Ndla: voici la suite, avec un PDV d'Edward.

IMPORTANT: la quiche en informatique que je suis voudrait un renseignement: j'écris sur un PC, avec windows (live, je crois) et j'écris sous le traitement de texte Works. Comment puis-je transférer mes écrits pour les envoyer à quelqu'un en pdf?

Edward PDV

Sincèrement je viens de passer la pire année de ma vie.

Cela fait un an que je n'ai pas écrit une seule ligne. Rien du tout, nada.

Syndrome de la feuille blanche, il parait que ça s'appelle.

Et bien c'est l'horreur.

J'ai déjà quatre livres publiés (avec un succès auxquels je ne m'attendais pas) à mon actif, et des idées pour un cinquième mais rien à faire, ça ne vient pas.

Ca ne vient plus.

Ceci dit, contrairement à certains écrivains, moi, je sais pourquoi…

J'ai rencontré Tanya Denali à un vernissage il y a neuf mois. Elle s'est jetée sur moi. J'ai rapidement comprit que ce qui l'intéressait, c'était ma célébrité, bien que relative, mon argent et éventuellement mon physique.

Mais comme Tanya est belle et qu'elle était chaude comme de la braise au lit, j'ai décidé que je me moquais de ses raisons et que j'allais passer du bon temps.

Trois mois plus tard elle m'a convaincu d'aller passer une semaine à Las Vegas.

Deux jours après notre arrivée dans la ville du jeu, je me suis réveillé avec une gueule de bois atroce.

Et une bague au doigt. Nous nous étions mariés durant la nuit, et rien ne m'empêchera de penser qu'elle avait tout manigancé. Mais j'avais 30 ans depuis peu et j'ai décidé de donner une chance à ce mariage. Peine perdue, Tan est partie après seulement trois mois de mariage. Avec James, et c'est-ce qui m'a fait le plus mal. Je considérais James comme mon meilleur ami et visiblement je me suis trompé.

J'ai tout de suite demandé le divorce et comme Tanya était partie je ne m'en suis pas trop mal tiré, bien que j'ai du lui signer un gros chèque quand même.

Pour me changer les idées mes parents et mon frère m'ont amené au ski.

A Aspen, comme d'habitude. J'ai vraiment essayé de jouer le jeu et de sortir de ma coquille, comme disait ma mère; de m'aérer, comme disait mon père; de chercher une fille à baiser, comme disait mon frère. Sauf que j'y suis tombé malade. Au début je pensais que c'était juste un gros froid, et je ne laissais pas mon père m'ausculter, et puis quand j'ai commencé à ne plus pouvoir respirer il était un peu tard, et mon père a diagnostiqué une double pneumonie.

Cela fait un mois et 3 cures d'antibiotiques et je commence tout juste à aller mieux.

Ma mère a été aux petits soins, ce qui m'a bien arrangé au début, mais là ça commence à me peser, je suis encore fatigué et essoufflé, mais je suis capable de me réchauffer un bol de soupe et même de faire cuire des pâtes.

Je veux écrire. J'en ai besoin physiquement. Pour cela je dois me concentrer, et le faire à Seattle est désormais difficile. Parce que mon appartement me rappelle trop Tanya, et que ma mère débarque au moins deux fois par jour, inquiète et toujours prompte à me prendre la température.(ndla: thermomètre dans l'oreille, hein, je n'humilierais pas Edward à ce point-là quand même!)

Alors ce matin j'ai fait un sac avec le strict nécessaire et juste après le repas de midi (reste de quiche au saumon et aux poireaux, avec du risotto, le tout bien entendu fourni par ma mère), j'ai attendu l'arrivée de Maria, la femme de ménage pour lui expliquer que j'allais chez un ami quelques jours. Maria, MA femme de ménage, que ma mère appelle systématiquement après qu'elle ait nettoyé chez moi pour avoir de mes nouvelles … Je le sais parce que Maria m'en a parlé, avec son accent mexicain à couper au couteau:

« Monsieur Edward, votre maman est inquiète pour vous, elle appelle moi tous les jours que je viens travailler ici, il faut manger bien pour guérir beaucoup, hein? Votre maman a raison Monsieur Edward, je vais être obligée de lui dire que j'ai trouvé votre viande presque entière dans la poubelle, ce n'est pas bien Monsieur Edward, de jeter alors qu'il y a des enfants qui ont faim, et je vous parle comme je fais avec mon fils, si vous continuez je vais vous tirer les oreilles! »

Au secours.

Si vous voyez un gars, en bas de jogging et pantoufles, une écharpe autour du cou, pâle et l'air traqué , aller jeter ses poubelles dans le container des voisins, dans un quartier chic de Seattle, ne cherchez pas, c'est moi.

J'ai bien essayé d'amadouer Maria, en la prenant par les sentiments, c'est-à-dire en couvrant son petit fils (Maria est grand-mère depuis 1 mois) de compliments et de babioles, mais comme ma mère , qui est décoratrice d'intérieur, teste, entre autre, des tas de jouets ou objets de déco pour enfants (ndla: pour info des fournisseurs envoient gratuitement à Esmée des objets pour se faire connaitre auprès d'elle et qu'elle parle d'eux ou se serve de leurs produits, c'est une pratique courante), elle les donne à Maria pour le petit Diego, elle a forcément une longueur d'avance. D'ailleurs, c'est après avoir songé à écrire un livre pour enfant et le dédicacer à Diego, histoire d'avoir la paix, que j'ai prit ma décision.

C'est pour ça que je suis arrivé à Forks, à 17 heures.

Bien plus fatigué par la conduite que je ne l'aurais pensé.

J'ai regardé mon téléphone, qui était plein de messages de ma mère. Maria a bien fait son boulot, ma mère a commencé à essayer de m'appeler exactement une minute après que Maria ait quitté mon appartement…

Je lis les SMS:

« Tu vas où Edward? Quel ami? Je suis inquiète, tu es encore fragile! »

Il y en a plusieurs comme ça.

Je soupire, me cale sur le canapé et appelle ma mère.

« M'man, c'est moi. NE CRIE PAS BON SANG! Je suis à Forks. »

« A FORKS! Mais la maison doit être glacée et »

« Maman je suis grand, j'ai 30 ans, j'ai allumé le chauffage et je vais prendre une douche chaude et avant que tu me le demandes OUI j'ai amené le Tupperware de soupe que tu m'as donné hier, je vais en manger un grand bol ce soir; Avec des croutons. »

« Mais Edward quelle mouche t'a piqué? Je ne vais pas pouvoir venir te voir aussi facilement qu'à Seattle! »

Oui, c'est un peu le but, tu vois…

Evidemment je ne lui avoue pas ça. J'adore ma mère. Et avec un peu de chance un de ces jours Emmett va se faire mal sur un terrain de foot et elle m'oubliera un peu.

« J'ai besoin d'être un peu seul , pour me concentrer. J'ai envie d'écrire… »

Un silence. Ma mère reprend espoir, je le sais, je le sens.

« Je vois. Ecoute moi bien trésor, je veux que tu m'appelles matin et soir, d'accord? Si tu ne le fais pas, je t'appellerai moi-même, d'accord? »

« Ecoute , je vais aller me coucher, et je compte me lever demain matin très tôt pour écrire, je ne veux pas devoir m'interrompre, tu sais que c'est le matin que je travaille le mieux, alors disons que je t'appelle MOI demain soir, vers 20 heures, d'accord? »

« Très bien. Je note. Porte toi bien mon chéri, et si tu as un problème, appelle TOUT DE SUITE!

« Oui chef! »

Je réussis à m'en dépêtrer et la première chose que je fais c'est de vider l'intégralité de cette satanée soupe dans l'évier. Je n'en peux plus de la soupe, un mois que ma mère m'en fait ingurgiter deux fois par jour…

Je fouille dans les placards pour me trouver de quoi manger et je monte directement à l' étage.

J'y ai ma chambre, bien sûr, mais ce n'est pas cette pièce que je vais occuper ces jours-ci.

Je vais prendre la chambre de mes parents. C'est une pièce immense, avec une partie installée en bureau, et séparée du lit par une rayonnage d'étagères remplies de livres, bibelots et autres collections de ma mère.

Il y a un grand bureau et 2 ordinateurs, une baie vitrée qui donne sur une terrasse, qui donne elle-même sur le jardin.

La salle de bain est attenante.

Je pose mon sac sur le lit et regarde autour de moi. Je suis épuisé, mais satisfait. Je n'ai jamais amené Tanya ici. Jamais. Cet endroit est pur.

Je file prendre une douche et enfile un bas de jogging gris clair, un tee shirt bleu marine et un pull gris foncé.

Je m'installe sur le fauteuil du bureau et décapsule ma bière, ouvre le paquet de chips. Voilà qui remplace avantageusement la soupe!

Je bois lentement, savourant le gout amer.

Mon regard tombe sur la porte tout au bout de la chambre, juste à côté de la grande armoire.

Elle ressemble à une porte de coffre fort. Ce qu'elle est, d'ailleurs. C'est une pièce de sécurité. Blindée, insonorisée, et tout.

L'ancien proprio devait être un peu parano, quand même.

Je me lève et tourne la grosse poignée.

Je suis déjà entré dans cette pièce quand mes parents ont acheté la maison mais je ne m'en souviens pas bien.

C'est plus grand que dans mes souvenirs. Il y a une grande pièce principale qui doit faire 15 mètres carrés, avec un canapé lit, une table basse, et une petite cuisine intégrée, et juste à côté une minuscule salle de bain, mais fonctionnelle, avec douche, toilettes et lavabos. Pas de fenêtres, forcément, mais ce serait relativement agréable, sans compter le désordre.

Ma mère, qui fréquente assidument les brocantes de luxe et autres salles des ventes a pour habitude d'entreposer ces trouvailles dans cette pièce avant de les nettoyer, les remettre en état et soit le garder, soir les donner, soit les revendre.

Un grand nombre de mes propres meubles est arrivé dans mon appartement par ce moyen.

Il y a là un grand berceau en bois visiblement très ancien, plusieurs poupées de porcelaine en plus ou moins bon état, 3 ou 4 caisses pleines de disques, livres, photos et CD. Ma mère collectionne ce genre d'objets uniquement s'ils sont dédicacés. Une marotte inoffensive, qui s'est révélée juteuse quand elle a acheté un lot de disques des années 60 et qu'elle en a trouvé un dédicacé de la main de Sinatra. Elle l'a revendu pour plus de 50000 dollars à un passionné.

Il y a aussi une petite table basse en bois massif, sculptée, dont le plateau est un jeu d'échec directement intégré à la table.

Ca me plait beaucoup. Je la sors de la pièce, je demanderai à ma mère de me la remettre en état, elle ira très bien dans mon séjour.

Il y a aussi des étagères d'angle en er forgé qui me plaisent bien, et tout d'un coup je reconnais une commode, qui est juste à côté de la porte. C'est ma commode! Celle qui était dans ma chambre quand j'étais enfant.

Je l'aimais bien. Je la caresse du bout du doigt, plein de nostalgie . Je la sors aussi de la pièce, j'ai envie de la récupérer. Elle n'a pas de valeur particulière, mais c'est sentimental.

Je termine ma bière et mes chips, les muscles douloureux.

Je retire le grand drap blanc qui recouvre le lit et me glisse sous la couette.

Demain est un autre jour.

Je suis vraiment fatigué et je me laisse glisser dans le sommeil, enfin détendu. Je dors un moment, d'un sommeil encore dépourvu de rêve.

Je suis réveillé par je ne sais quoi. Un vague sentiment de panique s'empare de moi.

Je ne bouge pas, je n'allume pas mais j'ouvre tout grand les yeux, à l'affut de ce qui pourrait justifier mon réveil.

Je vois alors une faible lueur, qui ressemble à celle d 'une lampe torche. Elle provient du couloir mais on dirait qu'elle vient vers moi.

La terreur s'empare de moi d'un seul coup.