Auteur : Rushlight
Pairing : Harry/Snape
Rating : NC-17
Catégorie : First Time, Angst
Résumé : Lorsqu'un sorcier atteint sa majorité dans le monde de la sorcellerie, il doit trouver quelqu'un afin de le guider dans le rite du passage à l'âge adulte. Harry aura bientôt 16 ans et, étant le Garçon-Qui-A-Survécu, il se retrouve confronté à quelques problèmes…
WARNINGS : /!\ Attention ! Slash HP/SS ! Cette fic contient des relations sexuelles explicites entre un garçon de 16 ans et un adulte. /!\
Disclaimer : Les personnages appartiennent exclusivement à notre chère J.K. Rowling et l'histoire est le fruit de l'imagination de Rushlight. Vous l'avez donc compris, je ne suis que la traductrice. Rendez-vous sur mon profil pour avoir accès au site personnel de l'auteur où vous retrouverez l'histoire originale en anglais ainsi que ses autres fanfictions !
Beta : Julielal
Deuxième partie :
Maintenant qu'il était enfin là, son plan paraissait vraiment stupide. Harry se dandina nerveusement en se demandant pourquoi il avait bien pu penser que ça pourrait marcher. Est-ce qu'il allait vraiment demander à Snape -- Snape ? -- d'être son premier partenaire ?
En y repensant en ces termes, l'idée semblait absurde. C'en était presque assez pour qu'il fasse demi-tour et accepte l'offre de Ron -- ou même celle de Draco, d'ailleurs. Mais à quoi avait-il pensé ? Nerveusement, il essuya ses mains moites sur sa robe et jeta un coup d'œil maladroit au-dessus de son épaule en direction du couloir désert des cachots qui s'étendait derrière lui.
Mais le fait était que Snape était la seule personne à Poudlard qui n'ait jamais été impressionnée par le statut de Harry en tant que « Garçon-Qui-A-Survécu ». La seule personne qui, probablement, pouvait regarder au-delà de sa cicatrice afin de le voir lui pendant ce fameux rituel, même s'il détestait la personne qu'il voyait.
Se sentant étrangement vide, Harry leva son poing afin de frapper à la porte. Sa main était toujours suspendue fébrilement en l'air lorsque la porte s'ouvrit de manière inattendue, l'obligeant à faire un pas en arrière sous le coup de la surprise. Son cœur battait à tout rompre lorsqu'il croisa le regard perçant de Snape.
« Y a-t-il une raison pour que vous rodiez devant ma porte, Potter, ou bien puis-je faire quelque chose pour vous ? »
Harry ne sut pas quoi répondre pendant une longue minute -- c'était comme s'il n'y avait pas assez d'air dans le couloir pour qu'il puisse respirer. Il n'y avait que la tête de Snape qui était visible dans l'embrasure de la porte, ses yeux noirs remplis d'une méfiance qui grandissait alors que Harry continuait de le dévisager.
« Euh… »
Harry regarda au-dessus de son épaule une fois de plus et envisagea de battre en retraite. Mais c'était trop tard maintenant, non ?
« Je, euh… j'avais une question que je voulais vous poser concernant le devoir de potions d'aujourd'hui. »
Les yeux de Snape se plissèrent, et pendant un instant Harry pensa qu'il était sur le point de lui dire de s'en aller. Une partie de lui souhaitait qu'il le fasse, mais l'autre partie fut soulagée lorsque Snape tira la porte afin de l'ouvrir un peu plus avant de reculer et de lui faire un geste qui l'invitait à entrer.
D'une façon ou d'une autre, Harry parvint à débloquer ses genoux et réussit à trébucher à travers l'embrasure de la porte. Il avait été dans le bureau de Snape à plusieurs reprises au cours des dernières années, habituellement pour que Snape lui fixe une retenue. Pour une quelconque raison, les circonstances actuelles étaient encore plus terrifiantes.
La première pensée impertinente qui traversa son esprit lorsqu'il entra dans la pièce était que Snape avait l'air plus propre sur lui. Harry était habitué à le voir dans la salle de classe, ou dans la Grande Salle lorsqu'il prenait le temps de manger entre les cours. Sa quasi constante exposition aux fumées des chaudrons de ses élèves lui donnait un air quelque peu graisseux et cireux dont Harry avait fini par croire que c'était son état normal, mais apparemment, après son bain du soir il réussissait à avoir l'air presque humain. La pensée était dérangeante pour des raisons que Harry ne pouvait pas tout à fait identifier, et il détourna son regard avec précipitation.
Le bureau de Snape était pareil que dans les souvenirs de Harry : une pièce circulaire taillée grossièrement dans la pierre avec un grand tapis étendu en son centre, occupée par un bureau étroit rempli d'objets divers, ainsi que par plusieurs grandes étagères aux alentours qui débordaient de livres et d'objets non identifiables qui flottaient à l'intérieur de bocaux de couleur laiteuse. Il y avait un feu allumé à l'intérieur de l'âtre, et à en juger par le livre qui était ouvert sur une des chaises à proximité, Snape était en train de lire lorsqu'il avait senti Harry fureter derrière sa porte.
« Je ne me souviens pas que vous soyez jamais venu demander de l'aide pour vos devoirs auparavant », dit Snape, d'un air prudent.
Il ferma la porte avec un clic à peine perceptible et se déplaça plus loin dans la pièce. Ses yeux noirs reflétaient la suspicion à la lumière du feu.
L'attitude était justifiée, Harry devait l'admettre, en considérant qu'il n'avait même pas eu la présence d'esprit d'amener son devoir de potions avec lui. Il passa ses mains moites contre le devant de sa robe, une fois de plus.
« Bon, je… »
Il ne put se forcer à regarder Snape dans les yeux.
« Ce n'est pas vraiment au sujet de mon devoir. »
« Non. » Le ton de Snape était sec. « Sans blague ? »
Mais il y avait une pointe de curiosité dans sa voix à présent, ce qui fit penser à Harry que c'était seulement à ça qu'il devait le fait qu'il n'ait pas encore été jeté dehors.
S'armant de courage, il se détourna du feu et rencontra les yeux de Snape. Soit il le faisait, soit il ne le faisait pas -- le pire qu'il pouvait arriver était que Snape rigole et lui dise de foutre le camp de son bureau. Mais peut-être... peut-être que…
« Professeur Snape », dit Harry, en se redressant autant qu'il le pouvait.
Il dut serrer les poings afin de les empêcher de trembler.
« Je vous demande formellement d'être mon premier partenaire. »
Et ça valait presque les cinq années de tourment qu'il avait reçues de l'homme rien que pour voir le choc absolu qui traversa son visage.
- - -
Pendant un instant, Snape ne fut pas certain d'avoir entendu correctement. Il dévisagea Potter, en sentant le poids de son regard sur lui avant que son incrédulité face volte face pour laisser place à une colère incontestée.
« Je ne sais pas lequel de vos amis vous a convaincu de faire ça Potter, mais c'est un très sérieux -- »
« Ce n'est pas une blague ! »
Les yeux de Potter lançaient des éclairs derrière ses lunettes à la lumière du feu. Il avait l'air catégorique et obstiné, et Snape retint la réplique cinglante qu'il s'apprêtait à faire.
Il était de notoriété publique que Harry Potter était l'élève le plus populaire de l'école cette année, puisque tout le monde depuis le Directeur jusqu'au concierge de l'école avait semblé attendre en retenant son souffle qu'il atteigne ses seize ans. Il y avait même des paris parmi les Serpentards pour deviner qui allait être choisi pour être son premier partenaire, une pratique sur laquelle Snape avait délibérément fermé les yeux. Et Potter, comme on pouvait s'y attendre, avait exploité sa récente notoriété jusqu'à la dernière goutte, si on pouvait en croire les rumeurs.
Mais ça n'expliquait pas pourquoi il était là ce soir, lorsqu'il aurait dû être bien sagement installé dans la salle commune des Gryffondors avec le reste de ses amis dévoués.
Pendant ce temps là, Potter faisait apparemment son possible afin de soutenir le regard de Snape, il avait l'air d'être prêt à flancher sous l'effort. Retenant un soupir, Snape lui montra le fauteuil vide en face de la cheminée.
« Asseyez-vous, avant de vous écrouler. »
Ayant l'air ridiculement reconnaissant, Potter obéit. Snape ramassa son livre posé sur l'autre fauteuil, s'y laissa tomber et donna à Potter un regard étriqué.
« Ce n'est pas une blague », dit à nouveau Potter doucement, en tournant sa tête en direction du feu.
« Vraiment ? », dit Severus, en faisant attention à maintenir sa voix impassible.
Il en avait vraiment assez d'être la victime de la famille Potter, et il n'était pas prêt de prendre n'importe quoi au pied de la lettre lorsqu'ils étaient concernés. Surtout quelque chose d'aussi… absurde.
« Et comment suis-je censé croire ça ? Vous avez l'école entière qui salive sur vous comme si vous étiez morceau de viande juteux -- vous pourriez choisir l'un d'entre eux, ou même tous si vous le préférez. »
Il fut surpris de voir la brève étincelle de douleur traverser le visage de Potter. Il ramena ses genoux contre sa poitrine et s'enfonça plus profondément dans le fauteuil en enroulant ses bras autour d'eux. On avait l'impression qu'il essayait de se faire aussi petit que possible.
« Je sais ce qu'ils pensent tous de moi », dit-il calmement en fixant les flammes. « Et ce qu'ils… veulent de moi. »
Il avait l'air malheureux, et Snape le regarda sérieusement pour la première fois depuis l'instant présumé où la blague avait commencé. Il était déconcerté et ne savait pas comment comprendre l'inconfort apparent du garçon, la première fois de Snape s'était passée sans anicroche ni intérêt lorsqu'il avait eu seize ans.
« Je ne suis pas certain de comprendre où le problème se situe, dans ce cas », dit Snape tout en se sentant mal à l'aise.
Il n'était pas habitué à jouer les psys pour des adolescents troublés qui étaient sous sa tutelle.
Les lèvres de Potter se pressèrent en une ligne fine.
« Vous ne comprenez pas ? Ce n'est pas moi qu'ils veulent du tout. Je me sens… je me sens submergé par tout ceci. Parfois… »
Il laissa tomber son menton sur ses bras croisés sur le dessus de ses genoux en laissant échapper un long soupir.
Sa voix était pratiquement inaudible lorsqu'il continua, « Parfois je pense que ça aurait été mieux si je n'avais pas survécu au sortilège de Voldemort. »
Cette révélation chuchotée choqua Snape comme peu d'autres choses auraient pu le faire. Il avait toujours vu Potter comme quelqu'un qui avait tout, et qui le savait.
« Vous pensez vraiment ça ? », demanda-t-il en oubliant un instant d'être méprisant.
Potter releva sa tête et lui sourit honteusement, même si ses yeux étaient toujours voilés.
« Non, pas vraiment. Mais parfois tout est tellement trop, vous comprenez ? »
« Comme maintenant », dit Snape pensivement, et Harry acquiesça.
« Comme maintenant. »
Pour la première fois, Snape considéra sérieusement ce que Potter -- ce que Harry lui demandait. Il avait toujours vu Harry Potter comme une célébrité gâtée, bien consciente de ses propres charmes ambigus, mais maintenant, tout ce que Snape voyait (il avait beau essayer tant bien que mal) était un garçon effrayé qui semblait vraiment submergé par sa propre notoriété. Et Harry était devenu un jeune homme extrêmement attirant, toutes choses considérées. Snape pensait que Harry sous-estimait son propre charme en tant que partenaire sexuel, non sans mérite.
Mais la vérité était qu'il ne pourrait jamais savoir avec certitude pourquoi son premier partenaire était avec lui. Et aussi, il y aurait toujours la suspicion quelque part que son amant ait été pris dans la comédie d'être celui choisi pour prendre la virginité du Garçon-Qui-A-Survécu. Ce qui expliquait pourquoi Harry se trouvait là à lui parler à lui, la seule personne qu'il ne suspecterait jamais d'être éblouie par sa notoriété.
Snape avait beau essayer de le nier, il y avait là une certaine tentation -- Harry n'était pas vraiment laid, en y réfléchissant, et Snape avait admis l'avoir remarqué depuis un certain temps déjà. Mais la conscience de Snape ne le laisserait pas mettre dans son lit le garçon si Harry ne le voulait pas vraiment. Si Harry percevait ça comme une obligation pesante, juste histoire d'écarter une meute de lèches-culs qui salivaient après sa personne -- la pensée rendit Snape étrangement écœuré. Aucune première fois ne devrait être comme ça.
« Vous avez certainement des amis… ? », aventura-t-il prudemment.
Harry rit brièvement, mais c'était un son dur et brisé.
« Certainement. Et ils sont tous très… volontaires. Mais je ne veux pas… »
Il laissa sa phrase en suspens et enfouit son visage dans ses bras de nouveau.
Snape pensait avoir compris. Harry ne voulait pas qu'on le prenne en pitié.
Avant que Snape puisse ajouter quelque chose, Harry souleva la tête et se tourna afin de fixer à nouveau le feu.
« Je comprendrai si vous ne voulez pas de moi », dit-il, très calmement. « Je veux dire, vous n'avez jamais été impressionné par… par ce qui est arrivé. » Il frotta la cicatrice sur son front de manière distraite, sans détourner son regard du feu. « Je ne vous l'aurais même pas demandé, sauf que… »
Il rit de nouveau, et ce son fit hérisser les poils qui se trouvaient sur la nuque de Snape. Lorsque Harry se tourna vers lui, ses yeux étaient étrangement brillants.
« Je suis désolé de vous avoir dérangé. Je vais y aller maintenant. »
Snape tendit une main afin de le stopper et fit mine de se lever.
« Attendez. »
Harry le fixa, les mains agrippées aux accoudoirs du fauteuil alors qu'il se levait.
Snape déglutit avec force. Il ne pouvait pas croire ce qu'il était sur le point de dire.
« D'accord. »
Les yeux de Harry s'agrandirent, et Snape sentit un début de rage monter en lui suite au choc qu'il vit s'y refléter, se reconnaissant trop bien dans ce simple geste. Quelles sortes de circonstances ce garçon avait-il dû subir pour qu'il puisse penser qu'il était complètement incapable d'être aimé ? Est-ce qu'il pensait vraiment que personne ne voudrait faire l'amour avec lui, pour une raison autre que celle de partager la notoriété du Garçon-Qui-a-Survécu ? Snape fut soudainement frappé par la pensée que ce que toutes ces propositions anonymes avaient dû être pour lui -- du plaisir égocentrique et rien d'autre, peut-être une bonne dose de douleur, sans aucune pensée pour le plaisir de Harry. Est-ce que c'était ça qu'il attendait du sexe ?
Non. Pas si Snape avait son mot à dire.
Harry le regardait toujours avec une expression qui était à moitié pleine d'espoir, et à moitié terrifiée. Snape se sentait bizarrement protecteur envers lui, et il luttait contre le besoin de s'approcher et de toucher son bras dans un geste de réconfort.
« Si vous êtes vraiment, vraiment sûr », cautionna-t-il en soutenant le regard de Harry sérieusement.
Harry lécha ses lèvres et acquiesça lentement. Ses jointures étaient blanches à l'endroit où elles étaient serrées sur les accoudoirs du fauteuil.
« Je suis certain, professeur. »
Et Snape savait que Harry l'avait seulement choisi ça car c'était le moins repoussant de tous les choix qui se présentaient à lui, mais tout de même, il devait y avoir une petite part de lui qui pensait que Snape le traiterait avec douceur. Snape était assez familier avec la tradition que Harry avait invoquée en venant ici. Il savait que le but du rituel professeur/élève était d'instruire, mais aussi s'assurer que l'élève sera traité avec respect, que ses besoins soient comblés avec quelqu'un de plus âgé et plus expérimenté, qui savait précisément comment rendre l'expérience aussi agréable que possible pour les deux concernés.
Il est vrai que cela faisait longtemps depuis que Snape avait été impliqué dans une quelconque relation intime, mais il y avait des choses qu'un corps ne pouvait pas oublier. Doucement, il tendit ses doigts afin de les faire glisser contre le dos de la main de Harry, appliquant une douce pression pour calmer les doigts agrippés sur les accoudoirs du fauteuil.
Harry sursauta à la caresse, l'air surpris, et se rassit dans son fauteuil. Ses yeux ne quittèrent jamais ceux de Snape.
Par Merlin, il était terrifié. Snape secoua la tête, commençant déjà à regretter sa décision.
« Si vous changez d'avis à n'importe quel moment », dit-il sérieusement, « vous n'avez qu'à me le dire. Me suis-je bien fait comprendre, Mr. Potter ? »
Harry déglutit avec difficulté et acquiesça.
« C'est entendu. »
Il tremblait à présent. Snape continua à frotter le dos de sa main légèrement, en essayant de le calmer. Il se demanda sarcastiquement si sa caresse rendait les choses pires ou meilleures.
Comment s'était-il retrouvé dans une telle situation ? Snape pressa ses lèvres fermement et essaya de ne pas se renfrogner. Il n'avait jamais apprécié les vierges effarouchées, et se trouvait particulièrement peu qualifié pour gérer la situation maintenant. Sauf que Harry ne semblait pas rougir, à la place il avait l'air de quelqu'un qui doit se préparer à passer par quelque chose de déplaisant le plus vite possible.
« Avant de commencer, j'ai besoin de savoir quelques petites choses. »
Snape réalisa trop tard qu'il avait pris le même ton que lorsqu'il débutait une leçon. Il s'humecta les lèvres légèrement et fit un effort évident afin de se relaxer.
Harry acquiesça. Sa main ne s'était pas décrispée de l'accoudoir du fauteuil.
« Demandez-moi ce que vous voulez. »
Harry gardait définitivement la tête haute dans toute cette histoire. Harmonisant le ton de sa voix, Snape demanda, « Avez-vous déjà… »
Oh mon Dieu, comment demander cela de telle sorte qu'il n'offense pas les sensibilités délicates du garçon ?
« Vous êtes-vous déjà donné du plaisir auparavant ? »
Il fallut un moment à Harry pour comprendre ce qu'il demandait. L'instant où il le fit, son visage devint cramoisi et ses yeux s'agrandirent. Mais son timbre chancela seulement légèrement lorsqu'il répondit, « Ou-oui. »
Bien, c'était déjà une épine hors du pied. Au moins il ne devrait pas apprendre au garçon ce qu'était un orgasme.
Snape réalisa soudainement qu'il caressait toujours le dos de la main de Harry. Il retira sa main de façon abrupte et la passa sur les plis de sa robe.
« C'est votre première fois, Harry. »
L'entendre dire son prénom ainsi surpris Harry, mais Snape continua implacablement.
« Vous m'avez choisi pour vous guider à travers ceci, librement et de votre plein gré ? »
Les mots du rituel sonnaient bizarrement, venant de sa bouche. Il ne les avait jamais entendus prononcés oralement auparavant. Son premier partenaire ne s'était jamais donné la peine de les lui dire…
« Oui. »
Il n'y avait pas la moindre hésitation. Les yeux de Harry étaient grands ouverts et confiants, il était suspendu à chaque mot. Mon Dieu, est-ce que le garçon avait une quelconque idée du charme qu'il détenait ? Snape dut s'empêcher de le toucher et de caresser le côté de son visage, traçant la ligne où les lumières du feu étincelaient sur sa peau. Le garçon était une d'œuvre d'art, et Snape ressentit un petit frisson à l'intérieur de lui lorsqu'il réalisa qu'il pouvait s'autoriser à la voir à présent.
Très doucement, Snape se leva, tirant Harry debout. Harry lui obéit immédiatement, et ses tremblements étaient encore plus prononcés à présent. Snape fronça les sourcils.
« Le but de cette tradition est d'instruire, mais ce n'est pas pour autant que ça doit être un devoir pesant. »
Autant il avait apprécié agacer Harry par le passé, ce n'était pas une raison pour faire peur ou être méprisant. La première fois d'un sorcier était considérée de façon presque sacrée dans certains cercles, il y avait un grand pouvoir engagé, pour les deux participants, aussi bien le sorcier devenu plus mature que celui qu'il avait choisi pour le devenir.
« Non, je… je le veux. »
Les yeux de Harry étaient résolus lorsqu'ils rencontrèrent les siens. Ses lunettes reflétaient les lumières du feu le long de son côté droit, mais là encore, Snape pouvait voir ses yeux. Il avait l'air… déterminé. Déterminé ainsi que quelque chose d'autre que Snape ne parvenait pas à nommer.
La bouche de Snape devint soudainement sèche, et il dut toussoter avant que sa voix ne puisse fonctionner.
« Très bien », dit-il, caressant de son pouce légèrement la paume de Harry.
Les doigts de Harry s'enroulèrent autour, répondant à la caresse, et Snape dut supprimer un tremblement à la sensation de ces doigts qui se pressaient contre sa main.
« Alors, suivez-moi. »
Sur ce, il se tourna et se dirigea vers la porte qui menait à ses quartiers personnels, en pensant que Harry suivrait.
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à suivre...
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