Merci beaucoup pour toutes vos reviews, mise en favori/alerte. Je suis très, très surprise et heureuse que vous ayez aimés :)

Tia : Merci beaucoup de ta review, je ne voulais pas d'un Ron horrible comme on peut en voir ailleurs. En revanche, la 2e partie de ton commentaire m'a laissé perplexe. Je ne vois pas en quoi mon traitement de Pansy et Lavande sont sexistes étant donné que je n'ai fais que reprendre ce que j'ai vu en relisant mon tome 6. Bien sûr qu'elles sont bien plus que des cruches mais Hermione, elle, ne voit pas plus loin que ça pour le moment :)

MissLilly : Pas du tout mais c'est vrai que j'aurais pu faire référence à ça. Non en fait la référence est dans le titre, l'heure du thé c'est aussi le nom de M. Leureduthé (ou Mr. Teatime en VO), le super assassin du Père Porcher, entre autre :)

Cette histoire sera finalement plus longue que prévu, étant donné que j'ai déjà trois autres chapitres d'écrits en plus de celui-ci. Tant que j'ai de l'inspiration j'écris ! J'espère aussi avoir répondu à toutes vos reviews, si ce n'est pas le cas je le ferais la prochaine fois sans faute.

Je vous souhaite une très bonne lecture ! En plus ce chapitre est plus long que le précédent ^^


Chapitre 02

Exceptionnellement, Hermione ne passa pas ses vacances de février au 12 Square Grimmaurd en compagnie d'Harry et Ron, préférant partir faire un séjour au ski avec ses parents. C'était l'occasion idéale de retrouver une complicité avec eux qu'elle voyait si peu bien qu'elle écrivait plusieurs lettres par semaine. Elle retrouva Harry et Ron dans le Poudlard Express la veille de la rentrée. Ils semblaient avoir passés d'excellentes vacances.

– Sirius était ravi d'avoir de la compagnie, dit Harry en mordant dans un Patacitrouille.

Il semblait triste d'avoir été obligé de repartir.

– Tu le revois pour Pâques, lui rappela Hermione.

Harry sembla un peu plus joyeux et donna à Hermione les deux pulls que Mrs. Weasley avait tricotés pour elle.

– Tu vas en mettre plein la vue à Nott comme ça, ironisa Ron.

Hermione ne répondit rien et entama son sandwich au bacon que sa mère avait préparé pour elle. Harry et Ron racontèrent ensuite les dernières nouvelles de l'Ordre du Phénix, tout du moins de ses membres.

– Lupin et Tonks vont acheter une maison, dit Ron. Papa et Sirius les ont convaincus. Au début Lupin ne voulait pas à cause de son « problème de fourrure », Sirius l'a traité d'imbécile, Lupin a répliqué, Sirius aussi et finalement Lupin a bien été obligé de comprendre que si Sirius et James l'ont aidé quand il était à l'école il y avait pas de raison que Tonks ne puisse pas.

– Ils ont raison ! approuva Hermione. Ils méritent tous les deux d'être heureux !

Harry hocha la tête.

– Sirius s'ennuie alors il sort beaucoup, poursuivit Harry. Il est content parce que pratiquement plus personne ne le regarde de travers. Il attire pas mal de fille d'après Lupin…

– Harry lui a raconté ce que Rogue a fait pendant le cours de défense contre les forces du mal, ajouta Ron. Sirius était furieux, il a dit qu'il irait dire deux mots à, je cite, « cette espèce de saleté ».

Harry et Ron éclatèrent de rire face à ce qui semblait être un bon souvenir.

– Et toi alors tes vacances ?

Hermione leur raconta ses vacances au ski d'où elle était revenue avec un bronzage impressionnant. Elle promit de les amener un jour pour en faire, Harry n'ayant jamais eu l'occasion de tester et Ron ignorant totalement comment on pouvait bien glisser là-dessus.
Dehors, une pluie drue s'était mise à tomber, glissant sur les fenêtres du Poudlard Express. Alors qu'ils arrivaient non loin de Poudlard, Hermione enfila sa robe de sorcier, deux écharpes et un bonnet supplémentaire avant de descendre du train. Il faisait déjà nuit noire lorsque le train s'arrêta sur les rives du lac qui s'étendait sous le magnifique château. Ils montèrent dans les petite carrosses tirées par les Sombrals et s'installèrent sur les banquettes. Il régnait un froid polaire tandis que le mois de mars approchait à grands pas. Harry et Ron discutaient des prochaines séances de Quidditch tandis qu'Hermione regardait par la fenêtre. La pluie drue qui tombait sans discontinuer l'empêchait de voir quoi que ce soit au dehors.
La douche chaleur qui régnait dans le hall d'entrée fit du bien aux élèves trempés et frigorifiés par la pluie glacées. Ron essora son chapeau au-dessus du sol et grimaça en voyant l'impressionnante quantité d'eau qui en sortie.

– C'est dingue toute cette pluie, grommela-t-il en se servant du ragoût.

Ils s'étaient installés dans la Grande Salle pour prendre leur repas en compagnie des autres élèves. Neville n'était pas reparti chez lui pour les vacances et leur avoua que pratiquement tous les Serpentard étaient également restés.

– Forcément, dit Harry en se servant de la soupe, la plupart n'ont plus de famille pour les accueillir.

– Je me demande comment ils vont faire cet été… dit Ron.

Harry hocha les épaules.

– Malefoy a toujours sa mère, dit-il.

– Zabini aussi, ajouta Ginny en s'asseyant à côté de Neville.

Manifestement, la petite guerre entre lui et Blaise Zabini n'était pas terminée. Lavande arriva en courant et s'installa à côté de Ron avec un sourire béat. Parvati arriva à sa suite et s'installa à côté d'Hermione et lui fit un sourire contrit. Manifestement elle aussi souffrait un peu que son amie passe toutes ses journées avec Ron.

– Whouah Hermione tu es drôlement bronzée ! s'exclama-t-elle.

Hermione lui sourit et raconta ses vacances au ski. Autant les manières de Lavande ne lui plaisaient pas forcément, autant elle appréciait la compagnie de Parvati.
Après le diner ils montèrent se coucher. En se glissant sous les draps propres et chauds, Hermione se rappela du travail des elfes de maison et sortie ses aiguilles à tricoter. Elle savait que les elfes de Poudlards ne voulaient pas de ses vêtements mais elle pouvait toujours faire plaisir à Dobby en lui tricotant quelques paires de chaussettes supplémentaires.


Le lendemain matin, Hermione retrouva Harry et Ron à la table des Gryffondor pour prendre son petit-déjeuner avant le cours de potion. Elle prit des œufs avec du bacon, des toasts et une grande tasse de thé bien fort.

– Je vais rater mon filtre d'amour je le sens, ronchonna Ron. Harry je pourrais t'emprunter ton livre ?

Hermione pinça les lèvres et préféra ne rien ajouter à la conversation.

– Arrêtes de faire cette tête Hermione, soupira Harry. Pour une fois que je peux être le meilleur en quelque chose…

– Tu es le meilleur en Quidditch, coupa Ron.

– Peut-être mais je parlais des cours surtout…

– Oh je sais bien Harry, lâcha Hermione. Mais tout de même je suis sure que tu peux être le meilleur sans avoir besoin d'un livre pour te dire comment faire. Regarde avec l'A.D.

Ron approuva d'un hochement de tête et Harry sembla fier de lui-même. Tout comme Neville, Harry avait du mal à reconnaître ce qu'il y avait de bien en lui. Hermione décida de le laisser tranquille avec son Manuel avancée de potion. Pour le moment du moins. Elle nota également dans un coin de son esprit de penser à poursuivre ses recherches à propos du Prince de Sang-Mêlé.

– Au fait, ajouta Harry à l'intention d'Hermione, le Prince de Sang-Mêlé n'était pas mon père, ni Sirius. J'ai demandé à Lupin et Sirius et ils ne savent pas du tout de qui ça peut être.

– Lupin a parlé comme toi, Hermione, ajouta Ron avec un sourire.

– C'est vrai, avoua Harry. D'ailleurs ils se sont chamaillés avec Sirius pendant un bon moment pour savoir si c'était bien ou pas.

Hermione eut un petit rire. Son ancien professeur de défense contre les forces du mal lui manquait beaucoup.
Ils terminèrent leur petit-déjeuner et se hâtèrent vers les cachots où les Serpentard attendaient déjà, arborant tous un air très morne. Les Serdaigle arrivèrent peu après en bavardant joyeusement et Ernie Macmillan les rejoignit en soufflant, une main sur son point de côté.

– Vous avez passés de bonnes vacances les enfants ? demanda le professeur Slughorn une fois qu'ils furent tous installés. Miss Granger vous avez un bronzage impressionnant ! Vous êtes allés au soleil ?

– Non monsieur, répondit Hermione en souriant. J'étais en France avec mes parents, je suis allée faire du ski.

– En France, c'est fascinant ! s'exclama-t-il. Qu'est-ce que le ski ?

– Un sport moldus qu'on pratique à la montagne quand il y a beaucoup de neige, expliqua Hermione. Ça consiste à glisser…

Les Serpentard ricanèrent et Hermione résista à la tentation de regarder si Théodore trouvait ça drôle aussi. Elle n'avait pas à rougir d'être qui elle est.

– Voilà qui a l'air fascinant, répéta le professeur Slughorn. Je serais absolument ravie que vous m'expliquiez ça en détail miss Granger.

Hermione sourit de contentement alors que les Serpentard se taisaient brusquement. Cela dit c'était peut-être aussi parce que Ron les fusillait du regard.

– Vous avez raison monsieur, ajouta Harry soucieux de soutenir son amie. C'est un très bon sport.

Hermione savait que Harry n'en avait jamais fait et qu'il faisait ça uniquement pour la soutenir et elle eut un sourire radieux. Le professeur Slughorn, quant à lui, semblait aux anges.

– Mon cher Harry, un sport que vous aimez ne peut qu'être bon !

Ce fut trop pour Malefoy qui leva les yeux au ciel en soupirant ostensiblement. Apparemment c'était mille fois plus que ce qu'il pouvait supporter. Ron au contraire était très satisfait. Il semblait considérer chaque occasion d'exaspérer Malefoy comme une victoire.
Ils reprirent bien vite la préparation de leur potion. Harry avait ouvert son Manuel avancé de préparation des potions et le partageait avec Ron qui tentait tant bien que mal de rattraper la sienne. Hermione ouvrit son propre exemplaire et vit soudainement passer une grosse bulle jaune fluo devant ses yeux. Manifestement la potion de Daphné Greengrass ne s'arrangeait pas.
Après avoir rajouté une cuillère à café rase de piment, celle d'Hermione prit une belle teinte rouge foncé.

– La couleur de l'amour miss Granger ! lança le professeur Slughorn en passant devant sa table. Oulà… ajouta-t-il en voyant les énormes bulles jaunes qui flottaient dans l'air.

Dépitée, Daphné se contentait de faire de l'air au-dessus de son chaudron. La potion de Malefoy prenait des teintes bleutées et il avait le nez dans son livre pour tenter de rattraper la catastrophe qui s'annonçait. En désespoir de cause il jeta un œil sur celle de Zabini qui était au moins aussi rouge que celle d'Hermione. Nott ne s'occupait pas de ce que ses voisins faisaient, pas plus que des bulles jaunes qui flottaient dans toute la salle, il était occupé à ajouter le piment. Malheureusement, Malefoy lui donna un coup de coude sans le faire exprès et il renversa bien plus que la cuillère à café règlementaire. Sa potion se mit à bouillir et prit une couleur rouge si foncée qu'elle était pratiquement noire. Il fusilla Malefoy du regard et celui-ci se contenta de hausser les épaules. Ron avait réussi à rattraper sa potion à l'aide du livre d'Harry et le professeur Slughorn le félicita.
Soudain, le chaudron d'Ernie se mit à trembler et explosa en aspergeant les élèves à proximité. Hermione cria de douleur alors que ses mains se couvrirent d'énormes cloques.

– On se calme ! s'exclama Slughorn alors que tout le monde se plaquait contre le mur du fond.

Deux élèves de Serdaigle, Hermione et Harry avaient reçu de la potion sur eux. Le professeur Slughorn exhorta tous les élèves à prendre leurs affaires et à sortir tandis qu'il accompagnait les blessés à l'infirmerie. Ron prit leurs sacs et les suivit.

– Mais quel idiot ! lâcha-t-il en voyant Madame Pomfresh s'affairer autour d'Ernie.

Hermione soupira et regarda ses mains entourées de bandages montant jusqu'aux coudes.

– Comment je vais pouvoir assister aux cours de sortilèges et de métamorphoses… se lamenta-t-elle. Sans parler de l'arithmancie.

Et de tous les autres comme fit remarquer Ron. Harry s'en était mieux sorti : il avait simplement un gros bandage autour du cou. Une fois que Madame Pomfrash les laissa partir, ils prirent le chemin de la salle commune et déposèrent leurs affaires de potion. Hermione peinait à ouvrir ses livres et sa mauvaise humeur augmenta quand elle constata qu'elle ne pouvait même pas tenir sa baguette. Mais tout cela n'était rien comparé à la fureur de Ginny qui déboula dans la salle commune à la vitesse d'un cognard en colère. Hermione écarquilla les yeux en voyant que ses cheveux étaient… verts.

– Ginny, commença Ron, qu'est-ce que…

– Regarde ! hurla-t-elle en se plantant devant elle. Tu vois mes cheveux ?

Elle ressemblait tellement à Mrs. Weasley que Ron estima préférable de ne pas répondre « oui ».

– Est-ce que tu as vu mes cheveux ? hurla-t-elle de nouveau en terrorisant deux premières années qui passaient par là.

– Heu… oui bien sûr mais…

– Ginny tes cheveux sont verts ! s'exclama Lavande en s'approchant.

– Non tu crois ? cracha Ginny avec toute l'ironie dont elle était capable. Je n'avais pas remarqué, merci de ta brillante intervention.

Parvati s'approcha rapidement, marmonna une formule magique et les cheveux de Ginny reprirent leur teinte roux flamboyant à la plus grande satisfaction de tout le monde.

– Merci… murmura Ginny surprise dont la colère semblait s'être évanouie.

– Je t'en prie, dit Parvati en souriant. C'est un simple sort de métamorphose. Je m'en sers parfois pour changer la couleur de mes cheveux et voir ce qui me va le mieux, avoua-t-elle les joues roses.

– Tes cheveux sont très bien comme ça Parvati, dit Harry.

– Merci Harry ! s'enthousiasma Parvati.

– En tout cas, intervint Hermione, heureusement que Parvati était là, ce sort était sacrément réussit. Qui a pu faire ça ?

– Zabini, cracha Ginny comme si son simple nom était une insulte.

– Zabini ? répéta Ron prudemment.

– Il cherche probablement à se venger du maléfice de Chauve-Furie que j'ai lancé avant les vacances… grogna-t-elle.

– Tu vas faire quoi ? demanda Lavande.

– Me venger et lui faire regretter sa propre mise au monde, répondit Ginny avec un sourire qui en disait long.

Personne n'osa la contredire Ginny étant, après tout, une redoutable sorcière.


A quatorze heures, Hermione arriva devant la salle d'arithmancie en tenant très maladroitement son livre. Ses mains étaient douloureuses et elle soupira en se disant qu'elle n'aurait certainement pas une bonne note ce semestre. Elle entra dans la classe la première et s'installa près de la fenêtre, son endroit favori. Malefoy entra, bientôt suivi de Théodore. En la voyant, Malefoy donna un coup de coude à Nott et ricana. Hermione soutint son regard et fut soulagée en constatant que Théodore eut l'air singulièrement agacé et s'installa plus loin sans soutenir Malefoy. Elle pensa aussitôt qu'elle n'aurait pas dû se sentir soulagée, après tout Nott n'était même pas un ami juste un Serpentard un peu bizarre. Elle le chassa de ses pensées et ouvrit son manuel. Malheureusement, elle ne put pas prendre de notes tant ses mains étaient douloureuses. Penaude, elle se contenta d'être très attentive au cours.
La sonnerie retentit et Hermione se hâta de ranger ses affaires, du moins autant qu'elle le put compte tenu des bandages qui lui enserraient les doigts. Elle sortit à la hâte du cours et constata avec surprise que Théodore l'attendait comme la dernière fois. Elle stoppa sa marche et il s'approcha d'elle en tenant une liasse de parchemin.

– C'est le cours d'aujourd'hui, dit-il doucement. Je ne pense pas que tu aies pu écrire quoi que ce soit avec tous ces bandages.

– Merci… dit-elle prudemment. Pourquoi est-ce que tu me le prête ?

Après tout elle n'avait rien demandé à personne.

– Tu m'as aidé la dernière fois, donc maintenant on est quitte, répondit-il simplement.

Elle hocha la tête et fourra maladroitement le cours dans son sac. Ses mains étaient vraiment douloureuses et elle grimaça plusieurs fois.

– Il est vraiment idiot ce Macmillan, soupira-t-il. Il a tenté de copier sur toi sauf que mettre du piment juste après les racines de gingembre sans avoir remué au préalable forcément ça fait tout exploser…

Hermione sourit mais tenta de ne pas le montrer.

– Malefoy n'a pas été très malin non plus quand il t'a bousculé, remarqua Hermione.

– Non pas vraiment, admit-il. Cela dit je pense qu'on devra tous recommencer notre potion, Slughorn va être plus prudent maintenant.

Ils s'étaient mis à marcher dans le couloir du premier étage. Il était bondé et ils avaient du mal à avancer, Hermione n'avait jamais prêté attention à cela mais il y avait vraiment beaucoup de premières années. Elle gardait ses mains contre elle et grimaçait à chaque fois que quelqu'un les touchait par inadvertance. Soudain, elle se souvint qu'elle avait prévu de rendre visite à Dobby et Winky aux cuisines pendant ses heures de libres.

– Je dois aller aux cuisines, dit-elle à Théodore alors qu'ils avaient rejoints le hall d'entrée.

Il parut surprit.

– Aux cuisines ? Tu sais y aller ? demanda-t-il intéressé.

– Oui, avoua-t-elle. Fred et George Weasley m'ont montré.

– J'aime bien leur boutique, dit-il brusquement. J'ai voulu y aller l'été dernier mais ils m'ont regardé de travers…

– Avec le climat de peur qui régnait tout le monde se méfiait de tout le monde, les excusa-t-elle.

Pourquoi elle se justifiait au fait ? Elle n'avait pas envie qu'il se sente exclu uniquement parce que son père avait été un Mangemort même si c'était effectivement le cas.

– Oh je sais bien, dit-il. J'ai l'habitude qu'on me regarde comme ça depuis la chute de Tu-Sais-Qui. Et encore c'était parce que mon père était un Mangemort, Blaise a moins de problème.

– Il a rendu les cheveux de Ginny vert, dit-elle sans se retenir.

Théodore eut un petit rire.

– Excuse-moi, dit-il en voyant la tête contrariée d'Hermione. Mais c'est moi qui l'aie accompagné à l'infirmerie après que Weasley lui ait lancé le maléfice de Chauve-Furie. C'est une redoutable sorcière.

Hermione hocha la tête.

– Tu peux m'accompagner si tu veux.

Les mots s'était échappés de sa bouche sans qu'elle ait eu le temps d'y réfléchir. Nott sembla réfléchir quelques instants puis hocha la tête.

– Pourquoi pas après tout, dit-il.

Hermione se dirigea vers les cuisines et sortie les quatre paires de chaussettes qu'elle avait tricoté pour Dobby. Théodore lui lança un regard interrogateur.

– C'est pour un des elfes, expliqua-t-elle.

– Les elfes de maison ne portent pas de vêtements tu sais, dit-il.

– Je le sais, rétorqua Hermionne. Celui-ci est différent des autres.

Le couloir menant aux cuisines était très chaleureux. De multiples tableaux de fruits et de plats appétissants ornaient les murs et les torches illuminaient l'endroit en le rendant très chaleureux. Nott n'était jamais venu dans cette partie-là du château puisqu'il ne cessait de jeter des coups d'œil à droite et à gauche. La lumière se reflétait dans ses yeux bleus en les rendant encore plus clair qu'à l'ordinaire.

– Je ne suis jamais venus ici, avoua-t-il. Je suppose que la salle commune des Poufsouffle doit se trouver quelque part par-là.

Hermione s'arrêta devant un tableau représentant une coupe de fruit et chatouilla la poire. Celle-ci s'agita et se transforma en une poignet dorée. Elle la tourna et le tableau s'ouvrit sur les cuisines. Des dizaines de paires d'yeux se tournèrent vers eux et en moins de deux minutes ils eurent droit à un nombre incalculable de révérences.

– Miss Granger !

Hermione eut le souffle coupé quand Dobby se précipita sur elle. Il l'entraîna à l'écart où Winky se remettait doucement de sa libération. Elle avait heureusement arrêté de boire de la Bièraubeurre et avait meilleure allure. Hermione offrit les nombreuses chaussettes qu'elle avait tricotées à Dobby qui pleura de reconnaissance.

– C'est vraiment étrange, murmura Nott à ses côtés.

Dobby se tourna vers Theodore et se figea. Hermione pensa aussitôt qu'il était peut-être allé chez les Malefoy alors que Dobby était encore à leur service.

– Monsieur est le fils d'un méchant sorcier, murmura l'Elfe.

– Dobby…

– Monsieur est venu voir les Malefoy qui sont une famille de méchants sorciers qui pratiquent la magie noire, dit Dobby de sa voix aigüe.

– Les choses ont changé Dobby, insista Hermione. Pour le moment – elle jeta un œil à Théodore – il se comporte très bien.

– Miss Granger est une grande sorcière avec un noble cœur et Dobby lui souhaite le meilleur, soupira l'elfe.

– Je ne suis pas comme mon père, se défendit-il enfin. Je ne suis pas non plus comme les Malefoy.

Dobby ne sembla pas très convaincu et continua de regarder Théodore avec crainte.

– Est-ce que je pourrais rendre visite à Harry Potter et ses nobles amis un jour prochain miss ? demanda timidement l'elfe.

– Bien sûr Dobby, assura Hermione. J'aurais d'autres vêtements à te donner si tu veux. Tu aimerais un pull ?

Alors que Dobby éclatait en sanglot devant tant de gentillesse et se répandait en remerciement, Hermione vit que Théodore avait demandé de quoi manger aux autres elfes puisqu'il grignotait à présent un énorme éclair au chocolat.
Ils ressortirent quelques minutes plus tard et Hermione se demanda quoi dire face aux propos de Dobby. Nott ne sembla pas spécialement gêné de ça puisqu'il avait terminé son éclair et mangeait un croissant.

– Il vaudrait mieux que ça reste secret, dit soudainement Hermione. À propos de l'emplacement des cuisines et de Dobby, ajouta-t-elle face à son air interrogateur.

– Oh je ne dirais rien ne t'inquiète pas pour ça, assura-t-il. Drago m'avait dit un jour que « cet imbécile de Potter » lui avait fait perdre son elfe de maison mais je ne savais pas du tout qu'il était venu à Poudlard.

– Ici ils sont bien traités, dit Hermione avec un sourire. En plus Dobby est payé !

– Tu as l'air de trouver ça normal, fit remarquer Theodore.

– Ça l'est ! Traiter une créature comme un esclave, ça, c'est moins normal, répliqua-t-elle piqué au vif.

– Ce n'est pas toi, par hasard, qui a créé la Sale ?

Hermione stoppa sa marche, stupéfaite.

– C'est S.A.L.E. pas Sale mais oui c'est moi, comment tu le sais ? questionna-t-elle.

– Peu après la mort de Tu-Sais-Qui, j'ai été convoqué dans le bureau de Dumbledore. Quand je suis arrivé plusieurs personnes étaient déjà là : Fol Œil et d'autres aurors, ils parlaient de la Sale qu'une élève avait créé pour venir en aide aux elfes de maison. Sur le moment j'ai trouvé ça un peu étrange, expliqua-t-il.

– Oh… murmura-t-elle sans savoir quoi dire d'autres.

– Ils parlaient d'utiliser ton association pour faire des lois de protection pour les créatures magiques, poursuivit-il. Après Fol Œil s'est aperçu de ma présence et bien entendu il n'a pas voulu dire un mot de plus.

Hermione sentie une bouffée d'espoir monter en elle. Sa toute petite association allait avoir des répercussions, on l'avait écouté et les choses allaient progresser. Elle eut un sourire de bonheur et se décida à poser la question qui la taraudait.

– Tu connais Dobby alors ?

– Je suis allé chez Malefoy oui, dit-il en hochant la tête. Cela dit je n'ai vu Dobby qu'une ou deux fois. Il n'était pas bien traité, ajouta-t-il en regardant ailleurs.

Hermione ne répondit rien.

– Je trouve ça étrange mais je peux comprendre que quand on vient d'un monde moldu ça doit paraître étrange d'avoir des elfes de maison. Vous n'avez pas ce genre de chose ?

– On a parfois des femmes ou hommes de ménages mais on les paye et on les traite bien, dit Hermione.

– Je vois… murmura-t-il.

Ils continuèrent de marcher jusqu'à déboucher dans le hall d'entrée. Hermione savait qu'on la trouvait étrange et qu'on ne la prenait pas au sérieux avec la S.A.L.E. mais si l'Ordre du Phénix avait décidé de faire quelque chose c'est qu'elle avait raison.
Dans le hall, les élèves étaient attroupés autour du tableau d'affichage.

– Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Hermione.

Nott passa devant elle et se fraya un chemin vers le tableau en donnant quelques coups de coude.

– C'est simplement la date du prochain week-end à Pré-au-Lard, dit-il en revenant. Le week-end du 1er mars. Tu n'as pas changé d'avis ?

Hermione resta interdite et Théodore eut un petit sourire.

– Ça ne fait rien, dit-il avant qu'elle ne réponde. On se verra peut-être là-bas.

Il repartit vers sa salle commune et Hermione resta quelques minutes sans bouger dans le hall d'entrée.


– Moi je trouve ça louche, dit Ron d'emblée.

Hermione leur avait raconté toute l'histoire depuis que Théodore lui ait passé son cours jusqu'à leur visite aux cuisines. Harry lui était très en colère que Nott ait avoué que Dobby avait été maltraité chez les Malefoy. Certes, il s'en doutait mais il voyait là une raison supplémentaire de haïr cette famille.

– De toute façon il doit être soulagé, lâcha Hermione.

– Pourquoi ? demanda Harry.

Ils étaient installés à la bibliothèque, étalés sur plusieurs tables et tentaient de venir à bout de leurs devoirs.

– Tout le monde me trouve ridicule avec la S.A.L.E. et encore vous, vous vous me connaissez. Lui il a sans doute un immense manoir et autant d'elfes de maison donc il doit me trouver totalement…

– Bizarre ? suggéra Ron. Laisse tomber Hermione !

– Depuis quand l'avis d'un Serpentard compte ? ajouta Harry. Et puis on ne te trouve pas ridicule du tout.

– En plus si Dumbledore trouve que c'est une bonne idée alors s'en est une même si lui-même est un peu siphonné par moment, conclu Ron en étalant son devoir de potion par-dessus celui de sortilèges.

Hermione eut un petit sourire et se dit qu'elle ferait bien de trouver le moment de continuer à développer son association. En attendant, elle tricoterait.

– Tiens, Casanova est de retour, marmonna Ron.

Harry et lui partirent en fou rire et Hermione leva les yeux au ciel. Nott venait d'entrer dans la bibliothèque, les bras chargés de livre. Il s'installa seul à une table, ouvrit son sac et sortit plusieurs parchemins de son sac, une bouteille d'encre et une plume.

Hermione regarda ses mains et soupira en se disant qu'elle n'arriverait pas à écrire de sitôt.

– Demande à McGonagall et Flitwick de rater leur cours, proposa Ron.

Hermione le regarda avec des yeux effarés.

– Rater deux cours d'affilés alors qu'on a les A.S.P.I.C. l'année prochaine ? Non mais vraiment !

Hermione ôta ses bandages et appliqua consciencieusement sa crème sur ses brulures. C'était vraiment très moche. Elle soupira profondément tandis qu'Harry l'aidait à remettre ses pansements.

– D'ici demain tu pourras sans doute écrire non ? dit-il en coinçant le bout du bandage avec un morceau de sparadrap.

– J'espère Harry…

Elle croisa brièvement le regard de Nott qui l'observait avec son habituel air énigmatique sur le visage.

– Hermione je peux t'emprunter ta dissertation sur les Détraqueurs ? dit Ron.

Hermione tourna la tête vers Ron et reprit sèchement sa dissertation.
Et puis quoi encore ?


Le samedi matin du 1er mars, les élèves se regroupèrent dans le hall d'entrée du château avant de partir à Pré-au-Lard. Les mesures de sécurités restaient effectives jusqu'à la fin de l'année d'après le professeur McGonagall et ce « jusqu'à ce que tous les Mangemort avérés ou aspirants soient capturés ». Par conséquent, Rusard continuait son petit manège de fouiller les élèves à l'aide du capteur de Dissimulation.

Cependant, le 1er mars était aussi l'anniversaire de Ron Weasley. Puisque le week-end de Pré-au-Lard tombait si bien, Ron avait proposé à certains anciens de l'A.D. de venir boire un verre aux Trois Balais. C'est ainsi que Harry, Ron, Hermione, Luna, Ginny – qui préparait activement sa revanche contre Zabini, – Ernie Macmillan – qui s'était répandu en excuses auprès d'Hermione pour l'avoir blessé –, Neville, Seamus, Dean, Parvati, Padma et Lavande se retrouvèrent en cette froide matinée autour d'une table du pub de Madame Rosmerta. Ils prirent une des plus grandes tables et commandèrent une belle quantité de bièraubeurres et de chocolats chauds. Hermione se servit un chocolat dans lequel elle versa quelques marshmallows et but le tout avec gourmandise. Elle avait offert à Ron un livre intitulé Les grandes équipes mondiales de Quidditch qu'il avait lu avec avidité avant de partir pour Pré-au-Lard.

– Je vais chercher quelque chose à grignoter, dit-elle à Harry d'une voix forte pour se faire entendre.

Il hocha la tête et Hermione se leva pour aller au comptoir. Hagrid buvait joyeusement un verre avec le professeur McGonagall et le professeur Flitwick. Il lui adressa un grand signe de la main et un sourire auquel elle répondit. Derrière Hagrid se trouvait la porte d'entrée du pub. Elle vit Nott entrer en compagnie de Zabini. Hermione détourna le regard et commanda un morceau de tarte aux pommes et à la cannelle. Tandis qu'elle attendait sa commande, elle balaya la salle du regard en espérant revoir Théodore. C'était idiot bien entendu. Elle n'avait aucune bonne raison de vouloir le revoir et lui parler. Pourtant elle en avait envie et c'était très très bête.

– Salut Granger, susurra une voix à son oreille.

Elle sursauta et se retourna vivement. Quand on parle du loup…

– Tu m'as fais peur, dit-elle sur un ton de reproche.

– Pardon, s'excusa-t-il avec un sourire.

Il semblait particulièrement de bonne humeur et commanda deux Bièraubeurres.

– C'est la fête à Weasley ? demanda-t-il en jetant un coup d'œil à la bruyante table.

– Oui c'est son anniversaire, répondit-elle en espérant toujours aussi bêtement que sa tarte ne viendrait pas si vite.

Théodore hocha la tête et pianota du bout des doigts sur le comptoir en bois. Il chercha des yeux Zabini qui s'était installé le plus loin possible de leur table à eux. Il avait dû voir Ginny.

– Tes mains vont mieux, remarqua-t-il.

Hermione avait pu enlever ses bandages la veille et elle avait une montagne de cours à rattraper.

– Oui. Je recopie ton cours au plus vite et je te le rends, lui assura-t-elle.

– Oh je ne disais pas ça à propos de mon cours, dit-il d'un air un peu surpris. La prochaine fois tiens-toi loin de Macmillan ça vaut mieux pour ton intégrité personnelle.

Hermione n'eut pas le temps de répondre puisque Harry arriva au bar.

– Je venais voir ce que tu faisais. Oh… salut, dit-il en regardant Nott d'un air suspicieux.

– Potter, le salua Theodore d'un ton assez froid.

– Je vous rejoins dès que ma tarte arrive Harry, lui assura Hermione.

Harry reparti non sans avoir jeté un dernier coup d'œil à Theodore.

– Je ne savais pas pour Potter et toi, dit abruptement Nott.

– Pardon ? s'étonna Hermione en le regardant.

– Je ne savais pas que tu étais avec lui, marmonna-t-il en montrant Harry d'un signe de tête.

Hermione écarquilla les yeux puis eut un petit rire nerveux.

– J'ai dit quelque chose de drôle ?

– Je ne suis pas avec Harry, dit-elle précipitamment. Il est mon meilleur ami, tout comme Ron, mais nous ne sommes pas ensembles !

Theodore sembla surpris pendant quelques secondes puis eut un petit sourire énigmatique.

– Je me suis trompé alors… dit-il en prenant les deux Bièraubeurres. A plus tard Granger !

Il partit rejoindre son ami en donnant aux plus petits des coups de coudes bien placés et comme il était très grand, ça aidait. Hermione prit l'assiette qui contenait une belle part de tarte et repartie s'asseoir à côté d'Harry. Lavande étant partie chercher à manger avec Parvati, Ron se rapprocha d'eux et Hermione leur raconta sa conversation avec Nott.

– Tu sais quoi Hermione ? dit Ron. Il veut vraiment sortir avec toi.

– Ne dis pas de bêtise, rétorqua Hermione en ayant l'impression de se répéter. C'est peut-être un stupide pari entre Serpentard…

– Il n'est pas très proche des autres Serpentard, intervint Ginny en se rapprochant. J'ai pas mal suivis Zabini…

– Ah vraiment ? coupa Ron en fronçant les sourcils.

– … et Theodore est souvent soit avec lui, soit seul. Rarement avec Malefoy et encore moins avec Crabbe, Goyle, Face-de-Bouledogue et compagnie, ajouta Ginny comme si de rien n'était. C'est un solitaire.

– Tu penses qu'il est sincère ? demanda Harry.

Ginny haussa les épaules.

– Pourquoi pas, répondit-elle. En fait je trouve qu'il te ressemble Hermione.

Hermione ne répondit et mangeant sa tarte en réfléchissant. Elle était froide. Se pourrait-il que Theodore Nott ait réellement envie de sortir avec elle ? Et elle, en avait-elle envie ? Sa réponse la plus spontanée serait oui. Il était assez intriguant avec ses airs mystérieux, sa silhouette longiligne et ses yeux très bleus. Il lui plaisait tout simplement. Sans compter qu'ils avaient l'air d'aimer tous les deux les études et les livres. Elle secoua la tête. Comment un Serpentard venant d'une vieille famille de Sang-Pur pourrait-il assumer de sortir avec une sorcière né-moldue ? Ça paraissait incongru. Pourtant avec la chute et mort définitive de Voldemort, tous les espoirs de changements restaient possibles.

Il était quatorze heures et douze minutes lorsque Ron, Harry, Hermione et Ginny sortirent du Trois Balais pour faire un tour à Pré-au-Lard. Le vent glacial leur mordit le visage et Hermione enroula son écharpe de laine autour de sa tête. Elle était également heureuse d'avoir mis le pull très chaud de Mrs. Weasley. Ginny fit un tour à Zonko où elle acheta plusieurs objets qu'Hermione soupçonna d'entrer en jeu dans sa vengeance contre Zabini.

– J'ai oublié de vous dire quelque chose ! s'exclama Ginny une fois qu'elle eut payé ses achats. Fred et George vont ouvrir une boutique à Pré-au-Lard, ils ont racheté Zonko le mois dernier.

– C'est génial ! s'exclama Ron.

– Ils s'en sortent vraiment bien, dit Hermione admirative.

Ginny hocha la tête.

– Ils voulaient attendre d'avoir signé les papiers pour vous le dire mais maintenant c'est officiel ! D'ailleurs Harry comme tout a commencé grâce à toi ils vont t'envoyer un gros colis prochainement…

– Je ne peux pas accepter ! protesta Harry.

– Tu plaisantes ? C'est grâce à toi tout ça ! rétorqua Ginny.

– Tout de même…

– Accepte-le et remercie-les et ils seront très très heureux crois-moi, affirma-t-elle. D'ailleurs Fred et Angelina – Johnson – sont très proches, ajouta-t-elle avec un sourire en coin.

– Oh ! Ils sont allés ensemble au bal du Tournoi des Trois Sorciers non ? demanda Hermione.

– Oui et depuis ils ne se quittent plus !

Ginny semblait ravie et Hermione la comprenait. Angelina était très belle, douée au Quidditch et intelligente, pas étonnant que Fred ait craqué sur elle.

– Pourquoi ils ne me disent rien ? protesta Ron. Je suis leur frère !

Ginny haussa les épaules.

– Tu n'as qu'à leur envoyer plus de lettres aussi, répliqua-t-elle. Je leur écris chaque semaine, comme à Bill d'ailleurs.

Ron maugréa quelques mots incompréhensibles et ils se dirigèrent vers Honeydukes. Comme prévu, l'endroit était bondé. Hermione se fraya un chemin entre Terry Boot et Hanna Abbott et arriva devant le stand des bonbons sans sucre. Elle remplit un petit sachet de fil dentaire à la menthe, de grenouilles sauteuses et de sucettes à la Bièraubeurre. Son père adorait ça ! Elle acheta également une grande boite de Fondants du Chaudron et de Patacitrouilles. Elle paya ses achats et rejoignit Harry et Ron qui se demandaient si oui ou non ils achetaient un paquet de Bulles Baveuses.
Neville passa près d'eux et marcha sur le pied de Ginny par inadvertance.

– Excuse-moi Ginny ! Il y a tellement de monde…

Ginny massa son pied endolori et regarda Neville s'éloigner à la recherche de Chocogrenouilles.

– Le temps se gâte on ferait peut-être bien de rentrer non ? suggéra Hermione.

– Mais non, rétorqua Ron en mangeant un de ses Fondants du Chaudron. Il fait très bon dehors.

Il se trompait. Dehors la neige et le vent s'étaient intensifiés et on n'y voyait pas à deux mètres. Ils rentrèrent en luttant contre les bourrasques qui les glaçaient jusqu'au sang et la chaleur du hall d'entrée fut accueilli avec des soupirs de soulagement.

– Non mais qu'est-ce que c'est que ce temps ? râla Ron en époussetant sa cape blanchit par la neige.

– J'espère que ça se sera calmé pour le match de Quidditch samedi prochain, marmonna Harry en nettoyant ses lunettes.

Harry, Ron et Ginny échangèrent un regard en grimaçant. Jouer quand il y a autant de vent et qu'il fait froid n'est jamais agréable, sans compter qu'il y a beaucoup plus de risque de chute, de blessure ou de toucher un membre de sa propre équipe.
Ils décidèrent de passer le reste de leur après-midi à la bibliothèque pour avancer dans leurs devoirs. Cette année, Ginny passait son Brevet Universel de Sorcellerie Élémentaire (B.U.S.E.) et elle avait donc autant de devoirs à boucler que Harry, Ron et Hermione même si cette dernière battait tous les records avec ses nombreuses options.

– Tu n'es plus avec Dean ? demanda soudain Hermione en s'apercevant presque de la présence de la jeune fille.

– Oh… non, grommela Ginny. Il était pénible.

Hermione n'insista pas et se mit à recopier le cours de Théodore. Elle voulait lui rendre au plus vite. Il avait une jolie écriture fine et serrée. Hermione constata avec satisfaction qu'il notait à peu près autant de choses que lui, elle n'aurait donc pas à compléter son cours avec des recherches supplémentaires.

– Saleté va… marmonna Ginny en fixant un point derrière elle.

Hermione releva la tête et regarda derrière elle. Blaise Zabini était assis à une table et avait le nez plongé dans un livre. Il avait entassé ses manuels sur la table à côté et plusieurs rouleaux de parchemins tout autour de lui.

– Tu cherches encore à te venger ? marmonna Harry tout en feuilletant son manuel de défense contre les forces du mal.

– Il a rendu mes cheveux verts, dit-elle d'un ton amer. Alors oui je vais me venger.

Zabini releva la tête et échangea un regard noir avec Ginny. Manifestement, ils étaient tous les deux d'accord pour se détester. Hermione se replongea dans son recopiage et ignora les soupirs de Ron à côté d'elle qui faisait du bruit exprès pour qu'elle craque et lui propose sa dissertation. Une demi-heure plus tard elle termina de recopier le cours de Nott et roula son parchemin précautionneusement.

– Tu vas pouvoir lui rendre, marmonna Ginny en terminant sa dissertation de Divination.

– Pardon ?

En guise de réponse, Ginny fit un signe de tête derrière elle. Hermione se retourna et vit que Théodore avait rejoint Zabini et ils travaillaient tous les deux en silence.

– Je n'irais pas le voir si Zabini est là, affirma Hermione. Pour me faire encore traiter de Sang-de-bourbe non merci.

– S'il fait ça j'aurais une bonne raison de lui en coller une, objecta Ginny en souriant.

Hermione sourit également mais refusa tout net d'aller le voir.

– Pourquoi j'ai voulu continuer mes études déjà ? ronchonna Ron au bout de deux heures de travail.

– Tu veux vraiment une réponse ? répondit Ginny.

– J'aurais mieux fais d'aller travailler pour Fred et George, maugréa-t-il.

– Ron ! intervint Hermione. C'est important les ét…

– Il n'a pas tort, coupa Ginny en la regardant. Fred et Geroge vont rester sur le chemin de Traverse mais ils ont besoin de quelqu'un à Pré-au-Lard.

Ron sembla considérer très sérieusement la remarque de Ginny.

– Et nous laisser tomber Harry et moi ? demanda Hermione. Harry veut devenir auror donc il doit continuer et moi…

– Tiens c'est vrai ça, dit Ginny en relevant la tête, tu veux faire quoi Hermione ?

Hermione tapota un instant sa plume contre son parchemin.

– J'ai pensé à travailler au ministère de la Magie pour faire avancer la cause des elfes de maison, dit-elle le regard perdu dans le vide. Cela dit devenir une auror me plairait bien, tout comme continuer les potions ou la métamorphose…

– En fait tu n'en sais rien, conclu Ron.

– Tu peux faire tout ce que tu veux, dit Harry. Tu es la plus douée de cette école.

Ginny et Ron approuvèrent farouchement tandis qu'Hermione rougissait de plaisir.

À dix-neuf heures, ils descendirent prendre leur repas dans la Grande Salle. Zabini et Nott marchaient devant eux en parlant nonchalamment. Hermione observa Théodore un instant et se rendit compte qu'elle le voyait rarement sourire. Or là il souriait en parlant avec son ami et ses yeux bleus brillaient derrière ses lunettes. Il était vraiment mignon elle devait bien l'avouer et, surtout, son intelligence lui plaisait. Elle chassa bien vite ces pensées de sa tête et partie s'asseoir à la table des Gryffondor. Après tout il y avait encore une possibilité non négligeable qu'il veuille simplement se moquer d'elle.
Hermione se servit des pommes de terre et mangea avec avidité. Ron avait rejoint Lavande assise un peu plus loin, Neville discutait avec Dean et Seamus et Ginny observait la table des Serpentard avec un sourire en coin. Hermione songea qu'elle avait dû mettre sa vengeance à exécution et ça n'y coupa pas. Soudain, un cri se fit entendre et Zabini se transforma en gros canari. Tout le monde éclata de rire, Ginny la première et fit un clin d'œil à Harry.

– Elle m'a emprunté ma cape d'invisibilité, expliqua-t-il face à son air interrogateur.

– Ce petit imbécile fait moins le fier maintenant, lança Ginny avec triomphe.

Elle se paya même le luxe de faire un petit signe à Zabini en souriant.

– Crème Canari ? questionna Hermione.

– Oui ! Je l'ai acheté chez Fred et George, j'étais sûre que ça me servirait un jour, expliqua-t-elle.


Hermione rendit ses cours à Théodore le lundi suivant. Elle profita de le voir seul à la bibliothèque pour s'approcher avec un air détaché.

– Voilà tes cours, dit-elle en lui tendant son parchemin.

Il releva la tête de son devoir de potion et pris ses cours qu'il rangea soigneusement.

– Tu as fait vite, remarqua-t-il. Tu n'étais pas obligée.

Hermione haussa les épaules, ne sachant pas quoi répondre.

– Zabini va mieux ?

Il eut un petit sourire.

– Il a perdu ses plumes, dit-il à voix basse. Cela dit si j'étais miss Weasley je ferais attention à ne pas trop boire de jus de citrouille ces prochains jours…

Hermione se promit de lui dire.

– Tu veux t'asseoir ? proposa-t-il. Je compte travailler pendant un petit moment.

Hermione hésita. Après tout elle ne risquait pas grand-chose et a priori il était seul… sauf qu'elle devait rejoindre Harry et Ron pour assister à leur entraînement de Quidditch.

– Pourquoi pas, dit-elle finalement.

Elle tira une chaise en face de lui et s'installa. Elle sortit plusieurs livres de son sac de cours et deux ou trois rouleaux de parchemin. Ils travaillèrent en silence pendant un long moment. Hermione appréciait beaucoup qu'il ne se sente pas obligé de lui faire la conversation, travailler côte-à-côte et en silence était très agréable. Elle se détendit et termina rapidement son devoir de métamorphose. Elle sortit ensuite son livre d'astronomie et entreprit de rédiger sa dissertation intitulée : « Les lunes de Jupiter : différences et similitudes ». Hermione consulta son manuel, puis ouvrit sa bouteille d'encre et trempa le bout de sa plume.
La bibliothèque était très calme et dehors le soleil se couchait doucement. Hermione remarqua que Théodore avait cessé d'écrire et gribouillait machinalement un bout de parchemin. Il avait enlevé ses lunettes et regardait par la fenêtre d'un air absent. Elle se rendit compte qu'elle ne connaissait pratiquement rien de sa vie. Elle savait que son père avait été un Mangemort et était emprisonné à Azkaban mais ceci n'était qu'un fragment de sa vie qui devait être beaucoup plus complexe. Sans compter qu'on ne peut pas réduire un individu à sa famille. Il tourna la tête vers elle et lui sourit.

– Toi aussi tu as du mal à travailler ? demanda-t-il.

– Un peu, dit-elle sans avouer que sa présence la troublait un peu. Je me demandais quelque chose…

– Quoi donc ?

– Maintenant que ton père est à Azkaban tu vis avec ta mère ou elle aussi…

– Ma mère est morte, coupa-t-il un peu froidement.

Hermione écarquilla les yeux.

– Oh je suis désolée !

– Tu ne pouvais pas savoir, dit-il.

Il semblait mal à l'aise et contrarié et Hermione regretta de lui avoir parlé de ça.

– Elle est morte un peu avant mon entrée à Poudlard, ajouta-t-il brusquement. Pour être honnête… je n'avais pas de bonnes relations avec mon père, je vais quand même le voir parce qu'il est mon père et qu'il ne me reste plus que lui mais je ne l'écoute pas vraiment parler.

Il haussa les épaules et fixa son parchemin.

– Tu vas vivre seul du coup, dit Hermione doucement.

– Oui… Je vais avoir dix-sept ans en mai donc je n'aurais pas de problème, murmura-t-il.

Ils reprirent leurs devoirs en silence. Hermione regretta de lui avoir parlé de ça. Cela dit, si Théodore voulait l'inviter à boire le thé il fallait qu'elle en sache un minimum sur lui.

– Et toi tu as une vie de famille normale n'est-ce pas ?

Hermione cru déceler une pointe d'envie dans sa voix.

– Oui, répondit-elle. Tout n'est pas parfait évidemment mais j'ai de bonnes relations avec mes parents.

– Tu as de la chance qu'ils t'emmènent faire du sport… heu à la montagne, dit-il.

Hermione devina qu'il parlait de ses vacances au ski.

– Oui on adore voyager et faire des tas d'activités, expliqua Hermione. Et puis on ne se voit plus aussi souvent qu'avant depuis que je suis à Poudlard donc on en profite quand on se voit.

– C'est normal oui. Ça doit être perturbant pour eux d'avoir une sorcière non ? Je veux dire il n'y a vraiment personne qui le soit dans ta famille ?

Hermione secoua la tête et Théodore sembla incrédule. Apparemment il avait du mal à comprendre comment une sorcière pouvait naître subitement sans aucun antécédent.

– Ils s'y sont fait et ils sont très fiers que je sois une bonne élève, expliqua-t-elle.

– Il y a de quoi, murmura-t-il.

Théodore lui fit un petit sourire et reprit son gribouillage sur un bout de parchemin.
Il n'arrivait vraiment pas à travailler.


Et voilà c'est terminé pour aujourd'hui !
La suite arrive vendredi prochain, par contre je serais en Espagne pour deux semaines et je n'aurais pas internet. Je préparerais les deux prochains chapitres pour les poster (toujours le vendredi) depuis mon téléphone mais je ne répondrais aux reviews qu'à mon retours :)