi et la détresse dans laquelle ils étaient plongés jusqu'au cou en ce moment-même.
Potter ne marqua pas un temps d'arrêt avant de se fondre dans la foule, les entrainant avec lui, et de rentrer dans le pub le plus bondé qu'il put trouver. Avisant une table vide tout au fond de la pièce, il se rua dessus avant de se mettre à quatre pattes en dessous et de se coller au mur du plus près qu'il put. Ils firent tous comme lui et attendirent. Les mangemorts ne tarderaient pas à trouver leur deux condisciples incendiés dans la ruelle et ils n'auraient aucun mal à les suivre à la trace jusqu'à cette rue. Les quatre adolescents n'avaient plus qu'à compter sur l'odeur de tous ses moldus en furie pour, si pas masquer leur odeur, au moins mettre le flair des vampires en déroute.
Ils sursautèrent tous comme un seul homme quand l'un de leurs poursuivants entra dans le bar, scrutant tous les recoins du lieu enfumé et bruyant d'un regard acéré. Severus. Son parrain croisa son regard un bref instant qui sembla durer une éternité. Draco avait cessé de respirer. Est-ce que lui aussi lui ferait du mal? Est-ce qu'il demanderait au seigneur des ténèbres de l'avoir pour son plaisir si ce dernier le laissait en vie après ce qu'il venait de faire? Les larmes perlaient au coins de ses yeux quand le directeur de la maison Serpentard se retourna vers un second mangemort qui venait d'entrer. Ils échangèrent un mot et Severus sortit du café sans plus accorder un regard à son filleul. L'autre vampire le suivit en pestant.
Une demi-heure plus tard, les adolescents osèrent timidement un coup d'œil hors de leur cachette avant de se relever s'apprêtant à tout instant à devoir se remettre à couvert, personne n'avait fait attention à ses quatre jeunes hommes tremblant en dessous d'une table, ils avaient bien mieux à faire que de s'inquiéter pour des inconnus. Un silence embarrassé s'abattit sur eux. Ils savaient tous ce que les autres avaient enduré, ils avaient enduré exactement la même chose. Ils avaient aussi vu le résultat de la colère de deux d'entre eux, Blaise et Potter. Ils avaient tué ce soir, l'un accidentellement, l'autre guidé par la rage et la haine. Ensembles, ils avaient partagé le pire et cela les liait irrémédiablement.
Du coin de l'œil, Draco vit Blaise tripoter inconsciemment l'ourlet de sa robe de sorcier, il semblait revivre les évènements de ce soir, les mâchoires serrées. Potter, lui, observait la salle à la recherche peut-être des vampires ou d'autre chose, qui sait, alors que Théo se pressait contre lui, une main secouée de tremblement pendue entre eux qui désirait visiblement s'accrocher à la chemise du griffondor.
-bien, que fait-on maintenant? Demanda le griffy à la ronde.
Personne ne lui répondit.
-je ne sais pas pour vous, maugréa-t-il de manière presque inaudible, mais en ce qui me concerne, il est hors de question que je retourne chez moi...
-d'après toi Potter, cracha Draco, y a-t-il quelqu'un à cette table qui désire retourner chez lui?
Le brun avait toujours su faire ressortir la combativité qui sommeillait en lui et pour une fois, il l'en remerciait. Son père était mort, brulé vif sous ses yeux, il ne savait pas bien ce qu'il en ressentait mais il était sûr d'une chose: ce n'était pas suffisant. Tous. Ils devaient tous payer et lui avait besoin de sortir la tête hors de l'eau, besoin de ressentir de la haine pour ne plus se sentir aussi minable, aussi sale. Il fallait qu'il morde, qu'il griffe, qu'il frappe, il fallait qu'il se débatte et se défende. Il fallait qu'il survive parce qu'un jour, il se vengerait. Il devait juste devenir plus fort et à présent qu'il était libre, il s'y emploierais à chaque seconde de sa vie.
-faites ce que vous voulez, siffla le brun dans sa direction ses yeux lançant des éclairs très convainquant, Allez voir Dumbledore, il vous protègera sûrement, mais ce sera sans moi.
À coté de lui, Théo ne put plus retenir son geste et agrippa fermement le bas de sa chemise en regardant droit devant lui. Le survivant se retourna vers lui et Draco crut qu'il allait chasser le petit serpentard d'un geste brusque, il avait d'ailleurs une réplique acerbe sur le bout de la langue, cependant, contre toute attente, Potter fit comme s'il n'avait rien vu et retourna son attention vers la conversation.
-alors, que comptez-vous faire? Demanda-t-il plus calmement.
Il y avait beaucoup de non-dits dans son discours, mais il parlait à des serpentards et semblait compter sur ce fait. Sa question n'était pas désintéressée, comme eux, Il ne voulait pas que l'on sache ce qui lui était arrivé, il ne voulait pas que l'on se permette de le juger ou de jaser sur l'enfer qu'il avait dû traverser. S'ils avaient été honnêtes, les quatre garçons se seraient avoué leur désir de se cacher ensemble jusqu'à l'heure de la vengeance, mais ils ne l'étaient pas et les mots passaient difficilement le seuil de leurs lèvres.
-je ne veux pas qu'on sache, souffla Théo, les larmes aux yeux. Je ne veux pas qu'on me regarde et qu'on se dise que je... je ne veux pas.
Le petit brun n'avait jamais été belliqueux, Draco l'avait toujours vu fuir les confrontations, malheureusement, son caractère pacifique allait le faire couler à pique. Le blond avait bien vu la haine et la colère s'allumer dans le regard de Blaise et Potter depuis qu'ils étaient hors de la domination de leur geôlier, lui aussi ressentait la même chose et il avait l'impression d'avoir les idées parfaitement claires car elles ne se résumaient qu'à un mot « vengeance ». Théo n'était pas comme ça, il était terrorisé et le sentiment de culpabilité qu'ils ressentaient tous était décuplé chez lui. Potter passa un bras autour de ses épaules et le petit brun se serra contre lui, les yeux hermétiquement clos pour empêcher les larmes de couler.
-si vous voulez bénéficier d'une protection de la part du ministère de la magie, reprit le survivant d'une voix dure, il vous faudra témoigner, et là encore, il y a peu de chance qu'ils vous croient et je sais de quoi je parle. Fudge refuse de croire que Voldemort est de retour, il a peur de ce que cela implique pour lui.
Les trois serpentards s'étaient raidi à l'entente du nom du seigneur des ténèbres et Draco s'était même surprit à jeter un regard derrière son épaule mais il n'y avait que des moldus, trop occupés à boire et à danser pour se soucier de leurs problèmes.
-que nous propose-tu alors? Persiffla-t-il avec un brin d'ironie en se penchant par dessus la table vers sa Némésis, que l'on retourne au manoir en espérant que le maitre nous pardonne et nous offre à l'un de ses sbires?
Potter serra les poings, cependant c'est d'une voix posée qu'il répondit:
-j'ai peut-être une idée, j'y ai longuement réfléchi pendant qu'on était là-bas, seulement je ne pense pas qu'elle vous plaira...
-accouche Potter, le houspilla le blond avec véhémence, on n'a pas que ça à foutre! Je te rappelle qu'on a un nid de vampires aux trousses!
Une fois de plus le griffy parut sur le point de perdre son sang froid.
-les moldus, siffla-t-il entre ses dents.
-quoi les moldus? Enragea Draco qui ne voyait pas où le balafré voulait en venir.
Le survivant soupira.
-vous ne pouvez pas rentrer chez vous, énonça-t-il, vous ne voulez pas aller voir Dumbledore et Fudge n'en parlons pas. Or, comme tu l'a si bien fait remarquer, nous sommes toujours poursuivi par des vampires qui ne s'arrêteront sûrement pas avant de nous avoir tous retrouvé. Nous en savons trop. Si nous vivons du coté des moldus, on ne nous demandera rien, on recommencera tout de zéro et jamais ils ne penseront à aller nous chercher là.
Se rappelait-il de qui était en face de lui? Avait-il la moindre idée de ce qu'il proposait? Apparemment pas...
-tu rêve en couleurs Potter, le rabroua-t-il en le regardant comme s'il était un échappé de sainte-mangouste, jamais je ne mettrai les pieds du coté moldu!
Potter allait argumenter, cependant il n'en eu pas l'occasion: Blaise le prit de court.
-il a raison Draco, dit le métis en toute simplicité, même s'ils finissent par retourner le monde moldu, ça nous aura laissé un temps de répit.
Un temps de répit...quelle habile stratagème pour masquer ses véritables paroles. Ce dont parlait vraiment son ami était bien loin d'être un « temps de répit » il ne comptait sûrement pas se la couler douce, non, ce dont il parlait n'était ni plus ni moins que le temps d'un entrainement intensif, car comme tout bon serpentard, il n'avait pas encore fini d'essuyer l'affront qu'il pensait déjà à la réplique.
-bien, expose ton plan, ordonna Draco à Potter qui s'exécuta sans rechigner pour la première fois de leur existence à tous les deux.
POV BLAISE
Blaise se réveilla en sursaut à cause d'un cauchemar alors qu'un objet étrange passait dans la rue donnant sur la ruelle dans laquelle ils avaient passé la nuit. Malgré les corps de Draco et de Potter qui l'entouraient, il grelottait misérablement autant de froid que de nervosité. Les bribes de son rêve encore à la lisière de son inconscient, il sentait presque physiquement l'intrusion de McNair, la sensation répugnante de ce corps étranger au plus profond de lui, les gémissements écœurants s'échappant de la gorge de son tortionnaire tandis qu'il donnait des coups de reins de plus en plus violents et ce petit sourire pervers qu'il lui lançait quand il avait fini son affaire tout en lui demandant s'il avait apprécié et s'il en voulait encore. Blaise avait eu le malheur de répondre non, la première fois. La sanction avait été terrible.
Le métis tenta de contrôler les tremblements qui parcouraient son corps, sans résultat. Au dessus de lui, le ciel s'éclaircissait doucement et il remercia Merlin de lui avoir permit de passer une nuit de plus dans ce monde pourri. Il ne voulait pas mourir, pas avant d'avoir fait ce qu'il s'était juré d'accomplir.
La veille, en voyant les vampires se tordre de douleur sous l'effet d'un sort qu'IL avait lancé, il s'était senti fort et un sentiment de réconfort doux-amer l'avait réchauffé. Il en voulait plus. Il voulait tous les tuer, qu'il n'en reste plus un seul et surtout que Mcnair crève de ses mains. Seulement pour cela, il avait besoin d'entrainement parce que ce qui s'était passé la nuit précédente n'avait été qu'une suite de coups de chance ahurissants.
Si le maitre avait opté pour la conversion de ses partisans en vampires, c'était loin d'être un choix fait à la légère. Seul le feu pouvait venir à bout de telles créatures et la plupart des sorts qui leur était destinés étaient soit dénaturés soit extrêmement affaiblis. Et c'était sans compter que leur capital magique avait probablement doublé depuis leur transformation. On aurait pu se demander pourquoi le lord n'avait pas pensé à cette éventualité plus tôt, la raison en était pourtant fort simple. Avant qu'il ne parvienne à se procurer cette potion miraculeuse, Salazar seul savait où, les premières années du vampire ne tournait qu'autour de l'hémoglobine et la créature était à peine capable de penser à autre chose que la soif dévorante qui lui asséchait la gorge. Cela se calmait plus où moins une dizaine d'année plus tard, cependant même plusieurs siècles après la morsure, la soif persistait à se faire sentir cruellement et c'était ce pourquoi les vampires étaient si mal vu dans la société sorcière. Cela plus le fait qu'ils se nourrissaient de sang humain uniquement, bien évidement.
Avec sa petite potion miraculeuse, le seigneur des ténèbres avait évité tous ses petits désagréments à ses troupes et avait créé l'armée parfaite: fidèle, immortelle et dévouée à la cause. Ajouté à cela un glamourie effectué dans toutes les règles de l'art pour masquer les petits défauts comme les yeux rouge sang, la peau blanche et la soudaine beauté surnaturelle et le tour était joué. Bien entendu, il restait le feu mais là encore ce n'était que grâce à la bêtise des vampires que les quatre adolescents avaient pu en profiter car des potions ignifuges cela existait et ce n'était pas bien compliqué d'en brasser. À présent, plus jamais le maitre ne laisserait sortir ses sbires sans cette protection et leur dernière faiblesse n'existerait plus, faisant d'eux des immortels, presque des dieux. Le monde de la magie n'était déjà pas préparé au retour des mangemorts, il l'était encore moins maintenant que l'ennemi avait de tels pouvoirs et cette fois-ci, nul doute que ce serait le coté des ténèbres qui l'emporterait. Blaise frissonna. Comment arriver à bout de telles créatures?
Se secouant un peu pour se redonner du courage, le métis se releva sur son séant et bailla à s'en décrocher la mâchoire. La veille, ils avaient mis au point un plan d'attaque pour disparaitre du monde sorcier et il était loin d'être de tout repos. En se penchant par dessus Potter pour le réveiller sans trop le brusquer, Blaise vit que Théo s'était pelotonné dans l'étreinte du Griffondor qui le serrait étroitement contre lui. Il sourit, il n'avait pas fallut longtemps à ses deux là pour oublier leurs préjugés, le griffy avait toujours su instinctivement qui avait le plus besoin de protection et fidèle à sa maison, il n'avait pas pu laisser Théo démuni. Le petit brun, quant à lui, avait vite comprit que Potter le protégerait sans faillir. C'était lui qui l'avait attrapé par la main pour le faire sortir du manoir, lui qui l'avait presque porté en le tirant derrière lui pour qu'il coure plus vite, lui encore qui avait fait barrage de son corps pour le protéger des deux vampires quand bien même il n'avait aucune chance de survivre à leur assaut, et lui toujours qui lui avait offert le soutien réconfortant de ses bras quand la tension s'était brusquement apaisée dans le bar.
À contre-cœur, Blaise les secoua tout les deux avec le plus de douceur qu'il pu ce qui ne les empêcha pas de se relever en sursaut, le griffondor masquant aussitôt le petit serpentard de son corps. Le métis eut une moue ironique que Potter ne pu, hélas, pas voir sans ses lunettes. Se retournant vers Draco, il fut tout aussi doux sans que cela ne change quelque chose. Les quatre garçons avaient les yeux ouverts et la peur qui avait tendu chacun de leur muscle pendant le nuit revint au galop.
-allons-y, dit Potter en prenant la direction des opérations, techniquement la majorité des mangemorts devraient être en train de travailler et je ne crois pas que Voldemort soit suffisamment bête pour les envoyer en masse sur une mission pendant leurs heures de bureau au risque de déclarer son retour au monde sorcier. On devrait pouvoir aller à Gringotts sans trop de problème.
Ce petit laïus n'était là uniquement que pour motiver et rassurer les troupes, ils le savaient tous, mais cela eut tout de même l'effet escompté. Ils se levèrent en s'étirant une dernière fois, tentant de faire disparaitre la sensation dérangeante d'angoisse qui grossissait dans leur poitrine, et suivirent le survivant à travers les rues de Londres d'un pas pressé.
Le trajet jusqu'au chemin de Traverse se fit dans le silence le plus complet, les adolescents lançaient des regards furtifs dans toutes les directions, persuadés d'être suivi. Théo et Potter échangèrent leurs vêtements pour que le sauveur du monde sorcier puisse cacher son illustre cicatrice. En effet, il était censé avoir disparu depuis plus de deux semaines et son retour soudain au beau milieu de la rue commerçante la plus fréquentée d'Angleterre risquait bien de faire désordre.
Lorsqu'il fut enfin à couvert, le brun entra au chaudron baveur, se dirigea vers la cour arrière ouvrit le passage grâce à la baguette que Blaise avait volée à son « maitre » quand celui-ci s'était mis à faire la torche humaine et se dirigea tout droit vers la banque des sorciers dans laquelle il pénétra sans marquer un temps d'arrêt. Une fois dans le hall, il repéra rapidement ce qu'il cherchait.
-bonjour Mr Grippesec, dit-il en s'accoudant au comptoir, je voudrais retirer de l'argent de mon coffre.
Le gobelin leva son horrible figure vers eux et les dévisagea tout à son aise. Il hocha alors la tête comme à une question qu'ils lui auraient posée.
-votre clef? Demanda-t-il d'une voix de crécelle.
Potter sembla embarrassé.
-je ne l'ai pas, avoua-t-il, penaud.
-je m'en doutais un peu. Suivez-moi.
La créature sauta de sa chaise tout en attrapant un énorme trousseau de clefs qui devaient bien être plus lourde qu'elle. D'une main, elle les invita à la suivre derrière le comptoir et les entraina en direction du couloir des bureaux privés avant de les inviter à prendre place dans l'un d'entre eux. Blaise savait qu'ils n'avaient rien à craindre ici, les gobelins refusaient de se lier avec un camp comme avec l'autre, ils avaient bien trop à perdre s'ils le faisaient et étaient donc parfaitement neutres. Malgré tout, il se sentait étouffer dans un endroit aussi petit avec pour seule issue la porte qui se trouvait derrière eux. Il avait envie que tout cela finisse, qu'ils puissent retourner dehors et respirer enfin convenablement.
Farfouillant dans une pile de documents aussi gigantesque qu'instable, Grippesec en ressortit un parchemin qu'il posa devant Potter avec une plume d'argent puis il ouvrit un tiroir pour en sortir une sphère transparente dans laquelle flottaient des volutes de fumée bleues un instant et rouges ou vertes celui d'après.
-poussez votre main à l'intérieur et attendez que je vous dise de la retirer.
Le griffondor fit ce qu'il lui était demandé et introduisit sa main dans la matière gélatineuse qui s'adapta parfaitement. La fumée vira à l'orange puis au jaune avant de prendre la couleur d'un joli vert forêt. Alors le gobelin récupéra l'artefact et le déposa sur le bureau devant eux où il devint opaque. Peu à peu des lettres s'inscrivirent sur la surface pour former un nom « Harry James Potter ».
-bien, fit la créature de sa voix grinçante, signez ici et là. En tant que majeur, vous avez désormais pleinement accès à votre coffre. Je vous ferai accompagner pour que vous puissiez prendre ce qu'il vous faut, voici la clef de rechange.
L'adolescent prit l'objet qu'il mit directement dans sa poche et le banquier se tourna vers Draco à l'étonnement de tous.
-Mr Malfoy, mes sincères condoléances. Si vous voulez bien.
Il lui tendit la sphère redevenue transparente sous le regard ahuri de l'héritier Malfoy. Comment pouvait-il savoir que Lucius était mort la nuit dernière?
-nos livres de comptes nous on fait état d'un changement de possesseur cette nuit. La fortune Malfoy est dès à présent au nom de Draco Lucius Malfoy, après vérification vous pourrez prendre possession de vos biens.
Ce fut bien le nom de Draco qui se grava sur la boule et il put signer les papiers que Grippesec lui tendit. Cela ne s'arrêta pas là pourtant, le gobelin tendit l'objet magique à Blaise puis à Théo. Le métis sentait vraiment l'angoisse le prendre à la gorge, depuis hier ils étaient bien trop chanceux pour que cela soit normal, il se passait quelque chose et il sentait que ça n'allait pas leur plaire du tout. Dans leur plan, ils n'avaient compté que sur la fortune Potter et voila qu'ils se retrouvaient avec l'argent des Zambini, des Malfoy et des Nott en plus. Pourquoi auraient-ils besoins des ressources de pas moins de quatre familles de sang pur? Était-ce juste d'accepter? Est-ce que ça n'allait pas leur retomber dessus? Il n'avait jamais été superstitieux, mais aujourd'hui il voyait des mauvais signes partout...
-nous aurions besoin d'argent moldu, osa Potter quand tous les papiers furent en ordre.
Le banquier se fendit d'un autre hochement de tête et sortit quatre morceaux de plastique doré qu'il leur tendit. Blaise regarda le sien, son nom y était inscrit et en dessous une suite de chiffres sans queue ni tête. Quel genre d'artefact était-ce là?
-vous connaissez le mode de fonctionnement? Les interrogea la créature.
Aucun des trois sang pur n'eut le courage d'avouer son ignorance et ce fut Potter qui répondit, sûr de lui.
-oui. Et pour le code?
-le premier code que vous taperez sera celui que vous aurez choisi, lui assura énigmatiquement le gobelin.
-bien, conclut le survivant au soulagement de Blaise, merci beaucoup, Mr Grippesec.
-nous sommes à l'écoute du moindre des désirs de nos meilleurs clients, Mr Potter. Avez-vous besoin de prendre quelque chose dans votre coffre.
Malheureusement pour le métis, Potter répondit par l'affirmative et il en fut quitte pour un petit tour en wagonnet dans les profondeurs abyssales de Gringotts.
°°OoO°°
la visite du coffre Potter fut un véritable défi pour les jeunes hommes que les espaces sombres et humides angoissaient et ce fut donc avec un plaisir évident qu'ils ressortirent tous les quatre à l'air libre, le griffy bien caché sous la capuche de sa cape deux fois trop grande. Ils n'étaient cependant pas rassurés et c'est à nouveau d'un pas rapide qu'ils remontèrent la rue en sens inverse. C'est alors que Théo s'arrêta brusquement, faisant remonter le cœur dans la gorge de chacun.
-on peut aller chez Fleury et Bott? Demanda-t-il en fixant la devanture du magasin avec envie.
-Théo ce ne serait pas très prudent, fit Potter visiblement ennuyé de devoir le lui refuser, mieux vaut partir au plus vite d'ici.
Le petit brun se retourna vers lui, les yeux larmoyant. C'était à peine si sa lèvre ne tremblotait pas.
-s'il te plait, supplia-t-il en agrippant le bas de sa chemise comme un petit enfant, je n'en ai que pour deux minutes. Juste un livre.
Le survivant tenta de détourner le regard pour ne pas voir la petite bouille que faisait Théodore mais il dû s'avouer vaincu.
-d'accord, céda-t-il, mais dépêche toi!
Le petit brun fit un immense sourire qui les réchauffa tous de l'intérieur et le groupe s'engouffra donc dans la librairie tandis que Draco levait les yeux au ciel sans pour autant faire le moindre commentaire sur la scène qui venait de se passer. Théo n'était pas comme ça à l'accoutumé, il ne demandait pas la protection pas plus que la permission de qui que ce soit pour faire ce qu'il avait envie. Hélas, ce dernier mois l'avait changé et il avait peur que cela recommence mais aussi que Potter se détourne de lui à cause d'une parole qu'il aurait dite ou d'un geste qu'il aurait fait, le laissant seul dans le noir. En même pas 24 h, le griffondor était devenu l'unique béquille de Théo et Blaise pressentait que ce ne serait pas un rôle facile à tenir parce que son ami aurait énormément besoin d'attention et peut-être bien de tendresse. Parce qu'il se sentait responsable de ce qui lui était arrivé puisqu'il n'était pas parvenu à tuer un jeune moldu, il fallait que quelqu'un soit là pour lui dire qu'il avait tort et pour le consoler quand il le réaliserait bel et bien. D'une certaine façon, Théo était redevenu un enfant: faible et fragile.
Comme il l'avait promis, il ne mit que quelques minutes à trouver le livre qu'il voulait et Blaise s'étonna du titre de l'ouvrage: « les ennemis des vampires » le petit brun aurait-il lui aussi envie de vengeance? Après que Potter, le seul qui avait prit de l'argent sorcier à la banque, eut réglé les achats, ils sortirent et s'engouffrèrent aussitôt dans le bâtiment des hiboux postaux. Blaise, Draco et Potter regardèrent le dernier de la clique attraper plume et parchemin avant de rédiger une courte missive qu'il attacha à la patte d'un hibou moyen-duc. Une fois l'oiseau envolé, il revint vers eux et ils sortirent de la boutique.
Pour vivre dans le monde moldu, les sorciers avaient besoin de papiers en règle, tout un tas de paperasse à laquelle le métis n'avait rien comprit mais qu'il savait importante. Théo avait un contact, un homme un peu louche leur avait-il dit, qui pouvait falsifier ce genre de documents assez rapidement contre toutefois une solide rémunération. Ils n'avaient pas le choix de toute façon, c'était ça ou rien, voila pourquoi ils lui avait envoyé une lettre en espérant qu'il serait au point de rendez-vous indiqué. Les hiboux postaux ne pourraient pas retrouver la trace des jeunes gens, ils ne pourraient donc pas recevoir de réponse s'il leur en envoyait une ce qui les avait forcé à donner un rendez-vous fixe à l'homme en croisant les doigts pour qu'il ne leur fasse pas faux bond.
Ils passaient devant le glacier Florian Fortarôme quand Théo se cramponna pour la seconde fois à la chemise de Potter, les yeux brillants. La situation aurait pu être comique si elle ne démontrait pas à ce point l'état déplorable du psychique du serpentard.
-Harry, fit-il de sa petite voix suppliante en regardant avec insistance le glacier servir une immense glace aux trois parfum à une petite fille, s'il-te-plait...
le griffondor n'eut pas la force de refuser, il n'essaya même pas et Blaise ne put l'en blâmer. Comment refuser une glace à Théo après tout ce qu'il avait vécu? À quel point fallait-il être inhumain pour faire ça? Bien sûr, eux aussi avait subi la même chose mais ce n'était pas pareil, tous les trois survivaient grâce à l'idée de vengeance et ce n'était pas un sorbet qui les aiderait à aller mieux. Le petit brun non plus cela dit, cependant, ce qui lui mettait vraiment du baume au cœur c'était le comportement de Potter vis-à-vis de lui, protecteur et prévenant. Il avait besoin que le griffy lui offre cette glace, parce que c'était ce qu'un grand frère ferait pour son petit frère et Blaise se rendit compte que c'était exactement ça que son ami recherchait. Potter était la représentation même du courage, de la force et de l'héroïsme: le grand frère parfait en somme.
Ce fut en silence qu'ils firent la queue, même Draco n'avait toujours pas ouvert la bouche. Il fixait toutefois Potter et Théo, devant eux, l'air de soupeser le pour et le contre. Est ce que le balafré était suffisamment bien pour s'occuper de son ami, paraissait-il se demander. Blaise lui ne doutait plus, il avait toujours cru que le griffondor était un type emporté et sans une once de patience, il venait de lui prouver le contraire. Il n'y avait pas deux mois, il ne pouvait pas entendre parler d'un serpentard sans arborer une moue dédaigneuse et belliqueuse et voila qu'aujourd'hui, sans transition, il s'occupait de l'un d'entre eux comme s'il était de sa famille.
-une boule surprise et une à la patacitrouille, demanda le griffy à la place de son protégé avant de se tourner vers eux, vous ne voulez rien?
Ils hochèrent tous les deux négativement la tête, Blaise se faisant la réflexion qu'il n'était peut-être pas très prudent d'afficher le héros du monde sorcier censé être disparu avec une telle désinvolture. Et si un coup de vent soulevait le capuchon? Ou si quelqu'un reconnaissait sa voix? Quoi qu'il en soit, rien de dramatique ne survint et ils purent enfin se diriger pour de bon vers la sortie, Théo mangeant sa glace avec appétit.
-vous pensiez que l'on ne vous retrouverait pas? Siffla brusquement une voix dans leur dos.
Ils se retournèrent comme un seul homme vers le vampire souriant de toutes ses dents. Lui aussi voulait une promotion très certainement, d'autant qu'il ne devait pas être très important dans la hiérarchie du nid vu que Blaise ne parvint pas à le reconnaitre. Potter sortit la baguette de sa poche, le métis la lui avait laissé reconnaissant qu'il était un duelliste plus doué que lui, et la pointa sur le mangemort qui se mit à rire à gorge déployée.
-tu veux me mettre le feu au beau milieu d'une rue commerçante? Grinça-t-il sournoisement, je t'en prie, seulement laisse moi juste te dire que tu perd ton temps. Nous ne nous faisons jamais avoir deux fois de la même manière...
-ah bon? Ironisa le griffondor d'une voix parfaitement Malfoyenne, alors comment appelez vous le barbecue en plein air d'hier soir? Une réduction d'effectif aléatoire?
Le vampire gronda.
-mais vous avez peut-être raison, dit-il, mieux vaut ne pas tenter le diable une troisième fois...
et il leva la baguette vers le ciel.
-Mosmordre, susurra-t-il les yeux dans ceux du partisan de Voldemort.
En un instant ce fut la panique complète, tout le monde hurlait, criait, des enfants pleuraient et des mamans désespérées appelaient leur progénitures en bousculant tout ce qui se trouvait sur leur chemin. C'était la débandade, la marque des ténèbres flottait sinistrement au dessus de la rue marchande heureuse un instant plus tôt.
Les quatre fuyards ne demandèrent pas leur reste et s'enfuirent à nouveau à toutes jambes. En percutant un homme qui courait à contre-sens, la glace de Théo tomba, s'écrasant au sol avant d'être piétinée par la foule paniquée. Le jeune homme se retourna les larmes aux yeux, le bras tendu vers le premier petit bout de bonheur qui lui avait été offert depuis longtemps et se serait bien jeté à genoux sur le sol pour en déplorer la perte si son nouveau grand frère ne l'avait pas retenu par le poignet et entrainé de force avec lui.
En quelques instants ils se retrouvèrent du coté moldu où ils détalèrent comme des lapins, mettant un maximum de distance entre eux et leur poursuivant. Essoufflés, ils reprirent leur souffle dans un quartier peu accueillant aux immenses murs de béton gris qu'aucune plante ne venait égailler. Après être passé par les rues commerçantes du Londres moldu, les vampires devraient peiner à retrouver leur trace et leur permettre de prendre une petite pause.
-eh beh, ahana Blaise, tu t'y connais en mouvement de panique, toi. Après le feu, la marque des ténèbres. T'en a d'autres des comme ça?
Il devait avouer qu'il était impressionné. Face au vampire, le griffy avait semblé n'avoir aucune peur, répondant du tac au tac avec panache, pourtant, ses genoux qui tremblaient démentaient cette impression et ce fut surtout cela qui rendait le métis perplexe. Comment avait-il fait pour garder un tel sang froid?
-hélas non, répondit Potter la tête entre les cuisses, la prochaine fois je compte sur toi...
ils rirent tous nerveusement pour évacuer la peur qui leur nouait l'estomac à tous. Quand ils purent respirer à peu près normalement le griffondor reprit la parole, d'un ton plus directif cette fois. Le ton qu'il utilisait lorsqu'il dirigeait les opérations.
-on va prendre le métro pour bien mélanger nos odeurs avec celles des moldus et leur faire perdre notre trace. Il leur faudra pas mal de temps avant de trouver la station à laquelle on sera descendu. Ensuite on ira prendre une chambre dans un motel et de là on ira directement au cybercafé si on est pas encore morts de fatigue.
Il aurait parlé le mandarin que le résultat aurait été le même, il n'y eut toutefois aucune question. Tout le monde désirait ardemment se mettre à l'abri le plus loin de là possible. Le brun les conduisit donc jusqu'à un tunnel dans lequel il s'engouffra en se mêlant à une foule compacte de moldus. À vrai dire, voir tant de monde dans un espace si réduit avait quelque chose d'angoissant et Blaise sentit qu'il avait du mal à respirer. Il n'allait pas tenir longtemps là-dedans.
Suivant Potter comme des petits chiens, les trois serpentards allèrent avec lui au guichet où il demanda quatre tickets. Les vert et argent s'interrogèrent du regard, s'assurant qu'aucun d'eux n'avait compris de quoi il en retournait. Après que l'homme fripé et aigri derrière sa vitre lui ai fait une demande obscure, le brun sortit la carte dorée que leur avait remis Grippesec et l'inséra dans un drôle de réceptacle muni de touches numérotées de 0 à 9. Suivant le mouvement du griffondor, ils se penchèrent tous vers l'artefact moldu afin d'avoir le fin mot de l'histoire. Comment fonctionnait cet étrange morceau de plastique pour faire sortir de l'argent? Potter se retourna vers eux entre l'énervement et l'interrogation ce à quoi ils rendirent, à l'unanimité, une regard vide et morne. Il haussa les épaules et se retourna vers l'engin pour taper une fois sur le 1, puis sur le 5, suivi du 8 et du 4. deux secondes plus tard, la chose émit trois sons stridents l'un après l'autre provoquant le contentement autant du survivant que du guichetier. Mais où était l'argent? Le brun récupéra la carte ainsi que les morceaux de papier cartonné que lui tendait l'homme d'un geste brusque, puis se replongea à corps perdu dans la masse dense de moldus qui se pressaient les uns aux autres.
Ils descendirent une autre volée de marches avant de parvenir sur une espèce de quai miniature. Quel que soit le train qui arriverait là, il serait minuscule et Blaise prévoyait d'avance qu'il allait se retrouver écrasé de tous les cotés. Ce n'était pas difficile à conclure au vu du nombre de gens qui s'entassaient comme animaux le long de la voie. Quel était donc ce monde barbare?
Et en effet, comme il l'avait craint, le métis se retrouva bel et bien coincé entre une vieille tenant un roquet dans ses bras et une jeune femme aux vêtements, sac, cheveux, yeux, ongles, lèvres noirs parlant toute seule d'une voix morne tout en tenant un objet sur son oreille qui devait être douloureuse. Les moldus n'avaient-ils rien de plus pratique contre les otites?
Lorsqu'il put enfin sortir de cet enfer présent à peine quelques mètres sous terre, une bonne demi-heure plus tard, le serpentard aurait bien embrassé le sol s'il n'avait pas été un sang pur élevé dans la plus stricte tradition, à coté de lui il vit à leur expression que Draco et Théo n'était pas loin d'en arriver à de telles extrêmes eux aussi. Potter ne leur laissa toutefois pas le temps de reprendre goût à la vie qu'il était déjà reparti en les laissant en arrière. Ils hâtèrent donc le pas et son nouveau petit frère calqua son pas sur le sien. Ce n'était pas qu'une passade, Théo avait réellement besoin du griffy pour s'en sortir et si pour cela Blaise devait oublier ses vieilles rancunes, alors pas de problèmes c'était déjà fait. Draco par contre...
ils étaient en face d'un hôtel complètement en ruine dont les volets pendaient lamentablement hors de leurs gonds et d'où s'échappaient toutes sortes de bruits peu engageants comme des disputes de couples ivres et des hurlements de bébés affamés quand celui qui avait été leur guide jusque là se retourna vers eux pour leur dire d'un ton on ne peut plus sérieux:
-on va passer la nuit ici.
-c'est une blague? S'écria Draco.
Blaise pensait comme lui mais comme le blond se débrouillait toujours très bien pour faire passer le message, il n'intervint pas. Il en fut hélas pour ses frais.
-il faut une carte d'identité moldue pour pouvoir entrer dans les autres, siffla le survivant en le fusillant du regard, ici tout ce qu'ils te demandent c'est de quoi payer. Alors tu choisis Malfoy, c'est ça ou tu passe une seconde nuit dans la rue. Fait ce que tu veux, mais moi j'y vais.
Ils n'eurent pas vraiment le choix et c'est avec des pieds de plombs et un regard rageur pour Draco qu'ils le suivirent à l'intérieur du...bâtiment. Tous les trois avaient espéré pouvoir se prélasser dans un lit convenable et surtout dans un bain de la taille d'une piscine. À l'accueil où attendaient une femme plus vieille que Dumbledore, maquillée comme un carré d'as et la clope au bec, le même manège qu'au guichet du petit train se déroula sous leurs yeux. Potter sortit sa carte après avoir demandé deux chambres et tapa les 4 mêmes chiffres avant que l'engin ne refasse ses trois cris stridents, provoquant un bref hochement de tête de la femme qui leur tendit deux clefs accrochées à des blocs de bois numéroté que le griffondor attrapa avant de monter les escaliers en testant la solidité des marches du bout du pied et en prenant soin d'éviter les trous dans lesquelles un hippogriffe aurait pu tomber.
Les chambres étaient miteuses mais au moins y avaient-ils des lits. Blaise se retrouva dans la chambre de Draco, Théo ayant prit possession de celle de Potter d'autorité. Au moins passerait-il une bonne nuit entre les bras protecteurs de son nouveau frère. Blaise eut un sourire avant de sombrer dans le sommeil, s'ils avaient su un jour qu'ils en arriveraient à faire suffisamment confiance à un griffondor pour leur confier leur vie et que le dit griffondor s'en soucieraient réellement...
POV THEO
Théo se réveilla dans un doux cocon de chaleur, entouré de bras protecteurs. Comme la précédente, la nuit avait été dure, ponctuée de cauchemar tous plus sordides les uns que les autres, mais il n'était plus seul. En se rencognant dans l'étreinte d'Harry, il réalisa qu'ils n'étaient plus deux dans le lit mais quatre et que Draco le couvait au même titre que le griffondor, leurs têtes se touchant au dessus de la sienne. S'ils ouvraient les yeux dans cette position, il ne faudrait même pas attendre le petit déjeuner pour avoir droit à la première joute verbale de la journée aussi Théo fit-il ce qu'il pouvait pour les séparer sans les réveiller.
Les paupières du survivant papillonnèrent avant que deux orbes émeraude ne se fixe sur lui et qu'un léger sourire ne fleurisse sur les lèvres de l'adolescent encore à moitié endormi. Le petit serpentard répondit au sourire un peu timidement, sentant son cœur battre plus vite et envoyer une onde de chaleur dans son corps. Quand Harry le regardait, il savait qu'il ne laisserait rien lui arriver, qu'il le protégerait, parce qu'il l'avait déjà fait à maintes reprises depuis leur échappée belle et qu'il ne semblait pas vouloir l'abandonner. Pas encore. Seulement Théo tremblait à l'idée qu'il se rende compte qu'il était loin d'être suffisamment bien pour mériter son attention et qu'il se détourne de lui.
Oh, il savait que c'était entièrement sa faute et que ce ne serait que normal que le griffondor le délaisse, après tout c'était lui qui était faible et qui n'avait pas pu tuer le moldu qu'on lui avait présenté et à cause de ça, le seigneur des ténèbres avait été obligé de le punir. Tout était à cause de lui et il ne blâmait personne. Juste lui. Pour sa faiblesse et sa couardise aussi. Harry le prit soudain par la nuque et l'emprisonna dans une étreinte puissante comme s'il voulait le faire entrer dans son corps pour qu'il ne lui arrive plus rien. Théo ferma les yeux savourant l'impression de sécurité qu'il dégageait, c'était bon.
Le serpentard n'avait pas toujours été comme ça, en attente de l'attention de quelqu'un. Avant il se promenait de sa démarche fière et froide et regardait tout le monde de haut parce qu'ils avaient besoin des autres. Lui n'en avait jamais ressenti ne serait-ce que l'envie. Jusqu'à maintenant. Il avait perdu sa langue qui savait si bien remettre les gens à leur place et son regard qui les avaient toujours découragé de venir l'ennuyer, à présent il était complètement démuni, faible et brisé, et il fallait que quelqu'un tienne ce rôle à sa place. Blaise et Draco n'aurait pas pu, ils le connaissaient trop bien à l'inverse d'Harry avec qui il n'avait pas à se conduire comme avant et puis ses deux amis avaient été élevés comme lui, ils étaient trop froid pour lui offrir ce qu'il avait si ardemment besoin. Par exemple, aucun d'eux n'aurait pu le prendre dans ses bras comme le faisait Harry à cet instant précis sans ce sentir horriblement gêné.
Autour d'eux, les serpentards se réveillèrent peu à peu. Ils avaient dormi bien plus de dix heures, hier il n'était pas midi quand ils étaient parti se coucher, exténués. Soudain, en dessous de son oreille, le ventre du survivant gronda bruyamment et son propriétaire se mit à rigoler doucement. Théo le suivit dans son hilarité naissante, ils ne riaient pas vraiment du bruit en lui-même mais plus de la perspective du petit déjeuner qu'ils allaient pouvoir s'offrir. C'était un rire de joie, mais c'était aussi un rire pour se rassurer dans la chambre glauque dans laquelle ils avaient passé la nuit.
-pourquoi riez-vous comme ça? Demanda Blaise en passant la tête par dessus l'épaule d'Harry alors que Draco se retournait en grognant dans son coin.
-je crois qu'Harry a faim, répondit Théo sur un ton espiègle en lançant une œillade pleine de sous entendus au survivant.
-moi aussi je meurs de faim, fit Blaise en posant son menton sur le bras du griffondor dans un geste défaitiste.
Ils partirent tous les trois d'un autre rire alors même qu'il n'y avait là rien de drôle, mais cela leur fit du bien.
-vous avez pas bientôt fini, non? S'énerva Draco en se retournant vers eux avec un regard typiquement Malfoyen.
-il n'est pas du matin, lui, constata Harry d'une voix neutre.
Les deux autres rirent de plus belle, ne pouvant plus s'arrêter, et entre deux gloussements Théo lui dit:
-ah non, ça pas du tout...
Et le griffondor se joignit à eux jusqu'à ce qu'ils ne parviennent plus à respirer, évacuant le stress par brassée entière hors de leur corps tandis que le blond maugréait dans son coin. Lorsqu'ils eurent à peu près reprit leur souffle, Harry se leva et s'étira en baillant avec conviction.
-allez, on y va. J'aimerais pouvoir manger avant d'aller le voir.
« le » désignait Adalphus Blaten, le sorcier qui devrait leur fournir le laissé-passer pour le monde moldu. Théo angoissait un peu à l'idée de faire appel à lui, il était certain qu'il leur ferait les papiers, l'homme ne pouvait pas dire non à l'argent, toutefois c'était le même vice qui lui faisait craindre le pire. Et s'il les vendait au seigneur des ténèbres contre quelques galions?
Quand Draco, d'une extrême mauvaise humeur, eut daigné se lever et qu'ils eurent tous prit une douche de laquelle ils eurent beaucoup de mal à sortir, Harry les embarqua une fois de plus dans les rues de Londres et après avoir reprit ce qu'il appelait le « métro » ils furent à nouveau à proximité du centre. Le griffondor ne mit pas longtemps à trouver une petite restauration moldue et c'est avec beaucoup d'anticipation qu'ils attendirent que le petit-déjeuner arrive. Draco fixait la table avec envie, s'attendant à ce que les quatre menus complets qu'ils avaient commandé y apparaissent comme ils en avaient l'habitude quand l'arrivée d'une serveuse, habillée d'une bien étrange façon avec sa robe trop courte lignée blanc et rose, portant le repas les prirent au dépourvu. Les moldus étaient vraiment étranges...
ce fut encore Harry qui les sauva de l'embarras en remerciant la jeune femme qui déposa le plateau devant lui avant d'en faire autant chez Théo et de repartir en cuisine. L'héritier Malfoy n'allait pas tarder à faire de son nez en raison de la lenteur exagérée du service lorsqu'elle réapparut en portant les deux derniers plateaux qu'elle déposa devant eux avant de retourner à ses autres clients.
Ce fut le meilleur petit-déjeuner que Théo eut mangé dans sa vie. Après le régime de pain sec et d'eau sucrée auquel ils avaient étés réduits, les œufs brouillés, les croissants et la confiture avait un gout de paradis. Il ne manquait vraiment plus qu'un jus de citrouille pour faire descendre le tout, mais ils durent se contenter d'un thé qui tout compte fait n'était pas si mauvais. Le monde moldu n'avait apparemment pas que des mauvais cotés.
Repus, Harry se dirigea vers le comptoir où il ressortit à nouveau sa carte pour la mettre dans l'engin noir avant d'appuyer sur les quatre chiffres que Théo connaissait maintenant par cœur. Il faudrait vraiment qu'il lui demande comment cela fonctionnait. Pourquoi la moldue paraissait satisfaite des trois sifflements stridents de la machine alors qu'elle n'avait pas reçu d'argent? Suffisait-il d'arracher ce bruit à l'artefact moldu pour avoir ce que l'on voulait? Les moldus manquaient cruellement de bon sens...
-on va se diriger vers le lieu de rendez-vous, leur dit Harry lorsqu'ils furent sorti du petit restaurant, il y a un centre commercial là-bas. Vous avez besoin de vêtements, les gens vous regardent bizarrement et on attire trop l'attention. On a beau être à Londres, des adolescents qui porte des capes ce n'est pas très courant...
°°OoO°°
ils arrivèrent devant un immense bâtiment dans lequel s'engouffraient déjà des centaines de moldus extatiques et pressés. Les foules avaient tendance à les angoisser tous les quatre, c'est donc sans perdre de temps qu'ils entrèrent dans le hall d'accueil où le griffondor les firent monter sur escalier mobile ce qui fit très légèrement remonter les moldus dans l'estime des serpentards.
Ce fut quand ils entrèrent dans l'une des boutiques qui se tassaient à l'étage que l'enfer s'ouvrit pour de bon sous leurs pieds. Draco était blanc comme un linge et fixait d'un regard absent les étalages de vêtements qui lui faisaient face.
-qu'est ce que c'est que ça, Potter? Fit-il d'une voix atone.
Le survivant leva les yeux au ciel.
-des vêtements, Malfoy, répondit-il sarcastiquement, dépêche toi de trouver quelque chose on doit être au parc dans moins de deux heures.
Et il partit se perdre entre les rayons en laissant Draco sur place. Pas vraiment à l'aise, Théo le suivit prenant soin d'observer et de reproduire le moindre de ses gestes. Blaise, derrière lui, en faisait tout autant. Il prit plusieurs articles, après avoir regardé à l'intérieur sans raison évidente, qu'il posa sur son bras avant de se diriger vers le fond du magasin, les deux serpentards l'imitèrent.
-j'ai trouvé, fit Draco qui les avait rattrapé.
Il jetait un regard dubitatif à une robe complètement noire aux longues manches et au col largement ouvert sur la poitrine. Les deux autres serpentards jugeaient le bout de tissu d'un œil expert lorsqu'Harry explosa de rire, se penchant en avant en se tenant les côtes. Il semblait incapable de dire quoi que ce soit, à chaque fois qu'il relevait la tête pour parler il jetait un regard à la robe et repartait de plus belle.
-je peux savoir ce qu'il y a de si drôle, Potter? Siffla Draco qui n'appréciait pas du tout que l'on se moque de lui.
-c'est...c'est pour les filles, parvint-il à articuler difficilement, les larmes aux yeux.
Les trois vert et argent se retournèrent vers la robe traitresse la détaillant des pieds à la tête.
-je ne vois pas pourquoi, fit remarquer Théo d'un ton neutre, elle me parait très bien. La coupe est un peu osée mais sinon ça va.
Harry se releva péniblement et hocha la tête de droite à gauche, son sérieux revenu.
-non, ça ne va pas. Avec ça on attirera encore plus l'attention, il faut s'habiller comme les moldus. Prenez un pantalon et un haut, une chemise ou un tee-shirt. On prendra les sous-vêtements après.
Devant leur air ahuri, il leur montra ce qu'était un « pantalon » un « tee-shirt » et une « chemise ».
-vérifiez la taille, fit-il comme s'il se souvenait soudain de quelque chose.
-la taille, releva Draco trop préoccupé pour y mettre le mordant habituel.
Le monde avait toujours semblé s'arrêter pour le blond quand il était question de mode.
-oui la taille, ce sont des numéros qui permettent de savoir si un vêtement nous ira ou pas. La plupart du temps.
Il leur montra une étiquette dans le pantalon qu'il avait choisi et leur expliqua comment comprendre cette étrange unité de mesure. Les trois serpentards repartirent alors entre les rayons et en revinrent avec des vêtements à leur taille. Harry ne parut pas satisfait de leur choix, ses épaules s'affaissèrent et un soupir lui échappa à la vue du tee-shirt hawaïen et du jeans plein de chaines et de trous qu'avait trouvé Blaise ainsi que du haut cintré d'un joli vert bouteille accompagné d'un pantalon noir de Draco.
-Zambini on a dit discret et toi Malfoy, c'est encore des vêtements de femme que tu a choisi.
Le blond rougit furieusement.
-c'est un pantalon et un tee-shirt comme tu l'as demandé, Potter! Je ne vois pas la différence!
-la coupe, Malfoy! S'emporta le survivant à bout de patience avant de maugréer, suivez-moi, je vais vous aider.
-il est hors de question que je porte ce que tu auras choisi, fit Draco, hautain, tu n'as aucun gout!
-tu portera ce que je te dirai de porter où tu restera là, cracha Harry. parce que je refuse de sortir d'ici avec un mec attifé comme l'as de pique!
Le ton montait et une angoisse sourde martelait les cotes de Théo. Et si il partait?
-je fais ce que je veux, Potter! Et je n'ai pas besoin de toi pour m'en sortir, merci bien! De plus, c'est toi qui te retrouvera tout seul!
Le petit serpentard resta interdit, les larmes lui montant aux yeux. Tout mais pas ça, il ne survivrait pas si Harry n'était plus là pour le protéger, il le savait. C'était une certitude.
-fais comme bon te semble, hurlait à présent le griffondor faisant se retourner plusieurs personnes dans le magasin, mais ne viens pas pleurer chez moi quand les vampires te tomberont dessus!
L'une des vendeuses s'approcha d'eux, l'air de se demander ce qu'il fallait faire, s'ils étaient complètement fous et s'ils allaient en venir aux mains.
-tu crois être indispensable peut-être? Persiffla méchamment Draco, mais tu ne leurre personne, Potter, tu crève de trouille et tu joue les forts, mais ton numéro ce n'est que de la frime!
Ce fut le mot de trop. Le rouge et or se calma instantanément. Déposant ses articles sur l'un des rayons avec des gestes d'une extrême lenteur, il dit d'un ton froid et détaché:
-bien Malfoy, alors débrouille toi tout seul, moi je me casse rien ne m'oblige à supporter ton sale caractère et j'ai bien assez d'argent pour recommencer une nouvelle vie d'autant que j'ai déjà une identité moldue!
Et il partit. Théo sentit son monde s'écrouler autour de lui. Harry l'abandonnait, il allait le laisser tout seul et il ne s'occuperait plus de lui. Il voulut le rattraper par le bout de sa chemise comme il en avait prit l'habitude mais elle lui échappa. Les larmes roulèrent sur ses joues alors que le griffondor bousculait Draco pour sortir.
-wow wow wow, Potter, fit Blaise en le rattrapant par le bras in extrémis, Calme-toi, Draco est juste sur les nerfs, il ne pense pas ce qu'il dit...
-bien sur que si je...assura le blond avec colère.
-non, Draco, l'interrompit le métis en lançant un regard appuyé à Théo, tu ne pense pas ce que tu dis...
Draco se retourna vers le petit brun et avisa les larmes qui lui dévoraient le visage.
-oh...fut tout ce qu'il dit, oubliant sa colère dans le même mouvement.
Un silence embarrassé s'écrasa sur eux et Théo ne sut plus où se mettre. Ils le regardaient tous les trois et lui pleurait comme le dernier des poufsouffles, uniquement parce qu'Harry avait failli partir. Il tenta de ravaler les sanglots qui lui obstruait la gorge, baissant les yeux.
-tu veux bien nous choisir des vêtements, s'il-te-plait, Potter? Demanda alors Blaise comme si de rien n'était.
La vendeuse qui les avaient surveillé jusque là sembla croire que l'incident était clos puisqu'elle disparu après un dernier coup d'œil meurtrier dans leur direction pour servir les clients qui attendaient à la caisse.
-euh...oui...par ici... balbutia Harry.
Théo sentait son regard sur lui, il avait l'impression d'être jugé et que le résultat n'était pas bon, pas bon du tout. Un bras se posa négligemment sur ses épaules et l'attira contre un corps tiède et rassurant. Il leva les yeux pour tomber dans les deux émeraudes du griffondor. Il avait tort, il le protégerait. Le serpentard se rencogna dans son étreinte avant de s'excuser.
-pourquoi? Fit le survivant, incrédule.
-pour tout, souffla Théo qui se sentait terriblement coupable.
-tu n'as pas à t'excuser, Théo, lui assura le brun consterné, c'est Malfoy et moi qui sommes désolé. On ne s'entend pas bien et on est sur les nerfs pour le moment. Je n'aurais pas du m'emporter comme ça, je te demande pardon.
Les larmes menacèrent de couler une fois encore. Pourquoi Harry lui demandait pardon? C'était sa faute. Tout était sa faute parce que s'il n'avait pas été aussi faible il ne serait pas là et le griffondor n'aurait pas à le protéger. Il allait le lui dire quand le survivant prit la parole:
-allez viens, dit-il essayant de mettre toute la bonne humeur dont il était capable dans sa voix, on va choisir un truc horrible pour Malfoy.
Un petit sourire étira les lèvres de Théo alors que les larmes gagnaient la bataille. Tant pis pour sa fierté, il n'en avait plus besoin, Harry était là pour veiller sur lui.
°°OoO°°
Adalphus Blaten n'était pas au rendez-vous, à la place, il avait envoyé un hibou avec un formulaire de commande, un explicatif et une liste de prix. Cette technique était très pratique et bien pensée, d'une part, il n'avait pas à montrer son visage à qui que ce soit et d'autre part, ses clients ne pouvaient pas négocier les prix exorbitants qu'il réclamait. Théo avait rempli les papiers et ils avaient tous glissé une reconnaissance de dette dans la bourse que l'oiseau portait à la patte afin que le faussaire puisse récupérer son dû à Gringotts.
Enfin libérés de ce poids, les quatre adolescents marchaient presque tranquillement dans les rues de Londres, tous habillés d'un jeans et d'un tee-shirt à la manière moldue. Ils n'avaient plus vu de vampires depuis la veille et la sensation de sécurité commençait à s'installer quand ils étaient ensemble. Comme ils en avaient à présent l'habitude, ce fut Harry qui prit les directives et fit entrer trois sorciers au sang pur dans un bar pour le moins bizarre. Un « sibère café » comme l'avait appelé le griffondor. Ils prirent place devant un autre artefact moldu qui poussa lui aussi un cri après que l'adolescent aux cheveux de jais ait appuyé sur l'un de ses boutons.
-restez ici, je reviens, leur ordonna-t-il en s'éclipsant.
La peur de le voir partir n'avait pas encore quitté Théo, c'était trop frais dans sa mémoire et le temps qu'Harry revienne, il avait eu le temps de se monter les pires scenarii, imaginant qu'ils les avaient laissé là en leur promettant de revenir pour avoir plus de temps pour mettre de la distance entre eux. Il tremblait comme une feuille, incapable de s'en empêcher, quand le brun revint avec une immense coupe de glace qu'il posa devant lui. Le cœur de Théo fit un bond dans sa poitrine, une douce chaleur se répandant dans son corps.
-tu n'as pas eu le temps de manger l'autre, lui dit Harry simplement.
-merci, chuchota le petit serpentard en se fendant d'un immense sourire tandis que ses yeux lui picotaient encore.
-de rien, répondit le griffondor lui aussi avec un sourire.
Puis il se pencha vers son oreille et murmura:
-petit frère.
Les yeux de Théo s'agrandirent sous le choc et il se retourna brusquement vers l'adolescent qui le regardait, incertain. Il avait compris. Il avait compris ce qu'il voulait de lui et il le lui avait donné sans rien lui demander en retour. L'eau inonda son visage alors qu'il se jetait dans ses bras et qu'Harry partait à rire. Il ne faisait que pleurer ces derniers temps, mais c'était les premières larmes de joie qu'il versait. Il avait un frère. Un grand frère protecteur avec qui il pouvait agir comme s'il n'avait que huit ans sans qu'il ne le juge. C'était si agréable de ressentir ce sentiment à nouveau...
alors que Théo attaquait voracement sa glace, transpirant de plaisir par tous les pores de sa peau, Harry se retourna vers l'objet moldu qui ressemblait à un drôle de tableau illuminé. Il s'empara d'un autre artefact qui se logeait parfaitement dans le creux de sa main et quand il le fit bouger, une petite flèche bougea sur la toile qui n'en était pas une.
-qu'est ce que c'est? Osa demander Théo, toujours curieux.
-un ordinateur, répondit son grand frère, avec ça les moldus peuvent faire beaucoup de chose, ce que j'ai en main là, ça s'appelle une souris, ça sert à faire bouger le curseur-la petite flèche là- sur l'écran. C'est comme ça que l'on appelle ça.
Le petit brun hocha la tête pour montrer qu'il suivait avec attention, à coté de lui Blaise et Draco, qui n'avait plus ouvert la bouche depuis sa dispute avec le griffondor, se concentraient eux aussi.
-et à quoi ça va nous servir? Interrogea le blond.
On pouvait nettement entendre l'effort qu'il faisait pour effacer le dédain et la colère de sa voix, ce n'était pas parfaitement réussi mais le survivant sembla apprécier le geste puisqu'il répondit d'une voix égale.
-on va chercher une maison.
-avec ça? Fit Draco, relevant l'incertitude générale.
-oui. Grâce à internet. Bon c'est un peu compliqué, en résumé internet c'est ce qui relie les moldus entre eux. Avec ça, ils peuvent savoir ce qui se passe aux quatre coins du monde sans avoir besoin d'y être. Donc en faisant une recherche on peut trouver une maison d'ici, sans bouger.
Les verts et argent hochèrent la tête comme un seul homme, pas vraiment sûr d'avoir bien comprit. Comment allait-il rechercher une maison là-dedans?
Harry s'arma donc de la souris la faisant aller à gauche, à droite, en haut, en bas. Soudain le dessin changea et sans s'en émouvoir, le brun délaissa la souris pour se mettre à pianoter sur des touches marquées de toutes les lettres de l'alphabet, dans le désordre, et d'une multitude d'autres signes barbares.
-voila, s'exclama-t-il au bout d'un moment, bon, quelqu'un à en tête un endroit spécifique?
-je pensais qu'on ferait peut-être bien de changer de pays, avoua Blaise, ils chercheront d'abord partout en Angleterre, ça nous ferait gagner du temps.
Le griffondor acquiesça et fit voler ses doigts sur les lettres.
-c'est tout?
Suite au silence, il appuya sur une touche marquée du mot « enter » et reprit la souris qu'il fit à nouveau danser sur l'écran qui venait encore de changer. Il mit le curseur sur une petite image qui s'agrandit après deux « clics » provoqués par son doigt sur l'artefact qu'il tenait dans sa main.
-en voila une, annonça-t-il, Los Angeles, quatre façade, petite propriété de trois hectares, salle de bain, quatre chambre, cuisine équipée, chauffage au gaz.
Cet objet était décidément magique et Théo aimerait réellement en comprendre le fonctionnement. Et pourquoi pas l'utiliser lui-même? Est ce qu'un sorcier de sang pur pouvait le faire? Ne fallait-il pas avoir un peu de sang moldu pour que ça fonctionne? Il n'en savait rien mais ce promis d'interroger Harry sur la question.
-t'es complètement débile ou quoi, Potter? Siffla Draco, faisant sursauter Théo, d'après toi à proximité de quel genre de ville se masse ces créatures? Le seigneur des ténèbres à fait appel à des vampires extérieurs au cercle pour transformer ses mangemorts, en croiser ne serait-ce qu'un pourrait signer notre arrêt de mort!
Théo serrait étroitement sa cuiller. Ça recommençait.
-inutile de me parler sur ce ton, Malfoy, j'ai demandé si vous n'aviez pas d'autres critères de recherche et il ne me semble pas t'avoir entendu dire quoi que ce soit.
Harry expira bruyamment pour se calmer, apaisant du même coup la tension qui s'était installée.
-donc je ne regarde que les petites villes.
Draco allait lui faire une remarque acerbe, heureusement, Blaise lui enfonça son coude dans les côtes en désignant Théo du menton. Il n'en fallut pas plus pour que le blond se calme et la recherche se poursuivit dans un silence seulement entrecoupé des commentaires qu'il ne parvenait pas à retenir.
°°OoO°°
une semaine qu'ils étaient dans le Londres moldu, changeant d'hôtel tous les soirs et se baladant anxieusement dans les rues la journée soit pour manger, soit pour retourner sur la machine qui permettait de chercher les maisons. Ils n'avaient pas revu de vampires depuis l'incident du chemin de Traverse ce qui n'avait pas empêché l'angoisse de monter inexorablement d'heure en heure. Il était grand temps qu'ils quittent le pays, une semaine de plus dans cette état de stress permanent et le maitre n'aurait même plus à se charger de leur exécution.
Après de longues recherches, ils avaient enfin trouvé la maison qui leur conviendrait. Dans un coin parfaitement paumé des états-unis, elle avait quatre façades et une immense propriété remplie de bois et de lacs. L'intérieur était un peu vétuste et demanderait des aménagements mais dans l'ensemble, Théo l'aimait bien et avait hâte d'y être. Ne restait plus qu'à récupérer leurs papiers moldus, à prendre l'avion et à faire une croix sur la magie car là où ils iraient, ils auraient tôt fait de se faire repérer par le ministère magique au moindre coup de baguette ce qui n'était pas du tout ce qu'ils voulaient. Blaise espérait trouver une solution, un barrage empêchant la détection des sorts, cependant Théo avait beaucoup de doute. Peu de lieux sorciers étaient équipés de ce sortilège et il avait peur qu'il ne soit trop compliqué à reproduire.
Comme il fallait s'y attendre, Adalphus n'était pas là cette fois-ci non plus et ce toujours pour les mêmes raisons. Le hibou les attendaient, une bourse magique et un rouleau à la patte. Quand il essaya d'ouvrir la bourse, malgré toute la force qu'il y mit, Blaise ne parvint pas à en déserrrer la lanière ne serait-ce que d'un millimètre. Draco Pesta de concert avec Harry et Théo, quant à lui, déroula le parchemin.
-il veut que l'on verse la même somme pour avoir les documents, s'était à prévoir, dit-il entre ses dents serrées.
-on n'a pas vraiment le choix, fit remarquer le griffondor.
-il est hors de question que je perde plus d'argent, cracha Draco, si tu es assez idiot pour croire qu'il nous les donnera après ça, c'est toi que ça regarde.
Le brun haussa les épaules et prit la plume pour signer la seconde reconnaissance de dette, il demanda alors à Blaise de lui donner la bourse et l'ouvrit sans difficulté pour en ressortir une enveloppe épaisse. Il en déversa le contenu dans sa main avant de leur dire:
-tout y est, enfin pour moi. Tu vois que l'on peut parfois faire confiance, Malfoy.
-faire confiance à un escroc, maugréa le blond qui se savait dans son tort, y a vraiment qu'un griffondor pour être aussi stupide.
Les disputes entre les deux ennemis n'avaient pas cessé, que du contraire, mais Théo les prenait de mieux en mieux, voyant qu'Harry n'avait toujours aucune envie de partir. Il ne pourrait toutefois être parfaitement rassuré ou presque que quand ils se retrouveraient tous ensemble dans leur nouvelle maison de l'autre coté de l'océan.
« Forks, nous voila » pensa-t-il avec force, empochant ses papiers moldus tout en regardant son nouveau frère et le reste de sa nouvelle famille. Ça ne risquait pas d'être de tout repos...
deuxième chapitre posté dans les temps^^
je dois avouer que celui-ci traine peut-être un peu en longueur mais il était surtout destiné à faire comprendre les nouvelles relations entre les personnages et leur changement de caractère. Je n'ai pas mis de POV HARRY ce sera pour le prochain post.
Je sais que Théo parait très enfantin et dépendant d'Harry. C'est exactement ce qu'il est même si cela va se calmer dans la suite de l'histoire. Harry est son « héros » c'est lui qui l'a sorti de son enfer personnel et qui l'a protégé à chaque fois.
Comme vous avez dû le remarquer, Draco est passé d'extrêmement soumis à effroyablement haineux. La mort de son père n'y est pas pour rien, libéré de son emprise et de celle du maitre, le blond laisse la place à des sentiments que la peur avait refoulé jusque là. Tout comme Blaise et Harry, en fait.
Chapitre III: s'installer
dans ce chapitre on comprendra ce qui rattache Harry à Théo vu que l'on a déjà comprit ce qui rattachait Théo à Harry.
Privés de magie et ivre de vengeance, nos quatre héros vont choisir une solution plutôt drastique pour se voir offrir une chance de réduire leurs ennemis en cendres. Les résultats risquent bien d'être surprenants...
voili, voilou, dites-moi ce que vous en avez pensé!
PS: au vu des 12 reviews que j'ai reçues, j'ose joyeusement monter la barre à 15 (si si, j'ose mais c'est surtout parce que ce chapitre est vraiment une introduction, une base, pour la suite et que si elle possède des lacunes, la suite ne pourra pas vraiment être terrible...) donc si j'en ai 15, je vous promet un post pour samedi parce que oui, faut bien que je dorme et que j'étudie un peu...^^
reviewez-moi!
