Joe n'avait jamais vue une ville aussi étrange. Littéralement, il s'agissait d'un arbre géant, plus grand qu'un Sequoia. De la colline où elle se trouvait, on voyait ses racines parcourir au moins une dizaine de kilomètres dans toutes les directions. Sa cime semblait se perdre dans les nuages. La ville était construite à l'intérieur de l'arbre et tout autour, on voyait les multiples chemins creusés dans l'arbre et sortant de l'arbre, empruntés par de petits véhicules. Sur ses énormes branches étaient construites de multiples maisonnettes et des ponts de cordes et d'échelles enchevêtraient toutes les branches.

- Cet arbre-ville est vraiment magnifique, s'exclama Joe Tessier. Avez-vous déjà vu quelque chose comme ça.

- J'ai bien vue des villages flottants, des maisons coquillages… des…

Il croisa le regard de sa compagne.

- Non, rien de tel, en effet.

Il leva les yeux.

- Logiquement l'observatoire devrait être situé à la cime de l'arbre. De là-haut, la vue doit être magnifique. J'espère que vous aimez grimper aux arbres.

- Un robot n'a pas le vertige, dit-elle sans arrière-pensée.

Depuis qu'elle avec accepté le fait qu'elle n'était pas humaine, il lui arrivait parfois d'apprécier les avantages que lui donnaient un corps artificiel : par exemple, le fait de n'être jamais malade, d'être plus résistante et d'avoir une meilleure espérance de vie. Elle gardait autant que possible secret sa nature devant les étrangers; mais avec le docteur, elle pouvait en parler librement. Elle observa l'arbre.

- Par où allons-nous passer pour nous y rendre?

- Pourquoi ne pas demander notre chemin, dit-il en voyait un jeune homme d'apparence humaine escalader la colline dans leur direction?

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Le docteur avait trouvé tout ce qu'il avait besoin dans cet observatoire au sommet de l'arbre ville. Il y était entré sans problème en présentant son papier psychique, et maintenant, il discutait avec les scientifiques de l'observatoire de l'étrange phénomène. Josianne s'ennuyait au milieu de tout ce charabia scientifique. Elle était la compagne du docteur, mais elle ne pouvait l'assister dans ce genre de tâche. Elle décida donc de sortir prendre l'air.

Elle sortit de la bâtisse et marcha jusqu'à la clôture qui délimitait le terrain et empêchait les imprudent de tomber de la branche. De cet endroit la vue était superbe. On pouvait voir la plaine à des kilomètres à la ronde et à l'horizon, les cimes des villes éloignées.

La vue du ciel était cependant plus inquiétante. Si près du ciel la nuée avait de quoi inquiéter : elle ressemblait à une tempête de cauchemars prête à éclater. Un jeune homme vint la rejoindre.

- Ça va?

- Bien, dit-elle. Je vous reconnais vous êtes l'assistant d'un des scientifiques.

- Plutôt son apprenti. J'étudie les sciences. Et vous, vous êtes l'apprenti de ce… docteur?

- Plutôt son assistante, ou quelque chose du genre. Je ne connais pas grand-chose en science.

- C'est quelqu'un votre docteur. Son savoir impressionne même mon maître et c'est un des cerveaux les plus brillants de la planète.

- Si quelqu'un peut trouver comment arrêter cette nuée, c'est bien lui.

- Pourquoi voudrait-on l'arrêter?

- Votre planète est en danger.

- Comment : vous l'ignorez? Nous avons été contactés par la nuée. Elle est vivante : elle va changer le monde et en faire quelque chose de meilleur.