Eh ! Merci pour l'accueil du premier chapitre ! Vous êtes super ! J'espère que ce deuxième chapitre vous plaira tout autant !
RAR :
Penny : Merci beaucoup. Voici la suite !
Lalou2gwada : Merci, j'espère que la suite sera à la hauteur !
narukaa : oui comme m'a dit une amie, quand il y a des loups, c'est de suite bien ! Sinon j'imagine que le début était un peu longuet, mais tant mieux si la fin t'a plu. (et oui, j'aime mes Harry dominants, même si dans ce chapitre, tu l'excuseras, il est un peu hors service !)
Chapitre 2 : Etude comportementale
Malefoy l'avait attrapé à la nuque, ses crocs perçant et pinçant sa peau douloureusement, l'étranglant en partie. La douleur jaillit presque à retardement et Harry glapit d'horreur, n'arrivant même pas à hurler. Au bout d'un temps horriblement long, le Loup le lâcha et la tête du gryffondor vint cogner contre le sol. Tétanisé, il n'osa plus bouger, écoutant distraitement le sang qui glissait le long de sa jugulaire et gouttait par terre. « Ploc ploc ».
Il sentait vaguement Malefoy se déplacer sur lui, s'acharner sur ses vêtement s'il en jugeait les bruits de déchirure et le froid qui s'insinua au niveau du haut de son dos, contrastant avec le feu qui envahissait sa nuque, puis une nouvelle douleur jaillit, cette fois-ci au niveau de l'épaule droite. Harry poussa finalement un cri alors qu'il avait pourtant cru ça irréalisable. Puis il se mordit fortement la joue, le poing gauche ratissant la terre dure jusqu'à se faire saigner pour tenter vainement de se délester de son mal.
Ce n'était pas possible. C'était un cauchemar. Après avoir survécu à toutes ces épreuves ces dernières années, il ne pouvait pas juste mourir comme ça ? Seul et loin de tous, par terre, mis en morceau par un Loup ? Et comme pour lui répondre, sa cicatrice se mit à le bruler violemment comme si on y apposait un fer rouge.
Malheureusement pour lui, ses souffrances étaient loin d'être terminées. Le Loup /Malefoy/ sembla trouver distrayant d'aller mâchouiller son autre épaule, peut-être au cas où elle aurait un gout différent, qui sait ? Harry était lui-même en train de tourner fou. Mais à sa décharge, il était en train de servir de diner à un de ses camarades de classe. Il avait mal, sa tête le lançait, et plus uniquement à cause de sa putain de cicatrice, il avait perdu ses lunettes dans sa fuite désespérée et n'y voyait presque rien. Son corps était en train de se transformer en plaie ouverte et un Loup était couché de tout son poids sur lui.
Le loup grogna à nouveau, mais Harry était à présent défait, vaincu et il ne pouvait plus réagir. Des larmes coulaient sur ses joues même s'il ne savait pas quand ça avait commencé.
Malefoy s'étendit un peu plus sur lui et vint lécher les sillons salés, avant de s'attaquer à son cou déjà ouvert.
La douleur pulsa alors, plus forte, et Harry eut un tremblement réactif qui souleva tout son corps.
Il commençait à avoir chaud. De façon brutale et peu naturelle, du genre qui semblait vous dire que votre corps était en train de se détraquer. Harry haleta désespérément, mais il ne pouvait rien faire d'autre qu'émettre quelques gémissements pitoyables. De nouvelles formes vinrent danser devant ses yeux. Pas des formes, non. Les autres Loups. Ils étaient en train d'arriver et tournaient autour de leur chef, et conséquemment de lui.
Puis l'un d'eux fit mine d'approcher son visage, l'un des gros, donc soit Crabbe ou Goyle, et Harry poussa un râle furieux qui le fit obliquer et revenir un peu en arrière. Il y eu un nouveau grognement derrière lui, comme si Malefoy le grondait de ne pas se laisser gentiment manger par ses louveteaux.
Harry poussa un cri étouffé, pleins de nouvelles larmes, se sentant mourir d'impuissance.
L'autre Loup revint et cette fois-ci, bien que d'une attitude curieusement prudente, il s'approcha du visage d'Harry et le renifla. L'adolescent ferma les yeux, se préparant à la douleur et à la mort. Douleur qui n'arriva pas. Mort qui ne lui fit pas la grâce d'arriver. Tout ce qui vint lorsque l'haleine chaude du Loup caressa son visage, ce fut une chose humide sur son menton et ses lèvres.
Le Loup s'éloigna aussitôt, remplacé aussitôt par un autre. Et là, pareil, des reniflements suivis d'une léchouille sur le bas de son visage. Tous y passèrent et Harry décida qu'il était en train de délirer à cause de la fièvre et de la souffrance qui sourdait de ses blessures.
Il arriva quand même à sursauter quand le premier Loup se mit à hurler. Puis d'autres voix se joignirent à lui, formant une étrange mélopée rythmée. Rouvrant les yeux, Harry aperçu leurs vagues silhouettes bondir autour de lui, élégamment, comme suivant les pas d'une danse tribale qu'eux seuls connaissaient. A l'occasion, il sentait que l'un d'eux venait le raser de près avant de reprendre sa place, remplacé par un autre.
Harry perdit vite le compte, fermant les yeux car la danse des Loups lui donnait le tournis et surtout, il était accablé par la fièvre qui s'était mise à pulser plus fort au rythme des hurlements. Comme lors d'un voyage en porteloin, il avait l'impression que quelque chose était en train de le tirer de l'intérieur pour le sortir de son corps. Mais il ne devait pas se laisser faire. Il ne fallait pas qu'il lâche prise… Il résista. Résista…
Puis ce fut le noir total.
- Vies et mœurs des Loups-
-Peut-être qu'il ne comptait pas revenir, proposa Ron en cherchant quelque chose qui pourrait le rassurer.
Il était presque 1H30 du matin et Harry n'était toujours pas revenu. Il savait que son ami aurait souhaité que lui et Hermione ne l'attendent pas, mais il y avait quelque chose chez lui, qui le faisait agir de façon incontrôlable, et qui les empêchaient de ne pas s'inquiéter.
Peut-être aussi que Ron s'en voulait pour l'avoir laissé dans l'ignorance durant tout l'été. Un vrai meilleur ami aurait dû aller au-dessus des ordres de ses parents et tout lui raconter au sujet de la maison de Sirius et de l'Ordre du Phénix. Le problème c'était qu'on ne laissait pas à Harry, ni à Ron, le droit d'être insouciants. Tout était toujours une question de vie ou de mort, alors forcément…
-Ou il a des soucis, répliqua Hermione en tordant nerveusement le livre qu'elle tentait de lire depuis une heure.
Ron savait qu'elle n'y arrivait pas parce qu'elle était toujours sur la même page.
-On devrait aller prévenir les professeurs, continua t'elle en se mettant brusquement sur ses pieds.
-Attends ! Non ! Harry nous en voudrait si à cause de nous il se fait encore punir. Ombrage ne lui laisse rien passer et elle va continuer à le charcuter !
Hermione mordit son index, littéralement déchirée entre deux situations qu'elle jugeait dans les deux cas mauvaises. Mais dans l'une d'elle, Harry ne risquait pas de mourir.
-Il ne peut pas nous en vouloir ! Il n'avait qu'à ne pas sortir en premier lieu ! Quelle idée ! Cria t'elle sur le roux afin de faire taire ses scrupules et sa peur de voir Harry lui faire la tête.
Sans lui laisser une chance de faire la plaidoirie de l'inconscient brun, elle courut tambouriner férocement à la porte des appartements du professeur McGonagall, la réveillant plutôt brutalement.
Mais avec son réveil, ce fut rapidement celui de tous les autres professeurs qui se mirent à chercher dans le château, interrogeant les tableaux et les fantômes, mais personne ne semblait avoir vu le garçon. Hermione et Ron assistaient à la fouille, se jetant des regards coupables, parce qu'ils avaient vendu Harry, mais aussi parce qu'ils mentaient aux professeurs en cachant l'existence de la cape d'invisibilité.
Ils étaient dehors, tentant d'éclairer suffisamment le parc, quand Rogue vint retrouver Dumbledore qui observait le branle-bas de combat d'un air digne et sévère. Ombrage était à ses côtés couverte d'une horrible robe de chambre pelucheuse à petits rubans et arborait une moue aussi méprisante que satisfaite.
-Les Loups ne sont pas dans le château non plus, annonça sèchement le professeur de potion.
Dumbledore se tendit visiblement et orienta son regard sur la Forêt Interdite.
C'est alors qu'un ensemble de hurlements très significatifs aux loups retentirent au loin, ramenés à eux par le vent. Hermione poussa un gémissement horrifié en se bâillonnant d'une main.
Elle voyait déjà dans son esprit le corps déchiqueté de son ami, ireconnaissable, telles ces carcasses de moutons éventrés que les éleveurs adoraient leur montrer à la télé pour se plaindre contre les prédateurs.
Ron vint l'attraper aux épaules, espérant la rassurer un peu, lui-même se refusant à émettre tout scénario.
-Rien ne dit qu'il est là-bas, lui murmura t'il.
Dumbledore, aussi raide que la justice inspira fortement avant de se détourner, le regard sombre :
-Nous ne pouvons pas fouiller la Forêt Interdite de nuit. Nous reprendrons les recherches demain matin.
-Oh non… Lâcha Hermione, des larmes coulant de façon incontrôlable de ses yeux alors que Ron l'obligeait à se détourner pour rentrer.
- Vies et mœurs des Loups-
L'une des oreilles de Drago frémit quand arriva avec le vent un bruit de voix humaines. Grognant au fond de sa gorge d'agacement, il s'empressa de revenir à leur camp de fortune. Il fut aussitôt rassuré de retrouver sa petite proie haletante et divagante, recouverte en grande partie par Greg, par Théo collé contre un de ses côtés et par Pansy qui n'avait rien trouvé de mieux que de se faire du ventre du gryffondor un oreiller. Il émit un bref son à son encontre, traduction lupine d'une remarque sarcastique et elle se contenta de bailler largement, traduction d'un « je m'en fiche, je suis très bien là ».
Il renifla le corps du brun, celui-ci semblait être repassé du froid au chaud car il ne grelottait plus. Greg approuva d'un aboiement rauque, et Drago le poussa du museau, l'enjoignant à se lever.
Le grand loup se dégagea alors et il lui indiqua de la tête l'endroit d'où venaient les voix humaines qui devenaient de plus en plus audibles.
Ici et là, on criait des « POTTER » ou des « HARRY ».
Greg grogna à son tour et comprit qu'il allait être de corvée de garde. Délaissant à regret son rôle de bouillote il partit en ronchonnant intercepter les gêneurs. Théo s'approcha alors de lui et lui lécha le museau avant de prendre la place du colosse sur le torse du garçon, même s'il recouvrait beaucoup moins de surface.
Drago contourna pour sa part le corps, venant se placer au niveau du visage. Pendant la nuit ils l'avaient tourné sur le dos même si le brun, évanoui, n'avait sans doute rien remarqué. C'était probablement mieux. Le Loup blanc sortit délicatement sa langue et se mit, du bout de celle-ci, à lui lécher les lèvres. Il fut heureux de voir la bouche du brun s'ouvrir et chercher lui-même de la langue la sensation d'humidité, déshydraté comme il l'était. Doucement, Drago fit alors glisser l'eau qu'il avait retenue dans sa gueule et si le brun s'étouffa un peu, il en avala quand même une grande partie.
Il ouvrit alors des yeux verts rendus brillant par la fièvre et émit un vague « Maman ? » avant de replonger dans ses rêves. Drago allongea alors ses pattes de chaque côté de la tête et vint fourrer son museau dans son cou, en réflex de réconfort, léchant légèrement la morsure qui ne saignait plus. Théo se rapprocha de même, rampant doucement jusqu'à être presque nez à nez avec lui.
Cependant il n'osait pas toucher à la morsure. Cela était du domaine du dominant.
Blaise et Vincent revinrent de leur chasse à ce moment et Drago releva la tête vers eux, avant de se lever avec grâce pour saluer les chasseurs. Tous deux lâchèrent leurs lapins pour venir lui lécher le museau, puis Blaise partit immédiatement renifler le gryffondor et grogner sur Pansy par la même occasion. Celle-ci tenta de lui mordre la queue en réponse mais échoua.
Comme Vince s'étonnait de l'absence de son meilleur ami, Drago lui indiqua les cris, et l'envoya lui aussi en renfort.
Deux Loups ne seraient pas de trop contre des sorciers décidemment beaucoup trop possessifs vis-à-vis de leur proie.
Il contempla à nouveau le corps de l'adolescent qui, désarmé et à moitié endormi, n'émettait plus aucune vague de colère, ne laissant plus que cette immense tristesse dont tous, ici, étaient réactifs.
Il râla un peu en commençant à dépiauter le lapin de sa fourrure, s'agaçant de cette empathie olfactive qu'il n'avait jamais demandée, et surtout jamais souhaitée.
Mais bon c'était là.
Il arracha des morceaux de chair et se mit à les mâcher consciencieusement en observant ses trois Loups câliner le garçon indomptable. Une véritable tête de pioche qu'il avait fallu abattre pour qu'elle daigne enfin se soumettre à lui. Et il savait que ce n'était pas encore terminé. Il leur faudrait l'appeler encore une nuit pour l'entendre leur répondre, et jusque-là, il fallait le maintenir en vie.
Et lui redonner des forces.
Ayant réduit la viande en bouillie, il repartit près du gryffondor pour la lui faire avaler, de la même façon qu'il l'avait fait boire. Cette fois-ci ça passa moins bien, le brun ferma la bouche et essaya de recracher cette mixture gluante et froide, et il dut demander à Blaise de l'aider à lui tenir la tête droite.
Evidemment, s'occuper de lui sous forme humaine aurait été plus simple, mais pour le bien de l'opération, ils devaient garder leurs corps animal.
Plus loin, Greg et Vince s'étaient cachés, la silhouette tapie derrière des buissons. Ils observaient leur professeur de métamorphose accompagnée de Hermione Granger qui s'approchaient en direction de leur zone.
La pauvre fille appelait son ami d'un ton désespéré, tout en pleurant semblait-il, toutes les larmes de son corps. Elle sentait la tristesse, mais aussi énormément la culpabilité. Greg fronça du museau car c'était deux choses qu'il n'aimait pas ressentir.
Quand finalement ils jugèrent qu'elles avaient fait le pas de trop, ils sortirent de leur cachette et leur barrèrent le passage, grondant d'un air menaçant, babines découvertes et poils hérissés.
Les deux femmes piaillèrent de terreur et eurent pour reflex de tendre leur baguette magique dans leur direction, même si elles se rappelèrent presque aussitôt que ça n'avait aucun effet sur les formes Loups.
-Mr Crabbe et Mr Goyle ! Chevrota la plus âgée, se remettant un peu de sa peur et tentant de récupérer un peu de son autorité. Je vous demande de redevenir humain et de répondre à mes questions !
Les deux Loups ne bougèrent pas d'un poil.
-Messieurs ! Si vous n'obéissez pas je serais contrainte de vous retirer des points et de vous mettre en retenue… Je… Nous… Nous cherchons en ce moment votre camarade, Mr Potter, alors si vous savez quoi que ce soit ou avez quoi que ce soit avoir avec sa disparition, je vous prierais de…
Greg s'avança d'un pas, claquant la mâchoire vers elles, les faisant bondir en arrière.
-Qu'est-ce que vous avez fait d'Harry ? Couina pour sa part Granger en hoquetant à cause de ses pleurs et de son nez qui coulait.
-Je… Nous allons revenir avec le Directeur et le professeur Rogue : vous n'allez pas vous en tirer comme ça jeunes hommes ! Les menaça le professeur avant qu'elles ne partent toutes les deux en courant et criant car les deux Loups firent mine de se précipiter sur elles.
Les deux compères haletèrent joyeusement, puis repartirent se planquer pour pouvoir à nouveau foutre la frousse aux prochains qui se pointeraient.
- Vies et mœurs des Loups-
La nuit était à nouveau tombée et les Loups avaient recommencé à chanter et à danser. Drago avait repris sa place sur le corps d'Harry, le museau voguant autour de son visage pour l'encourager de petites pressions. L'adolescent répondait à coups de petits gémissements de douleur. La fièvre était remontée d'un coup et il suait à grosses gouttes ouvrant de temps en temps des yeux pleins de suppliques. Pour lui le martyr devait apparaitre interminable, d'autant plus qu'il était complètement dans les vapes.
Couché sur les feuilles mortes, son manteau tombant en loque au niveau des épaules, imbibé de sang, couvert de terre et à présent aussi de poils de couleurs différentes, il présentait un assez triste spectacle.
Mais Drago ne s'inquiétait pas car sous lui, il le sentait convulser en accord avec le rythme, au bord de la brèche.
« Réveille-toi ! Viens ! » Chantaient ses Loups. « Réveille-toi guerrier ! Pousse ton cri ! »
Et Harry luttait, indéfiniment, sa tête frappant violemment d'un côté puis de l'autre, et si Drago l'avait libéré de son poids, surement que le brun se serait tordu dans tous les sens, se serait même griffé au sang avec ses ongles.
Mais c'était une bataille qu'il était en train de perdre.
Plein d'anticipation, le Loup blanc gratta impatiemment le sol de ses pattes avant. Il grogna.
« Viens ! »
Ce fut aussi soudain que pour les autres : Drago se retrouva brusquement avec un Loup sous lui. C'était à chaque fois comme une nouvelle rencontre. L'animal était encore groggy, un peu effrayé de se retrouver les quatre pattes en l'air, surmonté par un être qui était autant synonyme d'ordre et d'obéissance que de confiance et de protection.
Le serpentard posa sa truffe sur celle du Loup noir, le laissant le respirer, comprendre qui il était, tout en admirant ses yeux restés de la même nuance d'émeraude. Ils se détachaient encore plus au milieu de ces poils sombres.
Après quelques reniflements, le nouveau Loup laissa son instinct prendre les rênes et il lui tendit son cou en signe de soumission, restant le plus immobile possible malgré l'inconfort de la position et la douleur de ses blessures. Drago renifla d'amusement : si seulement la version humaine avait été aussi docile…
Il passa sa truffe sur cette gorge, s'amusant des poils ébouriffés et le lécha pour le rassurer. Il se redressa et laissa alors le Loup lui lécher le museau en jappant doucement.
Autour d'eux les autres membres de la Meute poussaient désormais des hurlements de joie, les observant en continuant cependant à leur tourner autour, espérant pouvoir approcher eux aussi leur nouveau compagnon. Drago s'écarta alors et laissa Harry rouler sur son flanc et se faire à ce corps si différent. Fiévreux, il chercha cependant à se mettre rapidement sur ses pattes et il dût le rattraper à mi-parcours, utilisant son propre corps pour faire obstacle avec le sol.
Le gryffondor s'écarta rapidement, ne semblant pas savoir où se mettre et divagua un peu avec ses pattes, du moins jusqu'à ce que Blaise pointe le museau vers lui pour le saluer. Harry fit volte-face aussitôt en lui grognant dessus, les crocs à découvert.
L'autre Loup noir s'éloigna alors la queue entre les pattes et Drago vint mordiller gentiment la nuque du brun, là où se trouvait une belle décoloration blanche tachée de rouge, lui formant un collier, comme c'était aussi le cas aux deux épaules, pour le gronder doucement de ne pas être gentil avec les autres.
Harry grommela mais le laissa faire, l'air cependant agacé.
La fièvre devait le lâcher petit à petit maintenant qu'il était transformé et le caractère ombrageux revenait par la même occasion, tout comme une partie de ses facultés à analyser la situation.
Drago ne voulait pas le laisser trop réfléchir. Poussant un cri de ralliement, il poussa légèrement le brun et les invita à tous le suivre, partant se dégourdir des pattes devenus roides à force de rester sur place.
La troupe démarra derrière lui, Harry happé par le mouvement par des réflexes qu'il ne se connaissait pas. Il trébucha un peu d'abord, peu habitué à courir avec quatre membres, et extrêmement fatigué, mais se reprit vite en voyant Pansy émettre un aboiement moqueur. Agacé, il accéléra et vint la mordre à la croupe avant de la dépasser. Il entendit à peine le glapissement de la brune car il était bien décidé à prendre ce que son corps savait être sa place et remonta la meute jusqu'à ne plus avoir qu'une queue blanche comme la neige dans son champ de vision.
Là il était bien.
Il adapta la taille de ses foulées pour courir avec les autres, découvrant alors une nouvelle façon d'être, de faire partie de quelque chose même s'il ne savait pas trop quoi. Il était encore extrêmement confus et se croyait à moitié dans un rêve.
Et il avait ses raisons de le penser, tout lui semblait bizarre : les sons, les odeurs et même les couleurs. C'était comme être sous l'effet d'une potion hallucinogène. Le seul point de repère dans tout ça, c'était le Loup blanc qu'il ne comptait pas lâcher d'un pouce, peu importe que ses muscles hurlent à l'agonie ou qu'il ressente juste l'envie d'aller se blottir quelque part pour dormir.
De préférence près du Loup Blanc.
Les Autres semblaient vouloir lier le contact avec lui mais pour l'instant il préférait les garder à l'écart et ne pas risquer un combat alors qu'il se sentait si diminué.
La promenade des Loups dura quelques minutes, le temps d'atteindre ce qui semblait être leur territoire habituel et alors le groupe se sépara, obéissant aux directives de leur leader qui leur fit signe d'aller voir ailleurs s'il y était. Harry se demanda si ça le concernait, s'apprêtant à aller se poser dans un coin d'un air plutôt malheureux, mais aussitôt le Loup blanc lui barra le passage et lui mordilla le museau pour lui faire prendre la même direction que lui.
Cela semblait signifier un « Toi, tu restes avec moi idiot ».
Ils marchèrent alors simplement à travers la sombre forêt, semblant pour un œil humain être bizarrement les seules créatures terrestres du coin. Mais c'était parce qu'ils n'étaient pas capable de repérer les micromouvements des buissons indiquant la présence de petits animaux, ou voir les mulots qui traversaient les zones découvertes sans un bruit, n'ayant guère peur des gros loups puisqu'ils leur passaient entre les pattes.
Harry les voyait en premier plan puisqu'il avait le museau baissé vers le sol, fatigué et las, trop pour même profiter de la sérénité de l'instant. Il releva cependant la tête en percevant un changement dans leur environnement.
Alors que le soleil perçait le ciel au loin, ils étaient à la frontière de la forêt, face à un grand parc et au château de Poudlard. Il cligna des yeux, surpris. Il avait l'impression que cela faisait, non pas presque deux jours, mais un mois au moins qu'il avait quitté le bâtiment.
Avec sa vue revenait tout ce qu'il avait cherché à fuir alors et il crut sentir sa patte le bruler là où devrait se trouver son « Je ne dois pas dire de mensonges ». Il recula inconsciemment, les oreilles couchées en arrière. Le Loup blanc vint le rejoindre et passa sa tête contre son cou. En un instant, Harry se retrouva à nouveau sur deux jambes, deux jambes qui le lâchèrent brutalement et il ne dut son salut qu'au blond contre lui qui avait passé un bras en travers de son torse et qui le soutenait.
-Là, tout doucement Harry… Murmura-t-il à son oreille avant de presque le trainer vers le château.
La fièvre sembla être revenue avec ses pieds puisqu'un épais brouillard vint brouiller son esprit.
-Il faut que tu te fasses soigner maintenant, continua la voix près de lui.
Une voix qu'il connaissait mais qu'il n'arrivait pas à remettre. Mais qui disait des trucs vrais, alors… Et puis l'odeur qu'il avait était d'une certaine façon rassurante, même si c'était la première fois qu'Harry qualifiait une telle chose d'une odeur.
Puis soudain on le lâcha et la voix fit :
-Tu devrais pouvoir y arriver maintenant.
Il y avait le porche de l'entrée tout près et Harry se dit qu'effectivement ça devait être faisable. Il tituba maladroitement vers celle-ci, essayant d'oublier que la présence rassurante s'était éclipsée sans l'attendre.
Puis un cri raisonna et Harry tourna la tête vers le professeur Chourave qui en laissa tomber son pot de il-ne-savait-quoi .
-MR POTTER !
Il regarda vaguement ses mains, s'étonnant de les trouver couverte de terre et d'un truc qui ressemblait à du sang séché. Ce fut à ce moment-là qu'il tourna à nouveau de l'œil.
- Vies et mœurs des Loups-
Le professeur de Botanique fit léviter le garçon inconscient jusqu'à l'infirmerie, considérant que c'était la première chose à faire à une heure si jeune, avant même d'aller prévenir le directeur.
L'infirmière l'accueillit avec de grands cris, détaillant la terre, le sang, le manteau déchiré, les feuilles mortes, les poils et ce qui ressemblait à des plaies avec un regard mortifié.
Elle l'avait souvent vu revenir dans des états pas possibles, le Potter, mais là c'était inénarrable. Elle laissa le professeur repartir pour prévenir l'équipe pédagogique que l'on avait retrouvé en un seul morceau le fugueur, commençant pour sa part à l'ausculter pour faire la liste de ses blessures.
-Fièvre, déshydratation, marmonna t'elle, voulant découvrir tout ce qu'il y avait avant de risquer de lui donner des potions avec des contre-indications.
Elle retira une partie des vêtements de l'enfant et nettoya rapidement les deux plaies à chaque épaule, puis, prise d'un soupçon, le retourna sur le ventre pour découvrir celle qui dévorait presque toute la largeur de son cou. Très grave, elle remit doucement les cheveux du garçon à leur place, d'un geste maternel, même si ses yeux ne quittaient pas la marque très reconnaissable des demi-lunes au bord déchiqueté.
Le garçon remua alors d'inconfort, gémissant, et elle se précipita vers son armoire pour sortir un désinfectant, un philtre pour faire baisser la fièvre et une potion de sommeil sans rêve. Elle n'attendit même pas qu'il se réveille – surtout pas en fait- profitant qu'il ne soit pas lucide pour lui faire tout avaler.
La dernière chose qu'elle voulait, c'était d'un Loup paniqué dans son infirmerie.
Il venait à peine de s'endormir quand le directeur, le professeur Rogue et le professeur Ombrage entrèrent. La petite femme affectait un air hautement important alors qu'elle se dandinait vers elle :
-Alors, qu'est-ce que nous a inventé encore cet élément perturbateur ? Sa punition sera à la hauteur de ses actes et je…
-Je vous prierais de vous taire, je viens juste de l'endormir, répliqua sévèrement Mrs Pomfresh en s'avançant pour les éloigner de l'enfant.
-Comment ?! C'est faire preuve de bien trop de gentillesse pour…
-Professeur Ombrage, l'interrompit Dumbledore. Peut-être devriez-vous laisser notre infirmière s'expliquer ?
La dame du Ministère poussa un petit son de gorge mécontent.
-Merci Albus, fit Mrs Pomfresh avant de prendre un air plus inquiet : Je n'avais pas le choix, je craignais sa réaction s'il devenait un peu trop conscient.
-Pourquoi ? Etait-il délirant et dangereux quand on vous l'a amené ? Demanda Severus.
-Non, il n'était pas conscient, mais les blessures sur son corps ne laissent aucun doute sur ce qu'il lui est arrivé…
-Les Loups l'ont-ils attaqué comme nous le craignions ? demanda Albus d'un ton sombre.
-Pas attaqué, Albus. Marqué. Mr Potter est désormais un Loup.
L'information les laissa tous sans voix, et si la situation n'avait pas été si grave, Mrs Pomfresh aurait pu profiter de l'air ahuri du vénérable directeur que rien ne semblait jamais étonner.
-Comment a-t-il osé devenir un Loup sans même l'accord du Ministre de la Magie ! S'indigna quant à elle Ombrage en foudroyant le corps allongé.
-Je ne suis pas certaine que Mr Potter ait choisi cela, répliqua aussitôt férocement l'infirmière. Et ce n'est pas tout, Albus. Jusqu'ici Mr Malefoy n'avait marqué ses Loups qu'à la nuque, mais Mr Potter semble avoir eu un traitement de faveur puisque ce n'est pas seulement la nuque, mais aussi les épaules qu'il a mordu. Je ne comprends pas pourquoi il s'est acharné ainsi !
Dumbledore semblait désormais très contrarié et se tourna vers son professeur de potions :
-Aviez-vous ne serait-ce qu'un soupçon sur les intentions de Mr Malefoy vis-à-vis de Harry ?
-Bien sûr que non. Ces deux-là ne se supportent pas ! Je ne comprends pas pourquoi il a fait une telle chose !
-Il faut le convoquer. Si Mr Potter est rentré, c'est que les Loups le sont aussi…
-Ils le sont, fit une voix dans leur dos.
Ils se retournèrent presque d'un seul mouvement et détaillèrent l'adolescent qui se tenait dans l'embrasure, apparemment douché et changé et qui les observait avec morgue.
-Mr Malefoy, gronda Severus.
-Bonjour aussi professeur Rogue, je vois que vous avez bien trouvé mon colis.
Mrs Pomfresh manqua de s'étrangler d'indignation mais Dumbledore l'empêcha de lui faire savoir ce qu'elle pensait de ses manières.
-Mr Malefoy, nous avons eu il me semble une discussion à la rentrée sur vos nouvelles capacités, commença le directeur avec autorité, sans beaucoup de succès cependant puisque le jeune Malefoy fixait ses ongles d'un air ennuyé.
Loin de se laisser intimider, il reprit :
-La meute est un système complexe et vous ne pouvez pas vous amuser à marquer des gens pour le simple plaisir de pouvoir leur faire du mal !
-Professeur, j'ai le droit de marquer qui bon me semble, et vous n'avez pas à me dicter ma conduite.
-PAS LUI, s'agaça Dumbledore. Pas quand tout le monde sait que vous n'avez aucune sympathie l'un pour l'autre ! Que se passera-t-il à votre avis quand il sera guéri et qu'il réalisera ce que vous lui avez fait ?
-Il viendra à moi, asséna l'adolescent sans le moindre sourire ni la moindre hésitation.
-Il faut que vous vous fassiez à l'idée qu'il ne peut PAS faire partie de votre meute.
-Et il faut que vous vous fassiez au fait qu'il en fait déjà parti. Pensez à faire apporter ses affaires dans ses nouveaux appartements.
L'insolence du jeune homme les laissa un instant sans voix, mais avant qu'ils ne puissent lui rappeler son statut d'étudiant, Mr Malefoy se détourna et laissa les portes se refermer derrière lui. Le professeur Ombrage releva vivement le menton et se décida elle aussi à partir, annonçant néanmoins que la punition était toujours de rigueur, Loup ou non.
Ayant du mal à cacher sa colère, Dumbledore se retourna vers son infirmière :
-Je veux que vous surveilliez Harry. Au moindre signe de réveil, je veux que Mr Weasley et Miss Granger soient à ses côtés. (Puis vers Severus ) Je veux que vous cherchiez s'il n'existe pas un moyen d'annuler la transformation.
Le professeur des potions eut du mal à cacher son irritation :
-Je doute même qu'une telle chose existe…
-Je sais, mais nous devons quand même essayer… Nous avons tous besoin de lui.
A suivre…
Et voilà pour aujourd'hui ^^ N'hésitez pas à laisser un message pour dire ce que vous en avez pensé ! Je ne suis pas un Loup, je ne mords pas ! 'Fin bref, tout mon amour pour vous pour cette semaine et je vous dis à mardi prochain !
