Les personnages et l'univers si particulier d'Harry Potter appartiennent à J.K Rowling.
Hello !
Je suis surprise et vraiment contente de voir l'intérêt et l'accueil que vous avez réservé à cette histoire. Je remercie vivement Lyanna Erren, Delphine03, Elodie29, Mayoune, Marion Snape75, Florette, Luna Black1, Orpheana et Calista, pour les reviews et les compliments. La tension, les mystères et les découvertes montent en puissance au fil des chapitres et j'espère que vous apprécierez le deuxième avec la même ferveur.
Bonne lecture !
Chapitre 2
Harry essaya désespérément de raviver sa mémoire. Il retourna le souvenir fugace qu'il avait de Sally-Anne à plusieurs reprises dans son esprit jusqu'à ce qu'il recommence à douter. L'avait-il vraiment vue ? Hermione lui fit répéter le peu qu'il se souvenait, encore et encore : la couleur des yeux de la jeune fille, l'ombre de ses cheveux blonds, l'expression et la finesse de son visage. Avait-il vu Sally-Anne à nouveau pendant le dîner, après la Répartition ? Elle devait être assise à la table des Poufsouffle, avait-il aperçu son pâle visage à côté de celui plus rosé de Susan ?
Non, il n'avait pas vraiment prêté attention aux Poufsouffle. Après la Répartition, Harry s'était lui-même perdu dans l'euphorie de sa nouvelle affectation ; il avait été propulsé dans l'allégresse de la table de Gryffondor. Il se souvint très bien des cheveux roux de Fred et George, l'air prévenant de Percy... Il avait étudié, avec une délectation secrète, les visages des autres enfants qui avaient été envoyés à Gryffondor avec lui : Hermione, Ron, Dean, Seamus, Neville... Ils avaient ri, parlé et mangé, soudain affamés maintenant que la Cérémonie était terminée. Harry a peut-être observé la table des Serpentard une ou deux fois, soulagé qu'il n'ait pas atterri là-bas, mais il n'avait pas beaucoup étudié les Poufsouffle ce soir-là.
Mais qu'en était-il avant la Répartition ? Ne l'avait-il pas aperçue lorsqu'ils attendaient nerveusement à l'extérieur de la Grande Salle ? Il se souvint de la foule des nouveaux étudiants entassés, leurs voix résonnant mystérieusement dans la pièce aux murs de pierre comme en écho. Sally-Anne avait-elle été parmi eux ? Il n'arrivait pas à se rappeler.
Elle avait bien dû être sur le quai de la gare de King Cross, attendant le départ de la magnifique machine à vapeur écarlate. Harry l'imaginait debout sur le quai dans la brume. Etait-elle venue seule, comme lui, ou y avait-il une famille à ses côtés, une mère et un père ? S'était-elle penchée par la fenêtre alors que le train sortait de la station dans l'espoir d'apercevoir sa mère une dernière fois avant qu'elle ne disparaisse ? Sa mère... Elle avait sûrement pleuré quand Sally-Anne avait quitté Poudlard. Quelqu'un avait-il versé des larmes quand elle avait disparu ? Ou avait-elle simplement été oubliée dans l'esprit de tous ?
Sally-Anne s'était-elle angoissée dans le train par peur de la vie inconnue qui l'attendait ? Ou avait-elle trouvé le réconfort en compagnie d'autres étudiants comme elle ? Avait-elle sourit timidement à un enfant qui lui semblait agréable, quelqu'un qu'elle aimerait avoir pour ami ? Si elle avait acheté des bonbons lors du passage du chariot elle s'était peut-être émerveillée par cette nouvelle découverte, cette délicieuse magie…
Il ne savait pas.
Harry était certain de ne pas avoir remarqué Sally-Anne sur le quai ou dans le train. Il avait été accaparé par le sympathique garçon aux cheveux roux qui s'était avéré être Ron et avait subi les sermons d'une petite fille à la tignasse ébouriffée qui n'était autre qu'Hermione. Harry avait toujours été seul avant son arrivée à Poudlard, il avait appris à ne pas trop y penser. Mais le train écarlate magique lui avait accordé un souhait qu'il n'avait jamais osé émettre de vive voix : il lui avait donné des amis. Il avait apprécié la compagnie de Ron, et était ravi de l'avoir à ses côtés alors qu'ils avaient rejoint les barques, avec Hermione. Ils suivaient le même chemin accompagné de ses nouveaux amis. Sa vie avait pris un nouveau tournant, dans un bateau, avec Ron...
Les barques ! C'est là qu'il avait vu Sally-Anne. Dans l'une des barques ! Harry s'en souvenait à présent : il observait les alentours avec Hermione tandis que les embarcations commençaient à glisser vers le château lointain, comme des chandelles fantomatiques sous le clair de lune, et il avait brièvement aperçu un visage blanc à côté d'un beau garçon aux cheveux noirs. Sally-Anne et Anthony Goldstein...
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Harry et Hermione grimpèrent l'escalier en colimaçon de la salle commune de Serdaigle ensemble. Ils furent bloqués par une porte verrouillée une fois en haut. Une lourde porte de chêne sans poignée. Il n'y avait pas de portrait demandant un mot de passe, juste un heurtoir de bronze en forme d'oiseau. Un corbeau, peut-être, ou un aigle ? (ndt : cette phrase peut paraître étrange puisqu'on sait depuis le début que Serdaigle est représentée par un aigle. Mais « raven » en anglais, c'est un corbeau. Pour les anglais « Serdaigle » c'est « Ravenclaw », et l'auteur a bel et bien écrit cette phrase, alors je conserve et je respecte).
Hésitant, Harry actionna l'oiseau de métal contre le bois. A sa grande surprise, le volatile se mit à parler :
- Où vont les objets disparus ?
- Oh, souffla Hermione à ses côtés. Il ne demande pas un mot de passe, mais une réponse à une énigme. C'est une protection révélant une grande sagesse. Seuls ceux qui partagent l'esprit de Serdaigle peuvent entrer.
L'oiseau répéta sa question, avec calme :
- Où vont les objets disparus ?
Voilà précisément ce que nous nous demandons, pensa Harry. Il vit qu'Hermione réfléchissait furieusement, mais il n'attendit pas qu'elle réponde. Au lieu de ça, il se permit d'aborder l'oiseau.
- Si nous savions où les objets vont lorsqu'ils disparaissent, ils n'auraient pas disparu ! Mais il se pourrait alors qu'ils aient tout simplement été déplacés quelque part.
L'oiseau resta silencieux pendant un moment. Puis la porte s'ouvrit devant eux, tandis que l'oiseau reprit doucement :
- Ce n'est pas tout à fait la réponse que je j'attendais, mais vous pouvez entrer.
La salle commune de Serdaigle était lumineuse et aérée, avec de hautes fenêtres et des tapisseries ornées de motifs bleu nuit et bronze. Ils furent accueillis avec surprise, mais constatèrent qu'Anthony était disposé à leur parler.
Ils s'installèrent tous les trois dans des sièges moelleux près d'une fenêtre isolée offrant une vue vertigineuse sur le lac et les montagnes au loin qui se perdaient dans la brume.
Anthony leur sourit, son visage d'ordinaire sombre et sérieux s'illumina soudain.
- Donc, vous avez trouvé le moyen d'entrer à Serdaigle. Pourquoi je n'en suis pas surpris. Il y a un peu de Serdaigle en chacun de vous deux. Nous espérons toujours que le Choixpeau réalisera un jour son erreur et nous enverra Hermione.
- Je suis juste en visite, précisa l'intéressée, mais elle rougit légèrement au compliment d'Anthony. Nous avons une question à te poser.
Harry reporta son attention sur le jeune garçon.
- Anthony, te souviens-tu quand nous sommes arrivés à Poudlard, dans les barques ?
- Bien sûr, comment pourrais-je l'oublier ? assura t'il, une expression lointaine dans les yeux. Ce fut le plus beau jour de ma vie.
- Est-ce qu'il y avait quelqu'un avec toi dans le bateau, ou étais-tu seul ?
L'ombre d'un froncement de sourcils apparut sur le visage d'Anthony. Il se tut un instant, puis répondit doucement :
- C'est curieux que tu me poses cette question.
Harry se pencha.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
Anthony secoua lentement la tête.
- Je ne suis pas sûr de ce que je veux dire, exactement. C'est difficile de mettre des mots dessus. Vous savez qu'en principe nous étions deux par bateau, non ? Mais le nombre d'étudiants devait être inégal puisque j'étais seul dans le mien. Sauf...
- Sauf quoi ? Harry retint son souffle.
Les yeux noirs d'Anthony rencontrèrent les siens.
- Promettez-moi de ne pas rire. Je sais que ça peut paraître ridicule mais je me souviens qu'il n'y avait personne à côté de moi dans le bateau. Il était vide, sauf pour moi. Je n'avais pas le sentiment d'être seul. C'est ce que j'ai ressenti même si je ne le devrais pas. On se sent idiot à se retrouver isolé dans une barque alors que tout le monde avait un compagnon, j'étais vraiment gêné par cette sorte de solitude. Mais ce n'est pas de la solitude que te ressentais. Je ne sais pas comment l'expliquer. Mon esprit se souvient que j'étais réellement seul dans le bateau, mais mon cœur se souvient d'une émotion différente, une sorte d'amitié bienveillante qui se serait trouvée à mes côtés. Quand j'y ai repensé plus tard, je me suis dit que c'était peut-être la magie qui avait opéré. La magie de Poudlard qui m'a tenu compagnie alors que je naviguais vers lui dans la nuit. Pourquoi vous me demandez ça ? s'étonna t'il en les observant curieusement.
Harry ne savait pas quoi dire, mais Hermione avait une réponse toute prête :
- Nous essayons simplement d'en savoir plus à propos de Poudlard et comment sa magie fonctionne. Il y a encore tellement de choses à apprendre !
Apparemment, le jeune Serdaigle trouvait cette explication satisfaisante car il hocha gravement la tête.
- Vous avez raison. Parfois je me demande si Poudlard ne détient pas bien plus de secrets que nous ne pourrons jamais l'imaginer...
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Hermione faisait tourner sa plume. Les autres Gryffondor étaient allés se coucher. Avec Harry, ils avaient donc pu étaler leurs recherches sur le sol. Hermione regardait fixement les différents documents devant eux, un assortiment de «statistiques» fourni par un Dobby enthousiaste. Dobby s'était même permis une petite visite nocturne discrète dans le bureau de McGonagall, et avait recopié les dossiers scolaires de sa minuscule écriture elfique. Ils avaient les noms des 411 élèves qui avaient officiellement été admis à Poudlard à l'automne 1991. Ils disposaient de tous les renseignements sur les étudiants, ce qui leur avait été servi pour le petit déjeuner, le déjeuner et le dîner, quelles options ils avaient choisies, les résultats aux examens qu'ils avaient obtenus. Harry avait été agréablement surpris de constater que Rogue n'avait pas été très satisfait de la performance de Draco en potions, mais Hermione n'avait même pas sourit à cette délicieuse révélation.
Dobby était recroquevillé sur le sol à côté d'eux, attendant avec impatience qu'on lui demande à nouveau son aide pour la recherche d'autres renseignements sur la numérologie.
- Ca n'a pas de sens, murmura Hermione. Comment quelqu'un peut tomber dans l'oubli sans que personne ne le remarque ? Elle a disparu, à la fois de nos souvenirs et dans les dossiers magiques. Serait-il possible qu'elle soit morte ? Ou a-t-elle simplement quitté l'école définitivement ? Cela pourrait expliquer pourquoi elle n'est pas dans le registre, mais pas pourquoi nous ne pouvons pas nous souvenir d'elle du tout. Personne n'a vu qu'il manquait un étudiant ? Et personne n'a remarqué cette anomalie sans précédent ?
- Je ne sais pas, soupira Harry.
- Dobby pense qu'elle n'est pas sans précédent, Miss.
Harry et Hermione ouvrirent de grands yeux surpris vers la petite créature.
- Que veux-tu dire ? demanda Harry.
Dobby farfouilla dans les plis du torchon de cuisine à rayures qu'il portait, les yeux brillants.
- Dobby a pris goût aux statistiques, Harry Potter, Monsieur. Alors Dobby a voulu recueillir plus de numéros pour son propre compte. Les numéros concernant la cuisine, les repas. Ceux qui remontent au début.
- Au début ? s'étonna Harry en se demandant jusqu'où on pouvait remonter.
Poudlard n'avait-il pas été fondé au Moyen Age, ou même un peu avant ? Et bien sûr, la pile de papiers graisseux que Dobby sortit du fond de son torchon était tout couverts d'une écriture minuscule, noircis de commentaires sur les repas méticuleusement répertoriés depuis plus de mille ans.
- Dobby peut lire ceci pour vous, Harry Potter, suggéra l'elfe plein d'espoir.
Mais Harry secoua doucement la tête.
- Que dirais-tu d'aller à l'essentiel, Dobby. Tu sais, juste les observations qui suivent les chiffres.
Dobby eut l'air un peu déçu, mais acquiesça gentiment.
- Eh bien, Harry Potter et Miss Granger, Dobby va résumer ce qu'il a trouvé. Le nombre de dîners est toujours resté le même pendant toute l'année scolaire, sauf lorsque des élèves sont tombés malades, ont été expulsés, ou qu'ils sont morts comme la pauvre Mimi Geignarde. Ensuite, les chiffres changent, Monsieur, mais il y a toujours une note dans le dossier qui raconte ce qui est arrivé.
- Donc, il y a toujours une explication dans le registre lorsqu'une personne quitte l'école, ou si elle décède ? récapitula Hermione d'une voix tremblante.
- Oui, Miss. Sauf deux fois.
- Deux fois ?!
Dobby acquiesça solennellement.
- Oui, Miss. Une fois en septembre 1991, et une fois en septembre 1896.
Les yeux d'Hermione s'agrandirent de stupeur.
- En septembre 1896 ? Cela s'est donc déjà produit avant ?
- Oui, Miss. En septembre 1896, le nombre de dîners a soudainement diminué d'un élève, sans aucune note d'explication dans les dossiers, confirma Dobby en consultant ses notes. Le 8 septembre, sept jours après la rentrée.
Sept jours... Harry fut parcouru d'un frisson glacé malgré le feu qui crépitait ardemment dans la salle commune de Gryffondor.
Je ne vous avais pas menti, on en apprend un peu plus et si on commence à farfouiller dans le passé… ! Je ne dis rien pour la suite, à part que vous aurez le chapitre 3 d'ici une petite semaine.
N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, et si vous avez une idée du sort de cette pauvre Sally-Anne, n'hésitez pas non plus.
Bises à tous !
Volderine
