Chapitre 2 : Révélations en chaîne
OOOOOOOOO
Ichigo était toujours figé au même endroit, ses yeux marron intenses connectés aux océans gris perle étonnés de celle qu'il avait aimée et aimait encore. S'il s'écouterait, s'il céderait à son instinct, il se précipiterait sur elle à cet instant précis pour la toucher, que ce soit sa main, son épaule, son visage, juste pour s'assurer qu'il ne rêvait pas, qu'elle était bien réelle.
Seulement ses pieds refusaient de bouger comme enfoncés dans le sol recouvert de linoléum. Son cœur s'emballait à l'inverse de son cerveau qui, lui, analysait la situation pour le moins déstabilisante.
Il savait qu'Orihime était vivante, rejetant tout net l'idée d'envisager sa mort accidentelle. Mais pourquoi réapparaissait-elle trois ans plus tard sans avoir donné le moindre signe de vie durant tout ce temps ? Pourquoi dans cet hôpital ? Pourquoi dans ce service de cardiologie ?
Un frisson glacial lui traversa l'échine lorsque la réalité le frappa avec la force d'une brique. Se pourrait-il qu'elle soit la fameuse patiente ayant consulté en urgence ? Non, c'était impos…
- Bonjour ~ ! gazouilla une voix le ramenant sur terre. J'imagine que vous êtes le médecin avec qui j'ai rendez-vous ?
Le roux baissa les yeux sur la petite femme devant lui et fronça les sourcils tandis que quelque chose se fissurait en lui. D'accord, il ne lui avait pas sauté dessus ni crié combien elle lui avait manqué, mais ainsi était sa manière à elle de le saluer alors qu'elle était bien plus expressive que lui ne le serait jamais ? Comme s'ils s'étaient quittés hier ?!
Dans sa bulle de joie de la revoir, la fumée de la colère s'insinua.
- A quoi tu joues, O… ? commença-t-il avant de s'arrêter, intrigué. Qu'est-ce que tu regardes comme ça ?
En effet, un air proche de la fascination était lisible sur le doux visage de la princesse.
- Vos cheveux ont une jolie couleur. Je veux dire, j'ai déjà vu des personnes rousses mais vos traits sont différents ce qui vous… va très bien, acheva-t-elle dans un murmure, les joues roses à cause du regard qu'il lui jetait.
L'avait-elle offensé ? Peut-être devrait-elle s'excuser ? Ah là, là, elle et sa manie de sortir tout ce qui lui passait par la tête !
A vrai dire, le fils Kurosaki était effectivement de plus en plus troublé. Que ce soit à cause des propos qu'il venait d'entendre ou de la direction que prenait cette conversation, il ne saurait le dire.
- Je ne comprends pas…
- Moi non plus, l'interrompit une nouvelle fois la déesse auburn, l'index sur le menton. Quand mon médecin m'a dit que le Docteur Kurosaki était un grand médecin, je m'attendais à rencontrer une personne un peu plus âgée. Sans vouloir vous vexer, termina-t-elle avec un petit sourire, les bras dans le dos.
Le frère des jumelles n'avait, lui, pas la moindre envie de sourire. Orihime ignorait certes la dépression dans laquelle il avait failli se noyer suite à sa disparition brutale, mais elle devait au moins se douter du vide qui l'habitait et de la souffrance due à son absence !
- Écoute, je ne saisis pas pourquoi tu me sors tout ça ni pourquoi tu me parles comme ça. Et puis tu sais bien que mon père aussi est méde…
- Excusez-moi.
Irrité d'être interrompu pour la troisième fois en moins de cinq minutes, Ichigo tourna son regard sur la gauche et croisa celui de l'homme brun à lunettes qu'il avait repéré près du distributeur en arrivant. Une sorte de courant électrique invisible passa dans ce simple échange, et le jeune docteur ressentit une sensation immédiate : il n'aimait pas ce type qui, en plus, se permettait de le fixer d'un air peu flatteur. A croire qu'il avait fait quelque chose de répréhensible.
- Je ne connais pas vraiment les coutumes de ce pays, Docteur Kurosaki, mais je doute que commencer la consultation dans une salle d'attente en tutoyant ses patients sans les connaître en fasse partie.
Le concerné remarqua pour la première fois le lieu où ils se trouvaient ainsi que la demi-douzaine de paires d'yeux braquées sur eux. Une certaine gêne se fit sentir sauf qu'il étouffa très vite ce sentiment avec sa mine renfrognée bien en place.
Non mais qui était ce mec qui osait mettre un terme à sa conversation -sans queue ni tête mais même- avec Orihime et en plus critiquer sa manière de travailler -même s'il n'avait pas tort ?
- Tu es qui toi ? demanda-t-il sèchement en insistant bien sur le premier mot, le poing serré dans la poche de sa blouse.
- Uryuu Ishida, j'accompagne Hime pour son rendez-vous, se présenta l'interrogé en passant un bras autour de la taille de la jeune femme silencieuse.
Elle assistait à l'échange avec appréhension. Une tension planait dans l'air et elle en ignorait la cause, cela la rendait nerveuse et mal à l'aise. Uryuu était protecteur avec elle et n'appréciait pas trop que les hommes l'approchent de trop près en général, surtout depuis qu'ils avaient découvert la maladie dont elle souffrait. Le Docteur Kurosaki n'effrayait pas particulièrement Orihime, seulement il avait l'air facilement irritable.
Elle se tortilla sur place dans l'incertitude. Et si il refusait de la soigner à cause de ce premier contact pour le moins tendu ?
Ichigo pour sa part bouillonnait sur place, son poing le suppliant presque de laisser sa marque sur le visage fier de cet Ishida. S'il avait senti une vague de colère -et de jalousie- bien plus intense le submerger en le voyant enlacer sa Orihime, ce n'était rien comparé à l'explosion imminente s'opérant en lui quand il l'avait distinctement entendu l'appeler « Hime ». Une seule personne au monde l'appelait ainsi et c'était lui, Ichigo.
Alors c'était donc ça le sens de cette histoire invraisemblable ? Orihime était revenue comme une fleur pour lui annoncer de vive voix qu'elle avait refait sa vie avec cet enfoiré ?!
Ça n'a pas de sens !
Les dents serrées, la tête baissée, le jeune homme se pinça l'arête du nez pour se calmer. Quitte à avoir des réponses à ses questions autant les poser dans un endroit dépourvu de curieux.
Ichigo se redressa donc et avec un effort évident parla à nouveau sur un ton plutôt froid.
- Mon bureau est par là, suivez-moi.
Orihime et Uryuu échangèrent un regard. Ce dernier vit de l'inquiétude dans ses grands orbes couleur cendre, alors il remonta sa main sur son épaule pour la presser doucement dans un geste réconfortant avant d'emboîter le pas du médecin déjà dans le couloir.
Une fois devant le bureau, il les fit entrer et referma derrière eux.
- Asseyez-vous.
Ils s'exécutèrent. Ishida qui portait son manteau et celui de sa compagne, les posa sur les dossiers. Elle fut la première à prendre la parole.
- Docteur Kurosaki, ne le prenez pas mal, mais je sens comme un malaise. Y aurait-il un problème avec le rendez-vous ou autre chose ?
La patience de l'intéressé vola en éclats.
- Et si tu commençais par m'appeler par mon prénom, s'exclama-t-il en s'efforçant de maintenir sa voix stable. J'aurais ainsi l'impression de te reconnaître au moins un peu !
Orihime le regarda sans comprendre, puis jeta un coup d'œil à son petit ami qui observait le docteur d'un regard perçant comme s'il se demandait si il ne s'était pas sérieusement planté dans sa vocation. Mordillant sa lèvre inférieure, la sœur de Sora reporta son attention sur l'homme aux cheveux orange leur faisant face qui la troublait.
- Um, excusez-moi, je suis peut-être amnésique mais il me semble que dans ce pays les personnes s'appellent par leurs noms de famille quand elles ne sont pas spécialement proches, je me trompe ? Alors, essayez-vous de me dire que vous souhaitez que je vous appelle Kurosaki… kun ?
Il y eut comme une rupture de l'espace-temps pendant laquelle seul un mot franchit l'esprit chargé d'Ichigo : amnésique. Son souffle se coinça dans sa gorge un moment, ses sens étouffés, figés.
- Pourquoi avez-vous l'air si choqué, docteur ? C'est pas comme si cela avait la moindre importance comparé à l'état de santé préoccupant de Hime. Le fait qu'elle soit amnésique n'agit en rien sur sa maladie avec laquelle elle est née mais qui n'a pas été détectée à sa naissance.
Une personne connaissant Ichigo penserait probablement qu'Uryuu devrait remercier kami sama à genoux pour avoir fait en sorte que ses paroles n'atteignent pas les oreilles de l'impulsif en question. Parce que dans le cas contraire, il pouvait être certain que sa mâchoire aurait goûté au coup de poing en attente pour lui.
La bouche extrêmement sèche, le roux déglutit avec difficulté, son cœur martelant contre ses côtes comme s'il cherchait à s'échapper pour fuir cette réalité trop dure à accepter.
- Q-Qu'est-ce que tu viens de dire ? interrogea-t-il d'un ton qu'il ne reconnut pas.
La princesse ne répondit pas tout de suite. C'était étrange et bref mais en prononçant « Kurosaki kun », elle aurait juré avoir senti son cœur se contracter.
Je dois me faire des idées, se persuada-t-elle.
Elle secoua la tête pour se reprendre. Ichigo n'attendait plus de réponse de sa part et fouilla dans les fichiers de son ordinateur allumé. Il tomba sur un dossier envoyé par un certain Docteur Bennett.
- Hime…, lut-il à haute voix.
- Oui, c'est mon prénom ! déclara Orihime qui lisait en même temps que lui. Je sais ce que vous vous dites, vous qui êtes aussi japonais ! Vous vous imaginez appeler votre fille « Princesse » ? Je ne sais pas à quoi pensaient mes parents à ma naissance, héhé…, rit-elle nerveusement en frottant l'arrière de sa tête.
Elle croit donc s'appeler « Hime ».
Ichigo n'avait jamais reçu autant de chocs en si peu de temps de toute sa vie. S'il avait pris la peine de lire ce dossier médical au lieu d'incendier son père, il se serait épargné bien des émotions.
Mais j'en aurais ressenti d'autres.
Ses iris bruns alternèrent de la femme devant lui à l'ordinateur. Ainsi tout s'expliquait… Pour commencer, elle n'avait pas volontairement joué avec ses nerfs dans la salle d'attente. Et depuis qu'il la connaissait, pas une seule fois Orihime n'avait évoqué ses parents. Bon sang, il se doutait que quelque chose clochait mais il n'avait pas imaginé… ça.
La Orihime qu'il avait connue et à qui il avait dit au revoir à l'aéroport n'était pas celle qu'il avait sous les yeux. Ce qu'il retenait surtout, c'est que sa Hime ne le reconnaissait pas. Sa Hime n'avait aucun souvenir de leur vie commune. Et le pire de tout…
Elle n'éprouve plus aucun sentiment pour moi.
Si un frisson glacial l'avait traversé lorsqu'il l'avait reconnue, à présent Ichigo avait l'impression de se fragmenter tel un puzzle à l'intérieur. Ça faisait mal. Très mal. Comme s'il la perdait une fois de plus. La femme qu'il aimait l'avait remplacé par un autre homme sans soupçonner que son cœur était déjà pris.
Il s'efforça de ne pas regarder Ishida dont il sentait le regard peser sur lui et opta plutôt pour s'intéresser à l'écran. Toutefois, son expression devait trahir ses pensées sombres.
- Docteur Kurosaki, vous allez bien ? questionna sa voix douce et inquiète.
- Je vais bien, O… Hime.
Ce surnom semblait bien lourd sur sa langue désormais.
- Je regardais ton dossier plus en détail, enchaîna-t-il du mieux qu'il le pouvait en cliquant ici et là. Et je vois que…
Il se figea net. Son sang lui-même parut cesser de circuler. Après l'amnésie tout mais pas ça…
- Tu souffres de…
- Uhum, j'ai une malformation cardiaque, le coupa-t-elle en tordant ses doigts sur ses genoux recouverts d'un collant. Je suis à un stade très avancé d'après le Docteur Bennett, il m'a envoyé vous voir parce que je risque de mour…
C'en fut trop pour Ichigo.
- Non, n'achève pas ta phrase !
Les deux autres le fixèrent avec des yeux ronds. Il refusa de leur expliquer qu'il ne pouvait tout simplement pas imaginer Orihime dans un cercueil. Il n'y était pas parvenu ces trois dernières années alors ce n'est pas maintenant qu'il l'avait devant lui qu'il allait y arriver. Il refusait.
Bientôt, cependant, Uryuu afficha clairement son exaspération.
- Docteur Kurosaki, sauf votre respect, ajouta-t-il avec raideur en rajustant ses verres, en dehors de vos manières peu communes de pratiquer et votre manie de vous adresser familièrement aux personnes que vous ne connaissez pas, je n'ai pas vu de démonstration concrète de ce qui qualifie votre métier.
Une veine apparut sur la tempe de l'insulté : voilà deux fois en moins d'une demi-heure qu'il mettait en doute ses compétences. C'était officiel : il détestait vraiment ce Muryuu.
- Je connais parfaitement mon métier, Ishida, alors préoccupe-toi plutôt du tien.
- « Monsieur Ishida », le corrigea-t-il sèchement. Et veuillez ne pas me tutoyer, nous n'avons pas été élevés ensemble que je sache.
- A présent, Hime, l'ignora-t-il superbement, je vais te demander quelques renseignements…
- Pour quoi faire ? revint à la charge le brun. N'avez-vous pas déjà tout ce qu'il vous faut dans les documents envoyés par le Docteur Bennett qui connaît parfaitement son métier ?
Bordel de merde. Ichigo ne s'était pas senti dans un tel état d'énervement depuis bien des années. Il venait d'apprendre coup sur coup que celle qu'il aimait était bel et bien vivante, qu'elle avait perdu la mémoire, n'éprouvait à l'évidence plus rien pour lui et qu'elle était atteinte qu'une grave maladie extrêmement rare pouvant lui coûter la vie. Comme si ça ne suffisait pas, il devait en plus affronter un emmerdeur de première donneur de leçon qui avait osé lui « voler » sa princesse puisque d'après ce putain de dossier, elle portait son nom !
La mâchoire crispée, le jeune homme en blouse blanche tenta de baisser sa tension pour ne pas s'exprimer à l'aide de ses poings. Et puis qu'est-ce que ce sale type faisait là d'abord ? L'état de santé d'Orihime était personnel, sa place était donc hors de son bureau. Que ne donnerait-il pas pour le choper par le col et l'expédier dans le couloir sans ménagement…
Tch, si je fais ça Orihime ne va pas apprécier. Amnésique ou non, son caractère ne semble pas avoir beaucoup changé et ça ne m'arrangerait pas qu'elle ait peur de moi.
Il inspira avant de reprendre.
- Hime est ma nouvelle patiente, je dois donc faire mon propre dossier la concernant, articula le frère des jumelles après quelques secondes de silence.
- Et de quelles informations non énumérées dans votre ordinateur avez-vous besoin ? n'en démordit pas celui à lunettes.
- Si tu me laissais parler, tu le saurais, Ishida. Mais si tu as peur que ce soit trop long -ce dont je doute étant donné que tu parais adorer parler pour ne rien dire- ou que Hime dévoile des choses que tu préfèrerais ne pas entendre, tu peux toujours prendre la porte et poireauter dans la salle d'attente où tu trouveras sûrement ta place. Car après tout, ce rendez-vous la concerne et pas toi, le provoqua ouvertement Ichigo sans ciller.
Rien à foutre maintenant de rester poli ou non devant Orihime. Elle avait vu tous les côtés de lui (même si elle ne s'en souvenait pas) et de toute façon, il n'avait certainement pas l'intention de jouer un quelconque rôle devant elle.
La beauté auburn ne parlerait plus de « tension » à présent. Les deux hommes s'étaient lancés dans une sorte de bagarre visuelle dont elle ignorait la source précise. Il se passait vraiment un truc bizarre ici, elle l'avait senti en posant un pied dans ce pays puis les deux dans cette ville, et ça continuait.
L'estomac serré en raison de ces phénomènes étranges, elle se força malgré tout à sourire.
- B-Bien sûr, Docteur Kurosaki, j'accepte de répondre à toutes vos questions ~
Celui-ci posa ses yeux sur elle.
- Devant lui ?
La manière douce avec laquelle il la regardait alors qu'il fusillait Uryuu il y a peu frappa Orihime, et remua son estomac mais pour une tout autre raison cette fois. En fait…
J-Je rougis ! pensa-t-elle en essayant de ne pas se cacher derrière ses mains.
- Hime ? Tu m'as entendu ?
- U-Um, oui ! revint-elle sur terre. Uryuu peut écouter, je n'ai rien à cacher.
La grimace d'Ichigo s'approfondit tandis qu'Uryuu était assis le dos bien droit, impassible, comme si il savait qu'elle répondrait ça.
- D'accord, on commence, débuta le fils Kurosaki une fois un dossier vierge posé devant lui, un stylo en main.
Il voulait des réponses, et que kami en soit témoin, il allait les avoir. Tout de suite.
- Comment es-tu devenue amnésique ?
Ishida faillit s'étouffer avec sa salive.
- Quel rapport cela a-t-il avec sa maladie ?
- Je veux connaître les antécédents de mes patients, répliqua-t-il simplement.
- Sa maladie n'est pas génétique, ce n'est donc pas comme si un membre de sa famille avait pu lui transmettre sans qu'elle le sache. Alors en quoi sa mémoire est-elle liée à l'état de son cœur ? insista l'homme aux cheveux noirs.
- Je me demande aussi en quoi tu es lié à son cœur, Ishida, et pourtant tu es là, lança sèchement Ichigo en serrant son stylo si fort qu'il n'était pas loin de se fissurer.
Uryuu plissa les yeux, ses dents serrées à son tour. Visiblement, il se retenait de balancer une diatribe enflammée. Le sentant, la belle posa doucement une main sur son bras, il se détendit aussitôt et lui adressa un petit sourire auquel elle répondit.
Se jurant d'effacer cette scène horrible de sa mémoire dans les plus brefs délais, le médecin se racla fortement la gorge afin de rappeler sa présence. Orihime fouetta l'air avec sa tête et rit nerveusement.
- O-Oh, pardon, je vais vous répondre ! Um… Par où commencer ?
- Le début, ce serait bien, l'aida-t-il en tapotant nerveusement son stylo sur le bureau.
- Évidemment mais comme je vous l'ai dit, je suis amnésique alors…
- Non, ce que je voulais dire c'est… enfin, commencer par la première chose dont tu te souviennes, précisa Ichigo.
- Um !
La sœur de Sora s'installa confortablement sur la chaise et porta un doigt sur sa bouche en signe de réflexion.
- Eh bien, je me suis réveillée dans une petite maison au sein d'un village. Le vieil homme à qui elle appartenait m'a dit m'avoir trouvée sur un chemin boisé et d'après la plante de mes pieds très écorchée, j'avais dû parcourir une longue distance sans oublier ma grosse plaie à la tête..., énuméra-t-elle, plongée dans ses souvenirs. Je n'avais pas de papiers et aucun souvenir de qui j'étais ni d'où je venais, j'étais juste certaine de m'appeler « Hime ». Um… La barrière de la langue a été un souci au début, par chance la fille d'une des voisines, Marine, étudiait le japonais dans une fac de la ville voisine et revenait chaque week-end. Je l'ai donc aidée dans ses devoirs pendant que parallèlement, elle m'apprenait le français. C'est ainsi que j'ai pu m'intégrer.
Elle marqua une pause, ses prunelles orageuses perdues sur la fenêtre sans la voir.
Les deux hommes, eux, l'écoutaient très attentivement surtout Ichigo qui prenait quelques notes personnelles.
- Comme je vous l'ai dit, Docteur Kurosaki, ce village était vraiment au milieu de nulle part. Seulement, l'homme qui m'a trouvée avait quelques notions de médecine et il m'a donc soignée. Il m'a fallu plusieurs jours avant de me rétablir, je dirais même des semaines… N'ayant pas d'argent, j'ai décidé de rembourser ma dette en lui rendant service, même s'il ne voulait pas, tout en travaillant dans l'auberge de la maman de Marine pour réunir de l'argent.
Un petit sourire s'étira sur ses lèvres.
- Un soir, Marine est venue me voir en me disant que son amie Mahana, japonaise également, tenait un restaurant très bien réputé dans la ville de Lille et qu'elle cherchait une serveuse, continua la belle, les mains croisées devant elle. C'est ainsi que je suis partie dans cette ville inconnue après plusieurs mois passés dans le village. Je me suis très vite entendue avec Mahana ainsi que la directrice adjointe, Neliel, et son ami Grimmjow à qui vous me faites penser d'ailleurs, ajouta-t-elle en pouffant de rire.
Connaissant l'imagination très fertile d'Orihime, Ichigo préféra ne pas se renseigner sur ce « Grimmjow » pour son équilibre émotionnel déjà instable.
- Je travaillais au restaurant depuis environ deux mois quand j'ai rencontré Uryuu.
Le médecin se tendit sur sa chaise.
- Il est dans le monde des affaires, voyez-vous ? Il lui arrive de devoir séjourner plusieurs semaines dans une ville, ce qui était le cas à Lille, expliqua la jeune femme en jetant un coup d'œil à son compagnon, qui posa une main sur les siennes avec un sourire. Il venait déjeuner tous les midis et c'est ainsi que nous avons fait connaissance.
Le roux détourna les yeux de cette scène de complicité qui n'avait d'autre effet que de l'agacer et le blesser.
- Je lui ai raconté mon histoire qui l'a touché et de fil en aiguille, notre relation a évolué, poursuivit-elle sans regarder Ichigo à cause de la gêne d'évoquer sa vie personnelle. C'était extrêmement dur pour moi de me construire sans passé et j'avais du mal à envisager l'avenir, mais Uryuu était là pour me soutenir. Quelques jours avant son départ pour l'Angleterre, où il vit, il m'a proposé de l'accompagner et j'ai dit oui. Je vivais là-bas depuis presque deux ans et maintenant, me voilà, termina-t-elle simplement.
Plusieurs choses passèrent dans la tête du fils d'Isshin notamment le fait qu'ils avaient fouillé les montagnes pour retrouver Orihime -qui se trouvait apparemment à quelques kilomètres de là dans un village- mais en plus elle avait choisi de vivre en Angleterre -à cause de cet Ishida- alors qu'il continuait toujours à la chercher en France !
La prochaine question qu'il s'apprêtait à poser brûlait sa langue avant même de prononcer les mots.
- Vous êtes mariés ?
- Non !
La beauté auburn répondit si vite qu'Ichigo se demanda si elle avait bien compris la question ou si lui-même avait bien entendu.
- Mais il est écrit « Hime Ishida » sur ton dossier, pointa-t-il l'écran de son ordinateur.
- Oui, mais euh… C'est difficile d'obtenir des papiers quand on n'a pas de nom de famille alors Uryuu m'a autorisé à porter le sien, lui apprit-elle, mal à l'aise.
Une certaine personne haussa un sourcil.
- C'est légal, ça ?
- Docteur Kurosaki, dois-je vous rappeler que votre rôle est de vous tenir informé de l'état de santé de Hime ? soupira Uryuu, les yeux brièvement clos. Alors je vous remercie d'avance de ne pas vous transformer en avocat, nous contrôlons la situation.
C'est avec plaisir que le docteur en question lui aurait cloué le bec avec une réplique bien sentie si il n'avait pas vu que, en effet, aucun des deux ne portait d'alliance à annulaire gauche. Le soulagement s'emparant de lui fut si puissant que sa tête lui tourna un instant.
Il enchaîna en posant d'autres questions dont il connaissait les réponses cette fois (comme les allergies d'Orihime), puis vint la dernière question qui était sans nul doute la plus délicate.
- Comment as-tu su que tu souffrais d'un problème cardiaque ?
Durant toutes les années qu'il avait passé avec sa princesse, pas une fois il ne l'avait vue gravement malade. C'est à peine s'il se souvenait qu'elle avait souffert d'un rhume ou d'une petite toux.
- Je me trouvais au supermarché en train de faire des courses, raconta Orihime d'un ton calme malgré le sujet mis sur la table. Je marchais dans un rayon quand soudain une douleur s'est faite sentir à la poitrine. Pas suffisante pour me faire crier mais assez pour me forcer à m'arrêter et respirer profondément jusqu'à ce que ça passe. J'ai mis ça sur le compte du stress et je n'y ai pas prêté plus d'attention que ça.
Ichigo s'efforça de cacher son exaspération. Orihime avait la fâcheuse tendance à ne pas accorder le même degré d'attention à elle-même qu'aux autres.
- Ensuite, ça s'est reproduit quelques jours plus tard alors que j'effectuais le ménage dans notre appartement. La douleur était plus forte cette fois, j'en ai parlé à Uryuu et nous sommes tombés d'accord pour consulter un médecin, le Docteur Bennett, qui m'a appris que je souffrais d'une maladie dont l'issue pouvait être…
- Merci, Hime, la coupa volontairement le frère de Yuzu et Karin qui ne souhaitait toujours pas l'entendre parler de la mort. Suis-moi à présent, je vais t'ausculter. Assieds-toi là.
Dans un coin de sa tête, il ne put s'empêcher de se demander pourquoi elle ? Des tas de personnes ne faisaient rien de leur vie ou transformaient celle des autres en enfer, et pourtant elles vivaient tranquillement. Tandis que d'autres personnes douces et gentilles comme Orihime qui n'avaient jamais rien fait à autrui étaient frappées par le malheur. Pourquoi ?
De son côté, la belle s'interrogeait sur ce Docteur Kurosaki qui n'avait assurément rien à voir avec le Docteur Bennett, mais ressemblait bel et bien à Grimmjow surtout niveau caractère. Elle se demanda aussi si il tutoyait tous ses patients, sauf qu'elle réalisa vite qu'elle ne s'en souciait pas.
La demoiselle se leva donc de sa chaise et le suivit jusqu'à la table d'auscultation plus loin dans la pièce. Dès qu'elle fut assise, il tira le rideau, les cachant ainsi de la vue trop perçante d'Ishida toujours à sa place.
Ichigo contrôla la vue et les oreilles de sa patiente avec les instruments appropriés, avant de vérifier ses ganglions sous le menton.
- Je vais prendre ta tension maintenant, relève ta manche.
- Oui.
- … Tu es un peu en dessous de la moyenne mais ce n'est rien de grave pour l'instant, dit-il en dé scratchant l'appareil de mesure après quelques secondes. J'imagine que tu suis déjà un traitement pour ça ?
- Oui, le Docteur Bennett me l'a prescrit.
- Il faudra que j'y jette un œil alors pense à me rapporter l'ordonnance la prochaine fois.
- Je n'y manquerai pas, lui promit-elle.
- Bien, tu peux déboutonner ton chemisier que je puisse écouter ton cœur ? ajouta-t-il en se sentant désagréablement rosir. Putain, c'est pas comme si je ne l'avais jamais vue en sous-vêtements nom d'un kami, siffla-t-il mentalement.
Orihime, elle, n'était pas mieux voire pire d'après ses joues particulièrement écarlates. Le Docteur Bennett l'avait déjà auscultée de la sorte mais il s'agissait d'un homme d'âge mûr qui ne lui faisait pas le moindre effet et qui était marié. Le Docteur Kurosaki, lui, c'était tout l'inverse.
La pauvre revint sur terre en le voyant placer les embouts de son stéthoscope dans ses oreilles, prêt à joindre le geste aux paroles.
- U-Um, bien sûr !
C'est ainsi qu'elle déboutonna les quatre premiers boutons, exposant ainsi son soutien-gorge en dentelle rouge. Difficile pour Ichigo de rester impassible devant cette poitrine imposante qu'il n'avait pas vue -et touchée- depuis trois ans. A l'évidence, il n'y était pas insensible en dépit de tout ce temps, et bon sang, la couleur de son soutien-gorge (pigeonnant) n'arrangeait rien.
Il inspira en fermant brièvement les yeux dans l'indifférence d'Orihime qui ne pouvait tout simplement pas le regarder, préférant jouer avec ses doigts fins sur ses cuisses. Elle sursauta en sentant le cercle froid sur son sein gauche.
- Désolé, s'excusa-t-il. Inspire… Expire… Encore une fois… Tousse maintenant…
Tout en parlant, le jeune homme déplaçait le stéthoscope sur sa poitrine. Lorsqu'il entendit l'anomalie provenant du cœur d'Orihime pendant cet exercice de routine, il eut l'impression que le sien cessait de battre.
Orihime n'avait déjà pas eu une enfance facile, son frère Sora était mort et l'avait laissée à orée de l'adolescence, elle était atteinte d'amnésie et voilà qu'une maladie pouvant lui coûter la vie la touchait de plein fouet. Pourquoi après tout ça même la vie elle-même se retournait contre elle ? Qu'avait-elle fait pour mériter pareille punition ? Ces questions demeurèrent évidemment sans réponses.
Ichigo répéta ses mouvements en déplaçant le stéthoscope dans son dos cette fois, puis nota les résultats sur le dossier qu'il lui avait constitué.
- Monte sur la balance, déclara-t-il en continuant d'écrire.
La soeur de Sora posa ses petits pieds au sol, enleva ses escarpins et monta sur la balance à proximité, sa posture bien droite. Celui qu'elle avait aimé sans le savoir s'approcha, la contourna et lut le résultat. Quelque chose se noua dans sa gorge, une sorte de boule vraiment désagréable.
- Tu as perdu cinq kilos depuis la dernière fois que je t'ai vue te peser, marmonna-t-il à voix très basse.
- Pardon ? dit-elle en se tournant vers lui, dégageant une mèche auburn barrant son visage suite à son mouvement.
L'intéressé secoua la tête.
- Rien, je me parlais à moi-même, jura-t-il, heureux qu'elle n'ait rien entendu. Tu peux descendre.
Il changea d'expression pour ne pas l'inquiéter.
- Oh, très bien, lui sourit-elle.
Je n'avais pas remarqué sa perte de poids sous son manteau et tant qu'elle était assise, songea-t-il tristement, ses orbes perdus sur Orihime.
L'hypotension, les kilos en moins, son teint moins lumineux, sa fatigue évidente qu'elle essayait de cacher revenait pour lui à foncer dans un mur inévitable : ces symptômes lui disaient clairement que sa princesse était malade.
Il soupira lourdement en se passant une main sur le visage.
- Docteur Kurosaki ? s'inquiéta justement le sujet de ses pensées en s'autorisant à poser une main sur son avant-bras en signe de réconfort.
Son toucher était à travers la blouse et la chemise qu'il portait mais cela fit remonter tant de souvenirs à Ichigo... Il devait se reprendre, ne pas craquer. En tout cas, pas devant elle.
- Dis-moi, j'imagine que tu souffres de maux de tête et même de migraines ? changea-t-il de sujet.
- C'est exact, approuva Orihime en saisissant son coude gauche avec sa main droite. J'ai également des médicaments pour les migraines, je vous apporterai toutes mes ordonnances.
- Tourne-toi, je vais vérifier ton dos.
De nouveau mal à l'aise, elle se pencha en avant et frissonna en sentant sa main rugueuse tracer sa colonne vertébrale et ses vertèbres sous sa chemise.
- Tu ne peux pas courir ni marcher trop longtemps sans t'arrêter, je me trompe ? se renseigna Ichigo qui s'efforçait de rester impassible à sa peau satinée.
- En effet, c'est pourquoi Uryuu et moi nous nous déplaçons principalement en voiture, autrement je prends les transports.
- Je vois..., murmura-t-il en écrivant les résultats de cet examen sur le dossier qu'il reprit en main. Ton dos ne présente pas de déformation quelconque mais ménage-toi. Tu peux te rhabiller et revenir t'asseoir.
- D'accord.
- Alors, Docteur Kurosaki ? interrogea Uryuu une fois le médecin de nouveau face à lui et visiblement irrité d'avoir été mis à l'écart.
- Je vais suivre Hime.
- Vraiment ? s'exclama celle-ci en revenant sur sa chaise et achevant de boutonner son chemisier. Vous pensez pouvoir m'opérer ?!
Ichigo la regarda sans rien dire. Tant de sentiments passèrent dans son regard ambre foncé qu'Orihime se demanda presque si sa question était inopinée.
- Je ne sais pas, je vais en parler à mon père. C'est lui qui s'y connaît le plus sur ce sujet et que vous auriez dû consulter s'il n'avait pas eu un empêchement…
- Aah ! Je me disais bien que vous n'étiez pas vieux !
Silence.
- Euh, je n'ai rien dit, poursuivez, héhé…, marmonna-t-elle en se grattant la tête.
Ichigo esquissa un faible sourire en constatant une fois de plus que sa princesse n'avait pas beaucoup changé malgré les circonstances.
La concernée remarqua ce sourire qui contracta son cœur cette fois. Quand il souriait, on aurait dit une autre personne et ses sourcils se défronçaient un peu. Elle les trouvait d'ailleurs amusants, elle n'avait jamais rencontré quelqu'un avec une telle expression laissant place à l'imagination. Seulement son sourire était tout simplement…
- Concrètement que voulez-vous dire ?
Sans cette -autre- intervention d'Uryuu, ils se seraient perdus dans les yeux de l'autre encore longtemps. Orihime détourna vivement les yeux alors qu'Ichigo se passait une main dans les cheveux dans un geste nerveux.
- Je vais donner un autre rendez-vous à Hime pendant lequel nous pratiquerons des exercices assez fatigants pour tester la résistance de son cœur. Je vous tiendrai informés des conclusions de mon père, ça vous va ?
- Oui ! assura la jolie femme. Quand programmons-nous le prochain rendez-vous ?
- Hm…, commença Ichigo en prenant son agenda. J'ai pas mal de patients à voir mais ton cas n'est pas anodin, je préfère donc…
Il laissa momentanément sa phrase en suspens lorsqu'il se retrouva devant la mèche auburn scotchée. Il se racla la gorge, tourna rapidement les pages et reprit sans lever les yeux.
- Disons la semaine prochaine ? proposa-t-il en cherchant un créneau. Jeudi 24 à 14h, ça te convient ?
- Parfait ! s'enthousiasma la déesse. Je vous remercie vous et votre père, Docteur Kurosaki ! Grâce à vous, j'ai l'espoir que mon cas n'est peut-être pas désespéré !
Comme si j'allais te laisser mourir, Hime, pensa Ichigo tout en notant le rendez-vous sur un carton qu'il lui tendit.
Un autre soupir lui échappa et sa boule à la gorge fit son retour rien qu'à la pensée de la perdre... définitivement.
- Tiens et si tu as un empêchement, préviens-moi d'accord ?
- Ne vous en faites pas, je viendrai ! appuya-t-elle en rangeant le carton dans son sac.
- Tu vas rester un moment à Karakura, j'imagine ? s'informa le frère des jumelles.
- Uhum ! Uryuu et moi avons pris un aller simple.
- Si c'est tout, je pense que nous pouvons partir maintenant, déclara justement le mentionné, debout et enfilant sa veste.
Sa compagne l'imita.
- Hime, veux-tu quelque chose à boire ou à manger ? Tu n'as pas grignoté grand-chose ce matin, ajouta-t-il avec inquiétude.
- Maintenant que tu le dis, j'ai un peu faim…
- N'en dis pas plus, je vais te prendre ce paquet de gâteaux et la cannette de jus de fruits que tu as vus dans le distributeur tout à l'heure.
- Merci, Uryuu.
Il lui baisa le front avant de sortir du bureau.
Orihime dégageait ses cheveux de son col quand Ichigo parla tout en la raccompagnant à la porte.
- Hime n'en fais pas trop, d'accord ? Évite le port de charge lourde, les exercices demandant de gros efforts et de marcher sur une longue distance. Ton cœur est fragile, ne l'oublie pas.
La préoccupation émanant de sa voix la toucha profondément.
- Arigato, Docteur Kurosaki, lui sourit-elle en lui tendant la main.
- Ichigo.
- Eh ?
Le jeune homme se gifla mentalement. Il l'avait corrigée machinalement.
- Je veux dire que je m'appelle Ichigo, mais ne prête pas attention, essaya-t-il de rattraper le coup en serrant enfin sa main.
A ce contact, une sorte de chaleur étrange mais agréable (presque familière ?) traversa le corps de la patiente.
- Nous pouvons y aller, j'ai ce que tu voulais.
Le roux grogna mentalement et lâcha sa main. Ce Ishida était vraiment doué pour ruiner les moments !
- Hime ? appela justement ce dernier, des gâteaux et la cannette sous le bras.
Celle-ci continuait de regarder sa main comme si elle n'appartenait pas à son corps ou comme si elle venait de la remarquer. Elle leva ses iris argentés vers Ichigo qui avait une expression perplexe. Orihime le regardait bizarrement, comme si ses yeux tentaient de formuler quelque chose que ses lèvres entrouvertes ne parvenaient pas à laisser échapper.
Uryuu s'interposa entre eux pour caresser sa douce joue.
- Est-ce que ça va, Hime ?
Elle posa ses perles grises sur lui et cligna des yeux comme si elle émergeait d'un rêve.
- O-Oui, très bien ! affirma-t-elle en pompant le poing en l'air. Juste un instant d'égarement, tu sais quelle tête en l'air je suis, héhé !
Ishida ne parut pas tout à fait convaincu mais n'insista pas et se décala.
- Bon ben, ce fut un plaisir ! Encore merci et à jeudi, Kurosaki kun ~ ! le salua-t-elle avec un sourire éblouissant que son petit ami ne lui avait jamais vu et qui aveugla presque Ichigo.
Son corps s'était tendu en entendant « Kurosaki kun », ça faisait si longtemps… Il réalisa qu'il préférait toutefois ça à « Docteur Kurosaki » beaucoup trop formel à son goût.
- A jeudi, Hime, dit-il simplement avec un léger sourire.
Elle s'inclina brièvement et fila dans le couloir.
Le brun pour sa part se contenta de fixer le jeune médecin devant lui comme s'il cherchait à scanner ses pensées. Ichigo n'aimait pas du tout ce regard et celui qu'il lui envoya en retour le montrait nettement. Ils se défièrent en silence, puis voyant que ça pouvait durer l'éternité, Uryuu remonta inutilement ses lunettes sur son nez avec un soupir à peine perceptible.
- Docteur Kurosaki, le salua-t-il d'un ton qui se voulait aimable avant de se détourner pour retrouver sa copine qui l'attendait dans le hall.
Ichigo le suivit des yeux jusqu'à ce qu'il disparaisse à la vue, les poings serrés. De retour dans son bureau, il ferma la porte et se colla derrière.
Sa vie venait de prendre un nouveau tournant en moins d'une heure et il se demandait si il arriverait à y faire face.
{ … }
- Kurosaki kun est vraiment un médecin gentil, pas vrai Uryuu ? s'extasia Orihime environ une heure trente plus tard après un saut chez le libraire.
- Je n'irais pas jusque-là, répondit-il sèchement en ouvrant la porte de leur petite suite à l'hôtel. Je trouve ses manières trop familières, son expression n'a rien d'agréable et plus que tout, je n'aime pas du tout sa façon de te regarder.
- Hein ? Je trouve son expression très amusante au contraire ! s'amusa la jeune femme en ôtant ses chaussures pour se rendre dans le salon. Et puis tu as vu ses cheveux ? J'ai presque eu envie de les toucher…
- Hime.
- Pardon, tu as raison, c'est impoli, s'excusa-t-elle en mordillant sa lèvre. Mais son regard n'avait rien de méchant. Je veux dire, il ne me regardait pas de manière incorrecte.
Il te dévorait des yeux, ce qui est incorrect compte tenu du fait que tu n'es pas célibataire et que j'étais présent, pensa son copain avec irritation.
- C'est vrai qu'il est familier avec les gens mais moi, ça m'a mise à l'aise.
- Tu dois être la seule à ressentir ça, soupira-t-il.
- De toute façon, nous n'avons d'autre choix que de lui faire confiance ! lança la sœur de Sora en partant dans leur chambre avec son sac à main.
Son petit ami, lui, se servit un verre avant de s'avancer vers la fenêtre. Toutefois, aussi agréable que pouvait être la vue, ce n'était pas ce qui attirait son attention. Ce Kurosaki…
Uryuu plissa les yeux derrière ses lunettes. Il en avait croisé des hommes trouvant Orihime à leur goût, sauf que c'était essentiellement son physique flatteur qui les attirait comme des mouches autour d'un pot de miel. Mais avec ce Kurosaki, c'était différent. Il ne montrait pas uniquement un intérêt à la beauté extérieure d'Orihime, ça semblait plus profond et il n'aimait vraiment pas ça.
Ishida avala une gorgée avant de remuer distraitement le verre en tournoyant son poignet.
Jusqu'ici, il était parvenu à repousser très loin les pervers rôdant autour de sa petite amie en usant de son influence naturelle, et que ce Kurosaki en soit un ou non lui importait peu et ne changeait strictement rien pour lui. Orihime n'était pas un cœur à prendre et il était bien décidé à le lui faire comprendre.
Dans la pièce voisine, assise sur le lit, ses longs cheveux couvrant ses épaules, la princesse tournoyait dans sa main le petit carton du rendez-vous qui comportait également les coordonnées professionnelles du Docteur Kurosaki.
« Je veux dire que je m'appelle Ichigo, mais ne prête pas attention »
- Ichigo…, répéta-t-elle doucement, le regard dans le vague.
Ce prénom, pour le moins étrange mais à la sonorité agréable selon elle, remuait un petit quelque chose en elle. Un petit quelque chose dont elle ne parvenait pas à identifier la nature exacte.
Ses orteils s'enroulèrent dans le tapis tandis qu'elle mordillait plus fortement sa lèvre, signe qu'elle était contrariée.
- C'est sûrement un effet dû au rendez-vous, conclut-elle avec un haussement d'épaules.
Sur quoi, elle posa le carton sur sa table de chevet et alla retrouver Uryuu dans le salon.
{ … }
Après une journée particulièrement longue qu'il ne vit pourtant pas passer en raison de son esprit préoccupé, Ichigo décida de se rendre chez son père. A peine frappa-t-il que des pas rapides se firent entendre.
- Bonsoir, fistooon… !
- Rah, pas maintenant, papa ! Ne commence pas ou je te jure de t'expédier sur le trottoir.
Le menacé cligna des yeux et se calma aussitôt, conscient qu'un truc ne cadrait pas.
- Entre.
Son fils soupira, retira ses chaussures et entra dans la maison où il avait grandi. Ses soeurs jumelles ne vivaient plus ici depuis qu'elles étaient à la fac mais revenaient régulièrement rendre visite à leur père.
- Qu'est-ce qui se passe, fils ? demanda Isshin en prenant place à ses côtés sur le canapé et lui servant aussi à boire.
- Tu as fait exprès de me coller ce rendez-vous ce matin ?
Le paternel sembla très étonné par la colère émanant de sa voix.
- Quoi ?
- Le rendez-vous de ce matin, celui à cause duquel je t'ai incendié au téléphone, as-tu fait exprès de me le coller ? répéta le roux, les dents serrées.
Isshin reposa son verre, les sourcils froncés.
- Non, pas du tout. Tu te souviens de la petite Midoriko chan que j'ai embauché comme secrétaire à temps partiel pour financer ses études ? Eh bien, c'est elle qui a pris le rendez-vous sans me dire le nom de la patiente hormis le fait qu'il s'agissait d'une urgence.
Son aîné bondit de sa place pour faire les cent pas.
- Ichigo, qu'est-ce que tu as ? s'inquiéta-t-il à présent. Il y a eu un accident assez grave peu avant mon rendez-vous avec cette femme que je ne pouvais donc plus recevoir. Elle venait de loin apparemment et je n'ai pas voulu qu'elle se déplace pour rien, alors j'ai demandé à Midoriko chan de se renseigner auprès de Yuuka san sur ton planning de la journée, puis d'informer la patiente sur le changement d'établissement.
Son fils s'arrêta, se passa une main dans les cheveux, l'autre crispée dans la poche de son pantalon.
- Il s'agissait d'Orihime.
Silence.
- … Que viens-tu de dire ? s'exclama-t-il, les yeux ronds.
- T'as très bien entendu, papa. Elle était supposée te consulter mais c'est tombé sur moi, tu parles d'un hasard.
Avec un autre soupir, il reprit sa place à côté de son père et avala une gorgée de son verre qui le fit frissonner. Dire qu'Isshin était sous le choc serait un euphémisme.
- Comment ça s'est passé ? Pourquoi n'est-elle pas avec toi ? Où a-t-elle vécu tout ce temps ? Pour quelle raison réapparait-elle si soudainement ? Qui a bien pu... ?
- Papa ! le coupa le frère de Yuzu & Karin, son verre contre sa tempe pour soulager la douleur. Je me suis posé le même genre de questions et je vais te répondre, sauf que tu dois d'abord savoir deux choses.
Un sentiment de crainte envahit le père Kurosaki. Il avait vu son fils descendre en enfer après la « disparition » de celle qu'il aimait. Là, d'après ses dires, elle était de retour mais sa réaction était aux antipodes de ce qu'il avait imaginé.
- Je t'écoute, fils.
Ce dernier lui lança un regard où ses mêlaient tristesse et colère, avant de fouiller dans son attaché-case pour en extraire un dossier.
- J'aimerais que tu jettes un œil là-dessus pour moi et que tu me dises honnêtement ce que tu en penses.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-il en saisissant l'épaisse pochette.
Décidément incapable de rester assis bien longtemps, Ichigo se remit debout et marcha vers la fenêtre pour fixer l'extérieur sans le voir, son verre en main.
- Le dossier médical d'Orihime, éclaira-t-il son géniteur d'une voix sans timbre. Son cœur pourrait cesser de battre dans un avenir proche si on ne l'opère pas et…
Il serra son verre si fortement que son papa jura le voir se fissurer.
- …et ce n'est hélas pas le seul mal dont elle souffre, ce qui explique qu'elle ne soit pas avec moi en ce moment.
Révélations étonnantes et bouleversantes, et sentiments chamboulés pourraient être utilisés pour qualifier l'heure qui suivit. Elle fut une véritable épreuve pour le chef de famille, que ce soit tout ce qu'il avait entendu ou de voir son seul fils perdre ses repères qu'il aurait dû retrouver en même temps que la femme qu'il aimait.
{ … }
Après avoir quitté son père, Ichigo rentra directement chez lui. Il était sur le point de franchir le seuil quand il sentit une présence derrière lui.
- Chad, reconnut-il direct sans se retourner.
- Bonsoir, Ichigo, dit celui-ci de sa voix grave. Je sais qu'il est tard, mais j'ai eu le sentiment que tu avais besoin de parler.
Son meilleur ami sourit faiblement. Chad était vraiment comme son frère, il le connaissait par cœur. Sans un mot, il l'invita à entrer et lui offrit une bière dans le salon, la télévision allumée en guise de bruit de fond.
Le silence meubla la conversation un certain temps et Ichigo apprécia cela. Chad n'était pas du genre à mitrailler de questions mais plus à attendre que la personne soit prête à parler.
- Orihime est revenue, lui annonça-t-il de but en blanc, affalé dans son canapé, une main frottant sa nuque. Ah désolé, vieux, j'aurais dû attendre que tu aies avalé. Tiens.
Sado venait en effet de manquer de s'étouffer avec la boisson. Il s'essuya la bouche avec la serviette en papier qu'il lui tendait, ses yeux écarquillés.
- C-Comment tu le sais ?
- Je l'ai vue, elle avait rendez-vous avec moi. Je l'ignorais avant de la voir.
- Je vois… Et comment ça s'est passé ?
Ichigo lui rapporta tout : sa réaction en la voyant, son amnésie, sa maladie et son petit ami vraiment emmerdant. Chad l'écouta sans l'interrompre et à la fin du récit, il était sans voix ce qui, en soi, ne changeait pas beaucoup de d'habitude.
- Que comptes-tu faire, Ichigo ?
Yasutora avait été là, lui aussi avait vu son précieux ami sombrer jour après jour dans une dépression toujours plus profonde qui ne semblait pas avoir de fin. Il avait même craint qu'il ne s'en sorte pas car sans Orihime, Ichigo n'était même pas la moitié de lui-même. Il n'était rien. Il avait fallu de la patience pour lui prouver le contraire.
- Déjà, je n'ai pas l'intention de la laisser mourir, jura-t-il en se redressant, les bras sur ses jambes écartées. Je l'ai déjà perdue une fois, Chad.
- Je sais. Et concernant…
- On verra ça plus tard, le coupa le jeune médecin. Orihime n'a aucun souvenir de sa vie à Karakura et son cœur est très fragile, articula-t-il difficilement. Je n'ai pas envie de la brusquer en lui balançant toute sa vie au visage, c'est trop brutal surtout en tenant compte de son état de santé.
- Alors tu vas…
- Oui.
Le fils Kurosaki se tourna vers son ami qui fut stupéfait un instant avant de sourire, un vrai sourire. Une lueur qu'il n'avait pas vue depuis trois ans brillait au fond des yeux d'Ichigo et ça lui suffit pour comprendre ses motivations. Nul autre mot n'avait besoin d'être prononcé. Sauf peut-être…
- Merci, Chad.
- Mmh.
{ … }
Sado était parti depuis quelques heures déjà. Douché et prêt à aller se coucher, Ichigo choisit finalement de faire une dernière chose. Minuit était largement passé mais il n'y avait pas d'heure pour partager une telle nouvelle presque inespérée.
Assis sur son lit, son portable à l'oreille, il attendit.
- Allô ? lui répondit une voix ensommeillée. Y a intérêt à y avoir un mort sinon qui que vous soyez, je jure de prendre l'avion et de vous déchirer comme du papier.
- Et après tu t'étonnes qu'aucun mec n'ose t'aborder, lâcha le frère des jumelles, blasé.
- Ichigo, abruti ! Même si tu es mon ami, ça s'applique aussi à toi. Pourquoi tu m'appelles à une heure pareille ?
Il jeta un œil au cadre photo à côté de lui.
- J'ai une nouvelle à t'apprendre, Tatsuki.
Celle-ci comprit que c'était de la plus haute importance d'après le timbre de sa voix.
- Je t'écoute.
La karatéka se trouvait actuellement en Chine pour des raisons professionnelles, Ichigo savait qu'elle avait un max de boulot et devait garder son esprit concentré. Aussi opta-t-il pour lui dire juste une partie de la situation.
- Tu es assise ?
- Accouche, Ichigo ! Ne me force pas à venir te tirer les vers du nez moi-même ! s'impatienta-t-elle.
- Orihime est de retour à Karakura.
Silence qui dura une bonne minute.
- T-Tu en es sûr ?
- Certain, je lui ai parlé.
- Tu avais donc raison, elle est bel et bien vivante. M-Mais comment… pourquoi… ? Comment elle va depuis tout… tout ce t-temps…
Il devint vite évident pour son ami d'enfance qu'elle pleurait à l'autre bout du fil. Il entreprit de tout lui raconter hormis le fait qu'elle était malade. Disons qu'il préférait au moins attendre le verdict de son père et voir si c'était vraiment opérable, même si il avait du mal à envisager le cas inverse.
- Je dois revenir au Japon, je vais réserver un vol pour…
- Non, ne fais pas ça, la dissuada le roux, le cadre en main. Je t'ai dit qu'elle est amnésique.
- J'ai entendu ! s'irrita la brune à présent. Mais je suis sa meilleure amie et…
- Tatsuki, j'ai vécu quatre ans dans notre maison avec elle et ça ne lui est pas revenu quand elle m'a vu. Pas plus que nos années de lycée.
Son ton serra le cœur de Tatsuki. Ichigo pouvait cacher ses émotions derrière un masque mais avec elle, ça ne prenait pas.
- Très bien, j'ai attendu trois ans, je peux bien attendre encore un peu. Tu as toutefois intérêt à me tenir au courant ou je viendrai chercher mes réponses moi-même.
Cette réaction soulagea le fils d'Isshin.
- Que comptes-tu faire de ton côté ?
- Comment ça ?
- Tu m'as dit qu'elle a refait sa vie avec un autre type, nan ?
- Ouais, grogna-t-il en revoyant le visage de cet enfoiré. Muryuu ou Karyuu, je sais plus…
- Peu importe, le coupa la championne. D'après ce que tu m'as dit, le courant ne passe pas entre vous. Enfin, venant de toi ça ne me surprend pas vu tous les mecs que tu t'es mis à dos en voulant protéger Orihime à cause de ta jalousie…
- Oi, Tatsuki ! Tu es de quel côté au juste ?!
- Le tien, idiot ! D'où ma question ! Je veux juste mettre en évidence le fait qu'il n'a pas l'air prêt à céder sa place, il semble presque aussi protecteur que toi et tenir sincèrement à Orihime, non ? Tu m'as dit qu'il lui a baisé le front, l'a enlacée, a tenu sa main…
La colère refaisant surface, le jeune homme fut bien obligé de confirmer... et exprimer son pont de vue.
- J'en ai rien à foutre de son degré d'attachement à Orihime, cria-t-il presque. Elle était à moi, je veux dire avec moi, avant d'aller dans ses bras. C'est pas comme si on avait des problèmes dans notre couple ou qu'elle m'avait quitté, les circonstances nous ont séparés !
Suite à cette confession, il entendit un petit rire qui le surprit.
- Tatsuki ?
- Ça, c'est le Ichigo que je connais, répliqua celle-ci une fois calmée. Tu auras mis le temps à émerger, putain. Mais c'est cool de te retrouver comme avant !
Encore de la gêne.
Je déteste ce putain de sentiment, bordel ! râla-t-il mentalement en se passant une main dans les cheveux.
Cependant, la sportive ne le laissa pas l'éprouver bien longtemps.
- Je te repose donc ma question : que comptes-tu faire ?
Ichigo caressa la photo de sa princesse mais porta sur elle un regard complètement différent de celui de chaque matin. Aucune trace de désespoir ou de tristesse profonde. Là, on pouvait y voir la fameuse lueur discernée par Chad. Cette lueur qui était le témoin direct de sa détermination à atteindre son objectif quels que soient les obstacles qui se dresseraient sur son chemin. Le seul qui lui faisait barrage à l'heure actuelle était un brun arrogant à lunettes, mais cela ne faisait que le motiver davantage.
- Je vais regagner le cœur d'Orihime que je ne considère pas avoir perdu.
A plusieurs kilomètres de là, Tatsuki sourit largement pour une raison simple : quand Ichigo prononçait des mots sur un tel ton sonnant comme une promesse, rien ni personne sur terre ne pouvait le faire changer d'avis. Excepté Orihime.
OOOOOOOOO
Salut à tous ! Chapitre 2 bouclé ! Qu'en pensez-vous ? En tout cas, je tiens à remercier vava-chan, samantha et ichi-BLEACH-hime qui sont mes trois premières lectrices de sky à m'avoir laissé un commentaire sur le chapitre 1, merci les filles, ça me fait plaisir d'être suivie ici aussi ! =)
Merci aussi aux autres que je ne connais pas : haru, Kyo-Kurosaki, DimIIy (je confirme que skyrock n'est pas facile tous les jours mais j'ai bien tenu ! mdr) et Angie-Tenshi (tout comme DimIIy, je partage ton point de vue sur Orihime ! J'étais assez contente de la voir un peu plus sûre d'elle et plus forte émotionnellement, voire aussi physiquement en tenant compte de l'évolution de son pouvoir, dans l'arc avec les Fullbringers du moins au début ! Ne suivant pas les scans, je ne sais pas si ça a duré mais bon Dieu, j'espère que oui !).
Alex, je te remercie aussi particulièrement pour ton commentaire intéressant et amusant, ainsi que ton offre bêta que je retiens ! Là, je n'en ai pas encore besoin mais à l'avenir, il est fort possible que oui ! =D Et je suis d'accord, Ichigo était un peu mou dans le chapitre 1, ce qui m'a dérangé ! Mais je savais que ça ne durerait pas.
Merci à tous pour la lecture de cette histoire et à bientôt ! ^^
