Je vois son regard se concentrer et il relève légèrement sa baguette.
- Expelliarmus !
- Protego
J'ai agis sans réfléchir. Mais apparemment ça a fonctionné car j'ai toujours ma baguette avec moi. Purée c'est comme si mon corps se souvenait des mouvements à faire sans que j'ai besoin de les lui dicter. Bon maintenant que mon cerveau est lancé à plein régime je décide de lancer le seul sort qui me vient à l'esprit.
- Wingardium Leviosa !
Avec bonheur je vois la baguette de mon adversaire s'élever, avant qu'il ne la rattrape d'un geste vif. Je fais la moue, alors que j'étais si fière de mon sort. Malheureusement je n'ai pas le temps de m'apitoyer car un autre sort fuse déjà.
- Levicorpus
Je me retrouve la tête en bas. Moi qui n'aie jamais supporté les attractions fortes me voilà dans une belle situation.
- Finite incantatem
Je tombe à nouveau sur les fesses. Décidemment ce n'est pas mon jour !
- Steves, t'en as pas marre de t'en prendre toujours à Anna ?
- Potter je t'ai pas sonné !
Potter ? Je regarde le nouveau venu, ah oui, c'est bien Potter. Mais pas Albus, James ! En le détaillant je ne peux m'empêcher de me dire qu'il est plutôt mignon, mais de là à m'évanouir…
Donc c'est lui qui est venu me « sauver » de ce… Steves ? Et apparemment ce n'est pas la première fois que je me retrouve confrontée à ce type. Mais pourquoi un Serdaigle m'attaquerait ? Ça restera toujours un mystère. Pour le moment tout du moins. Potter s'approche de moi et m'aide à me relever. Je le remercie et je m'interroge encore une fois, pourquoi me suis-je évanouie devant lui ?
- Toujours là pour la défendre n'est-ce pas Potter ? Le chevalier servant est arrivé.
Je sursaute en entendant la voix de Steves, je l'avais oublié. Comment je peux l'oublier alors qu'il est en face de moi ? Parfois je me fais peur moi-même. James soupire à côté de moi.
- Ecoute Steves, ce n'est pas parce qu'elle n'a pas voulu t'accompagner au bal l'année dernière qu'il faut t'énerver dès que tu la vois
J'écarquille les yeux. Pardon ? Il m'a invité à un bal et j'ai refusé ?! Ah non, ce n'est pas le plus important. C'est pour ça qu'il m'en veut autant ?! Je suis soufflée. Enfin ma réaction me surprend quand même beaucoup, je n'ai pas vraiment de succès avec les garçons et j'ai du mal à me lier d'amitié avec eux aussi, alors pourquoi aurais-je refusé d'aller au bal avec Steves ? D'ailleurs c'est son prénom ou son nom de famille ? Simple curiosité hein.
Steves rougit. Ah oui il a quand même honte de rester fâché juste pour ça, je l'ai tant blessé dans son égo ?
- Je suis désolée de t'avoir éconduit
Les mots sortent de ma bouche avant que j'ai pu les contrôler. James me regarde surpris et Steves –que ce soit son prénom ou son nom- s'empourpre de plus belle. Il marmonne des mots incompréhensibles dans lesquels je comprends « ça va », « pardon » et « devoirs » avant de le voir littéralement s'enfuir dans le couloir.
James me regarde toujours aussi surpris. Je le vois secouer sa tête l'air de dire « n'essayons pas de comprendre » puis il approche une main de mon front et la pose dessus.
- Ça va mieux toi ? Julie m'a dit que tu étais sortie de l'infirmerie il y a une heure
Une heure déjà ? J'hausse les épaules et décide de clarifier la situation afin d'arrêter de me trimballer cette réputation de jeune fille énamourée. Ok c'est un rêve mais je tiens à ma réputation !
- Ça va, en revanche je ne sais vraiment pas pourquoi je me suis évanouie. J'ai dû faire une crise d'hypoglycémie ou quelque chose dans ce goût-là
- Bon tant mieux si tu t'es rétablie. Tiens
Il me tend un paquet. Je le prends et lis ce qui est inscrit « Chocogrenouille ». Yes ! Je pourrais enfin goûter une sucrerie de sorcier, même si c'est le produit de mon imagination. Je le remercie et il s'en va. Je comprends après coup que la chocogrenouille m'a été donnée à cause de mon excuse : crise d'hypoglycémie. Après en avoir croqué une bouchée je me fige. Le goût est trop réaliste. En y repensant tout ce que j'ai vécu jusqu'à maintenant est trop réaliste : mes amis, exactement comme ceux de mon lycée, Albus Potter, Rose Weasley et Scorpius Malefoy m'ont l'air on ne peut plus réels, le sort que j'ai reçu m'avait l'air très réel aussi et pour finir cette chocogrenouille. Je l'avale d'un coup et manque de m'étouffer, je réfléchis à toute vitesse pendant que je crache mes poumons à tousser. Ma baguette est toujours dans ma main droite. Je murmure un « aguamenti » et me retrouve entièrement trempée, au moins je ne tousse plus. Ne connaissant pas mille sorts je me retrouve incapable de me sécher. Mais le plus important c'est de vérifier que c'est un rêve. Ça ne peut pas être autre chose que ça n'est-ce pas ? Peut-être une hallucination sinon. Comment fait-on pour savoir si on rêve ? Dans Inception dès qu'ils comprennent qu'ils sont dans un rêve les gens se retournent sur le passage des inconnus, mais si c'est mon rêve mon inconscient ne réagira pas donc mauvaise méthode. Allons au plus simple : je ferme les yeux et me pince fortement le bras droit. Je gémis, je n'y suis pas allée de main morte.
Pas besoin d'ouvrir les yeux pour savoir que je ne suis toujours pas dans ma chambre : je sens encore le bois de ma baguette dans ma main droite. Je remonte ma manche pour regarder mon bras, j'ai une horrible marque qui ressemble plus à un suçon qu'autre chose. Super. Me voilà bien avancée. Bon essayons de rester logique, ça ne peut pas être réel puisque le monde d'Harry Potter a été inventée par J.K. Rowling, de plus il est impossible dans la vraie vie de suspendre quelqu'un par les pieds sans corde ni de s'évanouir devant un garçon juste parce qu'il est venu vous parler. Je dérive. Mais mon suçon sur le bras prouve bien quelque chose, qu'importe ce que c'est je ne suis pas dans un rêve.
Dans une dimension parallèle peut-être ? Ce qui expliquerait la présence de mes amis dans ce monde. Très bien puisque j'en suis venue à considérer cette possibilité c'est que je commence à devenir folle. Je ressens une irrésistible envie de dormir tout à coup, je m'appuie dos au mur le plus proche et ferme les yeux de lassitude. Que vais-je faire ? Si je suis dans un monde parallèle il faut que je revienne dans mon monde à moi, celui où la magie n'existe pas, où je ne m'évanouis pas devant un garçon –oui oui je digère mal cette histoire-, celui où se trouve ma famille, mon lycée, mes « vrais » amis, mon quartier. Ma vie en somme. Je me décolle du mur. J'ai envie de trouver mon dortoir et de m'endormir. Peut-être que tout ça sera fini quand je me réveillerai.
Je marche à nouveau dans les couloirs et je croise des élèves de Poufsouffle, pour une fois que j'ai de la chance aujourd'hui, quoique j'en avais déjà eu avec James qui est arrivé à temps pour me sauver de Steves, je décide donc de suivre ces deux Poufsouffle de manière tout à fait discrète en espérant qu'ils me mènent où je le veux.
Bingo. Me voilà devant l'entrée de la salle commune de ma maison. Ne connaissant pas le mot de passe je laisse les deux étudiants devant moi le prononcer avant de pénétrer à leur suite dans la salle jaune et noire. Je ne fais pas attention à la beauté, ni au confort de la pièce, je me dirige directement vers une porte avec inscrit « dortoirs des filles ». Je marche le long d'un couloir où plusieurs portes se font face, j'arrive devant celle où mon nom est affiché sur le battant. Je rentre à l'intérieur et me jette sur ce qui me semble être mon lit –encore une fois je laisse mon instinct me diriger, comme pour les sorts de tout à l'heure- je tire les rideaux afin de m'enfermer dans une bulle et lâche enfin ma baguette. Je la glisse sous mon oreiller et je prie Dieu, Bouddha, Râ ou toute divinité quelconque de me faire rentrer chez moi tandis que je me laisse glisser dans les bras de Morphée.
