Haunted House.Chapitre 2.
Dépité, Il regarda Stella s'avancer vers lui, l'air interrogateur :
- Mac, qu'est-ce qui se passe ?
- On est prisonniers Stella, prisonniers de cette maison.
Stella secoua la tête d'incompréhension. Elle se retourna et tenta d'ouvrir la porte, en vain.
- Mais que signifie ce bazar ?
Mac s'approcha d'elle et la prit par le bras.
- Venez.
Il lui montra les fenêtres murées et lui fit ainsi visiter cette étrange maison.
Elle vérifia son portable : il n'avait pas de réseau non plus.
Plongés dans la pénombre, éclairés par la seule lumière de la lampe torche de Mac, ils réfléchissaient à la situation, assis sur la dernière marche en haut de l'escalier.
Stella brisa le silence :
- Pourquoi Danny n'intervient-il pas ? C'est lui qui nous a mis dans cette galère !
- Je me pose cette même question depuis une heure et je n'ai toujours pas trouvé de réponse satisfaisante.
Un bruit sourd et régulier se fit entendre au rez-de-chaussée, les interrompant dans leurs réflexions.
Stella chuchota :
- Mac, vous entendez ?
- Oui, ça vient d'en bas. Allons-y.
Ils se relevèrent et sortirent leurs armes. Ils descendirent silencieusement les escaliers, priant pour que les marches ne grincent pas sous le poids de leurs pas.
Arrivés dans le hall, ils s'arrêtèrent net : le bruit avait cessé.
Ils avancèrent lentement vers le salon éclairé.
Stella posa sa main sur le bras de son supérieur :
- Mac, je pensais que l'électricité ne fonctionnait pas !
- C'était le cas tout à l'heure !
Leurs chuchotements rendaient leurs déplacements encore plus lugubres et renforçaient leur sentiment de mal-être.
Ils progressèrent doucement vers le salon, armes pointées devant eux.
Ce qu'ils y virent les sidéra : en un éclair, la pièce avait retrouvé pleine vie.
Un feu crépitait dans la cheminée, les draps recouvrant les meubles n'existaient plus.
Un service à thé fumant reposait sur la table basse avec ses tasses. Le lustre scintillait de mille feux.
Ils allèrent chacun de leur côté, observant les moindres détails, attentifs au moindre son.
Dos au couloir, Stella sentit un frôlement glacial parcourir sa nuque.
Le cœur battant, elle se retourna d'un coup sec, hurlant à l'intrus de se rendre.
A son cri, Mac se précipita à ses côtés. Il éclaira de sa lampe torche la pièce attenante mais ne vit rien.
- Stella qu'avez-vous vu ?
La jeune femme le regarda confuse
Elle balbutia, peu sure d'elle :
- Je n'ai rien vu...J'ai...J'ai...juste eu l'impression que quelque chose me frôlait.
Devant l'air sceptique de Mac, elle trouva bon de se justifier :
- Je n'affabule pas Mac. J'ai vraiment senti un frôlement !
- Je vous crois Stella. Ce que nous vivons est loin d'être rationnel.
Ils retournèrent dans le salon. Stella s'accrocha aux talons de Mac. Cette maison la mettait mal à l'aise et sur le moment, elle était heureuse de ne pas être seule.
La flambée dans l'âtre apportait une douce chaleur à cette pièce et les deux scientifiques s'assirent autour du feu.
Ils se sentaient déstabilisés par toute cette étrangeté qui planait.
Ils fixèrent un long moment les flammes quand soudain, la vieille pendule du salon marqua 19 heures. Les sept sons métalliques les firent sursauter et ils se regardèrent tous deux gênés de leur réaction.
Stella émit un petit rire nerveux :
- On est tous les deux un peu tendus je crois...
Mac acquiesça lentement. Il regarda sa collègue attentivement. Une certaine appréhension se lisait dans ses yeux verts. Il éprouva alors le besoin de la rassurer, lui dire qu'il serait présent pour elle...
Il se pencha mais ses mots ne sortirent pas... Ils se perdirent dans l'air de sa bouche restée entrouverte...
Mac croisa le regard inquiet de Stella.
Elle aussi l'entendait, comme lui : une petite musique errait dans l'air, lointaine. Un son assez doux et enjoué.
Ils se levèrent tous deux, la main sur leurs armes, prêts à dégainer.
Mac glissa à l'oreille de Stella :
- Cette fois-ci, on reste ensemble.
Elle hocha la tête sans mot dire et le suivit.
Plus ils approchaient de la salle de jeux, plus le son s'amplifiait.
Là encore, ils reçurent un choc !
Là encore, les draps avaient été enlevés : la pièce revivait comme par enchantement !
Les queues disposées sur le billard avec le triangle de boules n'attendaient plus que les joueurs.
Le bar faisait étalage de nombreuses bouteilles et les verres posés sur le zinc n'attendaient plus que les consommateurs.
Dans un coin, un juke-box émettait cette musique douce et entêtante.
Mac sentit la main de Stella se glisser dans la sienne. Elle était glacée.
Il la serra et essaya ainsi de la réchauffer.
- Mac....Où sommes-nous ?
Son ton était angoissé. Il ne put cependant lui répondre, tout simplement parce qu'il n'en savait rien.
Il parla d'une voix qu'il se voulait rassurante :
- Il y a quelqu'un, quelque part, qui tire les ficelles, qui se joue de nous.
- Mais comment fait-il pour remettre de la vie dans une pièce en quelques secondes seulement ? Et où est-il ?
Mac s'approcha des murs et les regarda attentivement. Il les tapota de son poing.
Un souffle chaud à son oreille le fit frissonner.
- Vous faites quoi ?
Il se tourna vers son amie et sa proximité soudaine le troubla.
Il répondit peu sûr de lui :
- Heu.... Je cherche un passage secret...
Il trouva d'un coup son idée complètement idiote mais Sella lui sourit. Il n'y avait aucune moquerie dans son regard et Mac lui en fut reconnaissant.
Il n'eut cependant pas le temps d'approfondir ce sentiment : un cri effrayant et perçant transperça le silence, les laissant tous deux glacés et horrifiés.
TBC...
