Résumé : Après la chute de Lord Voldemort, tous les élèves de Poudlard redoublent. Ainsi Harry, Ron et Hermione recommencent leur septième année. Poudlard a été vite reconstruit et aucune trace visible ne demeure. Mais un cœur se remet plus difficilement qu'un château, cette fois le danger est plus subtil. L'instabilité de Ron le pousse à bout et le force à haïr Harry petit à petit à cause d'un simple malentendu, l'amitié de ces 7 années résiste tant bien que mal à la jalousie...
Le nouveau ministère veut remettre ses dossiers à l'ordre du jour et demande à Harry Potter de témoigner pour prouver l'innocence de son défunt parrain et réécrire l'histoire; mais ce sont 13 ans qu'il faut corriger, destituer un héros et honorer un assassin présumé. Harry devra faire preuve d'un aplomb sans égal pour convaincre la cour.
Les parents de Neville Londubat qui n'avaient pas pu être tué par Bellatrix étaient surveillés par Lise Cardel infirmière en chef et Mangemorte qui a veillé à les maintenir dans un état de "démence" pendant 17 longues années parce qu'ils étaient au courant de "trop de choses"; notamment de la prophétie; mais maintenant que Lise Cardel est à Azkaban les Londubat reprennent vie et raison.
L'heure des deuils est arrivée; maintenant que l'on a rangé les armes, les larmes naissent au coin des yeux et perdent chaque protagoniste dans un tourbillon infernal. Au prises avec la réalité de ces absences plus douloureuses que jamais chacun tente de renaître de ses cendres. Mais Harry est si fragile qu'il commence à perdre pied comme si la paix le tuait lentement mais sûrement. Ron sombre doucement dans la jalousie et la haine car Harry lui aurait volé la seule chose qui lui reste...Ginny et Hermione plus fortes essaient de comprendre cette dégradation mais y arriveront-elles à temps ?
Rating : Etant donné que que ceci est ma première Fanfiction, je ne connais pas encore les termes. On va dire que c'est une histoire tragique.
Warning : Cette histoire convient à tout âge. Il y a quelques allusions concernant des relations sexuelles mais elles sont légères.
Harry sortait des serres ; déboussolé. Le parc était moins luxuriant et la forêt encore abîmée. Tout Poudlard portait encore les traces de SON passage. Heureusement ses narines de serpent avaient cessé d'avaler goulûment l'air, ses yeux sans paupières étaient clos désormais et ses fidèles en fuite. Le Gryffondor passa une main dans ses cheveux ébouriffés ; il restait là, toujours déboussolé pourtant. Le sourire qui avait teinté ses lèvres n'avait été qu'éphémère, une autre menace pesait maintenant sur ses épaules. Ce n'était pas la haine d'un mage noire qui courbait son échine mais une ombre plus inquiétante encore, la perte d'un amour. Harry se dirigea encore une fois vers la source de cet amour fraternel qui s'en allait doucement pour tenter le retenir, la démarche hésitante comme une barque hésite à sortir du port à cause d'un avis de tempête. Les yeux rivés sur son ami essoufflé près de la berge, l'adolescent décida finalement de stopper son élan. Le voir ainsi, avec cette rage inconnue défigurant ses traits était trop effrayant. Il resta un moment immobile, silencieux, invisible. Le temps chagrin ne se décidait toutefois pas à pleurer et les nuages demeuraient gris sans déverser leur pluie. Les prunelles d'émeraude du Gryffondor dévisageaient On de loin, n'osant fixer directement la silhouette dégingandée du grand rouquin.
C'était plus difficile de survivre à la mort lente d'un amour qu'à un Avada Kedavra. Harry se rappela avoir regardé Voldemort dans les yeux pour leur dernier combat et le voici désormais incapable de fixer ceux d'azur de son meilleur ami. Ce dernier avait connu de terribles chamboulements depuis ledécès de Fred mais était-ce la raison qui le poussait à s'éloigner le jeune sorcier à l'écart ? Tenait-il Harry pour responsable ? Cela paraissait improbable car c'était bien après le décès de son frère que le Rouquin avait commencé à changer. Une boule serra sa gorge lorsqu'il se rappela leur regard complice jusque dans la douleur lors de l'enterrement de l'aîné de Ron. Soudain Harry sentit une pression sur son bras et se retourna vivement
-Ron ?
Un hululement surprit lui répondit. Trop grave pour être celui de Hope sa nouvelle chouette des neiges-L'ancienne ayant été tué par Voldemort, celle-ci lui ressemblait beaucoup-. L'adolescent soupira et regarda une fois encore en direction de la silhouette floue toujours penchée pour récupérer son souffle. Puis il posa ses yeux sur son épaule et vit le hibou grand duc brun qui y était perché. Le vent ébouriffa ses ailes et l'oiseau de nuit répondit par un second Hululement tout en tendant sa patte. Le Gryffondor s'en saisit; une écriture stricte et propre avait rédigé un court message.
« Monsieur Potter,
Veuillez me rejoindre dans mon bureau je vous prie, j'ai quelques points à éclaircir avec vous. Je vous y attend. Soyez devant la gargouille à 16h15 précisément aujourd'hui.
Cordialement,
La directrice de Poudlard: Madame M. Mc Gonagall »
Harry poussa un soupir, offrit une caresse à l'oiseau puis se dirigea immédiatement vers son dortoir. De toutes façons il n'aurait pas le courage de parler à Ron ; l'essai pendant le cours de Chourave l'avait totalement lessivé. Le Gryffondor poussa les lourdes portes de chêne puis monta dans la salle commune remplie de monde malgré le beau temps. Le pan du mur droit était encore noircit par le passage des Mangemorts mais la plupart de l'école avait pu être reconstruite. L'adolescent chiffonna la missive de Mc Gonagall et la rangea dans sa poche. Il passa devant quelques premières années qui n'avaient plus besoin de voir sa cicatrice pour le reconnaître désormais. Ses yeux verts ne leur rendirent qu'un vague salut face à leur admiration, dans un coin le jeune sorcier repéra Neville, lui aussi devenu assez célèbre. Les gens le voyaient comme celui qui avait tué le terrifiant serpent de Voldemort et le leader de la résistance au cœur de Poudlard cette année; celle où Harry, Ron et Hermione avaient été absents. C'est pourquoi les examens avaient été annulés et que tous les septièmes années de l'an précédent avaient automatiquement redoublés pour reprendre un programme normal et effacer les mauvais enseignements des mangemorts infiltrés.
-C'est comme si cette année n'avait jamais existé; qu'elle avait été juste une coupure dans nos vies; mais pendant l'été on a pleuré nos morts, Poudlard a été reconstruit et le choixpeau a réparti de nouveaux arrivants. Quand à nous nous sommes là pour notre dernière année d'étude. C'était comme si l'été dernier avait été la fin de notre sixième année.
Neville l'avait donc remarqué. L'air sombre il tripotait sa plume sans rien écrire. Harry s'assit à côté de lui; qu'il avait été bête de croire que la vie redeviendrait sourire après Voldemort. Finalement, sa disparition brutale en avait choqué plus d'un. Neville le premier perdait la notion du temps. Il avait perdu dans l'espace vide une année entière de sa vie; cette première septième année où il s'était levé contre les Mangemorts. Où était-elle partie cette année, pourquoi s'était-elle enfuie si vite sans avoir le temps de faire son deuil ? Pendant l'été personne n'avait chômé. Poudlard ne gardait presque aucune trace du passage de Voldemort et de ses fidèles, personne n'avait pensé que certains auraient eu besoin de voir les ruines encore un moment pour s'y recueillir et assimiler cette année pour mieux passer à autre chose
-Allons Neville. Bien sûr que si, personne n'oublie.
-Les gens essayent d'oublier pas de se souvenir. C'est affreux Harry, ils veulent effacer mais quels égoïstes. En supprimant le passage et les cicatrices ils supprimeront aussi nos héros. Tonks, Lupin...Sont-ils comme ces Ruines ? Et Georges et tant d'autres. Pourquoi se précipiter à tout reconstruire, à faire comme si de rien n'était
-Ne sois pas si pessimiste voyons, tu sais on a reconstruit Poudlard au plus vite mais ce n'est que du matériel, On ne fera pas ça pour les êtres humains. On ne les recouvrera pas avec du neuf; je sais que tout le monde se souvient d'eux.
-Tu penses ? Tu sais, c'est dur de voir mes parents dans le même état. J'aurais voulu qu'ils sachent que j'ai fais de mon mieux
-Ils le savent au fond Neville. Voldemort a détruit une partie de leur esprit, mais pas tout...Pas tout, c'est promis. -L'adolescent frémit mais Harry s'empressa de continuer-On peut dire son nom tu sais, il ne reviendra plus, il n'est plus là et tu l'as suffisamment combattu pour dire son patronyme sans trembler
Neville se leva doucement comme épris d'une grande lassitude. Harry tentait de lui remonter le moral mais il était tout aussi pessimiste que lui, tout aussi perturbé et le jeune Londubat le savait. L'autre soir il avait vu le Gryffondor écrire sa lettre et le nom du destinataire prononcé du bout des lèvres...Neville n'avait rien dit mais savait que la nouvelle chouette blanche du sorcier reviendrait avec la même lettre. Pauvre Harry, quand accepterait-il de s'occuper de lui au lieu de jouer les héros ? Quand verrait-il ses propres faiblesses et admettrait-il que pour lui aussi...La reconstruction immédiate de Poudlard, l'habileté à effacer tout ce temps le choquait autant que lui ? Neville finit de ranger sa chaise en la faisant légèrement racler le sol pareil à celui d'avant.
-Dans les yeux de mes parents; Tu-sais-q...Enfin Vol...demort est toujours présent. Il a laissé ses marques en eux; eux n'ont pas oublié c'est au fond de leur mémoire. C'est juste qu'ils ont oublié comment l'on se souvient.
-Tout s'oublie, même les sourires Neville. Tout s'oublie même les marques noircies sur les murs meurtris et les ruines sauf ceux que l'on a perdu, je te le promets.
Fit Harry avec douceur en regardant l'adolescent s'éloigner. Il avait cru que ses parents sortiraient de leur folie après la fin du mage noir. Un peu comme dans ces dessins animés où la mort du méchant sorcier signifie l'élimination de tous ses mauvais sorts. Il avait cru pour survivre simplement. Harry se retourna pour monter dans son dortoir. Arrivé en haut d'un pas lourd et éreinté il se laissa tomber sur son lit. Poudlard avait certes retrouvé son aspect mais la vie qui y régnait non. Le professeur Rogue n'enseignait plus les potions, Dumbledore n'était plus directeur, quelques élèves morts manquaient dans les couloirs également...Il y avait aussi Ron; et autre chose mais dont Harry se souvenait plus...Il eut le pressentiment que cet oubli lui reviendrait en pleine figure comme un boomerang mais n'arrivait pas à mettre le doigt dessus. En regardant par la fenêtre le jeune sorcier sentit cette idée se renforcer. Autre chose avait changé, quelque chose d'important mais que son esprit refusait en profondeur. Comme pour se sentir moins seul. Haussant les épaules de dépit le Gryffondor se laissa tomber sur son lit tout habillé et s'endormit. C'était le début d'après-midi pourtant, et ses cours avaient été loin d'être épuisant. Mais la mémoire...La mémoire tirait toute l'énergie et l'extérioriser avec Neville; tout en revoyant les différences par rapport au passé était vraiment fatiguant.
La lueur douce d'une fin d'après-midi paisible et plus dégagée que le matin caressa son visage et le sortit de son demi-sommeil. Plusieurs fois, légèrement fiévreux l'adolescent s'était éveillé; posant son regard sur le réveil à ses côtés. Les aiguilles étaient floues sans ses lunettes et il se concentrait sur celle des heures, plus docile. Plissant les yeux il parvenait à entrevoir un point à peu près précis. D'abord sur le 14h puis le même chiffre mais l'aiguille l'avait presque quitté. La troisième fois, elle avait atteint le 16. Le jeune sorcier allait refermer les yeux lorsqu'il sursauta en se souvenant que 16h avait une signification particulière en ce jour. Il attrapa ses lunettes et sa vue rectifiée tomba sur l'aiguille des minutes...13. La petite soeur du réveil, toute folle comme d'habitude galopait au rythme d'un tic tac effréné, Mais Harry eut l'impression que sa course s'était encore amplifiée. Comme s'il était en retard quelque part le temps semblait bien hémophile. Le jeune sorcier émergeant à peine de sa léthargie laissa dériver ses yeux verts sur les alentours; Sa tête retomba lourdement sur l'oreiller et ses lunettes glissèrent légèrement. De ce fait son oeil droit regardait par-dessus et le gauche voyait correctement. Lorsque l'aiguille des secondes courrait dans son champ de vision elle passait soudainement de visible à floue, de nette à furtive...
Il resta un instant ainsi, un instant de trop lui souffla son inconscient qui se souvenait d'un rendez-vous...Oui mais lequel ? L'aiguille des minutes sautilla à "cloche-pied" jusqu'au 14 et le regard du Gryffondor sur un papier posé à côté. L'écriture y était totalement floue, comme la peinture d'un tableau encore fraîche et sur laquelle une main était passée rageusement, telle une griffe. Retirant une main de dessous sa tête le sorcier grimaça et serra légèrement le poing. A force d'être appuyé dessus elle était toute engourdie et envahie de fourmis. Cependant, de plus en plus agacé par cette impression de retard il ne s'y attarda pas plus et prit le papier entre ses doigts encore endoloris par les picotements désagréable. Inclinant doucement la tête Harry fixa le papier de son oeil gauche; là où son verre de lunette était bien mis.
16h15...Bureau de Mc Gonagall...L'adolescent sentit son cerveau lui envoyer une onde puissante d'adrénaline. Maudissant son oubli et bénissant sa fièvre légère qui l'avait éveillé juste à temps le Gryffondor bondit sur ses pieds. Le lit gardait sur ses draps, la forme de sa silhouette mais Harry ne prit même pas le temps de l'aplanir d'un geste de la main. Ce fut tout juste s'il remit ses lunettes droites avant de partir en courant; bousculant Seamus Finnigean au passage en s'excusant au vol de quelques mots. Un autre oubli, quelque chose qu'il avait mal fait trottait dans sa tête. Mais quel était cet oubli qu'il paierait cher ? Harry n'en avait aucune idée, ces temps-ci son esprit et son coeur étaient un peu trop à l'envers pour se souvenir autrement que par fragments.
Le Gryffondor courut tout le long du chemin, son coeur bondissant bientôt plus vite que l'aiguille des secondes elles-même. Il était épuisé, sa fièvre bien que très légère lui donnait le tourni. Le Gryffondor se forçait vraiment, c'était difficile de remettre son corps en marche après une après-midi passée immobilisé à somnoler perdu dans l'espace temps. Plus tôt ou peut-être plus tard qu'il ne l'aurait pensé il se trouva devant la gargouille. Il était 16 h 20 et un regard bleu le regardait arriver d'un air intransigeant. Harry leva ses yeux sur le scintillement qu'offrait ceux de la nouvelle directrice derrière ses lunettes carrées, si semblables à celle de Dumbledore. Cependant la couleur des branches et du contour n'étaient pas dorés et l'air de malice de ses prunelles d'azur tout aussi semblables à celles l'ancien directeur de Poudlard était absent. Totalement absent. Bien que ce regard ne soit pas méchant il déstabilisa l'adolescent qui baissa doucement la tête. Ca faisait déjà un certain nombre de fois déjà cette année que le Gryffondor fuyait un regard, d'abord celui de Ron puis celui de Neville et maintenant Minerva. Pourtant il les avait gardé rivés dans ceux de Voldemort. La haine était-elle plus facile à regarder que l'amour qui s'en allait, la peine du jeune Londubat et le simple mécontentement d'une professeur ? L'esprit avait de bien étranges peurs. Il semblait capable de résister aux plus grandes d'entre elle et céder devant les plus anodines.
-Mr Potter, vous êtes en retard
L'aiguille d'argent sur la montre de Harry passa de 30 à 31...16 minutes de retard ! Minerva Mc Gonagall le regarda longuement, tandis qu'il ne levait toujours pas la tête. Finalement, enfin les talons de la directrice claquèrent sur le sol lisse tandis que sa voix vibrait dans la tête de Harry
-Suivez-moi je vous prie
Le jeune sorcier fixa la main ridée, fatiguée mais ferme encore du professeur pousser la porte dans un léger grincement...
Il fut soulagé de voir que rien n'avait changé, rien ou presque. Les objets mystérieux de Dumbledore étaient toujours présents bien qu'en effectifs réduits. La pensine avait disparu ainsi que le tableau de Phineas, brûlé lors de l'invasion des mangemorts dans l'école de Sorcellerie. En revanche la petite balance en or fin était toujours là; oscillant doucement sur le bureau en bois de chêne. Harry quitta l'objet un instant lorsqu' une note grave et douce s'imposa à ses oreilles.
-Fumseck ?
Dit-il en regardant le magnifique oiseau de feu sur son perchoir. Il était étonné car le phénix s'était échappé après la mort de son maître
-Il est revenu
Fit Mc Gonagall avec un brin de mélancolie dans la voix. Mais bien vite son air sévère reprit le dessus. Elle désigna la chaise au Gryffondor d'un signe de la main mais resta debout, comme si le fait de s'asseoir dans le fauteuil de Dumbledore devant Harry représentait une trahison. Sa main droit attrapa lestement sa baguette qu'elle agita doucement. Un plat de gâteaux sucrés de formes animales apparut.
-Prenez donc un gâteau Potter
Par automatisme Harry dénia l'offre en refusant poliment d'un signe de tête
-Allons, ne soyez pas ridicule
L'image lui sauta au visage comme un éclair. Il se revit en seconde année après l'attérissage mémorable de la Ford Angelina. La femme avait proposé ces mêmes petits gâteaux-Où alors était-ce à un autre moment où il était seul ?-Mais dans tous les cas le Gryffondor se rappelait avoir eu cet échange bref, cette proposition, son refus puis la phrase de Mc Gonagall. Comme aujourd'hui la situation n'était pas vraiment la bonne pour manger des biscuits mais Mc Gonagall était Mc Gonagall on ne la changerait pas. Le Gryffondor se saisit donc d'une salamandre au gingembre et croqua dedans, se souvenant que c'était aussi ce gâteau-là qu'il avait choisi à l'époque. Ces temps-ci tout se croisait et se mêlait. Soit les choses étaient totalement différentes, soit beaucoup trop ressemblantes avec le passé. Harry soupira légèrement, ce qui lui valut un regard étonné de son professeur; à milles lieux d'imaginer que c'était une histoire de biscuits qui imbibait ses yeux verts d'une telle mélancolie. Cependant il n'eut pas le temps de se pencher plus sur le bon vieux temps; Mc Gonagall, renonçant à étudier plus l'expression de son élève commença à parler sur un ton grave. Dès le début sa voix était sérieuse, elle parlait désormais à un adulte et les barrières entre directrice et étudiant avaient disparu. Oui, Harry aurait juré qu'elle lui parlait plus comme un membre de l'ordre du phénix. Sa main tenait un papier roulé et non décacheté. Rien qu'au sceau le Gryffondor su que c'était une lettre du ministère.
-Comme vous le savez, un nouveau ministère a été mis en place. Il s'agit là de cesser les amalgames avec le passé et de recommencer sur de meilleures bases avec des gens plus objectifs. Extérieurs à...hum...Tout ça voyez-vous. Le nouveau ministre Jonathan Dick a tenu a étudier les dossiers déposés en justice à la première fin du règne de Vous-savez-qui...Hum, enfin Vol...Voldemort
En disant ce nom elle avait regardé la petite balance doré qui avait appartenu à Dumbledore. Elle semblait vouloir lui rendre hommage en prononçant le patronyme du mage noir. Elle se souvint furtivement du soir de la première destruction de Voldemort par l'enfant des Potter. Il avait éteint les lumières avec son briquet magique avant de lui proposer un "esquimau au citron" puis en entamant sa propre glace Dumbledore avait commencé à parler des événements récents en reprenant Mc Gonagall "Voldemort Minerva, ce n'est qu'un nom. Pourquoi avoir peur d'un nom ?". Elle lui avait rétorqué que tout le monde n'était pas un si grand sorcier que lui et, toujours un peu décalé quelque soit la situationil avait juste répondu "heureusement que les lumières sont éteintes, je n'ai plus rougis comme ça depuis ce fameux jour où Pompom m'a dit que j'avais de ravissants caches-oreilles"
-Et ?
L'encouragea le Gryfondor qui voyait les yeux bleus de la femme divaguer vers un passé qu'elle seul connaissait
-Hum, oui pardon, je disais donc qu'il s'est penché sur ces dossiers bouclés avec un peu trop de hâte. Il est tombé sur celui de Sirius Black. En temps que membre de l'ordre du Phénix j'ai rendu public ses actes de courage et son innocence présumée mais...
-Sirius -répéta Harry en un écho terne. La chose qu'il avait mal fait la veille se fit un peu plus oppressante comme si elle était impatiente de se dévoiler totalement-
-Mais il lui faut votre témoignage Potter. Cela restaurerait la vérité et le nom d'assassin devant le patronyme de Sirius Black serait gommé.
-Personne ne me croira -Fit Harry d'un ton préoccupé et absent. Bon sang, mais qu'avait-il donc oublié ? Il l'avait sur le bout de la langue
-Pendant longtemps c'est vrai vous avez été considéré comme fabulateur mais contrairement à ce que le ministère affirmait Vous-sa...Vol...demort était bel et bien de retour. Vous aviez dit la vérité à l'époque, aussi étrange et improbable pouvait-elle paraître. Maintenant le ministère n'est plus assez borné pour ne pas écouter la version de faits dont vous avez été le seul témoin ou presque. Monsieur Weasley et Mademoiselle Granger seront aussi appelés à la barre. Mais c'est surtout vous que l'on demande.
-Evidement …
Que je suis d'accord ne put-il rajouter, surprit par son propre élan. Mais ce dernier avait été tel qu'il était inutile à Mc Gonagall d'entendre la suite pour comprendre la même chose que ce que le jeune sorcier avait pensé ensuite. Un mince sourire apparut sur les lèvres de la directrice tandis qu'elle s'assit enfin. Cependant son allure sévère reprit le dessus et elle chassa vivement une mèche grise impertinente avant de reprendre
-L'événement serait public...Je sais que vous n'aimez pas les journalistes Potter mais Ils peuvent être d'un grand secours. L'enjeu est de taille, il s'agit de changer un pan de l'histoire. 13 ans d'histoire...Déshonorer un "héros" et honorer un "assassin". Les médias peuvent exercer une pression non négligeable en notre sens si nous coopérons avec eux. Vos devrez accepter les interviews. Je vous rassure; il s'agit de vrais journalistes et non pas des "spécialistes de potins" comme Rita Skeeter.
-Des...Des interviews ?
-Oui, vous devrez montrer aux gens que vous êtes capables d'affirmer directement ce que vous dites. Que vous vous impliquez et garantissez votre parole auprès d'eux. Que vous le vouliez ou non, Harry-C'était la première fois qu'elle utilisait son prénom et l'une des rares où sa voix devenait presque douce- vous êtes connu et les gens écoutent l'avis des "personnalités". Vous n'êtes plus seulement célèbre à cause de ce "coup de chance" mais de ce que vous avez vous-même fait l'année dernière sans aucune aide ou presque.
-Sans toutes ces personnes mobilisées jamais j...-fit-il avec verve et énergie, ce qui fit sourire tristement Mc Gonagall
-Oui mais c'est vous qui avez porté le coup final à Vol...Hum Voldemort et c'est ça que les gens retiennent
-Alors Neville avait raison-murmura-t-il doucement, mais de façon assez audible pour que la directrice l'entende- On oublie les vrais héros
Mc Gonagall parut songeuse un instant comme si les paroles de Harry lui avaient rappelé quelque chose. Ce qu'il avait mal fait la veille le taraudait toujours quant à lui mais son esprit était désormais axé sur Neville et sa mine attérée
-Au fait, en parlant de Londubat..Il semblerait que ce ne soit pas irréversible pour ses parents. Ils auraient été maintenus en état
-QUOI ??
Harry se leva brutalement de sa chaise, faisant voler les pauvres biscuits. Mc Gonagall consciente de l'impact de la nouvelle ne lui en tint pas rigueur mais le fit se rasseoir d'un geste de la main, lui intimant également de rester calme d'un regard avant de se pencher légèrement, les coudes appuyés sur le bureau comme pour se rapprocher de son interlocuteur et lui parler sur le ton de la confidence
Et voilà , je suis un peu sadique sur le coup j'admets mais bon ! Vous découvrirez la suite sous peu. Sachez que le prochain chapitre est déjà finit, bien au chaud sur mon Ordinateur. J'attend juste avant de le mettre. J'espère que jusqu'ici l'histoire vous plaît. A vrai dire, je ne dirais pas non pour quelques Reviews, ça ne se refuse pas, n'est-ce pas ?
