Maggie a huit ans, et son âme sœur est un scientifique.
C'est ce que lui dit son père quand elle lui montre le symbole qui est apparu sur sa hanche cette nuit. Il ne peut pas lui dire ce que signifie le drôle de double losange blanc qui s'est dessiné comme par magie sur sa peau, mais il sait que c'est une formule chimique.
Margarita, tienes suerte, il sourit ¡ Vas a casarte con un científico !
Maggie rit aussi devant le sourire de son père, et baisse les yeux vers le symbole. Ses yeux ne quittent pas sa hanche droite de la soirée.
Quelque part ailleurs sur terre, son âme sœur est peut-être en train de regarder le même symbole qu'elle, et la simple pensée fait se creuser d'avantages les fossettes de Maggie.
Papá, elle demande encore de sa petite voix douce ¿Crees que hablará español ?
Le père de Maggie sourit, et regarde un instant sa fille sans rien dire. Et quand il répond, c'est en anglais. Il répond toujours en anglais quand il veut que Maggie le prenne au sérieux.
Je crois qu'il te comprendra. Maggie sourit, et se resserre contre lui.
Son Papá a toujours raison. Toujours.
Maggie a neuf ans, et elle apprend qu'elle est différente.
Elle entre à l'âge où tout le monde se montre son tatouage en gloussant doucement à la récréation et se demande ce qu'ils signifient en parlant du prince charmant.
Quand elle leur montre sa molécule, les filles de sa classe cessent de rire, et se penchent toutes d'un air curieux.
Son tatouage est rare.
La plupart des gens ont une phrase d'un film, ou des paroles d'une chanson en guise de tatouage, mais sa molécule chimique est apparemment une exception, assez pour rapidement faire le tour de l'école. Tout le monde chuchote son nom quand elle passe dans les couloirs, et certains viennent même la voir pour lui demander de leur montrer.
Maggie a l'habitude d'être montrée du doigt de toute façon.
Ses parents l'appellent Margarita mais ses amis l'appellent Maggie, parcequ'aucun d'entre eux ne parle espagnol. Personne ne parle espagnol ici – ni ses quelques amis, ni les professeurs, ni aucun adulte du coin. Elle et ses parents sont les seuls de tout Blue Springs à ne pas avoir la peau blanche comme neige.
Alors Maggie se fiche de ne pas avoir de mots, comme tout le monde. Elle est déjà à part de toute façon.
Elle ne comprend peut-être pas la formule qui marque sa peau, mais elle sait une chose. Son âme sœur est unique.
Maggie a onze ans quand elle voit la formule apparaître la première fois dans un livre.
Son livre de science, précisément. Elle a ouvert son livre à la mauvaise page mais elle la reconnait tout de suite, avec ses deux cycles et ses deux N et son O.
Comme elle est en cours, elle se contente de replier le coin de la page pour la retrouver plus tard.
Elle n'en parle pas à ses parents quand elle rentre de l'école. Ce n'est pas qu'elle veuille leur cacher, mais elle n'a jamais vraiment parlé d'âme sœur avec eux, à part depuis le soir où elle l'a montré la première fois à son père.
Ses parents n'ont plus le temps pour elle, de toute façon. Ça crie beaucoup chez elle en ce moment, et Maggie préfère se faire discrète.
Le soir, quand elle envoyée au lit après avoir souhaité bonne nuit à ses parents, Maggie sort le livre de science et s'allonge sur son lit pour découvrir sa molécule.
La sérotonine.
Il n'y a que le nom marqué et rien d'autre, pas d'explications, mais sa molécule a un nom, et Maggie ne dort pas de la nuit. Son âme sœur est réel, et l'attend quelque part.
Maggie a douze ans, et elle la seule raison pour laquelle elle est contente de rentrer au collège est qu'elle va enfin en découvrir plus sur sa molécule.
Son école a une grande bibliothèque, qui ne contient pas que des bandes dessinées et des livres à illustrations comme sa petite école primaire, et elle s'y précipite dès le lendemain de la rentrée.
Le rayon des livres scientifiques n'a surement jamais connu quelqu'un d'aussi jeune, mais elle est là. Elle cherche, et elle trouve.
La sérotonine.
La sérotonine est un modulateur de l'activité du système nerveux central et régulateur de l'humeur – anxiété, dépression, joie, agressivité – du sommeil, des comportements sexuels et alimentaires, dit son livre.
Maggie relit trois fois de suite le texte, mais ne le comprend toujours pas. Peu importe, elle apprend quand même la définition par cœur – ça pourra peut-être lui servir un jour.
Elle aurait pu avoir pire, elle se dit en regardant les autres molécules et leurs formules. Elle aurait aussi pu avoir autre chose qu'un monoamine de la famille des indolamines – peu importe ce que ça veut dire.
Son âme sœur est un génie, elle se répète. Ou un énorme geek.
Les chances de rencontrer son âme sœur sont faibles, elle le sait, surtout ici à Blue Springs où très peu de gens se marient avec leur partenaire de tatouage. Ici, ou on trouve son âme sœur dès l'école maternelle, ou on ne le trouve jamais.
Mais comme toutes les filles de douze ans, Maggie veut y croire.
Maggie a treize ans, et sa vie n'est pas parfaite, mais elle s'en accommode.
Elle a la vie banale d'une fille de treize ans dans une petite ville du Nevada – le fait d'être la seule fille non blanche de la ville à part bien entendu.
Ça lui convient.
La nouvelle fille de sa classe, Elisa Wilkey, arrive au milieu d'année, et devient tout de suite son amie. Elisa est drôle, et un peu rebelle, et enfin quelqu'un dans son bled d'intéressant. Elles regardent des films d'horreur dans le sous-sol d'Elisa ensemble, et elles fument en cachette dans les toilettes des filles, et Maggie aime ça. Elle a l'impression d'être grande, d'être libre.
Elles décident de se montrer leurs tatouages respectifs à la fin de l'année scolaire, comme pour se donner le courage de passer les vacances sans se voir.
Celui d'Elisa couvre sa cheville et Maggie le lit à voix haute.
The most beautiful sound I've ever heard.
Elisa rit qu'elle rencontrera peut-être son âme sœur dans un théâtre de Broadway, mais Maggie ne rit pas.
Elle ressent un drôle de sentiment dans son ventre, comme … de la déception. Pour la première fois, Maggie se dit que son âme sœur n'est peut-être pas le garçon timide et sérieux qu'elle imagine depuis son enfance.
Quand elle observe sa molécule de sérotonine, bizarrement, c'est le rire d'Elisa Wilkey qu'elle entend dans sa tête.
Maggie a quatorze ans, et son enfance prend fin brutalement quand elle regarde la voiture de son père s'éloigner d'elle et ne devenir qu'un point à l'horizon.
Son père l'abandonne sur le bord de la route comme un vulgaire sac poubelle qu'on jette à la benne, et elle doit faire à pied les quelques kilomètres qui sépare Blue Springs du quartier de banlieue où vit sa tante.
Maggie ne comprend pas. La seule chose qu'elle voulait, c'était aller à la danse avec Elisa.
Et elle se retrouve sans parents, sans maison et sans Eliza, à se demander pourquoi son père ne fait pas demi-tour.
L'enfance de Maggie s'arrête sur cette route. Son innocence aussi.
Maggie a quinze ans, et elle ne se reconnait plus.
Physiquement c'est bien elle – les mêmes cheveux noirs, et la petite carrure, et les yeux brûlants. Et la même molécule sur la hanche, toujours.
Mais mentalement elle n'est plus la même. Elle ne sera plus jamais la même.
Elle est la paria de son école, mais elle en avait déjà l'habitude. La seule différence, c'est qu'Eliza Wilkey et sa bande l'évitent comme la peste maintenant.
Maggie se referme de plus en plus sur elle-même. Elle refuse de parler espagnol, et même sa tante ne l'appelle plus Margarita maintenant.
Elle est Maggie, juste Maggie.
Son père n'avait pas toujours raison, mais elle espère qu'il ne s'était pas trompé sur son âme sœur.
Maggie a seize ans, et elle veut que son motif disparaisse.
La sérotonine.
Elle en assez de la voir. En fouillant un peu dans son livre de chimie, elle a appris que c'est une hormone qui, si elle baisse, peut entraîner une dépression. La sérotonine a également une action sur le sommeil, les troubles sexuels, les anomalies du comportement alimentaire et l'agressivité. Les tendances suicidaires peuvent être expliquées par une faible production de sérotonine.
Soit tous les dysfonctionnements et toutes les saloperies possibles du corps humain pour elle.
Et Maggie a l'impression de les vivre tous à la fois. Mais par-dessus la tristesse, et le dégout de soi-même, c'est la colère qu'elle ressent le plus.
Maggie est furieuse contre Eliza, pour avoir donné la carte à ses parents.
Elle est furieuse contre ses professeurs et les autres adultes qui ne l'aident pas, et ne remarquent même pas qu'elle est en train de se noyer.
Elle est furieuse contre son âme-sœur, qui n'y est pour rien.
Elle est furieuse contre elle-même. Elle n'y est pour rien non plus, pourtant.
Maggie a dix-huit ans, et elle part de Blue Springs sans se retourner.
Elle quitte le Nebraska pour l'Arizona, où une bourse d'étude l'attend à Phenix pour une formation de deux ans en sciences générales. C'est une petite fac, et le diplôme tout seul ne vaudra pas grand-chose, mais Maggie n'a pas hésité une seconde à signer les papiers d'admission.
Elle dit au revoir à sa tante, et jette sur son épaule le léger sac de sport qui contient toute sa vie.
Elle espère qu'elle n'a pas laissé son âme sœur à Blue Springs, parcequ'elle sait qu'elle ne retournera pas le chercher.
Maggie a vingt ans, et elle est amoureuse.
Emilie croit qu'on peut tout à fait faire sa vie avec quelqu'un qui n'est pas son âme sœur, et Maggie a envie de la croire. Emilie ne pose pas de questions sur sa famille, Emilie la fait sourire et Emilie la rend heureuse.
Et Maggie finit par oublier que les mots gravés dans le coude d'Emilie, elle ne les a pas, et que la hanche de sa copine est vide de tout symbole.
Je me la ferai tatouer, ta sérotonine rit Emilie un jour, et Maggie rit aussi.
Maggie l'aime.
Mais Maggie a toujours du mal à parler de ses sentiments, même à elle. Et elle ne parle pas de ce jour-là. Jamais.
Maggie a vingt-et-un ans, et elle a trouvé son but.
Elle ne peut peut-être pas s'aider elle-même mais elle peut aider les autres, et elle sait qu'elle a trouvé le bon moyen dès ses premiers jours à l'académie de police de Phenix.
Elle travaille d'arrache-pied pour y rentrer et Emilie la soutient, lui dit qu'elle est fière d'elle, et Maggie veut tellement de reconnaissance que les mots de sa copine sont comme des shots de motivation liquide.
Elle part avec tous les handicaps possibles – elle est petite, a la peau foncée et les cheveux noir corbeau, elle a une copine et elle l'assume, et surtout elle est une femme.
Elle commence la course avec deux tours de retard, mais elle ne laissera personne ne lui voler son rêve. On lui a déjà trop enlevé.
Elle double tous ses concurrents un par un, et ses handicaps deviennent sa force. Sa fierté.
Avec la sérotonine, c'est de l'adrénaline qui pulse dans ses veines.
Maggie a vingt-trois ans, et elle se bat constamment.
Elle se bat contre les criminels qu'elle arrête et contre les préjugés qu'on lui colle à la peau.
Elle se bat contre ses supérieurs qui la considèrent trop chétive pour la mettre sur des dossiers sérieux et contre ses collègues qui la traitent de bleue.
Elle se bat contre ses pensées noires et contre les mots de son père qui la hante.
Quand elle rentre le soir, couverte de bleus et passablement épuisée, Emilie l'attend avec un bain chaud, et un bon dîner, et toujours un sourire.
Maggie se presse dans la chaleur du bain et la douceur des bras d'Emilie, et se demande comment quelqu'un pourrait la compléter comme le fait Emilie. Elle ne sait pas si elle pourra un jour aimer quelqu'un comme elle aime Emilie.
Après tout, beaucoup de gens ne rencontrent jamais leur âmes sœur et vivent quand même une vie calme et paisible et heureuse, non ?
Maggie n'oublie pas qu'Emilie ne porte pas de sérotonine sur sa hanche droite, mais c'est plus simple de repousser la pensée au loin.
Maggie a vingt-quatre ans, et elle est à bout de souffle.
Il s'avère que le calme et le paisible lui ont convenu un moment, mais que ce n'est pas pour elle.
Maggie veut de l'action. Elle veut des braises et du feu, elle veut des dragons à affronter et des combats à mener.
Par-dessus tout, elle veut faire régner une justice qui protège ceux qui ne peuvent pas se défendre. Ceux qui n'ont pas de voix. Ceux comme qui elle a été quand elle s'est retrouvée à la rue.
Emilie en a marre de ses horaires et du stress que lui impose la vie de flic, et les reproches s'accumulent.
Maggie aime son travail et aime Emilie, mais elle n'arrive plus à concilier les deux. L'idée de devoir faire un choix la terrifie.
Elle se demande si ça serait plus facile si Emilie était son âme sœur.
Si la personne qui possède le même tatouage qu'elle comprendrait l'acharnement et qu'elle met dans le travail, et son amour insensé du risque.
Si la personne qui est faite pour elle pourrait comprendre et accepter, ou si elle lui mettrait un ultimatum comme le fait Emilie.
Maggie ne sait pas si elle veut réellement avoir la réponse à cette question.
Maggie a vingt-cinq ans, et elle est une déception permanente.
Après ses parents, c'est Emilie qui veut qu'elle disparaisse de sa vie. Maggie ne la retient pas. C'est de sa faute, c'est encore de sa faute.
Emilie la quitte après lui avoir balancé à la figure tout un tas d'horreurs qu'elle mérite amplement.
Le premier soir depuis cinq ans où elle se retrouve toute seule dans son appartement trop grand et trop vide pour elle, elle se dit qu'elle comprend pourquoi c'est la sérotonine qu'elle a sur la peau et pas la phényléthylamine, la molécule de l'amour. Elle mérite la douleur et l'anxiété plus que de l'amour.
Maggie se demande si son âme sœur sera déçue d'elle aussi.
Maggie a vingt-six ans, et elle passe détective.
Elle en a bavé pour obtenir sa plaque et elle en a fait des sacrifices, mais elle est fière d'elle.
Les seules félicitations qu'elle obtient sont un message sur son répondeur de sa tante et une bière qui lui offre son coéquipier, mais peu importe.
Son badge de détective est fièrement accroché à sa ceinture, et Maggie prend bien soin de toujours le placer à gauche. Sa hanche droite porte une autre marque, dont elle est tout aussi fière mais qu'elle ne montre plus à personne.
Maggie a vingt-sept ans, et elle découvre National City.
Elle a été transférée à la NCPD en passant détective mais son transfert n'a lieu qu'un an après, et l'obtention de la plaque valait bien le déménagement. De toute façon elle avait trop de mauvais souvenirs à Phenix, et la nouvelle ville lui fera du bien.
National City, avec ses buildings, ses parcs et ses bars, et sa superhéroïne. Supergirl.
Comme tout le monde, Maggie est impressionnée la première fois où elle voit l'héroïne voler dans le ciel de sa nouvelle ville, mais l'admiration ne dure qu'un temps.
A National City il y a d'autres aliens, moins médiatisés et beaucoup moins populaires que Supergirl, et qui ont bien plus besoin de son aide que la Kryptonniene.
Maggie les rencontre au bar alien où elle se rend de plus en plus souvent. Là, elle s'y sent accueillie, plus que n'importe quel autre bar où elle a pu aller. Elle sait ce que c'est être un mal-aimé aussi.
Maggie se dit que si il y a un endroit où elle pourra se construire un avenir, National City pourrait bien être cette ville.
Maggie a vingt-huit ans, et elle comprend enfin.
Elle a reçu comme marque une molécule chimique parceque son âme sœur est peut-être – certainement - l'esprit le plus brillant qu'elle ait pu rencontrer dans sa vie.
Bien sûr, elle ne réalise pas tout de suite qu'Alex est son âme sœur. Ce n'est qu'une fille comme les autres au début, puis elles travaillent ensemble, et elles se voient en dehors du boulot, et graduellement Alex devient plus.
Maggie est une détective, et elle détecte. Et les indices s'accumulent comme des pièces à conviction d'un dossier dans lequel Maggie est à la fois l'enquêteur en chef et la victime, parcequ'elle s'était juré de ne plus jamais se confier à personne, mais elle n'avait pas prévu Alex.
Alex, qui est si géniale et si adorable qu'elle accepte de continuer à jouer au billard avec elle – malgré ses cuisants échecs- et qui prétend si bien qu'elle n'est pas gay que Maggie aurait presque envie de la croire.
Mais le point tournant de leur relation, la pièce manquante du puzzle, Maggie la découvre le jour où elle va au bar alien avec les sœurs Danvers.
Si Maggie avait encore un doute sur la Super-identité pas si secrète que ça de la petite sœur d'Alex avant ça, tous ses soupçons sont envolés. Quelques bières martiennes, et Kara titube, et pépie gaiement tous les secrets de sa sœur.
Elle ne se rappelle plus comment elles en sont arrivées là – quelque chose qu'elle se reprochera souvent des années après – mais elles en viennent à discuter d'âmes sœurs et de marques alors qu'Alex est partie chercher sa tournée et Kara balance qu'Alex a une molécule dessinée, pas une phrase comme elle, une molécule chimique compliquée, elle précise.
Alex revient et lui fait les gros yeux, et la journaliste se tait mais Maggie a entendu.
Et Maggie a compris. Et Maggie est terrifiée.
Pas parcequ'Alex est son âme sœur – Alex est la personne la plus parfaite qui soit et Maggie n'aurait pas pu rêver mieux – non, Maggie est terrifiée d'elle-même.
Parcequ'elle ne peut pas être l'âme sœur d'Alex.
Alex est plus que vive que son père, et plus drôle qu'Emilie, et plus belle qu'Eliza. Alex est plus, plus que tout ce qu'a connu Maggie avant, et elle ne mérite pas un âme-sœur qui ne peut que lui faire du mal. Maggie ne veut pas ruiner la vie d'Alex par sa faute.
Alors elle réagit de la seule manière qu'elle a toujours su - elle repousse Alex.
Maggie est déterminée, mais Alex persiste, et ne veut pas la laisser lui filer entre les doigts.
Et finalement, Maggie ne peut plus lutter contre sa volonté. Elle veut être la première à le dire, à voir l'étonnement dans les yeux d'Alex, et sa joie.
Les yeux d'Alex s'illuminent comme un soir de Noel quand Maggie lui montre sa molécule, et Maggie comprend qu'elle a enfin trouvé quelque chose de stable dans sa vie.
Maggie a vingt-neuf ans, et dans deux mois, elle changera de nom de famille pour un qu'elle portera avec plus d'orgueil qu'elle n'a jamais mis dans Sawyer.
Tous les gens qu'elles connaissent à National City sont venus pour les voir, mais elle n'a d'yeux que pour Alex, et Alex pour elle.
James rigole que si ils dérangent ils peuvent partir, et Maggie ricane quand sa fiancée lui montre la porte du doigt mais elle ne voudrait les laisser partir pour rien au monde.
Toute sa grande famille recomposée est là, à rigoler sur son canapé et à boire des bières en parlant du mariage, de son mariage, et si le bras d'Alex n'était pas solidement ancré autour de ses épaules, elle se pincerait pour vérifier qu'elle ne rêve pas.
Elle devra bientôt avoir une petite conversation avec Kara à propos de Lena parceque les regards en coin et les soupirs d'amoureux transits c'est plus possible, mais pour l'instant elle se contente de se resserrer contre Alex.
Elle savait bien qu'elle se marierait avec un génie.
