Hello. Bon, premièrement, merci à tous : quel accueil ! je n'avais jamais eu autant de mises en favoris et de suivis en une journée !
Alors merci chrystelleB, Arrylinda, cecy cantu, Craquotte123, Rosaaaa, athea781, DanettePistache, Sarah Wiliams, et Oliver-Felicity. Merci. D'ailleurs, je radote, mais ... s'il vous plait, commentez, dites moi ce que vous en pensez, vous n'imaginez même pas à quel point ça me motive pour la suite, mais surtout à quel point ça me fait plaisir. Ne serait-ce que pour dire que vous aimez, que vous aimez moins, que vous vous attendez à ci ou à ça ... Dites-moi.
Merci mille fois à celles qui ont commenté, d'ailleurs. Vos reviews me vont droit au cœur et j'espère que je continuerai de vous toucher avec la suite. Cette fic sera courte mais intense. :) et je n'ai pas encore décidé de la fin ...
- Non.
Encore ce mot. Encore et encore. Répété, maintes fois, comme une litanie, silencieusement ou non, par toutes les âmes présentes dans le laboratoire.
Non.
Pas ça.
Gibbs arrêta de respirer sans s'en rendre compte. Ses poings se serrèrent jusqu'à faire blanchir ses jointures, tous les muscles de son corps se raidirent, son dos se redressa et son esprit se vida. Il ne pouvait plus réfléchir. Il ne voyait plus qu'elle, plus que son visage.
Pas elle. Pas un autre de ses enfants.
Pas comme ça.
Abby tituba, avisa un tabouret surmonté d'un coussinet, et se laissa tomber dessus sans même s'en rendre compte. Les lèvres à moitié ouvertes, les yeux désespérément humides sans qu'aucune larme salée, pourtant, n'en sorte. Son corps entier frémissait. De rage, de peur, et de tristesse. Elle avait pensé à l'éventualité de la revoir, un jour. A la façon dont leurs retrouvailles se passerait. La façon dont elle la serrerait dans ses bras.
Mais la revoir ainsi. Non. Jamais cela n'avait traversé son esprit.
McGee s'effondra, mais il resta debout. Ses épaules se lâchèrent, tous ses muscles capitulèrent, et sa tête se remplit à une vitesse alarmante, effrayante, une vitesse qui lui donnait envie de vomir, envie de quitter la pièce à toute vitesse. Pourtant, en opposition à son cerveau, son corps semblait être mort, comme s'il ne pourrait plus jamais marcher. Il fixa son regard sur le visage qu'il voyait à travers la vidéo, il la fixait de toutes ses forces. Pas une seconde fois, pas là-bas, pas elle.
Tony ne bougea pas. Ses muscles restèrent en place. Son cerveau fonctionnait toujours à la même vitesse. Mais son cœur s'était mis à battre plus vite, sourdement, entre ses côtes. Il pulsait comme s'il voulait s'échapper, fuir l'emprise de cette cage thoracique bien trop humaine et bien trop fragile. Son cœur seulement semblait comprendre ce qu'il se passait, il était le seul à réagir, le seul à s'affoler. L'agent, lui, ne bougeait pas. Seules ses lèvres articulaient sans cesse le même mot silencieux. Non. Pas Ziva.
ooo
Tout allait trop lentement. Bien trop lentement. Pourtant, il n'avait jamais fait autant de choses à la fois. Il courrait sans cesse, de droite à gauche, d'un endroit à l'autre, de son ordinateur au téléphone. La même activité régnait autour de lui, toute l'agence s'était transformée en fourmilière.
Le directeur lui-même avait sonnée l'alarme d'alerte maximale. Il fallait le retrouver, attraper Sergeï, l'empêcher de s'attaquer à ne serait-ce qu'une personne de plus. Tous les moyens étaient permis, le temps était compté, il fallait absolument le trouver.
Gibbs, Tony, Tim et Abby allaient tellement vite qu'Ellie peinait à les suivre. Elle ne les avaient jamais vus dans un tel état d'énervement et de hâte. Alors elle donnait son maximum, elle aussi, s'accordant quelques minutes de silence, assise sur son bureau, entourée d'une vingtaine de feuilles. Elle réfléchissait tellement fort qu'elle sentait son sang battre contre ses tempes, là où elle avait posé ses doigts glacés.
Elle osait à peine lever la tête pour les regarder.
A chaque fois qu'elle voyait l'un de leur visage, Ellie avait l'impression de s'immiscer en eux, de lire leurs pensées comme dans un livre ouvert.
Elle n'aimait pas ça. Elle essayait de ne pas avoir peur.
De ne pas penser à ce qu'il se passerait s'ils échouaient.
Tout ça était pire que des balles. Pire qu'une bombe.
Ne pas savoir était bien pire que tout.
ooo
- Fornell ? S'étonna Vance en voyant l'agent entrer d'un pas vif dans son bureau.
- Directeur. Salua-t-il.
Il se campa devant le bureau et darda son regard sur les iris noirs de l'homme assis en face de lui.
- J'ai mis mes hommes sur l'enquête. Nous allons vous aider.
- Vous avez mis de côté votre-
- Il faut savoir choisir ses priorités, n'est-ce-pas.
Fornell laissa un soupir traverser ses lèvres, fit passer une main sur son crâne chauve, et s'empara d'un siège sur lequel il s'assit.
- Comment … commença-t-il sans réussir à finir sa phrase.
- Comment vont-ils ? Finit Vance.
Tobias Fornell connaissait la réponse. Ils allaient aussi mal que lui, si ce n'est pire. Lui savait. Lui avait vu le corps de Diane. Eux n'avaient vu aucun corps et ne savait même pas vraiment où chercher.
Pour la première fois depuis la disparition de Diane, son propre chagrin était mis de côté par la force des circonstances, et la seule chose qui battait dans ses veines désormais était un besoin viscéral de vengeance.
- Ils cherchent. Répondit Vance. Nous cherchons tous.
Fornell hocha la tête.
- J'ai contacté la SecNav. Continua le directeur. Elle va nous aider aussi.
L'agent du FBI hocha la tête à nouveau, puis se releva.
- Et bien allons-y. Trouvons ce salopard.
ooo
Sergeï Michnev respirait encore. Il était bien vivant, et comptais le rester encore longtemps.
Il avançait tranquillement dans le sable, sur le flanc d'une large dune. Il regardait le soleil s'effacer à l'horizon et éclairer au loin la silhouette d'une ville.
Le russe s'arrêta et posa sa cigarette entre ses lèvres pour en aspirer une bouffée.
Il était loin du NCIS, loin des agents, et pourtant il avait l'impression d'en être plus près que jamais. L'impression de les avoir percés à jour, touchés en plein cœur. D'être pénétré plus loin qu'il ne l'avait espéré.
Il sourit au sable qui s'offrait à lui.
Il fit craquer les muscles de son cou, tournant la tête de gauche à droite en respirant posément. Il avait hâte qu'ils le trouvent.
Sergeï reprit sa marche et partit vers la gauche. En contrebas de la dune, nichée au creux du désert, un complexe formé de bâtisses carrées reliées entre elles, posées dans le sable les unes à côté des autres, un peu comme une forteresse.
Il y en avait plusieurs par ici. Il n'avait pas eu beaucoup de mal à en trouver une qui soit similaire à celle de Saleem Ulman. Ce dernier, depuis les étoiles, devait être particulièrement ravi de ce qu'il voyait.
Un homme en noir, une mitraillette à la main, attendait telle une statue devant l'entrée de la zone.
Sergeï s'avança lentement vers lui, passa à ses côtés sans que l'homme n'émettent le moindre mouvement, le moindre bruit. Il aimait bien les mercenaires somaliens. Ils étaient silencieux et efficaces. Parfaits pour cette expédition.
Sergeï continua de marcher entre les bâtisses poussiéreuses et endommagées par le temps. Il entra finalement dans l'une d'elle, déambula dans des couloirs sombres et de grandes pièces inhabitées avant d'arriver à l'entrée d'un couloir desservant une dizaine de cellules. Il s'avança vers l'une d'elle et se posta devant les barreaux.
Puis il pencha la tête de côté, comme dans le bar, quand il avait espionnée sa proie. Maintenant, elle était là, couchée sur une paillasse posée à même le sol, flottant dans des vêtements de mercenaires trop amples. Elle n'était pas effrayante.
Il avait presque du mal à l'imaginer travaillant pour le NCIS. Cette petite chose frêle, sans connaissance.
Soudain, il retint son souffle. Puis esquissa un sourire. Il avait failli se tromper, encore une fois. Dès qu'il l'avait approchée, elle s'était débattue. Tellement que son plan avait failli échouer. Malheureusement pour elle, Sergeï et ses amis étaient supérieurs en nombre et aussi en armes.
Quand il l'avait emmenée ici, là encore, à plusieurs reprises, elle avait failli lui échapper. Elle avait même réussi à lui sauter à la gorge. Une minute de plus et il y aurait laissé la vie. Depuis une semaine qu'ils étaient là, il avait semblé au russe que sa proie se détériorait. Qu'elle s'affaiblissait.
Et pourtant … il plissa les yeux pour mieux voir à travers l'obscurité de la cellule. Puis sourit à nouveau. Là encore, il avait presque failli la croire faible à nouveau.
Mais elle ne dormait pas. Elle était bien consciente. Il voyait l'éclat meurtrier de ses prunelles briller sur le sol de la cellule, braquées sur lui. Elle était même presque effrayante, immobile ainsi, le fixant sans un souffle.
Il était presque sûr qu'elle avait tous ses muscles bandés, prête à bondir s'il ouvrait sa cage.
Il avait compris dès qu'il l'avait approchée de plus près qu'en d'autres circonstances, ou bien même s'il ne faisait pas suffisamment attention, il pourrait bien devenir la proie et elle le prédateur. Elle en avait bien l'étoffe, cette jeune ex-lionne du Mossad.
Sergeï sourit et tapota ses ongles sur les barreaux de la cellule. Ziva frémit.
- Tu devrais dormir pour garder tes forces. Susurra-t-il.
Elle jura en hébreu.
ooo
- Il est en Somalie.
- Oui. Mais le problème c'est : où ?
Ellie soupira et tordit le coin de ses lèvres en guise de réponse. Elle et Tony s'étaient arrêtés, en brain storming improvisé au centre de leur bureau. McGee était allé aider Abby à analyser tout ce qu'ils pouvaient, les légistes cherchaient des preuves sur le cadavre du bus, et Gibbs assistait à une énième conférence avec le SecNac.
Il était tard. Les heures s'étaient succédées et la frénésie au NCIS avait perdu de l'intensité.
Tony plongea ses baguettes dans le bol de pâtes qu'ils avaient commandé au magasin chinois du coin. Il s'autorisa une profonde respiration avant d'engloutir le reste de son repas.
- Il pourrait être n'importe où. Dit Ellie.
- C'est le problème. Et le désert est grand.
- Il va nous envoyer un indice. C'est obligé. Il veut qu'on le trouve.
- Je ne sais pas. Répliqua l'agent. Peut-être voulait-il nous attaquer une dernière fois avant de disparaître pour de bon.
- Tu ne crois pas qu'il … qu'il veut nous …
- Nous tuer ? Oh, si. Un jour. Mais je pense qu'il sait que s'il ose revenir aux Etats-Unis, il n'y fera pas de vieux os.
- C'est pour ça qu'il cherche à nous attirer ailleurs. Il veut qu'on aille en Somalie parce qu'on sera des cibles plus faciles pour lui …
- Tu sais, Bishop, si on part, ce sera avec l'artillerie lourde. Tu vois ça ?
Il désigna d'un geste circulaire de sa baguette les dernières personnes présentes qui s'affairaient dans l'open space.
- Ca, c'est le code rouge. Continua-t-il d'un ton sûr. Tout le monde est sur le coup. FBI, la secrétaire de la Navy … tout le monde. Si on le trouve, on l'aura.
- Alors …
- Alors, je ne sais pas s'il souhaite vraiment qu'on le trouve. Il sait qu'il a passé une limite.
Ellie joua sans s'en rendre compte avec la baguette qu'elle tenait à la main. Elle n'aimait pas cette éventualité. Pas du tout.
Tony s'assit derrière son bureau. Il avait relativisé au fil des heures, comme ses coéquipiers, comme son patron également. L'urgence avait fait place à une chasse à l'homme méthodique, organisée. Il fallait que le filet se resserre autour de Sergeï, il le fallait, mais pour autant son cœur avait cessé de tenter de s'échapper et son esprit avait retrouvé sa lucidité.
Elle n'était pas morte.
Elle avait été entraînée par le Mossad.
Il savait ce qu'elle valait.
Il savait qu'elle ne pouvait pas être brisée aussi facilement.
Et il refusait de croire que toutes ses certitudes, tout ce qu'il connaissait d'elle, que tout cela ait pu changer durant ces deux années où ils n'avaient plus eue aucune nouvelle, ou si peu.
- Elle te manque ?
La surprise lui fit hausser les sourcils et il releva la tête vers les yeux marron de sa collègue, toujours perchée sur son bureau. Elle paraissait perdue dans ses pensées, mais sincère. Ni curieuse, ni moqueuse, juste sincère.
Tony attrapa un café.
- Oui. Répondit-il.
Il avala une gorgée pour se donner une contenance.
- On a tout épluché. Dit Ellie.
L'agent releva la tête vers sa collègue. Elle paraissait en proie à une réflexion intense, les sourcils froncés à l'extrême. Elle se gratta le front d'une main discrète et sauta de son bureau pour se mettre à marcher en rond sur la moquette.
- Tout. On a tout fait !
- Il serait peut-être temps d'avoir une conversation avec nos anciens amis du Mossad.
- Mais, Gibbs a parlé à leur directrice, non ?
- Oui. Mais elle ne nous doit rien. Et elle adore travailler par elle-même, si possible sans qu'on ne soit au courant. Alors, soit si elle avait su quelque chose, elle ne nous l'aurait pas dit.
- Tu vas la rappeler ?
- Non. Gibbs lui a parlé. Si elle lui avait menti, il l'aurait su.
Il sortit son téléphone de sa poche et descendit sa liste de contacts. Jamais il n'aurait pensé devoir faire ce numéro à nouveau.
- Je vais plutôt appeler un autre vieil ami de la famille. Dit-elle en adressant à Ellie un sourire de façade.
Il s'assit plus confortablement dans son fauteuil, sous l'œil aiguisé et alerte de la jeune blonde en face de lui.
Trois sonneries, mais pas de réponses. La messagerie s'enclencha, et Tony raccrocha avec dépit. Il était pourtant presque sûr que Malachi Ben-Gidon n'était pas du genre à louper un appel d'un agent du NCIS qu'il n'avait pas vu depuis une éternité …
Puis soudain, une lueur passa dans son esprit et il se redressa d'un bond avant de se mettre à taper frénétiquement sur son clavier.
- Qu'est-ce que tu cherches ? S'enquit Ellie en venant regarder par-dessus son épaule.
- Je cherche … un autre vieil ami … on doit avoir ses coordonnées quelque part … ah !
En brandissant son portable d'un air victorieux, il s'empressa de taper le numéro qu'il venait de trouver, puis colla le combiné à son oreille.
Une sonnerie.
Cette fois, quelqu'un décrocha.
Tony attendit que son interlocuteur parle en premier. Les mots hébreux qu'il perçut à travers le combiné lui assurèrent qu'il avait bien en ligne, à des milliers de kilomètres de distance, quelqu'un qui pourrait le renseigner.
C'était la seule piste.
La dernière.
Alors Tony émit un léger sourire, pour s'encourager et rassurer Ellie, et répondit à l'homme qui continuait de parler en hébreu.
- Salut, Adam.
D'ailleurs, je vais même vous aider si vous ne savez pas quoi commenter :
1- Que pensez vous de la réaction de la team ?
2- de celle de Fornell ?
3- de Sergeï, de ses projets, et de Ziva ?
4- le calme final, l'appel de Tony, qu'est ce que cela annonce ?
5- à quoi vous attendez-vous pour la suite ?
6- un moment préféré/plus marquant que les autres ?
Sachant que vous n'êtes bien sûr pas obligés de répondre à tout. J'attends vos réactions avec impatience. A bientôt. :)
