Chapitre 2 : Les plans de Lady Une révélés au grand jour

Incroyable, incroyable, INCROYABLE ! Pour tous les sept, la situation semblait on ne peut plus incroyable. Jamais les filles n'auraient cru pouvoir partager un jour une chambre d'hôtel avec les g-boys et jamais les garçons n'auraient cru devoir faire face à un tel imprévu, et encore le mot était faible ! Aucun d'eux n'avait jamais eu à faire à ce genre de relation avec une fille, d'ailleurs aucun d'eux n'avait eu beaucoup de relations avec la gente féminine.

* Dans la chambre No.354 *

Sora entra dans la chambre d'un pas vif. Dans sa tête tourbillonnait mille questions, mille pensées, mille émotions. La situation qu'elles étaient en train de vivre était tellement merveilleuse et à la fois tellement complexe ! Est-ce que c'était vraiment réel ? Etaient-elles innocentées pour de bon ? Combien de temps allaient-elles rester ici ? Existait-il un moyen de rentrer chez elles ?

Mais la question qui lui importait le plus était : que pensait véritablement Duo à son sujet ? Le fait qu'il soit obligé de la protéger ne signifiait pas du tout qu'il la trouvait sympathique et qu'il lui pardonnait d'avoir parlé de lui aussi chaleureusement dans Marriage Prospect… Mais peut-être qu'il avait accepté parce qu'il la comprenait ? Oui, sinon, il aurait refusé bien sûr… Peut-être…

Elle rassembla ses esprits et se tourna vers Duo pour l'observer.

Ce dernier, surpris par son mouvement, sursauta presque. A vrai dire, il ne savait pas trop quoi penser d'elle. D'un côté, ses paroles à son sujet dans « Marriage Prospect » étaient à la fois si enthousiastes et si désespérées qu'il avait l'impression d'avoir affaire à une fanatique et d'un autre côté, son attitude actuelle était si calme et si posée qu'il lui semblait que le texte avait été écrit par une personne complètement différente.

Mais peut-être qu'elle attendait justement qu'ils soient seuls pour lui sauter dessus ? Voir même… pour le poignarder avec un couteau sacrificiel afin d'être sûre qu'aucune autre fille ne lui mette la main dessus ?

Non. Bien sûr que non ! Décidément, il regardait trop de documentaires à la télé !

Vraiment, parfois, il cogitait beaucoup trop ! Il valait mieux qu'il passe à l'action !

Il se décida à entrer et ferma la porte derrière lui avant de se tourner vers la jeune fille : « Voilà. C'est ici qu'on va dormir pendant quelques temps. »

Sora regarda autour d'elle brièvement avant de reporter de nouveau son attention sur lui : « Oui… »

Duo se gratta l'arrière de la tête, embarrassé : ce n'était pas ça qui allait l'aider à amorcer une conversation !

Il fit quelques pas dans la chambre et alla s'asseoir dans le canapé : « J'imagine que tu dois être ravie d'être ici, à partager une chambre avec le garçon de tes rêves… »

Bizarrement, la jeune fille sembla choquée par ses paroles : « Le garçon de mes rêves ? Mais… mais non ! Ce n'est pas du tout ça ! Je veux dire, c'est totalement exagéré ! Tu n'es pas… »

Duo s'appuya sur le canapé et lui jeta un regard interrogateur.

Sora se calma brusquement et reprit d'une voix plus calme, bien qu'un peu gênée : « Bien sûr, tu es assez séduisant et tu as plein de qualités mais… Tu n'es pas si génial que ça ! … (Elle rajouta d'une plus petite voix) Sans vouloir te vexer. »

Duo grimaça comme s'il avait pris une balle en plein cœur.

Le vexer ? C'était exactement ce qu'elle venait de faire ! Car même s'il s'était senti terriblement gêné lors de la lecture de certains passages de « Marriage Prospect », en réalité, il s'était également senti flatté et très intrigué par ces commentaires.

Et puis, même s'il avait été un moment inquiet, son discours pour justifier ce texte lui avait paru profondément sincère. Alors pourquoi ce changement d'attitude ?

Duo poussa un profond soupir : « Tu étais beaucoup plus enthousiaste que ça dans « Marriage Prospect » ! »

Sora fronça les sourcils et répliqua : « Mais c'était pour rire ! Je faisais semblant d'être une pauvre fille désespérée ! Je n'ai pas que ça à faire de pleurnicher sur un personnage de papier ! J'ai une vie en dehors de Gundam Wing ! »

Duo sourit d'un air taquin : « Et maintenant que tu vis dans Gundam Wing et que je ne suis plus un personnage de papier ? »

La jeune fille le fixa un moment sans répondre… mais plus les secondes s'écoulaient et plus son air sérieux et déterminé s'effaçait pour laisser place à un petit sourire embarrassé, qu'elle tenta aussitôt de dissimuler en pinçant les lèvres. Mais Duo n'avait pas perdu une miette de ce changement d'attitude. Et ça l'amusait beaucoup !

Sora détourna la tête et croisa les bras : « Je… Je dois y réfléchir. C'est vrai que tu n'es pas tellement différent de ce que j'ai vu dans l'anime, mais… A part le fait que tu restes mon pilote de gundam préféré, ça ne signifie rien de plus ! »

L'ex pilote de gundam la fixait maintenant avec un grand sourire sur les lèvres : « Hmm… Je vois. »

Toutes ses inquiétudes au sujet de la jeune fille avaient maintenant quitté son esprit. Duo était à présent très curieux de savoir ce qu'elle pensait de lui. Il avait du mal à deviner le vrai du faux dans son attitude. Elle semblait bien déterminée à cacher ses sentiments et ses pensées à son sujet mais vu le peu de résistance qu'elle opposait, il serait sûrement plus facile pour lui de la faire parler que d'arracher deux mots à Heero.

Le sourire aux lèvres, il lui demanda presque innocemment : « Et si tu me disais justement pourquoi je suis ton pilote de gundam préféré, hein ? Je suis curieux de le savoir ! »

La jeune fille réagit au quart de tour, comme il s'y attendait : « Menteur ! Avec tout le succès que tu as auprès des filles, je suis sûre que tu le sais déjà ! »

Duo éclata de rire : cette fille était vraiment amusante ! Ils allaient sûrement bien s'entendre ! … A condition de ne pas trop la faire tourner en bourrique.

« Alors parle-moi de ton monde dans ce cas ! »

Sora ouvrit de grands yeux étonnés : « De mon monde… ? Ca t'intéresse ? »

Duo sourit : « Bien sûr ! Je suis curieux de savoir quel genre d'endroit tu viens. » Il tapota la place à côté de lui, sur le canapé : « Viens t'asseoir là et raconte-moi, s'il te plaît. »

La jeune fille le fixa quelques secondes puis avança en souriant : « D'accord ! »


Dans la chambre No.355.

À peine entrée dans la chambre, Sunny s'était assise sur le lit qui lui était destiné et n'avait plus dit un mot. Wufei n'étant pas quelqu'un de spécialement commode et causant, mieux valait se taire pour ne pas l'énerver. Surtout qu'il semblait encore sous le coup de cette sombre histoire de marriage prospect.

En fait, le pauvre garçon n'était plus tellement en colère, il était en réalité très gêné d'être seul, dans une chambre, avec une fille qui avait dit de lui que dans des circonstances bien particulières, il devait être plein d'énergie, autoritaire, tout feu tout flamme comme un dragon ! Ces mots l'avaient en fait un peu troublé, voire même effrayé. Comment allait-il maîtriser une folle déjantée qui voulait s'en prendre à lui ? Mais étrangement, elle restait là, calme, sur son lit, sans dire un mot ni tenter quoi que ce soit. Elle avait même l'air un peu triste. Peut-être était-elle effrayée à cause de ces menaces de mort ? Bizarrement, il voulut tenter de la rassurer :

« Hm. Ne vous inquiétez pas à cause de cette lettre : je m'occupe de tout, c'est à moi de vous protéger, c'est mon métier. Vous n'avez pas à vous en soucier, faites-moi confiance.

— Hm ? (elle était surprise) Oh, mais je ne m'inquiète pas, je sais qu'avec vous, y'a rien à craindre. Je me sens en parfaite sécurité.

La jeune fille lui sourit légèrement, puis reprit cet air triste et repartit dans ses pensées.

Pendant un bref instant, Wufei se sentit flatté. Puis il réalisa que c'était la première fois qu'on lui tenait ce genre de propos : habituellement, les gens semblaient plutôt mal à l'aise en sa présence, alors pourquoi une parfaite inconnue lui aurait-elle accordé sa confiance ?

— Pourquoi avez-vous autant confiance en moi ?

— Et ben… Vous savez que les filles et moi, on connaît tout de votre histoire, alors après tout ce que vous avez vécu, ce sera pour vous une sinécure de me protéger d'une bande de débiles hystériques aux idées courtes.

— Je crois que vous n'avez pas très bien compris votre situation : vous êtes en danger. Ces menaces ne sont pas à prendre à la légère : il y a déjà eu un mort, la prochaine fois, ce sera peut-être vous.

— De toute façon, je sais que vous avez toutes les qualités pour mener à bien cette mission : vous êtes intelligent, courageux, vous savez vous battre. Non, vraiment, je ne m'inquiète pas. Pour moi, ce sera comme des vacances.

Wufei eut un demi-sourire :

— Aaah. Merci. Heu, mais (Il redevint sérieux), ce n'est pas une raison pour agir de manière imprudente : ne baissez pas votre garde !

La tristesse de Sunny semblait l'avoir quittée. Elle semblait même plutôt contente de discuter avec lui :

— Mais pourquoi vous me posez toutes ces questions ? Les gens n'ont pas confiance en vous habituellement ? C'est vrai que dans la série, on parle surtout du courage de Heero. On parle pas trop de vous en fait…

— C'est vrai que je ne serai pas contre un peu de reconnaissance : Quand j'étais pilote de gundam, les autres en avaient toujours pour Heero, le plus déterminé, le plus...

Sunny prit un air compatissant :

— Fou ? Franchement, moi je ne comprends pas tout ce foin qu'on fait autour de Heero, alors que c'est évident que ce type est un psychopathe ! »

Wufei fit quelques pas dans la chambre et alla s'asseoir dans un fauteuil :

— C'est vrai.

Sunny sourit étrangement, et vint s'asseoir dans le fauteuil en face du sien :

— Et qu'est-ce que vous pensez des autres alors ?

Wufei commença à détailler ses camarades, l'air de plus en plus énervé :

— Duo n'est que le comique de service, toujours à plaisanter, se moquer… Trowa se prend pour le beau gosse de la bande, mais il est juste tape-à-l'œil avec ses ridicules pirouettes et Quatre, toujours gentil, toujours serviable, toujours niais !

— Oulah, calmez-vous ! Vous savez, il y a des gens qui n'en ont pas que pour eux ! Bon d'accord, dans notre monde, Heero et Duo sont ceux qui ont le plus de fans mais il y a quand même des gens qui vous apprécient ! Tenez, je ne devrais pas vous le dire mais tant pis, en ce qui me concerne, vous êtes mon préféré ! Vous voulez savoir ce que j'apprécie chez vous, en tant que grande fan ?

— Oui, bien sûr. Dites-moi.

Sunny prit un ton exalté :

— Hé bien moi je pense que vous au moins, vous avez une vraie personnalité ! Vous avez des idéaux à défendre, mais vous avez aussi vos problèmes personnels comme le manque de reconnaissance de la part des autres, mais...

Wufei était choqué :

— Vous avez pitié de moi ?

Mais Sunny était très enthousiaste :

— Mais non ! Je trouve ça beau ! Un héros sans failles n'est pas un vrai héros ! Mais ce n'est pas tout, car surtout, ce que j'aime particulièrement, c'est votre côté, euh, et bien… oh non, je ne peux pas vous le dire, c'est un peu gênant, vous allez vous faire des idées...

Wufei prit un air soupçonneux :

— Quelque chose sur mon physique ? Quelque chose qui fait que vous en déduisez d'autres sur mes, hum, capacités (À voix basse) sexuelles ?

— Mais non, se défendit Sunny, choquée. Je vous ai déjà dit que je ne me permettrais pas d'avoir ce genre de pensées envers vous ! Moi je voulais juste parler de votre côté… viril ! J'adore ça ! Un homme protecteur ! Un vrai mec quoi ! Ah la la !

Elle partit dans une longue rêverie et Wufei leva les yeux vers elle, extrêmement troublé : c'était la première fois que quelqu'un, en l'occurrence une fille, lui reconnaissait clairement cette qualité. Pendant un moment, il sentit son cœur s'alléger à l'idée d'être aimé et respecté tel qu'il était vraiment : un homme. Il croisa le regard de Sunny, qui se troubla et rougit :

— Oh, euh, hm. Je commence à raconter n'importe quoi moi, ça doit être la fatigue ! Je vais aller prendre une bonne douche froide histoire de me revigorer ! »

Sur ce, elle se leva précipitamment, lui adressant un sourire gêné. Wufei la regarda s'éloigner jusqu'à ce que la porte se referme sur elle. Finalement, cette fille était assez sympathique, et bizarrement, elle savait l'inciter à la confidence, lui qui n'était pas du genre à s'exposer aux autres. Elle dégageait quelque chose de spécial, qui faisait qu'on avait envie de lui parler et qu'on ne se sentait pas gêné d'évoquer avec elle des choses personnelles. Peut-être était-elle psychiatre dans son monde ? Puis Wufei se rendit compte de ce qu'il venait de faire : il venait de se confier à un psychiatre ! Mais qu'est-ce qui lui avait pris ? Il était fort, il n'avait besoin de personne pour résoudre ses problèmes ! Mais en y réfléchissant bien, cela avait été bien agréable de parler ainsi avec une personne qui, qui plus est, n'était pas dénuée d'un certain charme.


Heero et Yami franchirent le seuil de la porte de leur chambre sans un mot. Au fond, Heero n'était pas mécontent de se retrouver dans cette situation. Il s'occupait dorénavant de la sécurité de personnalités importantes, mais ce boulot lui semblait un peu trop tranquille dans un monde en paix. S'occuper de jeunes filles venant d'un autre monde et menacées de mort lui permettait de se sentir à nouveau utile et d'explorer des situations inconnues. Ces filles étaient en effet on ne peut plus bizarres : Sora et Sunny semblaient avoir des mœurs plutôt étranges. Au vu de ce qu'ils avaient trouvé dans l'ordinateur de Sora, Heero était persuadé que sous une apparence plutôt normale, elles étaient complètement détraquées. Obsédées par eux. Wufei et Duo allaient avoir du fil à retordre avec ces deux folles. En ce qui concerne Yami, il n'avait tout d'abord guère été enchanté de s'occuper de cette fille. Elle lui semblait aussi folle que les deux autres, mais sa conversation avec le médecin l'avait entièrement rassuré à son sujet : elle avait simplement pris un coup sur la tête, mais maintenant, elle était totalement normale et ne semblait pas être une hystérique. Elle lui avait simplement dit qu'elle l'aimait bien. Finalement, il avait eu plus de chance que ses compagnons.

Quant à Yami, elle n'en revenait pas : elle allait partager la même chambre que Heero ! Ça tenait du rêve mais c'était bien réel, elle avait toujours du mal à y croire. Elle en était toute intimidée et ne savait pas quoi lui dire, ni même comment se comporter avec lui. Tout ça était tellement bizarre. Mais elle se dit que lui, ça ne devait pas franchement lui faire plaisir. Alors elle essaya de se montrer amicale, histoire d'essayer de faire davantage connaissance avec lui et de lui prouver qu'elle n'était pas une folle qui n'en voulait qu'à son corps.

« Hm, alors, euh, Heero, demanda-t-elle timidement, j'espère que ça ne te dérange pas trop de devoir assurer ma protection.

— Non, pour moi c'est une mission comme une autre.

— Comme une autre? Alors ça veut dire que tu as toujours des missions? Il se trame encore des trucs entre les colonies et la Terre?

Heero leva les yeux vers elle, surpris. Il trouvait ça un peu étrange d'évoquer ce genre de choses avec une jeune fille qui n'était pas d'ici. Quant à Yami, elle rougit légèrement : Heero était vraiment mignon en vrai. Et carrément intimidant.

— Non, tout ça c'est bien fini.

— Et… alors… tu fais quoi maintenant ? demanda Yami, l'air toujours aussi timide.

— Je travaille pour une société chargée de la sécurité de personnalités importantes, mais je ne vois pas en quoi cela te concerne.

Yami s'inquiéta un peu: est-ce qu'elle venait de le vexer avec toutes ces questions ?

— Excuses-moi, je me mêle de ce qui ne me regarde pas mais c'est juste qu'en lisant les mangas de vos aventures, je me suis attachée à ton personnage, et je voulais juste savoir ce que vous étiez tous devenus.

Heero était très intrigué par cette histoire de manga. Comment avait-on bien pu le représenter dans cet autre monde? Il ne put s'empêcher de le demander.

— Hm, à propos de, hm (il était un peu gêné), ce manga, il parle de l'Opération Météore, c'est ça ?

— Euh, oui.

— Et… on me voit beaucoup dans cette histoire ?

— Tu es l'un des personnages principaux.

— Et cette histoire t'a donnée une bonne opinion de moi ?

Yami parut soudainement rêveuse, et sortit quelque peu de sa timidité :

— Oh oui ! J'adore ton personnage ! J'admire ta force de caractère, et ta force tout court, parce que quoi qu'il lui arrive, tu t'en sors toujours ! Mais en même temps, tu as gardé un côté innocent, et ça c'est carrément… carrément… (Elle se rendit compte qu'elle était en train de trop en dire et que Heero l'écoutait religieusement) euh… bien.

Yami rencontra le regard de Heero et rougit. Pourquoi était-elle aussi troublée ? C'est vrai qu'il était vraiment craquant avec ce petit air sérieux, concentré sur ses paroles mais il s'agissait de Heero ! Elle n'avait pas le droit de penser à des choses pas claires à son sujet ! Pour se remettre de ses émotions, elle essaya de conclure cette conversation, au comble de la gêne :

— Hm, bref, tu es un peu le héros idéal quoi. Bon, bah, je vais installer mes affaires.

Heero regarda la jeune fille se lever et prendre un sac en plastique posé par terre. Cette conversation l'avait un peu troublé. Il imaginait des millions de gens, comme Yami, en train de regarder le déroulement de l'Opération Météore sur un écran, et le prenant pour une sorte de chevalier des temps modernes. Tout ça était vraiment bizarre.

Yami sortit d'un sac plastique les vêtements qu'elle portait lors de son arrivée dans ce monde et les posa sur un lit. Il s'agissait d'un jean, d'un pull-over moulant et de ses sous-vêtements. Heero écarquilla les yeux en détaillant le soutien-gorge noir en dentelle et la petite culotte assortie. Il n'en avait jamais vu de sa vie.

Sans faire attention à lui, Yami-Rose plia soigneusement ses vêtements, les disposa en une petite pile et alla les déposer dans un tiroir. Finalement, elle s'immobilisa devant le fait accompli.

Long silence. Yami-Rose regardait le contenu de son tiroir tandis que Heero la regardait bouche entrouverte. Soudain, Yami-Rose se retourna :

— Heu, hein ? Un problème ?

Heero secoua la tête :

— Hm. Non, rien.

Yami-Rose semblait embarrassée :

— Heu, moi par contre, j'ai un problème : il nous faudrait d'autres vêtements. Et surtout quelque chose pour ce soir ! J'vais pas dormir toute nue quand même !

Heero rougit fortement :

— Non, bien sûr. Je, je vais en parler à Wufei. »

Et sur ce, il sortit de la chambre précipitamment.


Dans la chambre de Wufei, Sunny était partie voir Sora. Les garçons s'étaient alors réunis pour aborder un sujet de première importance : les filles ! En effet, tout était parti d'une remarque sur leurs vêtements :

« Mlle Aka (Il insista bien sur le k) m'a demandé s'il était possible de lui trouver d'autres vêtements, dit Heero, troublé, mais je ne crois pas qu'on puisse trouver ici quelque chose dans leur genre.

— C'est vrai qu'elles ne sont pas du tout habillées comme les filles d'ici ! dit Duo, embarrassé.

Wufei était lui encore troublé par son entretien avec Sunny :

— De façon générale, elles sont très différentes de celles que nous côtoyons habituellement.

Heero et Duo le regardèrent bizarrement.

Il haussa alors les épaules :

— Elles ne ressemblent à aucune de mes collègues de travail ! »

— Aaah, lui répondirent les deux autres, comme soulagés.

— Et puis, ces vêtements serrés qui viennent de leur monde ! Rajouta brusquement Heero.

Wufei était choqué :

— Quoi ? Tu as inspecté leurs vêtements ?

Duo était lui complètement abasourdi :

— Heero… Je ne te savais pas si pervers !

Mais celui-ci était totalement indifférent à leurs remarques :

— C'était uniquement dans le but de fouiller les poches. En tout cas, d'après ce que j'ai vu, ces vêtements doivent beaucoup trop faire ressortir leurs… yeux.

Duo rit :

— Oui, hé bien, elles ont quand même de très beaux yeux !

— Quoi ? Tu as regardé ? demanda Wufei, qui n'en finissait pas d'être choqué.

— Ben, pas toi ? lui demanda Duo, gêné.

Long silence éloquent. Les trois garçons baissèrent la tête en rougissant.

Mais Heero se reprit :

— Alors, que décide-t-on ?

— On pourra toujours aller faire un tour en ville demain ? demanda Duo, embarrassé.

— Dans des boutiques pour femmes ? demanda Wufei, inquiet.

— Nous leur servirons de garde du corps, c'est tout, décida Heero.

— Vous croyez qu'elles vont nous obliger à porter tous leurs paquets ? » Demanda Duo.

Long silence éloquent.


Trois jours plus tard, les filles étaient réunies dans la chambre de Sora pour échanger leurs impressions.

« Vous savez, Heero n'est pas aussi terrible qu'il en a l'air… » Commença Yami. « Hier soir, on a discuté pendant une demi-heure et il m'a même un peu parlé de son travail de garde du corps. C'est la première fois qu'on discute aussi longtemps ! D'habitude, il interrompt la conversation en prétendant avoir un truc à faire dès qu'on aborde un sujet qui le concerne directement, et pourtant, je fais attention à ne pas lui poser de questions personnelles. J'aurais jamais cru qu'il était aussi… »

Elle rougit un peu, en souriant un peu niaisement, songeant malgré elle à des pensées pas très raisonnable, comme à chaque fois qu'elle pensait à Heero, même sans penser à des trucs indécents. Les deux sœurs échangèrent alors un sourire entendu. Yami chassa ces pensées vraiment pas raisonnables et se racla la gorge, gênée.

« …Aussi lui-même. Bref… »

Sora observa son amie d'un œil amusé avant de changer de sujet : « Et bien moi, je suis vraiment soulagée d'avoir pu mettre les choses à plat avec Duo ! Maintenant, on s'entend plutôt bien ! Je crois qu'il a fini par comprendre que je n'étais pas une fille dangereuse et totalement accro à lui ! Le problème c'est que maintenant qu'il sait qu'il est mon pilote de gundam préféré, il n'arrête pas de me taquiner à ce sujet ! » Elle pinça les lèvres d'un air ennuyé puis sourit : « Enfin, comme qui dirait, qui aime bien, châtie bien, donc ce n'est pas si mal en fin de compte ! »

« En ce qui me concerne, Wufei est finalement plus sympa que lors de notre rencontre, donc ça va. » conclut Sunny. Visiblement, elle préférait ne pas entrer dans les détails.

TOC-TOC-TOC !

Vous aurez compris que quelqu'un frappait à la porte.

« ENTREZ ! » répondit aussitôt Sora.

Lady Une entra dans la chambre, un air sévère sur le visage : « Vous ne devriez pas autoriser quelqu'un à rentrer dans votre chambre sans avoir décliné son identité : imaginez si les dangereux terroristes qui en veulent à votre vie avaient été derrière cette porte ! »

- Oui, c'est vrai, mais en même temps, les terroristes ne frappent pas avant d'entrer ! » répliqua Sora en haussant les épaules.

- Hmm. Oui, c'est vrai. Oh ! J'ai complètement oublié de me présenter : je suis Lady Une, lieutenant en chef des preventers, enchantée.

- Oui, on sait qui vous êtes. Je suis Sora.

- Ça va, on vous connaît. Moi c'est Sunny.

- Et moi Yami. »

Lady Une reprit, avec un sourire maternel : « Votre histoire m'a beaucoup émue, alors j'ai décidé de venir vous rendre visite pour voir si vous vous entendez bien avec les garçons. Vous savez, ils sont là pour vous protéger, vous pouvez leur demander tout ce que vous voulez. »

Les trois filles s'exclamèrent en chœur, d'une voix rêveuse : « Tout ce qu'on veut ! »

« Mais en attendant, écoutez moi bien ! Vous savez que votre arrivée chez nous a fait beaucoup de bruit… Débarquer comme ça en plein milieu d'une conférence internationale, en tombant mystérieusement du ciel sur Mademoiselle Réléna. »

Les trois filles se regardèrent, gênées.

« Alors j'ai eu une idée pour camoufler cette incident : nous allons vous faire passer pour trois jeunes chanteuses en mal de reconnaissance. Vous êtes un groupe récemment formé, ayant enregistré un premier disque que vous cherchez à faire connaître, et le meeting de Réléna était une bonne occasion. Maintenant, tous les médias veulent en savoir plus sur vous, vous allez pouvoir faire votre véritable première apparition publique en tant que chanteuses ! »

« Quoi ? Mais on n'a aucun talent ! On ne sait ni chanter, ni danser ! On va être ridicules ! » S'écria Sunny, choquée.

« Quelle horreur ! Je ne veux pas être ridicule devant Duo ! » Renchérit Sora, mortifiée.

« Pas question que je me ridiculise en public ! » Trancha Yami.

Mais Lady Une n'était pas prête à abandonner. Elle rajouta sur un ton de confidence : « Mais vous ne comprenez pas ! Cette histoire doit être crédible, vous serez donc entourées de véritables professionnels qui feront de vous de vraies artistes, capables de séduire un large public, et même d'être adulées par une foule admirative ! »

Yami n'était pas convaincue : « Bah, je crois pas qu'on puisse faire de moi une artiste, j'ai pas du tout la fibre artistique, vous savez ! »

« Mais si, vous verrez, mais surtout, en tant que vedettes, vous serez plus exposées, et vos gardes du corps devront se montrer beaucoup plus proches de vous… plus attentifs… plus attentionnés… » Leur souffla Lady Une.

Sunny haussa les épaules : « Mais ils dorment dans la même chambre que nous, c'est déjà beaucoup ! »

« C'est vrai, mais si vous n'acceptez pas votre rôle, la présence de Wufei, Duo et Heero ne sera plus vraiment utile. » répliqua Lady Une. « Je pourrais très bien m'occuper seule de votre sécurité, alors je les renverrai chez eux. Si c'est donc votre décision Sunny, je vais de ce pas dire à Wufei que vous ne voulez plus de lui ! Wufeiiiiiii ! »

La jeune fille l'interrompit précipitamment : « Non, non, pas la peine de faire des histoires, ça va, j'accepte votre proposition. Et c'est vrai que cette histoire de chanteuse serait tellement plus crédible. Hein les filles ?

« Ah oui, c'est sûr ! » répondit aussitôt Sora, choquée à l'idée d'être séparée de Duo.

Yami commençait tout juste à découvrir le vrai Heero et ne voulait pas que ça s'arrête si vite. Elle finit par céder : « C'est vrai, c'est la meilleure solution. Sans aucun doute ! »

« Parfait ! Alors nous sommes d'accord, je vais tout de suite appeler les stylistes ! » Conclut Lady Une, ravie.

Et elle sortit de la pièce, le pas léger…

« Cette histoire de chanteuse, plus crédible ? » Marmonna Sora.

Sunny lui répondit, l'air désemparé : « C'était ça ou adios Duo ! »

Yami était aussi désemparée qu'elle et un peu inquiète à propos de cette histoire de chanteuse : « Je veux pas quitter Heero maintenant… »

Leurs paroles achevèrent de convaincre Sora, dont le regard brilla soudain d'une lueur pleine de détermination : « Bon ! Ok, les filles ! Sortez les micros ! Je suis prête ! Je vais me donner à fond ! »


Dans le hall.

Lady Une fit son entrée, toute pimpante, rayonnante de bonheur, et tous les hommes se retournèrent sur son passage.

« Aah. Bonjour lady. » Dit Wufei, d'une voix neutre.

— Bonjour madame ! lui dit joyeusement Duo.

Quant à Heero, il la salua de son habituel air sérieux.

Lady Une leur fit son plus beau sourire :

— Messieurs, le plan a changé au sujet des filles. Désormais, elles veulent se lancer dans une carrière artistique !

...

...

Heero haussa un sourcil, pendant que Duo ouvrit de grands yeux étonnés en demandant si c'était une blague. Quant à Wufei, il rit nerveusement :

— Très drôle. Quels sont les vrais nouveaux ordres ?

— Avec les filles, nous avons pensé qu'il serait judicieux de faire passer leur chute du ciel pour une mise en scène destinée à lancer la carrière artistique d'un groupe musical féminin très novateur. Comme ça, ça devrait calmer les ardeurs des terroristes, qui n'auront plus de raison de s'en prendre à elles !

Wufei était exaspéré :

— Ridicule ! Elles seront dix fois plus exposées aux dangers et les journalistes les harcèleront ! (Avec un sourire moqueur) En supposant qu'elles aient du succès bien entendu ! »

— Vous allez vraiment faire d'elles des stars ? demanda Duo, perplexe.

Heero réagit à son tour :

— Répondre aux journalistes devrait permettre de calmer les remous dans la presse mais si elles deviennent des stars, cela nous donnera dix fois plus de travail, et je refuse de me charger de ça.

Lady Une avait l'air peiné :

— Oh non ! Ne dites pas cela ! Alors que Yami tient énormément à vous !

— Cela n'a aucune importance pour moi, lui répondit Heero, en détournant la tête.

Duo semblait lui très intéressé :

— Quoi ? C'est vrai ? Les filles vous ont parlé de nous ? Qu'est-ce qu'elles ont dit d'autre ?

Lady Une prit un ton dramatique :

— Je ne peux rien vous dire. C'est à vous de découvrir cela tout seul.

— Allez quoi ! Vous avez révélé un truc important à Heero ! (Tout le monde le savait déjà mais bon.) Allez, dites-moi ce que Sora pense de moi ! Elle a bien dit quelque chose !

— Je ne sais pas, mais vous pourriez le lui demander en allant la rejoindre ce soir, après avoir accepté cette nouvelle mission.

Wufei rougit en entendant cette allusion douteuse :

— Mais qu'est-ce que vous dites ? Nous ne sommes pas là pour ça !

— Ne dites pas ça Wufei, alors que Sunny m'a confié que pour elle, vous étiez tel un lion superbe et généreux !

— Quoi ? Je suis quoi ? Ooh (Wufei était extrêmement troublé. Il redevint brusquement sérieux). Très bien. J'accepte cette nouvelle mission.

Quant à Duo, il s'exclama avec enthousiasme :

— Moi aussi !

Heero, lui, soupira :

— Bon. Puisque vous continuez, je ne vais pas vous laisser tomber. J'accepte également la mission.

Lady Une lui prit la main et la serra dans les siennes :

— Heero ! Je vous promets que vous ne le regretterez pas ! Yami est une jeune fille exquise. »

Ses sous-vêtements aussi, pensa Heero.

A SUIVRE...