Spoiler : 7x07 "A Pox On Our House"; 7x03 "Unwritten".
Commentaires : J'avais promis à Chloé que je posterai si elle postait. Donc, maintenant que le chapitre 10 de Normal's Overrated est en ligne, le mien arrive un peu plus tôt que prévu.
Bonne lecture ! :)


Quatre jours plus tôt.

« You have any fever ? »
« Not yet. But when it does come, I assume you'll see the pettiness of being mad at me for lying. »
« Shut up, House. » sourit Cuddy.

Ils furent interrompus par la série de bips qu'émit le moniteur. L'état du patient s'aggravait sérieusement.

« I'll be right back. »

Il laissa Cuddy derrière la vitre et s'approcha du mourant, qui retira son masque à oxygène.

« I'm not gonna make it, am I ? »

Il savait aussi bien que lui que c'était fini et que l'inteféron n'avait eu aucun effet, que ce n'était pas un cancer. Il était condamné.

Sa femme dormait dans la chambre adjacente. Son fils regardait dans le vide, sa tête soutenue par ses mains.

« You should say good-bye to your family. »

House abandonnait.

Il poussa le lit jusqu'à la vitre située à droite et s'éloigna. Il se mettait à la place de cette famille et il n'osait même pas imaginer dans quel état il serait si Cuddy était dans ce lit.

House se tourna vers elle. Il voulait la serrer contre lui pour effacer sa petite moue triste. Puis il se demanda depuis quand il ressentait de l'empathie pour ses patients. Peut-être depuis qu'il savait qu'il avait sûrement contracté la variole ? Que le virus l'avait peut-être déjà atteint ? Et qu'il y avait de grandes chances pour qu'il ne sorte pas vivant de cette chambre d'isolement aux murs blancs et froids ?

Une sonnerie continue envahit la pièce. House accourut, prépara le défibrillateur, choqua son patient deux, trois fois. Aucun résultat. Il tenta un massage cardiaque, refusant de laisser la variole tuer à nouveau. En vain.

Deux doigts sur sa carotide lui confirmèrent que le virus était de retour.

xxx

House devait rester dans la chambre, tant qu'on n'avait pas eu la confirmation qu'il n'était pas malade. Il était seul face au corps du patient, face à son échec.

Il épuisait ses ressources d'oxygène et Broda refusait qu'il enlève sa combinaison, au cas où il n'aurait pas été exposé à la variole. Cuddy insistait pour qu'on le transfère au cinquième étage, mais il campait sur ses positions : trop dangereux.

« The problem is getting him from here to there. »
« So it's inconvenient. My having a fighting chance at life is inconvenient ! »
« I'm sorry. »

Broda s'éloigna.

« Tu parles qu'il est désolé. Abruti. » grogna House.
« Ne fais pas n'importe quoi. Je n'ai pas envie que tu meures. »
« Tu n'es plus fâchée, alors ? »
« Fâchée ou pas, j'ai besoin de toi. » avoua-t-elle à mi-voix. « Il fallait vraiment que tu rentres là-dedans sans protection, hein ? »
« Je voulais prouver que c'était un cancer rénal. »
« Et tu as eu tort. »
« Mais Broda, il nous laisse rien faire ! C'est un... »
« Et qu'est-ce-que je fais maintenant ? » le coupa Cuddy. « Est-ce-que... Tu as pensé à moi, avant de risquer ta vie aussi facilement ? »

Il ne répondit pas et se contenta d'examiner le sol. Au bout d'un long moment, il releva la tête et ce fut au tour de Cuddy d'être sans voix.

« Pourquoi tu fais cette tête ? » demanda-t-il.
« Tes yeux. »
« Quoi, mes yeux ? »
« Ils sont rouges. »

Il vit les siens s'embuer de larmes et s'empressa de dédramatiser la situation :

« Super, je vais pouvoir enlever ce truc. On crève de chaud là-dessous ! »

Joignant le geste à la parole, House retira sa combinaison désormais inutile. Il la posa dans un coin de la pièce et revint auprès de Cuddy en se tenant la cuisse.

« Tu as mal ? » s'enquit-elle.
« Non, c'est juste endolori. »

Cuddy appuya son front contre la vitre, retenant ses larmes.

« Tu me manques, House. »
« Tu parles comme si j'allais mourir. »

Il voulait la rassurer, mais il avait aussi peur qu'elle.

House posa sa main contre le carreau. Cuddy fit de même, comme si leurs doigts pouvaient s'entrelacer.

« Ça fait bizarre derrière une vitre. » commenta-t-elle. « J'ai envie de te prendre dans mes bras... »
« Moi aussi. »

Elle lui sourit faiblement. Ils allaient devoir se dire au revoir sans se toucher, et se quitter aussi rapidement ? Ses doigts se crispèrent et les larmes la submergèrent à nouveau.

« Ah non hein, tu vas pas te remettre à pleurer ! » protesta House.
« Pardon. »

Elle s'efforça de se reprendre et releva la tête pour lui faire face.

« Je te sauverai. » promit-elle.
« Ouais. Wonderbra va tous nous sauver ! … pardon, je voulais dire WonderCuddy. » répliqua-t-il en lorgnant sur ses seins.

Cuddy réussit à sourire. Il restait le même et ne se laissait pas abattre, c'était bon signe.

« Tu devrais te reposer. »
« Je vais bien. »
« Oui, c'est pour ça que tu te tiens la tête. »
« Un point pour toi. Mais manque de bol, le lit est déjà pris ! »
« Je vais voir avec Broda si on peut faire sortir le corps. »

Elle n'avait pas fait trois pas que House l'appela. Elle fit volte-face pour le voir s'effondrer au sol. Broda n'étant plus dans le bureau, elle n'hésita pas une seconde et enfonça le bouton de l'alarme avant d'entrer dans le sas, sans protection. Elle ne prit pas le temps de se désinfecter et pénétra dans la chambre d'isolement.
Elle tomba à genoux près de House, complètement paniquée. Elle entendit des pas et la voix de Broda tonna dans son dos :

« C'est pas vrai ! C'est une tradition, chez vous ? »

Cuddy ne réagit pas et de son pouce, caressa le front du diagnosticien.

« Sors. » souffla-t-il avant de perdre connaissance, sa tête reposant sur sa cuisse.

xxx

L'équipe du CDC avait transféré le corps à la morgue et avait installé un second lit dans la chambre. Cuddy l'avait poussé jusqu'à celui de House et avait rabaissé les poignées pour être le plus proche de lui possible.

Elle s'allongea sur le côté, lui prit la main et le regarda dormir. Et elle dut bien reconnaître à quel point c'était bête de lui en vouloir pour un petit mensonge. Si elle boudait pour ce genre de détails, ils n'iraient pas bien loin. Il avait fait bien pire, et elle lui avait toujours pardonné.

« Besoin de quelque chose ? » demanda Broda via l'interphone. Cuddy lui répondit qu'elle voulait son pingouin de la paix.
« Pingouin-de-la-paix ? » répéta-t-il, hébété.
« La peluche qui est sur mon bureau. »
« Oh. D'accord. »
« Hôpital de tarés. » songea-t-il en se dirigeant vers les ascenseurs.

La doyenne passa une main sur le front de House. Sous l'effet du paracétamol, sa fièvre baissait.
Elle longea son nez du bout du doigt, glissa sur ses lèvres et redessina sa mâchoire.
House se réveilla en douceur, appréciant la douce caresse de Cuddy.

« Oh, non. » murmura-t-il lorsqu'il eût émergé. « Je t'avais dit de sortir. »
« C'est toi qui as commencé. »

La main de Cuddy vint caresser amoureusement la joue du diagnosticien. Ils échangèrent un regard bref et intense, chargé de sentiments, et Cuddy tendit le coup pour embrasser chastement ses lèvres.

« Je suis désolé de t'avoir menti. »
« Chut. »

Elle l'embrassa encore, passant la langue entre ses lèvres pour effleurer la sienne. House l'entoura de son bras et se raidit lorsqu'il aperçut Broda, qui plaçait le pingouin dans la boîte.
Cuddy mit fin à leur étreinte.

« Je reviens. »

Où pouvait-elle aller, de toute façon ?

S'avançant laborieusement jusqu'à la boîte, elle trouva soudainement qu'il était bien difficile de se tenir debout, même avec le soutien de sa perche à perfusion. Elle retourna au lit avec son pingouin et se blottit au creux du bras du diagnosticien, faisant fi des phosphènes qui l'aveuglaient.

« Je l'aime bien, même si tu l'as volé à un comateux. En fait je l'aime beaucoup... Un peu plus et je dormais avec, mais j'avais peur que tu sois jaloux. »
« Jaloux d'un pingouin ? Moi ? Il vibre même pas ! Si j'avais su, je t'aurais offert un de ces canards en plastique... »

Cuddy se tourna vers lui. Ses yeux étaient cerclés de rouge et elle n'arrivait pas à s'y faire. Elle allait le voir mourir, elle en était consciente. Peut-être que savoir qu'elle le suivrait la rassurait un peu... Elle n'avait jamais eu peur de la mort, mais elle avait toujours été intriguée, presque fascinée. Le cœur s'arrête, plus rien dans le corps ne fonctionne, une vie se termine en une seconde. C'est bizarre, la mort.

« Je t'aimais bien, en cosmonaute orange. » dit-elle en souriant.

Elle lâcha sa peluche pour prendre sa main. Ses doigts glissèrent entre les siens, descendirent sur sa paume et s'appliquèrent à retracer chacune de ses lignes, comme une voyante. Elle encercla son poignet pour explorer le dos de sa main vieillissante. Ses veines et phalanges transparaissaient sous sa peau épaisse et râpeuse. Elle adorait ses mains. Chaque fois qu'il la touchait, elle s'étonnait de se sentir si forte et fragile à la fois. Elle aimait penser qu'ils se parlaient avec leurs mains.

« T'as les mains chaudes. » remarqua House.
« C'est les tiennes qui sont froides. »

Il sépara leurs doigts et tâta son front.

Fièvre.

« Je vais demander du paracétamol. »
« Non, c'est pas la peine. » refusa Cuddy en reprenant sa main. « Je vais mourir, de toute façon. »

Elle noua ses doigts de pianistes aux siens, roula sur le côté et posa sa tête sur son épaule.

« Tu veux te punir. Pourquoi ? »
« Mourir fiévreuse n'est pas une punition. »

Elle enfouit son nez dans son cou.

« Et pourquoi je voudrais me punir ? »
« Parce que tu t'en veux d'avoir boudé pendant nos derniers jours de liberté, et que la dernière fois qu'on s'est envoyés en l'air remonte à très longtemps... »
« Trois jours, House. »
« Et que tu vas mourir frustrée. »

Il la sentit rire contre sa pomme d'Adam. Il effleura sa chevelure d'un baiser et appuya son menton contre sa tête.

« Tu devrais dormir. »
« J'ai peur. » avoua-t-elle, un sanglot dans la voix. « Si je me réveille, et que tu... Tu... »

Elle résistait pour ne pas fondre en larmes. La réalité de la mort était tellement présente et oppressante...

« Ça n'arrivera pas. »

House remonta la couverture jusqu'à ses épaules et elle emmêla ses jambes aux siennes. Il la berça doucement alors que les larmes affluaient. Puis, vaincue par la fatigue, Cuddy s'endormit.


TBC...

Merry Xmas ! Love y'all ! :)