Bonjour à tous ! Me revoilà avec un premier chapitre ! Le plan général de cette fiction est terminé mais qui sait, il peut peut-être encore changé ! Dans tout les cas, je sais où je vais et où je veux arriver, alors on sera bien loin du Disney d'origine (à peu de chose près). Je tiens cependant à préciser que désormais, le rating M sera bel et bien justifier car nous sommes au Moyen-Age et à cet époque, on ne faisait pas dans la dentelle ! (owo) Il y aura surement dans les prochains chapitres des Lemons et du sang (parce que finalement, j'aime bien que ça se bastonne bien comme il faut !) donc mes petites âmes sensibles, abstenez-vous.
Les personnages ne sont toujours pas à moi, pas plus que le film La Reine des neiges et le roman de Hans Andersen.
Je tiens aussi à remercier les courageuses (et courageux) qui ont laissé une review ! Bien que je n'écrive pas pour la gloire, il est toujours très apprécier de recevoir un mail de notification et de lire un avis. Mais je tiens malgré tout à préciser que je suis ouverte à toutes remarques et critiques, qu'elles soient négatives ou positives ! Cela fait toujours du bien et si un jour, je veux être romancière, il faut bien que je m'améliore ! Alors je vous remercie pour vos reviews et je vous remercie d'avance si vous en postez une pour ce chapitre car c'est grâce à vous que je progresse !
Petite dédicace à Gaya972 parce que ta review m'a tellement surprise au début et après, je me suis tapé une de ces barres de rire en te lisant ! J'ai beaucoup aimé ta réaction (cela ne m'a pas du tout gêné, au contraire, défoule toi) et cela m'a fait très plaisir de t'énerver ! (êwê)
Dans ce chapitre, il y a pas mal de descriptions et cela peut être ennuyeux pour ceux qui n'aiment pas mais il faut bien placer un minimum le contexte, parce que le prologue était bien Disney quand même...
A peu près deux décennies plus tard.
Le soleil n'avait jamais autant brillé à Konoha. Il était encore tôt et les habitants disaient rapidement au revoir à la fraîcheur de la rosée matinale. Nombreux étaient ceux déjà au travail. Assis sur son trône depuis l'aube, Fugaku observait le jeune homme face à lui, robuste et avenant, puis son regard se posa sur l'immense bête couchée à ses pieds.
« Ne vous inquiétez pas, votre majesté. Il ne vous attaquera pas. »
Il releva ses yeux sombres sur le garçon. Il était plus vieux que son fils cadet de deux ou trois années. Il portait une armure dorée, son heaume sous le bras droit. Une épée était accrochée à sa hanche gauche et l'emblème des Uzumaki, le tourbillon, recouvrait son plastron. Ses cheveux blonds et crasseux retombaient sur son front tandis que des égratignures sur sa peau et des rayures sur son armure atténuaient son image de chevalier d'or.
« Naruto Uzumaki, dit lentement le roi. Comme vous avez pu le lire dans la missive que mon corbeau vous a apporté il y a de cela trois mois, je vous ai demandé de venir à Konoha afin de vous demander un service d'une grande importance.
_Tout ce que vous voudrez, votre majesté.
_Comme vous le savez, mon fils, Sasuke, a besoin d'un maître à danser. Il sait se servir d'une hache, d'un arc et même d'un fléau. Mais j'ai besoin du meilleur pour lui apprendre à se battre avec une épée. La paix n'a que trop duré et mon armée s'empatte. Si vous formez convenablement mon fils et selon son avis, je vous remercierais en vous nommant capitaine de la garde royale. »
Un sourire étira les lèvres de l'Uzumaki et il posa un genou à terre.
« Ce serait un honneur, votre majesté.
_Bien. Qu'on le conduise à ses nouveaux appartements et qu'on lui prépare un bain ! Sir Uzumaki a eu une longue route jusqu'à notre citadelle. »
Le blond le remercia et suivit un serviteur en dehors de la salle du trône. Il avait cru à une farce en recevant une lettre du roi mais ses talents d'épéiste avaient fait parlé d'eux jusqu'à la grande ville. Il s'attendait à devoir rejoindre l'armée du roi de force mais devenir le maître à danser du prince était un cadeau auquel personne ne dirait non. Il tapota le flanc de Kyubi qui marchait près de lui. Son renard géant le suivait partout et obéissait à chacun de ses ordres. Il n'était pas aussi haut qu'un loup géant mais pouvait être facilement chevauché. De plus, il était un allié formidable sur un champs de bataille et malgré son jeune âge, le chevalier Sir Naruto Uzumaki en avait connu.
Dans l'immense pièce qui lui faisait office de chambre, Sasuke ouvrit difficilement les yeux. Il était allongé dans un lit à baldaquin à la taille démesurée, son corps entouré et reposant sur un nombre incalculable d'oreillers moelleux. Un voile blanc entourait ce lit de manière à lui donner l'aspect d'un cocon douillet et tamisait la lumière qui entrait pas la fenêtre ouverte. Les nuits étaient aussi chaudes que les journées, donc il avait ordonné à une des servantes de venir laisser entrer l'air frais de la matinée avant le levé du soleil, afin de se réveiller dans une douce tiédeur.
Le jeune homme s'étira langoureusement et rejeta l'épaisse couverture qui recouvrait ses jambes. Son torse était nu, tout comme ses mollets et il ne portait en guise de pyjama qu'un pantalon en lin blanc arrivant tout juste en dessous de ses genoux et enserrant parfaitement ses cuisses musclées. A presque vingt-cinq ans, Sasuke Uchiha était ce que l'on pouvait qualifier de bel homme. Il avait une carrure rassurante, des épaules plus larges que celles d'une femme, des bras et des jambes puissantes. Son visage altier séduisait le plus grand nombre. Cependant, il était rare désormais de voir ce corps majestueux secoué d'un rire enfantin ou de quelque réaction que ce soit. Depuis sa plus tendre enfance, son père ne cessait de lui répéter qu'il ne devait pas exprimer ses émotions, qu'il devait les atténuer pour ne pas s'en laisser affecter et être un bon roi à son tour. Il s'était alors contenté d'obéir. Cela lui avait permis de cacher ses pouvoirs durant cinq ans. La veille de son vingtième anniversaire, il prenait un bain chaud quand une étagère remplie de flacons s'écroula sous le poids trop important. Il avait sursauté brusquement à la chute et cela aurait été un événement sans incident si l'eau du bain ne s'était pas glacée autour de lui. La buée sur les miroirs s'était transformé en givre et chaque surface humide devint aussi glissante que du verglas. D'abord très surpris, Sasuke avait fermé les yeux et avait lentement, très lentement, respiré afin que les battements de son cœur ne reprennent un rythme régulier. Et comme par magie, la glace avait fondue. L'eau était resté froide et son souffle blanchissait toujours quand il expirait mais cela semblait s'être calmé. Il n'avait rien dit à ses parents, ni aux serviteurs. Depuis ce matin-là, il prenait garde aux paroles de son père et se maîtrisait la quasi-totalité du temps où il était éveillé.
D'ailleurs, depuis ce moment, il avait chaud. Très chaud. Il supportait à peine les feux de cheminée et ne craignait plus le vent glaciale qui s'infiltrait par sa fenêtre lorsqu'il l'ouvrait lors des temps neigeux. Il n'avait plus vécu un événement pareil depuis qu'il s'était réveillé après le départ d'Itachi. Il avait eu froid, puis chaud, puis froid et encore chaud. Il ne se souvenait plus de ce qu'il s'était passé exactement mais son grand-frère avait pris la fuite pour le protéger, d'après son père. Quand il posait des question sur ce matin-là à sa mère, elle se refermait sur elle-même et l'envoyait demander au roi. Bien qu'il ait peu de souvenir d'Itachi, Sasuke lui en voulait de les avoir abandonné et d'avoir disparu ainsi. Il en voulait aussi à son père pour lui interdire encore de sortir du château à son âge. Mais tout allait changer très bientôt. Il était en âge de gouverner et suivrait son père dans tous ses déplacements pour apprendre de son expérience et il avait hâte.
Il tourna la tête vers la porte quand elle s'ouvrit sur une vieille nourrisse rondelette et aux cheveux voilés d'un foulard vert d'eau.
« Bonjour, Messire. »
Elle s'inclina, le dos droit dans une parfaite révérence et alla fermer la fenêtre avant qu'il ne fasse trop chaud. Sasuke se leva sans un mot et se dirigea vers la pièce adjacente, suivit de la petite dame. Un bain a l'eau tiède comme il les aimait l'attendait tranquillement dans une baignoire de cuivre.
« Que désirez-vous manger ce matin ?
_Qu'avez-vous à me proposer ? » Demanda le prince d'une voix atone tout en se déshabillant.
La nourrisse ne détourna pas le regard, habitué et peu ému par le spectacle et répondit posément :
« Du raisin frais a été récolté ce matin et du pain de seigle sort tout juste du four. Mais nous pouvons aussi vous sortir de la viande du cellier si vous préférer et...
_Du raisin suffira. » Coupa le brun en lui tournant le dos.
La femme s'inclina et passa le mot à une jeune servante qui faisait le lit puis elle s'approcha du bain. Sasuke s'y glissa avec délice et un soupire d'aise lui échappa. Il sursauta à peine quand un linge savonneux vint lui frotter le torse avec la force de l'habitude. Le silence s'imposa jusqu'à ce que le prince ouvre la bouche :
_Qu'est-ce qui m'attend aujourd'hui ?
_Votre petit déjeuné sera servit dans une heure. Vos parents, le roi et la reine, seront présent. Après ce repas, votre maître à danser vous attendra dans le troisième hall où vous pourrez vous entraîner ensemble. Le déjeuner sera servit à midi tapante dans la salle de banquet, vous aurez tout juste le temps de vous rafraîchir et de vous changer. Puis, cet après-midi, vous accompagnerez votre père lors des audiences.
_Bien, l'as-tu vu ? Marmonna Sasuke en se redressant, permettant à la bonne de lui laver le dos.
_Qui, mon prince ?
_Le maître à danser.
_C'est un chevalier doré, mon seigneur. Je n'ai fait que l'apercevoir mais il semble compétent.
_Alors je n'ai pas besoin d'en savoir plus. »
Après qu'elle eut fini de le laver, il se mit debout et se versa un broc d'eau gelée sur la tête. La nourrisse lui tendit une large serviette dans laquelle il se sécha puis il retourna, nu, dans sa chambre. La pièce était rangée et une tenue l'attendait sur son couvre lit. Il jeta plus loin la veste en cuir épais qu'on lui avait donné et se contenta d'enfiler une tunique blanche et un pantalon en toile noir. Quand il fut habillé, la jeune servante de tout à l'heure lui apporta une paire de bottes qu'il mit sans faire d'histoires.
Il avait hâte de rencontrer enfin l'homme que son père avait choisi pour lui apprendre l'art de l'épée. Il ouvrit le coffre au pied de son lit et sortit la sienne, sagement rangée dans son fourreau. Sa mère l'avait faite forger pour son vingtième anniversaire et il attendait depuis lors de pouvoir l'utiliser. Il la sortit de son fourreau et admira son éclat. Elle était faite avec l'acier le plus noble et le plus résistant de tous les royaumes. Son manche était recouvert d'argent et incrusté d'obsidienne. Elle était légère et fine, tout comme lui en quelque sorte. Il n'était pas aussi bourrin et large que les soldats qu'il pouvait voir de sa fenêtre, songea-t-il en rangeant sa précieuse arme dans son étui. Il était plus agile, plus rapide, grâce à sa silhouette élancée. Mais il n'avait pas encore pu faire ses preuves auprès de son père. Et il n'attendait que cela.
Mikoto leva les yeux vers son fils quand il pénétra dans la salle de banquet et vint s'asseoir en face d'elle, à la droite de son père. Il portait comme à son habitude ce même air bougon de petit gamin mal léché mais ses traits se détendirent quand il la regarda et ils échangèrent un bref sourire.
« Bonjour, dit-il simplement.
_Bonjour, mon fils. » Répondit-elle avec sa tendresse habituelle.
Fugaku se contenta d'un hochement de tête à son égard et commença à manger. Elle eut à peine à faire un mouvement vers la cruche au milieu de la table que Sasuke s'en saisit et lui versa du lait de vache dans son bol. Elle le remercia d'un sourire tandis qu'il reposait le pichet et s'empressa de lui tendre une coupe de raisin. Ce fut à son tour de lui sourire et ils mangèrent en silence.
Ils avaient pris l'habitude de manger chacun de leur repas dans la salle de banquet. Comme son nom l'indiquait, elle servait pour les grands événements, aussi grande que la salle du trône. Il y avait une très longue table en bois massif pouvant accueillir plus de cent invités pour un soupé, là où ils étaient justement installé. Et cette table était entourée de chaises faites dans le même bois et était placée au centre de la grande salle. Une seconde table identique dormait rangée dans un hangar, derrière les écuries, en attendant les grandes cérémonies. Le roi siégeait au bout, dans un fauteuil à l'assise plus large, plus confortable et au dossier bien plus haut. Le bois brun était minutieusement sculpté dans son dos et installé dans ce second trône, le regard de Fugaku se portait immédiatement sur les grandes portes où les invités entraient. Bien entendu, de nombreuses autres sorties et entrées étaient dissimulés derrière lui et sur le mur gauche. Sur le mur de droite se dressaient d'immenses fenêtres aux vitraux rougeoyants.
Mikoto observa les épaules de son enfant se découper dans la lumière envoyé par les ouvertures. Elle admira ses yeux sombres calmement posé sur son assiette, ses cheveux aussi noirs que les plumes d'un corbeau indisciplinés et encore humides de son bain, sa peau aussi blanche que la porcelaine qui composait leur carafe. Un soupir de nostalgie lui échappa quand elle repensa au petit bambin qu'il était, courant partout à en perdre haleine, son rire de canaille résonnant dans les nombreux couloirs trop vide du château. Elle eut la vague idée que, si Itachi était encore là, il serait marié depuis longtemps et des cris de jeunes enfants hilares habiteraient de nouveaux les murs d'enceinte. Depuis son départ forcé, son fils cadet n'avait plus été le même, gardant sa colère et sa déception bien enfermées au fond de lui.
« Tout va bien, mère ? L'interrompit gentiment la voix de son garçon.
_Oui, dit-elle avec un petit sourire. Je me disais que tu avais bien grandis, maintenant que tu vas apprendre à manier l'épée. »
Un sourire illumina son visage pâle et il acquiesça.
« J'ai vraiment hâte de voir enfin mon maître et de tout apprendre de lui pour enfin suivre père en dehors de notre maison. Je n'en pouvais plus des études sages au fond d'une bibliothèque poussiéreuse. »
Fugaku se contenta de lever les yeux au ciel et Mikoto dit doucement :
_Un bon roi est sage et ne pense pas qu'à sortir voir le monde, Sasuke. Il doit pouvoir se battre aux côtés de son peuple mais il doit surtout savoir régner et diriger de son trône toutes affaires politiques et économiques de son royaume. »
Le visage du plus jeune s'assombrit à ces mots et toute joie disparut. S'il y avait bien quelque chose qui rebutait Sasuke au plus haut, c'était bien les affaires politiques et économiques du pays. Il n'avait que faire des deux paysans qui venaient voir le roi afin de régler une histoire de terrain ou de vol. Alors il ne répondit rien à sa mère mais n'en pensa pas moins. Ce fut la voix grave et résonnante de son père qui le sortit de ses pensées moroses :
_Cette après-midi, je dois aller juger les crimes de trois hommes en place publique. »
Sasuke releva les yeux vers lui, incertain de ce qu'il devait comprendre à cela. Après un léger silence, le roi reprit :
_Si tu n'es pas trop fatigué de ton entraînement, tu pourras m'accompagner au jugement. J'aurais besoin d'un regard neuf et extérieur. »
Le jeune brun déglutit. Il crut que sa joie allait l'étrangler et un faible sourire finit par étirer ses lèvres pâles. Il fit cependant tout pour que son trouble ne se voit pas.
« Ce serait un honneur... » Réussit-il finalement à souffler.
Fugaku acquiesça sans le regarder davantage et se leva. Il quitta la pièce sans un mot et Mikoto se leva à son tour.
« Je serais là, moi aussi. J'ai hâte de te voir à l'œuvre. » Dit-elle avant de tourner les talons.
Le cœur de Sasuke se gonfla de bonheur et il enfila sa paire de gant avant de geler quoique ce soit.
Après un long bain brûlant, une petite sieste et une riche collation, Naruto Uzumaki se rendit dans une grande salle qui lui servirait de salle de cours. Elle était en forme d'hexagone et la moitié des murs étaient composé de portes fenêtres ouvertes. Le soleil tapait dur et la chaleur en était étouffante.
Il avait retiré son armure et l'avait laissé auprès de son renard endormi. Le chemin jusqu'à Konoha avait été long et périlleux. L'air se raréfiait quand on escaladait la montagne à cheval et le soleil était davantage agressif. Mais il y avait aussi les chiens des montagnes et les loups. Bien qu'ordinaires et de taille raisonnable par rapport aux loups géants que l'on pouvait voir revenir en hiver, ils étaient coriaces et surtout très affamé en cette saison. Que ce soit l'hiver ou l'été, si cette saison était rude, alors les loups le seraient aussi. Kyubi en avait terrassé une demi-douzaine durant son sommeil. Si ce n'était pas pour le protéger, c'était alors pour se sustenter et cela permettait au jeune chevalier de manger à sa faim. Pendant deux long mois, il avait traversé la chaîne de montagnes qui séparait Konoha du reste du pays et donnait accès à la mer, de l'autre côté du royaume. Son cheval était épuisé et se reposait aux écuries mais il ne pourrait pas faire un second voyage avant un long moment. De toute façon, ce n'est pas comme s'il désirait s'en aller tout de suite. Il allait enfin rencontrer le fils tant protégé du roi de Konoha. Peu de personne savait à quoi il ressemblait. Il n'y avait que de vieilles représentations de lui dans les livres, où il apparaissait nourrisson ou jeune enfant. Personne ne sut ce qu'il arriva à son frère aîné, vingt ans plus tôt mais le chevalier doré s'en fichait pas mal.
Il était venu à Konoha pour la généreuse somme et le poste haut placé qu'on lui proposait. Et si cela ne marchait pas, il n'aurait aucun regret à rentrer chez lui, voir à s'arrêter chez... Ses pensées furent interrompu par une apparition divine.
Devant lui se tenait la plus belle créature qu'il n'ai jamais vu. Sa peau était aussi blanche et crémeuse que la robe d'une mariée. Ses yeux, tout comme ses cheveux, étaient noir mais pas le noir de la nuit. Ô non. Le noir d'un corbeau. Le noir du charbon. Le noir de la mort douce et séduisante. Sa bouche était à peine rosé par le sang, ses pommettes étaient noblement hautes, son port de tête était princié mais la nonchalance de ses vêtements, la large ouverture de sa tunique à peine lacée au niveau du col, appelait à la débauche la plus simple et la plus pure.
Un sourire narquois étira les lèvres pulpeuses du chevalier et il s'inclina.
« Mon prince. »
Sasuke s'était arrêté net devant cette apparition. Konoha ne connaissant que des gens bruns à la peau pâle mais se tenait devant lui le plus bel homme qu'il n'ai jamais vu et ce dernier n'avait rien de brun, ni de pâle. Ses cheveux était du même blond que les blés en été et les pointes de ses mèches étaient blanchies par le soleil. Sa peau était mâte mais n'avait rien à voir avec celle de ceux qui trimaient les douze mois de l'année sous le dieu Rê. Au contraire. Elle n'était ni abîmée, ni ridée. Elle semblait aussi douce que de la soie mais aussi forte et souple que la peau d'un fruit mûr. Le prince était émerveillé par tant de beauté , surtout quand il plongea ses perles noires dans les deux lagons que formaient ses yeux. Il avait de nombreuses fois observé la mer mais ce fut comme la première fois qu'il l'a vit, avant d'avoir l'interdiction de sortir. Au début, il n'avait pas réussi à distinguer le ciel de l'eau tant leur couleur éclatait sur sa rétine. Ses yeux étaient d'un bleu céruléen onctueux, agité par un orage lent et sensuel qui fit frémit le brun jusqu'aux tréfonds de son corps.
Il garda cependant son calme afin de ne pas se jeter au cou de cette créature enchanteresse et de ne pas l'embrasser à pleine bouche. Il prit le temps de poser son regard brûlant sur sa tenue. Il portait un haut de cuir sans manche couleur crème et des dorures étaient gravées sur le haut et les épaules. Ses bras avaient la couleur du caramel et possédaient l'épaisseur rassurante du muscle travaillé nuit et jour à travers les combats. Sasuke se sentit alors tout à fait rachitique à côté de ce dieu vivant et avança d'un pas, l'incitant à se redresser de sa petite courbette inutile.
« Êtes vous mon maître à danser ? Demanda-t-il d'une voix plus froide qu'il ne le souhaitait.
_C'est exact, mon prince. Je serais votre formateur pendant un an.
_Et si cela ne suffit pas ? »
Naruto releva les yeux et les plongea dans les deux abysses constituant le regard sombre de l'héritier. Sasuke n'avait jamais eu autant de mal à retenir un frisson. La voix de l'autre coulait comme du miel chaud aux oreilles de son opposé et ils firent un pas chacun vers l'autre.
« Je vous garantis que cela sera suffisant.
_Vous êtes bien présomptueux. »
Le grand blond sourit à sa remarque.
« Je vous fais confiance pour apprendre vite. »
Un sourire sans joie gagna le visage du prince et il s'avança, sortant son épée du fourreau accroché à sa taille. Cela fit rire Naruto.
« Excusez moi mais... Si vous utilisez une épée qui coupe, je serais obligé de faire de même. »
Sasuke arqua un sourcil.
« Et alors ? »
Le chevalier lui tourna le dos et se dirigea vers les quelques affaires qu'il avait laissé dans un coin. Il prit deux épées en bois et revint près de lui.
« Évitons d'abîmer une si belle épée en la laissant tomber.
_N'avez-vous pas plutôt peur d'être blessé ? »
Un nouveau rire secoua le corps du maître à danser et Sasuke se gorgea de ce son délicieux.
« Je vous en prie, Messire. Rangez votre épée et nous pourrons commencer. »
Sceptique, le brun obéit et détacha l'étui chargé de sa ceinture. Son écuyer vint l'en débarrasser et Sasuke se tourna vers Naruto. Il écarquilla les yeux et tendit le bras en vain pour attraper l'épée en bois que lui lançait l'autre.
« Avez-vous perdu la tête ? S'exclama-t-il en la ramassant.
_Demain, vous y arriverez. En garde. »
Prenant le manche à deux mains, Sasuke se tint prêt à attaquer. Il eut à peine le temps de le voir arriver que déjà, Naruto l'avait désarmé, immobilisé et menaçait sa gorge de son arme.
« Officiellement, vous êtes mort, dit-il avec un sourire amusé.
_Ce n'est pas drôle, contrecarra le prince.
_En effet. En tant que seul héritier au trône, cela serait dommage de se faire tuer avant même que le vrai combat ne commence. »
Naruto le lâcha et attrapa l'épée au sol.
« Premièrement, on tient son arme d'une main.
_Elle est lourde, se réconforta Sasuke.
_Je sais. Je fais tailler mes armes d'entraînement dans le bois le plus dense. Une main. »
Il lui lança de nouveau l'épée et le jeune brun la rattrapa de justesse.
« Bien. Tenez vous de profil.
_Pourquoi donc ? » S'inquiéta alors le prince, bien qu'obéissant. »
Le blond vint se placer derrière lui. Il glissa un pied entre les siens pour l'inciter à les écarter davantage.
« Vous êtes fin, vous ferez ainsi une cible plus petite. » Expliqua-t-il doucement.
Il lui fit lever le bras tenant l'épée et sa main se crispa sur le manche. L'arme était bien plus large et plus conséquente que sa propre épée. Il n'était pas sûr de réussir à s'en servir. Il sursauta alors quand la main chaude de son professeur se posa sur son poignet.
« Détendez vous, tenez la souplement. »
Il voulut répliquer une remarque assassine sur la qualité de son cours mais le blond continua.
« Votre arme, quelle qu'elle soit, est un prolongement de votre bras. Elle doit faire partie de vous.
_Et si je la fais tomber ?
_Pouvez vous laisser tomber votre bras ? »
Sasuke tourna un regard perdu vers lui et Naruto ne le trouva que davantage adorable.
« Bien sur que non.
_A moins qu'on ne vous le coupe. Si votre épée tombe lors d'un combat, c'est comme si on vous coupait le bras. Vous ne pouvez plus vous défendre. »
Il s'écarta enfin et alla se placer en face de lui. Sasuke laissa son bras retomber contre son corps.
« Il vous faudra donc apprendre à vous servir des deux bras.
_Comment je peux tenir un bouclier avec deux épées ?
_Seuls les sauvages se battent avec deux épées. Vous devez apprendre à utiliser vos deux mains au cas où vous tomberiez sur plus fort que vous et que l'on vous tranche la main droite. »
Le brun déglutit. Il n'avait pas pensé à cet aspect là. Se battre signifiait une possibilité de mourir.
« Ne vous en faites pas, mon prince. Je vais tout vous enseigner. »
Il fit agilement tournoyer son épée et se mit en position de combat. Sasuke fit comme il venait de lui apprendre.
« Laissez votre main libre dans le dos, elle aura moins de risque d'être touchée. »
Il obéit derechef. Jamais il n'avait bu autant les paroles d'un inconnu mais le regard franc et le sourire confiant de son enseignant le rassuraient. Puis le chevalier l'attaqua, le désarmant aussitôt d'un seul coup. Sasuke regarda son épée voler à l'autre bout de la pièce avec ahurissement et reporta les yeux vers Naruto quand la pointe de son épée se posa sur son torse.
« Vous êtes de nouveau mort. Je crois que la première chose à apprendre est à tenir correctement l'épée, Monseigneur. »
Sasuke se laissa tomber sur son lit, lessivé. Il n'avait jamais été aussi courbaturé de partout et jamais on ne l'avait traité de la sorte. Bien que respectueux dans son langage au premier abord, Naruto Uzumaki était loin de prendre autant de pincettes avec lui comme le faisaient d'autres professeur, tout simplement parce qu'il était le prince. On faisait décapiter la tête de ceux qui levaient la main sur lui mais ce chevalier d'or semblait s'en moquer comme de son premier bouclier. Il l'avait molesté avec dureté, le faisant chuter, frappant son dos, ses bras et ses jambes de sa fichue épée en bois, lui montrant ainsi par A plus B tous ses défauts et remarquant à voix hautes toutes ses erreurs, même les plus minimes.
Et Sasuke adorait cela. Il n'avait plus l'impression d'être seulement un prince. Il se sentait homme pour la première fois. Il avait hâte d'être au lendemain pour le revoir et se battre contre lui. Cela avait quelque chose d'exaltant mais aussi et surtout, il n'avait pas besoin de contrôler sa magie face à lui. Il était lui-même, bien que pas mal agacé par sa propre médiocrité. C'était à la fois reposant et fatiguant, mais d'une bonne fatigue. Un jour peut-être arriverait-il à être aussi puissant que cet homme-là. Quand les rayons de soleil venaient caresser sa peau dorée, il arrivait à discerner la présence de marques, de cicatrices, preuve qu'il possédait un grand courage et qu'il avait survécu à de nombreux combats. Un jour, il espérait pouvoir en porter de telles avec la fierté de la victoire.
Il poussa un soupir de bien être et se releva avec grâce avant de se rendre à sa salle de bain. La sueur de l'effort couvrait son corps et collait ses cheveux à ses tempes. Quel piètre spectacle devait-il donner...
Après avoir revêtu une tenue propre et digne d'une première sortie, Sasuke se rendit à la salle de banquet pour le déjeuner qui se déroula dans un silence confortable. Seule la reine interrompit cela en demandant à Sasuke comment sa leçon s'était déroulé. Ce fut avec plaisir que le plus jeune leur expliqua la force et l'agilité de son professeur, la facilité avec laquelle il le désarmait presque à chaque fois et qu'il avait vraiment hâte de progresser pour lui tenir tête.
Mikoto eut un sourire bienveillant et son père lui souhaita bonne chance. Puis quand les domestiques eurent finit de débarrasser les plats et leurs couverts, Sasuke se tourna vers ses géniteurs et ces derniers se levèrent. Ils se rendirent sur la place publique que le jeune prince découvrait enfin de ses yeux émerveillés. De nombreuses odeurs assaillaient son nez, il y avait l'odeur du fumier et des chevaux, celle de la terre sèche depuis des mois et de la poussière mais aussi celle du vin et du pain tout juste sortit du four. Les petites gens s'amassaient autour d'une estrade et s'écartaient sur leur passage. Nombreux furent ceux qui dévisagèrent Sasuke et qui baissèrent immédiatement les yeux quand il portait le regard vers eux. Il suivit alors son père sur l'estrade en bois et deux gardes amenèrent trois hommes enchaînés les uns aux autres. On donna un parchemin à son père et ce dernier le déroula. De nombreux gardes en armure argenté les entouraient, assurant leur protection et le silence se fit dans l'assemblée quand le roi se racla la gorge. Il appela un nom, celui du premier. Un garde lui donna un coup dans le dos et il tomba à genoux devant eux. Son père cita alors tous ses crimes, cinq vols, deux actes de violence et six viols.
« La mort par décapitation. » Énonça simplement Fugaku.
La foule s'agita, friand de ce genre de sentence et Sasuke serra alors les dents. L'homme agenouillé souriait comme un dément, il le fixait de ses yeux vitreux. Ses vêtements étaient sales, ainsi que ses cheveux. Ses dents étaient noircis par quarante ans d'absence de soin et le brun passa inconsciemment sa langue sur les siennes, lisses et blanches. On donna à son paternel une longue et large épée, un cimeterre plus précisément. L'homme se débattit mais un garde le tint fermement. Le jeune prince entendit son père murmurer une prière avant de lever aisément la lame, la tenant à deux mains. Mikoto se pencha vers son fils et lui chuchota :
_Ne détourne pas le regard. Montre à ton peuple que tu n'as pas peur du sang. »
Il acquiesça et garda son regard fixé sur la lame, sur l'éclat du soleil brûlant qui y brillait. Il ne la quitta pas des yeux quand elle sépara la tête du corps, ni quand cette même tête roula et tomba de l'estrade. Il ne regarda pas le corps tomber sans vie sur le bois et l'imbiber de son liquide carmin. Il regarda simplement l'épée, recouvert d'un sang épais et sombre.
Le second homme, coupable de meurtre, subit le même sort. La foule exhalait un bonheur sans nom. Les corps furent emportés au fur et à mesure. Puis le troisième dut s'approcher. Il n'avait fait que voler.
« Sasuke. » Dit lentement le roi.
La foule se figea et retint son souffle. La reine pressa doucement son dos et le susnommé avança vers son père.
« Que mérite un vol, d'après toi ?
_Il mérite qu'on lui coupe la main. Comme tous ceux qui ont volé et voleront à leur tour. »
On prit la grande épée des mains de son père et on lui donna à la place une machette. Plus large qu'une épée mais beaucoup plus courte. Le roi l'observa un moment et son regard se tourna vers son enfant. Il lui tendit alors l'arme.
« Celui qui donne un jugement le met en acte. »
Sasuke dévisagea son père, surpris, puis il jeta un regard à sa mère. Il put lire sur ses lèvres un « n'hésite pas, fais le » et il prit lentement l'arme en main. Il se tourna vers le jugé. Il se débattait et suppliait, ses joues brunes inondées de larmes. Une large et haute souche avait été amenée sur l'estrade et on y tenait son bras avec force.
« Fais cela vite et avec force, que tu n'ai pas besoin de t'acharner sur l'os. »
Il hocha la tête aux paroles de son père. Tous les regards étaient posés sur lui et ne le quittaient pas une seconde. Il leva alors l'arme le plus haut possible et l'abattit d'un coup sec sur le poignet de cet homme, dont le cri résonna longuement dans toute la citée.
Voili-voilou ! J'espère que cela vous aura plus, une petite review pour donner votre avis ?
Ne soyez pas trop dur avec les parents Uchiha, je pense que je vais peu à peu développer chaque personnage (enfin je vais essayer). Naruto n'est pas un vendeur de glace, et vi ! C'est un beau chevalier en armure ! C'est plus sexy, hein ? En tout cas, merci d'avoir lu jusqu'ici !
Bisous-Bisous !
