Note de Caela : Bonsoir à tous ! :) Tout d'abord, désolée pour cette attente, nous sommes un peu prises par le temps en ce moment et il nous est difficile de nous voir... Mais finalement, voilà le premier chapitre de Second Chance, de l'incroyable SlightlyPsycho. J'espère qu'il vous plaira. :)
Je tiens aussi à remercier nos reviewers : merci, merci, merci, pour vos encouragements. Si vous saviez ce que ça motive. ^^
Concernant le rythme de publication, nous pensons poster un chapitre toutes les deux semaines, du moins, jusqu'au grandes vacances. Durant celles-ci, le rythme accélèrera certainement. Mais pour le moment, nous préférons privilégier nos études. Et puis, prendre plus de temps nous assure une meilleure traduction, non ? A force de relectures... :) Enjoy !
Note de Jilano : On s'excuse encore pour le retard, mais nous sommes en pleine période d'examens blancs. Je tiens à remercier tout le monde pour les reviews, ainsi que tous les lecteurs anonymes qui ont décidé de suivre cette histoire. En espérant que ça vous plaise.
Réponses aux reviews anonymes
Kay : Merci beaucoup pour ta review ! Un excellent travail ? Holàlà, tu nous fais rougir, là. :P Heureuses que l'histoire te plaise, on espère que ce sera le cas pour la suite. Concernant le rythme de publication, tu as ta réponse dans la note de Caela. Bonne lecture et à bientôt.
Midori Seijmaa : Jamais envisagé Death Note de cette manière ? Tant mieux, la nouveauté, c'est bien, non ? :) En tout cas, merci beaucoup pour ta review. A la prochaine.
Chapitre 1 - Famille
« Madame, je souhaiterais vous parler de votre fils ». La directrice du collège était assise à son bureau, les bras croisés, en face d'elle.
« Oh mon dieu. Light est-il de nouveau en échec ? » Assise dans un fauteuil, la femme blonde soupira.
« Euh, non. En réalité, le conseiller a découvert qu'il est plutôt spécial. »
« Est-il attardé? », demanda-t-elle crûment.
« Non, Madame. » La principale semblait bouillir, et elle poursuivit les dents serrées : «Il s'avère que Light avait un trouble d'apprentissage pendant tout ce temps. Nous l'avons aidé et enfin, le problème a été résolu il y a deux semaines environ. Ne vous en avait-il pas parlé ? »
La femme, entièrement vêtue de cuir noir, haussa les épaules. « Il est assez solitaire. »
La principale la regarda avec désapprobation mais continua : « Quoi qu'il en soit, Light a les meilleures notes de notre école, maintenant. »
« Alors, pourquoi m'avez-vous appelée ? »
« Je pense qu'il vaudrait mieux pour Light que vous l'inscriviez dans une école... plus performante. »
« Qui coûte plus cher », termina la mère de Light avec irritation.
« Eh bien, oui. Mais Light apprend relativement vite, à présent. Personne ne parvient à le sui- »
« Il va rester ici. » La femme blonde enfila ses lunettes de soleil, avant d'attraper son sac à main et de se lever pour partir.
Light les observait à travers la large ouverture qui fendait la porte du bureau. Il avait tout entendu et la réaction de sa mère ne le surprenait pas. Light détourna le regard alors que sa mère s'apprêtait à sortir de la pièce. La principale ne cessait de la rappeler, mais elle se contentait de l'ignorer.
« Viens, Light. Ta sœur nous attend », ordonna sa mère alors qu'elle partait.
Le garçon adressa à la principale un sourire d'excuse avant de suivre sa désagréable mère dans le couloir. Cette école était un lieu minuscule et hideux. Avec le papier peint se décollant des murs des couloirs et ses morceaux de tapis manquants au sol, il était étonnant que l'école soit toujours ouverte. Light avait treize ans et ne pouvait pas attendre le lycée, où les collégiens pauvres étaient mélangés avec les plus riches.
Il marchait aux côtés de sa mère, le regard rivé sur le tapis crasseux. « Tu aurais pu accepter. »
« Tu sais que je n'ai pas travaillé ces derniers temps. »
« Ce n'est pas comme si tu avais un vrai travail. Voler, c'est tout », railla Light.
« Surveille tes paroles », siffla la voleuse.
En réponse, Light indiqua simplement une caméra de sécurité poussiéreuse dans un coin. « Aucune ne marche, tu sais. »
Sa mère se détendit visiblement, mais gronda : « Ne mentionne jamais mon emploi en dehors de la maison. »
« Oui, Madame », répondit-il avec habitude alors qu'ils continuaient leur chemin en silence. Ils quittèrent enfin le vieux bâtiment gris pour rejoindre le parking. Light fronça les sourcils lorsqu'il vit la voiture de sport noire de sa mère.
« Je sais pourquoi tu ne me laisses pas partir de cette école », déclara-t-il d'un ton accusateur.
Sa mère soupira : « Ta sœur est vraiment attachée à toi, Light. Tu sais très bien qu'elle n'y arriverait pas si je vous transférais tous deux dans une meilleure école. »
Light ne prit pas la peine de répondre. Sa sœur aînée avait toujours été la favorite. Elle n'avait jamais nié ce qu'elle voulait. Et elle voulait Light, peut-être dans une certaine mesure malsaine.
« Liiiiiight! ». La jeune fille en costume gothique jeta ses bras autour de lui, « Misa espère que tout va bien pour toi. C'est de ça que la principale voulait parler ? »
« Non », murmura Light amèrement avant de monter dans le siège arrière de la voiture.
Misa jeta un coup d'œil à leur mère, confuse, lorsque la voleur blonde lui conseilla, « Ignore-le juste, Misa. Allons, rentrons à la maison. »
Les cris commencèrent presque aussitôt après qu'ils soient parvenus à la porte de leur petit appartement. Aiber était assis à la table de la cuisine, qui donnait sur l'entrée. Il avait évidemment attendu leur retour, et à voir son expression furieuse, Light savait ce qui allait arriver.
« J'ai vérifié la facture de ton téléphone portable, Wedy. Bon sang, qui continue à t'envoyer des textos ? »
« Ce ne sont pas tes affaires, saloperie d'obsédé ! », craqua Wedy.
Light remarqua que Misa tressaillait d'anxiété à ses côtés. Elle n'avait jamais vraiment supporté les disputes. Light avait finalement appris à faire avec mais Misa pleurait habituellement durant ce genre de batailles. Aiber et Wedy hurlaient à présent à pleins poumons. Qu'Aiber accuse Wedy de le tromper était une habitude. Comme ils étaient tous deux européens, il était évident que Light était né de l'affaire qu'avait passé Wedy avec un homme japonais. Bien que Misa semblait elle aussi japonaise, elle était née avant qu'Aiber et Wedy se soient mariés. Light savait que c'était la raison pour laquelle Misa était la favorite. Elle n'était pas le produit de l'affaire ayant détruit leur famille.
Misa sauta pratiquement sur Light alors qu'Aiber abattait son poing sur la table.
« Allons dans nos chambres », recommanda tranquillement Light. « Ça va durer un petit moment. »
Misa hocha la tête, tremblante, avant de s'enfuir dans le couloir et dans leurs chambres individuelles.
Light termina ses devoirs en une dizaine de minutes. A l'époque où il était catalogué comme "stupide", finir quelque chose lui prenait plusieurs heures. Il empila soigneusement ses papiers et les rangea dans un dossier. Il aimait être le plus intelligent. Même si ça avait toujours été le cas, ce n'était qu'à présent qu'il pouvait réellement s'en servir. Son intelligence l'emplissait de fierté. Il n'existait de toute façon aucune autre chose dont il pouvait être fier. Light avait toujours eu honte de sa famille, en particulier de Wedy et d'Aiber. Un voleur et un escroc ne pouvaient pas être considérés comme des citoyens remarquables. De plus, ils le détestaient tous deux.
Light s'assit sur son lit et regarda par la fenêtre, chose qu'il faisait quotidiennement. De l'autre côté de la rue vivait, dans une maison sur deux étages, une famille parfaite. Tous les jours, la petite fille était ramenée de l'école par sa mère. Elles rentraient chez elles et n'en sortaient durant plusieurs heures, jusqu'à ce qu'une voiture de police se gare dans leur allée. Avant que le policier ait atteint la porte, sa fille sortait en courant pour se jeter dans ses bras. Light souhaitait avoir une famille comme celle-là. Une mère attentive, une sœur innocente et un père respectable, officier de police...
Même si Light avait été élevé par des criminels, il les détestait. Il y avait quelque chose à propos des criminels qui le dégoûtait et il souhaitait qu'ils soient tous rayés de la surface de la Terre. Light tenait sa tête entre ses mains. Il savait qu'il ne devait pas penser comme ça. Ils sont toujours ma famille. De sa chambre, Light pouvait entendre la dispute d'Aiber et Wedy gagner en intensité. Et je déteste ma famille.
Light entendit soudainement un léger tapotement contre sa porte. Il savait déjà de qui il s'agissait. Light soupira et alla ouvrir la porte de sa chambre, Misa se jetant instantanément dans ses bras. Même si elle était l'aînée, elle n'avait jamais agi comme telle.
« Misa ne peut pas en supporter plus ». Elle enfouit son visage dans son épaule et se mit à pleurer.
Light fronça mentalement les sourcils, mais la conduisit tout de même dans sa chambre. Il ferma rapidement sa porte, essayant de les protéger des cris. Misa se tenait encore contre lui, les larmes coulant sur son visage. Il l'emmena vers son lit, sur lequel ils s'assirent.
« Je suis sûr qu'Aiber partira bientôt », lui fit savoir Light froidement.
« Mais Misa ne veut pas qu'il s'en aille », gémit-elle lamentablement. « Misa veut juste qu'ils arrêtent de crier. »
« Tôt ou tard, ils divorceront et tu n'auras pas à les entendre de nouveau. »
« Non ! » Elle maintenait une prise ferme sur son bras. « La famille de Misa ne peut pas se briser ! »
Elle est déjà brisée. Light préféra se taire et la laissa pleurer un moment. L'hystérique jeune fille s'appuyait tellement sur lui qu'il finit par basculer sur le dos, Misa pleurant encore contre sa poitrine. Light resta ainsi étendu pendant quelques minutes, sa sœur au-dessus de lui.
Misa cessa enfin de pleurer et leva la tête pour regarder Light, « Même si maman et Aiber rompent, promets à Misa que nous ne serons pas séparés. »
« Aiber n'est pas notre père biologique. Notre mère nous gardera tous les deux. »
« Misa sait ça mais... » Elle se mordit la lèvre inférieure et lui jeta un regard étrange, « Misa t'aime, Light. »
Cela devient ennuyeux. J'ai besoin qu'elle descende. « Oui, Misa. Je t'aime aussi. » Light commença à se redresser sur ses coudes.
Sa sœur laissa échapper un cri aigu avant de jeter ses bras autour de son cou. Geste qui irrita profondément Light, provoquant une nouvelle fois sa chute sur le dos. Misa s'assit sur ses genoux, alors qu'elle se rapprocha de son visage.
« Misa est tellement heureuse. Elle avait peur de ta réaction. »
Light se raidit instantanément. Aurais-je mal interprété quelque chose ?
Alors qu'elle rapprochait sa bouche de la sienne, Light la repoussa rapidement. Misa tomba hors du lit et atterri sur le sol avec un bruit sourd. Light se leva et s'éloigna d'elle.
« Qu'est-ce qui ne va pas ? » Gémit Misa en se relevant, « Tu n'aimes pas Misa ? »
« Pas comme ça ! » Light se sentit paniquer, « Tu es ma sœur ! »
« Misa sait ça ! » Elle cacha son visage dans ses mains, « Mais elle ne peut pas arrêter de penser à toi. Elle te veut tellement. Misa sait que, dans son cœur, que tu lui appartiens ! »
Light était effrayé. Il pouvait seulement rester là, choqué, et regarder sa sœur aînée.
« Misa sait que c'est interdit ! Que c'est mal ! » Les larmes coulaient sur son visage, « Mais Misa t'aime ! Ça a toujours été le cas et ça le sera toujours ! Tu n'es pas censé être le frère de Misa ! » Elle essuya ses yeux et dit d'une voix pitoyable, « Misa pense qu'elle est punie... Parce qu'elle te veut tellement et qu'elle ne peut pas t'avoir. »
« Tu n'es pas punie », se força à répondre Light.
« Si, Misa l'est ! Et toi aussi ! »
Light ne répondit pas. Elle n'agissait pas de façon rationnelle. Il rompit le contact visuel et regarda le sol jusqu'à ce que Misa fuie la chambre. Heureusement, la dispute d'Aiber et Wedy durait encore, et ils ne savaient donc pas que sa sœur avait essayé de l'embrasser.
Il était vingt et une heure trente lorsqu'Aiber claqua la porte de l'appartement. Le silence, bienvenu, aida Light à faire le point. Il avait toujours su que Misa était obsédée par lui, mais ne se doutait pas qu'elle l'était autant. Light quitta sa chambre et alla dans la cuisine se chercher à manger. Il traversa le couloir le plus discrètement possible, mais sa mère le remarqua.
« Light », la voleuse boudait dans un fauteuil, un verre à la main, « Tu sais qu'Aiber m'a parlé de toi, n'est-ce pas ? »
« Oui, je sais », répondit Light en ouvrant la porte d'un placard.
« C'est de ta faute s'il me déteste. »
La main de Light se figea au-dessus d'un paquet de chips. Son coeur se serra un instant, puis il se le reprocha et saisit la nourriture. Il ignora intentionnellement sa mère alors qu'il reprenait la direction de sa chambre.
« J'aimerais tellement que tu ne sois jamais né. » Sa mère avala une gorgée de vin.
Il s'arrêta un instant mais se retint de crier. Il se força à rester calme, gagna sa chambre et referma la porte. Il jeta le paquet de chips sur son bureau, son appétit perdu. Light éteignit les lumières et s'effondra sur son lit.
C'était seulement dans les ténèbres que Light se permettait de pleurer, mais il n'avait plus de larmes. Il avait beaucoup pleuré quand il était petit. Mais à présent, toute la tristesse de son enfance s'était muée en haine. Il détestait tout, y compris pleurnicher. Il tâtonna dans l'obscurité jusqu'à trouver la télécommande.
Light alluma la petite télévision postée sur son bureau, et fit machinalement le tour des chaînes. Il s'arrêta sur l'une annonçant les dernières nouvelles.
Sur l'écran, un journaliste annonçait, avec grand enthousiasme : « Le violeur et assassin a été arrêté aujourd'hui à Tokyô. Avec un palmarès de trente victimes, la police avait décidée de demander assistance au sixième L. Malheureusement, le cinquième L a été assassiné un peu plus tôt dans la semaine, mais le nouveau remplaçant s'est avéré aussi efficace que les précédents... »
Dans un accès de rage, Light éteignit la télévision et jeta la télécommande. Il détestait la simple mention de L, car tout le monde savait que le troisième L avait capturé Kira, autrement appelé, comme il était écrit dans les livres, Light Yagami. C'est de cet homme que Light tenait son nom, comme une insulte de la part d'Aiber. C'était comme un homme juif nommant son enfant Hitler. C'était humiliant.
Sa détermination à rester impassible commença à vaciller alors qu'il sentait ses yeux piquer. Light prit de profondes inspirations, refusant de pleurer. Il s'allongea de côté et regarda une nouvelle fois par la fenêtre la maison où vivait la famille parfaite. C'était dans des moments comme celui-ci qu'il reconsidérait les affirmations irrationnelles de Misa.
Que faire s'il avait réellement été puni ?
Note de Caela : Voilà pour le premier chapitre ! Le prochain sera dans deux semaines. :)
