Daybreak

CHAPITRE 2: Six mois plus tard

Je contemplai le soleil levant qui saluait ce nouveau jour de ses rayons timides et dorés. Les nuages gris qui l'entouraient semblaient vouloir le laisser briller un peu avant de le couvrir et de nouveau, d'obscurcir le ciel. Ce matin était des plus calmes, le monde sommeillait encore. Les feuilles des immenses arbres environnants dansaient légèrement sous la brise printanière. L'air était empreint d'humidité et la noirceur du ciel ne laissait présager qu'une chose: de la pluie.

Mais cela ne m'étonnai guère. A Forks, la pluie était monnaie courante. Le soleil était d'une telle rareté que même Dame Nature c'était accommodée à cette eau perpétuelle. Tout, ici, était couvert de mousse. Les arbres, les pierres, le sol même les façades des maisons ne dérogeaient pas à la règle. La mousse faisait autant partie du paysage que les fils d'eau que dessinait la pluie battante.

Aujourd'hui, donc, serait une journée humide, une journée idéale.

J'aimais le soleil, bien sûr. Ses doux rayons réchauffant ma peau et colorant la vie de teintes chaudes et orangées.

Mais, nonobstant cet aspect délicat et agréable, le soleil m'était plus une contrainte qu'autre chose. En effet, impossible de se balader tranquillement dans les rues publiques lorsque la lumière de celui-ci faisait scintiller ma peau comme si elle était couverte de diamants. Je me devais de garder une certaine pudeur.

Or, j'aimais tellement sortir en plein jour. La nuit était morose et fade comparée au jovial et enivrant jour. J'aimais l'aube plus que n'importe quel moment de la journée. Sentir la vie, fébrile, les paupières encore lourdes, se réveillée calmement et reprendre son cour aussi naturellement que si elle n'avait pas été interrompue par la sinistre nuit.

Ce matin débutait ainsi comme tous les autres.

Je me penchai légèrement en avant pour contempler mon reflet dans la rivière coulant à mes pieds. Malgré le temps qui passait inlassablement, moi, je ne pouvais toujours pas m'habituer à mon nouveau visage. La femme dans l'eau, dont l'image vibrait légèrement sous le vent, me fixait avec surprise. Cette peau blanche comme la neige, douce comme le satin et pourtant dure comme le marbre, ces lèvres pourpres et pulpeuses, ces cheveux soyeux dont les boucles tombaient subtilement le long du dos, et ces yeux... des yeux d'ambre, pétillants et cernés de grosses marques violettes. Il m'était encore difficile d'assimiler que cette description correspondait à mon visage, à mes traits fins et anguleux.

Ne fusse tout de même pas mon soulagement lorsque je vis au fil des mois mes yeux rouges sang se diluer petit à petit pour tourner vers l'ambre et bientôt, le doré. Les iris écarlates me mettaient tellement mal à l'aise...

Je détournai mon regard de la beauté qui me fixait avec hésitation. En effet, l'heure tournait et ma tendre fille n'allait pas tarder à se réveiller.

Je me levai, lentement et marchai à allure humaine jusque la maison. Le petit cottage n'était qu'à deux kilomètres de la rivière mais, impatiente, j'accélérai le pas.

Ainsi, je fus devant la porte d'entrée après quelques secondes seulement. J'ouvrai délicatement celle-ci et me réfugiai à l'intérieur.

Le cottage était l'endroit le plus charmant et le plus chaleureux du monde. En mettant de côté le fait que la décoration fut des plus somptueuses, je suppose que je l'aimais tant car c'était ma maison. Celle que je partageais avec lui...

En entrant, je le cherchai automatiquement des yeux. Il était nonchalamment installé sur un divan beige, face à la fenêtre.

Il se détourna immédiatement de son livre pour m'offrir le plus beau des sourires et m'ouvrir grand ses bras de marbre, m'invitant à approcher.

Il ne faudrait pas me le demander deux fois. L'excitation montant en moi et le sourire jusqu'aux oreilles, je me précipitai contre son torse et il me berça tendrement. J'humai son odeur avec avidité et délectation. Le contact avec sa peau de soie était tellement enivrant que, s' il battait encore, mon coeur exploserait de plaisir.

Seul lui pouvait me faire ressentir un tel bonheur. Je l'aimais plus que n'importe qui en ce monde, plus que tout. Il m'était devenu réellement indispensable. Il était mon obsession, mon monde, ma vie entière.

Son existence seule suffisait à justifier l'équilibre de l'univers. Me séparer de lui plus d'une journée m'était insupportable, plus douloureux que toutes les souffrances physiques possibles et imaginables. Je gravitais autour de lui telle la Terre autour de l'éblouissant Soleil.

En réalité, il était la raison même de mon existence car sans lui, ma présence sur terre n'avait plus lieu d'être.

Sans lui, je mourrai.

Mais le plus étonnant, c'est que cet amour inconditionnel, irrationnel même, était complètement réciproque. Il me l'avait déjà prouvé. Comme il me l'avait si bien fait remarquer il y a déjà quelques temps maintenant, j'étais sa dose d'héroïne, son seul besoin existentiel en ce bas monde.

On aurait pu croire que cette passion avait atteint son apogée, son paroxysme. Mais, non. Plus longtemps nous étions réunis, et plus nous avions envie et besoin l'un de l'autre. Je crois d'ailleurs que si notre fille n'avait pas existé, jamais je n'aurai quitté l'étau protecteur et aimant de ses bras marmoréens. Nous serions restés emboîtés l'un dans l'autre à consumer notre amour indéfiniment. Nous ne nous serions arrêtés que pour chasser, ce qui était le seul vrai besoin physique qui aurait pu freiner notre passion.

Or, Renesmée était là. Et chaque matin, je quittais le corps d'Edward pour me rhabiller et aller éveiller ma tendre fille. Elle était la seule chose qui méritait que l'on s'arrête pour elle.

- Qu'as-tu fait en mon absence? demandai-je à mon mari, rompant ainsi le silence.

- J'ai tenté de lire un peu. répondit-il avec une pointe de regret dans la voix, mais malheureusement, lorsque tu n'es pas près de moi, je ne suis bon à rien. Il me fut impossible de me concentrer sur ma lecture.

- Mais, tu avais une autre distraction. J'ai repoussé le bouclier de ma tête et tu as pu lire mes pensées en toute tranquillité!

Il me regarda avec... de l'admiration, et reprit.

- Mais voyons mon amour, tu sais que lorsque je ne peux avoir un oeil sur toi, je ne suis rassuré qu'en sachant ce que tu vois, entends et fais.

- Edward, je t'ai déjà dit que c'était réellement inutile de t'inquiéter pour moi. Que veux-tu qu'il m'arrive? Ne suis-je pas la plus dangereuse des créateurs que cette terre n'a jamais porté? Ne suis-je pas un vampire, plus fort que toi soit dit en passant, le taquinai-je en lui donnant un petit coup de coude dans les côtes.

Il me fixa intensément, avec appréhension. Son visage prit ce masque de tristesse que je lui connaissais si bien et il baissa la tête.

Je le pris dans mes bras et déposai un baiser furtif dans le creux de son coup. Refermant mes bras autours de son torse, je le serrais plus fort. Il releva la tête et plongea son regard incandescent dans le mien.

Ses yeux couleur or me dévisagèrent avec une telle intensité que je ne pu réprimer mon expression de surprise. Il me regardait comme si il s'attendait à ce que je pleurs ou que je crie. Or, jamais au grand jamais, aucun de ces deux sentiments ne montaient en moi. J'étais euphorique, amoureuse,... mais tout de même un peu inquiétée. Alors, je le questionnai.

- Qu'y a-t-il mon ange? Tu parais anxieux, tu me fais peur.

Il fronça les sourcils mais se dérida très vite. Je patientai quelques secondes, réalisant qu'il cherchait les mots justes.

- En effet, je suis inquiet Bella. J'ai parlé avec Carlisle et j'ai de mauvaises nouvelles à t'annoncer.

J'haussai un sourcil, fis la moue et attendis la suite.

- Il se trouve que...

Il ne put finir sa phrase car Renesmée venait d'entrer dans la pièce.

Son visage encore embrumé par le sommeil, elle se frotta les yeux en s'approchant. Edward se leva aussitôt, en me faisant glisser sur le côté et prit gentiment sa fille dans ses bras. Celle-ci posa sa main sur sa joue et il sourit.

- Rien ma puce. Ce n'est pas important. Tu ne nous a pas dérangé du tout. répondit-il à une question silencieuse de l'enfant. Comment vas-tu ce matin?

Elle lui fit un beau sourire et embrassa délicatement sa joue.

Elle se tourna alors vers moi et toutes les craintes qui avaient émergées en moi depuis la déclaration d'Edward s'envolèrent. Je me levai et m'approchai de ma fille et de mon mari en souriant.

Voilà le premier chapitre que j'écris. Je laisse une petite touche de suspense à la fin....