CHAPITRE 1 : PREMIÈRE FOIS, DERNIÈRE FOIS


Septième année. Dernière année.

Avant le début.

Avant les études.

Avant le boulot.

Avant la guerre.

Avant la vie d'adulte, les responsabilités, la vie de famille (enfin peut-être pas tout de suite), la peur d'affronter la guerre toute seule, la peur de la guerre et de ses conséquences en général …

« Mon Dieu, Lily ! Ne fais pas cette tête, on pourrait croire que tu n'es pas heureuse de retourner à Poudlard ! »

La jolie rousse, qui avait les yeux fixés sur le mur en briques devant elle, releva les yeux, et son visage s'anima à la vue de sa meilleure amie Marlene, qui l'attendait, comme à leur habitude, devant le pilier entre les voies neuf et dix.


FLASHBACK

« Maman, j'ai peur ! Et s'ils sont méchants avec moi ? Et si je ne réussis pas à être une sorcière ? »

La jolie petite rousse tenait la main de sa mère, tandis que son père poussait son chariot, chargé d'une grosse valise gravée des initiales L.E., sur laquelle était assise une autre enfant, blonde cette fois-ci. Elle tourna la tête en entendant sa sœur s'inquiéter, et leva les yeux au ciel, alors que leur mère s'arrêtait et s'agenouillait pour être à la hauteur de sa fille cadette.

« Ma chérie » lui dit-elle en replaçant une mèche derrière son oreille, « ils ne seront pas méchants avec toi, pour la simple bonne raison qu'ils n'ont aucune raison de l'être. Tu es une jeune fille gentille, intelligente, bourrée de qualités, et surtout, surtout, tu as hérité du mauvais caractère de ton père, qui ne se laisse jamais marcher sur les pieds. Et comment pourrais-tu ne pas arriver à être une sorcière, si tu en es déjà une ? »

Une voix retentit sur leur droite.

« Ça c'est sûr ! Sorcière un jour, sorcière toujours ! Tu es une Née-Moldu ? Comment tu t'appelles ? Tu viens d'où ? Tu as déjà entendu parler de Poudlard ? Tu voudrais être dans quelle maison ? Tu …

- Marlene ! Tais-toi un peu ! Tu vas l'effrayer ! »

Une grande femme s'approcha et secoua la tête faisant danser ses longues boucles brunes en riant.

« Elisabeth McKinnon, enchantée » dit-elle en serrant la main aux parents de la petite rousse « Veuillez excuser ma fille, elle est très bavarde, et surtout très excitée par sa rentrée à Poudlard.

- Susan Evans. Et voici mon mari Richard, ainsi que mes filles Pétunia et Lily. Celle-ci est d'ailleurs la seule sorcière de notre famille, et elle est un peu tendue, comme vous avez pu le voir.

- Il ne faut pas ! On vous a expliqué comment passer la barrière ? Il n'y a rien de plus simple, vous allez voir ! »

Pendant ce temps, la petite brune s'était avancée et, toujours avec franchise et détermination, avait tendue la main en disant :

« Marlene McKinnon. Enchantée ! Désolée pour cette entrée en matière, et aussi si je t'ai vexée en disant que tu es une Née-Moldu, mais comme l'a dit ma mère, je suis incapable de me taire ! Et toi ?

- Lily Evans. Je ne t'en veux pas. Et je ne suis pas vexée. Pour la simple bonne raison que je ne sais pas vraiment ce qu'est une « Née-Moldu ». Enfin, je suppose que c'est quelqu'un qui n'a pas de parents Sorciers, mais je ne vois pas vraiment la différence avec quelqu'un qui aurait des parents, et même des grands-parents, des arrière-grands-parents Sorciers.

- Tu as raison ! Ne t'inquiète pas, je n'ai absolument aucun préjugé là-dessus ! Ma mère est une Sorcière, mais mon père est un Moldu, et mes petits frères et sœurs n'ont aucun pouvoir ! Sauf que moi, je m'entends bien avec eux !

- Pourquoi dis-tu ça ? »

Marlene tourna la tête et indiqua du menton Pétunia qui, juchée sur son chariot, les regardait avec animosité.

« C'est ta sœur ? Elle n'a pas l'air très heureuse.

- Oui aux deux. Mais je ne pense pas qu'elle apprécierait qu'on parle d'elle comme ça alors qu'elle est juste à côté !

- Et dans son dos ?

- Non plus, mais c'est plus facile ! »

Les deux fillettes éclatèrent de rire, et se dirigèrent vers leurs parents, qui les appelaient pour passer sur la voie 9 ¾. Pour la première fois.

FIN DU FLASHBACK


Abandonnant toute expression nostalgique, Lily s'élança dans les bras de son amie, qui les lui ouvrit avec un grand sourire.

« Ma petite Marlene … Tu m'as tellement manquée ! Comment était la France ? Tu as visité des sites historiques magiques ? Et Paris ? Tu as rencontré des gens intéressants ? Tu as revu ta famille ? Tu …

- Holà, holà ! On se calme, ma belle ! Et si on en parlait dans le train avec les filles? Je n'ai ni envie de le rater, ni envie de répéter cinquante fois mon histoire !

- D'accord, d'accord ! Allez, une dernière fois ?

- Une dernière fois. »

Et c'est ensembles que les deux jeunes filles passèrent une dernière fois le portail entre les deux mondes, souriantes et ne pensant pour l'instant pas à leur avenir.