Des siècles avaient alors passé, des siècles où les guerres puis les tentatives d'entente entre les deux hommes s'étaient succédées mais en vain, les monarques avaient alors désespéré, les mariages, les alliances, la pression qu'exerçait Portugal pour que Spain parle avec England et inversement, rien n'avait fait, Spain restait indifférent, incapable de regarder England autrement qu'avec de la haine. Alors que Spain se pensait enfin débarrassé des tentatives inutiles de ses souverains à vouloir faire copain-copain avec England, un français vint, comme d'habitude, tout gâcher.

- Il en est hors de question !

- Mon petit ! Entends bien, notre survie face à l'envahisseur en dépend !

- Sauf votre respect votre Majesté, Je peux botter le cul de ce Français tout seul, j'ai déjà accepté de bonté de coeur de m'allier avec ce gros sourcil mais il n'était nullement précisé que je devais vivre chez ce crétin.

- Vous habitez trop loin pour pouvoir discuter stratégie par lettre, il est nécessaire que tu habites là où tu seras protégé des attaques de la France tout en commandant tes troupes.

La reine n'eut pas le temps de terminer sa phrase qu'un grand fracas résonna dans l'imposante salle de réception du palais, causé par le poing de Spain enragé par cette nouvelle. Il respectait chacun de ses souverains, en particulier sa chère reine Marie Louise en qui il avait d'habitude une confiance aveugle.

C'est avec de grands hauts-le-coeur que Spain prit la mer pour l'Angleterre. Jamais il n'avait été malade en mer, son corps devait sentir que son futur séjour à durée indéterminée n'allait pas être de tout repos.

L'Espagnol venait enfin d'arriver à Londres, son imposante calèche ornée de sculptures dorées était venu l'escorter depuis le port sous ordre du roi, plus que ravi que les deux nations soient enfin alliées, surtout contre l'ennemi commun des deux gaillards. C'est d'ailleurs ce personnage haut en couleurs qui l'attendait aux portes du palais en haut des escaliers, secondé par un homme en arrière dont seul l'ombre reflétant sur le sol faisait signe de sa présence. Une horde de zombies attendaient en bas des escaliers. Oh non ! Petite erreur. Une horde de jeunes femmes maquillées à outrance attendaient avec impatience la rencontre entre le Roi et la Nation. L'alliance entre les deux pays était si historique qu'elle avait attroupé la population entière de Londres aux portes du palais.

Spain remercia son chauffeur puis avança doucement mais surement vers les marches du palais. Epaules relevées, regard sérieux mais courtois, tout était bon pour ressembler au parfait gentleman devant ces jeunes damoiselles, faisant d'ailleurs à l'une d'entre elles un doux clin d'oeil comme il en avait le secret. L'illusion était parfaite, aucune hostilité ne dégageait de son visage d'ange dissimulant le diable en personne.

Plus les marches défilaient plus il pouvait distinguer l'allure atroce de celui qu'il fuyait plus que la peste. Une chevelure jaune pisseux bien coiffé uniquement pour cette occasion mais cela ne cachait pas ses quelques mèches rebelles s'échappant de ça et là de la coiffure plaquée du jeune homme, des sourcils plus fournis que le torse de l'Espagnol après un mois sans entretien et des yeux perçants dont la couleur rappelait fortement ce délicat liquide vert que l'Espagnol avait bien envie de faire ingérer à cet abruti d'anglais

Trois marches, l'ombre des deux hommes surplombait le corps de Spain. Deux marches, ce dernier releva la tête, dirigeant son regard vers sa Majesté et ignorant entièrement celui de l'autre homme. Une marche, le voilà en face des deux souverains, impossible de reculer désormais. England était face à lui, impossible d'éviter son regard plus longtemps. Spain fit alors face à Sa Majesté, le célèbre mais néanmoins excentrique George III. Tout de fil d'or et d'hermite vêtu, le roi avait décidé de fêter l'arrivée de son invité en grandes pompes, probablement la raison pour laquelle la chevelure d'England ne ressemblait pas à celle d'un vieil épouvantail.

- Mon cher Spain, je vous souhaite la bienvenue ! Quelle joie d'enfin vous rencontrer, mon royaume attendait votre arrivée avec impatience.

- Au plaisir de vous rencontrer Votre Majesté, avoir l'occasion d'être face à vous est un immense honneur pour ma nation et moi-même.

Mensonge.

Spain fit une grande révérence au roi, se contentant de répéter ce que sa très chère reine lui avait appris avant son départ. Son sourire des plus aimables sembla convaincre le roi qui l'invita aussitôt à entrer, secondé par England qui n'avait toujours pas dit un mot. Les trois hommes avancèrent dans l'imposant hall d'entrée du célèbre Palais Saint James. Le palais ne payait pas de mine vu de l'extérieur, composé d'un ensemble de briques rouges sans beaucoup de fioritures ou autre décorations saugrenues comme Spain avait l'habitude de voir dans son Palacio Real inspiré de l'architecture française, cela ressemblait plus à une abbaye qu'à un palais. L'intérieur avait déjà bien plus fière allure. Tapisseries et tableaux de ça et là, absolument tout était fait pour montrer la suprématie de la maison Hanovre.

- England, mon petit, je te trouve bien silencieux. Va donc accompagner notre invité jusqu'à ses appartements. Je me charge de jeter un coup d'oeil au graaand banquet de ce soir.

- Bien votre Majesté !

Les quelques secondes d'hésitation avant sa réponse en disaient long sur la réticence de l'Anglais. Il finit par prendre les devants, suivi d'assez loin par Spain. Ils ne s'étaient toujours pas accordé un mot. Le silence était de plus en plus pesant, Spain jeta un rapide coup d'oeil au dos d'England, aucune expression ne semblait émaner de sa silhouette, ni colère, ni bonheur. Les escaliers conduisant au premier étage où se situaient les appartements de la famille royale semblaient sans fin quand finalement England s'arrêta une fois le palier du premier étage franchi. Sans crier garde, ce dernier se retourna afin d'examiner Spain de ses yeux luisants. Encore une fois, aucune émotion ne marquait les traits de son visage, on aurait dit un automate. Malgré sa haine profonde pour lui, Spain ne put détacher son regard du sien, c'est exactement comme si les yeux du blond l'avait capturé. C'est ça !Son regard était menaçant mais également hypnotisant, exactement comme ce fameux jour.

- Sp..

- Bonjour Monsieur England !

Alors que l'Anglais s'apprêtait à enfin briser le silence, une jeune femme rousse d'un peu près la vingtaine en tenue de soubrette fit son apparition sur le palier, faisant cesser la malédiction lancé à Spain qui retrouva enfin ses esprits.

- Bonjour Martha !

- Et vous devez être Monsieur Spain je suppose ? Je suis infiniment honorée de vous rencontrer.

- Enchanté Mademoiselle Martha je présume ?

Après la révérence maladroite de la jeune femme dont les tâches de rousseur rendait le visage absolument à croquer, Spain en fit de même apportant à la main délicate de la jeune femme un doux baiser.

- Je.. j'ai été nommé pour être à votre service pendant votre séjour. Si vous voulez bien me suivre, je vais vous conduire jusqu'à vos appartements. Vous.. vous êtes peut être encore occupé avec Monsieur England.

- Ne vous en faites pas, nous venions de terminer, je suis tout à vous.

Spain lança un dernier regard à England qui ne le lui rendit pas, se contentant de se rendre dans une direction inverse à celle qu'indiquait Martha à Spain. Une fois engagé dans un couloir, Martha reprit la parole :

- Nous avons aménagé vos appartements selon votre unique exigence Monsieur.. les plus éloignés possible de ceux de Monsieur England.

Les deux arrivèrent finalement face à une grande porte de bois que Martha ouvrit afin de laisser Spain prendre possession des lieux.

- Vos affaires vous attendent dans votre penderie. Je vous laisse à vos occupations, le banquet de sa Majesté est à 6 heures.

- Je vous remercie Martha, vous pouvez disposer.

La jeune femme ferma la porte derrière elle, laissant ainsi Spain seul dans une imposante chambre luxueuse, un grand lit à baldaquin aux rideaux de velours rouge attira aussitôt l'attention du jeune homme. Il retira ses bottes et s'affala sans attendre sur le matelas moelleux mis à sa disposition. Après un voyage et un accueil si fort en émotions, il avait bien le droit à un peu de calme. Le banquet était dans trois heures, laissant largement le temps à Spain de méditer quelques instants avant de se préparer.

Il avait encore du mal à réaliser qu'il allait vivre sous le même toit qu'England, qu'il allait forcément devoir lui parler, non seulement en présence du roi pour faire croire à une amitié des plus fausses mais également pendant les réunions stratégiques pour contrer France.

- Fais chier..

Spain se remémora d'un coup le moment incroyablement gênant de l'escalier. Cet instant avait été si bref mais jamais il ne pourra oublier ses yeux.

Cette expression dans son regard était si intense, son visage impassible rendait cette expression de menace encore plus malaisante et.. saisissante. Il avait revu England de nombreuses fois après le fameux incident de la calle.. Mais jamais il n'avait revu ce regard. Après tout ces siècles, il n'arrivait toujours pas à déterminer le sentiment qu'England essayait de transmettre à travers ses yeux.

Un mélange de couleurs se mit à virevolter sur le plafond de son lit, une silhouette humaine en ressortit, élancée, masculine, les détails mirent un certain temps avant d'apparaître. Une sublime chevelure fit d'abord son apparition, soyeuse, blonde, quelques mèches rebelles tombaient par-çi par-là, sur son magnifique visage, une peau de pêche, des traits harmonieux.. gâchés par une présence épaisse et broussailleuse au dessus de ses sublimes yeux, deux véritables émeraudes qu'aucun trésor que Spain avait amassé pendant sa période de piraterie ne pouvait égaler.

La silhouette se mit soudain à bouger, comme si elle se rapprochait de l'Espagnol qui l'attendait avec un grand sourire. D'abord vêtu d'une simple chemise et d'un pantalon noir des plus classiques, une large fumée rouge sang vint envelopper le corps de l'apparition, accompagné plus tard d'un grand chapeau à plumes et d'une épée accroché à sa ceinture, les souvenirs du passé refirent surface : l'obscurité, la calle, l'humidité, les rats, la peur, la douleur, le dégoût envers l'autre comme envers lui-même. Spain restait pétrifié dans son lit avec un regard remplit de terreur face à l'immonde créature.

- Ne.. m'approche pas !

La silhouette faisait de plus en plus vrai, le visage angélique de cette dernière se changea d'un coup en un visage cruel, sans pitié avec ce sourire carnassier qui avait hanté Spain pendant des nuits entières : le sourire d'England. La main de l'Anglais désormais bien réelle se déposa contre la joue de l'Espagnol provoquant un frisson glacial dans tout le corps du jeune homme sans défense, ce fut ensuite au tour du visage du blond de se rapprocher. Yeux contre yeux, seul leurs lèvres manquaient pour sceller leur union.

- BORDEL !

Spain se réveilla dans un énorme fracas, son oreiller ayant par ailleurs volé à travers la pièce comme s'il s'agissait de l'homme qu'il avait dans ses bras plus tôt dans son rêve, ou dans son cauchemar.

En reprenant peu à peu ses esprits, Spain se rendit compte qu'il était toujours dans la chambre que Martha lui avait indiqué. Il était alors toujours chez England.

- Pourquoi..? Por Dios pourquoi ?

Se mit à hurler Spain, de rage mais également de peur. Revoir le regard de l'Anglais lui avait rappelé sa haine contre lui mais également sa crainte. La terreur que lui inspirait England lors de cette effroyable période était le pire sentiment que pouvait ressentir Spain, ce sentiment d'humiliation et de terreur constante. C'est ce qu'il allait à nouveau devoir ressentir désormais ? Etre allié à l'ordure qui l'avait fait tant souffrir était pour lui la pire des insultes.

Mais alors, pourquoi ce rêve ?

~ o ~

Le banquet battait son plein, les bavardages s'entrechoquaient dans un brouhaha festif, rires à gorge déployée, chansons et fredonnements étaient au rendez-vous. Spain n'avait pas vu une si bonne ambiance depuis un moment, on ne pouvait pas dire que l'environnement était propice à la fête et à la bonne humeur chez lui. Il faisait néanmoins de son mieux pour s'intégrer, parlant avec un grand sourire lorsque le roi ou le commandant à côté de lui lui adressaient la parole, quelques rires venaient même à sortir de sa bouche, il devait bien admettre que sa Majesté était un personnage amusant malgré son passé plus que tumultueux avec l'Espagne. Le roi était assis en bout de table avec à ses côtés Spain et England qui se faisaient face sans pour autant se parler, England faisait semblant d'être passionné par les histoires de guerre du général à côté de lui et le roi monopolisait l'attention de Spain. Georges III finit alors par se lever un verre à la main, imposant ainsi le silence dans toute l'assistance. Après un raclage de gorge des plus bruyants, il prit enfin la parole.

- Mes chers, en mes qualités de roi, je voudrais à nouveau souhaiter au nom de toute la cour la bienvenue à notre invité Spain et excusez mon langage mais je peux déclarer que grâce à lui nous allons enfin botter le derrière de ce sale nabot de Français ! Aux couronnes d'Espagne et de l'Angleterre, que notre union puisse à jamais durer.

Alors que la cour acclamait le discours du roi, Spain bloqua sur sa dernière phrase, " que notre union puisse à jamais durer " Est-ce que cette alliance s'avérait être bien plus sérieuse que les échecs des siècles précédents ? Cette idée écoeura Spain au plus haut point, il souhaitait que la guerre se finisse rapidement pour justement rompre cette alliance et rentrer dans son pays pour oublier tout ça. Mais les intentions de l'Angleterre ont l'air bien différentes. Le roi se rassit et se mit à parler avec England pendant que Spain était devenu totalement silencieux, une mine décomposée et un teint de mort, il était plus blanc encore que les dames de la cour et le contenu de son assiette qui était succulent il y a encore quelques secondes lui donnait maintenant envie de vomir. Il fallait qu'il parte vite mais c'était impossible.

Quand soudain, une voix vint à la rescousse de Spain.

- Votre Majesté ? Puis-je me permettre de raccompagner Spain ? Je crois que son voyage l'a épuisé.

- Que me chantez-vous là England, Spain est en plei.. Oh Lord, mon petit, quelle mine atroce vous avez-là, le voyage s'est si mal passé que ça ? S'exprima le roi avec une voix moins criarde pour ne pas attirer l'attention. Je t'en prie England, tu as l'autorisation de le raccompagner.

- Je vous remercie, Tu viens.. Spain ?

England s'était permis de passer derrière le siège du roi pour pouvoir rejoindre Spain et lui tendre la main. Spain voulait refuser mais épié par le regard attendrit du roi, il ne put faire autrement qu'accepter la main puis l'épaule charitable du blond.

- Votre Majesté, je suis désolé de vous fausser compagnie ainsi, la mer était en effet assez agitée mais votre accueil m'a aidé à passer outre le temps de quelques heures.

- Allons mon petit ne t'excuse pas, reviens nous plus frais que jamais demain, ta santé est plus importante.

- Je vous remercie votre Majesté !

Il se retourna ensuite face à la sortie de la salle, marchant difficilement avec l'épaule d'England comme soutien. Il fit semblant de l'accepter sous les yeux soucieux des invités mais une fois les corps des deux hommes recouverts par la pénombre du premier étage, Spain lâcha aussitôt England en le repoussant.

Mauvaise idée.

Le corps de Spain avait visiblement subi un trop grand choc pour parvenir à marcher seul, ses jambes le lâchèrent aussitôt mais au lieu de tomber sur le sol, une grande force le maintint dans les airs. Spain se retourna et aperçut la main du blond qui tenait son bras, le visage légèrement crispé dû à l'effort qu'il avait dû fournir pour rattraper Spain aussi rapidement.

- Crétin, si je t'aide à marcher c'est pas par bonté de coeur !

England aida Spain à se relever et le repositionna dans la même position dans laquelle il était avant son mouvement brusque.

- Tu n'avais pas besoin de m'aider !

- Tu te serais évanouis devant le roi !

- Je préfère m'humilier devant une centaine de personnes plutôt que tu m...

- Qu'est ce qui se passe encore ? Oh merde !

Le teint blâfard de l'Espagnol vira vite au verdâtre, l'expulsion de son surplus d'émotion et de rosbif allait arriver d'une seconde à l'autre, sans réfléchir, England attrapa l'épaule de l'Espagnol puis ses genoux pour vite le porter dans ses bras et entra dans la première salle de bain venu pour positionner Spain au dessus des toilettes qui vomit aussitôt, salissant la veste d'England dans la précipitation.

- Mierda !

England se tenait aux côtés de Spain, relevant ses cheveux de la figure de l'Espagnol et maintenant son épaule pour éviter qu'il ne tombe.

- Laisse moi..

- Il est hors de question que je nettoie derrière toi alors finis-vite et je te ramène dans ta chambre.

Spain arrêta enfin de se vider l'estomac au bout de 10 minutes, alternant période calme puis période de grand déluge. Le corps de Spain était épuisé, incapable de bouger seul. England le comprit vite et après un soupir d'agacement il souleva le corps de son invité vers le lavabo afin de lui jeter sans précaution l'intégralité de la cruche d'eau sur son visage pour le nettoyer.

Spain restait silencieux, incapable de se défaire de l'emprise d'England, il ne pouvait rien faire hormis laisser England le nettoyer malgré son dégoût certain. L'eau le réveilla un peu, ses jambes engourdies ressentaient enfin quelques picotements, aidant Spain à tituber seul.

- Viens ! Je t'accompagne dans tes appartements.

- Je peux marcher seul maintenant ! Merci pour ton aide !

Sans lui accorder un regard, Spain sortit de la salle de bains pour rentrer dans sa chambre sans même sentir que dans l'obscurité de ces longs couloirs vides, quelqu'un le suivait. Arrivé à mi-chemin, ses jambes à peine réveillées avaient déjà envie de le lâcher, Spain se retint alors sur un des murs qu'il décida de longer pour arriver jusqu'à ses appartements.

- Admets-le Spain !

- AAH !

Cette voix, cette phrase. Nul doute, il était foutu. En faisant face à son interlocuteur, seul les grands traits de sa silhouette était visible grâce à la lumière de l'extérieur qui reflétait sur le corps de l'homme en reprenant la forme des fenêtres d'où elle provenait. Ses yeux le fixaient à nouveau. L'obscurité, l'absence de tout autre présence et la proximité de leurs corps rendait la situation dangereuse aux yeux de Spain. Sans réfléchir, Spain rejeta son suiveur, celui-çi tomba à terre.

- Bordel Spain qu'est-ce que tu fous ?

- Toi qu'est ce que tu fous ? Tu me suis depuis tout à l'heure c'est ça ?

- Je savais parfaitement que t'allais te casser la gueule avant d'entrer dans ta chambre. Pourquoi tu refuses que je t'aide ?

- Tu te poses sérieusement la question ?

- Putain Spain t'es sérieux, cette histoire encore ? Ecoute bien !

England se releva d'un bond et saisit avec violence les deux mains de l'Espagnol pour les plaquer au dessus de sa tête, son corps venant se coller à celui de Spain dont le dos se retrouvait plaqué contre le mur. Il le savait cette fois, il était foutu. Alors que le visage diabolique d'England se rapprochait dangereusement de celui de Spain, ce dernier ferma les yeux alors qu'il tentait en vain de se débattre.

Smack.

- Qu'est-ce que..?

Un simple baiser sur la joue. Après cette action impensable pour Spain, England le délivra de sa position très inconfortable mais ne détacha pas son regard du sien.

- Si j'avais voulu reproduire ce qu'il s'est passé il y a des siècles, je ne t'aurais jamais donné l'occasion de sortir de cette salle de bain. Je l'aurais fais de façon violente avec ou sans ton consentement sur le carrelage.

- Je ne vois pas où tu veux en venir England.

Le visage d'England changea radicalement, il troqua ses traits crispés de colère contre un visage apaisé et un sourire des plus délicats.

- Pardonne moi !

- Quoi ?

- Pardonne moi ! Tu sais à quel point on était jeunes et cons pendant cette période de piraterie, on s'est tout les deux capturés, pillés, blessés, coulés, brûlés et tout ça pour quoi ? On en est ressorti meurtris et pauvres, aucun clan n'en est sorti victorieux . Tout ce qu'on avait amassé pendant nos longues expéditions était parti en fumée comme nos valeureuses flottes. Tout ce que je veux c'est ce que l'on enterre la hache de guerre. Je ne te demande pas qu'on soit amis etc, juste que tu arrêtes de m'éviter comme tu l'as fait aujourd'hui et comme tu l'as toujours fait pendant nos nombreux traités de paix. Deal ?

England se recula à nouveau, tendant sa main vers Spain comme s'il attendait la main de ce dernier en retour. Spain, après avoir écouté les excuses d'England, ne savait plus quoi penser, il est vrai que cela s'est produit il y a des siècles, L'Espagnol en avait assez d'y repenser. Spain ne répondit pas à England, son visage impassible fixa d'abord le visage anormalement serein de l'Anglais puis fixa sa main qu'il serra rapidement avant de repartir vers ses appartements sans un mot.

Une fois arrivé vers la porte de sa chambre, toujours suivi par England qui vérifiait que Spain n'allait pas de nouveau tomber, le châtain déclara sans même accorder un regard à son interlocuteur.

- Hum.. Pardonne moi pour ta jambe !


Note de l'auteur

Hello ladies and gentlemen

Voici donc la seconde partie de The World doesn't need two suns, comme pour ma fiction en cours " Con te partiro " l'Histoire a une place très importante dans certains de mes écrits. L'Histoire entre l'Angleterre et l'Espagne est particulièrement intéressante avec toutes ses guerres et périodes de paix, comme un vieux couple qui se quitte et se remette ensemble h24 XD

~ Voici la merveilleuse minute historique du professeur Jean-Culles ~

Comme je l'ai dis plus haut, entre la guerre de 1585 - 1604 et l'alliance Anglo-Espagnole de 1808 contre le corse maléfique ( ceci est une blague de l'humour, calme si ya des corses ) Napoléon et Francis à sa botte qui avait conquit Spain sans scrupule alors qu'il n'était déjà pas au mieux de sa forme, England et Spain ont eu de nombreuses autres guerres et traités d'alliance qui étaient toujours des échecs. Ui car l'amitié Spain-France est trop mainstream, on veut un peu de trahison merde !

~ C'était la merveilleuse minute historique du professeur Jean-Culles ~

J'espère que vous aimerez la troisième et dernière partie ~