Chapitre 2
Il ne restait plus qu'un groupe devant nous, et mon cœur se mit à battre plus fort. S'il n'y avait pas eu tant de monde autour de moi, je crois que je me serais frappée ! Je n'étais pas une de ces groupies qui pleurnichent en voyant leur star favorite ! Mais là, c'était différent. Il n'y avait pas que Mathieu en lui-même. Il y avait ses yeux, ses traits fatigués qu'il tentait de cacher par son sourire… Toujours affublé de son chapeau et d'un T-shirt de son émission, il prenait le temps de plaisanter avec tout le monde. Tout en lui était… Merde. Qu'est-ce qui m'arrive ? Je secouai la tête pour chasser ces idées, et le temps que je pense à autre chose, c'était notre tour.
Mélissa sauta littéralement sur le jeune homme, ce qui le fit doucement sourire. Elle lui tendit un Fan Art (dont j'avais participé à la réalisation sous les ordres de mon amie…) et continua de papoter joyeusement. Elle me faisait rire, elle qui avait peur d'être intimidée par son idole, elle ne le lâchait plus. Finalement, elle le supplia de la laisser lui faire un câlin et Mathieu tendit les bras en riant.
Maintenant que je me trouvai si près de lui, je me sentais totalement ridicule. Qu'est-ce que je foutais ici ?! Je maudissais intérieurement ma meilleure amie, tout en espérant que personne ne se rende compte de ma présence. Je ne voulais même plus parler à Mathieu, j'avais peur de paraître idiote, de ne pas être… moi-même.
Bien entendu, c'était sans compter sur mon idiote de meilleure amie, qui au moment où nous nous apprêtions à partir, me tendit son appareil photo :
« *Ton Prénom*, prend-nous en photo s'il te plaît ! »
Voilà. Mathieu tourna la tête pour m'observer, et me fit un immense sourire :
-Oh, tu es avec elle ? Je ne savais pas. Tu veux une photo aussi ?
-Non, ça va je survivrai, dis-je en lui rendant son sourire.
-Tu le regretteras amèrement, répondit-il en riant.
Il avait un rire magnifique, et ses yeux bleus se plissaient, paraissant encore plus lumineux, et… Bon stop. J'arrête.
Je pris la photo et Mélissa s'éloigna à contrecœur. Alors que je m'apprêtais à la suivre, une main me retint par le bras. Je me retournai pour croiser les yeux les plus bleus de l'univers.
-Tu ne veux pas de câlin ? me demanda Mathieu en souriant.
-Tiens, je croyais que c'étaient les fans qui demandaient, répondis-je ironiquement.
-Il faut savoir faire des exceptions…
Et c'est ainsi que je me retrouvais dans les bras de Mathieu Sommet. Il sentait bon, un mélange de café, de cannelle et de cigarettes, très agréable. Nous restâmes ainsi quelques secondes, et je me sentis étrangement bien. Mais des chuchotements derrière nous se faisaient entendre. Le youtubeur chuchota un « Dommage » à mon oreille qui me fit rosir, et il s'éloigna de moi. Mais avant de me laisser partir, il me demanda :
-Comment tu t'appelles ?
- *Ton Prénom*.
Il prit un morceau de papier et griffonna quelque chose que je ne vis pas, avant de le plier en deux et de me le donner.
« Tiens, ton autographe. A bientôt, *Ton Prénom* », dit-il avec un sourire béat.
J'esquissai un sourire et parti rapidement.
« Et bien ! Pour un câlin, c'était un câlin ! Chanceuse… »
Mélissa, encore tout excitée par sa rencontre, ne cessait de faire des commentaires, ce qui avait le don de m'exaspérer. Je finis par tenter le coup, en la stoppant d'un air énervé :
-N'empêche que ton Mathieu Sommet, il a l'air bien prétentieux !
-Quoi ? Pourquoi tu dis ça ? demanda mon amie, choquée.
-Monsieur était vexée que je ne lui demande rien, alors il me fait un câlin devant tout le monde ! Et en plus de ça, il me donne un autographe que je ne lui ai jamais demandé !
-T'énerve pas comme ça, c'était gentil…
-Non, égoïste, m'entêtais-je.
-Regarde au moins ce qu'il a noté !
Je soupirai. Mélissa n'avait pas l'air de vouloir me lâcher. Je dépliai le morceau de papier que je tenais encore dans la main, sans m'arrêter de marcher, et commença à le déchiffrer.
Ce n'est qu'après trois relectures, quand je compris que je ne m'étais pas trompée, que je m'arrêtais, trop surprise pour continuer.
Sur le petit bout de papier un peu chiffonné, étaient notés ces mots :
« Mon portable n'est jamais éteint… ». Un numéro de téléphone suivait la phrase.
