Bonjour tout le monde, pour commencer cette longue semaine de cours je vous propose un chapitre de cette fiction qui j'espère vous fera passer un bon moment pour décompresser ! :)
Note : Je suis dégoûtée, fanfiction a réduite ma mise en page Word a néant. Comme plusieurs personnages importants entre en jeu dans cette fic, dans des endroits différents, au même moment que d'autres, j'avais sauté plusieurs lignes pour espacer les paragraphes au lieu de mettre de vulgaire "oOoOo" qui casse la lecture de mon point de vue. Bref, fanfiction a été plus fort que moi sur ce coup là et j'ai pas envie de batailler là-dessus. Je peux être butée, mais je sais quand un combat est perdu d'avance.
Je vous souhaite donc une bonne lecture et n'hésitez pas à laisser une review, c'est gratuit et ça fait toujours plaisir :D
Pour mon pays et lui
Chapitre 2 – Entrer en terres ennemies
Le Komatsu LAV contenant à son bord une dizaine d'agents appartenant aux forces spéciales, habitués à travailler en petit effectif, roulait depuis de bonnes heures pour rejoindre l'immeuble désinfecté qui devait abriter entre ses murs l'un des plus dangereux habitant du Japon, Tsubame Utanomiyatsuko connu comme étant un terroriste sans aucune pitié, s'attaquant aux citoyens innocents comme aux politiciens qui pourraient certes avoir bien des choses à se reprocher mais ne méritaient certainement pas la mort et détruisant des monuments de cultes comme si cela avait été coupé du beurre, sans arrière-pensée, pour son propre bien être, comme manger une tartine, par plaisir. La mission d'Akaito Shion, chef d'équipe des forces spéciales, avait donc pour but d'arrêter cet homme excessivement dangereux, mort ou vif étaient les seules consignes. Sans oublier celle de ramener tout le monde vivant à la base pour ce qui concernait ses coéquipiers. Ces mêmes coéquipiers qui à l'instant même asticotaient une dernière fois leurs armes, vérifiant que rien ne clochait pour ne pas être pris au dépourvu pendant un combat qui pourrait mettre un terme à leur existence.
Ainsi, on pouvait entendre les tintements du katana de la jeune Neru qui ressortait et rengainait son arme de prédilection dans son étui ébène attaché par une corde rougeâtre que la jeune femme passait souvent autour de son épaule droite avant de s'élancer quelque part dans une marche énergique, les cliquetis des armes s'entrechoquant les unes contre les autres avec un collègue assit trop près à cause du manque de place, réduisant leurs mouvements au strict minimum. Akaito ne cessa d'observer ses camarades alors que ses coudes s'étaient appuyés contre ses cuisses et qu'il s'était légèrement penché vers l'avant. Leur patron Eiichi Todoroki lui avait fait un bref topo des personnes qu'ils pourraient rencontrer dans cet immeuble et sûrement combattre, un nom revenait souvent autre que celui de Tsubame. Akaito se permit alors de prendre la parole, voulant donner de nouvelles consignes et surtout avertir toutes ces personnes qui de toute façon allaient sûrement épuiser leurs munitions aux combats.
« L'immeuble où nous allons sera sûrement hautement gardé, vous savez tout comme moi que Tsubame a toujours sous la main de puissants criminels qui prennent plaisir à ôter la vie à qui se dressent devant eux. Faites attention à vous, ne tirez pas inutilement car là où nous allons chaque balle nous sera précieuse, comprenez le bien. Notre patron m'a prévenu d'un homme en particulier : Shinji Hibiki. Cet homme ne combat pas avec des armes, mais avec ses mains.
— Et qu'est-ce qui fait de lui un redoutable adversaire ? Interrogea sérieusement Neru qui renferma à cet instant son katana dans son étui.
— Todoroki l'a déjà affronté et a dû rebrousser chemin. »
Ppoiyo qui n'écoutait que d'une oreille distraite depuis lors, pensant que de toute façon tirer une balle sur ce type entre ses deux yeux allait être une affaire réglée, releva alors ses yeux sanglants de son colt M4 pour rester attentif à la suite de la conversation et regarder scrupuleusement Akaito. Leur patron avait fui un combat pendant son temps d'activité ? Pourquoi ?
« Aucune balle ne peut l'atteindre, il les évite toutes avec une facilité effrayante. Ce type est un Démon. Voilà ce que m'a dit Todoroki sur cet Hibiki. » Répéta Akaito calmement.
Aucune personne ne renchérit quoi que ce soit pendant les minutes qui suivirent, tous à regarder avec attention leurs pieds. Étais-ce réellement possible qu'une personne puisse éviter la trajectoire d'une balle qui fusse si rapidement qu'il est difficile de la voir faire son chemin jusqu'à sa cible ? Comment faisait ce Shinji pour pouvoir les éviter ? Avait-il un pouvoir surnaturel ? Ppoiyo ne comprenait pas bien et avait un certain mal à imaginer un tel phénomène se produire. Aucune de ses balles n'avaient manqué leur cible depuis le début de sa carrière, étant un très bon tireur, ainsi une certaine envie d'essayer d'avoir ce type avec ses balles lui donnait quelques frissons d'excitation.
« Donc que devons-nous faire avec lui ? Intervint enfin Karasu qui suivra à la lettre les prochaines indications que pourra donner Akaito.
— Si vous ne vous sentez pas capable de l'affronter au corps à corps, fuyez. N'engagez pas un combat que vous savez perdu d'avance, ça ne sert à rien. Il n'y a pas de honte à prendre la fuite.
— Et il ressemble à quoi ce petit diablotin ? Qu'on puisse le reconnaître quand nous l'aurons en face de nous, demanda à son tour Luki à la droite d'Akaito avec un large sourire aux lèvres.
— Facile à reconnaître, des bandages recouvrent ses yeux. »
Cette unique description de cet homme décrit comme un Démon suscita bien nombres d'interrogations intérieures, le ton grave d'Akaito rendant l'atmosphère plus pesante. Ce Shinji Hibiki combattait au corps à corps, pouvait éviter les balles avec facilité par une raison inexplicable et en plus était aveugle ?
« Ce Shinji est le seul qu'on doit fuir ou y en a d'autres ? »
Même si Ron venait d'utiliser le « on » tout le monde devina bien vite qu'il parlait avant tout pour lui. Ppoiyo soupira alors longuement, affligé par l'attitude de son collège assit juste à côté de lui et ne comprenant pas pourquoi celui-ci avait rejoint les forces spéciales. Il était vrai que Ron avait plus l'habitude de se trouver devant l'écran d'un ordinateur à déjouer les programmes de défense de certaines agences pour ensuite les pirater, mais pourquoi ce dernier avait-il si insisté pour faire partie de cette mission s'il avait peur alors qu'ils n'étaient même pas arrivés ?
« Shinji est vraiment celui dont on doit se méfier le plus, mais il y a bien une autre personne. Un certain Merlot Shirasagi qui est le négociateur de Tsubame, sa spécialité est de vous déstabiliser avec ses belles paroles et vous réduire psychologiquement à l'état de légume avant de vous porter le coup de grâce. Tu devrais bien t'entendre avec lui, Luki.
— Hey ! » S'écria ce dernier faussement vexé, un large sourire illuminant ses traits fins.
Hormis ces deux hommes cités, Akaito ne s'attarda pas sur les autres qui pouvaient composer les sous fifres de Tsubame, prévenant toutefois ses hommes de bien faire attention à leur peau car il ne sera pas tout le temps là pour eux. Ici personne ne pouvait cracher sur les capacités d'Akaito autant en tir ou avec des armes blanches comme au combat au corps à corps, le rouquin excellait à tous ces domaines sans exception. Pourquoi un tel acharnement à être au top ? Être classé parmi les meilleurs agents de leur base ? La raison de tout cela, seul Luki le savait après avoir écouté Akaito lors d'une soirée plutôt trop arrosée.
Finalement, le Komatsu LAV se gara à quelques mètres de l'immeuble à peine visible, caché par d'autres de même envergure, mais ne pouvant s'approcher davantage sans donner le signal aux troupes ennemies de leur présence dans le périmètre. Tout le monde descendit pour ensuite s'adosser à un mur, armes chargées et calées contre leur torse, Neru tenant fermement le manche de son katana, et sans un bruit, discrètement, tel un chat qui s'apprête à bondir sur sa proie afin de la manger, la troupe des forces spéciales dirigée par Akaito se rapprocha du bâtiment délabré.
Sans courir d'un seul coup de l'endroit où le Komatsu les a déposés à l'entrée principale de l'immeuble, Akaito ferma par instant son poing en l'air pour signaler aux personnes derrière lui de s'arrêter maintenant. L'effet de surprise était leur meilleur atout et ils ne devaient donc pas le gâcher par une faute d'inattention stupide. De la sorte, Akaito en tête de file regardait autour de lui au moindre croissement avant de donner le signal pour se remettre en route et arriver ainsi facilement devant l'immeuble où tous se mirent derrière les poteaux qui soutenaient l'étage au-dessus de l'entrée, les mettant ainsi à l'abri.
« Karasu à toi de jouer. » Souffla faiblement Akaito en se décalant de la porte d'entrée fermée à clé.
Le rouquin tatoué s'avança alors pour se mettre aux côtés de son supérieur et ensuite s'accroupir et faire face à la serrure qui n'allait certainement pas lui résister. Son passé de petit voyou lui aura au moins apporté ça. En moins de temps qu'il fallut pour le dire, Karasu rangea ses aiguilles de la petite poche de sa veste où était accroché en dessous son gilet pare balle autour de sa taille pour le protéger un maximum. Il se releva ensuite, jetant un coup d'œil à Akaito resté à sa droite pour le regarder faire.
« C'est fait, révéla-t-il en souriant légèrement.
— Bien joué ! »
Son sourire s'étira davantage sur ses lèvres alors qu'Akaito commença à ouvrir la porte, Karasu s'étant entretemps reculé et mit de côté pour le laisser faire. Il respectait et admirait tellement Akaito que la moindre félicitation de la part de celui-ci le remplissait d'une joie immense.
Akaito prit le soin de regarder tout autour de lui par la petite brèche qu'il avait créé en ouvrant très légèrement la porte d'entrée, s'assurant qu'il n'y avait personne dans le hall qui pourrait leur retirer l'effet de surprise. Avec sa main de libre qu'il agita vers l'avant, il indiqua ainsi au reste du groupe d'avancer le plus silencieusement possible et ainsi ils entrèrent tous sans exception dans la pièce centrale dont la moquette dans les coins commençaient à se décoller et l'humidité tâchant par endroit les murs comme le plafond. L'odeur désagréable les dérangeaient, leur donnant tout d'abord un certain mal à respirer correctement avant de s'y habituer et ne plus y faire vraiment attention. Était-ce vraiment ici que vivait l'un des plus dangereux terroristes du Japon ? Dans cet endroit qui manquait de s'écrouler à tout moment ?
Cependant, l'équipe de forces spéciales ne s'attarda pas sur cette question et continua d'avancer pour monter jusqu'au dernier étage où devrait se trouver Tsubame d'après les dernières informations. Tout le monde, étant prêt à tirer aux moindres bruits suspects ou l'apparition d'une personne, regarda attentivement dans chaque recoin de la pièce principal où plus aucun personnel ne tenait l'accueil. Peut-être cet endroit avait-il servi d'hôtel auparavant, avant que Tsubame n'y élise son domicile et laisse cet établissement comme à l'abandon, le laissant dépérir petit à petit et l'humidité et la moisissure régner partout.
« J'espère que Rook sera content de mon cadeau ! »
Le petit rire étouffé fit écho dans l'unique couloir qui menait sûrement aux premières chambres, sans compter l'ascenseur un peu plus loin qui devait être encore en état de marche. Akaito ordonna alors aussitôt à toute son équipe de se tenir prêt, sa main alors dressée vers le plafond.
Bientôt alors apparu devant leurs yeux un petit gamin atteignant juste la quinzaine d'années, ses cheveux bleus en partie caché par son anorak de la même couleur, sa main masquant en partie ses lèvres. Son rire se stoppa pourtant net quand ses yeux d'un orange particulier s'agrandit à leur vue, comprenant bien vite à la couleur de leur uniforme et n'ayant jamais vu leurs visages de la raison de leur venue. Aussitôt l'horreur et la panique se lut sur son visage et le petit garçon fit immédiatement volte-face pour se mettre à courir dans l'autre sens et commencer à crier.
« La police est ici ! La police est ici ! »
Sa voix fit écho, résonnant dans tous les endroits possibles, détruisant l'effet de surprise que l'équipe des forces spéciales avait si bien gardé jusqu'ici. Puis, le cliquetis d'une arme qu'on charge résonna dans les oreilles d'Akaito comme des autres pour se tourner vers Ppoiyo qui s'apprêtait à viser cet enfant toujours en zone de tir malgré sa course pour s'éloigner d'eux. Pourtant, Ppoiyo n'eut pas le temps de tirer et de réduire au silence ce garçon bien embêtant, se retrouvant alors allongé au sol après le saut de Ron autour de sa taille pour le renverser et l'empêcher de tirer.
Le brun maintenant au-dessus de lui, sa tête ayant cognée contre le sol, Ppoiyo ne tarda à montrer sa colère :
« Mais qu'est-ce qui te prends crétin !? Pourquoi tu m'as empêché de tirer ?! Ce gamin va nous ramener tous les détraqués que loge cet immeuble !
— Justement, c'est un gamin ! » Renchérit aussi fort Ron.
Ron ne s'énervait pratiquement jamais, gardant la plupart du temps son expression d'idiot irrécupérable qui sourit tout le temps pour n'importe quoi, voire même sans raison particulière. Pourtant à ce moment précis, tout sourire s'était volatilisé de son visage aux traits maintenant durs, ses yeux d'un turquoise captivant le jugeant du regard, lui jetant même à la fois des éclairs. Ppoiyo ne put répliquer quelque chose à cet instant, et ça malgré le fait qu'il en ait réellement l'envie, mais le regard accusateur de Ron l'interpelait. Il ne l'avait jamais vu dans un état pareil.
Le silence perdura quelques minutes de plus avant que Ron ne décide de se redresser, tendant ensuite sa main pour aider Ppoiyo à se mettre à son tour sur pied. Le bleuté hésita à la saisir, remarquant le fait que Ron ne le regardait pas et préférait voir ailleurs, mais il prit tout de même sa main et replaça correctement ses habits sans toutefois remercier le brun.
« Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? Interrogea Neru pour briser l'atmosphère pesante qui les enveloppait tous sans exception.
— Nous n'avons plus trop le choix maintenant, soupira Akaito en passant sa main dans ses cheveux. On avance et on voit ce que ça donnera, mais faites attention. »
Maintenant que leur effet de surprise avait été gâché par ce gamin aux yeux orangés, tous saisirent avec plus de ferveur leurs armes qui leur donnaient un certain pouvoir, une certaine force supplémentaire. Ils s'engouffrèrent ainsi dans le principal couloir, toujours Akaito en tête de fil et faisant attention aux moindres portes qui se trouvaient autour d'eux au cas où une d'elle s'entrouvrirait subitement pour laisser sortir des criminels de bas étages. Ce fut par ailleurs le cas et c'est ainsi que les premières fusillades débutèrent et que les premiers cadavres s'écroulèrent face contre sol.
oOoOo
Pendant ce temps, courant toujours à travers les couloirs après avoir monté les escaliers et prévenu le plus de personnes possible, Nao arriva à l'avant dernier étage hors d'haleine. Il s'appuya un instant contre le mur pour reprendre sa respiration, le souffle court et le manque de salive dans sa bouche montrant sa déshydratation dut à l'effort. Ses yeux dirigés vers le sol virent alors l'ombre apparaître un peu plus loin, s'avançant lentement dans sa direction. Nao sentit alors l'atmosphère autour de lui changer instantanément, devenant plus lourde, oppressante et presque suffocante. Avec difficulté, une peur évidente se creusant dans son ventre pour faire se nouer ses entrailles, le jeune Nao releva son visage pour voir celui de cette personne en face de lui ayant les yeux bandés.
« C'est toi qui fait autant de bouquant pour rien ? »
Le large sourire de son interlocuteur, quelqu'un de plus âgé aux cheveux d'une couleur différente des siens et bien plus musclé, donna plus l'envie à Nao de prendre les jambes à son cou que de répondre. Il n'avait jamais aimé cet homme, préférant s'en tenir le plus éloigné possible et rester proche de Rook quand il pouvait se trouver dans la même pièce qu'eux.
Sans délicatesse, Shinji abattit sa main sur l'épaule de Nao maintenant qu'il était assez proche de lui pour pouvoir le faire. Son geste fit sursauter le plus jeune, faisant davantage sourire Shinji qui révéla ainsi ses dents parfaitement blanche à cause de son sourire carnassier.
« T'es pas avec ton copain aujourd'hui ? Se moqua ouvertement Shinji.
— N-Non… Rook est…
— T'sais quoi ? M'en fout. Tu m'as réveillé avec tes cris de fillettes et j'suis d'mauvaise humeur m'tenant. »
Tout en parlant, Shinji avait pris entre ses mains le petit visage de Nao au regard terrorisé. Sans hésitation, pour l'unique raison que le jeune Nao âgé jusque-là de quinze ans l'avait réveillé, Shinji fit sa prise favorite pour mettre un terme à l'existence de quelqu'un. Le craquement des os du jeune garçon fut un véritable plaisir pour Shinji dont un sourire naquit sur ses lèvres pour rapidement remplir tout son visage, le faisant même frissonner de délice. Relâchant sa prise, le corps de ce garçon s'écroula immédiatement à ses pieds.
« Voilà qu'est fait… »
Shinji s'étira ensuite, comme si de rien n'était, et enjamba le cadavre de Nao tout en se grattant l'oreille et descendant les escaliers pour voir un peu l'animation qui avait lieu aujourd'hui. Cela pouvait être amusant après tout. Derrière lui reposait maintenant le corps d'un jeune garçon dont la joue reposait contre le sol, les os au niveau de son cou ayant été brisés sans pitié.
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Plus bas, rien qu'au rez-de-chaussée, l'équipe menée par Akaito n'avait encore essuyé aucune perte dans ses rangs en vue des gilets pare balles qui servaient grandement dans ce genre de situation. Derrière eux s'étaient entassés les cadavres, le sang dégoulinant de ces corps tâchant un peu plus la moquette décollée par l'humidité. Ils continuèrent d'avancer, toujours plus loin, encore et encore, tant que leurs jambes leur permettront.
« Ascenseur ou escalier ? Posa Luki ayant plus posé la question pour parler que par véritable intérêt.
— Si on prend l'ascenseur ils pourront nous abattre dès que les portes s'ouvriront et sans qu'on ait le temps de répliquer, alors que l'escalier…
— Est aussi un bon endroit pour les fusillades. » Le coupa direct Ppoiyo.
Akaito posa son regard étonné sur le profil de son collègue. Il n'avait pas tort, là n'était pas la raison de son étonnement, mais c'était rare que Ppoiyo se mette ainsi en avant, prêt à prendre la tête de la file et entrer dans une pièce qui pourrait être sa dernière. Sans faire sentir sa présence, Ppoiyo s'était ainsi posté à côté de lui et de Luki qui s'étaient mis en avant pour voir si c'était une bonne idée de s'engouffrer à l'intérieur où ils devaient être attendus.
« Nous n'avons pas trente-six milles solutions, avançons. »
D'un geste de menton, Ppoiyo désigna l'escalier ou plutôt la porte métallique qui l'en séparait. C'est vrai, il n'avait pas tort encore une fois. L'ascenseur se trouvait dans la salle d'entrée et même si il n'y avait plus d'ennemis encore vivant à cet étage, ils auraient plus de chance de se faire abattre dès l'ouverture des portes que s'ils avaient pris l'escalier. Akaito regarda tout de même un instant par-dessus son épaule pour voir la détermination de chacun et remarqua alors que tout le monde rejoignait l'idée de Ppoiyo.
En reprenant le devant des choses, passant donc devant Ppoiyo, ce dernier releva ses yeux sanglants pour voir le dos d'Akaito plus grand que lui et ne put s'empêcher alors d'étirer un sourire ambigu. Il voulait le plus rapidement possible rejoindre Shinji, tester ses capacités en réussissant à tirer sur cet homme qui semblait pouvoir éviter les balles, dépasser leur patron qui un jour avait pris la fuite contre cet homme. Ppoiyo n'était pas du genre vantard, faisant plutôt cela pour lui-même, ainsi il n'irait pas s'en vanter à qui veut bien l'entendre s'il y parvient mais en tirerait plutôt une fierté personnelle. Son étrange sourire suscita quelques interrogations chez Ron qui l'avait remarqué, le brun fronçant un peu plus des sourcils alors que Ppoiyo disparaissait à la suite d'Akaito dans les escaliers de secours.
Comme d'habitude dans chaque nouvel endroit visité, les forces spéciales passèrent les horizons au peigne fin, armes prêtes à tirer, aux aguets du moindre bruit. Ils passèrent ainsi en revue l'escalier de cet étage et les escaliers au fond qui montait au-dessus et ça jusqu'au dernier étage. Akaito leva ensuite la tête pour voir les étages supérieurs les surplombant, l'obscurité envahissant la plupart et ne lui permettant donc pas à l'œil nu de voir si des personnes se trouvaient plus haut. De plus, ils seraient une proie facile pour eux qui sont en hauteur et peuvent les voir sans difficulté et ensuite tirer pour faire un massacre. Akaito se retourna alors vers Karasu en fin de fil pour l'interroger du regard ; le jeune homme était un atout dans ce genre de circonstances puisque son ouïe habituée à être à l'écoute de la moindre anormalité pouvait le sortir des mauvais pas. Si quelqu'un pouvait savoir si au-dessus d'eux il n'y avait pas de danger c'était bien Karasu. Le rouquin tatoué leva alors la tête, silencieux, attentif au moindre bruit. Il se concentra davantage, entendant presque la respiration fastidieuse de Ron à deux place devant lui qui commençait à s'inquiéter de tant de prudence, n'étant certainement pas rassuré de se trouver dans un endroit aussi à découvert.
Karasu leva la main pour s'apprêter à indiquer à Akaito d'avancer, ce que commença à faire ce dernier après avoir acquiescé afin de le remercier silencieusement. Seulement, au moment où son supérieur avança davantage dans cette zone découverte où il était pratiquement impossible de se cacher des balles, montant les escaliers pour se rapprocher de l'étage du dessus, Karasu entendit un drôle de bruit comme un ricanement hautain presque étouffé suivit d'armes qu'on charge pour être prêt à tirer. Le cœur qui rate un battement avant de prendre une allure endiablé, Karasu eut juste le temps de crier à terre avant que le bruit des balles sortant des canons ne couvre sa voix.
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Dans une pièce obscure à l'écart de tout bruit de bal, de cri désespérés ou encore d'appel à la pitié, juste allumée par la luminosité des multiples écrans fixés au mur devant lui, un homme d'âge mûr était tranquillement assis sur son siège en exécutant quelques mouvements de poignets pour s'occuper alors qu'il voyait au travers de ses écrans les cadavres couvrant la moquette des couloirs de son immeuble, de ses hommes qui en ce moment sont en train de tirer des milliers de balles sur ces soldats qui se sont incrustés dans sa propriété sans avoir demandé son accord et en payent à l'instant le prix. L'un des hommes les plus recherchés activement dans le Japon fixait sans émotion apparente ses petits écrans livrant les informations récoltés par ses caméras installées dans chaque coin de pièce. Les coups donnés à la porte loin de son siège le poussa à tourner son visage pour voir la personne entrer, l'obscurité camouflant en partie sa silhouette ainsi que son visage. Seule la lumière des écrans de ses ordinateurs jouèrent avec le reflet turquoise de ses yeux comme de la couleur exceptionnelle de ses cheveux.
« Votre commande, monsieur Tsubame ! »
Une jeune fille aux longs cheveux blonds passa entre eux pour apporter entre les mains de son maître un verre de vin rouge. Les remerciements faits, la dite Luna comme venait de l'appeler Tsubame alla se rasseoir à sa place au fond de la pièce. Tsubame fit un geste avec sa main libre pour inviter la nouvelle présence à s'avancer davantage, ce que fit bien vite cette dernière qui avança de quelques pas avant de s'arrêter devant les premiers écrans qui vinrent illuminer son visage finement tracé, encore juvénile, ses cheveux retombant gracieusement au-dessus de ses épaules et couvrant son front pour aller jouer avec ses cils où résidaient un peu plus bas des yeux d'un éclat particulièrement malicieux.
« Je te charge d'aller chercher Merlot, Mikuo. A l'heure qu'il est, il doit encore travailler dans sa chambre sur la dernière mission que je lui ai confiée, dis-lui qu'il remettra ça à plus tard. J'ai besoin de lui sur le terrain.
— Bien. Autre chose ?
— Non ce n'est pas la peine, Shinji s'occupera du reste. »
Mikuo ne renchérit rien, se courbant plutôt vers l'avant pour saluer Tsubame avant de tourner les talons, renfermant la porte sur lui et se diriger ensuite vers la chambre de Merlot qui se trouvait quelques étages plus bas. Au même moment, Tsubame se retourna sur ses écrans d'ordinateur, étirant une grimace en vue de tout ce sang qui avait été versé.
C'était pas joli à voir.
