Et voilà! Chapitre 2 en ligne!
Je tiens à préciser que les personnages de Hakuoki ne m'appartiennent pas (malheureusement) seul Shigeru et la famille Owada viennent de mon imagination !
Sur ce, bonne lecture!
Chapitre 2 : Dormir, c'est grandir!
- Félicitation Harada Sanosuke, vous avez un beau garçon!
Il n'arrivait tout simplement pas à y croire. Sanosuke tenait un enfant entre ses mains, dans la chambre de son commandant en chef, au quartier général du Shinsengumi! C'était tout simplement impensable. Il regardait le petit, qui le fixait avec ses grands yeux verts et ne bougeait pas d'un pouce. Il avait au moins eu cette chance là! Qu'aurait-il fait s'il était un bébé qui bougeait beaucoup? Enfin, sa journée commençait atrocement mal. Il regarda ensuite ses supérieurs :
Kondo avait un regard attendrit, trouvant la situation adorable, voir un de ses hommes père, et il semblait plutôt le féliciter avec un sourire… Ce qui n'était pas du tout le cas d'Hijikata!
Lui, il semblait furieux, ce qui n'était pas réellement nouveau. Les sourcils froncés, le regard noir, oui, il n'était pas content d'apprendre qu'un de ses hommes avait été négligent pour laisser une pauvre femme enceinte, sans le savoir qui plus est! Sanosuke descendait bien bas à son estime maintenant… Sanosuke déglutit face à son vice-commandant.
Quant à ses frères d'armes, il était inutile de préciser que Souji riait à s'en casser la mâchoire sans s'arrêter de tapoter le dos de son compagnon.
Chizuru avait le même regard que Kondo, elle trouvait la situation sans doute kawaii. C'était une fille, c'était donc normal. Heisuke et Shinpachi avaient un sourire… étrange. Sanosuke ne savait pas comment le décrire, se moquaient-ils de lui?
Enfin, seul Saito semblait être l'unique personne aussi perturbé que lui. D'ailleurs pourquoi l'était-il, s'il n'est pas son fils mais le sien? En tout cas, Yamazaki avait gardé son masque flegmatique.
Sanosuke reporta son regard sur le petit être entre ses mains. Il mâchouillait ses doigts dans sa bouche baveuse. Il posa les pieds du bébé sur son genou en le soutenant toujours. Il fixait son fils. Ils se ressemblaient vraiment. Comme l'avait souligné Okita, il était son portrait craché!
- Eh bien… Shigeru, c'est ça? Demanda Sanosuke à Saito.
Ce dernier hocha de la tête pour approuver, sans regarder le marmot.
- Il semblerait que je sois ton père…
- Oh! Il faut fêter ça maintenant! S'excita Shinpachi.
- Il n'y a rien à fêter, ça ne se fête pas l'irresponsabilité d'un homme! S'indigna Hijikata.
- Voyons, Toshi! C'est un grand jour pour notre cher Harada-san ! Accordez-lui au moins cette journée de congé!
Le démoniaque vice-commandant regarda son ami de longue date, déconcerté. Celui-ci lui sourit comme à son habitude pour calmer le jeu. Okita Souji cessa de rire et regarda son supérieur.
- Et comment va-t-il s'occuper de lui? Demanda le jeune prodige.
- C'est vrai, avec les patrouilles et tout le reste… Ajouta Heisuke.
Hijikata soupira. Il regarda toute son équipe avec son éternel regard sérieux.
- On n'aura pas le choix… Chacun devra contribuer à l'éducation de Shigeru.
Un silence pesant s'installa. Ils regardaient tous Hijikata Toshizo, vice-commandant d'une milice au service du Shogun et surnommé le démon du Shinsengumi. Une sueur perla sur le front de Saito qui n'avait pas beaucoup participé à la conversation depuis tout à l'heure. Même Yamazaki exprimait la surprise sur son visage de marbre.
- Ce n'est pas drôle Hijikata-san… on va devoir jouer les nounous à cause d'un père fautif! Se plaint Souji Okita.
- Moi, ça ne me dérange pas! Commenta la petite Chizuru.
Tous les hommes dans la pièce regardèrent l'unique jeune fille. Évidemment, l'idée qu'elle s'en occupe en - grosse - partie leur étaient passé à l'esprit… mais ils devraient tous contribuer un temps pour prendre soin du petit Harada. Sanosuke assit l'enfant par terre et s'inclina devant ses supérieurs.
- Je vous remercie pour vos intensions vice-commandant, mais si cet enfant s'est retrouvé ici c'est de ma faute. Alors, s'il vous plait, n'impliquez pas les autres à cause de mon erreur. J'assume la responsabilité de mes actes et je veillerais sur Shigeru.
Voilà, Harada Sanosuke avait repris ses esprits. Il parlait comme à son habitude, il assumait les conséquences de ses actes. Oui, même s'il avait fait une erreur, il était digne de respect. Le visage de l'homme aux yeux violets s'adoucit.
- Une fois qu'il a prononcé ses mots, il n'y revient pas. Précisa Kondo. Alors, Toshi?
Hijikata soupira de nouveau.
- Très bien, fait-le comme tu le sens. Mais ton travail ne devra pas être affecté. Si tu as besoin d'aide, tu peux nous le demander durant tes patrouilles. En dehors de ça, tu te débrouilles.
- Toutes mes excuses… Rajouta le lancier en s'inclinant d'avantage.
Ça y est, la matinée était enfin terminée! C'était le matin le plus long que Sanosuke avait connu. Pour le moment, c'était Okita qui avait pris soin d'avoir à son tour Shigeru dans ses bras. Heisuke n'arrêtait pas de geindre comme quoi il voulait le reprendre, mais afin de vouloir impressionner Chizuru avec ses instincts paternels, il avait presque échappé l'enfant par terre. Par chance, Okita était venue au secours du petit Harada. Sanosuke et Shinpachi ne s'étaient pas privé de donner un coup sur la tête de leur cadet. Alors que Souji semblait plaire au petit, Sanosuke soupira encore. Shinpachi passa un bras autour des épaules du capitaine de la dixième division.
- Alors, comment on se sent quand on est papa? Demanda le brun tout sourire.
- Je ne m'y attendais pas… Je ne suis même pas sûr qu'il soit mon fils…
- Ah, ne revient pas sur la question Sano! Ça fait des heures que tu te demandes ça.
- Heisuke-kun a raison, mais ce qui est indéniable dans tout ça c'est que… Commença Shinpachi.
- C'est ton portrait craché! Lâchèrent les compagnons du lancier à l'unisson.
Qu'avait-il bien pu avoir fait pour mériter un sort pareil? Il n'a jamais commis de crime! Encore un soupire du roux.
- J'ai pourtant fait attention à chaque fois… Marmonna Harada toujours sceptique.
- Attention à quoi? Demanda l'innocente Chizuru.
- À rien d'important… c'est un truc d'homme! Rassura Shinpachi.
Chizuru ne chercha pas à comprendre d'avantage. Ce qui était une sage décision. Shigeru commençait petit à petit ne plus trouver Okita drôle et à la place, de petites larmes se mirent à naître dans ses yeux. Le capitaine de la première division le rapprocha de lui pour commencer à le bercer, mais ça n'avait aucun effet. Shigeru commença à couiner.
- Tient? Je crois qu'il va se mettre à pleurer…
- Qu'est-ce que tu as fait? S'inquiéta Sanosuke immédiatement.
- Mais rien du tout ! Il rigolait il y a moins d'une minute.
- Il a peut-être faim? Lâcha Chizuru.
Ils regardèrent le petit qui commençait sérieusement à faire une moue boudeuse. C'est vrai que personne ne l'avait nourrit jusqu'à maintenant. Okita souleva le petit dans les airs.
- C'est vrai Shigeru? Tu as faim?
Pour toute réponse, le petit Harada se mit à sangloter. De grosses larmes vinrent couler sur ses joues dodues et tomber sur le visage de Souji qui cligna des yeux. Il ramena le petit vers lui et s'approcha du lancier.
- Tiens, il a faim apparemment.
- Tu n'as pas envie de le nourrir? Demanda Sanosuke.
- C'est TON fils, alors tu t'en occupes. Répondit le capitaine de la première division.
Le grand Harada soupira en reprenant son enfant. Il se mit à hurler de plus belle. Ça y est, le côté mignon de la chose avait disparu. Son cauchemar ne faisait que commencer. Il se leva tout en balança d'un bras le nourrisson pour qu'il se calme. Avant de se diriger vers la cuisine, il se tourna vers ses camarades, le regard perturbé.
- Qu'est-ce qu'il y a Sano? Demanda l'énergique Heisuke.
- Eh bien… je le nourris avec quoi exactement?
Pas qu'il ne savait pas la réponse, mais il voulait avoir la certitude qu'il pouvait le nourrir avec autre chose que du lait maternel. Ingrédient qui lui faisait défaut.
Les amis du roux se regardèrent, ignorants. Puis, comme s'ils s'étaient entendu, ils se tournèrent en même temps vers la seule fille du groupe ; Chizuru. Cette dernière s'approcha du père et du fils.
- Normalement il devrait boire du lait maternel.
Petite crise de panique dans les yeux de jades du lancier roux. Chizuru ricana en voyant sa réaction, pétrifié de ne pas avoir l'élément nécessaire pour nourrir son garçon.
- Mais il doit avoir environs 10 mois. Je crois qu'il peut manger de la purée et des compotes de fruits. Aussi du lait, mais pas obligatoirement du sein de sa mère.
Le jeune père fut subitement soulagé. Il regarda son fils qui pleurait toujours et de plus en plus fort.
- Est-ce que je peux le nourrir pour cette fois? Demanda timidement la jeune fille.
Sanosuke bénit intérieurement Chizuru, trop embarrassé de lui demander une telle faveur devant les autres hommes! Il posa une main sur la petite tête brune de Yukimura comme il avait l'habitude de le faire.
- Bien sûr que tu peux! Tu pourras m'initier à ça.
- Je vous suis, je ne veux pas manquer une chance pareille!
- Ah non, Heisuke! Nous avons une patrouille dans pas longtemps! Toi, tu viens avec moi!
C'est ainsi que Shinpachi enleva Heisuke sous les yeux de ses camarades, le tirant par le col. Il ne manquait plus qu'Okita.
- Et toi, tu vas faire quoi? Demanda le grand Harada.
- Eh bien, je me porte volontaire pour prendre la place de Heisuke! Je ne voudrais pas manquer voir ce petit être si fragile manger.
Sanosuke leva les yeux au ciel. Ça n'allait pas être une partie de plaisir, avec Souji à ses pattes. La journée allait être terriblement longue, il avait déjà hâte d'être la nuit et se coucher.
La nuit était enfin tombée. Sanosuke était accompagné de Shinpachi et Heisuke dans sa chambre. L'enfant était assis entre les trois hommes et jouait avec le plus petit du trio comique. Nagakura n'avait pas apporté de saké cette fois-ci, par respect au nouveau père. Todo Heisuke décida de se coucher sur le ventre pour arriver au niveau du petit Harada. L'enfant admirait la longue chevelure du capitaine de la huitième division qui lui tombait sur le côté. Shigeru voulait toucher, ça devait être soyeux, non? Alors, il tendit ses petits bras potelés et les tira vers lui.
- Aï, aï, aï, aï, aï, aï, aï, aï, aï! Lâche mes cheveux, lâche mes cheveux!
Voyant le supplice du capitaine, Shigeru commença à sourire et tira plus fort. Heisuke exclama un «aï» beaucoup plus fort que les autres. Le petit Harada se mit à rire et recommença son numéro et à chaque fois Heisuke exprimait sa douleur par des cris de supplice. Il jeta un œil au père qui semblait s'amuser de la scène avec son autre compagnon.
- Mais fais quelque chose! C'est ton fils! Ça fait mal!
- Très bien, viens ici Shigeru.
Il ramena son enfant vers lui ce qui accentua la douleur au cuir chevelu du jeune brun qui retint un nouveau cri entre les dents. Sanosuke sépara les petits doigts pour enfin libéré Heisuke des chaînes chevelue qui l'avait emprisonné aux mains d'un petit sadique. Todo s'éloigna aussitôt de l'enfant et s'assis un tailleur tout en se massa la tête. Shinpachi et Sanosuke rirent de nouveau.
- Il est peut-être petit, mais il ne faut pas le sous-estimer! Lâcha Heisuke en resserrant sa queue de cheval.
Pour toute réponse, Shigeru tapa dans ses mains pour applaudir et rire encore. La victime fusilla du regard le mioche.
- Demain tu dois patrouiller Sano? Demanda Shinpachi.
- Oui, répondit le grand Harada d'un soupir. Chizuru m'accompagne demain, alors je ne sais pas avec qui le laisser.
- Pourquoi pas Souji? Il a l'air de savoir s'en occupé.
- Ouais… je vais lui demander demain…
Shigeru frotta ses paupières du dos de sa main et regarda l'homme qui était son père. Il se balança et posa sa tête sur ses pieds. Ce dernier le regarda et vit que les yeux de son fils devenaient petits. Il lui sourit et reporta son regard sur son interlocuteur.
- Je crois qu'on devrait te laisser. Tu sais comment l'endormir?
- Non, mais ça ne devrait pas être compliqué.
- Bon, alors on se voit demain!
- Et toi, devient sage! Lança Heisuke en pointant du doigt le petit.
Shigeru bafouilla un mot que seul lui comprit, mais qui sonnait adorable aux oreilles. Quand les compagnons de son père partirent, ce dernier le prit et le déposa dans le panier par lequel il était arrivé. Ils restèrent un moment à se fixer. Quelle journée! Il ne se sentait pas vraiment à l'aise à avoir un enfant dans sa chambre. Enfin, même s'il n'était pas sien, il avait été abandonné il avait donc besoin d'être adopté. Il n'allait pas le laissé dans son sort aussi facilement. En tout cas, il pensait qu'il était crucial de retrouver la mère et demander des explications. Pour le moment, ils devaient tous deux dormir.
Shigeru bailla et se frotta les yeux de nouveau. Sanosuke n'avait pas grand-chose à faire en fait, il s'endormait de lui-même tout doucement. Lorsqu'il ferma enfin les paupières et que sa respiration devint sereine, le capitaine de la dixième division souffla la chandelle pour enfin être dans la pénombre. Il se coucha dans son futon et soupira afin d'imiter son fils.
Heure du couché : 9h30
Sanosuke Harada s'était réveillé. Shigeru ne cessait de bouger et d'appeler en gazouillant l'homme qui était couché à côté de son panier. Le petit était réveillé depuis quelques minutes et il s'ennuyait dans son berceau improvisé. Pourquoi Monsieur devait être le seul à dormir? Il n'allait pas le laisser faire! Voyant qu'il ne lui prêtait pas attention, ayant également remarqué qu'il était aussi réveillé que lui mais qu'il se cachait sous sa couverture, il décida d'employer les grands moyens : Pourquoi pas pleurer?
Alors, de petites larmes vinrent naître dans ses yeux de jades et commença ses gémissements. Sanosuke se leva d'un bond, exaspéré d'entendre des bruits qui l'empêchaient de roupiller. Il s'approcha du panier et vit le petit qui pleurnichait, une main dans la bouche et l'autre bras qui tendait vers lui. Ah, voilà qu'il voulait être dorloté. Il le prit et le balança pour le consolé. Il avait choisi son heure celui-là! Il ne s'arrêtait pas. Qu'est-ce qu'il devait faire? Sanosuke se mit à faire les cents pas en redoublant sa consolation. Bon, il était moins bruyant, mais il ne se calmait toujours pas.
- Tu es un vrai pleurnichard quand tu veux en fait… murmura Sanosuke.
Shigeru retint un gémissement. Ses larmes coulaient toujours et fixait son père avec de grands yeux ouvert. Il passa quelques minutes ainsi, marchant dans sa chambre en rond et secouant avec douceur Shigeru. Lorsque la fatigue lui revint, avant qu'il le remette dans le panier, le grand Harada voulait s'assurer qu'il s'était bel et bien endormi. Lorsqu'il le remit dans son berceau, Sanosuke se coucha de nouveau et soupira.
Deuxième heure du couché : 11h23
Encore. Sanosuke se leva ENCORE. Il refusait de s'endormir. Il croyait que ces jérémiades faisaient partis de son rêve, mais quand il se réveilla en sursaut, c'était sa pénible réalité. Cette fois-ci il avait décidé de faire beaucoup plus de bruit. Il sanglotait de plus belle. Il l'avait repris dans ses bras, le consolant de nouveau, mais ce n'était pas assez. Il ne voulait rien savoir. Un cri strident sortit de la petite bouche du bébé. S'il continuait ainsi, il allait réveiller tout le monde.
- Allez, calme-toi.
Sanosuke ne savait pas s'il disait ça à Shigeru ou s'il s'adressait plus à lui-même. En tout cas, il n'était pas d'accord avec les propos de son père. Il pleurait, criait, gesticulait. Ça n'avait rien à voir avec le mini réveil de tout à l'heure. À croire qu'il avait le démon en lui. Il avait pratiquement envie de se plaindre avec le petit. Il était désespéré. Il entendit quelqu'un s'approcher. Uh-oh… Ce n'était pas bon.
- Harada-san, je peux rentrer?
Cette petite voix, si féminine. Oui, c'était Chizuru! Sanosuke cru entendre un ange venir à son secours. Il l'autorisa à entrer aussitôt. La jeune fille se présenta les cheveux détachés, mêlés, et une petite mine fatiguée.
- Harada-san, avez-vous besoin d'aide?
- Je ne sais pas quoi faire… avoua le jeune père en tendant l'enfant.
- Shhhhh, Shhhhhh, murmura-t-elle.
Chizuru Yukimura prit la relève. Elle se colla à lui et s'assit. Sanosuke resta debout et regarda la jeune fille faire son travail. Mais elle était douée! Il s'était tout de suite calmé. Peut-être qu'il voulait seulement la présence d'une femme? Shigeru ne prit pas longtemps pour s'endormir. Sanosuke soupira et bénit une énième fois Chizuru mentalement. Cette dernière déposa le petit dans le panier.
- Merci beaucoup Chizuru-chan. C'est la deuxième fois qu'il se réveille.
- Sa mère doit lui manquer ou bien ce sont ses dents qui poussent.
- En tout cas, désolé pour le dérangement. J'espère qu'il ne se réveillera plus.
- Si vous avez besoin d'aide encore, ne vous gênez pas.
Sanosuke hocha de la tête. Oui, facile à dire. Il n'avait pas l'intention de déranger à chaque fois Yukimura pour endormir son mioche qui ne voulait pas. À lui de trouver la tactique idéale. Chizuru repartit dans sa chambre, replonger dans les bras de Morphée.
Troisième heure du couché : 00h55
Non. C'était un cauchemar. Non. Ce n'était pas possible. Il faisait exprès, à coup sûr. Ce n'était pas possible de se réveiller une troisième fois dans la nuit. Qu'il se réveille était un fait, mais qu'il hurle pour ne pas être le seul insomniaque était un supplice! Pour une troisième fois, Sanosuke s'était levé. Il n'avait même pas prit le petit dans ses bras, se frottant le crâne, exaspéré d'entendre des gémissements aussi aigues dans ses pauvres oreilles. Exaspéré? Plutôt désespéré, oui! Il n'allait plus pouvoir dormir à ce rythme-là! Il regarda l'enfant qui se battait avec le panier et suppliait à l'homme aux mêmes traits que lui le laisser sortir de sa prison. Il hurla de plus belle. La première fois qu'il l'avait vue pleurer l'avait brisé le cœur, il ne supportait pas voir les larmes douloureuses couler sur les joues de ce petit bout de choux. Bout de choux? C'était un vrai démon en fureur là! Il le sortir du panier et l'assit devant lui. Il ne bougea pas d'un pouce, fixant son père et avec la bouche grande ouverte pour laisser sortir ses cris stridents. Oh oui, Sanosuke Harada devait avoir commis un crime quelque part pour payer cher de cette façon!
- Mais qu'est-ce que tu veux?
Il approcha une main vers Shigeru et il la saisit en s'approchant de son père en rampant sur les fesses. Sa réaction était si soudaine qu'il eut un petit recul. Maintenant il pleurnichait dans la paume de sa main. Il s'accrochait sur ses vêtements de toutes ses forces. Est-ce qu'il avait mal? Il avait l'air de souffrir… Il faisait ses dents? Le grand Harada décida d'y jeter un œil. Il mit un doigt dans la bouche du garçon et sentit la naissance de trois minuscules dents. Ça devait être ça. Sans s'en rendre compte, Shigeru se mit à téter son doigt. Sanosuke oublia vite le réveil brutal du petit qui trouvait la situation bien différente. Petit à petit, Shigeru se calma. Petit à petit, il s'endormit à cette position. Petit à petit, le sommeil regagnait au capitaine de la dixième division. Il ferma doucement les yeux.
Chose qu'il n'aurait pas dû. Sa tête balança vers l'avant et le haut de son corps vint écraser Shigeru qui se trouvait sous lui. Cette fois, Sanosuke sentit qu'il s'agissait de la fin du monde puisqu'il hurla comme une alarme.
- Je suis désolé! Tenta-t-il.
Ce n'était pas les excuses qui allaient alléger la douleur. Il prit Shigeru et le fit sautiller sur ses genoux. Il aimait ses genoux, non? Qu'il sautille, il allait s'amuser peut-être!
- Mais tu fais quoi à ce bébé pour qu'il hurle comme ça!
Ça y est. Heisuke était rentré sans se prononcer comme un coup de vent. Il regarda Sanosuke qui avait de petits yeux fatigués et ledit bébé qui sanglotait entre ses mains.
- Je suis désolé!
- J'ai vu que Chizuru-chan était venu tout à l'heure, je croyais qu'elle l'avait endormi. Dit la rauque voix de Shinpachi qui n'était pas encore entré dans la pièce.
- Oui, mais il s'est encore réveillé. Avança la jeune fille.
- Bon sang, on dirait qu'il est dans l'agonie cet enfant. Commenta Okita.
- Je suis désolé!
- Chizuru, vas te coucher, on va s'en occuper tu as déjà fait ta part. Suggéra Heisuke.
- Je suis désolé!
La jeune fille retourna dans sa chambre en laissant quatre hommes avec Shigeru. Un cinquième vint se joindre à eux.
- Qu'est-ce qui fait pleurer ce petit Shigeru? Demanda Kondo le regard ailleurs.
- Vous êtes aussi réveillé, Kondo-san?
- Souji, je crains que tout le quartier général ne soit réveillé par les cris de cet enfant.
- Je suis désolé!
- Alors, qu'est-ce qu'on fait?
La question de Shinpachi n'obtint aucune réponse pour le moment. Chacun regardant le bébé qui sautillait malgré-lui sur les genoux de son père qui n'avait plus vraiment ses esprits. Ce dernier regardait tout ce bon monde dans sa chambre qui le dévisageait. Kondo s'avança et prit Shigeru dans ses bras. Il commença à le bercer. Une minute passa, puis deux. Puis trois. Puis quatre. Puis cinq. Rien à faire. Il regarda ses subalternes à la recherche d'aide.
- Shigeru, tu es bien mignon, mais à cause de toi, Kondo-san a cet air exaspéré et je ne peux pas te le pardonner. Souligna Okita.
- Je suis désolé!
- Je vais essayer. Proposa Heisuke.
- Tu vas encore l'échapper M. Tête-brûlé, on veut qu'il cesse de pleurer pas qu'il pleure encore plus! Lança Shinpachi.
- Essaies toi pour voir si c'est simple!
L'homme aux cheveux courts prit la relève…
Rectification, il essaya de prendre la relève. Shigeru ne voulait tout bonnement pas être dans les bras de Shinpachi. Il gesticula pour rester dans les bras, beaucoup plus chaleureux, de Kondo. Shinpachi resta grognon durant quelques secondes avant de frapper Heisuke qui avait commencé à se moquer de lui. Sanosuke s'excusa de nouveau. Kondo regarda Okita pour qu'il trouve une solution. Ce dernier sourit. Un sourire fort malicieux.
- Et si on coupait ses cordes vocales? On n'entendrait plus rien.
- Souji! S'indigna Kondo. Ce n'est pas le moment de plaisanter!
- Il a peut-être faim? Reprit Okita en frappant son poing dans sa paume de main.
- Heisuke, allez préparer de la purée de pomme de terre. Il va surement se calmer après ça.
Le plus petit des hommes s'exécuta sans se faire prier. Lorsqu'il ramena la nourriture, Shigeru cria encore en voyant la purée. Il se débâtit comme un lion, ne voulant plus être dans les bras de Kondo. Ce dernier le tendit vers Heisuke, non, lui non plus! Shinpachi? Non! Okita? Pourquoi pas? Aller, il ne l'avait pas encore prit. Ce dernier le prit tout sourire et le berça pendant que Kondo prépara la première portion de purée. Sanosuke restait toujours à l'écart, désorienté de la situation. Son insuffisance de sommeil se voyait, il avait le regard gaga. Il avait presque l'âge mental de Shigeru à ce moment-là.
- Shigeru-kun, fait «Aaahhhh»… murmura Kondo.
Ah? Il voulait qu'il fasse Ah? Très bien, mais pas de la façon que les samouraïs espéraient. Il hurla, brisant les tympans des hommes de guerre. Okita n'en pouvait plus, il déposa le petit par terre et se boucha les oreilles.
- Il est insupportable cet enfant!
- Je suis désolé!
- Tu peux pas dire autre chose Sanosuke!? S'énerva Shinpachi. Tu ne fais que répété « Je suis désolé».
- Je suis désolé!
Il ne fallait plus compter sur le père, il était complètement à l'ouest. Ils soupirèrent en perdant le peu d'espoir qui leur restait. Okita plaça une main sur la bouche du bébé. Tient, c'était mieux comme ça.
Kondo désapprouva en le reprochant du regard. Bon, il l'enleva, mais les sanglots ne cessaient pas. Des pas lourds se rapprochèrent de la chambre des Harada. Ça s'annonçait mal, très mal. Ils se tournèrent lentement vers le shoji qui était resté ouvert et trouvèrent leur démoniaque vice-capitaine, fulminant de colère. Ils déglutirent chacun leur tour. Hijikata Toshizo était de très mauvaise humeur. Il fixa Sanosuke Harada et fusilla ensuite Shigeru. Il ferma les paupières et ordonna :
- Que tout le monde retourne se coucher.
- Mais, Toshi…
- Tout-de-sui-te. Articula-t-il dangereusement.
Ni une, ni deux, il ne resta plus que les Harada dans la chambre. Hijikata ferma la porte coulissante pour que personne ne puisse les déranger. Dehors, l'un par-dessus l'autre, attendait de voir –surtout entendre- comment Hijikata allait régler le problème. Les seuls mots qu'ils entendirent, furent ceux de Sanosuke : « Je suis désolé!». Hijikata n'avait rien dit, mais ils tendirent l'oreille pour essayer de capter le moindre indice qui pourrait satisfaire leur curiosité. Doucement, Shigeru cessa de hurler. Doucement, il se mit à seulement sangloter. Doucement, il se mit à avoir quelques spasmes. Doucement, il ne fit plus aucun bruit. Doucement, Hijikata sortit de la chambre, le visage paisible et un micro sourire se dessina sur ses lèvres. Les hommes qui s'étaient caché étaient fort déçus, ils ne savaient pas ce qui s'était passé. Heisuke pesta et Hijikata découvrit leur cachette. Ils déglutirent de nouveau et accoururent dans leur chambre respective de peur d'entendre un sermon de la part de leur démoniaque vice-capitaine.
Dans la chambre des Harada, il n'y avait rien de vivant dans le panier. Non, Hijikata ne s'était pas permis d'utiliser son katana sur le petit ange qui avait alarmé tout le quartier général, il se trouvait que l'enfant n'était tout simplement pas à l'intérieur. Il était allongé, dans les bras de son père, tétine dans la bouche, roupillant comme un ours hibernant. Le plus vieux était exténué et malgré sa fatigue, il n'arrivait pas à s'endormir comme le bambin aussi facilement. Il regarda le bébé, beau comme un prince, et sourit en fermant enfin les yeux. Alors, il compta les moutons. Un mouton… deux moutons… trois moutons… quatre moutons… cinq mou…tons…six… mou…tons…sept…
Quatrième heure du couché : 3h46
