Méthode scientifique
Rating : T (voire M sûrement)
Univers :
- Star Trek les films de 2009 (spoiler film 1 et 2, je n'ai pas encore vu le 3!)
- Infos sur l'univers en général
- Se situe en cours de la mission de 5 ans, dans le début de la deuxième année
Couple : Spock-Kirk
Message : Bon j'ai pas eu de retours sur la première partie mais je m'amuse beaucoup à écrire cette fic :D
J'ai fini la partie 4 aujourd'hui donc je vais publier sûrement dans la foulée la suite. Merci pour les 2 follows en tout cas et j'espère que la suite plaira aux gens qui passent par ici. Bonne lecture !
Méthode scientifique – Partie 2
Il ouvrit les yeux brusquement, ayant bien du mal à retrouver ses repères dans la pièce sombre où il était allongé. Oui, ça lui revenait petit à petit : il était dans sa cabine au cœur même de son vaisseau. Tout allait bien. Il pouvait calmer sa respiration. Depuis quelques temps, le sommeil de Jim Kirk était particulièrement laborieux. Peut-être le fait d'approcher du premier anniversaire de sa mort le perturbait plus qu'il n'était capable de l'avouer… ?
Au moins, il pouvait se féliciter d'avoir dormi plus de cinq heures d'affilés. Il savait que c'était uniquement dû au fait qu'il avait nourri son lien avec Spock Prime quelques jours auparavant lors d'une mission diplomatique fort revigorante. Mais maintenant que la présence rassurante de son ami avait disparue, il se sentait seul et démuni face au flot constant d'émotions qui l'assaillait de toute part. Il se leva avec peu d'entrain et se dirigea machinalement vers la douche sonique.
Parfois, il avait l'impression d'être vide. De ne plus rien ressentir à part le froid de l'espace. Comme si ses membres se calcifiaient au fur et à mesure que le temps se déroulait. La chaleur soudaine de l'eau pressurisée sur son corps glacé lui fit reprendre ses esprits. En quelques secondes, il était propre et disponible pour une nouvelle journée. Une nouvelle journée en tant que capitaine de l'USS Enterprise.
Il était fier de ce qu'il avait accompli depuis son entrée à Starfleet bien entendu : il était le plus jeune capitaine de l'histoire de la compagnie et le seul à pouvoir se vanter d'avoir sauvé deux fois la Terre dans l'exercice de ses fonctions. Clairement, il était respecté par son équipage et il prenait beaucoup de plaisir à naviguer à travers l'espace. Il enfila machinalement son uniforme doré et se regarda dans le miroir quelques secondes avant de détourner le regard : il se trouvait une mauvaise mine.
Il alla se préparer un café à sa petite machine personnelle, privilège des cabines de capitaine, et s'installa à son bureau pour le boire en même temps qu'il faisait semblant de relire un dossier en cours sur son PADD. Il soupira fortement, incapable de se concentrer pour le moment. Il devait se calmer avant de commencer son quart de commandement.
L'infini et le froid de l'espace avaient une mauvaise influence sur son moral. Il s'en rendait bien compte : cela faisait bientôt un an qu'il était sur l'Enterprise pour leur mission d'exploration qui en compterait cinq. Il y avait eu des missions dangereuses, ennuyeuses, merveilleuses, frustrantes ou encore terrifiantes en quelques mois. Ils avaient établi le contact avec de nombreuses espèces nouvelles et fait le bonheur des équipes scientifiques…
Oui, tout ça était bien beau mais la moitié du temps, lui, l'homme d'action incapable de rester en place une seconde, il était terriblement statique, sans rien à faire. L'équipe était si bien rodée qu'il avait à peine à donner des instructions pour que tout fonctionne parfaitement sur le vaisseau. Avait-il vraiment sa place ici ? Hormis prendre des décisions, il n'apportait rien ici. Il prenait le temps de connaître chaque personne engagée sur son bâtiment mais c'était surtout pour combler le vide abyssal qu'il sentait grandir en lui.
D'une certaine manière, il n'était plus pareil depuis qu'il était devenu capitaine. La charge du poste arrivait parfois à lui peser et il essayait de ne jamais penser à sa dernière mort… Même s'il savait qu'il referait exactement les mêmes choix si l'occasion de recommencer lui était donnée.
Jim soupira une nouvelle fois et lava sa tasse à moitié vide dans son évier de salle de bain avant de la ranger soigneusement. Il regarda sa montre murale et se rendit compte qu'il avait bien une heure devant lui avant de commencer son quart. Il devait passer à l'infirmerie : il ne devrait pas croiser grand monde à cette heure très matinale.
L'enseigne Hosni Sato semblait aller bien mieux. Cette petite du Corps des Ingénieurs avait eu un accident la veille en voulant réparer un élément du vaisseau et avait été conduite en urgence à l'infirmerie. Heureusement, le médecin de bord avait pu la soigner.
« Est-ce que le docteur McCoy vous a dit quand il comptait enfin vous libérer ? » Demanda poliment le capitaine en souriant à la jeune femme rougissante sur son lit d'hôpital.
« Dans la journée, Capitaine. Il a dit que je me remettais très bien de mes brûlures. »
« Bien, parfait ! » Fit Jim en faisant un signe d'au revoir de la main. « Je vais retourner à mes occupations alors et j'aurai plaisir à vous revoir dans la salle des machines, enseigne Sato. »
« Merci mon capitaine. » Répondit la jeune femme dans un grand sourire.
Kirk allait sortir de la pièce d'un pas léger quand il entendit un grand bruit sur sa droite, comme si quelqu'un avait frappé dans une vitre. Il s'arrêta mais n'osa pas se retourner. Il savait bien qui pouvait faire autant de bordel impunément dans l'infirmerie et il n'était pas pressé de se retrouver en tête-à-tête avec lui…
« Capitaine, je crois que le docteur McCoy souhaite avoir un entretien avec vous. » Annonça une voix féminine amusée.
Jim fit un demi-tour grâcieux sur lui-même et offrit un sourire charmeur à l'infirmière Chapel. Il apercevait du coin de l'œil son ami Bones au téléphone dans son bureau vitré, sa main encore collée à la paroi qu'il avait frappée pour attirer son attention.
« Il semblerait en effet. »
Le capitaine vit son meilleur ami lui faire signe de l'attendre et montrer de ses deux doigts ses yeux puis Jim, le regard noir. Le message était clair mais Jim n'avait pas du tout envie de se retrouver seul avec le médecin alors qu'il faisait tout son possible pour l'éviter. Depuis sa dernière visite médicale la semaine dernière, Bones était sur son dos pour essayer de comprendre pourquoi ses signes vitaux étaient plus faibles que d'habitude. Et il ne voulait décidément pas lui dire que c'était à cause d'une petite dépression passagère liée à un chagrin d'amour et une crise de manque de Vulcain…
« Dites-lui que je suis attendu et que je viendrais le voir… Prochainement. » S'amusa Jim en faisant un grand sourire et un petit signe de main à son ami.
L'infirmière et l'enseigne pouffèrent de concert, habituées aux scènes qu'offraient les deux amis régulièrement sur le vaisseau. Le médecin s'embla s'énerver dans son bureau mais ne coupa pas pour autant la communication : le capitaine ne perdait rien pour attendre.
C'était un Jim amusé de sa blague à l'infirmerie qui arriva dans le laboratoire scientifique numéro 8 : il savait que la vengeance de Bones serait terrible mais il avait l'habitude à force. Ce qui l'intéressait à présent, c'était de voir encore une fois l'immense fleur qu'ils avaient ramenée d'une planète découverte quelques semaines auparavant. Sous couvert de surveiller l'avancée des recherches scientifiques en cours, il venait ici souvent pour admirer la plante aux longs pétales.
En tant que capitaine, il se devait d'être au courant de ce qui se passait sur son vaisseau non ? Et si cela impliquait de pouvoir sentir le doux parfum de cette fleur majestueuse, ce n'était qu'un bonus. Sûr d'être seul, il s'approcha avec prudence, personne ne savait exactement les propriétés de cette plante et l'expérience lui avait appris à être méfiant, et respira le parfum enivrant.
Des images de son enfance lui revenaient : les rares moments heureux passés avec sa mère dans leur jardin loin du regard des autres et des problèmes de sa vie. Peut-être était-ce parce qu'il ne l'avait pas vu depuis des années, mais sa mère lui manquait à cet instant. Il soupira à mi-chemin entre la nostalgie et l'agacement quand il fut interrompu par un bruit de pas. Il se redressa et s'intéressa à un PADD qui traînait dans le coin pour se donner une contenance.
« Capitaine ! » S'écria une voix masculine qu'il reconnut facilement.
C'était le jeune enseigne Malcom Reed qui avait rejoint l'Enterprise à leur dernière escale. Il était manifestement agréablement surpris de tomber nez-à-nez avec l'officier principal du bâtiment. Jim le soupçonnait même d'être légèrement épris de lui.
« Comment avance le projet de recherche, enseigne Reed ? » Engagea Jim en faisant un pas en arrière pour laisser la place à la tunique bleue.
« Très bien mon capitaine, nous avons établi plusieurs faits- »
Mais le jeune homme ne put finir sa phrase : dans son empressement de s'approcher pour offrir une explication à son officier supérieur, il ne fit pas attention et donna un petit coup sur un pétale de la fleur. Jim réagit au quart de tour et courut appuyer sur le bouton d'urgence en tirant à lui le jeune homme. La plante commençait à émettre un son strident et générer une lourde fumée noire. La porte de confinement était déjà en train de se refermer et Jim eût juste le temps de jeter l'enseigne hors du laboratoire avant qu'il ne soit scellé. Tout c'était passé en une fraction de seconde.
Les lumières s'éteignirent brusquement, laissant le capitaine dans une obscurité uniquement coupée par les lampes à chaleur permettant aux plantes de survivre, donnant à la pièce une allure lugubre. Un torrent d'eau lui tomba sur la tête pour tenter d'empêcher la fumée noire de se propager et Jim se fit la réflexion que la journée ne commençait pas vraiment bien.
« McCoy à Kirk. » Grésilla le communicateur à sa ceinture.
« Oui Bones ? » Répondit-il rapidement.
« Il semble qu'il y ait une situation de contamination au laboratoire 8. » Exposa le médecin d'une voix professionnelle.
« Je sais. » Répondit un Jim stoïque en regardant la fumée contaminée se cantonner à ramper sur le sol grâce à l'eau déversée.
« Ramène-toi rapidement alors, il faut évaluer les dégâts bon sang ! » S'écrit-il en perdant le peu de patience qu'il avait.
« Cela va être compliqué… » Tenta d'expliquer le capitaine en sentant dans son timbre de voix qu'il n'allait pas duper son vieil ami.
Il y eût un silence de mort avant que Bones reprenne la parole.
« Ne me dit pas que- »
« Si. » Coupa Jim dans un soupire fataliste.
« Bordel Jim ! Tu vas toutes nous les faire ou quoi ? » S'énerva le médecin, inquiet.
« Bones… » Soupira à nouveau le capitaine, frustré d'être pris au piège : pour une fois il n'y était pour rien !
« Combien de contaminés ? » Repris McCoy de manière professionnelle.
« J'ai réussi à faire sortir l'enseigne Reed avant la fermeture définitive mais il faudra l'examiner au plus vite. Sinon je suis seul. »
« Capitaine ? » Fit une voix en même temps que lui.
Il reconnut en un battement de cœur cette voix. Mais il était maudit ou quoi ? Il vit son second avancer laborieusement jusqu'à lui en évitant la mare visqueuse et noire au sol. La magnifique fleur semblait luire dans la pénombre et, malgré que tout soit brûlé autour d'elle, elle n'avait pas perdu de sa superbe.
« Spcok ?! Mais que faites-vous ici ? » S'étouffa Kirk en oubliant de fermer le canal de son communicateur.
« Ceci est mon laboratoire, Capitaine. » Répondit très logiquement Spock en arquant un sourcil inquisiteur.
« Bien. Vous avez remarqué que nous sommes en pleine crise. » Suggéra-t-il, visiblement vexé par la réponse froide de son second.
Spock ne lui avait pratiquement pas adressé la parole depuis la mission diplomatique avec son double et il le soupçonnait de lui en vouloir pour une raison qui lui était inconnue. Cela lui serrait le cœur mais il ne savait plus vraiment comment agir avec son second. Une boule grandissait dans son ventre et sa gorge : et s'ils avaient été mis en contact avec un agent biologique mortel ? Il avala difficilement sa salive et soudain ses vêtements mouillés semblaient peser une tonne sur son corps frigorifié.
« Oui, il me semble que l'alarme de confinement est un bon indicateur de la situation actuelle. » Crût bon de préciser le Vulcain en réponse à la remarque de son capitaine.
« Bon les tourtereaux, loin de moi l'idée de vous déranger mais j'ai une situation de crise à gérer moi parce que mon capitaine ET son second sont bloqués dans un foutu labo contaminé par une foutue plante extraterrestre ! » Hurla la voix déformée de McCoy à travers le communicateur toujours ouvert et détrempé de Jim.
« Respire Bones. Ça va aller. » Tenta de détendre le capitaine en reprenant le dessus sur son angoisse.
« Mon cul oui que ça va aller. Filez à la douche de décontamination tout de suite, bande d'abrutis ! » Ordonna le médecin.
Jim avisa la petite douche éclairée d'une lumière rouge au fond de la pièce. Il fit signe à Spock de le suivre et l'invita à prendre sa douche en premier.
« Ceci est tout à fait illogique, vous avez été celui le plus exposé à la substance de la fleur. D'autre part, ma condition de Vulcain me permet d'être plus résistant. Il est donc logique que vous passiez en premier. »
« Spock, je ne vais pas y aller alors que vous risquez aussi de- »
« Ho c'est pas bientôt fini oui ?! Vous y allez tous les deux EN MÊME TEMPS ET JE VEUX PLUS RIEN ENTENDRE MERCI ! » Conclut Bones alors que Jim coupait le communicateur pour avoir la paix.
Jim se maudit de n'être pas né sous une bonne étoile quand ils furent entièrement nus avec son second dans la douche de décontamination. Spock ne semblait pas être particulièrement pudique : il ne cherchait pas à se soustraire au regard potentiel de son capitaine. Jim se fit la réflexion que peut-être, comme les Vulcains ne pouvaient pas mentir, l'espèce de Spock ne voyait aucun problème à se montrer dans le plus simple appareil.
Le capitaine appuya sur le bouton de lancement et une pluie de gouttes bleutées leur tomba dessus. Dans un rebord de la douche se trouvait des sortes d'éponges pour se frotter la peau et enlever toute particule contaminée de l'épiderme. Les deux membres d'équipage prirent une éponge et commencèrent à se nettoyer méthodiquement dans un silence épais.
L'humain était terriblement tenté de détailler le corps de son homologue et d'y déceler toutes les différences qu'il avait apprises au cours de ses discussions avec Spock Prime ou dans ses recherches sur le sujet. Il était conscient d'avoir développé des sentiments très forts pour son second et il avait eu besoin de réponses à ses questions. Ne pouvant les obtenir de la part de la personne en question, il avait trouvé des dérivés pour s'instruire.
Il n'était donc pas étonné de voir la peau laiteuse de Spock et la teinte verte qu'avait son réseau de veines. Ses réflexions furent coupées net par la voix profonde de son second.
« Vous vous sentez mal Capitaine ? »
Il avait dû arrêter trop longtemps de se décontaminer, entraînant ainsi l'attention du Vulcain sur lui. Il se félicita intérieurement que son désir soit anesthésié par l'anxiété liée à leur situation parce qu'il aurait eu du mal à justifier une érection à cet instant. Mais le regard foncé posé sur lui en une interrogation qui attendait une réaction de sa part aurait pu totalement lui enflammer les sens…
« Non, je réfléchissais à la marche à suivre. »
« Nous devons finir la session de décontamination et attendre les instructions de docteur McCoy. » Récita le Vulcain en se frottant méthodiquement le bras.
« Certes. » Soupira Jim, son cerveau analysant une nouvelle donnée. « Cependant vous n'avez pas pris en compte qu'il va falloir se décontaminer le dos aussi. »
Spock garda le silence et stoppa tout geste. Il parût surpris de la suite du commentaire de son capitaine.
« Je suis conscient que le toucher est sens très sensible pour votre espèce. M'autorisez-vous à vous assister ? »
« Ceci est acceptable. » Répondit le Vulcain après un temps de réflexion.
« Sachez que je n'attends pas de vous que vous me touchiez aussi, je pense pouvoir me débrouiller seul. »
Cette phrase sonnait faux dans sa tête : bien sûr qu'il voulait que Spock le touche… Mais pas dans une situation aussi désastreuse et non consentie. Il avait l'impression d'avoir avalé un verre de gravier tant sa gorge était sèche à cet instant précis.
« Votre logique m'est totalement obscure. Tournez-vous et taisez-vous. » Fit Spock en attrapant l'éponge dans les mains de son capitaine pour l'appliquer sans douceur sur son dos.
Jim resta stoïque durant toute la procédure et ne laissa même pas une pensée inconvenante s'échapper de son esprit quand il rendit la pareille à son second. Non, les fesses du Vulcain n'étaient pas parfaitement désirables. Non, ce dos fin mais puissant ne lui donnait pas du tout envie de l'explorer du bout de sa langue. Non, les oreilles pointues ne l'appelaient pas pour des baisers interminables. Non, il n'avait pas du tout envie de lier ses doigts à ceux détendus devant lui pour le baiser si étrange de l'espère ancienne… Il savait se tenir.
« La procédure est remplie à présent. » Indiqua Spock en éteignant enfin la douche de décontamination et en jetant les éponges usagées au sol.
Une petite pièce avec des serviettes et des tuniques médicales s'ouvrit juste à côté d'eux. Ils purent se réfugier dans la salle et s'habiller en silence. Une faible lumière était dispensée ici mais au moins ils étaient au sec et à l'abris de la substance nocive de la plante responsable de tout ce bazar. Une trousse d'urgence et un communicateur neuf étaient posés dans un coin de la pièce avec quelques vivres.
« Bon, plus qu'à attendre que McCoy nous sorte de là ! » Soupira Jim en se laissant glisser contre un des murs.
« En effet. »
Un silence confortable s'installa et il sembla à Jim que plusieurs heures s'écoulèrent sans aucun autre bruit que leurs respirations calmes.
Jim se perdit encore une fois dans ses pensées à l'image de son second : il se rendait compte que lorsque Spock ne lui parlait pas ou l'évitait ostensiblement, comme durant toute la semaine passée, il se sentait vulnérable. Ce qui avait tout remis en question et beaucoup influencé ses sentiments au début, c'était la manière dont Spock et son double avaient envahis son esprit. S'il avait fusionné mentalement avec l'un, il était éperdument tombé amoureux de l'autre sans même réellement s'en rendre compte.
Si la fusion mentale avec Prime lui avait enseigné l'amitié et l'équipe de commandement qu'ils pouvaient être, c'était son Spock à lui qui avait éveillé la certitude d'une confiance inébranlable mutuelle dans leur travail. C'était son Spock qui lui inspirait autant de désir que de sentiments romantiques. Et il se sentait tellement coupable de cela : outre le fait que son second était en couple, il était lui-même responsable de la destruction de sa planète. S'il avait agi plus vite, peut-être que Vulcain serait toujours là, la mère de Spock avec.
Il savait bien que rien de bon ne ressortait de ses sentiments pour son second. Cependant la fusion mentale avec Prime avait aussi marqué son corps au fer rouge. Il avait l'impression de ne plus savoir même comment respirer sans Spock. Et il avait bien vu, au fin-fond de l'esprit du vieil ambassadeur, que ce dernier avait été lié mentalement à son Jim. Un fantôme de ce lien semblait subsister malgré la dimension parallèle et Jim se sentait tellement proche de Prime qu'il en oubliait parfois les bonnes manières, le Vulcain le laissant faire.
« Avez-vous mal quelque part ? » S'enquit Spock en brisant le fil des pensées de son capitaine.
Jim sembla sortir la tête d'un aquarium et reprendre pied avec la réalité : réalité où il était enfermé avec le Vulcain dont il était amoureux et qui lui faisait la gueule pour une raison inconnue.
« Non. »
« Alors pourquoi semblez-vous souffrir ? »
Le capitaine ne trouva pas de réponse logique à fournir alors il préféra se taire. Il sentait en lui le besoin impérieux de toucher la peau blanche de Spock pour se rassurer mais il étouffa l'idée rapidement. Il avait chaud d'un coup. Il se gratta le bras avec force.
« Capitaine ? » Fit la voix devenue lointaine de Spock alors qu'il glissait le long du mur.
Tout semblait tourner autour de lui et sa tête lui fit soudain un mal de chien. Il entendit vaguement l'injonction presque inquiète de son second mais il n'arriva pas à lui répondre de sa bouche pâteuse.
« JIM ! »
« Oh vous m'emmerdez à la fin Spock ! »
Le cri réveilla le capitaine Jim Kirk mais il ne fit aucun geste, trop engourdi. Il reconnût facilement les signes des effets secondaires du traitement contre les allergies sévères. Alors comme ça il avait réussi à être encore plus ridicule qu'il n'aurait jamais pu imaginer… ? Il avait envie de mourir parfois.
« Je vous l'aurai dit s'il c'était réveillé bon sang. »
La voix de Bones lui vrilla encore les oreilles mais il n'arrivait pas percevoir les réponses de son second.
« Laissez-moi travailler en paix ! » Finit par demander le médecin en claquant la porte de la chambre et s'approchant du lit. « Qu'est-ce qu'on va bien pouvoir faire de toi, Jimmy… » Soupira le médecin, la voix chargée d'émotions.
Il se posait la même question tous les jours… Et il n'avait aucune réponse à apporter.
Et de deux ! Le prochain sera depuis le point de vue de Spock.
Pouic :)
