J'ai changé certains points, comme vous le verrez. Par exemple, Jacob n'apparaîtra que plus tard (si je m'en tiens à mon idée). J'ai aussi changé le côté "je me suis fait toutes les servantes". Je l'ai rendu plus pointilleux dans ses choix, mais c'est un roi ET un mec, le réalisme veut qu'il s'envoie en l'air souvent aussi souvent qu'il veut. (Puceau à 107 ans moi j'y crois pas.) En fait j'ai changé tout ce que j'avais emprunté. A part une chose que je tient à grader, mais qui n'est pas encore apparu dans mon histoire.
Bonne lecture et merci pour vos reviews.
Le royaume du Nord était en guerre depuis déjà près de trente ans. Seuls de rares répits redonnaient encore foi aux habitants d'une future armistice. Ce n'était pourtant pas faute d'essayer. Le jeune roi tentait en vain d'obtenir la paix. Le Triumvirat des Vallées de l'Est, composé des Trois Frères Rois, était bien décidé à posséder un jour les grandes contrées du Nord, quitte à tuer toute sa population. Déjà, il avait mis à mort le roi précédent, laissant un nouveau roi encore en langes. Pendant seize années, la Reine Esmée, appuyée par son Conseiller Carlisle, avait gouverné le royaume en attendant de passer la main à son fils unique Edward II. Dès son accession au trône, le jeune souverain s'était montré digne de sa mission, gagnant le respect de tous ceux qui avaient été fidèles à son père.
POV Edward
En regardant par la fenêtre, je pus observer à loisir la centaine d'hommes que j'envoyais au front afin de renforcer un point stratégique de la frontière. Il s'agissait toujours d'une décision difficile à prendre, ces hommes avaient des femmes et des enfants à protéger. Or la guerre qui durait depuis déjà trente ans avait amené avec elle la faim et l'insécurité. Hélas, l'hiver qui approchait n'allait rien arranger.
Je soupirais. Décidément, la paix semblait belle et bien impossible tant que les Frères Volturi n'auraient pas été envoyés en enfer.
Deux mois que j'étais rentré du front. En tant que roi je me devais de prendre des décisions, même si j'avais pleine confiance en Carlisle. Ma mère avait toujours de bonnes intuitions, mais réussir à dénicher un homme de confiance comme lui en ces temps troublés tenait du miracle. J'avais grandi avec son fils, Emmet, et je les considérais comme de la famille. Leur loyauté était au-dessus de tout soupçon, ce qui, à mes yeux, n'avait pas de prix.
En parlant du loup...
- C'est donc là où tu te caches? Les nobles attendent, le conseil aurait dû commencer il y a une heure. Edward, la ponctualité est une marque de respect.
Carlisle m'avait finalement retrouvé.
- Tu me connais, j'aime faire une entrée remarquée.
- Emmett et Jasper sont de retour. Il t'attendent pour faire leur rapport sur les dernières batailles.
Le nom de mes généraux et hommes de confiance capta aussitôt mon attention. Ils n'étaient sensés revenir que la semaine suivante. Je me précipitais, mais avec dignité tout de même, vers la salle du conseil.
POV Isabella
- Lady Isabella, vous allez attraper froid! L'hiver n'est plus loin, et il ne sied pas à une jeune fille de votre rang de passer la journée seule dehors!
Cette réplique me fit sourire. Ma servante Angela était toujours très attentionnée envers moi. Qui croirait en l'entendant que nous avions le même âge? Venue d'une autre, sa réprimande aurait été mal reçue, mais Angela était une de mes amies, peut-être même la seule.
J'aimais parcourir les espaces de la région de la Colline Rouge: elle était si vaste et si sauvage. Elle devait son nom à la couleur de l'herbe au soleil couchant. Pendant mes promenades, à voir les lacs et les forêts, j'avais le sentiment d'être seule au monde, loin des obligations et des devoirs.
- Arrête de m'appeler ainsi! Ce titre est ridicule. Quant-à mon rang, il n'est pas bien grand. Notre mini-château s'écroule de toutes parts. Déjà la Tour du Sud n'existe plus. En fait ce lieu ressemble davantage à un ferme.
- Quelque soit l'état de votre patrimoine, vous êtes et resterez de sang noble! Et je vous appellerai toujours par votre titre en public. Il n'est que dans votre chambre que j'accepte de me plier à ce caprice. Lady Isabella, je vous en prie, n'oubliez pas votre rang. En agissant ainsi, vous risquez les rumeurs les plus folles...
- ...et je ne pourrais alors pas me marier. Je sais bien Angela, mais je ne fais rien de mal. Rester enfermée ici pendant toute la journée me rend malade, surtout quand mon père est absent.
- Sir Charles rentrera bientôt du Conseil, j'en suis certaine.
- Tu as raison, et après tout, ce n'est qu'un humble chevalier, pourquoi le roi voudrait-il le retenir?
Entre temps nous étions rentrées à l'intérieur. Je me réchauffais devant la cheminée de la cuisine quand un groupe de servantes entra sans m'apercevoir. Je ne fis pas mine de bouger, les commérages m'amusaient et me distrayaient.
- Lady Tanya sera très certainement choisie. Je reconnus aussitôt la voix de Jessica, la reine des potins en pleine action.
- Mais Lady Lauren est en bonne liste!
- Et puis son altesse a dû se lasser de la Gourgandine. Une fois qu'un homme a eu ce qu'il voulait pourquoi t'épouser? C'est une règle qu'elle ne semble pas avoir enregistrer.
C'était une chose courante chez les domestiques que de donner des surnoms à leurs maitres. Une fois qu'un noble était étiqueté par les siens, très vite le surnom gagnait toute la contrée. Je me demandais souvent comment, moi, on m'avait surnommée. Mais impossible de l'apprendre, c'était un secret bien gardé. D'ailleurs, je n'avais appris ce fait que de par ma manie à ne pas me faire repérer quand j'étais dans une pièce...comme là en cet instant.
- Et la Princesse de Glace?
Lady Tanya et Lady Rosalie étaient les plus citées dans le discours des domestiques. Elles étaient réputées pour leur beauté et leur ambition. C'est ainsi que je savais que la "Princesse de Glace" n'était autre que Rosalie Hale, la fille d'un noble riche et puissant, bien que moins puissant que le père de Lady Tanya.
- Nan, on parle d'un mariage avec le général Emmett. Le roi semble insensible aux beautés glaciales. On murmure d'ailleurs qu'il s'agit d'un fier destrier. Leurs gloussements me fis lever les yeux au ciel, leur bêtise n'avait d'égal que leur bassesse.
- Lady Tanya a donc encore toutes ses chances.
- Quel roi voudrait épouser une femme impure?
Sur ce, je décidais de me retirer. Le mariage d'Edward II, ne m'intéressait aucunement. Qu'elle se nomme Lauren, Tanya ou Rosalie, elle sera riche, de parents malheureux, et faite cocue avec toutes les domestiques du palais. Je ne l'enviais pas. En pensant au mariage, mes pensées se posèrent sur Sir Mike. Nos fiançailles avaient été décidées alors que nous étions enfants. Depuis 3 ans qu'il était au front, il avait dû bien changer. Il n'était pas plus riche que nous, mais il respectait mon indépendance et semblait éprouver de l'affection pour moi. Il était hélas courant qu'un mari méprise sa femme, et dans ce cas rien ne la protégeait de sa méchanceté. Notre futur mariage me convenait, cependant avec la guerre j'ignorais quand il pourrait enfin avoir lieu.
J'avais peur de perdre Charles à la guerre. Etant chevalier, c'était de son devoir d'aller au front même s'il y avait jusque là échappé. Si Mike et mon père venait à mourir avant le mariage, en plus de la douleur de leur perte, je me retrouverais sans rien. Sang noble ou pas, le mariage et la naissance d'un fils est et sera toujours la seule assurance pour la femme.
