Chapitre II :
"Liar Liar..."
Gustav sortit le dernier carton. Premier et dernier jour de déménagement. Il s'épongea le front et pénétra dans le manoir. Depuis la première fois qu'ils l'avait visité , il y a 2 semaines, le jeune homme se sentait dévoré de curiosité, les pièces l'avaient enchanté, les décorations restaient à refaire bien sûr, mais la demeure dégageait une ambiance dans laquelle il se sentait bien, et ce, depuis plusieurs semaines . Quand au bassiste, il restait extasié devant l'immense jardin, dans lequel il s'imaginait un hamac, de jolies filles, de grandes fêtes...Ah oui, et au cas où , récurer le grand bassin qui pourrait faire office de piscine.Gustav leva le regard et fixa le plafond ; par delà le plancher et les fondations se trouvait le grenier, qui refusait de s'ouvrir; il songea à faire sauter la serrure, lorsqu'un grand fracas retentit, ce qui le fait sursauter . Georg, le visage maculé de poussière et le regard rieur vint s'accouder à la rambarde de chêne, observant Gustav, un sourire au semblant sadique au coin des lèvres :
-Ben alors tu te fais des frayeurs?
-T'as entendu?
-Ouaip, je me suis étalé comme une larve sur mon nouveau lit!
-J'me disais aussi...T'as pris quelle chambre?
-Celle avec la grande baie vitrée!
-Tu t'fais pas chier toi !
-Premier arrivé, premier servit Gusti!
-Descend feignasse, viens m'aider à ranger!
Deux heures plus tard, alors que le crépuscule les guettaient, ils dégager les derniers cartons vides au dehors.Georg dégagea les quelques mêches que la sueur collaient sur la tempe :
-Bon, je prends une douche et j'y vais.
-Où ça? Voir une fille encore?
-Et oh mère Michelle!
-Mère qui?
-T'a rien retenu de la France, tu te rappelles pas du chat perdu?
-Nan...A part les habitantes et les recettes provençales...
Ils se regardèrent un instant puis explosèrent de rire : décontraction, envol de la fatigue et de leurs soucis. Le batteur se releva et scruta d'un oeil de ménagère la cuisine :
-Lasagnes?Ou tu rentres tard ?
-J'veux bouffer moi!
-C'est vrai que baser ouvre l'apétit.
-Exact, et vu comme tu fons , tu devrais t'y mettre aussi!
-Viens voir tonton Gustav qu'il te mette un bon péchon dans ta gueule!
-Le con c'est qu'il vise bien en plus... se dit Georg une demie heure plus tard en se frottant la tête dans sa voiture. Il reprit ses esprits et enclencha le contact.
Vingt minutes passèrent durant lesquelles le bassiste remuait la tête au rythme de la chanson qui s'échappait du poste :
"you
will burn in hell they say, Liar!
Liar! Pants on fire
you will burn in hell!
Liar! Liar! Stop your soul from catching fire
fire
God and maker, liar! liar! pants on fire..."
-Liar, liar, entonna t'il. Ouaip, i am the best liar se dit-il à lui même.
En soupirant, il regarda le panneau routier devant lui, non pas qu'il en ai besoin pour se souvenir du chemin, mais c'était son petit rituel depuis deux semaines, histoire de bien marquer qu'il dépassait une frontière. Il gara sa voiture au parking et rajusta son Perfecto sur ses épaules. Georg accrocha son badge de façon à ce qu'il soit bien en vue, attendit que l'on lui ouvre les portes, et se plia à la fouille habituelle en entrant. Il patienta avec les autres l'ouverture de la salle et le moment venu, il se dirigea comme d'habitude vers la table du fond. Un jeune homme, aux cheveux fraîchement coupés l'y attendait : il portait la tenue habitulle. Georg se força à lui sourire, l'étraignit amicalement et s'assit à son tour, aux milieu de parmis tant d'autres . Le personnage à la mine fatiguée esquissa lui aussi un sourire et prit enfin la parole :
-Gustav ne sais toujours pas que tu viens me voir?
Le bassiste était toujours étonné d'entendre à quel point sa voix fut devenue rauque depuis ce fameux jour, ainsi que cette apparence de vagabon :
-Non Tom, il sait pas, vaux mieux pas.
L'autre acquiesca la tête.
Le crépuscule touchait à son heure à présent, et couvrait d'ombres le grand établissement , les derniers visiteurs entrèrent en se pressant pour se préter à la fouille règlementaire à leur tour. Sur l'écriteau de la porte qui se refermait, la lune naissante pouvait y lire : "Pénitencier Lüge".
