Hey, hey, hey! :) Salut les gens!
Nouveau chapitre du pensionnat! Aujourd'hui, l'arrivée au camp (chapitre assez court, donc) des loupiots.
J'espère qu'il vous plaira ^^ Merci beaucoup pour toutes vos reviews, elles m'ont fait vraiment plaisir!
Bonne lecture!
Sombr '
Severus faillit trébucher quand il sortit de la voiture, devant se pencher pour éviter de justesse une nouvelle baffe à l'arrière du crâne. Il n'eut pas même le temps de retrouver son équilibre sur le trottoir humide que Tobias lui lança son sac à dos. L'attrapant par réflexe, Severus recula machinalement d'un pas.
-J'reviens te chercher le 30 août, lança sèchement son père en refermant la portière. D'ici là, me cause pas de problèmes et apprends donc enfin à te comporter comme un être humain normal.
Un grondement de moteur et un crissement de pneus plus tard, la vieille Honda grise était repartie, Tobias au volant. Poussant un soupir, Severus passa la bretelle de son sac autour de son épaule et se retourna vers le grand édifice derrière lui.
Une grande barrière de métal, haute d'environ deux mètres, entourait l'établissement. Le fil barbelé, rouillé et sale, qui en recouvrait les cotés et le sommet donnait un avertissement on ne peut plus clair. Il était évident que les dirigeants de ce centre préféraient savoir leurs pensionnaires écharpillés par des fils de métal pointus et tranchant qu'en cavale. Le bâtiment en lui-même, haut de trois étages, donnait l'impression d'une vieille prison abandonnée, ou alors d'un orphelinat désaffecté, avec ses murs de briques rouges et ternes et ses fenêtres grises, verrouillées par des barreaux de métal. Certainement pas l'endroit que Severus aurait choisi pour ses vacances d'été s'il avait eu son mot à y dire.
L'endroit paraissait dégager une aura d'ennui et d'abandon, comme si tous les jeunes qu'on y avait enfermés avaient inconsciemment transposés leur état d'âme sur les lieux. L'herbe était jaunâtre, le ciel était gris, le temps était humide. L'établissement faisait machinalement penser à une prison.
Severus fut interrompu dans ses réflexions par un nouveau crissement de pneu. Il se tourna vers la rue, s'efforcant de reprendre son air impassible habituel. Une voiture rouge, neuve et bien brillante, venait de s'arrêter devant lui. Un jeune homme blond sortit de l'arrière du véhicule, un sac négligement jeté sur l'épaule et l'air indifférent. Décidant qu'il avait suffisamment trainé, Severus tourna les talons et passa la grille ouverte.
Après avoir traversé une longue allée pavée de briques irrégulières, il arriva finalement à la porte ouverte de l'édifice. Une femme de la quarantaine, blonde et à l'air sévère, se tenait dans le hall d'entrée. Une femme plus jeune, rousse et souriante, était assise derrière un bureau couvert de paperasse, à coté d'elle.
-Ton nom? Grinça la femme qui se tenait debout.
-...Severus Snape, indiqua-t-il, sentant déjà qu'il allait adorer la femme quand celle-ci renifla avec mépris en marmonnant quelque chose au sujet des noms anormaux.
-Severus Snape, répéta pensivement la rousse en consultant quelques feuilles. Ah, voilà! Le fils de Tobias Snape?
Severus confirma d'un hochement de tête assez peu enjoué. La rouquine cocha son prénom sur une de ses longues listes, puis lui tendit quelques feuilles et un cadenas avec un sourire.
-Je m'appelle Jennyfer, l'informa-t-elle gentiment. Je suis l'infirmière du pensionnat. En cas de problème, n'hésite pas a te rendre à l'infirmerie, au rez-de-chaussée.
-Ne lui dis pas ça, Jenny, maugréa l'autre femme. Tu sais bien que la vermine passe son temps à éviter les cours en s'inventant des problèmes... Elle se tourna ensuite vers Severus, l'air mauvais. Moi, je suis Mrs Moera, et je gere les punis, alors assure toi de ne créer aucun problème, c'est clair?
Severus accorda à Mrs Moera son regard le plus menacant, formant tout de même un sourire presque poli sur ses lèvres. Il hocha doucement la tête et Jennyfer, qui avait jeté jusque là un regard réprobateur à Moera, lui indiqua gentiment une direction qu'elle désigna comme les vestiaires, avant de se tourner vers le jeune homme blond qui était arrivé derrière Severus entre temps, lui demandant son nom. Severus lui accorda mentalement un point pour conserver son sourire en présence de Moera.
Il se rendit dans la pièce indiquée par l'infirmière. Une douzaine de jeunes adolescents, filles et garçons mélangés, s'y trouvaient déja, discutant tout en rangeant des affaires dans des casiers sous l'oeil vigilant d'un homme au regard vif et menacant, dont le sourcil gauche était agité d'un tic. Personne ne prêta spécialement attention à Severus alors qu'il consultait le premier papier de la pile que lui avait donnée Jennyfer, lequel l'informait du code de son cadenas (14-4-34) et de son numéro de casier (le 41B).
Il repéra sans mal le casier, au fond de la pièce dont le mauvais éclairage bleuté avait quelque chose de sinistre. Il faisait environ un mètre de hauteur sur quarante centimètres de large et quarante centimètres de profondeur. Jetant quelques coups d'oeil nerveux autour de lui, il enleva sa veste et la suspendit au petit crochet, au fond de la case. Observant soigneusement ce que les autres faisaient, il enleva également son sac et le laissa tomber au fond du casier.
Severus referma la porte de métal et placa le cadenas sur l'attache visiblement prévue à cet effet, le refermant avec hésitation. Puis, il se recula et se laissa tomber sur un banc de bois vissé au sol, les yeux rivés sur la paperasse. La deuxième feuille, verte, était son horaire de cours, lequel semblait prévu pour laisser aux pensionnaires le moins de temps libre possible. La feuille suivante, rose foncée, l'informait que son lit était le numéro 79 de la chambre 2. La quatrième et dernière feuille était la liste des règlements du pensionnat:
1. Il est interdit aux pensionnaires de sortir de l'établissement.
2. Il est interdit aux pensionnaires de ne pas se rendre à leurs cours sans billet de l'infirmière ou des agents de sécurité.
3. Il est interdit aux pensionnaires d'échanger de lit, de case ou de chambre avec un autre des pensionnaires.
Et la liste continuait ainsi en interdictions et en restrictions jusqu'à:
48. Il est interdit aux pensionnaires d'échanger de recevoir des visites en dehors des périodes prévues à cet effet.
Severus contempla la feuille un long moment, interdit. Apparemment, il lui était interdit de faire à peu près n'importe quoi qui n'était pas spécifiquement autorisé par les agents du centre. Relevant la tête, il constata qu'il était presque le seul à avoir pris la peine de lire les règlements. À présent, une trentaine de jeunes discutaient joyeusement dans la pièce sans paraitre se préoccuper de quoique ce soit. Le centre accueillait apparemment, au vu du grand nombre de casiers métalliques, une centaine de jeunes "délinquants".
Soudain, Severus se figea, les yeux écarquillés. Oh Merlin, non... Tout, tout mais pas ça...
Je suis maudit.
Sirius Black, l'air morose et une cape sur le dos, venait d'entrer dans la pièce. Une dizaine de regards curieux ou amusés se tournèrent vers lui à cause de son habillement et quelques marmonnements moqueurs retentirent sur son passage tandis qu'il se dirigeait vers son casier, les ignorant soigneusement. Il ouvrit la case d'un air passablement perplexe, déposant son sac de voyage à l'intérieur. Severus baissa précipitamment la tête quand le Gryffondor balaya a nouveau la pièce du regard.
C'est à ce moment que la chose qu'il ne voulait pas entendre retentit.
-Snape?
Sirius jeta un regard assassin au chauffeur impassible de la voiture du ministère quand il claqua la portière, comme si tout était de sa faute. Sa cape sur le dos, il leva les yeux vers l'établissement. Gris et sinistre, il lui rappelait bizarrement les camps de concentration moldus qu'il avait vu sur des illustrations, en étude des moldus. Il eut une grimace de dégout. Il ne s'était pas attendu à mieux... et quand bien même eut-ce été un palace, il l'aurait détesté.
Hors de question de développer le syndrome de Stockholm, après tout. Pas question d'accepter sa cage ou de la respecter. Il les haïraient tous jusqu'au dernier et le ferait sentir. Ah, on l'envoyait dans un camp pour jeunes difficiles? Peut-être voudraient-ils savoir à quel point il pouvait l'être?
Sur ces résolutions hargneuses, il prit une grande inspiration -sa mère lui avait confisqué sa baguette, aussi devait-il s'habituer à se comporter en moldu, ce qui n'était pas peu stressant- et passa la grille métallique du camp.
Jetant des coups d'œil morose mais attentif autour de lui, il eut tôt fait d'arriver à l'intérieur du hall d'entrée. Une jeune femme souriante et une autre, un peu plus vieille, au regard assassin, l'y attendaient. Après des "présentations", la rouquine lui remit un paquet de feuilles et un étrange instrument métallique doté d'une roulette et de chiffre et lui indiqua qu'il devait se rendre aux vestiaires, au fond du couloir.
La pièce était agitée d'un grand brouhaha. De nombreux adolescents, aux apparences aussi étranges que diversifiées, s'y trouvaient, discutant joyeusement entre eux. De nombreuses boites de métal, assez grandes, étaient ouvertes, des sacs et des vêtements -et un lézard, nota-t-il- y étaient déjà rangés. Sirius en déduisit qu'il s'agissait des casiers. Un coup d'oeil sur l'une des feuilles données par l'infirmière l'informa que le sien était le numéro 27A. Il le repéra assez rapidement -il se trouvait totalement à la gauche de la pièce.
Continuant à jeter des regards noirs autour de lui, il se dirigea vers sa case. Des murmures amusés et des gloussements moqueurs retentissaient sur son passage (un mot revenait fréquemment: gothique. Qu'est-ce que c'était que ça, encore?), mais il fit de son mieux pour les ignorer, s'efforcant de penser qu'ils ne lui étaient pas destinés. Il eut un instant de doute, face à la porte de métal puis il tenta de l'ouvrir, retenant un soupir soulagé quand elle s'exécuta sans résistance.
Jetant un nouveau coup d'oeil alentour pour juger de ce que faisaient les autres (mais pourquoi y'en avait-il tant qui l'observaient? Il état beau, d'accord, mais n'avaient-ils jamais vu quelqu'un avec de beaux traits aristocratiques?), il se décida à se débarasser de sa cape qu'il accrocha sur un crochet au fond de l'espace métallique. Il y glissa également son sac, continuant de jeter des oeillades nerveuses au dessus de son épaule. Il se préparait à refermer la porte quand un mot, prononcé avec une intonation enthousiasme et étonnée remarquable, lui fit lever la tête.
-Snape?
Il se tourna dans la direction où le cri avait retentit, écarquillant les yeux. Pas ça! Merlin non, pas Snivellus Snape!
Et pourtant... pourtant il était impossible à manquer. Son nez cassé, ses épaules voutés, ses cheveux noirs, gras et trop longs, son regard sombre et fuyant... paraissait étonné tandis qu'il observait le jeune homme qui l'avait appelé. Autour d'eux, personne à part Sirius ne leur portait attention.
-...je te connais? Lança-t-il finalement. Sirius le maudit pour cela, parce que l'entendre parler le rendait encore plus réel. Il n'avait aucun moyen de se dire à présent que c'était quelqu'un d'autre qui lui ressemblaient. Et s'appelait aussi Snape. Ce ton de voix, sec et un peu méfiant, n'appartenait qu'à lui.
-Pas personnellement, répondit le jeune homme, les cheveux noirs de jaie. Il portait un anneau au sourcil gauche et un sourire tordu étirait ses lèvres. T'es le fils de Tobias Snape, quand même, j'me trompe? De Spinner's End?
Sirius n'en aurait pas juré, mais il était presque sur que Severus avait eut un tic nerveux.
-...Ouais.
-J'm'en doutais, tu ressemble à mort à tes parents! répondit l'autre avec un grand sourire, s'asseyant face à Severus pour lui parler. Le Serpentard jeta un coup d'oeil nerveux autour de lui et s'arrêta une seconde supplémentaire sur Sirius avant de se reporter précipitamment vers son interlocuteur.
Ainsi, Snape l'avait déjà aperçut... Sirius siffla entre ses dents, agaçé, laissa tomber le paquet de feuille sur la tablette de son casier et le ferma d'un coup de pied rageur. Il jeta un regard noir a l'instrument métallique donné par l'infirmière. Qu'était-il sensé en faire, exactement? Ces moldus...!
Il n'eut pas le temps d'approfondir la question qu'un claquement sonore, suivit d'un sifflement strident, retentirent. Les conversations stoppèrent presque aussitôt et tous les regards se reportèrent vers l'entrée, de là ou provenait le son. Sirius jeta un regard en coin à Snivellus puis se tourna à son tour. L'agente de sécurité, Moéra, se trouvait là, un sifflet à la bouche et un sourire mauvais aux lèvres. Devant elle se tenait un homme de grande taille, mince, le regard hautain et les cheveux soigneusement plaqués sur le coté et un autre, plus musclé, l'air morose, chauve et le crâne tatoué. Le moustachu plissa le nez, redressant de la sorte sa moustache en brosse à dents, et balaya les jeunes d'un air mauvais que la plupart d'entre eux lui rendirent.
-Je suis le directeur de ce centre, grinça-t-il. Si vous êtes ici, c'est parce que vous êtes des problèmes, c'est clair? Il n'y a personne dans ce centre qui n'ait pas de bonnes raisons d'y être. Vous avez été classé selon votre âge, pas votre intelligence ou votre degré de criminalité.
Il avait prononcé le mot "criminalité" avec une intonation qui faisait davantage penser a un meurtrier qu'à un adolescent difficile.
-Ce qui veut dire, poursuivit-il, que vous pouvez aussi bien être en cours avec des tueurs qu'avec des voleurs de bonbons. Vous êtes tous des cas à problèmes qui nuisent à la société, et il est de notre devoir de vous rendre normaux. Les filles et les garçons seront séparés en permanence pour éviter que vous ne vous pervertissiez les uns les autres plus que nécessaire. Alors les demoiselles, vous partez avec Mrs Moéra immédiatement. Les garçons, vous restez ici. Mr Westerberg va s'occuper de vous.
Il tourna sèchement les talons et s'éloigna sans un regard en arrière malgré les marmonnements mécontents des adolescents. Mrs Moéra siffla à nouveau un coup strident.
-Les filles, vous venez avec moi immédiatement. Libre à vous d'essayer de rester discrètement ici, bien sûr, mais je ne vous le conseille pas si vous tenez à conserver intacte la jolie peau de votre dos délicat.
Elle fit elle aussi demi-tour et quitta la pièce sans vérifier qui la suivait ou pas. À la plus grande consternation de Sirius, toutes les filles sans exception la suivirent plus ou moins docilement. Ces moldues n'avaient-ils aucune fierté?
Il ne resta bientôt plus dans le vestiaire qu'une soixantaine de garçons et le gardien au nom imprononçable, lequel balaya la pièce d'un regard percant et inquisiteur.
-Comme le directeur l'a dit, déclara-t-il sèchement, vous êtes tous ici des rebuts de la société. Si vous êtes là, c'est que vous nuisez aux gens normaux, tous sans exception. Les punitions corporelles ont hélas été interdites il y a quelques temps, mais sachez que je n'aurai aucun remord à vous envoyer aux cachots pour la nuit, et croyez pas, c'est pas là qu'vous voulez vous r'trouver. Alors si vous voulez éviter ça, j'vous conseille fortement de vous t'nir à carreau. C'est clair?
Il ne recut aucune autre réponse que des regards noirs ou ennuyés. Sirius grimaça discrètement. L'été promettait d'être très, très long.
T'imagine même pas, Gryffi ;)
Prochain chapitre, on rencontre ses camarades de chambre, on se forge une réputation et on s'habitue au rythme du pensionnat!
Review, please?
