Bonjour à tous! Deuxième chapitre en vue! Chapitre qui trainait depuis quelques temps dans ma boite mail, mais vu que mon réseau Internet avait décidé de prendre des vacances lui aussi... M'enfin, me revoilà quoi.
L'auteure vous remercie pour vos adorables commentaires, et les réponses aux reviews devraient arriver dans... pas longtemps! (oops méchante bêta qui a perdu le mail!)
Donc, je rappelle que c'est toujours Albane, the one and only Albane qui écrit cette histoire! I own nothing!
Disclaimer : Glee est à RIB, encore et toujours!
Bonne lecture, et n'oubliez pas la case du bas!
Chapitre 2 : Sentiments
Kurt était arrivé juste à l'heure au lycée et était désormais en cours de mathématiques, où il s'ennuyait. Il détestait le calcul. Et, sincèrement, il ne voyait pas à quoi ça servait. De toute façon, il n'écoutait pas le cours. Une main dans la poche, il triturait la serviette de plus en plus froissée entre ses doigts. Peut-être même que le numéro qui y était inscrit n'était plus lisible. Ça aurait vraiment arrangé les choses. Parce que ce numéro était maudit. Il ne savait qu'en faire. Il avait très envie d'envoyer un message à l'inconnu avec qui il venait de passer un moment génial mais il y avait un problème. Il ne savait rien de lui, pas même son nom. Et puis, même s'il lui avait fait confiance, ce qui n'était pas le cas, il n'aurait certainement pas montré son impatience en le harcelant. Certes, il était désespérément à la recherche d'amis mais pas à ce point-là tout de même. Si ? Tout lui semblait tellement compliqué. Il ne savait que penser des signaux contradictoires que le brun avait envoyé tout au long de leur conversation. Il ne voulait pas se casser la tête avec tout ça et surtout, il refusait de souffrir. Pour cela, il devait admettre que cette rencontre ne représentait rien pour l'autre. Aucune attache. C'est ce qu'il s'était promis à la mort de sa mère, lorsque le monde l'avait repoussé. Tout ceci n'avait été qu'un jeu, stupide certes mais un jeu et il devait oublier. Pourtant, il pouvait ce résoudre à jeter cette serviette. Alors il préféra ne plus y penser. C'était tellement plus facile de se concentrer sur le cours sans intérêt et d'oublier le beau jeune homme qui devait déjà l'avoir chassé de ses pensées.
Ce n'était pas le cas. Blaine ne pouvait tout simplement pas cesser de penser au châtain. Il s'étonnait d'ailleurs de ne pas encore avoir reçut de SMS de sa part. Il se demandait si c'était sa faute… Peut-être que l'autre ne s'était pas autant amusé que lui. Il n'avait pas du être très marrant, préoccupé comme il l'était à cause de Wes et des Warblers. Peut-être devait-il simplement se montrer patient. Après tout, tout le monde n'était pas aussi direct que lui. Il avait donné son numéro à un parfait inconnu qui avait surement été effrayé par son initiative. Il devait lui laisser plus de temps. Mais cela lui semblait au dessus de ses forces. Il n'avait jamais été aussi fébrile et il se sentait vraiment stupide. Il devait voir les choses en face, ils avaient passé un bon moment ensemble mais ça s'arrêtait là. Alors pourquoi se mettait-il dans un tel état ? Il ne pouvait pas s'être attaché à un inconnu en si peu de temps. Et pourtant si. Il s'était sentit tellement seul après le geste de Wes et sortir du cadre du lycée avait été rafraichissant. Le châtain avait été là pour lui, l'écoutant lorsqu'il en avait eu le plus besoin. Il s'était sentit compris. C'était sans doute pour cela qu'il ne pouvait s'empêcher de tapoter nerveusement la table avec les doigts. Parce qu'il avait désespérément besoin qu'on soit là pour lui. Que ce soit en parlant à ce jeune inconnu qui ne lui envoyait pas de message ou à n'importe qui, il voulait juste être sûr de pouvoir s'exprimer en étant entendu.
Le cours se déroula comme dans un rêve, et lorsqu'il sortit de la salle, il ne se souvenait pas d'un seul mot prononcé par la prof. Les cours suivants furent pires encore, l'attente devenant insupportable. Parfois, il avait l'impression que son portable avait vibré, alors il le sortait fiévreusement, mais ce n'était qu'une illusion. Il avait vraiment l'impression de devenir fou et il ne comprenait pas pourquoi il se mettait dans un tel état. Lorsque la cloche annonçant la fin des cours retentit, il sursauta, se rappelant soudain où il se trouvait. David remarqua son comportement étrangement agité, lui qui était si calme habituellement. Il vint le voir pour lui demander si tout allait bien. Mais le brun ne lui répondit pas, trop préoccupé pas son portable qui venait de vibrer, pour de vrai cette fois. Mais il hésita à le sortir. Il ne voulait pas paraître impatient bien qu'il le soit et surtout, il ne voulait pas lire le message alors qu'il était entouré par tous ses amis à la curiosité souvent bien mal placée.
Il s'éloigna donc, inventant une fausse excuse pour la deuxième fois de la journée. Lui qui était habituellement si franc se montrait très inventif en mensonge aujourd'hui. Ce ne fut que lorsqu'il fut sûr d'être bien seul qu'il osa sortir son portable de sa poche. A sa grande déception, le SMS ne venait pas de l'inconnu mais de quelqu'un qu'il connaissait bien. Trop bien même. Wesley. Il tergiversa quelques secondes avant de se souvenir que Wesley était son meilleur ami. Ce fut donc la main tremblante qu'il appuya sur « lire » :
Il faut qu'on parle. Vite. Gymnase. 17h30.
Blaine fixa le message pendant quelques secondes, à la fois surpris et… déçu. Il s'était attendu à un long message d'excuse, expliquant que ce n'était qu'une erreur et que ça ne représentait rien. Non, il lisait juste un simple mot lui donnant rendez-vous, sans la moindre explication. Il pensait que leur amitié de longue date méritait mieux que… ça. Et puis, il ne voulait pas parler, pas après la journée qu'il venait d'avoir. Il se sentait trop proche de l'implosion. Il ne voulait plus réfléchir. Juste rentrer chez lui et ne rien faire. Pourtant il savait qu'ils devaient discuter. Pour s'expliquer. Pour qu'il puisse enfin comprendre. Cela faisait une semaine qu'il y pensait et il en avait assez de se poser des questions. Il devait connaître la raison. Parce qu'il y en avait forcément une. Il prit donc le chemin du gymnase sans vraiment être sûr de ce qu'il faisait. Mais il était trop tard pour faire demi-tour, il ne devait plus fuir. Alors il poussa la porte à double battant qui menait à la grande salle et entra.
Wesley était déjà là, l'attendant dans les gradins, à mi-hauteur. Le brun monta jusqu'à lui mais laissa quelques sièges entre eux, pour ne pas être obligé de le regarder. Les yeux fixant ses mains, attendit que l'autre prenne la parole, brisant le silence ambiant :
-Je ne pensais pas que tu viendrais…
Le bouclé releva la tête et son regard croisa celui de son meilleur ami. Il se sentit obligé de répondre :
- Pour être franc, moi non plus. Mais je dois comprendre pourquoi tu m'as… enfin pourquoi tu as fait ça.
Le leader des Warblers resta silencieux quelques instants, ne sachant comment expliquer ce qu'il ressentait. Le regard perdu dans le vide, il réfléchissait. Lorsqu'enfin il ouvrit la bouche, il lui fallut encore un moment pour qu'un son en sorte :
- Je… Je ne sais pas vraiment… Je suis perdu en ce moment, et lorsqu'on s'est disputés avec Jane, tu étais là… plus beau que jamais. Je n'ai pas pu résister.
Blaine eut un mouvement de recul. Il ne s'attendait pas à ça ! Il était persuadé que ça n'avait été qu'une erreur et que ce baiser ne représentait rien pour Wesley. Il était tellement sûr que ce n'était qu'un moment d'égarement, qu'il n'avait même pas envisagé que ce put être autre chose. Mais la dernière phrase laissait entendre que ce n'était pas la première fois que Wes avait ce genre de « pulsions »… cette réponse était cent fois pire que tout ce qu'il avait imaginé. Il était tout simplement incapable de parler. Il était trop surpris pour ça. L'autre dut s'en rendre compte, car il dit d'une voix faible, tentant de se justifier :
- Tu es comme un frère pour moi. Toujours présent quand j'en avais besoin, prêt à m'écouter parler des heures. Mais depuis quelques mois, chaque minute passée loin de toi est devenu un calvaire. Seule ta présence m'apaise. Je pense à toi partout même quand je suis avec Jane. Je ne pensais vraiment pas être gay et tu es sorti avec tellement de filles… Alors j'ai tenté de lutter, mais quoi que je fasse, mes sentiments pour toi ont… évolué.
Le brun n'en revenait pas. Son meilleur ami était en train de lui faire une déclaration d'amour ! Mais il ne voulait pas savoir, il voulait continuer de croire que tout allait bien et que son monde tournait rond. Mais c'était trop tard. Alors il se leva et s'enfuit. Une fois de plus. Partant le plus loin possible avant d'entendre quelque chose qu'il n'aurait pu supporter. Il entendit Wesley l'appeler mais il ne s'arrêta pas, courant jusqu'à ce qu'il se retrouve à bonne distance du lycée et de son meilleur ami. Meilleur ami qui avait des sentiments pour lui. Il se sentait vide, incapable de comprendre. Ils se connaissaient depuis toujours et il n'y avait jamais eu un seul secret entre eux. Mais leur relation de confiance était désormais brisée. Pour toujours. Plus jamais Blaine ne pourrait le regarder comme avant en sachant ce qu'il savait. Adossé contre un muret, hors d'haleine, il se sentait plus seul que jamais. Il venait de perdre son meilleur ami et ne savait pas s'il pourrait recréer une telle complicité avec quelqu'un d'autre.
Il était assis contre ce muret depuis ce qu'il lui semblait être des heures, lorsqu'il sentit une main se poser sur son épaule. Une petite main réconfortante. Il leva les yeux et se retrouva nez à nez avec l'inconnu qu'il avait rencontré quelques heures plus tôt. Il se demanda ce qu'il faisait là et réalisa alors qu'ils se trouvaient dans la rue où ils s'étaient bousculés. Un peu plus loin, il apercevait encore la tâche sombre laissée par le smoothie. Pourquoi donc s'était-il arrêté précisément là où il avait fait la connaissance du châtain ? Un jeune homme avec qui il avait passé un bon moment et qui ne lui avait pas donné de nouvelles depuis. Il sentit un vague de colère monter en lui, de la colère contre Wes, contre cet inconnu mais surtout contre lui-même. Alors lorsque l'autre demanda, d'une voix pleine de compassion, si tout allait bien, le brun explosa :
- Non ! Non ça ne va pas ! Rien ne va ! Je viens de découvrir que mon meilleur ami que je pensais connaître, a des sentiments pour moi ! En plus je me suis attaché comme un parfait crétin à un mec dont je ne sais rien et qui manifestement n'en a rien à faire de moi puisque j'ai attendu en vain de ses nouvelles toute l'après-midi. Qu'est-ce que tu fais là d'ailleurs ? Nous ne sommes pas amis ! Nous ne le serons jamais !
Kurt se tut pendant quelques secondes, étrangement calme lui qui était si émotif d'habitude. Puis il se contenta, pour toute réponse, de murmurer :
- J'ai trouvé mon deuxième vœu.
- Quoi ?
Blaine était trop abasourdi pour pouvoir dire autre chose. Il venait de hurler sur le châtain sans raison, lui crachant au visage tout ce qu'il avait sur le cœur, et il ne se formalisait pas. Comme s'il avait l'habitude de genre d'accès de colère, comme s'il savait qu'il n'était pas responsable. Debout devant le brun, il semblait à la fois fragile et intouchable :
- J'ai trouvé mon deuxième vœu, répéta-t-il un peu plus fort mais d'une voix toujours aussi douce. Je veux que tu arrêtes de crier.
Le bouclé était de plus en plus surpris. Il ne pouvait tout simplement pas ouvrir la bouche. Mais il voulait parler pour exprimer sa rage, son refus de faire ce qu'on lui demandait. Hurler à s'en briser la voix. Hurler pour dire tout ce qu'il avait sur le cœur. Hurler pour être entendu. Hurler pour être compris. Mais lorsque son regard se perdit dans les yeux bleus de son vis-à-vis, il comprit que ça ne servirait à rien. Et puis, il lut tant de compassion dans ces deux lacs insondables qu'il se pu se résoudre à déverser sa colère sur le châtain qui se montrait si attentionné envers lui.
Il se contenta donc de hocher la tête pour montrer qu'il s'était calmé. Kurt l'aida alors à se relever et ils se mirent à marcher en silence. Aucun n'osait parler en premier, de peur d'interrompre le cours des pensées de l'autre. Ils savaient l'un comme l'autre qu'il ne servait à rien de parler. Un milliard de questions tournaient dans l'esprit agité du châtain, mais il ne voulait pas se montrer trop curieux et indiscret en les posant. Cependant, il ne pu se retenir lorsqu'une phrase prononcée par le brun quelques minutes plus tôt lui revint en mémoire :
- Tu m'en veux ?
- Pourquoi ?
- Pour ne pas t'avoir envoyé de SMS…
- Non. Enfin si… un peu.
- Désolé.
Ils reprirent leur route, de nouveau muets. Ils appréciaient le calme de cette fin d'après-midi. Tout était paisible et ils ne ressentaient pas le besoin de parler, comme si tout mot aurait été superflu. Ils arrivèrent bientôt au bar à smoothie où ils s'étaient arrêtés le midi même. Ils leur semblaient qu'un million de choses s'étaient déroulées depuis. Ils s'installèrent à la même table et une jolie serveuse vint prendre leur commande. Elle sourit en voyant que Kurt, son client favori, était venu accompagné, et par un garçon plutôt mignon qui plus est! Celui-ci resta totalement de marbre face à ses tentatives de séduction, ne quittant pas son vis-à-vis des yeux. Elle finit par s'éloigner, dépitée, se demandant s'il était gay. Il ne semblait pas l'être mais quelque chose dans son regard la faisait douter… ça aurait été un tel gâchis !
Ce ne fut que lorsque la serveuse eut apporté leurs boissons puis disparue à nouveau, que les deux adolescents se mirent à parler en même temps, comme si ce retrouver dans ce lieu connu déliait leurs langues. Ils évoquèrent de nombreux sujets, tout en évitant les questions trop personnelles. Ni l'un ni l'autre ne voulait penser à ses problèmes. Ils discutaient encore, intarissables, lorsque le bar ferma et continuèrent leur conversation dehors, alors que les rues devenaient de plus en plus sombres.
Bientôt les lampadaires s'allumèrent, illuminant la route, mais les deux garçons avaient encore et toujours quelque chose à dire. Plus la nuit avançait, plus leurs propos devenaient incohérents. Ils marchaient tels deux robots et seule la voix de l'autre les maintenait éveillés. Pourtant, ils ne songeaient pas à se taire, comme si c'était devenu pour eux aussi naturel et nécessaire que respirer. Ce ne fut que lorsqu'il arriva devant chez lui, alors qu'il habitait à plus d'une heure de bus de son bar préféré, que Kurt réalisa à quel point il était tard. Très tard. 2h30 exactement. Son père allait surement le découper en morceau et le jeter à la mer en voyant qu'il avait très largement dépassé son couvre-feu… Et il ne préférait pas imaginer ce qui allait arriver au brun. Brun qui tombait de sommeil comme le montraient ses paupières lourdes et ses yeux voilé par la fatigue. Le châtain ne pouvait pas le laisser rentrer seul dans cet état-là. Il fit donc la seule chose qui lui semblait responsable : il aida le bouclé à monter les escaliers menant chez lui tout en priant pour que son père soit déjà couché. Il se glissa doucement jusqu'à la chambre d'ami, portant à moitié l'adolescent ensommeillé. Celui-ci s'accrochait à lui comme si sa vie en dépendait mais Kurt parvint à se détacher à grand peine et l'installa sur le lit. Il sourit en voyant l'adorable bouille du bouclé qui s'endormi en posant la tête sur l'oreiller. L'autre ferma silencieusement la porte et se rendit dans sa chambre, la pièce juste à côté. Allongé dans son lit, il arrivait à entendre la respiration de celui qui dormait non loin de là, uniquement séparé de lui par un mur. Malgré la fatigue de plus en plus pesante, il ne parvint pas à se détendre en songeant à ce que dirait son père le lendemain, en voyant qu'un inconnu avait dormi chez lui. Il ne s'endormit qu'à cinq heures, bercé par le souffle paisible et régulier qu'il percevait faiblement. Son sommeil fut si lourd qu'il n'entendit même pas son réveil sonner.
/
Il ne se réveilla que lorsqu'un rayon de soleil caressa doucement son visage pâle, le réchauffant agréablement. Il ouvrit les yeux avec difficulté, ébloui par la luminosité puis se redressa brusquement, regardant avec effroi son réveil. 7h30 ! Son père devait déjà être réveillé et peut-être même avait-il remarqué qu'un inconnu avait dormi dans la chambre d'ami. Kurt se prépara le plus rapidement possible tout en se demandant ce qu'il allait dire à son père. Il retarda le plus possible la confrontation mais dut finalement se résoudre à descendre prendre son petit déjeuner. Il tenta de se faire discret dans les escaliers mais son père l'attendait déjà en faisant les cent pas dans la cuisine. Dès que le châtain apparut, il s'assit, invitant son fils à faire de même. Il était calme, trop calme pour que ce soit naturel, ce qui inquiéta beaucoup Kurt. Son anxiété augmenta encore lorsque Burt prit la parole d'une voix inexpressive qui annonçait une tempête sans précédent :
- Kurt.
Celui-ci retint son souffle, redoutant ce qui allait suivre :
- Tu ne peux pas imaginer la frayeur que j'ai eue hier en ne te voyant pas rentré alors qu'il était plus de minuit. Tu ne répondais pas au téléphone…
- Désolé mais…
- Tais-toi ! Je parle et tu écoutes! La voix avait claqué comme un coup de fouet. Comme je le disais, tu ne répondais pas et Mercedes m'a dit que vous n'étiez pas tous les deux. J'étais très inquiet mais je suis quand même parti me coucher, sachant que tu es un garçon responsable.
Il accentua le dernier mot puis ménagea une pause pour appuyer son propos. Kurt en profita pour respirer un grand coup, de plus en plus terrifié par la colère froide de son père :
- Et ce matin, alors que je viens à peine de me réveiller, je trouve un inconnu dans la chambre d'ami, qui dort presque nu, toutes ses affaires éparpillées autour de lui !
Presque nu ? Bien sûr, le bouclé avait du avoir trop chaud avec la couverture en laine… La situation aurait été risible si Kurt n'avait pas été pétrifié par la peur. Il sursauta quand son père explosa perdant son masque de sang froid et de calme :
- JE VEUX UNE EXPLICATION ! QUE S'EST-IL PASSE ENTRE TOI ET CE GARCON ?
Ce pouvait-il qu'il croit que… ? Lui et le beau brun ? L'adolescent se retint difficilement d'exploser de rire, mais en même temps, ça expliquait bien des choses… Comme par exemple pourquoi son père était aussi en colère. Que son fils rentre tard ne l'avait jamais énervé à ce point mais qu'il s'affiche en tant que gay… il ne parvenait pas à gérer. Et, comme tout ce qu'il ne pouvait pas contrôler, ça le mettait hors de lui. Bien sur, il avait tenté de faire changer son enfant, en vain. Et, quand il avait compris qu'il n'y pouvait rien, il avait refusé d'accepter l'évidence. Il détestait par-dessus tout que Kurt lui rappelle à quel point il était impuissant. Et inviter un garçon chez lui, surtout s'il n'était pas très habillé, était le moyen idéal pour mettre en avant ses… préférences. Mais ce n'était pas le moment de faire le fier, alors le châtain se contenta de répondre, d'une voix aussi neutre que possible :
- Ce… ce n'est pas ce que tu crois. C'est juste un garçon que j'ai rencontré il y à quelques semaines. (Un petit mensonge ne ferait que préserver le cœur fragile de son père). Et hier, il était très tard et il n'aurait pu rentrer seul. Alors je l'ai fait dormir ici. Mais c'est juste un ami… il ne s'est absolument rien passé.
- Tu l'as rencontré au lycée ? demanda Burt qui s'était calmé en apprenant que ce garçon n'était pas le petit ami de son fils. Celui-ci voyait ainsi ses soupçons se confirmer ce qui l'énerva beaucoup mais il ne voulait pas risquer de faire ressurgir la colère de son père en faisant la moindre remarque. Alors il répondit, tentant de se convaincre que celui qui avait posé la question était vraiment intéressé par la réponse :
- Non. Tu sais très bien que là-bas, je n'ai aucune chance de rencontrer quelqu'un qui se soucie vraiment de moi hormis Mercedes.
Kurt sourit tristement mais n'obtint pas de réaction de son vis-à-vis qui continua, montrant ainsi qu'il n'était pas totalement apaisé :
- Et quel est le prénom de cet ami ?
Le châtain réalisa soudain qu'il était toujours incapable de répondre à cette simple question et qu'il avait invité chez lui quelqu'un dont il ne savait rien. Il se sentait idiot mais avait surtout peur que Burt se remette à crier, ce qu'il ne tarda pas à faire devant au mutisme coupable de son fils :
- SON NOM ! TU CONNAIS SON NOM AU MOINS ?
Kurt n'osa pas prononcer le moindre mot, de peur d'exacerber encore la colère de celui qui lui faisait face et dont le visage virait au violet. Soudain, une voix terriblement suave et sexy, rendue rauque par le sommeil murmura, brisant le silence tendu qui s'était installé après cet éclat :
- Blaine.
Le châtain se retourna lentement et vit apparaître le bouclé en haut des escaliers. Avec son léger sourire charmeur, sa chemise entrouverte et ses cheveux sombres totalement libérés de leur couche de gel habituelle, il était incroyablement séduisant. Kurt se sentit défaillir à cette simple vision et ne put détourner ses yeux de l'inconnu. Non, pas de l'inconnu. De Blaine. Celui-ci descendit vers la cuisine, tel un ange, ou plutôt le démon de la luxure, et vint se placer près de l'autre adolescent pour lui manifester son soutient.
Burt sembla d'autant plus énervé mais il n'osa plus crier, point plutôt positif selon Kurt qui en avait marre de se faire hurler dessus. Il faisait comme si cela ne le touchait pas, mais il était ébranlé. Il était sans aucun doute le roi de la dissimulation et du mensonge. Il voulut aider son père mais celui-ci le repoussa et prépara seul le petit déjeuner, le laissant plus cuire que nécessaire. Malgré l'horrible goût de brulé, l'invité eut la politesse et la délicatesse de finir son assiette et dire qu'il trouvait tout délicieux.
Le châtain, quant à lui, avait l'estomac trop noué pour avaler quoi que ce soit. Même les sourires et clins d'œil du brun ne parvinrent pas à le dérider. Le contraste entre les deux garçons était frappant. L'un se sentait terriblement gêné par la situation bien qu'il fut chez lui alors que l'autre était totalement à l'aise dans cet environnement pourtant hostile.
Lorsque son assiette fut vide, le bouclé monta se préparer et lorsqu'il réapparut dans la cuisine, quelques minutes plus tard, il s'était métamorphosé. Sa chemise fermée jusqu'en haut était désormais maintenue en place par une cravate qui, associée à un blazer rouge et bleu, lui donnait l'air d'un petit écolier model. Mais, plus important encore, il avait de nouveau fait prisonnières ses magnifiques boucles brunes, les étouffant sous une couche de gel. Kurt soupira. Décidément, il le préférait au naturel, totalement sauvage. Indomptable.
Le châtain secoua la tête. Il ne lui servait à rien de fantasmer sur Blaine avec qui il n'avait aucune chance et dont il ne savait rien. Il préféra donc finir de se préparer en vitesse avant de prendre son sac et de sortir de cette maison dont l'air été devenu irrespirable. Les deux garçons se retrouvèrent dehors et, une fois de plus, ils se sentirent gênés, comme décalés par rapport au monde extérieur. Ils se séparèrent, se saluant d'un simple signe de la tête, comme des étrangers. Ce qu'ils n'étaient plus tout à fait…
Woot woot! Vous savez ce qu'il vous reste à faire! Le poids du monde repose sur vos épaules! ;)
