Le chapitre 2 dans la foulée, tant que j'ai l'inspiration pour. Review? =)
Il faisait humide ce samedi. Comme pour un mois d'octobre en Angleterre en fait. Ce n'était pas vraiment dérangeant, Will s'était déjà entrainée avec un des temps plus catastrophiques – comme par exemple une tempête de neige, deux ans auparavant, mais pour la sécurité des élèves, le directeur Dippet décide que c'était devenu un peu trop dangereux pour des équipes universitaires. Tous les élèves n'avaient pas pour objectifs d'être engagés par des équipes de première importance, la plus part faisaient ça surtout pour s'amuser, et faire gagner des points à leur maison, comme c'était le cas de Will. Son ballet à la main, un Brossdure 2, la fine fleur des balais de l'époque, elle attendait Jedusor. Il était réputé pour être plutôt ponctuel en général. Lucy avait voulu l'accompagner, plus par curiosité que réel soutient, mais Will avait réussi à l'en dissuadée. Ce n'était vraiment pas le moment, franchement. Will se demandait encore pourquoi et comment elle avait pu accepter de se faire coincer de la sorte par Jedusor. En arrivant au terrain la veille, elle s'était faite houspillée par son capitaine, et avait filé dans les vestiaires sans demander son reste. Lucy, pourtant, trépignait dans les gradins, et semblait avoir totalement oublié le coéquipier de Will, pour se concentrer uniquement sur la discussion de celle-ci avec le grand chouchou de ces demoiselles. A peine la brune avait-elle mit pied à terre que la blonde s'était littéralement jetée sur elle. Will avait tout de même réussi à différer l'interrogatoire le temps de rentrer à la salle commune et prendre une douche, juste avant de pointer le bout de son nez en divination. Mais Lucy n'avait pas voulu attendre plus longtemps, et pendant tout le cours – en commun avec les Poufsouffles – elle n'avait cessé de la houspiller et de l'interroger. Le rapport fait par son amie était assez concis, et le manque d'enthousiasme de Will devant l'évènement, d'une telle ampleur, avait tellement choqué Lucy qu'elle avait manqué d'attirer l'attention de toute la salle de classe en s'exclamant :
-Mais TOUTES LES FILLES de l'école rêveraient d'être à ta place, Willie !
Les regards assassins des autres élèves, et les chuchotements désapprobateurs, qui d'habitude, ne gênaient pas Lucy, avaient pourtant eut raison de sa langue un peu trop pendue, au grand soulagement de Will, qui s'était un peu perdue dans ses pensées. Elle avait toujours préféré éviter de se retrouver en tête à tête avec Jedusor. Parce qu'il lui plaisait, déjà, et qu'elle avait peur de se rendre ridicule, et ensuite parce qu'il avait cet espèce de pouvoir bizarre sur les gens. Il captivait les foules, et ça, c'était plutôt dangereux. De plus sa bande d'amis n'était pas très engageante, et donnaient l'impression d'une garde rapprochée protégeant coute que coute leur seigneur. C'était assez effrayant. Will ne faisait pas le poids, c'était clair. Et elle n'avait même pas envie d'essayer. Le comportement de prince de l'école du jeune homme ne donnait pas envie de se rapprocher trop près de lui. Et voilà qu'il venait lui demander des cours de vols… Il y avait vraiment de quoi se poser des questions. C'était pourquoi, au lieu d'être dans la salle commune à bosser son devoir d'enchantement, Will attendait là, sous la pluie qui commençait à tomber par micro gouttes, sous forme d'un mixte entre une brume et de la bruine. 15h10… pour la ponctualité, il repasserait. La jeune fille commençait à avoir froid alors que les minutes s'écoulaient lentement et qu'aucune silhouette ne se profilait à l'entrée du château. 15h20… Non mais qu'est ce qu'il fichait ? Sa tenue d'entrainement noire n'était pas spécialement réputée pour tenir chaud mais pour faciliter les mouvements. Et là, elle commençait vraiment à trembler. Ses cheveux, attachés en queue de cheval, étaient trempés avec la bruine. 15h30… Il s'était bien fichu d'elle, il devait être ravi. Très en colère, mais aussi blessée et déçue bien qu'elle ne l'aurait jamais admit, Will enfourcha son balais et décolla pour traverser la distance qui la séparait de l'entrée du château. C'était normalement interdit par le règlement, mais vu le temps qui faisait, qui la blâmerait ? Elle se posa devant la porte en bois massif et entra dans le hall, son balais à la main, d'une humeur massacrante, et dévala les escaliers menant aux sous sols du château, manquant de tomber dans les escaliers en glissant avec ses chaussures trempées. Il ne manquait plus que ça ! Elle suivit le méandre des couloirs qui menaient à la salle commune de Serpentard, ne rencontrant fort heureusement personne, sinon ils auraient pus faire les frais de sa mauvaise humeur.
Au détour d'un couloir, une porte s'ouvrit, et deux garçons de sixième année, Dickens et Malloyd, lui sembla-t-il, sortirent de la salle. Un des cachots. Celui où Jedusor et sa bande se réunissaient. Non, non… en plus d'avoir été prise pour une idiote, elle n'allait pas se ridiculiser devant toute la bande d'ami de Jedusor ! Ce n'était vraiment pas le moment. Se dissimulant dans un coin d'ombre, elle attendit que, les uns après les autres, toute la bande ait quitté les lieux et se soit éloignée. Quand il n'y eut plus un bruit dans le couloir, elle inspira un grand coup pour sortir de sa « cachette », et continuer sa route vers la salle commune, mais atterrit en plein dans le torse de quelqu'un.
-Désolée… s'excusa-t-elle vivement, n'ayant qu'une envie, filer dans son dortoir et y passer l'après-midi à ruminer.
-Eh bien Blaine, après plus de quatre ans à passer à m'éviter, tu me tombes dans les bras, je savais que le destin ne pouvait pas nous éloigner éternellement ! lui répondit une voix masculine et moqueuse.
Will avait parfaitement reconnu la voix en question, mais lever les yeux sur son propriétaire serait rendre réel la honte qu'elle sentait déjà sur elle. Il l'avait fait exprès, il n'y avait pas d'autre solution. Elle se mordilla la lèvre presque au sang pour ne pas lui envoyer sa main en pleine figure. Honnêtement, il ne l'aurait pas volée, mais bien sur, frapper le meilleur élève de l'école, c'était se mettre tout le corps enseignant à dos. Etant donné qu'il restait plus de deux ans et demis à faire ici, mieux valait encore préserver son image encore un peu. Elle finit par relever la tête, son visage encore humide de la pluie de l'extérieur et ses cheveux dégoulinants sur sa robe humide, ses yeux lançant des éclaires. D'une voix sèche et sans appel, elle lui cracha :
-Fout moi la paix Jedusor !
Elle essaya de le contourner pour passer, mais le jeune homme, quoi qu'un peu surprit, réagit plus vite et lui barra le passage. D'un côté, puis de l'autre. Alors qu'elle essayait de forcer le passage, il lui saisit le bras, entre le coude et l'épaule, pour la forcer à rester en place :
-Laisse-moi passer !
-Mais tu vas te calmer oui ? rétorqua-t-il froidement, en resserrant son étreinte.
-Lâche-moi tout de suite !
Loin de l'écouter, il la repoussa dans le recoin où elle était dissimulée quelques instants auparavant, et la coinça contre le mur, un bras de chaque côté de la tête. Sa voix était calme, posée. Il ne semblait vraiment pas comprendre. Il avait complètement oublié… Le regard de la jeune fille se fit meurtrier alors qu'elle le regardait toujours, sans avoir peur de ses yeux noirs pour le moment.
-Maintenant tu vas me dire ce qu'il se passe ! exigea-t-il d'un ton sans appel.
Elle tourna la tête, boudeuse, refusant de lui répondre. Le silence perdura quelques minutes, avant qu'il ne le brise, en se redressant un peu, croisant les bras sur sa poitrine, lui laissant la possibilité de s'en aller si elle le désirait.
-Très bien… moi qui te pensais un peu plus mature que la moyenne des filles…
La remarque, non seulement perfide mais en plus déplacée, coupa le souffle de Will qui lui lança un regard éberlué.
-Et c'est toi qui dis ça ? Non mais tu te fiches vraiment du monde, Jedusor ! Je n'arrive pas à y croire. Quelle mauvaise fois. Il est beau le premier de l'école !
Le sarcasme était pour le moins transparent. Mais Tom ne voyait toujours pas où elle voulait en venir. Il fronça les sourcils en l'observant soigneusement.
-Il n'y a rien qui te choque dans ma manière d'être habillée ?
Il la regarda de haut en bas, avant de faire « non » de la tête.
-Quiddtch… entrainement… test de vol… hier après midi, ça ne te rappel rien ?
Le sourire du jeune homme commença à disparaitre alors qu'il semblait progressivement se rappeler ce qu'il avait demandé à la jeune femme.
-Oh non…
-Oh si ! rétorqua-t-elle. Je viens de t'attendre une demi heure sous la pluie, je suis trempée, j'ai froid, je n'ai qu'une envie, filer à mon dortoir, prendre une bonne douche, et aller bouquiner. Alors sois gentil, oublis moi.
Elle se redressa à son tour, et trainant son balai derrière elle, reprit le chemin de la salle commune. Tom passa sa main dans ses cheveux, en grimaçant, avant de s'élancer une nouvelle fois à sa poursuite. Se doutant que la rattraper ne suffirait pas cette fois, il la dépassa pour lui barrer le chemin.
-Ecoute Blaine, je suis désolé, ok ? J'ai… complètement oublié. Je sais que c'était mon idée, mais j'ai eus une réunion de préfet, et en sortant, j'ai croisé Nott, alors j'ai pensé à autre chose et… d'accord ce n'est pas une excuse. Mais je ferais n'importe quoi pour me faire pardonner. Et puis ça devient lassant de te courir après tout le temps. Tu veux bien mettre ton foutue orgueil de côté cinq minute pour qu'on fasse la paix ? C'est quoi qui te dérange, que j'ai des meilleures notes que toi ? Tu as dis que tu ne me détestais pas, et moi je dis que tu mens. Alors si on la jouait carte sur table, pour une fois ? On est seuls là, il n'y a ni ma « bande » comme tu dis, ni tes amis. Soit sincère pour une fois, si tu l'oses !
Le discours du jeune homme avait peu à peu fait diminuer la capacité de souffle de Will. Il cherchait vraiment à ce qu'elle lui en mette une ? Elle n'avait pas peur. De personne, et surtout pas de lui. Et la raison pour laquelle elle l'évitait ne dépendait que d'elle, il n'avait absolument pas à être au courant. Un point c'est tout. Elle s'apprêtait à lui répliquer une phrase bien sentie, quand une silhouette se dessina au fond du couloir, une silhouette que tous les deux connaissaient bien. Celle de Slughorn.
-Miss Blaine, Monsieur Jedusor, je suis ravi de vous voir. Il y a une réunion du Club de Slug demain soir. Oh Miss Blaine, je serais ravi de recevoir celle qui est pressentie pour être la nouvelle capitaine de Serpentard, l'an prochain. Mais vous ne devez pas savoir de quoi il s'agit…
-Tout le monde connait votre club, professeur, répondit-elle du tac au tac.
C'était surement irrespectueux, mais il fallait bien admettre qu'elle n'était pas d'humeur respecter les convenances. Tom, de son côté, se contenta d'hocher la tête. Slughorn les considéra l'un après l'autre, en silence, avant de prendre un air paternel avec un sourire amusé :
-Peut être ai-je interrompu une discussion ? Une querelle d'amoureux ?
Il ne manquait plus que ça. Jedusor se contenta de sourire en glissant un coup d'œil à Will alors que la jeune femme levait les yeux au ciel.
-Très bien, très bien. Je serais donc ravis de vous y voir. Vous pouvez bien sur amener la personne de votre choix, mais je doute que cela soit nécessaire, n'est ce pas ? ajouta-t-il avec un regard entendu.
Et, fière de sa plaisanterie, il s'éloigna en gloussant, ses épaules tressautant au rythme de son rire. S'en était trop pour Will, qui reprit sa marche décidée vers la salle commune.
-Eh ! lui cria Tom, tu n'as pas entendu la partie de ma phrase où je te disais que j'en avais marre de te courir après ?
Elle s'arrêta, et se retourna, un regard mis ennuyé, mis colérique posé sur lui.
-Que ça te plaise ou non, on sera amener à se revoir, et je trouverais bien le moyen de t'approcher.
-Tu sais quoi, Jedusor ? Retourne donc à tes groupies et à tes petits amis. Et laisse-moi tranquille. Une bonne fois pour toute. Je ne suis ni ta rivale, ni une de tes fans, alors arrête.
Et cette fois-ci, bien décidée à ne pas se retourner, elle reprit sa route.
-Très bien, mais je t'attendrais à huit heure moins le quart dans la salle commune demain, cria-t-il alors qu'elle s'éloignait.
Contrairement à elle, il était sur et certain de réussir à parvenir à ses fins.
Will ouvrit la porte de la salle commune, et bien loin de se précipité vers Lucy, qui était d'ailleurs surprise de la voir revenir de ci tôt, elle se dirigea sans un mot vers la douche, avant d'aller s'étaler sur son lit. Une heure plus tard, la porte du dortoir s'ouvrait sur la blonde, inquiète de l'absence de son amie, et Will déversa sa colère. Au-delà de la rage de la brune, Lucy discernait la peine de cœur, elle était trop spécialiste pour ne pas la voir au premier coup d'œil.
