Je sais, je sais… C'était censé être un OS, mais après avoir lu plusieurs remarques me disant qu'une petite suite serait pas mal, je me suis rendue compte que ce n'était pas faux. Vous allez me dire que j'en ai mis du temps, et c'est vrai, mais je ne trouvais pas l'inspiration totale… et une fois celle-ci trouvé, j'ai eue quelques petits problèmes d'ordi (je sais ma vie ne vous intéresse pas) : plusieurs semaines sans internet ! Comment faire pour poster la suite de ma fic ? La poisse…
Mais la voilà finalement. J'espère du fond du coeur qu'elle vous plaira, et la, c'est belle et bien la fin!
Kiss
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Chapitre 2
Cela faisait un peu plus d'un an que nous voyageons autour du monde. Au début, tu passais la majeur partie de ton temps près d'une fenêtre. Tu aimais regarder l'agitation de l'extérieur, ces gens qui poursuivaient leur vie sans savoir se qui se passait ailleurs, sans savoir qu'un guerre venait de s'achever dans un monde dont ils ignoraient totalement l'existence. Tu aimais leur insouciance. J'étais presque obligé de te faire manger moi-même.
Puis, peu à peu, tu as commencé à marcher. Pas beaucoup au début, c'est vrai. Tu restais enfermé dans ces chambres que nous louions, mais tu ne restais plus cette statue. Puis un jour, peut-être trois ou quatre mois après notre départ, tu as pris ta veste, l'a enfilé et à tourné ton visage vers moi. J'ai compris que tu étais prêt à sortir. On étais alors en Suisse. Nous avons fait une promenade qui dura toute l'après-midi, on rentra à l'heure pour le dîner. Une fois de retour, tu t'installas à table, attendant que je prépare à manger, ce que je fis immédiatement. Je me souviens que je ne pouvais me défaire de mon sourire. Tu venais de faire un pas en avant, tu reprenais enfin goût à la vie. Je voyais enfin que mes efforts n'était pas vain, que j'avais bien fait de te forcer à faire ce petit voyage. Pour n'importe qui d'autre cela aurait paru insignifiant, mais pour moi, cela boulait tout dire.
Nous partîmes quelques jours après, direction l'Égypte. Le soleil, le sable, l'inconnu, les pyramides… le cadre parfait pour ton rétablissement. Pourtant les progrès mirent du temps à réapparaître. Mais après un peu plus d'un mois que nous soyons installé, tu franchis une nouvelle étape vers la guérison. Nous étions tous les deux installés dans le salon. J'étais dans le fauteuil, tu étais installé dans mes bras, ta tête reposant sur mon torse. Tu aimais être installé ainsi, tel un enfant. Je suppose que c'est aussi un peu un moyen de rattraper ces années de manque affectif de ton enfance. Ce soir là, tu levas ton regard vers moi, et prononça tes premiers mots depuis notre départ : "Et si nous partions pour le Japon, j'ai une envie de sushi…". Tu affichais un sourire des plus enfantin. J'étais tellement fier de toi et de tes progrès, que j'aurais accepté n'importe laquelle de tes demandes. Tu venais de parler, c'est tout ce qui comptais pour moi.
Évidemment le lendemain matin nous faisions nos bagages et direction le pays du soleil levant. Tu recommençais enfin à parler. Ce n'était parfois qu'un "Bonjour", mais pour moi, cela illuminait mes journées. Après des semaines et des semaines de larmes, tu recommençais à sourire. Une ombre vînt pourtant assombrir ce tableau. Un matin, un hibou t'apporta une lettre qui fit ressurgir de nombreux fantômes. Tes amis, tes camarades d'écoles, qui n'avaient quasiment rien fait pour toi, préférant s'occuper de leurs problèmes oubliant que leur héros aussi en avait, t'écrivaient pour t'annoncer que le professeur Lupin venait enfin de se réveiller.
Tu n'avais pas encore ouvert la lettre que tes mains tremblaient déjà, juste à la vue de l'écriture. A la fin de ta lecture, les larmes ruisselaient le long de tes joues, sans que tu ne puisses les arrêter. Tu t'enfuis dans la chambre. Bien évidemment, je t'y rejoignit. Tu étais roulé en boule sur le lit. Je m'installe à tes côtés. Adossé au mur je te pris dans mes bras. Tu pleuras encore pendant plusieurs heures, répétant un seul et unique mot : "Pardon". Tu le répétais, encore et encore, tel une litanie sans fin. A bout de force, tu finis par t'endormir. Je n'osais bouger de peur de te réveiller. Tu m'y plusieurs jours à t'en remettre, mais tu recommença à sourire bien plus tôt que je ne le l'aurais cru. Puis vint le jour où tu décidas qu'il était temps de reprendre notre voyage.
Nous allâmes un peu partout : Hawaï, Allemagne, Brésil, Pologne, Paraguay, Russie, Hongrie, Italie, Tunisie… Plus on voyageaient, plus tu reprenais des forces. Il arrivait parfois que se soit toi qui m'oblige à sortir un peu pour prendre l'air, pour me ressourcer. Je n'avais alors plus qu'un souhait, qu'un jour tu me regardes comme moi je te regardes que tu réalise à quel point je tenais à toi… mais en même temps je crois que j'avais un peu peur d'être rejeté. C'est pourquoi je me taisais.
Et nous voilà, aujourd'hui, le soleil se couche doucement. Nous sommes arrivé il y a déjà trois jours à la Réunion. Nous sommes à une petite crique, tu es assis entre mes jambes, et je devines que tu observes les reflets du soleil sur cette eau si pure.
Tu te retournes finalement vers moi, tu es désormais à genoux devant moi :
- Je me rends compte que je ne t'ai jamais vraiment remercié. Tu m'as pourtant sauvé, tu m'as réconforté comme personne ne l'avait avant, tu m'as guidé hors des ténèbres dans lesquels je m'étais moi-même emprisonné… Je me doute bien que cela n'a pu du être facile pour toi, je me connais, je suis têtu…
Je t'écoutes, ne sachant pas où tu veux en venir. Veux-tu repartir en Angleterre ? Veux tu arrêter de voyager à mes côtés ? Essaye tu de me dire que mon rôle doit prendre fin ?
- … pourtant tu as continué de croire en mon retour parmi les vivants. C'est pendant tout ces voyages que je me suis rendu compte de plusieurs choses. Premièrement, le monde est bien plus vaste que je ne le pensais. Deuxièmement, ta compagnie est beaucoup plus plaisante que je ne le pensais quand j'étais élève. Troisièmement, je dois vraiment te remercier, et quatrièmement…
Tu t'approches de mon visage, tes mains sur mon torse, tes lèvres désormais sur les miennes. Tu m'embrasses. Je ne peux y croire. Après quelques secondes tu romps le baiser et plonge ton regard dans le mien. Tu reprends :
- … je t'aime. Il est vrai que je suis un peu lent à la détente. Je n'avais pas remarqué que la manière que tu avais de me regarder, et cette voix si douces que tu utilisais pour me celer après chacun de mes innombrables cauchemars… J'aurai du voir plus tôt ces gestes montrant à quel point tu m'aimais. Désolé de ne m'en être rendu compte que maintenant…
Je t'attire finalement contre moi, et te fais te taire par un baiser le plus doux et le plus tendre possible.
- Je ne t'en veux pas Harry, après tout ce que tu as traversé, je ne peux que me réjouir de te voir enfin heureux et en pleine forme. Savoir que tu m'aimes est le plus beau cadeau que tu pouvais m'offrir. Depuis le temps que j'espérais enfin pourvoir te dire "Je t'aime tant Harry".
Tu te sers davantage contre moi. Je n'en reviens pas. Il c'est passé tellement de choses depuis le début de ce grand voyage. Je suis heureux comme jamais je ne l'avais été auparavant. T'avoir dans mes bras, savoir que tu m'aimes…
- Tu sais, je me dis qu'une petites escales en Angleterre serait envisageable dans les semaines à venir. Tu en penses quoi Sev ?
- J'en penses que je t'aime et que je te suivrais au bout du monde…
Un baiser, le sable, la mer, le soleil couchant, toi et moi… Je viens de trouver mon Paradis sur Terre.
