True Story

Note de l'auteur : Voilà le deuxième one-shot de cette série... J'espère qu'il vous plaira tout autant...

Bonne lecture !

Chapitre 2 : Comme cul et chemise

Le jeune Teddy Lupin aimait beaucoup son parrain. Il l'aimait même tellement que lorsqu'on lui avait demandé ce qu'il voulait faire plus tard, il avait répondu :

« Quand je serai grand, je ferai Harry Potter ! »

Ses parents, hilares, lui avaient dit que cela risquait d'être difficile, et Teddy avait hoché la tête, sentencieusement, comme s'il venait d'accepter un défi. Mais il avait fini par comprendre ce que ses parents voulaient dire, et avait renoncé à son projet, ô combien louable mais légèrement irréalisable. Il avait toutefois compensé cet abandon en se promettant de protéger son parrain, à la vie à la mort, et de faire en sorte qu'il soit toujours heureux. Et c'était quelque chose de très touchant et d'amusant que de voir ce petit bonhomme de six ans tenir sa promesse. Lorsque Harry était dans les parages, il devenait brusquement très sérieux et regardait autour de lui d'un air méfiant. Le brun disait souvent en riant qu'il n'aurait jamais pu rêver meilleur garde du corps. Alors Teddy faisait un grand sourire et cela faisait chaud au cœur de son entourage.

Seulement voilà. Aujourd'hui, Teddy était inquiet. Il sentait dans l'air comme une sorte de tension, et celle-ci émanait principalement de son parrain (les enfants sentent très bien ce genre de choses). Qui plus est, le petit garçon avait l'intuition que l'origine de l'anxiété de son modèle était due à quelque chose qu'il connaissait, ou plutôt, à quelqu'un : Draco Malfoy.

Teddy était assez en avance pour son âge. Ainsi, il avait vite compris en fréquentant son parrain que celui-ci n'entretenait pas la même relation avec Ron ou Hermione qu'avec le blond. Non. En fait, la dite-relation, avait compris Teddy, était plus proche de celle qui existait entre son père et sa mère. Bien sûr, l'enfant était encore trop jeune pour mettre des mots sur ce qu'il concevait pourtant assez clairement, mais l'idée était là. Et comme Harry semblait beaucoup tenir à Draco, il avait fait une étude approfondie de ce dernier, pour être sûr qu'il ne ferait pas du mal à son cher parrain.

Alors il avait laissé traîner ses oreilles partout. Personne ne se méfiait de lui, et il avait appris beaucoup de choses. Que Draco et Harry s'étaient détestés pendant longtemps, puis qu'ils étaient «sortis ensemble». Teddy n'avait pas très bien compris en quoi le fait de sortir d'un endroit ensemble pouvait rapprocher les gens, il sortait de l'école tous les jours avec sa maîtresse, et il ne l'aimait pas plus pour autant. Vieille bique ! Il avait entendu également que Draco était «avocat», et qu'il avait des clients... Ça lui avait semblé assez louche, vu que le blond ne ressemblait pas du tout à un avocat, mais ses parents ne semblaient pas s'en inquiéter outre mesure alors il avait laissé cette information de côté, pour la ressortir un jour si le besoin s'en faisait sentir... Et dernièrement, un soir après un dîner, alors que Harry et Draco venaient de quitter sa maison pour rentrer chez eux, sa maman avait regardé par la fenêtre en souriant et avait dit à son papa :

« Ces deux là, ils sont vraiment comme cul et chemise... Quelqu'un essayerait de les séparer qu'il y perdrait beaucoup... »

Teddy avait alors regardé par la fenêtre, pour tenter d'apercevoir la chemise dont parlait sa maman, mais il n'avait vu que son parrain et le blond, qui s'embrassaient dans le jardin, avant de disparaître, main dans le main. Il avait froncé les sourcils, tâchant de comprendre ce que voulait dire sa mère, mais son esprit, pourtant assez vif, s'était heurté à une muraille infranchissable... Il savait ce qu'était une chemise, mais l'autre mot ne lui évoquait rien du tout. Et quand il avait demandé un jour à sa maman, celle-ci s'était fâchée et lui avait demandé qui lui apprenait ainsi de très vilains mots. Teddy n'avait pas osé lui dire que c'était elle-même, aussi avait-il prudemment répondu qu'il avait un jour entendu ce mot dans la rue et qu'il ne l'avait pas compris... Après une intense réflexion, il en avait déduit que si l'expression qu'avait employée sa mère contenait un mot imprononçable, elle était forcément mauvaise. Et Teddy avait compris, par extension, que Draco était mauvais pour son parrain. Depuis lors, il avait cherché la faille, épiant sans cesse le blond, voulant mettre au jour son plan pour faire du mal à Harry.

Et aujourd'hui, en voyant l'état dans lequel était le brun, tournant comme un lion en cage, se mordant les ongles, et gémissant de temps à autre en jetant des coups d'oeil angoissés à l'horloge murale, il savait qu'il avait eu raison. Régulièrement, des gens venaient, comme Ron, ou Hermione (Teddy l'aimait bien, elle lui donnait toujours des livres intéressants à lire quand elle venait le voir à la maison) pour tenter de réconforter son parrain. Mais aucun n'y arrivait vraiment car aucun ne connaissait l'origine du mal qui rongeait Harry...

Après un gémissement de désespoir plus important, Teddy se décida à faire quelque chose. Il descendit de la chaise sur laquelle il était tranquillement assis, et il s'approcha de son parrain. En le voyant, celui-ci se baissa pour se mettre à sa hauteur et lui sourit :

« Ça va bonhomme ?

« Oui, oui. Mais toi, ça n'a pas l'air d'aller... »

Harry fut étonné par la couleur des yeux de son filleul. Métamorphomage, comme sa mère, il avait aujourd'hui des yeux d'un noir d'encre, qui lui conférait un sérieux étonnant chez un enfant de son âge, sérieux accentué encore par le ton qu'il avait employé en parlant.

« Pourquoi ça n'irait pas ?

« Tu marches partout, comme quand papa il est inquiet parce que maman rentre tard du travail »

Harry sourit, en imaginant le calme Rémus faire les cents pas en attendant son auror intrépide de femme...

« Non, non, tout va bien. Je suis juste un peu nerveux c'est tout...

« C'est à cause de Draco ? »

Une fois de plus, Harry fut étonné par les intonations sérieuses employées par son filleul. Et par le fait qu'il ait touché juste.

« Oui, c'est un peu à cause de lui. Mais pas seulement. Aujourd'hui est un jour très important pour moi tu sais ?

« Parce que tu vas partir ?

« Quoi ? Mais non voyons ! Qu'est-ce qui te fait dire ça ?

« Ce serait normal... Si le méchant blond te fait du mal, tu as le droit de partir... »

Harry était complètement perdu. Est-ce que Teddy parlait de Draco ? Et si oui, pourquoi lui voudrait-il du mal ? Vu l'état de stress intense dans lequel il était, il aurait pu laisser échapper des choses que son filleul aurait vu. Il fallait bien que Teddy sorte cette idée farfelue de quelque part...

« Draco ne me fait pas de mal du tout... Qu'est-ce qui te fait croire ça ?

« C'est maman qui m'a dit que Draco était mauvais pour toi... »

Nymph' ? Mais... Draco était son cousin... Ils semblaient bien s'entendre pourtant... Qu'avait-elle bien pu dire à son fils ? C'était sans doute une erreur d'interprétation de la part de l'enfant. Du moins, Harry l'espérait...

« Et que t'a-t-elle dit qui te fasse croire ça ?

« Elle a dit que vous étiez comme cul et chemise... Mais j'ai pas compris tout de suite ce que ça voulait dire. C'est que quand elle m'a grondé parce que cul est un vilain mot que j'ai compris que c'était une expression qui voulait dire que Draco il était méchant... »

Harry ne savait pas s'il devait rester ainsi comme un poisson hors de l'eau, éclater de rire, ou bien s'il devait tenter d'expliquer à son filleul ce que voulait vraiment signifier ce qu'il avait entendu... C'est alors que Ron entra dans la pièce.

« C'est à toi vieux. Je suppose qu'il ne me reste plus qu'à te souhaiter bonne chance...

« Merci Ron...

« Dis-toi juste qu'il faut que tu arrives à l'autel sans te prendre les pied dans ta robe (nda : une robe de sorcier naturellement...) et qu'il faut répondre oui à tout ce qu'on te dira... Après, il ne te restera plus qu'à survivre à la réception, et tu auras droit à la nuit la plus fantastique de toute ta vie... Et je parle d'expérience... »

Harry pouffa et dit à Ron qu'il arrivait dans une minute. Après un dernier signe de tête encourageant, le rouquin sortit, et Harry se tourna vers son filleul.

« Teddy, il faut que tu saches que même si cette expression contient un...comment tu as dit déjà ? Ah oui, vilain mot, elle veut dire en fait que les deux personnes concernées sont inséparables... Et Draco et moi, c'est ce qu'on est, inséparables. C'est pour ça qu'aujourd'hui, non seulement je ne pars pas, mais en plus je vais l'épouser. On va se marier, comme ton papa et ta maman, parce qu'on s'aime, et qu'on veut montrer à tout le monde qu'on est ensemble, et que ça va durer très longtemps. Tu comprends ? »

Teddy acquiesça, assimilant lentement ce que son parrain lui disait.

« Mais alors pourquoi tu fais comme papa ? Tu as peur que Draco arrive en retard ? »

À ces mots, Harry sourit franchement, et se dit qu'il était bien content que son filleul soit là... Au moins, lui arrivait encore à le dérider, malgré la boule de nerfs qui avait décidé de nidifier dans son ventre...

« Non, tu as raison, je ne devrais pas avoir peur... D'ailleurs tu vois, je souris, ça veut dire que je suis content non ?

« Tu pourrais sourire pour me rassurer. Papa il fait ça parfois... »

Le sourire de Harry s'agrandit, et il ébouriffa les cheveux du petit garçon.

« Je peux t'assurer que là, je souris juste parce que j'ai envie de sourire... Et toi, tu vas te dépêcher de rejoindre tes parents, parce que sinon, c'est moi qui vais être en retard, et ça risque de ne pas plaire du tout à Dray... »

Il embrassa son filleul sur le front et le poussa vers la porte. Une heure, et un fantasme sur un Draco ne portant qu'une chemise déboutonnée plus tard, Harry exhibait fièrement une alliance à son annulaire gauche et un -Malfoy accolé à son nom.

Plus tard, chez les Lupin :

« Maman, pourquoi il y a des vilains mots dans des expressions qui sont pas vilaines ? »

Nymphadora leva les yeux au ciel et remercia ce dernier d'avoir épousé un professeur, tout en se demandant où son fils allait chercher des questions pareilles.

« Demande à ton père mon chéri. »

« Papa ?

« Oui ?

« Pourquoi il y a des vilains mots dans des expressions qui sont pas vilaines ?

« Que veux-tu dire par là, Ted ? »

Teddy monta sur les genoux de son père avant d'expliquer.

« Et ben un jour, maman elle a dit que parrain Harry et Draco, ils étaient comme cul et chemise. Alors comme je comprenais pas, je lui ai demandé ce que ça voulait dire «cul», parce que je savais pas, mais elle m'a grondé parce que je disais des vilains mots. Alors j'ai pensé que c'était pas une bonne expression, et que Draco était pas gentil avec parrain. Mais après parrain il m'a dit que c'était une bonne expression pour dire que Draco et lui, ils étaient très inséparables, alors je comprends plus. Pourquoi il y a un vilain mot ? »

Rémus prit alors son ton de professeur pour expliquer à son fils.

« Il faut que tu saches, que le vilain mot que tu ne comprends pas, veut dire «fesses», mais dans un langage très vulgaire, ta maman a eu raison de te dire qu'il ne fallait pas que tu l'utilises... »

Dans une chambre, très loin de là, un blond et un brun trouvaient au contraire qu'utiliser ce mot pouvait s'avérer très stratégique dans certains moments...

« Mais il y a longtemps, le mot n'était pas si vilain que ça, et les gens qui n'étaient pas très cultivés l'utilisaient souvent... Et donc, à l'origine, l'expression complète était «deux culs dans une chemise», ou bien «un cul et une chemise», ce qui voulait dire, comme une personne normalement constituée n'a en général qu'une seule paire de fesses, qu'ils y avait deux personnes dans une chemise, et que donc ils étaient très proches, ou bien qu'ils l'étaient tellement qu'ils n'avaient plus qu'un seul fessier et qu'une unique chemise pour deux. Cela signifie donc que les personnes sont très intimes, très complices, mais pas nécessairement amoureuses, comme Harry et Draco le sont. Tu as compris ? »

Teddy hocha la tête et acquiesça. Il aimait bien quand son père lui expliquait quelque chose. Il avait l'impression d'être un adulte. Et un adulte, tout le monde sait que c'est bien plus efficace pour protéger un parrain. Et ça, Teddy le savait parfaitement.

Voilà... Quand j'étais petite, je ne savais pas ce que voulait dire l'expression, et je pensais que c'était quelque chose de pas terrible (à cause de la vulgarité). J'ai fini pas apprendre son sens réel (encore heureux !), mais ce n'est que récemment que l'on m'a parlé de l'étymologie... Et c'est mon petit frère (de six ans de moins que moi), qui me l'a enseignée... ^^'

Merci d'avoir lu et n'oubliez pas de me faire part de vos impressions...