La nuit était tombée sur le palais des sakuras. La princesse Hao s'était retirée dans sa chambre, en compagnie de Jun, sa servante.

-Ce fut une grosse journée, n'est-ce pas princesse? Fit cette dernière.

-Effectivement, je n'aurais jamais cru qu'assister à des audiences pouvait être aussi épuisant.

-Mais c'est crucial pour votre apprentissage.

-Je sais bien…parlons d'autre chose, veux-tu?

-Très bien.

Jun alla s'agenouiller derrière Hao et commença à lui brosser les cheveux lorsqu'elle sourit malicieusement.

-Vous m'avez semblé bien mal à l'aise devant ce jeune qui vous regardait.

Hao rougit.

-Oui…eh bien…balbutia-t-elle. Il aurait été difficile de faire autrement. C'était très gênant.

-Il est séduisant, je dois dire. Un peu idiots dans ses réactions, mais séduisant.

-…

-Il doit sûrement être en train de rêver de vous et de chanter son amour aux étoiles! Ah ah ah!

-Il déchanterait certainement s'il apprenait que je ne suis pas une femme. Répondit Hao en haussant les sourcils et en souriant. Puis il soupira légèrement.

-Je suis fatigué.

-Bien Hao sama. Je vous laisse. Bonne nuit.

-Bonne nuit, Jun.

Sur ces mots, Jun quitta la chambre d'Hao pour « la » laisser se reposer. Mais Hao ne trouva le sommeil que très tard cette nuit-là. L'image de ce jeune homme lui revenait sans cesse en tête. Comment s'appelait-il? Il se surprit à grogner en réalisant qu'il ne savait même pas son nom. Son père devrait obliger toutes les personnes qui demandent des audiences à se présenter.

Mais Hao était également resté ébahi en constatant à quel point le garçon lui ressemblait physiquement. L'avait-il remarqué? Probablement pas, Hao était toujours maquillé de manière à ne jamais laisser deviner son véritable sexe.

-Oh, c'est assez! Il faut que je dorme!

Plus facile à dire qu'à faire. Hao se retourna sans cesse dans son lit et ne dormit que d'un sommeil très léger.


Trois jours plus tard…


Yoh, Ren et Horo Horo venaient de faire leur entrée en ville, tirant leurs derniers chargements.

-Bon je vais à la poissonerie, dit Horo Horo. À plus tard!

-Attends, je vais aller vendre mon riz dans la même direction que toi. Fit Ren. Yoh, tu t'occupes de cette zone en allant vers le palais?

-Vers le palais? Aucun problème! Répondit le brun en affichant un sourire radieux. On se voit plus tard.

Il tourna alors les talons et s'en alla dans sa direction, laissant Horo Horo et Ren seuls.

-…Tu as fait exprès de l'envoyer vers le palais, n'est-ce pas? Demanda le premier.

Ren sourit en coin.

-J'ai entendu dire que la princesse allait sortir se promener aujourd'hui.

-Comment est ce que tu le sais?

-Elle ne sort que très rarement, alors c'est normal que l'on jase quand ça arrive. Mais elle restera quand même assez proche du palais.

-Espérons que Yoh sera dans le coin au bon moment alors.

-Je n'ai aucune inquiétude là-dessus.

Les deux amis se firent un sourire complice et s'en allèrent.

De son côté, Yoh se dirigeait allègrement vers le palais. Une fois dans la bonne zone, il décida de vendre son riz aux marchands des environs.

-Ohayou gozaimasu! Fit-il en allant vers l'un d'eux, son acheteur habituel.

-Ah Yoh! Ohayou gozaimasu! Salua le marchand à son tour. Alors, comment est la marchandise aujourd'hui?

-Comme d'habitude, fraîche du jour, la meilleure qualité!

L'homme ouvrit les sacs de Yoh et observa le riz d'un œil incertain.

-Dis moi, tu as eu quelques difficultés à cause de la récente tempête? Ton riz n'est pas aussi beau que d'habitude. De plus, tu n'en as vraiment pas beaucoup! Qu'est-ce qui t'est arrivé!?

-C'est vrai que la tempête a légèrement abîmé la récolte, mais je l'ai très bien récupérée! Et la quantité, ce n'est pas de ma faute, c'est le quota qu'a imposé l'empereur qui est déjà petit, alors c'est sûr que la récolte de ce mois n'est pas énorme.

-Hmmm, quoiqu'il en soit, je ne paie pas le prix habituel pour ça.

-Quoi!? C'est une blague! Le prix habituel n'est déjà rien en comparaison de ce que je devrais te faire payer! C'est le prix qui convient à une récolte comme celle que je t'emmène aujourd'hui, alors n'abuse pas!

-Oi, si tu n'es pas content, tu peux aller le vendre ailleurs ton riz! Il y a beaucoup d'entreprises de qualité moindre qui le prendrait! Je ne prends que la meilleure qualité ici, tu devrais le savoir!

Les deux hommes étaient si occupés à se disputer qu'ils ne se rendirent jamais compte du carrosse qui venait de s'arrêter derrière eux, et la princesse Hao qui les observait d'un œil amusé et curieux. Il fit signe à ses porteurs de le poser par terre et descendit.

-Princesse! Fit Manta qui l'accompagnait. Mais que faites-vous?

-Eh bien, je vais m'exercer à mon futur rôle en arrêtant cette dispute.

-Mais princesse…dit Manta, dépité. Mais Hao ne l'écoutait pas et s'était approché de la boutique du marchand qui se disputait avec Yoh.

-Tu le regretteras crois-moi!

-Arrête- moi ça! De toute façon, ton riz est loin d'être de si bonne qualité! Tu me faisais pitié c'est tout, quand on sait à quel point tu es pauvre! Et... huh?

Il venait juste de remarquer Hao qui s'était arrêté à environ un mètre d'eux et qui observait les sacs de riz d'un œil intéressé. Il se pencha, en prit une poignée et le laissa glisser entre ses doigts.

-Tu verras! Tu viendras me supplier de revenir te vendre mon riz, quand plus personne ne voudra rien t'acheter Et…

-Ce riz me semble d'excellente qualité.

Yoh figea sur place. Cette voix…douce comme le chant de la rivière qui coule et qui donne la vie à toute la nature. Ce ne pouvait pas être…

Yoh se retourna lentement – très – lentement. Puis il faillit avoir une attaque en voyant bel et bien la princesse se tenir droite devant lui, le regardant et lui souriant.

-P-p-p…prin-prin…princesse…?

-Si ce marchand ne veut pas de votre riz, je vais vous acheter toute votre marchandise, si vous voulez bien.

-…T-t-t…toute? Bafouilla Yoh en déglutissant avec difficulté.

-Mm. Toute.

-Mais altesse! S'exclama le marchand. Ce riz…ce riz n'est pas digne de pénétrer votre bouche!

-Maa, je trouve qu'il me convient parfaitement.

Yoh n'en croyait pas ses oreilles.

-Alors? Acceptez-vous de me vendre votre marchandise?

Après quelques secondes, Yoh finit par se ressaisir et à reprendre une certaine constance.

-Hmm, je suis…je suis désolé votre altesse. Ma récolte est bien maigre ce mois-ci…

-Ce n'est pas grave. Vous en aurez d'autre. Et si j'aime votre riz, ce sera au palais que vous le vendrez chaque mois. Ne vous inquiétez pas, il sera payé au prix qu'il se doit.

-Altesse…

-Ne sont-ce pas vos amis là-bas? Je crois les reconnaître de l'audience, il y a trois jours…

-Huh?

Yoh tourna la tête pour voir effectivement Ren et Horo Horo s'approcher. Ils avaient eux aussi toujours de la marchandise. En voyant Hao, ils se jetèrent tous les deux au sol afin de le saluer.

-Ohayou. Relevez-vous. Fit ce dernier. Vous aussi vous avez des choses à vendre?

-Hum oui altesse. Fit Horo Horo. Tout le monde se plaint de la fraîcheur aujourd'hui, alors qu'on s'est levé avant la lumière ce matin pour faire notre récolte.

-Nous n'avons pas vendu grand-chose…termina Ren.

-Puis-je voir ce que vous avez là?

Les deux garçons firent oui de la tête et Hao s'approcha de leurs chariots pour examiner les poissons et le riz. Puis :

-Je vais vous acheter tout.

-NANI!?

-Oui, avec le riz de votre ami. Je lui proposais justement de livrer son riz chaque mois au palais, s'il est apprécié là-bas. Ce sera bien entendu chaque jour pour le poisson Cela vous intéresse-t-il aussi?

Horo Horo arborait un sourire rayonnant et avait presque les larmes aux yeux.

-Ce serait trop beau! Altesse!

Par instinct, il s'approcha d'Hao pour lui prendre les mains, mais trois gardes vinrent lui placer leurs katana sous la gorge, tandis que Manta s'approcha en courant et criant comme à son habitude.

-Ne touchez pas à la princesse!!! Comment avez-vous osé essayé de poser le doigt sur elle!?

-Gulp…hum, je…je suis désolé…je voulais juste la remercier.

-Remercie là en t'agenouillant au sol, comme il se doit!

-Suffit Manta! Fit alors Hao. Et vous trois, enlevez vos armes de dessous sa gorge. Je suis désolée monsieur…?

-Hum…oh! Horo Horo!

-Horo Horo. Bien, je suis désolée. Et quel est votre nom? Demanda Hao en regardant Ren.

-Watashi wa Ren. Répondit-il en faisant sa révérence.

-Ren…

Puis Hao se retourna vers Yoh et le regarda en souriant.

-Et vous?

-M…m…moi? Ah! Watashi no namae wa Yoh desu! Répondit-il en se penchant si bas que tout le monde se demanda comment son dos avait résisté à l'action.

-Bien. Alors, mon offre vous intéresse-t-elle?

-Bien entendu, altesse! Répondirent les trois garçons en chœur.

-Bien. Cela vous dérangerait-il de tout emmener au palais?

-Pas du tout, altesse!

-Parfait! Vous n'avez qu'à me suivre.

Sur ce, Hao remonta dans son carrosse qui se remit en marche. Hao souriait discrètement pour lui-même. Avant de partir, Yoh ne manqua pas de faire un sourire resplendissant à ce marchant vaniteux qui avait refusé de lui donner ce qu'il lui devait et qui arborait à présent un visage dépassé par les événements.

Après quelques minutes, ils arrivèrent finalement au palais. Une fois le portail franchi, Hao mit pied-à-terre.

-Suivez-moi. Dit-il aux trois amis. Je vais vous conduire aux entrepôts.

L'endroit grouillait d'une centaine de personnes qui chargeaient et déchargeaient diverses marchandises venues d'à travers tout le Japon. Une fois que Yoh, Ren et Horo Horo eurent déposé leur stock, ils se retournèrent vers Hao.

-Très bien. Je ne manquerais pas de communiquer avec vous pour reparler de notre entente. Et je parlerais en votre faveur à mon père pour faire enlever ce quota qui vous restreint dans vos productions. Je vous remercie. Termina-t-il en se penchant légèrement.

-C'est nous qui vous remercions, princesse. Répondit Ren, alors qu'ils se penchaient tous les trois encore plus bas. Puis ils partirent. Quelques instants après, Hao retourna prendre quelques grains de riz et les laissa filer entre ses doigts.

-Yoh…murmura-t-il pour lui-même.

-Ah Hao! Tu es rentrée!

Tout devint silencieux tandis que les gens faisaient leur révérence pour saluer Mikihisa qui venait de faire son entrée. Puis tout le monde reprit le travail.

-Oh! Tu es allée faire des emplettes je vois! Tu as acheté beaucoup de stock! Où est-ce que tu as prix tout ce riz et ce poisson?

-Ce sont les trois jeunes hommes qui sont venus vous voir pour demander d'enlever le quota sur les produits agricoles qui me les ont vendus.

-Je vois. Comment es-tu entrée en contact avec eux?

-L'un d'eux se disputait avec un marchand qui l'insultait. Je suis intervenu pour calmer les choses.

-Oh! Très bonne action! Très bonne action! Tu es bien ma fille! Dit l'empereur en mettant ses mains sur les épaules d'Hao. Viens avec moi maintenant.

Ils allèrent tous deux dans la salle du thé. Il s'assirent sur leurs tatamis tandis que Jun leur versait à chacun du thé brûlant. Mikihisa prit une gorgée, puis dit :

-Je dois partir en début d'après-midi dans la province voisine. Je dois conclure une affaire avec le shugo.

-C'es vous qui vous déplacez, père?

-Oui, cela me fera sortir un peu. Je t'avoue que je m'ennuie un peu ces derniers temps. Mais passons. J'ai décidé que je te confierais la charge de la ville.

Hao faillit s'étouffer avec son thé.

-Me laisser la charge de la ville!? Père, je ne m'en sens pas capable.

-Et moi je sais que tu l'es. Ne t'inquiètes pas, ce n'est que pour deux semaines, le temps d'aller et de revenir.

-Mais…

-Shush, Hao. Ait un peu confiance en toi. Et puis tu ne seras pas seul. Il y aura Manta pour te conseiller.

-Dois-je vraiment le prendre comme une bonne nouvelle…? Murmura Hao, mais assez fort pour que son père l'entende.

-Ah ah ah! Ne dis pas ça. Il est très zélé, mais il fait très bien son travail. Allez, retourne vaquer à tes occupations. Mais avant, viens là.

Hao s'approcha de son père qui le serra dans ses bras.

-On ne se reverra pas avant mon départ. Alors fais très attention à toi, et ait confiance en toi comme j'ai confiance en toi. Je t'adore.

Mikihisa posa un léger baiser sur le front d'Hao avant de le lâcher. Hao fit une révérence à son père puis sortit de la pièce, suivi de Jun.

-Manta! Appela Mikihisa.

Le jeune homme fit son entrée rapidement.

-Hai, mikado!

-Je vous confie Hao, à Jun et toi. Vous veillerez sur elle comme la prunelle de vos yeux. Je jure que si quoique ce soit lui arrive durant mon absence, je vous ferais décapiter jusqu'à ce qu'il ne reste plus un morceau de chair sur votre corps. Me suis-je bien fait comprendre?

Manta déglutit difficilement. C'était la première fois que son empereur lui tenait un tel discours.

-Hai, mikado! Finit-il par répondre en se penchant.

-Il paraît que l'empereur est parti dans la province voisine. Dit Ren en s'asseyant à table avec Yoh et Amidamaru., ce soir-là. Il a laissé la charge à la princesse.

-C'est tout de même incroyable ce qui vous est arrivé ce matin! Dit ce dernier. Qui aurait cru que la princesse Hao nous accorderait ses faveurs? Il faut fêter ça! Je sors le saké.

-Il faut aussi fêter le fait que Yoh ait réussi à se tenir droit et à parler devant elle. Dit Ren, moqueur.

-Ah ah. Fit Yoh sur un ton sarcastique. Mais n'empêche…c'est le plus beau jour de ma vie! Vous vous rendez- compte!? Elle m'a demandé mon nom!

-Ne t'emballes pas, si ça c'est le plus beau jour de ta vie, qu'est-ce que ce sera quand tu réussiras à la mettre dans ton lit?

-Ren! S'exclama Amidamaru. Je t'interdis de dire des choses comme ça à propos de la princesse! Quant à toi, fit-il à Yoh en se rasseyant. Tomber amoureux d'elle fut la chose la plus stupide que tu aies jamais faite! Et Dieu sait que tu en as faites!

-L'amour ne se contrôle pas, ôtô san. Je suis parfaitement conscient de la situation dans laquelle je suis. Si j'avais eu le choix, ce ne serait pas arrivé. Mais je refuse de ne rien faire et de me contenter d'un amour platonique.

-Et qu'as-tu l'intention de faire, ô grand génie? Demanda Ren.

-Je ne sais pas…je ne sais pas…mais…nantoka naru! Conclut Yoh avec un sourire resplendissant.


Deux jours avaient passé, et tout allait pour le mieux. Hao semblait réussir à gérer Heiankyo sans trop de difficultés. Tout le monde était heureux, comme d'habitude. Horo Horo pêchait son poisson et allait au palais, cependant, il n'apercevait jamais la princesse, au grand dépit de Yoh qui passait ses jours et ses nuits à rêver d'elle, tout en travaillant dans sa rizière plus fort qu'il ne l'avait jamais fait, afin de donner la meilleure qualité qui soit, aidé de Ren et d'Amidamaru.

Puis pendant la nuit du troisième jour d'absence de l'empereur…

Hao se réveilla en sursaut dans son lit. Les cloches d'alarmes sonnaient.

-Qu'est-ce qui se passe? Se demanda-t-il. Il se leva et s'approcha de sa fenêtre pour observer la ville. La vision qui s'offrit à lui était horrible. De gigantesques flammes léchaient le ciel de leurs pointes. Les gens criaient, hurlaient, couraient partout.

-Mais…mais…bafouilla Hao.

La porte s'ouvrit brusquement pour laisser apparaître Jun.

-Hao sama! Suivez moi, vite!

-Qu'est-ce que c'est que ça, Jun!?

-Des bandits attaquent la ville! Vous devez vous enfuir!

-Pourquoi!? Où est la garde royale!? Les soldats peuvent se débarrasser d'eux sans difficulté!

-Vous ne comprenez pas! Leur chef est Tokageroh! Vous en avez entendu parler! Il sévit sans que personne n'ai jamais réussi à mettre la main sur lui et ne sème que mort et destruction! Il est très puissant! Il y a peu de chance que la garde réussisse à tout prendre en charge alors qu'elle doit aussi protéger les citoyens! De plus, il n'y a pas beaucoup de bandits dans la ville, du moins, moins que ce qui est attendu de Tokageroh. Ce qui laisse supposer qu'il a trouvé un moyen de se faufiler avec des hommes pour atteindre discrètement le palais et vous enlever! Il a bien attendu que l'empereur soit parti pour passer à l'action!

-…Quoi?

-Nous n'avons pas le temps! Venez avec moi!

Jun prit Hao par le poignet puis partit à la course à travers le palais.

-Nous allons emprunter le sous-terrain pour vous sortir sans que personne ne vous voit! Manta nous y attend déjà!

-Qu'est-ce que sont ces lumières à Heiankyo? Demanda Yoh à Amidamaru.

-Je ne sais pas, mais ça ne me dit rien qui vaille. Il y a beaucoup de bruit, mais ça n'a pas l'air de réjouissements.

Yoh, Ren et Amidamaru s'étaient réveillés en entendant tous les bruits de la ville. Au mots de leur père adoptif, Yoh et Ren se crispèrent. Ils pouvaient se fier sur Amidamaru, lui qui fut un grand samouraï dans sa jeunesse. C'est alors qu'il virent quelqu'un arriver en courant.

-OI!

C'était Horo Horo. Avec son katana. Il s'arrêta de justesse devant eux, et essayait tant bien que mal de reprendre son souffle.

-Horo Horo! Qu'est-ce qui se passe enfin? Demanda Ren.

- Heiankyo … Heiankyo est attaquée! C'est Tokageroh, le pillard!

Les trois autres eurent le souffle coupé. Puis Yoh se précipita dans la maison et alla chercher son katana ainsi que celui d'Amidamaru et le kwan dao de Ren.

-Nous devons aller nous battre! On doit protéger la capitale! Dit-il!

-Attendez! Les arrêta Amidamaru.

-Mais on doit y aller!

-Je n'ai pas dit que l'on n'irait pas! Mais écoutez-moi bien : cette bande de pillards est sans aucun doutes la plus dangereuse du Japon. Quoiqu'il arrive, restez toujours ensemble. Et toi Yoh, je t'interdis de courir comme un fou en direction du palais!

-Mais…

-Tu as compris? Demanda Amidamaru sur un ton qui interdisait la réplique.

-…oui.

-Très bien, on y va.

Ils coururent sans s'arrêter ne serait-ce que pour reprendre leur souffle. Dès qu'ils arrivèrent aux portes d' Heiankyo, ils virent les bandits qui tuaient sans pitié hommes, femmes et enfants. Alors que l'un d'eux allait s'en prendre à un petit garçon, Yoh sauta sur lui et lui transperça le dos.

Les trois autres foncèrent également dans le tas en criant et se lancèrent dans la bataille.

Pendant ce temps-là, au palais, Hao venait tout juste d'entrer dans le passage souterrain lorsqu'il se retourna.

-Je dois rester! Je ne peux pas partir pendant que tout le monde se fait tuer!

-Altesse, je vous en prie! Supplia Manta. Vous êtes la personne la plus importante de cette ville! Vous devez partir! Vous reviendrez quand tout ce sera calmé!

Ils entendirent alors des cris résonner dans les murs.

-Ils sont là! S'exclama Jun. Allez-y! Fit-elle au gardes qui encadrèrent Hao et le forcèrent à les accompagner, puis elle leur emboîta le pas.

-Je reste pour fermer l'entrée du passage et faire diversion! Fit alors Manta.

-Quoi!? Non! S'exclama Hao. Manta! Manta!

Mais Manta ne se retourna pas et sortit rapidement, poussant de toutes ses forces pour refermer l'entrée du passage. Malheureusement, en ce moment, sa petite taille jouait à son désavantage. Un énorme cri se fit entendre à l'entrée de la salle, puis la porte s'ouvrit pour révéler Tokageroh, suivi de six hommes. En voyant Manta, il sourit machiavéliquement et s'approcha doucement du jeune homme.

-Alors, le nain, tu essaies de nous cacher quelque chose, hmm?

Manta savait que faire semblant ne servirait à rien. L'entrée du passage était trop évident. Alors il se tint droit et dit bravement :

-Vous n'atteindrez pas la princesse avant de m'être passé sur le corps!

-Ooh? Ce ne sera pas bien difficile alors…

Tokageroh leva le bras. Manta ferma les yeux en attente du choc. Mais l'un des bandits fit son entrée.

-Tokageroh! Les soldats reprennent l'avantage! Il faut terminer ça rapidement et que vous veniez nous aider à l'extérieur!

-…D'accord. Il se retourna vers Manta. Désolé, je n'ai pas le temps de jouer avec toi. Il lui donna une claque sur le côté de la tête qui l'envoya valser plusieurs mètres plus loin, compte tenu de sa taille. Tokageroh et ses hommes s'engouffrèrent dans le passage.

Yoh, Ren, Horo Horo et Amidamaru se battaient depuis des heures. Ils avaient tranquillement progressé vers le palais. Les soldats commençaient enfin à reprendre le dessus, lorsque, à travers les portes, un cheval qui transportait un homme d'une laideur époustouflante et une forme inerte passa au galop, et Jun criait de toute la force de ses poumons :

-HAO SAMA!!!

C'est alors que Yoh vit avec horreur que sur le cheval, la forme inerte n'était autre que Hao.

-Non! Cria-t-il.

Il se mit à courir derrière le cheval.

-Princesse!

-Yoh! Revient ici! Lui cria Amidamaru.

Mais Yoh n'entendait rien, il ne faisait que courir, tranchant tout ce qui se trouvait sur son chemin. Malheureusement, les hommes qui accompagnaient Tokageroh à l'intérieur du palais étaient ressortis et les bandits recommençaient à prendre l'avantage. Plusieurs se jetèrent sur lui. Ren et Horo Horo tentèrent tant bien que mal de venir l'aider, mais sans succès. Yoh ne faisait pas le poids face à tous les bandits qui étaient sur lui.

-Princesse! Princesse! Hao!

Mais ses cris furent étouffés par tous les autres hurlements, et Hao, inconscient, se faisait emmener on ne sait où dans la nuit obscure.


J'ai décidé d'enchaîner les actions quand même assez rapidement, histoire que la fic ne traîne pas comme L'ange gardien, et que je me retrouve dans le jus, à court d'idées. J'espère que ça ne vas pas trop vite à votre goût. Vous me laisserez des nouvelles de ça.

Vous savez quoi faire ;-)