Bonjour les lapins ! Et bonne année et tout le tintouin, j'espère que tout va bien pour vous tous, naturellement, et je vous pose ici mon deuxième chapitre. Il y a donc une ellipse depuis le prologue, mais ne vous inquiétez pas, tout est expliqué au fur et à mesure. Bonne lecture :)


SOUS LA TRAPPE

Hermione lança un regard meurtrier au ciel. Les giboulées de mars semblaient ne jamais vouloir s'arrêter et ce temps la rendait de plus en plus agressive. Elle cherchait dans sa mémoire un sort pouvant empêcher de pleuvoir quand un coup de coude l'obligea à se concentrer sur la triste réalité de la salle de classe où elle était assise.

« Mimi, c'est à toi de jouer, trou du cul. »

Elle lança un vague regard désintéressé à Blaise Zabini qui lui montrait un bout de parchemin où ils disputaient une partie très serrée de pendu. Elle examina le bonhomme griffoné qui lui indiquait qu'il ne lui restait le droit plus qu'à une erreur et se mit à réfléchir intensément en regardant les lettres qu'elle avait trouvé. Puis, d'un coup, son visage s'éclaira.

« C ! Architecte !

- Et meeerde, j'y étais presque ! »

La jeune femme offrit un sourire ravi à son ami qui barrait rageusement la partie d'un trait d'encre sombre.

« On refait une partie ?

- Non, ça me saoule.

- Bah on fait quoi alors ?

- Pfff... On peut pas se barrer discrètement de ce cours nase ? »

Il grimaça et pointa sans discrétion Harry Potter qui, assit au premier rang, prenait activement des notes, comme si sa vie en dépendait.

« Il nous lancerait un avada avant même qu'on puisse ouvrir la porte. Je crois que tu as atteint ton quota de conneries pour l'année, désolée ma poule.

- C'est même pas des conneries, c'est pour qu'on arrête pas de parler de moi dans les journaux. J'ai peur qu'ils m'oublient..

- Ben voyons. Hermione Granger, meilleure élève de Poudlard, meilleure amie de Harry Potter, grande guerrière qui a finalement terminée sa scolarité dans la maison des méchants mages noirs et étant de fait la première moldue à échouer à Serpentard.. Non, crois-moi, ta couverture médiatique est faite pour les vingt ans à venir. »

Elle croisa ses bras sur sa poitrine, faussement boudeuse, alors qu'une étincelle de fierté vint briller dans ses yeux.

« C'est vrai que mon CV a de la gueule.

- Granger, tu veux pas la fermer ? J'essaye de noter, figure-toi. »

Elle se retourna pour lancer un regard surpris à Dean Thomas.

« Tu sais écrire, toi ?

- Sale pétasse.

- Ok, il m'est d'avis que je me suis bien fait trop insulter pour cette heure de cours, je me casse, annonça-t-elle à Blaise qui rigolait sous cape. »

Vive comme l'éclair, elle leva la main en faisant attention à se forger un visage plus pâle que d'habitude et plaça une légère grimace sur ses lèvres pulpeuses. Le professeur Flitwick la vit et l'interrogea.

« Puis-je sortir ? Je ne me sens pas très bien, j'aimerai aller à l'infirmerie..

- Mais faites, mademoiselle Granger, je vous en prie ! »

Elle ramassa ses affaires et sortit de la classe en faisant attention à tituber légèrement, histoire d'avoir l'air plus crédible, sous l'œil noir de Harry Potter et envieux de ses autres camarades.

Une fois la porte claquée derrière elle, elle cessa sa comédie pour s'appuyer contre le mur en soupirant de soulagement. Elle n'avait pas pour habitude de s'éclipser de cours de cette façon, Hermione Granger restait Hermione Granger et même son assignation à la maison des serpents n'avaient pas changé son goût des études. C'était juste le fait que pendant son année où elle avait désertés les couloirs de pierres elle avait appris tellement plus de choses que ce que lui dictaient ses professeurs qui faisait que, parfois, elle s'offrait le luxe de sécher une heure ou deux. Il lui semblait ridicule de devoir poursuivre ses études alors qu'elle était la sorcière de dix-neuf ans la plus puissante et intelligente qu'on puisse imaginer.

Elle secoua la tête et se mit à gambader joyeusement à travers les couloirs.

Le mois de mars n'était pas clément avec les habitants du château, surtout en cette période d'après-guerre où l'établissement scolaire avait été reconstruit à la va-vite, si bien que certaines parties du château était devenus des ciels-ouverts où les élèves devaient passer afin de se rendre en salle de cours. Mais les choses se passaient, aussi normalement que possible, comme si la guerre n'avait pas eu lieu. Les sixièmes années terrifiaient les premières, les cinquièmes années se perdaient en batifolages inutiles et stériles alors qu'ils auraient dû réviser et les septièmes années se baladaient dans Poudlard comme si le monde leur appartenait. Il n'y avait que les huitièmes années qui venaient faire tâche dans ce tableau idyllique qui avait toujours été celui du vénérable établissement. Un tâche sombre qui rappelait à tous, à chaque fois qu'ils les croisaient, que la guerre avait fait bien des ravages.

Les huitièmes années étaient aux yeux des autres, d'étranges énergumènes qui se trouvaient à errer au ban de la société poudlarienne. Ils étaient pour la plupart renfermés et n'adressaient pas un mot aux autres élèves. Dédain ? Douleur ? Personne n'avait réussit à mettre un mot sur leur comportement entre la pédanterie et le désintéressement, si bien qu'on ne savait pas vraiment s'ils étaient prétentieux ou simplement vides. La plupart s'en méfiait comme de la peste, tandis que d'autres essayaient encore de se lier à eux. Mais une chose était néanmoins sûre. C'était eux qui faisaient la pluie et le beau temps dans l'école.

Hermione n'échappait pas à la règle. Elle conservait toujours son rôle de bonne fille et poursuivait sa grande comédie amoureuse avec Zacharias Smith mais tous savait qu'il ne fallait pas la chatouiller de trop près car elle était devenue sarcastique, un chouïa alcoolique et surtout colérique. Aussi savait-elle qu'en quittant ainsi la salle de classe en milieu de journée, personne ne viendrai jamais lui poser de question ils n'oseraient sûrement pas. Alors elle marchait en sifflotant et en remettant ses cheveux en place, comme si elle était la reine de Sabbat.

Elle se dirigea vers la salle commune des Huitièmes années qui avait été emménagée dans une aile annexe du château pour la simple et bonne raison que les dortoirs conventionnels n'étaient pas pourvu d'assez de chambres pour eux. Aussi des appartements personnels leur avait-il été construit ils comportaient une salle d'étude commune à toute les maisons puis se divisaient en quatre appartements différents pour chacune des maisons, incorporant salles de bain, salons et dortoirs. Quand Hermione avait pris conscience de ça, elle s'était dit que la mixité n'était franchement pas le fort de Poudlard.

Quand elle arriva devant le tableau des Trois Vénérables -comble du mauvais goût, selon Hermione-, elle donna le mot de passe et entra dans la salle d'étude distraitement. C'est quand elle se rendit compte que quelqu'un était déjà là qu'elle eu un vif mouvement de recul, puis une colère terrible monta en elle.

« Mais merde, cracha-t-elle, t'as pas de chambre ou quoi ?! »

Ginny Weasley lui lança un regard noir au-dessus de son manuel de métamorphose.

« Va te faire foutre, j'ai autant le droit que toi d'être là.

- Depuis quand ?

- Depuis que McGonagall m'y a autorisé parce que je ne peux pas travailler convenablement, avec tous mes camardes qui me harcèlent au sujet de Harry..

- Oh la blague. C'est des mythos ton histoire, t'es ici parce que t'as pas de potes et que t'as raconté des bobards à McGo, point. Mais ça c'est pas mon problème, alors si tu voulais bien déguerpir en vitesse..

- Non, je suis là, je révise alors laisse-moi travailler. Ça ne te regarde même pas le fait que je sois là !

- Ben figures-toi qu'en fait, ici, c'est ma salle commune donc si, ça me concerne un peu quand même. Et si je voulais réviser sans qu'une sixième année...

- Septième.

- Ouuh, pardon votre altesse. Donc, qu'une septième année casse couille vienne polluer mon espace vital ? T'as pas ta place ici, Weasley, tu ferais mieux de dégager. »

Agacée, la benjamine Weasley ferma son manuel en le claquant lourdement contre la table. Elle se leva ensuite pour faire face à son vis-à-vis, un mètre soixante-dix contre un mètre soixante-quatre.

« Je ne permettrai sûrement pas à la plus grosse pute de Poudlard de me parler comme ça, tu sais qui je suis moi ? Je suis...

- Oh mais ta gueule, soupira Hermione. Je sais très bien qui tu es, je te signale qu'on est dans le même bateau médiatique. Et je tiens juste à souligner le fait que tu utilises toujours cet argument quand on se voit.

- Merlin ce que tu es agaçante avec tes grands airs à deux noises ! Tu n'as pas le droit de me parler comme ça, je suis la fiancée d'Harry !

- Breaking News ; je m'en tamponne le coquillard. Je suis sa meilleure amie officielle alors crois-moi, c'est pas toi qui me fait peur. Toi, je peux t'anéantir quand je veux alors que lui ne peut pas se débarrasser de moi après tout, j'ai sauvé le monde. »

Elle adressa un clin d'œil complice à la rouquine qui semblait bouillir sur place.

« Sale conne, j'vais t'arracher les yeux ! »

Alors qu'elle s'apprêter à se jeter sur Hermione, une main albâtre lui prit l'avant-bras pour l'arrêter dans son élan destructeur. Au bout de la main, Draco Malefoy poussa un soupir à fendre l'âme.

« J'ai entendu voler des noms d'oiseaux. Je me suis dis que tu serais là, Hermione. Donc je viens te sauver la vie, comme d'habitude.

- Bonjour, prince charmant, sourit-elle d'un air badin. Tu as vu comment la méchante sorcière a une sale gueule aujourd'hui ?

- Tu la fermes et tu descends en salle commune.

- Chef, oui chef ! »

Hermione adressa une dernière œillade charmeuse et ironique à Ginny qui peinait à reprendre son souffle. Une fois que la porte verte et argent eu claquée sur la chevelure touffue de la major de promotion, Draco lâcha Ginny qui, d'un geste vif, ramena son bras contre elle, à la manière d'un animal blessé. Il soupira et s'assit sur la table à côté d'elle.

« Tu sais bien qu'il faut éviter de lui répondre quand elle est comme ça.

- J'ai pas besoin de tes conseils, Malefoy, cracha-t-elle en tremblant de tous ses membres.

- Oh, tu sais, moi je dis ça pour que tu évites de te prendre des baffes dans la gueule. Après fait comme bon te plaît. »

Il descendit de la table et partit rejoindre sa salle commune sous l'œil furieux de la benjamine. Il dévala les escaliers cachés derrière la porte décorée du blason de sa maison de toujours et eu le plaisir de voir que, derrière le rideau lourd vert bouteille, Hermione s'était calmée et était installée sur l'ottomane verte, brodée d'argent, et qu'elle lisait un énorme pavée dont elle et Théodore avaient le secret.

« On peut savoir pourquoi tu t'en es prise à mini-Weasley ? Demanda-t-il en se laissant tomber très négligemment à côté d'elle.

- On peut savoir pourquoi tu n'étais pas en cours ? Rétorqua-t-elle sans lever les yeux de son livre.

- On peut savoir pourquoi tu n'y es plus ? »

Elle finit par le regarder et lui lança un sourire emprunt d'un honnête amusement. Elle posa son livre sur la table basse avant de venir se blottir contre lui en soupirant de soulagement.

« Heureusement que t'es mon copain, badina-t-elle.

- Qu'est-ce que tu lis ? Demanda-t-il en la repoussant pour qu'elle ne soit pas très proche de lui. »

Il prit dans ses mains l'énorme pavé intitulé La Prisonnière de Proust et le tendit à Hermione en grimaçant.

« Tu es triste à ce point ?

- Pardon ?

- Ta vie est si triste qu'il te faille lire des bouquins pareils ?

- Alors pour ton information, il s'agit d'un bijou de la littérature française et je te trouve bien mal placé pour me faire la morale.

- Et de quoi tu parles donc ?

- Je l'ai bien vu, le Gulliver's Travels, posé sur ta table de chevet !

- …. Et comment tu sais ce qui est posé sur ma table de chevet ?

- Je me glisse discrètement tous les soirs dans votre chambre à la recherche de quelqu'un à violer.

- …

- Je plaisante. J'ai aidé Blaise à s'habiller hier soir. »

Draco sembla se détendre un peu et offrit une œillade amusée et la frappa gentiment sur la tête avec son livre avant de se lever en reprenant la parole.

« Blaise t'a mal renseignée. C'est la table de chevet de Théodore dont tu me parles.

- JE LE SAVAIS, s'époumona d'un coup la jeune femme en se levant en sursaut et en pointant un doigt accusateur sur le prince des Serpentard. Tu as le lit avec le doudou dedans ! T'es vraiment qu'un bébé Malefoy ! »

Il éclata de rire et lui offrit un dernier signe de main avant de disparaître derrière la porte de la chambre masculine. Hermione se prit à sourire. Elle ne se souvenait pas exactement quand elle et les quatre serpents avec qui elle vivait aujourd'hui étaient devenu amis quelque part entre la fin de la guerre et leur voyage en train, certainement, quand ils fêtaient la victoire en écumant les bars moldus, en partie pour goûter le florilège d'alcool moldu, surtout pour s'éloigner un peu du monde magique. Et maintenant elle vivait avec eux, et elle pouvait compter sur eux, surtout sur Draco, avec sa façon bien à lui de s'occuper des autres. Elle rouvrit son livre en se dirigeant vers la petite kitchenette mise à leur disposition. Après avoir remplit négligemment une théière, elle retourna s'installer confortablement sur l'ottomane, bien décidée à finir son pavé. Elle allait presque finir un interminable paragraphe quand un cri de rage la fit sursauter.

« HERMIONE JEAN GRANGER ! TU SORS DE LA IMMEDIATEMENT ! »

Tandis que le thé qu'elle tenait dans sa main s'éparpillait sur son plaid, elle jeta un coup d'œil ennuyé et agacé sur le rideau de velours bouteille qui lui cachait l'entrée de la salle commune. Alors que d'autres cris se faisaient entendre, elle se résolut à aller à l'abattoir, gardant la page de son livre qu'elle aurait sans doute l'occasion de terminer si elle revenait vivante de ce face à face. Alors qu'elle se tenait en haut des escaliers, la main sur la poignée, elle lança un vague regard derrière elle, sans doute pour tenter de s'enfuir au dernier moment. C'est alors qu'elle eu l'agréable surprise de voir que Draco était là, les cheveux en bataille, les yeux gonflés, signe qu'il venait de s'extraire d'une sieste reposante. Avec un peu plus de courage, Hermione finit par tourner la poignée.

Devant la porte, et bloquant son accès, se tenait Blaise et Théodore, et si le premier avait croisé les bras sur son torse pour bien montrer qu'il ne bougerait pas d'un iota, le second avait l'air particulièrement ennuyé et se tenait juste appuyé sur le mur à côté. Devant eux se tenait Pansy qui tentait d'en placer une dans la tirade moralisatrice que s'exhortait à faire Harry Potter.

Quand celui-ci vit la touffe cuivrée de la jeune femme qu'il venait d'appeler, il se tut petit à petit pour lui lancer un regard noir.

« Et qui t'as permis de sécher les cours ?

- J'étais malade, rétorqua Hermione en écarquillant ses grands yeux chocolats. Tu vas quand même pas m'engueuler parce que je suis malade ?

- Ah et tu as guéris comment, en si peu de temps ?

- La magie, tu connais ?

- Tu me prends vraiment pour un imbécile. Mais qu'est-ce que tu ne comprends pas quand je te dis de te tenir à carreau ? »

Hermione prit une profonde inspiration pour éviter de lui envoyer sa main dans la figure alors qu'un petit attroupement se faisait autour d'eux. Aucun des huitièmes années n'était ignorant du fait que le Trio d'Or n'était rien d'autre qu'une vaste mascarade médiatique et les voir s'époumoner l'un sur l'autre était devenu fait quotidien. Plus encore, s'était en quelque sorte l'attraction de la journée et beaucoup se pressait pour les voir. Dans le fond de la salle se tenait, d'ailleurs, un Ron Weasley qui assistait à la scène, un joint au coin des lèvres, les cheveux en fouillis, les sourcils froncés, curieux de savoir jusqu'où irait ce nouveau cri de cœur de Harry Potter.

Hermione posa ses deux mains sur ses hanches, les faisant balancer un instant pour donner un ses courbes une sensualité qui serait sans doute décisive dans la suite des opérations.

« Écoute, mon coco, j'ai pas que ça à foutre, moi, d'écouter tes directives de tyran en devenir. Figure-toi que j'ai une vie, monsieur.

- Une vie, ricana l'Élu. Une vie, tu m'en diras tant. Tu sais, te taper tout ce qui bouge et foutre ton foie en vrac, ce n'est pas une vie, ma pauvre fille !

- Oh oui, bien sur, parce que prétendre d'avoir des amis et une fiancée, tout ça pour rassurer le monde sorcier sur sa santé mentale, c'est vachement une vie..

- Hé, ça n'a rien à voir, tu le sais très bien !

- Ah oui, c'est vrai, fit sarcastiquement Hermione en levant les yeux au ciel. Toi, tu n'as pas de vie, toi, tu vis pour les autres, c'est ça ?

- Quoi, parce que tu vas me reprocher mon altruisme, maintenant ?

- Altruisme ? Altruisme ?! Non mais tu comprends les conneries qui sortent de ta bouche, ou tu n'utilises juste pas ton cerveau ?

- Je te trouve bien condescendante pour quelqu'un qui ne prend même pas la peine d'assister aux cours.

- Oh, j'allais oublier, je ne suis qu'une petite sotte dévergondée qui passe son temps à courir les garçons plutôt que d'étudier. Pour ton information, Potter, tu n'arriveras jamais à la cheville de mon intellect, même si j'arrêtais de me pointer en cours !

- Tu ne t'en sortiras pas comme ça, je sais très bien ce que tu essayes de faire, et tu continueras à assister aux cours, que ça te plaise ou non.

- Évidement. Parce que Monseigneur Harry l'a décrété. Qu'on soit très clair, crétin, je fais ce que je veux, quand je veux, avec qui je veux. Que cela te plaise ou non, tu es coincé avec moi donc je te propose de ravaler ton joli rôle de despote, de fermer ta grande bouche et de faire comme tout le monde ici ; sourire et prétendre que tout va bien. Pour ce faire, un conseil, arrête de venir te frotter à mes pattes, ça m'agace et quand je suis agacée, j'ai peur de faire des bêtises, comme avouer à la presse quel petit con prétentieux elle a élu sorcier de l'année. Tais-toi donc et sers-toi un shooter de tequila, tu vas voir, ta petite crise existentielle va finir par passer. »

Des éclats de rire mauvais éclatèrent soudainement aux quatre coins de la salle commune, accompagnés çi et là d'applaudissements. Ron Weasley écrasa son mégot avec un sourire féroce et, au fond des yeux, une lueur mauvaise. Harry Potter resta de marbre, continuant à fixer celle qui fut sa meilleure amie d'un regard si noir qu'il n'aurait pas été étonnant qu'il se jette sur elle pour tenter de l'étrangler. Cependant, il n'en fit rien et se tourna vers sa petite-amie qui l'observait de loin, le visage pâle.

« Viens Gin, souffla-t-il en lui attrapant la main pour l'emmener en dehors de la salle. On a rien à faire avec ces dégénérés. »

Tandis que la porte se refermait sur le couple, les applaudissements et les rires se firent de plus en plus violents, pour finalement se transformer en une cruelle ovation que Hermione accueillie à la façon des plus grandes actrices, avec une révérence pleine d'humilité, un sourire taquin planant sur ses lèvres.

« Ouf, j'ai faillis me faire avoir, souffla-t-elle à l'oreille de Théodore tandis que les Serpentard se dirigeaient vers leur salon. Ça m'a surprise quand il a parlé d'altruisme, je ne savais pas qu'il était familier avec le concept. »

Théodore étouffa un rire dans sa main et secoua la tête avec attendrissement.

« Il faut vraiment que tu arrêtes de faire jou-jou avec tes copains, grogna Draco en s'affalant sur le canapé. Tu sais combien de précieux temps ça nous fait perdre ?

- Oh mais vous êtes pas obligé d'être là à chaque fois !

- C'est ça, ricana Pansy tandis qu'elle servait des shooters de tequila pour tout le monde. Pour que tu nous racontes tout dans les moindres détails quand tu rentres ? Merci mais non merci, on préfère encore y assister directement plutôt que d'écouter tes comptes rendus ennuyeux.

- Je t'ai vu rigoler, menteuse. Je sais que tu raffoles de mes joutes verbales avec l'autre imbécile.

- Bon, on trinque ? Trancha Blaise, coupant Pansy qui allait répliquer, l'air outrée. À Potter, sans qui la vie à Poudlard serait beaucoup moins contraignante.

- Mais beaucoup moins rigolote ! »

En riant, les cinq Serpentard trinquèrent et portèrent leurs shooters à leur bouche. L'alcool avait à peine fini de leur brûler la trachée qu'ils étaient déjà en train de s'en resservir un autre, riant et chahutant.

Quelques heures plus tard, Théodore Nott replaça le plaid blanc sur les épaules endormies de Pansy, de façon à masquer le fait qu'elle ne portait plus qu'un soutient-gorge émeraude. Il jeta ensuite un regard attendrit aux corps de Hermione et de Blaise, tous deux emmitouflés dans un couverture et endormis sur le canapé. C'est alors qu'il entendit des bruits de verres renversés dans la kitchenette. Il se retourna vivement et eu le temps d'apercevoir un Draco assis sur le sol de la cuisine avant qu'il ne se relève.

« Tu viens de tomber ? Chuchota-t-il avec amusement.

- Non, pas du tout, lui répondit la voix traînante et embarrassée de Malefoy fils.

- S'il te plaît, ne fais pas de bruits, il ne leur reste que deux heures à dormir et si ils n'en profitent pas, ils vont être insupportables.

- C'est vraiment des gamins. Je leur ai dit de ne pas dormir, c'est mieux, on supporte mieux la journée après.

- Draco, je t'en supplie, arrête de leur donner des conseils aussi pourris. »

Malefoy lança un regard taquin à son meilleur ami. Puis un éclair de génie passa dans ses yeux, il ouvrit un placard et en sortit une bouteille de whisky-pur-feu.

« Aaah, de la boisson d'hommes !

- Tu es pire qu'eux, tu le sais ? Rigola Théodore tandis que Draco commençait à servir l'alcool.

- Je ne pense pas, je n'ai jamais fais un concours de shooters... Strip ? C'est ça le nom de leur jeu ?

- Je sais pas, je suis parti quand ils ont commencé à chanter. »

Draco se prit à glousser tandis qu'il servait deux fond de whisky sombre dans des verres en cristal. Il en tendit un à Théodore qui le renifla en grimaçant tandis que son meilleur ami se laissait purement et simplement glisser contre la parois d'une mur, peu regardant de l'endroit où il échouerait.

« Tu sais, entama-t-il d'une voix vague en couvant ses trois autres amis du regard, je pense que ce sont toujours des enfants au fond.

- C'est pas, genre, exactement la conversation qu'on vient d'avoir ? Fit remarquer Théo en se glissant près de lui.

- Non mais je suis sérieux. Ce sont des gamins. Enfin, je veux dire. Pansy et Blaise, on les a éduqué, on sait ce qu'ils valent, on sait ce qu'ils font. Dis-toi qu'on est un couple homo...

- Et c'est reparti...

- Pansy et Blaise sont nos gamins. Donc on les éduque à notre manière, tu vois, avec du whisky et de l'ecsta, parce que, regardons les faits, on est pas de bons parents. Mais quand même, on les protège et tout, donc forcément, ça reste des gamins.

- Je suis confus, pourquoi je dois être parent ?

- Mais après, on adopte Granger, cette peste venue de la maison d'à côté qu'on aime pas du tout, et on se rend compte que c'est une chouette petite, tu vois, et du coup, ben on tente de l'éduquer pareil, sauf que elle, elle est déjà grande, et elle a une éducation qu'on connaît pas, tu vois ?

- Je suis perdu.

- Et du coup, on l'éduque mais on sait pas vraiment comment mais on fait ce qu'on peut, tu comprends

- Et la morale de cette histoire est.. ?

- Et ben, la morale.. Ben la morale.. C'est que j'ai quand même vachement envie de pisser. »

Le fils Malefoy s'enfila son verre de whisky tandis qu'en riant, Théodore ramenait ses cheveux en arrières. Il aida son ami à se lever, et le guida même jusqu'à la salle de bain. Après avoir vérifié qu'il était bien en état de se mettre au lit lui-même, l'héritier Nott décida qu'il en avait bien fait assez pour la soirée et se laissa lourdement tomber sur son lit tout habillé. Il jeta un instant un regard sur la photo près de son lit et s'endormit en essayant d'oublier les théorie vaseuse de son meilleur ami.

Le bruit du verre que déposa Zacharias Smith sur la table des Serpentard le lendemain matin résonna si profondément dans la tête de Hermione qu'elle eut pendant l'espace d'une seconde l'impression que le Poudlard Express venait d'écraser ses facultés cognitives, tout en profitant pour la rendre sourde.

« Well, hello rayon de soleil !

- Ferme la Smith, dégage.

- C'est vrai, peu loquace en gueule de bois, comment ai-je pu oublier ? »

Il se pencha négligemment vers sa fausse petite-amie, et avant que celle-ci n'ai pu faire le moindre geste, l'embrassa rapidement.

« Hé, protesta Granger, on a dit quoi sur le viol ?

- C'est mon jour de petit-déjeuner, je suis pas payé par toi, alors soit jolie et ai l'air amoureuse pour les caméras. »

à travers ses lunettes de soleil, elle lança un regard interrogatif à ses amis. Blaise était à demi-endormi sur son bras, et menaçait à tout instant de s'écrouler dans son porridge, tandis que Pansy n'y prêtait même pas attention, tentant tant bien que mal de cacher ses cernes violacées avec tout le maquillage de luxe que son sac pouvait contenir. Ne lui restait plus que Théo comme voie de secours, Draco ayant purement refusé de se joindre au « banquet des pauvres » dans une longue tirade aux relents de cigarette et de whisky. Le fils Nott, néanmoins, ne lui lança qu'un pauvre sourire d'excuse tandis qu'il fit signe à une fille de la table des Serdaigle de le rejoindre. Elle se contenta donc de grogner et de se retourner vers son cher et tendre.

« C'est donc ça l'enfer, marmonna-t-elle. Des petits-déjeuners obligatoire avec toi.

- Oh, ma mie, tu as retrouvé la parole ! »

D'un air ravi, il se permit de déposer un baiser sonore sur la joue de la Serpentard, tandis qu'elle le fusillait du regard. La Serdaigle à qui Théodore avait fait signe vient timidement prendre place à côté de lui, et salua Hermione de la main, timidement, tandis que le jeune homme déposait un baiser sur sa tempe. C'est ce que moment que Blaise choisit pour se réveiller. Il poussa brusquement son bol de porridge et écarquilla les yeux devant la jeune fille.

« Blaise, tu connais ma petite-amie, Penny, fit vaguement Théodore en servant une tasse de thé à cette dernière.

- Ferme-la, Nott. Penny, j'aurais pas laissé une montre dans la salle commune des Serdaigle ?

- Euh, j'avoue que je n'ai pas entendu parler d'une montre perdue.. Tu l'aurais oublié où ?

- Dans la chambre de Sebastien Connwel.

- Et pourquoi tu irais pas lui demander à lui ? Interrogea Hermione, un sourcil levé, une main sur la cuisse droite de Zacharias.

- Hum, on a eu un différent, je crois qu'il ne veut plus m'adresser la parole.

- Classique, commenta Pansy, toute à son maquillage. »

C'est ce moment que choisit Draco pour faire son entrée dans la Grande Salle. Il portait encore ses vêtements de la veille, et marchait en titubant légèrement. Il s'avança, cahin-caha, jusqu'à ses amis et se laissa lourdement tomber près d'eux, déclenchant à son passage moult commérages. Il jeta un coup d'œil fatigué avant de sourire à Penny, qui devint toute rouge, alors qu'il se penchait au-dessus de la table pour attraper sa main et la porter à ses lèvres.

« Penny Heston, toujours un immense honneur de t'avoir à notre table de si bon matin. »

Il lui décocha un clin d'œil affriolant, ce qui eu pour effet de déclencher chez la jeune fille une vague incompréhensible de balbutiements et un regard noir de Théodore. Draco choisit de l'ignorer et de tourner son regard vers Hermione et Zacharias, qui échangeaient sur un devoir de potion.

« Vous vous êtes remis ensemble ?

- Il y a deux semaines, essaye de suivre un peu, s'agaça Hermione.

- Tu es pas un peu trop saoul pour être vu en public ? L'interrogea Pansy alors que Blaise s'éclipsait discrètement.

- Absolument ! Mais j'ai rendez-vous.

- Rendez-vous ? Avec qui ? »

Sans prendre la peine de répondre à la dernière interrogation du Smith, il se leva et trottina vers Ron Weasley qui quittait la Grande Salle. Draco lui passa un bras puissant autour des épaules tandis que Ron semblait lui envoyer une remarque acerbe avant qu'ils ne disparaissent tout deux derrières les portes. À son tour, Hermione épousseta ses vêtements et se prépara à sortir lorsque Zacharias attrapa son poignet, ses yeux bleus férocement planté dans ceux ambres de son vis-à-vis.

« Tu as un rendez-vous aussi, peut-être ?

- Mon emploi du temps ne te regarde pas, Smith, lâcha-t-elle sur le ton de la conversation.

- Je crois bien que si. Tu as oublié quel jour on est ? »

En soupirant, Hermione commença à se masser les arrêtes du nez. Son agacement mêlé à sa gueule de bois ne semblait pas vouloir l'aider à trouver une réponse précise, aussi c'est avec les yeux rendus étroits par la mauvaise foi qu'elle répondit.

« Samedi ? On est samedi ? Bien sur qu'on est samedi. »

Sans prendre garde au ricanement moqueur de Pansy, le Serdaigle offrit un sourire de coin à sa prétendue petite-amie.

« Mais non, très chère, fit-il doucement en se levant, prenant ses mains dans les siennes avant de se plonger avec une adoration feinte dans ses yeux. Déjà nous sommes vendredi..

- Oh merde.

- .. Et plus important, nous sommes le 16 du mois, ce qui veut dire... »

Il laissa sa phrase en suspens, un sourire idiot plaqué aux lèvres tandis qu'un soupir grossier s'échappa des lèvres de la touche féminine du Trio d'Or.

« Notre anniversaire, chantonna-t-elle faux en grimaçant, peu ravie de devoir faire face à ce qui semblait une épreuve insoutenable.

- Joyeux neuf mois, mon aimée, badina le garçon avant de l'embrasser à pleine bouche devant la salle entière. »

Des gloussements attendris se firent entendre soudain autour d'eux tandis qu'Hermione levait mentalement les yeux au ciel. Sentant les mains de Smith entreprenantes, elle eu l'idée de pimenter un peu la chose. Elle attrapa brusquement la nuque de son petit-ami, avant d'avancer de sa seconde main le bassin de celui-ci vers le sien. Il répondit avec entrain à cette invitation tandis qu'il approfondit leur baiser, tout en attrapant la folle chevelure de la jeune fille dans une main, agrippant le sommet de son crâne, tout en soulevant le haut de sa cuisse droite pour enrouler sa jambe contre lui. Tandis qu'un grognement de satisfaction s'échappait des lèvres de la nouvelle Serpentard, étouffant par la même occasion les soupirs attendris – vite remplacés par des mimiques de dégoût -, il tira le visage de la jeune femme vers l'arrière, prenant bien soin de laisser échapper en dernier sa lèvre inférieur, dans un bruit de succion peu ragoûtant.

« On va chez toi ou chez moi ? Demanda-t-il en haussant un sourcil coquin. »

Hermione gloussa en plantant ses pupilles ambres et moqueuses dans celle, obscurcies par le désir, du garçon. Elle fit descendre un peu sa main et, de sa nuque, passa lentement à la bosse formée par son désir dans son pantalon.

« Oh je suis désolée chéri, pépia-t-elle bien haut d'un faux air mielleux, mais j'ai déjà des engagements avant d'aller en cours, mais je peux voir si je peux me libérer ce soir, ok ? »

D'un coup sec, elle se détacha de lui, tandis que ses yeux s'ouvraient en grand de surprise. Théo lui lança un regard amusé tandis que Pansy mettait ses mains en porte-voix pour crier que tout acte sexuel était prohibé dans la Grande Salle. Hermione offrit son plus beau déhanché à l'assistance avant d'attraper le lourd grimoire avec lequel elle était venue petit-déjeuner et lança un clin d'œil vainqueur à son compagnon, avant de tourner les talons et de sortir du haut de ses dix centimètres de talons de la Grande Salle, prenant bien soin de lever les yeux au ciel quand elle croisa une pair d'émeraudes briller de colère de l'autre côté de la pièce.

Sans vraiment prendre le temps de respirer après sa sortie théâtrale, elle jeta un vague coup d'œil à la montre fichée à son poignet, lui indiquant qu'il lui restait une bonne heure avant son premier cours. Un sourire radieux se frayant un chemin sur son visage, elle se mit à parcourir les couloirs sans hésiter une seule fois. Avec une démarche presque mécanique, elle se mit à réfléchir à ce qui venait de se passer. Elle n'était jamais contre une petite partie de jambes en l'air le matin, et il n'était pas rare qu'elle ne s'éclipse avec son petit-ami ou son amant du moment pour une baise rapide avant son premier cours. Mais le jour de leur faux anniversaire, elle mettait un point d'honneur à ne pas conclure avec qui que ce soit. Par pure fierté. Parce qu'elle ne voulait pas se sentir obligée de coucher avec quelqu'un jusque parce que l'Élu le lui demandait. Bien que cela ne la gênait pas à d'autres moments, bien sur. Zacharias le savait, naturellement et s'amusait alors toute la journée à trouver des ruses toutes plus ou moins morales, afin de faire craquer sa chère et tendre.

Avec un sourire amusée, Hermione arriva enfin à l'endroit où elle voulait arriver. L'aile Ouest. Celle-ci avait été la plus détruite par la bataille les Mangermorts s'amusant à faire exploser les murs en même temps qu'ils tentaient d'abattre les résistants. Sur des morceaux de murs couverts de suifs, on pouvait encore deviner les silhouettes des corps qui avaient été carbonisés, ou pire, réduits en simple poussière, par un simple coup de baguette. Seul le mur de fond était resté intact, le reste de l'ancien couloir avait été purement et simplement pulvérisé quelques blocs de pierres étaient parsemés, ci et là, et deux portes étaient restées debout, reste des salles de classes qui existaient ici autrefois. Le reste n'était que débris cailloux, bout de porte en bois, quelques livres décousus aussi.

Personne ne s'approchait plus de cette aile à présent, sauf les quelques élèves initiés. Personne n'avait pensé à la nettoyer, encore moins la reconstruire. Les corps, ou parfois ce qu'il était possible de récupérer d'eux, avait été ramassés, le sang qui rougissait encore la pierre avait été brièvement savonné. Mais rapidement, tout le monde avait laissé cette aile et tout ce qui s'était passé dedans dans l'oubli, refusant de se rappeler à quoi le champs de bataille avait vraiment ressemblé, laissant cet endroit vide et pourri.

Hermione lança un regard au ciel de mars découvert par un bout de toit manquant quand elle sentit une goutte s'écraser sur sa main. Elle grimaça en tirant sa capuche sur son visage. Foutues giboulées de mars. Elle traversa l'endroit sans un regard pour la dévastation, sans un coup d'œil aux ombres figées sur les murs, comme un fantôme. Elle traversa ce que fut le couloir et grimpa précautionneusement sur une échelle placée à l'autre extrémité de là où elle était arrivée. Une fois en haut, elle frappa deux coups rapides puis trois lents sur une trappe en bois. Elle entendit des bruits de pas au-dessus d'elle avant que la trappe ne pivote, laissant voir le regard flou et sombre d'un jeune homme de son âge. Avec un sourire de coin, elle se laissa hisser par Ernie McMillan, son mètre quatre-vingt-dix, ses épaules musclés et ses yeux sapins avant de lui offrir une bourrade amicale.

« Je me disais bien que tu avais disparu, récemment. »

Il lui offrir un sourire de coin avant d'ébouriffer sa crinière, la faisant glapir de mécontentement.

« Aww, je loupe un petit-dej et tu t'inquiète ! Tu es trop mignonne. »

Un sourire au lèvre mais sans réelle envie de répondre, elle se tourna vers le reste de la pièce. Dans la lumière sombre du matin, et entre les effluves de fumée, elle devina plus qu'elle ne vit la touffe rousse de Ron, assis près des cheveux laquées de Draco, assis en face d'un jeune fille à la peau brune à qui Hermione offrit un large sourire.

« Padma, sourit-elle en prenant place à ses côtés. Tu as loupé la dernière de Zach.

- Ugh, gémit Ernie en se laissant lourdement tomber à côté d'elle, on a dit quoi sur les discussions de filles ? C'est ennuyeux.

- Pour toi peut-être, rétorqua Padma en prenant une large bouffée du joint qu'elle tenait dans la main. Mais j'adore entendre les conneries de Zach. Ça me fait me sentir tellement mieux quand je peux les ressortir tout haut dans la salle commune. »

Elle se prit à sourire dans le vague, comme si c'était son plus cher souvenir. Elle reprit une bouffée sur le joint avant de le tendre à la nouvelle arrivante.

« Tu avais pas la super gueule de bois ? Demanda Draco à la Granger en levant un sourcil inquisiteur.

- Tu étais pas encore bourré, toi ? »

Le rire grognard de Ron lui répondit, tandis qu'il sortait sa tête d'un bang fait-maison, recrachant allègrement une fumée verdâtre autour de lui. Draco, comme seule réponse à Hermione lui fit le signe A-OK avec la main, signe qu'il était encore fort loin de la sobriété.

« Tu nous as suivit ici, Mimi ? Demanda finalement Ron avant de se replonger dans son bang artisanal.

- Non, je m'ennuyais. Tu crois que Harry me laisserait rompre avec Zach ? »

Une quinte de toux échappa au Weasley, entre le rire et l'étranglement quand il entendit la question de son amie d'enfance. Il se mit à rire de manière hystérique et mis deux bonnes minutes à se calmer, essuyant des larmes de rire du plat de sa main. Il lança un regard amusée à la jeune femme qui le regardait, statique, pas vraiment sûre d'avoir lâchée la plus bonne blague du mois.

« Ben oui, bien sur, et peut-être qu'il me laissera vendre de l'herbe aux premières années.

- Arrête, soupira-t-elle en exhalant sa fumée, c'est pas la même chose tu le sais. Pourquoi je suis obligée de me prostituer ?

- Peut-être que si tu avais arrêté de sauter tout Poudlard, tu en serais pas là, ricana le rouquin en lui lançant un regard noir. Si tu avais accepté d'être mienne et uniquement mienne, il ne serait sûrement pas aller chercher le premier imbécile venu pour le coller à tes basques.

- Ça suffit, coupa la voix tranchante d'Ernie en accompagnant ses mots d'un regard noir d'avertissement aux deux interlocuteurs. C'est une zone de non-conflit. »

Ron haussa vaguement les épaules avant de reprendre son activité tandis que Hermione croisa les bras en se laissant tomber dans le fond du canapé en cuir où elle était assise, ses yeux lançant de furieux regards vers le rouquin. Padma eut un sourire de coin avant de reprendre possession du joint qui tournait entre les deux filles et lança un clin d'œil encourageant à Draco qui, toujours saoul, avait maintenant un teint un peu verdâtre et restait inerte sur l'autre canapé, visiblement mal en point. Ernie commença à gratter malicieusement l'avant-bras d'Hermione pour qu'elle se tourne vers lui, ce qu'elle fit, ses yeux lançant toujours des éclairs.

« J'ai ce que tu m'as demandé, fit-il d'un air mutin en lui tendant une bouteille en plastique de ce qui ressemblait à de l'eau. »

Elle écarquilla les yeux de manière extatique avant d'arracher la bouteille des mains de son ami et d'en boire une grande goulée sous les regards intrigués de l'assemblée toujours plongée dans l'obscurité. Elle avala tranquillement, un œil toujours sur la bouteille avant d'offrir un sourire florissant au Poufsouffle en face d'elle.

« Oh merde, tu te fous pas de ma gueule, Mac, c'est de la bonne ! »

En gazouillant, elle sortie une dizaine de gallions de sa poche qu'elle jeta négligemment sur la table basse avant de partir en sautillant, son corps déjà à moitié passé dans la trappe quand elle lança un résonnant « à plus, loosers » et disparu complètement. Draco eut un sourire amusé en secouant la tête avant de prendre le bang des mains sèches de Ron.

« Charmante, ta copine. »


Et vous avez rencontré Padma et Ernie, bande de chanceux ! J'espère que ce chapitre vous a plût, n'hésitez pas à me donner votre avis en review, vous êtes aussi bienvenus pour laisser une trace de votre passage ! Dans tous les cas, la suite arrivera sous peu :)

Bien à vous, Judee.