RAR
Belle-Cuddy: Ça c'est un commentaire qui m'a fait sourire, surtout le « grave ».
X-FanFicX: Le titre est un jeu de mot avec « HuiS clos », la pièce de théâtre écrite par Jean-Paul Sartre, que je n'ai personnellement jamais lue mais dont j'ai entendu parler. J'espère qu'en dépit de tes talents divinatoires, tu seras surprise au fil des chapitres!
lilywen : Eh bien n'ayant pas lu la pièce, je saurai peut-être te faire voir la chose d'un nouvel œil.
Zeugma: Ah, mais c'est important!
Olivia Severus: Et moi j'avais hâte de l'écrire!
Le goût amer de la vengeance
Harry sentit un crochet accrocher son nombril.
La sensation était certainement familière.
Par un extraordinaire effort de volonté, il réussit à passer outre la paralysie, et la noirceur que Snape avait créée, et agrippa la première chose qui lui tomba sous la main.
En l'occurrence, le bras de Snape.
La vague d'obscurité se dissipa, remplacée par un tourbillon de teintes grisâtres. Harry se sentit soulevé de terre, puis comme si une main géante l'eut agrippé puis secoué dans tous les sens, malmené jusqu'à ce que, enfin, une force invisible le projette contre une surface incroyablement dure. Un éclair de douleur lui traversa le front.
Il eut à peine le temps de voir un visage d'albâtre, les traits tordus dans une grimace de douleur, avant qu'une paire d'yeux noirs l'accompagne dans l'inconscience.
Difficile de dire ce qui le taraudait le plus.
Son dos dont les vertèbres paraissaient avoir été piétinées par des sombrals déchaînés?
Son crâne qui ne devait tenir en un seul morceau que grâce aux vis métaphoriques qui étaient en train de lui en percer l'intérieur?
Ou encore son bras droit qui, à la hauteur de l'épaule, faisait beaucoup plus que l'élancer? S'il n'avait pas eu si froid, il aurait cru avoir le bras dans du magma tant la douleur était intense.
Sauf que c'était une vieille amie, la douleur. Après le doloris et les visions cuisantes que lui avait envoyées Voldemort – impossible de s'ennuyer du mage noir en se rappelant celles-là –, Harry n'était plus aussi sensible aux caprices de son corps.
Snape en serait certainement tombé des nues, lui qui bassinait que le Gryffondor pleurait dès qu'il se brûlait le bout d'un doigt dans une potion tiède – ce qui était en soi impossible de toute manière –. Il se concentra sur sa respiration jusqu'à ce que le seul bruit perceptible soit les battements sourds et réguliers de son cœur.
Le sens du toucher lui revint en premier. Après un moment, Harry put établir qu'il se trouvait dans un endroit plutôt humide, trop frais, et le contact des pierres sur lesquelles il reposait lui fit penser à un sous-sol. Un reniflement discret lui tira une grimace : il y avait un nombre impressionnant de produits chimiques ou de potions dans cet endroit. Il avait eu assez de cours de potions dans sa scolarité jusqu'à présent, imprégnés dans son esprit par l'enseignement tyrannique d'un certain ex-mangemort, pour reconnaître la matière à ses plus infimes effluves. Les hypothèses commencèrent à s'accumuler derrière ses paupières : il avait visiblement touché à un portoloin, ou à tout le moins été déplacé dans l'espace, alors il devait se trouver dans un donjon semblable à sa salle de classe.
Il ouvrit les yeux.
La première chose qu'il constata fut qu'il se trouvait effectivement dans une salle de classe.
Plus précisément, sa salle de classe habituelle, où il avait fait exploser plus de chaudrons au cours de la dernière année qu'au cours des cinq précédentes. L'enthousiasme accru de Malefoy à expédier des ingrédients, principalement liés à la magie noire, dans son chaudron, y jouait un rôle plus que principal. Harry se demandait encore pourquoi Malefoy ne parvenait pas à passer outre à sa haine vis-à-vis de lui. Oui, Harry avait rejeté son amitié en première année et était une célébrité avant même de vaincre Voldemort pour la seconde et dernière fois, mais il n'avait rien demandé, lui.
Comme se retrouver couché sur le sol des cachots avec une ombre familière et inquiétante penchée au-dessus de lui.
– Ce n'est pas trop tôt pour ouvrir les yeux, Potter.
Harry avait déjà eu des réveils plus agréables. Il fixa les cheveux gras de Snape, qui flottaient de chaque côté de son visage émacié, son nez tordu familier, le rictus méprisant de ses lèvres, et se demanda ce qu'il avait fait pour mériter ça.
Les yeux de Snape n'avaient jamais été clairs, mais ils arboraient encore cette teinte sombre qui l'avait surpris un peu plus tôt. Un noir effrayant.
Paralysant, hypnotisant.
Harry laissa échapper un gémissement en remuant : son épaule était bel et bien démise, si ce n'était pas plus grave. Snape porta une main à son cou, où brillait une série de boutons argentés, et le contempla avec un regain de haine qu'il ne s'expliqua pas.
– Qu'est-ce que vous faites ici? demanda Harry d'une voix pâteuse.
De toutes les questions qu'il aurait pu demander, ce devait être la plus stupide, réalisa-t-il en rougissant.
Snape se releva dans un froissement de cape. Il exsudait la fureur.
– Tout d'abord, Potter, vous vous trouvez dans masalle de classe. Ce serait plutôt à moi de vous poser la question, si je ne savais pas déjà pourquoi nous y étions prisonniers tous les deux, susurra-t-il d'un ton doucereux. Ensuite… Vous devriez me remercier à genouxde vous avoir sauvé la peau. Encore une fois.
De tout ce que Snape avait dit, Harry ne retint qu'un mot.
– Prisonnier?
Si un regard avait pu tuer, Harry n'aurait plus été qu'une flaque de mandragore soumise au supplice sur mélangeur sur le plancher de pierres propres à souhait.
Bien sûr que le plancher était propre, puisqu'il l'avait lui-même récuré pas plus tard que la semaine dernière.
– Vous croyez que vous seriez encore ici, où je dois tolérer votre présence, si j'avais un autre choix? siffla Snape.
Il désigna la porte d'un doigt accusateur.
– Aucun sort n'ouvrira cette porte, Potter. Absolument aucun.
– Pourquoi?
– Sale morveux!
Snape fut soudain penché au-dessus de lui, un genou par terre, la main serrée sur son épaule douloureuse. Harry lui retourna son regard courroucé en s'interdisant d'émettre le moindre son.
– Je ne sais pas ce que vous avez manigancé avec votre philtre de paix aujourd'hui, Potter, mais il s'avère que par un hasard que j'aurais qualifié d'impossible, mais nous savons tous deux que les règles du commun des mortels ne s'appliquent pas à la tête gonflée que vous êtes, vous en avez fait une infernale paralysante, qui sans mon intervention vous aurait condamné à vivre dans un corps impossible à manier pour le restant de votre pathétique existence.
– Quoi?
– Ouvrez grand vos oreilles, Potter, car je ne le répéterai pas deux fois, rugit Snape en augmentant la pression sur son épaule : grâce à un chant de manipulation temporelle, dont je doute fermement que vous connaissiez la plus simple des propriétés, j'ai brisé l'infernale paralysante.
Le noir des yeux de Snape était plus qu'hypnotisant : il était demandant.
– Si vous vous étiez contenté de me laisser faire, vous auriez le châtiment que vous méritiez et je serais débarrassé de vous. Mais vous m'avez touché, Potter, vous m'avez touché.
À l'entendre parler, Harry avait fait bien plus que poser la main sur son poignet. Il détourna les yeux avant que le regard noir ne puisse l'enrouler autour de son petit doigt.
– C'était comme un portoloin…
– C'était un retour dans le temps pour vous empêcher de terminer enfermé dans votre propre corps, sombre imbécile! enragea Snape en le secouant, décuplant la douleur dans son épaule.
Harry en avait plus qu'assez des insultes : il s'arracha aux griffes de Snape en se mordant la lèvre pour ne pas hurler de douleur, puis se ravisa en décidant de hurler sa colère.
– Alors pourquoi est-ce que je suis coincé ici?
– Vous avez entravé mon chant, Potter! Vous l'avez entravé! Et cela signifie, bien sûr, que les propriétés de la manipulation temporelle ont changé!
Harry tenait son épaule si fort qu'il crut que ses doigts allaient la traverser. Il savait que son visage devait être livide. Alors que lui se sentait sur le point de s'évanouir, en un mélange confus de douleur et de désespoir, Snape était à deux doigts d'exploser.
– Je suis donc coincé dans ma propre salle de classe avec vous, Potter, pour un temps indéterminé, cracha-t-il.
– Vos yeux… parvint à murmurer Harry
Snape esquissa un sourire, qui n'avait rien de rassurant.
– C'est le signe distinctif du sort de huis clos, Potter. Regardez-vous dans un miroir : vous avez les mêmes.
NDA : J'espère que vous avez aimé. La vie commune de Snape et de Harry et ses rebondissements débuteront au prochain chapitre. N'hésitez pas à me laisser un petit mot. Au plaisir de vous revoir au prochain chapitre. Il y aura des vertes et des pas mûres, c'est certain! (sourire démoniaque)
