Voilà le chapitre 2! =)

Bonne lecture!


Sa respiration accélérée résonne dans le silence épais du grenier. Elle ne se doutait pas que c'était moi, effet de surprise réussi. Elle ne bouge pas enhardi, je m'apprête à caresser une de ses mèches rebelles, mais j'hésite quelques secondes de trop. Doucement, comme pour ne pas me vexer, elle se libère de mon bras sur sa taille, et se tourne vers moi.

La lueur de la lune éclaire à demi son visage, je distingue ses joues rosies. C'est très bête, mais ça me fait plaisir. Je ne loupe pas non plus ses sourcils froncés, sa mine presque offusquée. Quoi, qu'est-ce que j'ai encore fait de travers ?

Depuis une semaine Hermione m'évite, c'est aussi évident que le nez au milieu de la figure. J'ignore pourquoi, et je ne sais pas si j'ai envie de connaître la raison. Ça a sûrement un rapport avec ce qui s'est passé dans une certaine Salle sur Demande un certain soir…

A vrai dire je n'ai pas beaucoup eu le temps d'y penser depuis une semaine. Mon frère disparu hante les esprits, il est partout, constamment présent. Je me fais tellement de souci pour Maman, et pour Georges évidemment.

C'est seulement ce soir que mon esprit a consenti à revenir sur ce qui s'est passé entre Hermione et moi lors de la bataille.

Je m'assois sur un carton près d'elle. Si elle ne veut pas que je l'approche, autant éviter de m'installer sur un accoudoir.

- Je te cherchais. C'est Harry qui m'a dit que tu étais au grenier…

Hermione lève les yeux au plafond d'un air profondément agacée. C'est bien ce que je pensais, elle s'est disputée avec lui.

- On… On ne s'est quasiment pas parlé depuis… Est-ce que tu… Tu vas bien ?

J'ai beau ne pas lui en vouloir du tout, son comportement hostile me déstabilise. Je suis habituée à nos disputes, à nos réconciliations. Mais ce soir je ne sais pas pourquoi elle semble m'en vouloir.

« Espèce d'idiot, tu as vraiment cru qu'elle te tomberait dans les bras ? ». Oui, c'est ce que j'ai cru… Mais il va falloir que je me défende un peu mieux que ça, après une semaine de silence.

- Ça va, Ron. Ne t'inquiète pas pour moi, il y a des tas de gens qui ont bien plus besoin de ton aide que moi.

Pourtant rien que sa voix tremblante indique qu'elle ne va pas bien. Ma Hermione souffre et je n'ai même pas pris la peine d'être là pour elle. Quel con.

- Je me fiche de qui a besoin de mon aide et de qui n'en a pas besoin ! Herm', tu es ma meilleure amie ! Je ne vais pas te laisser souffrir en silence ! On est tous là pour toi. Si tu as besoin de parler, je suis là. Je suis là maintenant, tout de suite.

- Ça va, je t'assure…

Elle m'offre un pâle sourire – c'est déjà ça.

- Merci, Ron.

- A ton service !

Je fais mine de lui faire un salut militaire. Il n'y a que toi pour faire des blagues dans un moment pareil, espèce d'imbécile… Mais elle s'esclaffe, c'est l'essentiel.

- Et toi ? Comment tu te sens ?

Son ton est redevenu doux, presque tendre. Herm', s'il-te-plaît ne me regarde pas avec ces yeux là…

- Je… On n'ira pas jusqu'à dire que ça va. Mais quand je vois Maman et Georges… C'est…

Je ferme les yeux. J'ai déjà versé des litres et des litres de larmes, mais quand est-ce que ça va finir ? Pas maintenant s'il-vous-plaît…

- Maman se laisse aller au chagrin, au moins. Comme nous tous, même si pour elle c'est encore plus dur. C'est Georges qui m'inquiète le plus, il fait comme si… comme si tout allait bien, mais il suffit de l'observer un peu pour remarquer son regard… mort…

Mon visage est déjà humide de larmes. Je m'étais promis de ne pas pleurer devant elle, pourtant.

Hermione me tend la main, invitation silencieuse à la rejoindre pour partager notre chagrin. On se serre comme on peut, sur ce vieux fauteuil défoncé. Nos larmes se mêlent, notre étreinte a la force du désespoir. Je sens son petit corps, fragile et amaigri par tous ces mois de frugalité, serré contre le mien. Mais ce soir aucune autre pensée ne me traverse l'esprit. Ce soir Hermione est simplement ma meilleure amie, ma sœur de cœur, ma sauveuse dans cet océan de détresse.

Nous pleurons longtemps.

A un moment sa respiration se fait régulière, apaisée. Elle s'est endormie.

Avec toutes les précautions du monde, je la libère. Je fais apparaitre une couverture supplémentaire, elle n'aura pas froid cette nuit.

La lune éclaire toujours son visage. Ses yeux encore gonflés. Sa peau de porcelaine, encore plus pâle qu'à l'ordinaire. Son nez fin et un peu trop long. Sa crinière châtain, le sujet de toutes mes railleries d'avant. La femme que j'aime, dans toutes ses imperfections et ses perfections.

Incapable de résister, je me penche tout doucement pour effleurer son nez de mes lèvres. Elle reste parfaitement endormie. Alors, dans toute ma lâcheté, sûr qu'elle ne m'entendra pas, je murmure :

- Dors bien. Je t'aime.

Et je file sur la pointe des pieds.


Merci de m'avoir lue! N'oubliez pas les reviews!^^

La suite demain normalement!