Sommaire : J'ai toujours voulu écire une fic sur Kyo qui rencontre Yuya plus tôt. Ici Yuya a douze ans et a perdu son frère à cause d'une maladie étrange. Elle n'a pas de désir de vengeance car il n'a pas été tué comme dans le manga. Elle a quand même son caractère et c'est toujours ce qui plaît à Kyo.

Couple : KyoxYuya mes préférés !

Disclaimer: Toujours pas à moi.

Warning : Attention cette fiction est catégorisée comme Mature (smut), ce n'est donc pas à mettre entre toutes les mains.

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SAMURAI DEEPER KYO

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ECARLATE

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Chapitre 2 :

Entraînement

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Huit mois après la rencontre de Kyo et Yuya, elle fêtait ses treize ans.

- Allez planche à pain, lança Kyo en la dévisageant de ses yeux rouges, debout.

- K-Kyo ça suffit, protesta Yuya, assise dans l'herbe et le visage couvert de sueur. J'ai besoin de faire une pause.

- Je suis pas là pour jouer les nounous, gronda le jeune samouraï, grouille-toi de te lever où c'est moi qui viens te chercher.

Yuya poussa un soupir agacé et se mit debout avec mauvaise grâce, les jambes tremblantes. Elle était épuisée.

Cela faisait des mois maintenant que Kyo l'entraînait au corps à corps, à la faire courir et l'exercer au sabre.

Il claqua la langue en la voyant manoeuvrer un petit sabre en bois qu'il avait acheté dans une petite ville qu'ils avaient visité. Il essayait de voir quel style de combat lui correspondait le mieux.

Une chose était sûre en tous cas, le sabre c'était à oublier...

- T'es vraiment nulle, ricana Kyo en lui arrachant l'arme des mains.

- Enfin, souffla Yuya, prête à se rassoir.

- Là tu rêves planche à pain, on n'a pas terminé, fit Kyo en l'agrippant par le bras pour l'attirer et la plaquer contre lui.

- K-Kyo qu'est-ce que tu fais ?! S'exclama Yuya, rouge jusqu'aux oreilles.

- Te fais pas d'idées la moche, sourit Kyo, amusé d'avance par sa réaction.

- T-tu raconte n'importe quoi ! S'écria-t-elle. Arrête de croire que toutes les filles sont amoureuses de toi !

- Oh ? Fit-il, l'ai faussement étonné. Tu es amoureuse de moi planche à pain ?

- QU'EST-CE QUE TU RACONTES IMBECILE ?! Hurla Yuya, rouge jusqu'à la racine des cheveux à présent.

Kyo bailla et se gratta l'oreille l'oriculaire de sa main libre.

- T'es hyper bruyante en plus d'être moche et plate, fit-il avant de coller Yuya de nouveau à son corps.

Elle se débattit furieusement mais Kyo était vraiement trop fort pour elle. Yuya tenta de se dégager mais il ne la laissa pas faire et elle finit par se calmer en se rendant compte que c'était inutile de résister.

Elle avait appris durant ces quelques mois avec lui que quand il avait une idée dans la tête, c'était quasiment impossible de l'y faire renoncer.

- On va laisser tomber les armes longues, t'arrives pas à t'en servir correctement, dit-il en l'interrompant dans ses pensées.

- Quoi ?

- Par contre t'es plutôt rapide, continua Kyo, et tu vises bien. Tu es taillée pour le combat rapproché, on va voir ce que tu vaux avec des armes blanches plus petites, peut-être aussi les armes à feu...

- A-ah bon ? S'étonna Yuya. Il venait de la complimenter ? Enfin en quelque sorte...

Elle sentit ses joues chauffer et un sourire menacer d'apparaître sur son visage. Kyo le remarqua et eut un petit ricanement.

- Que ça ne te monte pas au cerveau planche à pain, t'es pas assez grande pour ça, dit-il.

- Bah n'importe quoi ! S'écria-t-elle en se débattant à nouveau.

- Arrête ça, fit Kyo en la plaquant contre lui, tu sais que ça sert à rien.

- L-lâche-moi Kyo !

- Arrête de bouger je te dis, grogna Kyo en la maintenant contre lui.

- N-non je... je sens mauvais, murmura Yuya, le visage brûlant.

Ils s'entraînaient depuis des heures, elle était couverte de sueur, de terre et d'herbe. Elle n'avait qu'une envie, c'était d'aller se laver à la source la plus proche.

- Oh, c'est ça qui te dérange planche à pain ? Murmura Kyo soudain tout contre son oreille.

Yuya rougit plus encore et secoua la tête pour l'éloigner, ce qui ne fit que l'amuser encore plus. Kyo avait pris l'habitude de la taquiner à longueur de journée et il y prenait un très grand plaisir.

Yuya ne pouvait pas s'empêcher de penser qu'il se comportait comme un gamin immature et stupide dans ces moments là mais quelques fois ça l'amusait elle aussi.

Pourtant, Kyo pouvait aussi être terrifiant quand il le voulait et elle savait de quoi il était capable. Depuis leur rencontre il s'était aussi battu quelques fois, toujours après avoir été provoqué.

Il était incroyablement fort, pensa Yuya, les yeux plantés dans les siens.

Kyo ne parlait plus, il la fixait sans rien dire.

Yuya se perdit dans son regard, songeant avec bonheur qu'il la laissait contempler les magnifiques rubis qu'étaient ses yeux.

- T'as perdu ta langue planche à pain ? Murmura Kyo, son souffle tiède sur ses lèvres roses entrouvertes.

Yuya déglutit bruyamment, peu habituée à ce type de contact et encore chamboulée par cette proximité. Elle avait du mal à réfléchir et se concentrer avec le visage de Kyo aussi près du sien et encore moins avec ses yeux rouges plongés dans les siens avec autant d'intensité.

Elle apprenait vite, et elle avait remarqué qu'après ses combats et leurs entraînements, Kyo cherchait à tout prix un contact physique. En général, il se rendait dans le village ou la ville la plus proche pour trouver un bordel.

Elle protestait à chaque fois, se battait parfois même avec les femmes qui rêvaient de passer la nuit avec Kyo, beau comme il était.

Elle finissait en pleurs dans son lit vide jusqu'à ce que le sommeil vienne la trouver et le lendemain, lorsqu'elle se réveillait il était là.

Kyo la laissait alors tranquille quelques temps, peut-être pour lui faire oublier son absence de la nuit précédente. Quand il sentait qu'elle s'était calmée un peu, il se mettait à la provoquer et Yuya démarrait au quart de tour, conciente qu'il la ménageait quelque part...

Mais quand ils étaient seuls au milieu des bois ou d'une route, d'un sentier, la seule personne vers qui Kyo pouvait se tourner pour ce besoin de contact, c'était Yuya. Elle savait bien qu'elle était très jeune, trop pour cela et comprenait que Kyo se mettait toujours une barrière, s'empêchait d'agir un peu trop... comme avec une femme.

- Kyo, s'il-te-plaît, murmura Yuya en le repoussant avec ses deux petites mains.

Kyo ferma les yeux et elle fut agrippée par la nuque avant de sentir le nez du jeune homme plonger dans son cou pour respirer son odeur à pleins poumons. Yuya se débattit immédiatement.

- N-non Kyo ! S'exclama-t-elle en rougissant furieusement. Je t'ai dis que je sentais mauvais !

- La ferme, gronda soudain Kyo, la réduisant malgré elle au silence.

Il y avait une telle puissance et une telle autorité dans sa voix que Yuya sentit des frissons la traverser de part en part et ses genoux menacèrent de céder.

- K-Kyo...

Sa petite voix tremblante sembla le ramener à la raison. Il la relâcha immédiatement et la repoussa loin de lui, son regard rouge la dévisageant des pieds à la tête avec...

Yuya eut l'impression qu'on lui avait balancé un seau d'eau glacée.

Il avait une telle expression de dégoût sur le visage et elle le prit comme une gifle.

Elle savait qu'elle ne devait pas sentir la rose, mais de là à ce qu'il la fixe avec un tel mépris, Yuya ne put retenir ses larmes et couru dans la direction opposée. Kyo ne la laisserait pas aller bien loin mais elle ne pouvait pas se trouver en sa présence pour l'instant, pas avec un coeur meurtri et la honte au ventre.

Elle sentit une main attraper son bras et elle fut tirée en arrière. Kyo l'entoura de ses bras et la serra contre lui avec une telle force qu'elle ne put bouger.

- N-nnnh... huuh... K-Kyoo... Kyooo... Yuya gémit avant d'éclater en sanglots dans les bras du jeune homme.

Il fut décontenancé par cette action et ne su comment réagir sur le coup.

- Mais pourquoi tu chiales planche à pain ? Demanda-t-il au bout de plusieurs minutes de pleurs et de gémissements.

- J-je... t'a-avais dis... que... que je sentais ma-mauvais... pleura Yuya en sentant sa prise se relâcher autour d'elle.

- T'as qu'à te laver, fit-il avec un naturel horipilant. Y a un ruisseau plus bas, on va y aller si ça te met dans un état pareil.

- H-hein ? S'étonna Yuya en se tournant vers lui car il l'avait libérée.

- Sauf si t'as envie d'un peu plus de contact ? Suggéra Kyo avec un sourire carnassier.

Yuya rougit de plus belle et s'essuya le visage, couvert de larmes, de sueur et de poussière.

- Jamais de la vie sale pervers ! S'écria-t-elle.

- Tant mieux, je t'ai déjà dis que les gamines c'était pas mon truc, fit-il goguenard.

- Pff ! Siffla Yuya en lui tirant la langue. Tu verras quand je serais grande je serais la plus jolie fille que tu as jamais vu de ta vie !

- HA HA HA HA HA HA, Kyo s'esclaffa à ces paroles. T'est vraiment trop marrante ! Toi la plus jolie fille ? Tssk. Il faudrait que je sois aveugle pour penser ça.

- On parie ?! S'exclama Yuya en tendant la main, paume vers lui.

Kyo ricana encore un peu et fixa la main qu'elle lui tendait. Blanches, encore douces et peu abîmées... Après quelques années et vu l'entraînement pas trop poussé qu'il voulait lui faire suivre, elles pourraient rester comme ça et... lui procurer beaucoup de plaisir qui sait ?...

- Alors ? S'impatienta Yuya en avançant d'un pas de plus devant Kyo.

- Rappelle-moi ce que j'ai à y gagner ? Fit-il en croisant les bras sur sa poitrine musclée.

- D'avoir vu la plus belle fille de-

- Non, concrètement, précisa Kyo. Qu'est-ce que j'y gagne concrètement planche à pain ?

Yuya se sentit hésiter tout à coup. Elle n'y avait pas vraiment réfléchi en fait... et puis elle avait un peu chaud avec la façon dont Kyo l'observait de ses yeux brûlants...

Pourquoi il la regardait comme ça ?

Il ne souriait plus, il ne semblait même pas s'amuser. Il la regardait comme si il... comme si...

Kyo s'approcha à son tour de Yuya et la fit reculer jusqu'à ce qu'elle se retrouve boquée contre un arbre. Il se pencha sur elle, tout près de son visage et la transperça de ses magnétiques yeux rouges. Il murmura contre sa bouche, ses lèvres frôlant doucement les siennes.

- Réponds-moi, murmura-t-il, c'est toi qui à commencé...

- J-je... je... bégaya Yuya qui n'arrivait même plus à penser.

- Si tu veux je peux t'aider, murmura encore Kyo en défaisant sa queue de cheval d'une main tandis que l'autre s'appuyait sur l'arbre au-dessus de la tête de Yuya. Si tu deviens... belle, il sourit en disant ce mot, alors je veux bien te montrer, il passa sa main libre dans les cheveux blonds de Yuya, ce qu'un homme a envie de faire, il tira sur une mèche, forçant Yuya à le regarder dans les yeux, à une femme...

- Q-quoi ?...

- Je te montrerais ce qu'un homme fait à une belle femme quand il en rencontre une, répéta Kyo en se rapprochant encore de Yuya jusqu'à la forcer à écarter les jambes pour qu'il puisse glisser son genou entre elles.

Yuya ne put retenir un petit cri, surprise à ce contact intime. Elle agrippa les pans du kimono de Kyo et sentit ses grandes mains glisser sur le tronc de l'arbre puis sur ses cuisses avant de les agripper et de la soulever d'un seul coup.

Yuya poussa un cri de surprise et enroula ses bras autour du cou de Kyo. Ce dernier se mit à marcher en s'enfonçant plus profondément dans la forêt et en la serrant contre lui suffisamment fort pour qu'elle ne puisse pas se débattre.

Yuya était rouge jusqu'aux orteils, elle n'arrivait pas à croire que Kyo la tenait contre lui de cette manière ni même les sensations qu'il faisait naître en elle. Elle ne devrait pas, elle était trop jeune pourtant...

Mais elle ne pouvait pas nier qu'elle adorait la chaleur presque fiévreuse du corps de Kyo, la sensation de ses muscles fermes et durs contre son corps plus tendre et doux. Son odeur si ambrée et particulière, mélange de tabac léger et de sake, d'herbe et de terre, ses longs cheveux noirs qui caressaient ses mains et ses avants-bras, noués autour du cou du jeune samouraï.

Elle profita de ce petit moment de calme pour se serrer contre lui, ses jambes enroulées autour de sa taille, ses chevilles croisées dans son dos droit. Kyo ricana, mais Yuya s'en fichait qu'il se moque d'elle.

Elle aussi avait besoin d'un peu d'affection et de contact physique. Elle n'avait personne d'autre que lui à présent. Il était sa seule... famille ?...

Non famille, ce n'était pas exactement ça... ami ?

Hm, toujours pas...

Son protecteur ? C'était déjà plus vrai. Son pourvoyeur, son gardien ? Son maître d'armes ? Son confident ? Non peut-être pas, même si au fond d'elle elle était sûre de pouvoir se confier à lui sans qu'il ne la juge.

Kyo avait un bon fond. Sans cela il ne l'aurait jamais sauvée ni nourrie, ni habillée, ni soignée. Elle se serait certainement fait tuer le jour de leur rencontre.

- K-Kyo ? L'appela-t-elle doucement en se serrant plus encore contre lui.

Bizarrement Kyo ne semblait pas s'en soucier. Il émit un son qu'elle intrepréta comme une invitation à continuer.

- J-je voulais te dire merci, murmura-t-elle, pour... hm... pour m'avoir sauvé la vie.

Yuya sentit de nouveau une boule dans sa gorge. C'était la première fois qu'elle le disait aussi clairement et elle avait envie d'en dire encore plus tout à coup, se sentait courageuse, en sécurité dans ses bras et sans qu'il ne puisse voir son visage.

- Merci d'avoir pris soin de moi, reprit-elle, merci de m'avoir protégée, de m'avoir acheté à manger, e-et des vêtements... m-merci de m'avoir emené chez le médecin, et... et merci de t'occuper de moi comme ça...

Yuya se mit à renifler, des larmes chaudes coulant sur ses joues puis dans le cou de Kyo dans lequel elle venait d'enfouir son visage brûlant d'embarras.

Kyo partit dans un grand éclat de rire. Yuya sentit une veine battre à sa tempe et s'appreta à lui hurler dessus pour avoir osé se moquer d'elle alors qu'elle lui ouvrait son coeur quand elle sentit Kyo la serrer contre lui si brièvement qu'elle se demanda si elle n'avait pas seulement rêvé.

- Quand je t'ai dis que je comptais me faire rembourser, ce n'était pas des paroles en l'air, dit-il avec un sourire de prédateur. Tu me rembourseras jusqu'au dernier grain de riz que tu as avalé, jusqu'au dernier vêtement, jusqu'à la dernière nuit passée à l'abri dans une auberge ou un bord-

Yuya le mordit au cou pour l'empêcher de continuer. S'il y avait bien une seule chose qu'elle détestait depuis le début de son "voyage" avec Kyo c'était bien les bordels.

Elle haîssait ces endroits, et en grande partie pour toute la tristesse et le désespoir qui l'envahissait dès qu'ils franchissaient la porte. Elle savait qu'elle allait pleurer jusqu'à ce qu'elle s'endorme, elle savait que pendant ce temps, Kyo s'amusait avec d'autres femmes, qu'il la rejoignait certes pendant la nuit qu'il ne passait pas avec elles, mais qu'il le faisait après ses ébats...

Il avait été surpris par sa morsure soudaine mais il savait déjà qu'elle détestait ce mot et encore plus s'y retrouver.

- Je ne veux plus jamais aller dans un bordel avec toi, murmura Yuya dans le cou de Kyo.

- J'ai des besoins planche à pain, raisonna-t-il alors qu'ils arrivaient devant un ruisseau qui semblait un peu plus profond par endroits, idéal pour se laver.

Il n'avait jamais eu à la ménager car elle comprenait ces choses là.

C'était une gamine très futée.

- J-je sais, murmura Yuya en s'agrippant encore plus à lui, sachant qu'il allait la reposer à terre tandis que le ruisselement de l'eau se faisait entendre derrière elle.

- C'est quoi la solution hein ? Demanda Kyo, retrouvant soudainement son sérieux.

- Je... Yuya rougit furieusement et ressera ses jambes et ses bras autour de Kyo, j-je pourrais... je pourrais apprendre à faire... à-à faire des ch-choses ?...

Kyo se serait étouffé avec sa prorpre salive s'il n'avait pas autant de contrôle sur lui-même. Il ne put empêcher la surprise de peindre ses traits.

La gamine venait de lui faire une proposition ?

- T'es pas sérieuse, reprit Kyo en la faisant lâcher prise afin qu'elle puisse poser les pieds sur le sol.

Yuya garda la tête baissée et il pouvait entendre son coeur battre la chamade avec ses oreilles plus que sensibles, sa vue perçante voyait aussi le rouge de son visage, de son cou et ses petites oreilles, là où ses mèches blondes laissaient sa peau découverte.

- J-je suis sérieuse, répondit-elle en levant enfin les yeux vers lui.

Kyo se dit qu'elle ne se rendait absolument pas compte de ce qu'elle était en train de lui dire. Il l'agrippa par les deux bras et la rapprocha de lui.

- Tu sais ce que ça veut dire ça planche à pain ? Gronda-t-il, sentant une colère et un dégoût pour lui-même à l'envie qui montait doucement en lui.

Les gamines ne l'avaient jamais attiré, mais elle n'était pas comme les autres et il se sentait possessif d'elle, il avait déjà été jaloux des hommes et des garçons qui la regardaient lorsqu'ils passaient dans des villages.

Il se forçait à se rappeler constament qu'il faudrait patienter encore pendant au moins deux ans avant de pouvoir la toucher et voilà qu'elle s'offrait à lui.

- Tu es juste jalouse, grogna Kyo.

- E-et alors ? Fit Yuya en le défiant du regard, toujours aussi rouge.

- Tu ne sais pas ce que tu dis, répondit Kyo en resserant sa poigne sur ses bras encore frêles.

Yuya fit une petite grimace de douleur mais refusa de détourner le regard. Kyo aimait ses yeux verts, ce regard fort et fier par dessus tout. Mais elle ne savait rien de ces choses là dans la pratique. Elle n'en avait aucune idée et il refusait de céder même s'il savait qu'il avait envie de la toucher depuis quelques temps déjà. D'où ses visites plus fréquentes dans les bordels qu'ils pouvaient rencontrer sur leur route.

Il ne comprenait pas, pourquoi ? Pourquoi il la voulait ? Pourquoi elle ?

Parce qu'elle ne ressemblait pas aux autres ? Parce que même si c'était une gamine elle avait plus d'audace et de caractère qu'aucune femme qu'il avait rencontré avant ? A cause de ses cheveux blonds aussi doux que la soie et attrapant la lumière du soleil comme aucuns autres ? A cause de ses grands yeux verts brillants de force et de combatitivité ?

Il aimait ses yeux, oui il les adorait même...

Et cette peau légèrement hâlée, différente de la peau laiteuse des femmes qui souhaitaient le séduire ?

Elle n'était pas grande, et même d'ici quelques années il était persuadé qu'elle resterait assez petite. Elle n'avait pas de longs cheveux noirs, des yeux marrons en amandes, ni une grosse poitrine bien généreuse comme il les aimait ou des hanches rondes et voluptueuses qu'il se plaisait à agripper dans la chaleur de la nuit des maisons de plaisir.

Elle avait certes une taille de guêpe, de belles jambes fines tout comme ses bras, un cou délicat, une chaire tendre, douce et qui deviendrait juteuse par endroits avec le temps...

Kyo la dévorait maintenant des yeux.

Yuya avait chaud, tout son corps brûlait littéralement, son ventre se serrait, sa gorge aussi.

Kyo...

Kyoo...

- A-apprends-moi, souffla-t-elle.

Le jeune homme se sentit agir comme dans une illusion. Il relâcha Yuya doucement puis défit les cordelettes qui retenaient son sabre à sa ceinture. Il le reposa doucement à terre puis défit complètement sa ceinture, faisant rougir Yuya comme une pivoine. Mais c'était elle qui l'avait cherché n'est-ce pas ?

Il écarta son Kimono et le retira lentement, le laissant glisser à terre dans un bruit de froissements. Yuya porta les mains à son visage pour se cacher les yeux. Qu'est-ce qui lui avait pris de dire ça ?!

Kyo s'avança doucement vers elle et défit à son tour la ceinture qui fermait le yukata de Yuya, elle rougit plus encore, s'accrocha à Kyo qui la déshabilla lentement pour ne pas l'effrayer, pour ne pas la brusquer.

Qu'est-ce qu'elle lui faisait ? Pourquoi ces frissons d'apréhension, ce désir ?... cette douceur ?...

Yuya tremblait, Kyo avait enlevé son yukata, il défaisait aussi la ceinture de son petit kimono intérieur. Elle refusait de le regarder cette fois, elle avait bien trop honte, même si ils s'étaient toujours lavé ensemble depuis leur première rencontre.

Elle fut tout à coup entièrement nue et s'agenouilla sur le sol pour se cacher. Kyo s'accroupit devant elle et la rapprocha de lui en l'attirant par la nuque. Yuya était brûlante, rouge et elle haletait.

Il fronça soudain les sourcils et appuya sa paume fermement sur son front.

Kyo grogna et secoua la tête pour se calmer. Il avait failli commettre une sacrée erreur.

- T'as de la fièvre planche à pain, fit-il en la soulevant à nouveau dans ses bras.

Il entra doucement dans l'eau.

- Hein ? Quoi ? S'étonna-t-elle en se touchant le front. Oh !

C'est vrai qu'elle avait assez chaud depuis ce matin. Peut-être que c'était l'entraînement en plein soleil qui l'avait rendue malade ?

Kyo entrepris de la laver lentement, faisant couler l'eau sur son corps rougit par la fièvre.

- Je me disais aussi qu'il y avait quelque chose de bizarre, fit Kyo, presque pour lui-même.

Yuya rougit furieusement, se rendant compte que si elle avait été aussi étrange c'était qu'elle avait un peu déliré.

Un peu beaucoup oui ! S'écria-t-elle en son fort intérieur. Elle avait fait une proposition coquine à Kyo !

- Oh mon Dieu, maugéra-t-elle en se cachant le visage dans les mains.

Kyo eut un petit rire moqueur.

- T'as failli m'avoir planche à pain, ricana-t-il en l'asseyant finalement sur les pierres au fond du ruisseau.

Il la pencha en arrière et lui lava doucement les cheveux, admirant les vagues blondes et soyeuses ondulant dans le léger courant. Yuya couvrit sa poitrine naissante en rougissant.

Elle allait gagner ce pari haut la main, pensa Kyo avec un sourire un coin qui lui creusa une petite faussette sur la joue. Yuya rougit plus encore devant son expression à la fois amusée et presque admirative.

A quoi est-ce qu'il pouvait bien penser ? Se demanda Yuya en sentant ses mains lui laver les cheveux avec soin. Il était très doux quand il le voulait...

- Kyo ? Appela-t-elle doucement alors qu'il la fit s'assoir à nouveau dans l'eau quand il eut terminé.

- Quoi ? Répondit Kyo en s'asseyant à son tour pour se laver.

- Hm e-est-ce que je peux ? Demanda Yuya en désignant ses cheveux.

- Hn, Kyo acquieça et se lava le corps tandis que Yuya passait derrière lui pour lui mouiller les cheveux avec des poignées d'eau fraîche.

Elle fit la moue.

- Je ne peux pas les laver comme ça, ils sont trop longs et trop épais, murmura-t-elle en boudant.

Kyo claqua la langue et se pencha en arrière, gardant le visage à la surface mais faisant entrer l'eau dans sa chevelure ébène jusqu'aux racines. Yuya sourit et s'agenouilla derrière Kyo, glissant ses doigts dans les longues mèches noires de son protecteur. Elle les démêla lentement, observant le visage de Kyo se détendre au fur et à mesure.

Au moins, elle était sûre d'être la seule et unique personne capable de faire ça sans se faire découper...

- Arrête de te marrer, fit Kyo en l'entendant rire doucement.

Elle le vit la regarder d'un oeil méfiant et elle rit à nouveau en s'installant plus confortablement dans le ruisseau. Il ne faisait pas trop froid et ses cheveux blonds recouvraient maintenant sa petite poitrine ce qui lui permettait de ne pas être trop gênée. Elle sentait les cheveux de Kyo la caresser doucement dans l'eau, ses cuisses, son ventre et ses bras.

Ils étaient doux et Yuya se mit à chantonner tout doucement en les lavant avec tendresse.

Kyo le sentait à ses gestes, elle s'attachait à lui. Elle devenait plus femme aussi, depuis qu'elle avait eu ses règles cinq mois plus tôt...

Il ferma les yeux, songeant que d'ici peu de temps elle aurait l'âge moyen du mariage pour une jeune fille. Il devrait peut-être la laisser partir à ce moment-là ?

Il fronça les sourcils.

Hors de question, la gamine avait de nombreuses dettes envers lui.

Et puis elle pouvait lui faire à manger, laver ses vêtements, le soigner quand il était blessé...

Il était évidemment capable de se débrouiller tout seul, mais il faillait avouer qu'avoir quelqu'un au service d'un homme aussi exceptionnel que lui n'était pas de trop.

En plus, se dire qu'elle lui appartenait provoquait en lui un sentiment très fort de possession, d'excitation.

Elle était à lui seul, sa vie, son âme, son coeur lui appartenaient tout entiers...

Kyo grogna soudain.

Yuya suspendit ses gestes un instant avant qu'il ne recommence à grogner en la fusillant du regard pour qu'elle continue.

Elle se mit à rire doucement, d'une manière très féminine, le surprenant encore par cette expression qui la rendait si jolie.

Et elle serait belle, très belle bientôt, pensa Kyo en fermant de nouveau les yeux pour tenter de calmer son état intérieur. Il ne voulait pas que d'autres le remarque, il voulait la garder pour lui seul.

Mais elle allait grandir, mûrir, ses formes allaient se développer, ses cheveux pousser, et ses expressions se feraient plus matures, plus attirantes...

Pourquoi il l'avait emmené avec lui ? Pourquoi il détestait la simple idée de la laisser partir alors qu'il la connaissait en réalité que depuis peu de temps ?

Il vit le visage de son maître se dessiner une seconde dans son esprit.

Il ne lui avait parlé que très brièvement à la fin de son combat contre Nobunaga, et avant de le faire sortir de prison chez les Mibus.

Pourtant, il avait ressenti une peur terrible quand la vieille Shihodo avait menacé l'homme devant lui.

Il avait voulu le défendre, aussi afaibli et affamé qu'il était alors.

La première personne à lui avoir témoigné sa confiance, à l'avoir regardé sans peur, sans jugement, sans reproche...

- Kyo ? Appela doucement Yuya en le tirant de ses souvenirs.

Il ouvrit simplement les yeux et les leva vers Yuya. Elle avait l'air soucieuse, inquiète même. Elle rougit quand un sourire se dessina sur les lèvres du samouraï.

- J'ai eu l'impression que tu ne respirais plus, expliqua-t-elle en caressant doucement ses longs cheveux noirs.

- Je vais pas crever comme ça planche à pain, répondit Kyo en lui montrant ses longues canines pointues.

- Bah ! Protesta Yuya. J'ai eu peur imbécile !

- T'inquiète pas pour moi, inquiète-toi plutôt de ton manque de croissance, ajouta-t-il avec un petit rire moqueur.

La réponse de Yuya lui vrilla les tympans.

- J'AI QUE TREIZE ANS ESPECE DE SALE PERVERS !

Ah vraiment, pourquoi il se compliquait la vie avec elle ?

Kyo se redressa et s'assit dans l'eau, tournant légèrement le visage pour regarder Yuya qui était toujours assise derrière lui dans le ruisseau. Elle avait le nez un peu rouge.

- Allez sors de là, lança Kyo, j'ai pas envie de jouer les infirmières pour toi en plus.

- Je ne suis pas malade ! S'écria Yuya en restant assise et en croisant les bras sur sa poitrine.

Kyo leva un sourcil à ce dernier geste et ricana.

Yuya sentit une grosse veine exploser dans son crâne et se mit à lui hurler dessus. Kyo ne fit que bailler et se leva pour sortir de l'eau.

- Ouais ouais, si tu continue à gueuler comme ça je vais finir par te baîlloner la moche.

- QUI EST MOCHE ?!

Kyo se mit à rire fort en la voyant se précipiter après lui malgré son petit derrière à l'air. Il ne put s'empêcher de lui donner une petite claque sur les fesses qui la fit hurler plus fort encore.

- C'est toi qui me le met sous le nez planche à pain, expliqua simplement Kyo pendant qu'elle l'insultait en se rhabillant aussi vite que possible.

Kyo se rhabilla à son tour tranquillement et replaça son sabre à sa ceinture.

- Allez dépêche planche à pain, fit-il en se tournant sans un sourire cette fois. On va avancer pendant qu'il fait encore jour.

Sur ces mots et sans attendre que Yuya ait terminé, il s'avança de nouveau dans la forêt.

- K-Kyo attends ! Cria Yuya en fermant tant bien que mal la ceinture épaisse de son yukata.

Elle lui couru après, cheveux défaits et le rattrapa rapidement en s'agrippant à la manche de son kimono. Kyo ne se retourna pas mais il ralenti l'allure pour qu'elle n'ait pas trop de mal à le suivre avec ses petites jambes.

- Je crois que je vais même t'ajouter des intérêts, déclara Kyo avec un sourire narquois. Tu me coûtes cher et en plus tu me fais faire trop d'efforts pour une esclave.

- Depuis quand je suis ton esclave abruti ?! S'écria Yuya, les joues rouges.

- Depuis que j'ai sauvé ta carcasse inutile, répondit Kyo. Et la note va être très salée... ajouta-t-il d'une voix rauque.

Yuya rougit et sentit son ventre chauffer à nouveau. Pourquoi il lui faisait un tel effet ce sale pervers alcoolique et sadique ?

Elle soupira bruyamment et contourna Kyo pour venir se poster devant lui, poings sur les hanches.

Il leva un sourcil et s'arrêta, toisant la gamine d'un regard rouge très intimidant.

Mais Yuya était une vraie tête de mule comme disait son grand frère Nozomu, et elle ne se laissait pas marcher sur les pieds, ni par Kyo ni par personne.

- Ecoute-moi bien Kyo, dit-elle en levant le menton d'un signe de défiance, je veux bien admettre que j'ai quelques... devoirs envers toi vu tout ce que tu as fait pour moi. Mais ! Je ne suis pas ton esclave, je ne suis pas à ton service et je comptes bien te rembourser jusqu'au dernier ryo ce que tu as dépensé pour moi.

Alors je veux que tu me traite avec plus de respect et de considération.

Elle souffla brièvement à travers ses narines pour appuyer la conclusion de son monologue.

Kyo la fixa un moment sans rien dire puis la contourna à son tour et se remit en marche. Yuya se retourna et le poursuivi, s'accorchant à nouveau à la manche de son kimono.

- H-hey Kyo ! Appela-t-elle. Tu as entendu ce que j'ai dis ? Kyo ! Hey Kyo réponds !

Le jeune samouraï sourit une seconde puis déclara avec une nuance de commande dans la voix :

- Ce n'est pas de fric que je te parle... Non ce n'est pas ça que je te réclammerais.

- M-mais alors de quoi ? Demanda Yuya d'une voix innocente.

Kyo passa un bras derrière lui pour attraper celui de Yuya et la ramener devant lui. Elle leva des yeux intérogateurs vers lui et rougit quand il plongea un regard incandescent dans le sien. Elle avala bruyamment sa salive, le visage brûlant.

- Je vois que tu n'es pas si bête que tu en as l'air planche à pain, fit-il avec un sourire carnassier. Je te promets que ce ne sera pas long avant que tu puisses commencer à me rembourser... et je te montrerais tout ce qu'il faut savoir pour ça...

Yuya sentit son rougissement s'agrandir et elle baissa les yeux cette fois.

- T-tu es vraiment u-un pervers, souffla-t-elle doucement.

- Il faut bien que tu saches à quoi t'attendre, répondit Kyo avec un sourire plus grand encore. Je te donne ma parole que c'est toi qui viendra me supplier de prendre mon dû à chaque fois...

Il conclu ces dernières paroles par un lent coup de langue le long de la gorge de Yuya. Elle gémit malgré elle et le repoussa des deux mains, honteuse de sa réaction face à cette étrange sensation que Kyo lui avait déjà procuré plusieurs fois déjà.

Non pas qu'elle ait compté ! Se dépêcha-t-elle de se défendre intérieurement.

Le jeune samouraï ricana à nouveau, décidément il adorait la taquiner cette gamine. Et il se disait qu'il aurait tout le temps et toute la liberté de s'amuser à ses dépend tant qu'elle resterait avec lui.

- Allez on y va, dit-il avant de la traîner derrière lui.

- M-mais attends Kyo ! Protesta Yuya. Je commence à avoir faim !

- Ben tu vas devoir te retenir encore jusqu'à ce soir, répondit-il en jetant un coup d'oeil sadique derrière lui.

Yuya vit rouge et le frappa au dos, ne lui causant aucune douleur, souligna Kyo dans son esprit avec un sourire qui s'agrandissait.

- Kyo j'ai pas envie d'attendre jusqu'à ce soir !

- Pas de bol planche à pain, c'est moi qui décide.

- Grrr Kyo !

- J'adore t'entendre grogner, un vrai petit chien.

- La ferme Kyo !

- HA HA HA HA !

Même si après huit mois de voyage avec lui, Yuya savait qu'il pouvait parfois se comporter comme un gamin de quatre ans, mais cela ne l'empêchait pas d'avoir envie de lui arracher les yeux à chaque fois !

- Arrête de rire abruti !

- Attention planche à pain, menaça Kyo avec amusement, si tu continue à être insolente je vais devoir te mettre une bonne fessé...

- E-ESPECE DE SALE PERVERS !

Et il reparti dans un immense éclat de rire qui fit fuir quelques oiseaux et rongeurs sur leur chemin.

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A suivre...

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Je rappelle que c'est une fiction et que Kyo est un homme à femme, on le sait tous. Yuya est encore bien bien jeune mais elle se fait déjà sa place dans le coeur de notre Mibu préféré !

Encore un peu de patience et Yuya pourra bientôt lui faire vraiment tourner la tête...

C'est sa petite planche à pain chérie après tous ^^