Auteur: QuestofDreams (co-auteur Lazuli)

Yo! Voilà le deuxième chapitre!
C'est super de voir que notre travail (de traduction je le rapelle^^) plaît et intrigue! Vous vous posez plein de questions et ça, ça fait plaisir. Nous sommes ravis de pouvoir partager cette fic avec vous! Merci à toutes et à tous pour vos reviews vraiment!
J'espère que la suite vous plaira autant, bonne lecture!


Traducteur : Thalira

CHAPITRE 2


Naruto cligna des yeux face à un plafond inconnu. Se les frottant, il regarda la pièce autour de lui et fut immédiatement frapper par une impression de déjà-vu. Il grogna doucement et fit courir sa main sur son visage. Apparemment, s'évanouir n'avait pas remis les choses en place. Il se retourna sur le lit, mettant ses bras sur les côtés. Il sursauta quand le gauche percuta quelque chose de chaud et de solide, son regard effrayé rencontra le visage pâle de Sasuke. Ses yeux sombres clignaient de fatigue après avoir été réveillé aussi brutalement.

— Putain de merde !

Voilà ce qu'il hurla en se préparant à sauter hors du lit, quand un bras attrapa le sien et le rallongea.

— A l'instant, tu dormais très bien, dit Sasuke énervé. Je ne vois pas quel est le problème Naruto.

Il avait l'air de souffrir un peu du rejet dont il était la cible.

— Tu … Que … Pourquoi es-tu au lit avec moi ? Hurla Naruto.

Sasuke fronça du nez à cause du bruit que faisait l'autre et se releva, laissant son poids reposer sur son coude. Et il lui répondit simplement.

— Je me suis endormi.

— Mais, nous …

Naruto grogna et mit son bras sur ses yeux. La dernière chose dont il se souvenait, c'était qu'il marchait dans le village et … la montagne Hokage.

— Mmmmmmh … Que quelqu'un me réveille s'il vous plaît.

—Tu es réveillé, crétin.

Naruto enfonça sa tête dans son oreiller, essayant visiblement de se glisser dans les draps.

— Non, je dois rêver.

Sa voix était bien étouffée, mais Sasuke comprit tout de même la phrase.

— Sasuke ne serait pas dans le même lit que moi si ce n'était pas le cas.

Ses épaules s'affaissèrent tandis qu'il parlait.

— Même lui n'est pas un si bon ami que ça.

Seuls les draps entendirent ce qu'il marmonna ensuite, et si Sasuke n'intervenait pas, il semblait que Naruto ferait vraiment quelque chose de stupide comme de s'étouffer lui-même dans le lit.

Il lui arracha l'oreiller des mains et l'éloigna de son visage, avant de ramper au-dessus de son corps. Les yeux de ce dernier allaient bientôt sortir de leurs orbites.

— Qu'est-ce que tu fais ? brailla-t-il, tout en secouant ses hanches afin de se débarrasser de l'homme. Mauvaise idée.

— Tu n'as pas été aussi timide depuis notre première fois, lui murmura Sasuke, ses mains encerclant ses poignets tout en les appuyant contre le lit.

Naruto essaya de déglutir, mais sa gorge était fermée et il s'étouffa avec sa salive. Ses yeux devinrent encore plus grands alors que Sasuke souriait, s'abaissant pour tracer sa mâchoire de ses lèvres.

— Pre … première … fois ? réussit à sortir Naruto. Nous … Je … Tu …

Il ne pouvait plus bouger les mains, tout acharnement semblait … L'enchaînement de ses pensées dérailla brusquement lorsqu'il réalisa à quel point Sasuke semblait apprécier tout ceci. Et merde

Il ferma ses yeux quand il sentit la langue de ce dernier donner de petits coups sur sa mâchoire et plus bas, laissant une traînée humide le long de son cou.

Il était sûr maintenant qu'il devait rêver, ou qu'il était piégé dans une illusion ou quelque chose du genre. Les Hokages morts ne revenaient pas à la vie, et certainement pas en se prenant pour votre père, et Sasuke ne serait sûrement pas au-dessus de lui, en train de faire des trucs dans son cou. Déglutissant, il commença un décompte à partir de cent, perdant soudainement le fil lorsque l'autre glissa un genou entre ses cuisses.

Il ne put retenir sa réaction, lui qui aimait Sasuke depuis bien trop longtemps et il priait n'importe quelle déité qui l'écoutait pour que cela ne soit pas une blague trop cruelle, ou que Sasuke ne faisait pas ça parce qu'il était contrôlé ou qu'il était en train de préparer une revanche ou un chantage pour plus tard. Il voulait que ce soit réel, tout comme il voulait que son père le soit aussi.

— Sa … Sasuke …

Son regard se troubla légèrement, et il libéra une de ses mains pour atteindre le visage du brun, que ses yeux bleus regardaient fixement.

— Peut être que je vais rester dans ce rêve un peu plus longtemps.

Sasuke s'arrêta de bouger assez longtemps pour jeter un regard amusé à Naruto.

— Un rêve ?

Il prit dans sa main celle posée sur sa joue, la serrant légèrement.

— N'ai-je pas l'air réel pour toi ?

Il se pencha en avant, ses lèvres effleurant celles de Naruto, son souffle chaud et réel glissant contre sa bouche.
Naruto leva les yeux vers ceux du brun, observant en lui une chaleur qu'il n'était pas habitué à voir, et il répondit honnêtement.

— Je ne sais plus.

Le regard noir s'adoucit et Sasuke fit courir tendrement ses doigts sur les cicatrices du visage de Naruto.

— Je ne te quitterai pas Naruto.

Sa voix était ferme, son autre main relâchant celle de son vis-à-vis, descendant sur le côté, les doigts effleurant la peau.

— Je suis réel, et je vais te le prouver.

Les yeux bleus s'agrandirent quand Sasuke commença à enlever son haut.

— Attend, qu'est-ce que tu … ?

L'Uchiha ricana et voyant que l'autre ne coopérait pas, il s'assit à califourchon sur ses hanches, et dénuda son torse.

— Hola, tout doux, on n'enlève pas les vêtements !

Naruto vit le haut de Sasuke voler dans la pièce, les yeux écarquillés.

Il commençait à sentir la panique monter en lui, et il n'était pas sûr de devoir fracasser la tête de Sasuke pour être en train de lui faire ça, ou s'il devait juste se dire « Tant pis, allons-y !» et se faire plaisir avec ses rêves tordus. Il n'en avait jamais eu d'aussi vrai avant, et c'était dérangeant de savoir à quel point il aimait ça. Et combien Sasuke aimait ça aussi. Et … Serait-il en train de lui pincer ses tétons ?

Naruto cria et essaya de le désarçonner une fois encore, mais l'autre ne fit que resserrer ses cuisses de chaque côté de ses hanches. Il comprit rapidement que si ses tétons avaient été pincés et qu'il n'était pas réveillé, alors soit ce n'était pas un rêve, soit il était dans un sommeil profond. Ses hormones luttaient contre sa logique. D'un côté, un Sasuke joueur était un plus. Mais d'un autre côté, un Sasuke joueur n'était certainement PAS quelque chose d'habituel. « Oui, pensa-t-il. C'est bien un rêve. »

Et que devait-on faire dans un rêve à part l'apprécier ? Il se réveillerait au matin, Sasuke serait un bâtard comme d'habitude, mais toujours un ami, il ne saurait pas qui était son père et le Quatrième serait mort. Ces trois simples pensées le rendirent extrêmement triste, mais personne ne pouvait changer le passé.

Mais si Sasuke était vrai, ça voulait dire que chaque chose insensée avec lesquelles il s'était réveillé ce matin, étaient vraies aussi. Si Naruto devait y réfléchir sérieusement, il pouvait dire honnêtement qu'il était content de vivre sa vie. Il était un bon ninja et le Hokage respectait ça chez lui. Sasuke était son meilleur ami et même en sachant qu'il aimait cet homme, l'amitié lui suffirait aussi longtemps que son ami resterait à ses côtés. Pendant qu'il s'accrochait à Sasuke, sentant le cœur de l'autre battre sauvagement dans sa poitrine, il savait que ça ne pouvait pas être réel. Mais à cet instant précis, il souhaitait qu'il en soit autrement.

Il déglutit, les yeux brillants et incertains avant qu'il ne les ferme et ne s'accroche un peu plus à Sasuke. Avec un mouvement rempli de désespoir et de sentiments longtemps refoulés, il embrassa le brun. Pendant un instant d'égoïsme, il prétendit que tout ça était réel. Il se laissa croire qu'on pouvait l'aimer comme ça, que Sasuke pouvait l'aimer comme ça.

Il mit son visage dans le cou pâle pendant que les mains fortes de Sasuke glissaient sous son haut, les paumes calleuses le long de ses côtes.

— Sasuke, murmura-t-il, plongeant ses doigts dans les cheveux d'ébène.

Les hanches du brun bougèrent contre les siennes et il étouffa un grognement contre la peau opaline. Au loin, ils entendirent quelqu'un crier :

— Je suis rentré !

Sasuke jura mais son emprise ne se relâcha pas.

— Il ne viendra pas ici, chuchota-t-il pour le réconforter.

Ses hanches se remirent en mouvement et il fut gratifié par une réponse de Naruto, un grondement étouffé. Ce dernier ouvrit grand la bouche, son souffle devenant irrégulier pendant qu'il relevait le bassin, juste au même instant la porte fut ouverte violemment et un Hokage, plus qu'amusé, se tenait dans l'embrasure de la porte.

— Oh.

Naruto s'étouffa dans un grognement, le plaisir se faisant rapidement remplacé par de la panique. Il saisit les épaules de Sasuke et le repoussa. Quand ce dernier refusa de se déplacer, il commença à remuer plus sérieusement.

— Mon Dieu, Naruto, arrête de réagir comme une fille, marmonna Sasuke, en roulant sur le lit.

— Je vois que les choses sont rentrées dans l'ordre. Bien. Descendez dîner dès que vous serez prêt.

Après ça, le Quatrième se retourna et les laissa tous les deux, l'un rouge vif et l'autre dégoûté d'avoir été interrompu.

Naruto dégagea Sasuke, voulant se cacher dans son oreiller encore une fois, mais le brun l'avait déjà envoyé voler en direction de son haut. Il serrait et desserrait ses mains.
Il n'avait aucune idée de la façon dont il pourrait regarder un jour Sasuke en face sans se souvenir de ce moment. Il s'éclaircit la gorge, essayant de regagner un semblant de normalité.

— Alors, euh, je suis resté longtemps dans les vapes ?

Sasuke hocha la tête, s'étant levé pour récupérer son haut.

— Toute la journée.

— Désolé, murmura Naruto, qui n'était pas certain de la raison pour laquelle il s'excusait, mais qui avait l'impression qu'une excuse était nécessaire tout de même.

Sasuke laissa un petit son de satisfaction lui échapper, un léger sourire se dessinant sur son visage.

— Tu as fait peur à quelques villageois.

Naruto haussa les épaules, sortant du lit et d'une certaine manière déçu de la chaleur qu'il quittait.

— Ça n'a rien de nouveau, dit-il sans aucun changement dans sa voix. Ils ont toujours eu peur de moi.

Ses lèvres se relevèrent un peu en regardant vers Sasuke.

— Désolé si tu ressens le besoin de me surveiller toute la journée. Ça a dû être ennuyeux d'être sûr que je ne me fasse pas de mal dans mon sommeil.

Sasuke enfila son haut et l'ajusta, fronçant les sourcils quand Naruto laissa retomber ses épaules. Il s'approcha de lui afin de pouvoir lui toucher la joue. En plein milieu de l'action, il changea d'avis et lui asséna une claque pour lui remettre les idées à la bonne place. Naruto se retourna, énervé, se frottant l'arrière de la tête.

— Arrête de te sentir désolé pour toi même, idiot. Je t'ai promis que nous éclaircirons tout ça, non ?

Naruto n'en revenait pas de cette action qui appartenait tant à Sasuke, qu'il en réagit normalement.

— Merde, mais qui a dit que j'étais désolé pour moi-même, demanda-t-il. Ce ne sont pas tes affaires ce que les gens disent de moi. Et je n'en ai vraiment rien à faire.

Il sortit de la chambre, avec un regard sévère. Il en était à mi-chemin dans les escaliers quand il se souvint de l'autre présence dans la maison. Il ferma ses yeux, prit une profonde respiration pour se calmer, et continua sa route vers la cuisine. Exactement comme ce matin, le Quatrième était assis à table avec trois assiettes prêtes pour eux. L'estomac de Naruto gronda bruyamment à la vue de toute cette nourriture.

L'homme blond leva les yeux de son thé et sourit.

— Sasuke ne t'a pas nourri aujourd'hui ?

Naruto grogna et secoua la tête, incertain de la manière avec laquelle il devait s'y prendre avec cet étranger.

— Non, j'ai dormi.

Il grimaça soudainement et s'assit en fixant l'homme plus âgé en face de lui.

— Et pourquoi aurait-il besoin de me nourrir de toute façon ? Vous agissez tous les deux comme s'il était un chien de garde pour moi. Je suis vraiment si nul ? lança-t-il.

La bonne humeur, que lui avait procurée Sasuke, rien de moins, s'atténuait rapidement.

Le sourire du Quatrième devint penaud et il se gratta l'arrière de la tête, un geste dont Naruto était si familier.

— Et bien, tu admettras que tu agis assez bizarrement depuis ce matin. Et puisque Sasuke est ton petit ami, je me suis dit que ce serait la meilleure personne pour t'aider … Pourquoi est-ce que tu me regardes comme ça ?

Au mot « petit ami », Naruto s'était arrêté de respirer et son visage était devenu rouge, ses yeux sortant de leurs orbites.

— C'est mon meilleur ami ! hurla-t-il, se levant d'un bond de la table et étant à deux secondes de s'enfuir complètement. Il ne m'aime pas comme ça … Il …

Naruto rougit, se souvenant de ce qu'il était en train de faire là-haut.

— Enfin, il ne m'aimait pas avant, il se rectifia rapidement. Il … nous nous comprenons l'un l'autre et c'est mon ami, mon meilleur ami … et …

Il déblatérait et il détestait ça, mais il ne savait pas quoi faire d'autre, ni quoi dire après tout ça.

— Et pourquoi est-ce grave si je ne fais pas comme d'habitude ? Demanda-t-il. Ça ne te concerne pas … Ni lui d'ailleurs … Je n'ai pas besoin d'un garde du corps.

Son regard était posé.

Le Quatrième était déchiré entre dire à son fils de se la fermer ou de rire à l'apparence échevelée de ce dernier. Il choisit de lui faire signe de s'asseoir.

— Assieds-toi. Il faut qu'on parle.

Naruto ouvrit la bouche pour refuser, mais le regard sur le visage du Quatrième lui dit qu'il serait probablement plus sage de se taire et d'obéir. Se disant ainsi à lui-même qu'il avait besoin de réponses de toute façon, il se rassit et observa son assiette. Son estomac grondait encore.

C'était plus une réaction inconsciente d'obéir au Hokage, et tous les sens que possédaient Naruto lui disait que cet homme l'était bien, dans ce foutu rêve qui était le sien. Il aurait pu y avoir quelque chose d'autre qui l'aurait fait réagir comme ça, mais il ne chercha pas plus. Ça le faisait souffrir quand il pensait que cette personne avec un visage si familier puisse être son père. Il continua à observer son assiette et tripota la nourriture avec ses baguettes.

— De quoi est-ce que tu veux parler ? De la manière dont j'agis ?

— Je sais comment tu es Naruto, et tu n'es pas si bizarre, même si d'autres ne pensent pas la même chose.

Il sourit après la fin de sa phrase, et Naruto lui envoya un regard noir à peine voilé.

— Est-ce que Sasuke va descendre ? lui demanda son père.

Il haussa les épaules.

Le quatrième soupira et posa ses baguettes.

— Naruto, regarde-moi.

Ce dernier continuait de détailler son assiette, son cœur blessé, logé quelque part dans sa poitrine. Il avait entendu ce ton de voix avant, mais jamais dirigé vers lui. « J'ai dix-huit ans, pensa-t-il férocement. J'ai depuis longtemps dépassé le fait que je n'ai pas de père. Beaucoup de personnes n'en ont pas ». Le Quatrième fronça des sourcils.

— Naruto.

Son ton promettait des tas de punitions.

Serrant les dents, il leva la tête. Il fut un instant pris de court par l'inquiétude flagrante dans les yeux bleus du Hokage, et quelque chose d'autre fit se resserrer sa poitrine. Les gens n'étaient pas supposés le regarder comme ça. Il réfléchissait, comme s'il en avait quelque chose à faire de ses sentiments, comme … comme un père envers son fils.

— Dis-moi, Fils, dit-il, remarquant le tressaillement de Naruto à son choix de mot. Qu'est-ce qui ne va pas ? Tu sais que tu peux me parler.

Naruto secoua la tête, ses yeux bleus brillant d'émotions.

— Je ne te connais pas, murmura-t-il.

Le Quatrième le regarda un moment, ne croyant pas ces mots. Naruto ne plaisantait pas … Ce jeune homme en colère qui cachait trop bien ses émotions, qui connaissait l'orbe tourbillonnant et qui rougissait à la seule pensée que Sasuke puisse être son petit ami. Quelque chose n'allait vraiment pas.

— Naruto, quelle est la dernière chose dont tu te rappelles de moi ?

Il posa la question avec attention, observant le visage de son fils.

Les lèvres de ce dernier se serrèrent en une fine ligne. Il ne savait pas pourquoi il hésitait de dire à l'homme qu'il devrait être mort. Il n'y avait vraiment aucune raison plausible qu'il puisse être réellement le Quatrième.

Si tu es vraiment qui tu prétends être, la dernière chose dont tout le monde se rappelle de toi est que tu es mort en scellant Kyuubi.

— Le Troisième en personne s'est sacrifié Naruto, (ses yeux observant son fils avec attention). Je … Je t'ai choisi parce que je savais que tu serais fort. Il n'y avait personne d'autre … Et …

Il ferma ses yeux et fit le tour de la table afin prendre son fils dans ses bras.

— Je suis désolé, murmura-t-il. Je n'avais aucune idée que cette histoire t'ennuyait encore. Pourquoi n'as-tu rien dit ?

Il se desserra légèrement de l'étreinte afin de regarder son fils dans les yeux.

— Tu dis que je suis mort ?

Il fit une grimace après ça, une que Naruto avait fait des milliers de fois.

— Quand même, Naruto.

Il semblait que le Quatrième en était arrivé à la mauvaise conclusion sur son comportement. Il était raide dans les bras de cet homme mais il ne le repoussa pas. Il ne pouvait pas le faire, ne pouvait pas abandonner le confort simple mais cher de l'étreinte d'un père. C'était quelque chose qu'il avait désiré toute sa vie durant, et maintenant qu'il était un adulte, ayant abandonné les souhaits d'un enfant solitaire, il était là. Il se tenait là, incapable de faire quoi que ce soit d'autre que de permettre à cet homme qui ressemble tant à son père … ou plutôt qui y ressemblait … de le tenir dans ses bras.

Il ne savait pas pourquoi il n'avait jamais fait la relation avant. Peut-être parce que ce rêve était trop bête, et qu'il avait abandonné des pensées comme celle-là depuis son plus jeune âge … même avant qu'il ne devienne un vrai ninja. Avoir le Quatrième Hokage comme père … Y faire face … Il se retira après un moment, se raclant la gorge en regardant ailleurs.

— Comment est-ce que j'agis, normalement ? demanda-t-il finalement.

Peut-être était-il complètement différent dans ce rêve, peut-être … juste … Il ne savait pas ce qu'il voulait. Il était plus que certain de ne pas vouloir changer.

Le Quatrième eut un sourire encourageant, et s'il pensait que la question était extrêmement particulière, il n'en donna pas l'impression. Il laissa tomber un bras, l'autre restant sur l'épaule de Naruto.

— Tu es bruyant, un peu exubérant parfois, presque toujours enthousiaste dans ton travail et quand tu ne l'es pas, tu fais un point d'honneur de le faire savoir.

Il rit devant l'expression renfrognée de Naruto et continua.

— Tu es exactement comme moi quand j'étais plus jeune.

Naruto sourit un peu après ça. Ils reprirent leurs chaises et le plus jeune venait juste de reprendre ses baguettes quand Sasuke apparut à table. Naruto suspectait qu'il était en train d'écouter la conversation pendant tout ce temps. Il leva le regard, ses yeux revenant vers ce Quatrième Hokage, et il ne put s'empêcher de demander. C'était toujours son rêve après tout.

— Alors, la raison pour laquelle Sasuke agit comme mon garde du corps la moitié du temps, c'est parce que je serai son supérieur un jour ?

Il se donna mentalement une tape sur l'épaule pendant que l'autre s'étouffait avec son riz.

Sasuke leva le bras afin de lui donner un coup derrière la tête mais il évita sa main, ricanant dans sa serviette.

L'Uchiha sourit en secouant la tête, se sentant bien moins anxieux sur la façon d'agir de Naruto envers son père. Si ce dernier faisait des blagues, alors tout allait bien.

Naruto jeta un regard innocent au Quatrième, mais ses yeux s'illuminaient de joie. C'était vraiment marrant d'embêter cette personne.

— Tu choisiras quelqu'un d'autre pour te succéder quand tu seras trop vieux et que tu ne pourras plus bouger.

Il laissa s'échapper un lourd soupir. S'il pouvait harceler Tsunade sur son âge, il pouvait aussi bien le faire avec son supposé père.

— Naruto, dit le Quatrième en transformant son expression sérieuse en une autre plutôt moqueuse, être Hokage demande une grande sagesse et une grande force. Je t'ai donné une de ses deux qualités.

Il secoua la tête et fronça ses yeux dans un regret exagéré.

— Qu'est-il arrivé à l'autre ?

Sasuke ricana et posa son menton dans sa main.

— Et bien, je pense que les deux se sont perdues sur la route en fait.

Naruto lui lança un regard noir et le tacla au sol … C'était une routine pour lui de se battre contre Sasuke au moins une fois par jour.

— Je pourrais te botter les fesses quand tu veux !

Il réalisa en retard la suite de la question.

— Et j'ai eu les deux !

Il se retourna vers le Quatrième et lui lança :

— Et comment peut-on transmettre ce que l'on n'a pas ?

Le Quatrième ricana et observa les garçons se relever du sol.

— D'accord, d'accord, je te le concède. Ta mère a toujours été plus intelligente que moi de toute façon.

A ce moment-là, Naruto devint silencieux. Le Quatrième fronça des sourcils et lui demanda :

— Qu'est-ce qu'il y a maintenant ?

Naruto secoua la tête.

— C'est déjà assez compliqué d'essayer de faire avec le fait d'avoir un père, alors ne parle pas trop des trucs de mère aussi, d'accord ?

Son paternel serra des dents au vu du comportement de Naruto. Il y eu des moments par le passé où le jeune homme se réveillait ahuri et désorienté à cause de l'influence de Kyuubi, mais cette confusion n'avait jamais duré plus de quelques minutes.

Sasuke se renfrogna et posa sa main sur l'épaule de Naruto.

— Naruto, commença-t-il.

Ce dernier le repoussa, reprenant sa place à table mais déterminé à conserver l'humeur joueuse mise en place plus tôt.

— Heureux de constater que j'ai un tant soit peu de cervelle.

Il soupira dramatiquement et continua :

— Puisque je dois dépendre de toi. Comment es-tu devenu Hokage ? Ricana-t-il. En gagnant un pari ?

Le quatrième força un sourire, même s'il n'était pas aussi brillant qu'avant.

— Bien sûr que non. C'était sur concours.

Sasuke pouffa, pour se moquer de l'homme.

— Quel genre de concours ?

Il colla ses mains derrière sa tête et dit d'un ton parfaitement normal.

— Les enfants n'ont pas à le savoir.

Son expression était innocente, une que Naruto avait quand il faisait une de ses blagues. Il pouffa à cela.

— Ouais, on me l'a fait pas à moi, dit-il en roulant des yeux. Ouais, ouais, alors tu étais super fort.

Il sourit et croisa les bras.

— Mais j'ai appris l'orbe tourbillonnant avant toi.

Le Quatrième ricana.

— La chance du débutant.

Mais il le dit avec un sourire qui montrait du respect et peut-être même un peu de fierté.

Naruto ne trouva rien à redire à ça. Donc, il resta silencieux. S'il se réveillait le lendemain et qu'il était dans son minuscule appartement encore seul, alors il voulait se souvenir du regard dans les yeux de l'homme qui aurait pu être son père.

— Maintenant dis-moi. Qu'est-ce que Jiraiya t'as appris ?

Naruto cligna des yeux et pencha sa tête d'un côté tout en faisant une grimace.

— En fait, il m'aurait appris quelque chose s'il n'était pas parti faire ses recherches de pervers, dit-il en roulant des yeux et en souriant soudainement. Je peux invoquer Gamabunta. (Il réfléchit un moment). Mmmmm, plusieurs sortes d'orbe et la plupart des techniques du Quat …. De tes techniques.

Le Quatrième grimaça.

— Je vais sûrement avoir une petite discussion avec ce vieux pervers. C'est une chose qu'il t'enseigne plusieurs choses qu'il m'a apprise, mais t'exposer à ces trucs obscènes à un si jeune âge … (Il secoua la tête.) Mais tu as dit que tu pouvais invoquer Gamabunta ? (Il rit et frappa sa jambe amusé.) Est-ce que Gamabunta t'as laissé le monter ?

Naruto sourit, l'air un peu penaud.

— Euh … Parfois. La première fois que je l'ai invoqué, je lui ai dit que je pouvais survivre toute la journée sur son dos et je l'ai fait ! C'est pour cette raison qu'il m'a laissé l'invoquer encore après ça.

Son regard était féroce et fière.

— Tu vois, je suis fort.

Il fixa Sasuke.

— Et je n'ai pas besoin d'un garde du corps. Je suis un ninja et un putain de bon.

— Tu es un bon ninja, accorda le Quatrième

Pour certaines raisons, venant de lui, Naruto avait envie de tenir sa tête un peu plus haute, son dos un peu plus droit. Cet homme ne faisait pas que ressembler au Quatrième, il émanait de lui une sorte de puissance que seul un Hokage pouvait posséder. Naruto s'aperçut que si c'était en effet un rêve, alors son esprit devait être vraiment très créatif.

Ses yeux s'illuminèrent et son regard devint intense alors qu'il se concentrait sur le Quatrième.

— Assez bon pour pouvoir devenir Hokage un jour ?

Son rêve d'être simplement reconnu avait changé, et il désirait maintenant avoir la capacité de protéger les personnes auxquelles il tenait. Il voulait protéger les gens, il voulait qu'ils lui fassent confiance en sachant qu'il ferait tout ce qui est possible pour les garder à l'abri.

— Je veux …

Il serra sa main d'incertitude.

— Serait-ce trop étrange de dire que je veux faire ce que tu as fait pour Konoha ?

— Non, Naruto, répondit le Quatrième en souriant tendrement. Ce n'est pas étrange du tout. Vouloir protéger Konoha est plus qu'honorable. Espérons juste que cela n'impliquera pas un démon renard, hein ?

Le regard de Naruto devint formel au commentaire, même en sachant que c'était dit pour plaisanter.

— Oui, dit-il en plaçant sa main sur son ventre.

Sasuke tendit le bras et mit la main sur l'épaule de Naruto. Celui-ci sursauta et regarda l'autre homme d'un air bête, n'ayant toujours pas réussi à s'habituer à son attention. Mais il se reprit rapidement et sourit en remerciement.

Le Quatrième fronça du nez et lui dit :

— Tu es le premier sur la liste de mes successeurs, Naruto.

Il lui envoya une bourrade dans les côtes et continua :

— Ne va pas juste me considérer comme inutile dès maintenant d'accord ? J'ai encore un peu de temps devant moi avant de me trouver assez faible pour passer le titre.

Sasuke remarqua à quel point Naruto répondait à son réconfort et sourit intérieurement. Il agissait plus normalement … C'était bon signe. Sa main se plaça sur celle de Naruto avant d'y emmêler ses doigts.

Naruto les serra doucement, trouvant du réconfort dans son touché, même si c'était inhabituel pour lui. Il savait que s'il se réveillait demain dans son appartement, quand il le reverrait, le Sasuke qu'il connaissait le reconnaîtrait d'un grognement et d'un signe de tête, et l'étendue de leurs contacts seraient les poings pendant un entraînement. Il resserra un peu plus, mémorisant la sensation de cette main dans la sienne.

— Naruto.

Son regard se dirigea vers le Quatrième.

— Je veux que tu me montres tout ce que mon idiot de professeur t'as appris, que je puisse voir où tu en es, marmonna-t-il. Si j'avais su qu'il t'apprendrait des mouvements aussi dangereux à un si jeune âge … Je ne comprends pas que tu ne m'aies pas dit tout ça.

Naruto haussa les épaules, recommençant son repas et prit note du bon goût de la nourriture. Il ne mangeait rien de plus que des ramens habituellement – et du lait et des biscottes pour le petit déjeuner – mais les autres plats, ça ne valait pas la peine de les faire pour lui tout seul. Il s'émerveilla qu'un repas puisse être si bon en rêve.

— Pourquoi le ferais-je ? Comme je l'ai dit … Je ne me souviens pas de toi, murmura-t-il.

Le Quatrième fixait son fils si fort que Naruto aurait voulu cogner sa propre tête pour que son cerveau rappelle la raison de ses vacances.

Le vieil homme se leva et soupira, semblant avoir pris une décision.

—Tu ne me reconnais vraiment pas, n'est-ce pas ? lui demanda-t-il.

La chose la plus perceptible dans sa voix ressemblait même de loin à de la peur.

Naruto pâlit tout en regardant ses pieds. Même si ce n'était qu'un rêve, et ça l'était sûrement, si le Quatrième pensait qu'il était une menace, s'il voyait que Naruto n'était pas son fils, et s'il faisait ce que Naruto pensait que cette personne, le Quatrième, était en train de faire, cela pourrait s'avérer très douloureux pour lui. Il se demanda momentanément si l'on pouvait mourir dans ses propres rêves, si un fragment de ses espoirs et de ses rêves pouvait le tuer.

— Je suis désolé, murmura-t-il la tête baissée. Je ne te reconnais vraiment pas.

Il ne put empêcher la nostalgie de transparaître dans sa voix non plus. Pour la première fois depuis longtemps, sa barrière émotionnelle lâcha. Il ne regarda ni Sasuke, ni le Quatrième, il avait la sensation qu'aucun des deux ne l'aimerait vraiment s'ils savaient pour lui. « Mais c'est un rêve ! Se dit-il avec conviction. Juste un foutu rêve. »

Le Quatrième fut silencieux pendant un long moment, ravalant des émotions qui étaient normalement facile à contrôler. Il jeta un coup d'œil à Sasuke qui fixait Naruto avec une expression indéchiffrable.

— Sasuke, voudrais-tu me faire une faveur en allant trouver ton amie Sakura ?

Naruto leva la tête à cette phrase, les yeux se plissèrent de méfiance.

— Quoi ? Tu veux qu'elle me jette un coup d'œil ? Je ne suis pas fou, tu sais.

Mais au fond de son esprit, il avait vraiment peur que peut être … peut-être qu'il perdait la tête. Les rêves ne sont pas si réels. Il ressentait cette panique écrasante encore une fois, il aurait voulu pouvoir courir et se battre. Il serra fort ses paupières, souhaitant pouvoir se réveiller tout en étant à peine conscient du départ de Sasuke. Il ne voulait pas regarder le Quatrième, il ne voulait pas voir cette expression sur son visage. Naruto ne savait pas comment y faire face, il n'était pas sûr de savoir comment réagir.
Il déglutit et dit encore:

— Je suis désolé.

— Je ne pense pas que tu sois fou Naruto, dit le Quatrième. Je veux juste que Sakura vérifie que tu n'aies eu aucun dommage crânien pendant ta mission d'hier. Te serais-tu blessé ? Aucun coup du tout sur la tête ? Ou une technique mystérieuse qui aurait cloché ?

Naruto retint son souffle. Une technique qui cloche ? Et bien … oui, mais c'était si mal exécuté et si faible. Comment cela aurait-il pu créer quelques dommages que ce soit ?

— Naruto ? Vas-tu me répondre ?

L'homme se répéta et Naruto lui fit un sourire nerveux.

— Euh … il y avait ce mec-là qui croyait savoir faire des techniques. J'ai été touché avec mais, rien ne s'est passé ! lui dit-il rapidement. Je me sentais bien et je suis rentré à la maison comme d'habitude.

Ses mains se serraient autour de ses baguettes.

L'Hokage lui lança un regard noir.

— Tu as oublié de me parler de cette technique parce que ?

— Comme je l'ai dit, je vais bien. Ce n'était même pas puissant.

— Ça n'a pas besoin d'être puissant pour que ça aille complètement de travers. Maintenant, dis-moi, quel genre de technique était-ce ?

Naruto regardait dans son assiette, essayant de se souvenir.

— Et bien, il a fait quelques sceaux. Je pense qu'il y avait celui du tigre … non, le cheval … et puis le bélier, sourit-il bêtement... Et ensuite il a en quelque sorte agité ses bras dans tous les sens et … en fait, c'était destiné à Shikamaru mais je me suis mis au milieu et ça m'a frappé, mais rien ne s'est produit.

Il haussa les épaules, prenant une profonde inspiration après sa longue explication.

Le Quatrième se frappa le front, murmurant quelque chose à propos de fils idiot.

— Tu devrais savoir qu'on ne saute pas devant une technique ! Tu ressembles à un crétin qui ne savait pas ce qu'il faisait, et il est certain que quelque chose ne va pas à cause de ça.

Il vit le visage de Naruto s'assombrir.

— Je ne dis pas que tu ne dois pas protéger tes coéquipiers, mais c'était quand même stupide.

— Mais je vais bien, insista le jeune homme en colère.

« Oui, pensait-il, vraiment bien… tu viens juste de te réveiller ce matin dans la maison du Quatrième, celui-là même qui dit être ton père… et Sasuke aime te toucher. »

— Merde, dit-il à haute voix.


A suivre...

Encore merci à Thalira et aux bêtas pour ce chapitre!
A mardi prochain ;)